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16 septembre 2013 14 h 40

La Maison du pêcheur : assez fidèle au Percé de 69, selon les Percéens

PERCÉ – Le film La Maison du pêcheur a ranimé des souvenirs chez les 350 Percéens réunis pour une projection à l’église de Percé, vendredi. Même si les faits sont romancés, ils ont reconnu le Percé de l’été 1969.

Ne vous attendez pas à un compte-rendu exact, avait averti Jean-Roch Marcotte, des Productions Vic Pelletier, avant la projection. « Nos scénaristes se sont acharnés à transformer tout ça en bonne histoire. »
Cet été-là, les Paul Rose, Jacques Rose et Francis Simard, futurs meneurs du Front de libération du Québec, arrivent à Percé pour ouvrir une « Maison du pêcheur », d’où ils veulent sensibiliser les Gaspésiens à leurs conditions économiques et à la cause de l’indépendance. Ils se heurtent à la méfiance d’une partie de la population et à l’indifférence de certains jeunes vacanciers. Le film raconte aussi l’apprentissage politique du jeune Gaspésien Bernard Lortie.
« Ça ne dénature pas »
Pierre Michaud tenait une boîte à chansons à Percé en 1969 et fréquentait la Maison du pêcheur. Il craignait que le film s’éloigne trop de la vérité. « C’est sûr que c’est romancé, mais ça ne dénature pas ce qui s’est passé à Percé en 1969 », a-t-il statué après la projection.
M. Michaud a raté de peu l’arrosage montré dans le film, lorsque des Percéens « nettoient » la Maison du pêcheur et ses occupants avec de puissants jets d’eau. « On a attendu une heure et demie à l’étage de la maison, moi et un chum. On savait que quelque chose arriverait, on était là par solidarité. On est sortis prendre une bière et quand on est revenus, la porte était défoncée et c’était l’arrosage. »
Pas autant de violence
Le maire actuel de Percé, Bruno Cloutier, était assistant-secrétaire de la Ville de Percé à l’époque. « Ça se rapproche de la réalité, même si c’est de la fiction, dit-il. Par contre, je n’ai pas vu autant de violence. Il y a eu des altercations, mais des gens qui mettent le feu aux tentes, je n’ai pas vu ça. »
André Méthot, devenu maire de Percé à l’été 69, ne se formalise pas d’avoir inspiré le personnage d’André Duguay, joué par Luc Picard. Dans le film, le commerçant, voisin de la Maison du pêcheur, multiplie les manœuvres pour expulser les militants. « Qu’ils la fassent, leur « crisse » de révolution, mais pas devant mon camping! », lance le comédien.
« C’est moi, ça, avoue M. Méthot en riant. Je n’avais peur de rien, pas peur de foncer dans la gang. J’habitais à 10 mètres de la Maison du pêcheur, je travaillais sept jours sur sept, et quand j’arrivais, je voulais dormir. Eux autres, ça dansait, ça criait, ça chantait… Mais j’avais une bonne relation avec Paul Rose. Je lui disais : baisse ta musique! »
« Ça m’a rappelé comment était Percé en 69, poursuit M. Méthot, âgé de 74 ans. Ça n’a pas changé tant que ça : c’est plus propre mais c’est moins beau. »
Ovation debout
Le film a eu droit à une ovation debout. Les Percéens ont réagi lorsqu’ils ont reconnu des leurs qui jouent de petits rôles ou font de la figuration. L’apparition en fier-à-bras d’André Boudreau, candidat à la mairie de Percé, a beaucoup fait rire.
Le réalisateur Alain Chartrand, le coscénariste Jacques Bérubé et plusieurs des comédiens étaient présents pour la projection.

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