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12 février 2013 16 h 09

Assurance-emploi : la réforme sévit déjà en Gaspésie

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La réforme de l’assurance-emploi cause déjà des dégâts en Gaspésie, alors que des  travailleurs du Centre de tri des matières résiduelles de Grande Rivière se seraient vus refuser leur demande de prestations d’assurance-emploi.

Le Centre fonctionne sur une base annuelle. Deux équipes de huit travailleurs, syndiqués à la CSN, se relaient par période de six mois.

Selon les informations obtenues par la préfète de la MRC du Rocher-Percé, Diane Lebouthillier, les travailleurs qui avaient terminé leur contrat en janvier dernier pour laisser place à leurs collègues ne peuvent plus toucher à leurs prestations d’assurance-emploi en raison du resserrement de la loi. «On a appris qu’il y a des gens qui avaient fait leur demande et qui se sont vus refuser leurs prestations. C’est une conséquence directe de la réforme. C’est vraiment dommage», déplore-t-elle.

Perte d’expertise

La réforme du programme fédéral fragiliserait par ailleurs le fonctionnement du Centre de tri. Celui-ci ne serait plus en mesure de maintenir sa main-d’oeuvre qualifiée qui se retrouve sur une liste de rappel.

«C’est clair qu’on va perdre de l’expertise. Écoutez, dans les petites entreprises comme le Centre de tri, si tu as un mécanicien qui est malade, tu peux faire appel à une liste de rappel, mais là [avec le resserrement des règles de l’assurance-emploi] on ne peut même plus avoir une liste de rappel», ajoute Mme Lebouthillier. 

De son côté, la directrice générale du Centre de tri, Nathalie Drapeau, confirme qu’à ce jour, trois des huit employés qui ont terminé leur contrat de travail en janvier se sont vus refuser leurs prestations d’assurance-emploi.

Elle admet par ailleurs que la réforme du programme fédéral aura des conséquences sur le mode de fonctionnement de son organisme. De fait, l’alternance des équipes ne peut plus être envisagée comme cela a été le cas au cours des dernières années.

«Ça va représenter un défi de combler des postes par des gens qui ont une formation, qui ont une compétence. Nous avons du personnel qualifié qui a eu de la formation, pas juste sur deux jours, mais sur du long terme, comme le poste de mécanicien opérateur de presse. Quand ce mécanicien va prendre ses vacances, un congé, ou quand il sera malade, je le remplace par qui ? Avant j’avais deux mécaniciens qui travaillaient six mois chacun», rappelle Mme Drapeau.

Pour sa part, le président régional de la CSN, Éric Boulay, déplore grandement la situation. «C’est bouleversant. Écoutez, on voit les conséquences de la réforme sur des travailleurs. Et la perte de ses emplois représente également des pertes en retombées économiques locales.»