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7 août 2014 15 h 35

Faire parler les noms des Micmacs pour connaître l’Histoire

CARLETON-SUR-MER – Les recherches de la linguiste Danielle E. Cyr sur les noms de lieux donnés au territoire gaspésien par les Micmacs, confirment la présence multimillénaire de ce peuple autochtone arrivé en Gaspésie depuis Québec. Cette découverte paraîtra bientôt dans un ouvrage collectif.

« Ma recherche vient renforcer la preuve que les Micmacs sont arrivés depuis au moins 3000 ans en Gaspésie, explique Danielle E. Cyr, chercheuse retraitée de l’Université York de Toronto. Je commence à disséminer les résultats auprès de la population, et à faire de la vulgarisation scientifique ».

La professeure émérite a présenté sa découverte linguistique qui remonte à 2010, à l’Écomusée de la Pointe Tracadièche mardi dernier à l’occasion des Causeries estivales de Carleton-sur-Mer. Ses travaux ont permis de cartographier l’histoire des Micmacs de la Gaspésie grâce aux noms des lieux que ceux-ci ont donnés à leur arrivée en Gaspésie.

Contrairement à l’hypothèse longtemps affirmée, les Micmacs n’arriveraient pas de la Nouvelle-Écosse, mais ils auraient voyagé le long du fleuve Saint-Laurent et des rivières qui coulent sur le territoire, depuis Québec jusqu’en Gaspésie. Ce peuple, aux origines algonquiennes, aurait fusionné avec d’autres peuples paléoindiens en arrivant en Gaspésie, pour former ce que l’on nomme aujourd’hui les Micmacs.

Cette recherche linguistique, qui vient confirmer les découvertes archéologiques sur l’histoire du territoire gaspésien, paraîtra au printemps 2015, dans un ouvrage collectif qui porte le nom préliminaire « Notre Histoire ». Réalisé en collaboration avec le Mi’gmawei Mmawiomi, ou le rassemblement des Micmacs, cet ouvrage s’inscrit comme un condensé de toutes les recherches — historiques, archéologiques, linguistiques, généalogiques et juridiques — qui ont été réalisées durant les 12 dernières années au sujet des Micmacs de la Gaspésie.  

Faire parler les Micmacs

« C’est grâce au père Pacifique de Valigny que nous avons pu faire ces recherches », raconte Mme Cyr. Ce prêtre capucin français, arrivé à Ristigouche à la fin du 19e siècle, a passé sa vie à répertorier les noms de tous les lieux donnés par les Micmacs de la Gaspésie.

« On sait maintenant que les Micmacs sont entrés par plusieurs chemins et rivières vers la Baie-des-Chaleurs », affirme Danielle E. Cyr. Avant l’arrivée des Européens en Gaspésie, les Micmacs donnaient des noms de lieux, aux endroits où ils s’arrêtaient durant leur migration.

Par exemple, « Pabos » et « Petit Pabos » sont deux noms de lieux qui décrivent des territoires identiques, constitués par des lagunes ou des barachois. D’après les recherches de Mme Cyr, après avoir découvert un lieu, les Micmacs établissaient des portages ailleurs, et si les territoires se ressemblaient, ils ajoutaient l’adjectif « Petit » devant le nom du lieu. Ces noms tracent ainsi les chemins logiques empruntés par ce peuple autochtone.

Danielle E. Cyr donnera une seconde conférence sur cette question au musée Cascapédia, ce jeudi, à 19 h.