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19 décembre 2014 12 h 39

Réductions chez Orléans : la RéGÎM à la rescousse

GASPÉ -- La RéGÎM prendra en partie la relève d’Orléans Express le 18 janvier, grâce à des minibus qui transporteront les clients vers les rares arrêts conservés par la compagnie d’autocars. Transports Québec et les usagers se partageront les frais de ce service, qui comble toutefois une portion seulement des réductions prévues par Orléans.

À partir du 18 janvier, Orléans assurera une seule liaison quotidienne entre le côté nord de la  péninsule et Rimouski et une seule du côté sud, comparativement à deux ou trois de chaque côté jusqu’ici. Entre Rimouski et Gaspé, le nombre d’arrêts passera de 44 à 7 du côté nord et de 47 à 8 au sud. Orléans ne couvrira plus la section Gaspé-Grande-Rivière, laissant  Percé sans service.

En plus de réduire les choix de départs, ces changements laissent de longues étendues de territoire sans possibilité d’embarquement, notamment entre Paspébiac et Carleton (82 km et une heure de route) ou entre Mont-Louis et Sainte-Anne-des-Monts (61 km et 45 minutes).
La solution qui sera mise en place : les clients d’Orléans pourront réserver une navette de la RéGÎM 24 h à l’avance, sept jours sur sept, qui les mènera jusqu’à l’arrêt d’Orléans le plus proche, d’où ils poursuivront leur route en autocar. Le même système sera en vigueur au retour. L’usager paiera le tarif régulier de la RéGÎM, c’est-à-dire 2,50 $ ou 3 $.

« On se sentait interpellés par le fait que 45 communautés soient abandonnées [le nombre d’arrêts éliminés par Orléans en Gaspésie administrative], rappelle Antoine Audet, directeur de la RéGÎM. Mais on a toujours dit qu’on n’avait pas les capacités financières et logistiques de le faire à la place d’Orléans. »

L’aide de Québec change la donne : jeudi, le ministre des Transports, Robert Poëti, a annoncé une subvention de 530 000 $ à la RéGÎM pour mettre en place le service de navettes.

Démarrer le projet coûtera 80 000 $. Ensuite, il faudra « entre 0 et 450 000 $ », dit M. Audet, pour payer les navettes, dépendant de la proportion de clients d’Orléans qui les utiliseront.

Les embarquements d’Orléans aux arrêts éliminés totalisaient 23 000 par an. « Une partie importante de ces gens-là vont utiliser leurs propres moyens [pour rejoindre les arrêts restants], estime Antoine Audet. Vraiment au pif, il y aura peut-être 20 % d’entre eux qui feront appel à nos services. »

Cette solution devra être réévaluée dans l’avenir puisque Orléans Express souhaite mettre fin à ses services à l’est de Rimouski d’ici la fin de 2015, une volonté exprimée en août devant la Commission des transports du Québec.

Les Gaspésiens devront toutefois encaisser la diminution du nombre de liaisons quotidiennes, non compensée par l’initiative de la RéGÎM.

Manque à gagner de 200 000 $

Par ailleurs, la RéGÎM devra composer avec l’abolition de la Conférence régionale des élus Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine en 2015. L’organisme versait 100 000 $ par an à la RéGÎM et une aide supplémentaire de 100 00 $ de Transports Québec était liée à cette contribution régionale.

Le manque à gagner de 200 000 $ représente 9 % du budget de 2,2 M$. La perte n’est pas que financière, souligne M. Audet. « La CRÉ est à la base de la création et du développement du transport collectif. C’est un partenaire important côté organisationnel et côté appui politique. Il y a un vide avec lequel on devra composer. »

La RéGÎM songe à prélever 100 000 $ dans ses réserves pour conserver ses services en 2015, une année charnière puisque Transports Québec (MTQ) révise ses programmes, indique M. Audet. « On se prépare à ce que les futurs programmes du MTQ soient moins généreux. Disons qu’il n’y a pas beaucoup de programmes revus à la hausse ces temps-ci… »

La taxe de 1¢ sur l’essence représente la moitié des revenus de la RéGÎM, soit 1,1 M$ par an. Ce type de financement est « un modèle à suivre », selon M. Audet, et assure « une certaine autonomie » à la RéGÎM. Les revenus des billets totalisent 300 000 $ et la part du MTQ, 600 000 $ (sans compter la contribution liée à celle de la CRÉGÎM ni le nouveau projet de navettes).

Vers une hausse des déplacements?

Suzanne Laflamme, une fidèle de la RéGÎM, utilise le service deux à quatre fois par semaine pour voyager entre son domicile de Rivière-au-Renard et son travail à l’Agence régionale de santé, à Gaspé. « Le transport était entamé depuis un mois quand j’ai commencé [en 2010] et j’ai toujours poursuivi. Je trouve que c’est un service utile, sinon essentiel, particulièrement l’hiver, où l’on n’a pas besoin de déneiger l’auto et où l’on peut s’asseoir confortablement sans stress de conduite et faire sa part pour l’environnement. » Mme Laflamme remarque que dans son secteur, quelques nouveaux clients ont adhéré à la RéGÎM « de façon occasionnelle ».

La RéGÎM avait comme objectif de départ d’effectuer 120 000 déplacements par an après trois ans d’existence. Le réseau en comptabilise plutôt 80 000, mais ce nombre est en hausse, affirme Antoine Audet. « C’est dû à notre clientèle régulière, mais aussi au transport d’étudiants vers les campus de Gaspé et de Carleton. » Le Cégep de la Gaspésie et des Îles offrait déjà ce service de transport, mais a confié sa gestion à la RéGÎM cet automne.

Au cours de la prochaine année, la RÉGÎM a l’intention d’ajouter des trajets de mi-journée sur les circuits qui fonctionnent bien. Il souhaite aussi desservir les villages de l’arrière-pays « avec des options sur réservation, de type taxi-bus », explique M. Audet.
À compter du 5 janvier, la RéGÎM offrira des trajets supplémentaires à partir des Plateaux vers Matapédia, Campbellton et Carleton. Cet hiver, du transport vers les centres de ski Petit Chamonix de Matapédia et Pin Rouge de New Richmond sera à nouveau offert, la fin de semaine et sur semaine pendant la semaine de relâche.

Bientôt des porte-vélos sur les minibus

Dès ce printemps, la RéGÎM installera des porte-vélos sur ses minibus. « C’était une des principales demandes de nos usagers, indique M. Audet. C’est pour notre clientèle régulière, mais aussi pour les loisirs. » Des cyclistes pourraient par exemple décider de pédaler de Gaspé à Percé et de revenir en RéGÎM, illustre-t-il.

Christophe Turcotte, un utilisateur de la RéGÎM, se dit « super satisfait qu’on ait été pris au sérieux. On a été plusieurs à écrire [pour demander des porte-vélos] parce qu’on pensait que ce serait complémentaire au service de la RéGÎM. On va pouvoir aller voir nos amis dans les rangs [où les minibus ne se rendent pas]. Ça va encourager les gens à utiliser leur vélo et la RéGÎM plutôt que leur voiture. À Saint-Siméon ou Bonaventure, aller de la route 132 au 2e rang peut prendre 35 à 40 minutes à pied, mais seulement 5 à 10 en vélo. Ça fait une différence. »

La RéGÎM (Régie intermunicipale de transport Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine) transporte ses usagers vers leur travail ou les services des villes-centres de la région. Le service de minibus est offert sur semaine sauf exception, matin et soir et parfois en mi-journée.

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