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2 octobre 2012 15 h 37

Carleton-sur-Mer : du «transport actif» pour se rendre à l’école

Depuis le printemps dernier, Victor Séguin, 11 ans, et plusieurs de ses amis évitent de prendre l’autobus et marchent pour effectuer le trajet entre l’école et la maison. Sans le savoir, ces jeunes du primaire appliquent les principes du «transport actif», un mode de déplacement de plus en plus populaire au Québec. 

Trottibus, pédibus, mon école à pied et à vélo: les initiatives qui visent à renverser la tendance à l’inactivité chez les jeunes en faisant la promotion des déplacements actifs sont nombreuses au Québec.

En Gaspésie, l’Unité régionale loisir et sport Gaspésie-les-Îles et l’organisme Baie-des-Chaleurs active et en santé (BDCAS) travaillent notamment en collaboration avec trois écoles primaires de la Baie-des-Chaleurs pour sensibiliser le personnel, les jeunes et les parents aux bienfaits du transport actif.

L’autobus pédestre

Mais le jeune Victor Séguin, qui réside à Carleton-sur-Mer, n’a pas eu besoin de se faire prier pour marcher plutôt que de prendre l’autobus.

Au mois de mai dernier, agacé d’être le dernier embarqué et de ne pas pouvoir s’asseoir avec ses amis, il a commencé à marcher pour se rendre à l’école. «Au début, je le faisais seul, mais après quelques jours une de mes amies a décidé de m’accompagner. Maintenant, nous sommes parfois 12 à marcher», raconte-t-il, en se dirigeant vers l’école.

Quatre fois par jour, quand la température le permet, Victor Séguin et ses amis marchent entre 200 et 700 mètres avant d’arriver à l’école ou de rentrer à la maison.

Au fil du temps, ils ont mis en place un véritable système qui s’apparente au principe de l’autobus. «Mes amis attentent à l’arrêt le plus proche de leur maison et, lorsque nous arrivons, ils embarquent dans le groupe», explique-t-il.

Un exemple

François-Olivier Gagnon, coordonnateur chez BDCAS, mentionne que c’est exactement ce type d’initiative que son organisme souhaite encourager. Selon lui, l’exemple du jeune Séguin démontre que le transport actif peut être «réalisable», «sécuritaire» et «bénéfique» pour les jeunes. «Il est recommandé pour les enfants de faire une heure d’activité sportive par jour. Alors si c’est possible de le faire en marchant ou en allant à vélo à l’école, c’est tant mieux», souligne M. Gagnon, ajoutant cependant que l’aspect sécurité peut parfois repousser certains parents ou les directions d’école à encourager ce mode de transport. 

Judith Cayouette, la mère de Victor Séguin, encourage depuis le début l’initiative de son fils, sachant qu’il ne passe pas par la route 132. «Ici, dans les rues du quartier, c’est sécuritaire, il a 11 ans et je lui fais confiance. C’est même logique, car nous habitons près de l’école. Par contre, je ne laisserais pas son frère plus jeune faire la même chose», dit-elle.

Mme Cayouette peut par ailleurs témoigner des bienfaits de cette marche quotidienne sur la santé de son garçon. «Il fait beaucoup plus attention à lui et à son alimentation. Et je sens aussi qu’il est moins fatigué quand il arrive de l’école», raconte-t-elle.

Du transport actif plus encadré ?

À plus long terme, l’organisme Baie-des-Chaleurs active et en santé souhaite utiliser l’exemple du jeune Séguin pour convaincre le personnel des écoles, les parents et d’autres jeunes de la Baie-des-Chaleurs de mettre sur pied des «trajets de transport actif» plus encadrés. «C’est possible. Il suffit d’avoir quelques parents et des bénévoles motivés pour accompagner les jeunes», soutient le coordonnateur.

Sans le savoir, Victor Séguin aura donc contribué à faire connaître les principes du transport actif, du moins dans quelques municipalités de la Gaspésie. «Mon but n’est pas d’instaurer quoi que ce soit. Je veux juste marcher avec des amis pour aller à l’école», réagit humblement le jeune de 11 ans.