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22 juin 2020 15 h 29

Acheter local… en ligne

Lila Dussault

Journaliste

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GASPÉ | Avec l’arrivée de la pandémie de COVID-19 et l’inauguration du Panier bleu, cette plateforme numérique mise sur pied par le gouvernement du Québec pour valoriser les entreprises d’ici, bien des Québécois ont réalisé qu’il était possible de conjuguer achat local et achat numérique.

La crise de la COVID-19 a mis le commerce local au goût du jour. La page Facebook J’achète québécois, j’achète locala dépassé 240 000 membres au moment d’écrire ces lignes. Ce nombre a au moins doublé depuis la période précédant la pandémie, observe Jean-Michel Fournier, agent de mobilisation à la stratégie numérique du Technocentre des technologies de l’information et des communications (TIC) de Chandler.

« Est-ce que ça va tout changer [le Panier bleu]? Je ne crois pas. Ce que j’ai vu, par contre, c’est qu’il y avait une plus grande mobilisation du public », estime ce fervent promoteur de l’achat local en rappelant que d’acheter 5 dollars de produits locaux par travailleur par semaine ramènerait un peu plus d’un milliard $ dans l’économie du Québec par année.

Le virage numérique pour favoriser les entreprises d’ici
« Pour moi, acheter local, c’est investir dans son milieu, alors qu’acheter d’ailleurs, c’est une dépense », résume Maurice Quesnel, directeur de la Chambre de commerce Baie-des-Chaleurs. L’organisation a d’ailleurs mis en ligne une plateforme numérique pour les entreprises de la région dès le début de la pandémie, et travaille sur une application mobile pour faciliter la livraison.

Avec les grands joueurs comme Amazon et Walmart, l’achat numérique a longtemps été considéré comme étant en opposition à l’achat local. La pandémie a changé la donne. « Je vous dirais que la game est partie. Si on décide de ne pas jouer, on a perdu. Si on décide d’embarquer, on essaye de tirer notre épingle du jeu », soutient M. Fournier.

Le Technocentre des TIC offre un programme d’accompagnement au virage numérique gratuit en partenariat avec le Conseil québécois du commerce de détail. Toutes les MRC de la Gaspésie ont également mis en place des mesures financières en ce sens.

Selon M. Fournier et François Bujold, agent de développement entrepreneurial de la MRC de Bonaventure, il y a eu une nette augmentation de l’adhésion des entreprises à ces programmes, depuis le début de la crise de la COVID-19. « Là, on n’a plus d’excuses. On a le temps, on a des sous sur la table et on a les ressources pour nous accompagner. C’est le temps de passer à l’action et de faire le virage numérique », constate M. Fournier.

L’exemple local
« Moi, j’étais un peu réticente au début de faire une plate-forme via mon site Web. (…) J’avais du mal à voir comment atteindre les gens », se rappelle Elisabeth Varennes, directrice recherche et développement chez Seabiosis, une entreprise de produits culinaires à base d’algues cueillies et transformées en Gaspésie. Elle a commencé le commerce en ligne avec l’accompagnement du Technocentre des TIC, lorsque la pandémie a entraîné la fermeture de ses distributeurs. « J’ai été agréablement surprise d’avoir des commandes dès la première semaine. Ç’a été notre bouée de sauvetage », avoue-t-elle.

Selon Mme Varennes, le commerce en ligne lui permet d’être en contact plus direct avec ses consommateurs. « C’est sûr que les médias sociaux, ça aide beaucoup parce que c’est comme une forme géante de bouche à oreille. (…) Ça ressemble un peu à un marché public où les gens vont aller directement à notre contact. » L’entreprise envisage maintenant d’ouvrir sa distribution en dehors du Québec.

Tirer son épingle du jeu
Jean-Michel Fournier croit qu’une bonne connaissance des outils à leur disposition peut permettre aux petites entreprises de s’en sortir sur la toile. «
Pour les petits joueurs, il faut faire des choses que les autres ne font pas. Ce que je dis toujours aux clients, c’est que ça vous prend une méthode de communication directe avec votre consommateur. (…) Si on a des outils de cybermétrie en place, il y a moyen de faire de grandes choses en ligne », assure-t-il.


Le virage numérique des entreprises québécoises permet maintenant la livraison à domicile de produits locaux.
Photo : Lila Dussault

QUELQUES IDÉES POUR MAGASINER LOCAL EN LIGNE

J’achète local Baie-des-Chaleurs     https://www.jachetelocalbdc.ca/

Gaspésie gourmande     https://www.gaspesiegourmande.com/

Le Panier Bleu      https://www.lepanierbleu.ca/

Ma Zone Québec      https://www.mazonequebec.com/

Boutique Signé local      https://boutique.signelocal.com/

 

Mesures de soutien au virage numérique par MRC

MRC de Bonaventure
jusqu’à 2000 $ pour la mise sur pied d’un commerce en ligne.

MRC de la Côte-de-Gaspé
5000 $ pour la création d’un premier site Web ou d’un site transactionnel, 15 000 $ du Fonds de soutien à l’investissement technologique pour
la modernisation des équipements et numérisation de certaines activités.

MRC du Rocher-Percé
jusqu’à 10 000 $ pour l’accompagnement à la transition et la création de plateformes numériques (deux volets).

MRC de la Haute-Gaspésie
Fonds de soutien aux entreprises et organismes pour subventionner 50 % d’une analyse ou d’un service et 1500 $ du Fonds d’aide aux ressources professionnelles pour développer le commerce en ligne.

MRC d’Avignon
2000 $ par entreprises pour mettre en place un site transactionnel (budget épuisé). La MRC évalue la possibilité d’attribuer une partie d’un fonds
régulier au virage numérique.