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30 mai 2012 8 h 19

Forêt : Pauline Marois choquée par les propos du ministre Gignac

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La chef péquiste, Pauline Marois, dénonce les propos tenus par le ministre des Ressources naturelles, Clément Gignac, pour justifier les coupures dans le programme de création d’emplois en forêt.

Rappelons qu’à une question posée par le député péquiste, André Simard, sur les coupures appréhendées de trois millions de dollars pour le Bas-St-Laurent et la Gaspésie dans le cadre du programme de création d’emplois en forêt, le ministre y répondait ainsi : «Notre point de vue, c’est que, lorsque le régime va rentrer en place, l’an prochain, nous allons revoir ce programme de création d’emplois en forêt, puisque, lorsqu’il a été créé, le taux de chômage en Gaspésie était nettement plus élevé qu’il ne l’est actuellement, et ce n’est pas normal, quand on met les ratios par rapport aux mètres cubes récoltés, que la Gaspésie reçoive quatre fois plus que la Mauricie pour chaque mètre cube récolté. Donc, je vais revoir ce programme en fonction d’autres programmes pour qu’il y ait une certaine équité d’une région à l’autre».

Des propos qui avaient fait bondir le préfet de Bonaventure, Jean-Guy Poirier et qui fait aujourd’hui fortement réagir Pauline Marois. «C’est inconcevable que le ministre prononce de tels propos à l’Assemblée nationale à l’égard de la Gaspésie. D’autant que ça me choque d’entendre les libéraux qui affirment que grâce à eux la Gaspésie va mieux. Je crois que c’est d’abord et avant tout grâce aux politiques [régionales] du gouvernement de Lucien Bouchard [1996-2001] et de celui de Bernard Landry [2001-2003]».

En Gaspésie, souligne Mme Marois, le taux de chômage est encore élevé et rien ne justifie des coupures dans les programmes notamment en matière de foresterie. «Il faut continuer tant que la Gaspésie ne se retrouvera pas avec un niveau d’emploi comparable avec le reste du Québec».

Également outrée par la déclaration de M. Gignac, la préfète de Rocher-Percé, Diane Lebouthillier, invite le ministre à venir s’expliquer. «On demande depuis le mois de décembre une rencontre avec le ministre et on est rendu au mois de mai et tout ce qu’on a reçu c’est un accusé de réception!»

Les libéraux réagissent

C’est avec prudence que les libéraux ont réagi aux propos tenus par leur collègue ministre. Le député de Bonaventure, Damien Arsenault, juge que le ministre s’est limité aux chiffres disponibles d’après le programme en vigueur en s’empressant d’ajouter que tout est fait présentement pour trouver une solution «pour atténuer les impacts de cette coupure.»

M. Arsenault assure «qu’il y a beaucoup de travail qui est fait» avec les intervenants» et informe qu’il a eu une bonne discussion avec le ministre pour lui expliquer que «ce n’est pas si simple que ça cette coupure.» Même son de cloche du côté du député de Gaspé, Georges Mamelonet, qui précise avoir «rencontré les entreprises [forestières] à Gaspé avec le ministre Gignac afin de lui faire part de la réalité».

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