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5 décembre 2012 23 h 14

Cimenterie : la première séance publique suscite de l’intérêt

Plus de 350 personnes ont assisté à la première séance publique d’information du promoteur de la cimenterie de Port-Daniel, Ciment McInnis, mercredi soir à l’église de la municipalité. 

C’est dans une église quasiment pleine que le président et directeur de l’entreprise, Christian Gagnon, accompagné du vice-président aux finances, André Racine, et de Bernard Fournier de la firme génie-conseils Genivar, ont présenté pour la première fois le projet à la population.

La rencontre, qui a duré environ deux heures, s’est déroulée dans le calme.

Ce projet, ont expliqué les représentants, pourrait se traduire par un investissement de 550 à 750 millions de dollars et donner du travail à 100 personnes, une fois que la cimenterie sera en opération. Le nombre de travailleurs pourrait s’élever entre 400 et 500 pendant la construction de l’usine. Le promoteur souhaite débuter les travaux au printemps 2013 et démarrer les activités deux ans plus tard. 

Comme annoncé au préalable, les résultats de la mise à jour des études d’impact environnemental n’ont pas été dévoilés. Ces derniers seront déposés au ministère de l’Environnement au cours des prochaines semaines, espère le directeur, Christian Gagnon.

«Le document final devrait être soumis au ministère dès la mi-janvier», a-t-il précisé, avant d’ajouter qu’il souhaite que sa révision se fasse rapidement de façon à obtenir le feu vert pour débuter la construction de la cimenterie au printemps 2013. 

Après la révision des études par le ministère, a poursuivi M. Gagnon, les résultats seront dévoilés publiquement et détermineront le choix des équipementiers. Le directeur n’a pas été en mesure de préciser quelles technologies seront utilisées, se limitant à répéter qu’elles «dépasseront les normes environnementales du Québec et du Canada.»

Combustibles  

La direction de Ciment McInnis a par ailleurs confirmé qu’elle utilisera du coke de pétrole et du charbon en provenance des États-Unis pour chauffer le calcaire.

Alors que plusieurs citoyens s’inquiètent d’éventuelles émanations polluantes provoquées par les combustibles, M. Gagnon a indiqué que la cimenterie sera équipée d’un système de contrôle en continu et de «filtres performants» pour s’assurer qu’elle respecte les normes environnementales. «Ce qui doit être contrôlé est ce qui sort de la cimenterie, et non ce qui rentre», a-t-il martelé. 

Le directeur a également affirmé que l’utilisation de pneus n’est pas écartée, précisant cependant que cette option est peu envisageable en raison des difficultés en approvisionnement. «Il n’a pas assez de pneus en Gaspésie. Par contre, si une municipalité nous dit qu’elle a trouvé un dépôt sauvage de 6000 pneus et qu’elle nous demande de l’aider, on va en discuter», a-t-il déclaré.

Préoccupations citoyennes

Une dizaine de citoyens ont profité de la période de questions pour faire valoir certaines de leurs préoccupations, notamment sur le plan des retombées économiques et de l’employabilité.

 «Il y a de bons travailleurs ici, de bons pères de famille prêts à travailler. L’entreprise va-t-elle faire appel aux gens de l’extérieur ou va-t-elle engager des gens d’ici?», a questionné un citoyen. 

Le vice-président, André Racine, a répondu qu’il sera difficile de «trouver des gens qui ont de l’expérience en cimenterie» en Gaspésie. Conséquemment, a-t-il assuré, Ciment McInnis prévoit mettre en place des programmes de formation de trois à neuf mois.

«C’est clair que c’est préférable d’avoir des gens d’ici que d’aller chercher des gens de l’extérieur qui peuvent passer trois mois ici et quitter parce qu’ils n’aiment pas Port-Daniel. Pour nous, c’est un choix logique, naturel et intelligent. Je pense qu’on va trouver, il y a beaucoup de talent ici», a-t-il dit, ce qui lui a valu des applaudissements du public. 

Plusieurs citoyens ont par ailleurs fait connaître leurs craintes par rapport aux retombées économiques du projet dans le milieu, en rappelant l’épisode douloureux de l’usine Gaspésia à Chandler.

Le directeur a semblé irrité par la comparaison de son projet à celui de la Gaspésia. «Notre groupe d’investisseurs est très sérieux», a-t-il lancé sèchement, en faisant référence au groupe Beaudier, le conglomérat d’investissement des familles Beaudoin et Bombardier, qui contrôle Ciment McInnis. «Regardez l’histoire des gens de la famille Beaudoin et ce qu’ils ont fait, vous allez vous rendre compte que c’est quasiment une insulte qu’ils soient comparés avec les gens de la Gaspésia.»

Environnement

Même si les groupes environnementalistes ont décidé de bouder cette première rencontre, prétextant qu’il s’agissait d’un «exercice de relation publique», de nombreuses questions ont été posées au sujet des impacts éventuels de la cimenterie sur l’environnement.

«Est-ce qu’on va se réveiller un matin avec de la poudre blanche sur nos terrains, nos maisons et nos voitures?», a demandé une participante.

M. Gagnon a rappelé que de telles situations se sont déjà produites dans le passé à proximité de certaines cimenteries, en raison des systèmes électriques de filtration.

«Aujourd’hui, on n’utilise plus ses techniques. À Port-Daniel, ce seront des filtres mécaniques, alors même si quelque chose tournerait mal dans l’usine, ils continueront de fonctionner pour s’assurer que toutes les poussières soient attrapées. Je serais excessivement surpris que vous vous réveilliez un matin avec de la poussière sur votre maison», a-t-il répondu. 

Séance à venir

Le promoteur prévoit organiser une deuxième séance d’information publique cet hiver pour présenter les résultats de la mise à jour des étude d’impact environnemental. D’autres rencontres publiques pourront être tenues, si la population le demande, ont indiqué les représentants.

Un bureau d’information sera par ailleurs ouvert à Port-Daniel dès le mois de février. Les gens pourront y consulter des maquettes du projet et du matériel d’information audiovisuel.

Un agent d’information dont le mandat sera de répondre aux questions du public sera engagé par Ciment McInnis.