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16 novembre 2014 20 h 13

Premier Pot Luck Solidarité : 200 personnes se mobilisent à Carleton pour l’avenir de leur région

CARLETON-SUR-MER — Plus de 200 personnes dont de nombreuses familles ont répondu à l'appel à la solidarité pour soutenir les personnes touchées par les coupures gouvernementales, à l'occasion d'un méga « PotLuck » vendredi soir à la salle Charles Dugas à Carleton-sur-Mer.

À peine quelques heures après la mise en ligne de l’événement le 7 novembre sur Facebook, des dizaines de personnes avaient confirmé leur présence et ce rythme s’est maintenu tout au long de la semaine. La soirée était organisée par un groupe de huit citoyens de la Baie-des-Chaleurs, dont Manue Babin et Benoit Trépanier, directeur du journal GRAFFICI. Seulement une centaine de dollars ont été nécessaires pour mettre sur pied ce rassemblement. Il y avait même une mini-garderie dans un coin de la salle et des bénévoles étaient sur place pour s’occuper des enfants.

Dans une ambiance décontractée, parfois festive, d’autres fois émotive, les citoyens étaient invités à prendre le micro pour exprimer leur soutien, leurs idées ou pour témoigner de leurs expériences avec les gens qui œuvrent au sein des organismes visés par les politiques d’austérité de Québec, comme les Centres locaux de développement (CLD) et la Conférence régionale des élus (CRÉGÎM).

Des témoignages

Un des moments forts de la soirée a été lorsque l’un des propriétaires de La Microbrasserie Le Naufrageur, Sébastien Valade, a invité tous les employés du CLD d’Avignon à prendre place avec lui en avant de la foule. L’entrepreneur a offert un vibrant témoignage, remerciant à maintes reprises l’équipe pour son soutien dans des dossiers marquants du commerce, comme la construction d’un micro-marché pour régler la problématique du bruit causé par la terrasse. « Sans ce projet, la microbrasserie aurait fermé. Et ces gens devant vous ont travaillé d’arrache-pied pour le rendre possible. Ces personnes-là sont extrêmement importantes », a-t-il déclaré.

Un peu plus tôt, alors que les invités commençaient à arriver et à installer leurs repas sur les dizaines de tables, l’une des employés du CLD d’Avignon, Geneviève Bouffard, s’est dite touchée par la mobilisation dans la région. « Depuis le début, on se sent appuyé par les entrepreneurs et la communauté. Ça nous donne l’énergie pour continuer notre travail avec passion, même si on ne sait pas ce qui va arriver de nous. Et ce soir,  ça fait tellement du bien de voir tout ce beau monde, tous ces gens qui sont conscients des enjeux que nous vivons collectivement », a-t-elle mentionné, avant de rejoindre ses collègues de travail, tous présents.

Plusieurs artistes ont aussi répondu à l’appel. La récipiendaire du Prix du récit Radio-Canada 2014, Johanne Morency, est reconnaissante du travail de la CRÉGÎM. Il y a quelques années, l’écrivaine de Maria a reçu une bourse du Fonds pour les arts et les lettres Gaspésie-les-Îles, issue de l’entente entre la CRÉGÎM et le Conseil des arts des lettres du Québec. « C’est ce qui m’a permis de présenter mon travail au public pour la première fois avec des expositions à Gaspé et à Bonaventure. C’est le genre d’expérience qui permet aux artistes émergents d’avoir accès à des bourses au niveau provincial, d’être reconnus. Est-ce que les bourses vont demeurer? », se demande celle qui espère que les artistes de la relève de la région conserveront cet outil.

Une perte pour la gouvernance régionale

Alors que les MRC décideront du sort des CLD dans les prochains jours, celui de la CRÉGÎM est déjà scellé, le gouvernement ayant annoncé que ces structures de concertation, qui regroupe notamment des élus de chacune des MRC, seront abolies. Et cette perte de « gouvernance régionale » en inquiète plus d’un, dont l’historien Pascal Alain, qui y voit un retour à l’ère Duplessis à « certains égards » en ce qui a trait au développement régional. « On a toujours eu en Gaspésie depuis plus d’une cinquantaine d’années une structure de gouvernance. Ce qui m’effraie là-dedans, c’est le retour des querelles de clocher », dit-il, ajoutant que les bisbilles entre les secteurs de la péninsule peuvent nuire au développement des projets, qu’ils soient publics ou privés.

Croisé lors de la soirée, le directeur général de la Régie intermunicipale de transport de la Gaspésie-les-Îles (RéGÎM), Antoine Audet, se rappelle de l’implication de la CRÉGÎM dans la mise en place du réseau, qui est devenu un exemple pour de nombreuses régions du Québec. « Si nous pouvons obtenir des revenus issus de la majoration d’une cent de la taxe d’essence, c’est grâce au travail de la CRÉ. Pour aller à Québec et demander ça, ça prenait un consensus fort et la CRÉ a joué un rôle majeur pour faire avancer ce dossier », se souvient-il. Et maintenant, note-t-il, le RéGÎM, détient une structure autonome qui appartient aux MRC et peut compter sur des revenus récurrents, qui ne dépendent pas des programmes gouvernementaux. Ce qui fait en sorte que les coupures ne menacent pas sa survie. « Il y aura un impact sur notre financement, puisque nous recevions entre 100 000 et 200 000 $ de la CRÉ, sur un budget de 2,3 M$. Nous pensons cependant être en mesure de ne pas trop toucher aux services », précise M. Audet.

L’achat local, une solution

Plusieurs fois, de nombreuses personnes ayant pris la parole ont fait valoir l’importance de l’achat local pour favoriser le développement économique et pour réduire les impacts des coupures gouvernementales. Un discours que le propriétaire de la Brûlerie du Quai, Dany Marquis, encourage. « C’est pour ça que je suis ici ce soir. Une fois l’austérité, une fois les coupures effectives, qu’est-ce qu’on fait? Acheter localement, c’est quelque chose que le gouvernement ne contrôle pas, c’est ce sur quoi on a un contrôle », a-t-il mentionné.

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