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6 novembre 2014 13 h 31

Nouveau pacte fiscal : Jean-Guy Poirier résigné, Allen Cormier enragé

NEW RICHMOND - Président de la Table des préfets de la Gaspésie et préfet de Bonaventure, Jean-Guy Poirier se résigne devant la décision de Québec d'abolir les CLD, la CRÉ et de faire un trou de 300 M$ dans le budget des municipalités. Le préfet élu en Haute Gaspésie Allen Cormier demande au gouvernement de reculer.

« Le monde municipal a été mis devant un fait accompli. Et on n’avait pas le choix d’accepter. Le rouleau compresseur est passé », déclare M. Poirier dans une entrevue accordée ce matin à GRAFFICI.

« On recule de 20 ans ! On vient de nous enlever les outils de promotion et de développement de la région. (…)C’est malheureux que les CLD ont ainsi été amputés. Ils faisaient un très bon travail, mais quand ben même qu’on monterait dans les rideaux, c’est signé et il faut vivre avec. C’est de la perte de temps de se débattre. D’autant plus que c’est signé par les deux unions municipales », opine le président de la Table des préfets de la région.

Selon lui, les municipalités ont été mises en face d’une décision déjà prise par le Gouvernement d’aller chercher 300 M$ et il n’y avait rien à dire ni à faire.
« On va hériter d’un cadeau de Grec déplore M. Poirier. Les MRC reçoivent le mandat de faire du développement régional mais l’argent qui allait à la CRÉ est réduit de 50 % et l’argent qui allait aux CLD est amputé de 60 % », estime-t-il.

Avec si peu de moyens, si les MRC décidaient de maintenir les CLD, ça va être des organismes boiteux. Ils ne pourront pas avoir le même personnel ni agir de la même façon, parce qu’il est clair que les municipalités ne mettront pas un sous de plus pour le développement économique. Le problème il est là.  C’est pas la structure le problème, c’est l’argent », conclue Jean-Guy Poirier.

Allen Cormier enragé !

De son côté, le préfet élu de la MRC de la Haute-Gaspésie, Allen Cormier, se dit enragé par la situation qu’il qualifie d’inacceptable.

« Je suis en colère ! C’est un pacte pour Labaume et Coderre (les maires de Québec et de Montréal). On laisse carrément tomber les régions. (…) C’est très enrageant ! L’UMQ (l’Union des municipalités du Québec) et la FQM (Fédération québécoise des municipalités), nos représentants provinciaux, n’ont pas tenu compte de nos besoins ni de nos réalités régionales. Dans les grosses villes, ils ont des agents de développement industriel et toute une équipe pour mousser l’économie. Ici, c’est pas pareil. Les villes n’ont pas les moyens de faire du développement économique à grande échelle », s’indigne M. Cormier.

En 2013, le préfet élu de la Haute Gaspésie rapporte que son CLD a investit dans le milieu 475 000 $, générant ainsi un effet multiplicateur de 6,8 M$ en investissements totaux sur le territoire et 159 emplois créés ou maintenus grâce à ces investissements. « Pis ils nous enlève ça ? Ça pas de bon sens ! », rage le préfet.

« J’avais 700 000$ pour le CLD et je me retrouverais avec quelque chose comme 325 000 $. Comment je vais payer mon staff  et aider mes entrepreneurs avec ça ? », se demande celui qui déplore de surcroit que Québec ose s’attaquer aux deux MRC les plus pauvres du Québec, soit la Haute-Gaspésie et celle du Rocher-Percé.

« En plus, on augmente le tarif de la SQ, on nous impose une baisse de retour sur la TVQ et les enlieux de taxes diminuent de 20 %. Et ils nous coupent nos outils de développement régional. Comment ils pensent qu’on va s’en sortir », s’inquiète M. Cormier.

Concernant l’abolition de la Conférence régionale des élus, monsieur Cormier allègue aussi que c’est un non sens et s’inquiète notamment de voir l’expertise qui s’y trouve abandonner la région. « Ces jeunes qui travaillent pour la CRÉ et qui avaient le dynamisme et l’expertise pour développer notre région, ils perdent leur emploi. Ils vont sans doute partir », craint M. Cormier.

« Partout où je vais sur mon territoire, je ressens la détresse de ma population. Et ça va pas s’améliorer. Faut faire quelque chose ! Faut que le gouvernement revienne sur sa décision», conclue le préfet Cormier.

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