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30 janvier 2013 15 h 58

Gaspé : le maire François Roussy demande à Pétrolia de s’excuser

Le maire de Gaspé exige des excuses de la part du président de Pétrolia, André Proulx, qui a laissé entendre que la protection de l’eau potable n’est qu’un prétexte pour obliger sa firme à verser des redevances à sa municipalité.

Dans une entrevue diffusée dimanche à la radio FM-98,5 de Montréal, M. Proulx affirme que «tout allait bien» entre la Ville et Pétrolia jusqu’à une rencontre «fulmineuse» il y a un an et demi. Le maire François Roussy aurait demandé des redevances pour la municipalité. «Je pense qu’il a sauté par-dessus la table, a rapporté M. Proulx, il est sorti de cette rencontre-là parce qu’on n’a pas accepté. 

«On ne peut pas faire ça [donner des redevances], a poursuivi le président, on n’est pas là pour acheter la paix. C’est au gouvernement de mettre ses culottes.» Québec a la responsabilité de prélever les redevances et de décider s’il les partage avec les municipalités, a dit M Proulx en substance.

«Scandaleux»

Le maire François Roussy qualifie de «scandaleux» les propos d’André Proulx. «Quand on attaque l’intégrité d’une personne avec un mensonge aussi flagrant, il faut répondre.»

La Ville réclame bel et bien des redevances sur le pétrole, mais «jamais on ne va accepter de redevances s’il y a un impact sur l’eau potable», dit le maire. D’ailleurs, les redevances n’ont pas fait partie des discussions entre la Ville et le gouvernement du Québec, assure-t-il.

Le maire estime qu’il s’agit d’une «stratégie de communication» de la part de Pétrolia. «Pendant ce temps, on ne répond pas aux vraies questions : c’est quoi, les produits chimiques [utilisés pour les forages]? Allez-vous utiliser la fracturation dans le futur?»

Autre version

Le maire a une autre version de la rencontre évoquée par M. Proulx, qui aurait eu lieu le 19 janvier 2011. «À l’époque, Pétrolia nous informait qu’elle allait faire de la fracturation, rapporte M. Roussy. M. Proulx nous avait demandé de pouvoir passer sur un terrain de la Ville. On disait qu’on ne pouvait pas accepter tant qu’il n’y aurait pas un nouveau modèle [de développement pétrolier].»

Selon le maire Roussy, M. Proulx aurait alors dit que «ce n’est pas un petit maire qui va nous faire du chantage. J’ai 15 millions à mettre sur la table. Si vous ne les prenez pas, je vais les mettre à Anticosti.»

«Je me suis levé et je suis sorti de la rencontre», rapporte le maire.

Les ponts rompus?

M. Roussy ne donne pas cher d’une éventuelle médiation entre Pétrolia et la Ville. «On n’a plus confiance en M. Proulx. On veut que le gouvernement intervienne pour faire cesser la manipulation de l’opinion publique.»

Le règlement adopté par Gaspé en décembre a pour effet d’empêcher Pétrolia de forer Haldimand n° 4.