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23 mai 2014 11 h 11

Haldimand : « Pas de risque pour l’eau potable », dit l’INRS

GASPÉ – Un forage pétrolier sans fracturation à Haldimand n° 4, à Gaspé, ne mettrait pas à risque les sources d’eau potable du secteur, selon l’étude hydrogéologique menée par l’INRS pour le ministère québécois de l’Environnement. Un déversement de surface pourrait toutefois aboutir dans les cours d’eau.

Environ 60 personnes ont assisté hier à Gaspé à la présentation de l’étude hydrogéologique  par des chercheurs de l’INRS. Des échantillons ont été prélevés dans 75 puits résidentiels et 16 puits d’observation, ainsi que dans les puits municipaux.

L’aquifère d’eau potable, situé à moins de 40 mètres sous la surface, est séparé du réservoir pétrolier par environ 700 mètres de roche. « En profondeur, la fracturation [naturelle] est éparse et ne serait pas une voie continue entre le réservoir pétrolier et la surface », a déclaré René Lefebvre, hydrogéologue à l’INRS. Une contamination en profondeur prendrait donc « des milliers d’années » à atteindre la surface, a expliqué la chercheuse Mélanie Raynauld.

Les prises d’eau actuelles et futures de la Ville de Gaspé, près de la rivière Saint-Jean, seraient à l’abri. « L’eau qui alimente ces puits provient du sud-ouest [la direction opposée des forages], donc ils ne sont pas des milieux récepteurs d’une éventuelle contamination à Haldimand », a indiqué Mme Raynauld.

En cas de déversement en surface

Les zones autour des forages Haldimand n° 1 et n° 2, ainsi que l’emplacement prévu pour Haldimand n° 4, ont une vulnérabilité de « moyenne à très élevée », évalue l’INRS. En d’autres mots, un déversement de surface pourrait entraîner une contamination de l’eau souterraine. Ces contaminants se dirigeraient vers des cours d’eau, et non vers les puits des résidents de Sandy Beach et d’Haldimand.

Vu le type de sol, les lieux seraient difficiles à décontaminer, analyse M. Lefebvre, mais les contaminants chemineraient lentement, ce qui laisserait le temps de les détecter dans les puits d’observation.

L’INRS n’a pas évalué les risques d’éventuelles opérations de fracturation des forages d’Haldimand.

Pas rassurés

Un résident d’Haldimand, Daniel Rioux, s’est dit « très préoccupé » à la suite de la présentation. « Si la contamination arrive dans les ruisseaux, qu’elle va dans la baie et se rend à la plage, on fait quoi? »

« Je suis très inquiet que cette étude ne tienne pas compte du fait que la fracturation est très, très possible, ce qui pourrait amener la migration de contaminants », a réagi un autre citoyen, Hal Perry.

« Vu que c’est dans très longtemps [la contamination], ce n’est pas grave? », s’est questionnée tout haut Danièle Raby.

Le règlement municipal demeure

Par communiqué, la Ville de Gaspé a indiqué qu’elle prendrait le temps  d’analyser l’étude avant de faire des commentaires sur le fond. La municipalité souhaite toujours un règlement provincial sur l’eau potable « dans les plus brefs délais ». 

« Pour l’instant, la réglementation municipale reste en vigueur, nous souhaitons que l’industrie s’y conforme et nous croyons qu’elle est en mesure de le faire », a déclaré le maire de Gaspé, Daniel Côté.

La Ville demande que l’étude environnementale stratégique sur la filière des hydrocarbures, annoncée par le gouvernement libéral, soit complétée avant que Pétrolia soit autorisée à poursuivre ses travaux à Haldimand.

L’étude a coûté 380 000 $, une somme payée par le ministère de l’Environnement.