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30 mars 2015 8 h 48

COMBAT QUOTIDIEN POUR MAINTENIR LES EFFECTIFS MÉDICAUX

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GASPÉ –  Combler 100 pour cent des besoins en médecins de famille et en médecins spécialistes est un beau rêve difficilement réalisable, ne serait-ce que parce que les finissants en médecine à l’échelle du Québec ne sont pas assez nombreux pour combler l’ensemble des besoins. Cependant, la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine n’est pas dépourvue, puisque quelque 85 % des besoins sont comblés.

Le plan d’effectif médical pour la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine prévoit 187 omnipraticiens et 103 spécialistes. Actuellement, la région compte 163 omnipraticiens et 86 spécialistes, soit respectivement 87 % et 84 % des besoins comblés, selon les données de l’Agence de la Santé et des services sociaux Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine (ASSSGÎM).

« On a une cible annuelle de possibilité de recrutement basée sur le pourcentage d’atteinte des plans effectifs de chacune des régions du Québec. Le plus dépourvus seront les plus favorisés et le nombre est limité au nombre de finissants à chaque année »,  explique la présidente-directrice générale sortante de l’ASSSGÎM, Yolaine Galarneau.

La région a l’objectif de recruter 12 nouveaux omnipraticiens à chaque année. « Quand la réponse nous revient de la part du ministère, les besoins peuvent avoir changé en cours de route et on peut avoir un établissement qui a plus de besoins qu’un autre. On est en constant réajustement », précise Mme Galarneau.

Le rôle de tous
Les activités de recrutement est une tâche partagée. Chaque Centre de santé et de services sociaux (CSSS) a des démarches à réaliser pour faire connaître son milieu et participer à des activités de recrutement. L’agence s’occupe de coordonner les activités comme louer des lieux aux activités carrières, les kiosques, notamment auprès des universités.

Les partenariats sont aussi nombreux : « On a aussi la revue Antidote, on est sur Facebook, on a des liens avec la Stratégie d’établissement durable. Sur le plan local, ce n’est pas juste faire des activités de recrutement. C’est aussi de faire connaître l’organisation médicale, les possibilités dans les multiples tâches et sites disponibles par CSSS. Il y a aussi des liens à faire avec des employeurs parce que c’est souvent  lié aussi aux capacités d’emploi du ou de la conjointe ou les possibilités de place en garderie », souligne Mme Galarneau.

L’éloignement n’est plus un frein au recrutement
La qualité de vie, de pratique, la polyvalence et le plein air sont les principaux éléments mis de l’avant pour tenter d’attirer les futurs médecins. La stratégie varie d’un CSSS à l’autre.

« Le recrutement est une démarche à long terme. Pour certain, on les suit dès le secondaire au moment où ils sont venus en stage d’observation et qu’ils choisissent d’aller en médecine. On les reçoit lorsqu’ils sont en stage comme externe, comme résident. C’est une démarche à très long terme », dit le directeur des services hospitaliers et  adjoint à la direction des services professionnels du CSSS du Rocher-Percé, Jean Saint-Pierre.

Le CSSS mise aussi sur des équipements récents, notamment à l’urgence. « Et l’environnement externe. La MRC du Rocher-Percé c’est un endroit exceptionnel pour vivre. Les jeunes recherchent un environnement agréable, sans trafic, sans les contraintes des grandes villes, l’accès au plein air. C’est évidemment la région que l’on vend également », dit M. Saint-Pierre.

« C’est un défi, mais on a quand même bien réussi à Gaspé », souligne la directrice des affaires professionnelles et médicale du CSSS de la Côte-de-Gaspé, Claudia Plourde.
Le fait que l’Unité de médecine familiale de Gaspé sert aussi à l’enseignement permet d’attirer des finissants. « On reçoit beaucoup d’étudiants des centres universitaires de Québec et Montréal. Si ces gens aiment leur séjour, ils risquent de revenir et risquent de dire  à leurs collègues de l’université c’est intéressant à Gaspé, allez faire un tour. C’est un gros moteur de recrutement », ajoute Mme Plourde.

« On est rendu à un niveau où on assure le roulement. Les départs et arrivées se comblent années après années. Notre manque historique a maintenant été comblé », complète Mme Galarneau.

Une nouvelle PDG pour le nouveau CISSS

L’actuelle directrice générale du Centre de santé et de services sociaux du Rocher Percé, Chantal Duguay, dirigera le nouveau Centre intégré de santé et de services sociaux de la Gaspésie (CISSS) à compter du 1er avril, l’organisme qui remplacera l’Agence de la santé et des services sociaux Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine.

Sa feuille de route l’a bien servie pour obtenir ce poste : « On regarde le travail qui a été fait et les succès comme DG avec notre équipe. Vous n’êtes pas sans savoir à la direction du CSSS du Rocher-Percé en 2004 [date de création du CSSS] que c’était en déficit et on a été capable de revenir à l’équilibre financier. En plus, on a travaillé sur le service à la clientèle. À Rocher-Percé, la population a accès à une offre de services intéressante. Ce sont des cartes de visite pour une personne intéressée à devenir PDG », analyse Mme Duguay.

Elle entend amener sa recette pour tenter d’obtenir le même succès à l’ensemble du réseau gaspésien : « Chaque réseau a sa couleur mais nous avons des incontournables au niveau des attentes du ministère à l’égard de la région. Oui, on a des conditions gagnantes à Rocher-Percé qu’on pourrait ramener dans le réseau, mais ça prend aussi une équipe de travail forte, un conseil d’administration fort et des gens qui ont beaucoup de courage qui se donnent beaucoup au travail », estime Mme Duguay.

Elle entend aussi utiliser les points forts dans les autres CSSS, tout en rassurant les gens sur l’accessibilité des soins dans chacun des secteurs. « C’est sûr qu’on aura une période de transition, mais ça ne touchera pas les services à la clientèle », dit-elle.

Concernant la controverse évoquée l’automne dernier dans les médias nationaux sur les allégations de favoritisme dans sa gestion et les récentes sorties du syndicat des infirmières, « ça me surprend beaucoup parce que l’ensemble du personnel est venu me féliciter parce que c’est une fierté pour leur CSSS. »

D’ailleurs, le Conseil des médecins, dentistes et pharmaciens du CSSS est sorti publiquement pour défendre Mme Duguay dans les jours suivants sa nomination.