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9 mars 2012 12 h 07

Un pan de l’histoire de Murdochville part en fumée

Après avoir vu fermer sa mine et sa fonderie, Murdochville voit brûler son Centre d’interprétation du cuivre, qui rappelait l’époque prospère de l’exploitation de ce métal aux touristes de passage.

«C’est pas mal ce qui pouvait arriver de pire à Murdochville, lance la mairesse Délisca Ritchie Roussy. C’était un joyau de notre patrimoine, et notre principal attrait touristique.»

Les pompiers ont reçu un appel vers 1 h cette nuit. Le bâtiment est une perte totale, même si la structure est encore debout. Rien ne laisse croire à un incendie criminel pour l’instant.

Chez Mme Roussy, le téléphone a sonné vers 2 heures du matin. Elle s’est habillée en vitesse et a sauté dans sa voiture pour se rendre sur les lieux. «À mon arrivée, il y avait de grosses flammes, et le bâtiment a brûlé encore longtemps», rapporte-t-elle.

«Il faut rebâtir»

La mairesse croit qu’il «faut rebâtir» le Centre. «On va laisser retomber les émotions, analyser ça à tête reposée et voir ce qu’on peut faire. On va aussi s’asseoir avec les employés, qui sont attachés à leur travail et au Centre», dit-elle.

William Hogan, président du conseil d’administration du Centre, a passé la nuit sur les lieux de l’incendie. «Des gens sur place pleuraient. Si on essaie de quantifier nos émotions sur une échelle de 1 à 10, je dirais qu’on est à 11.»

Des artéfacts en fumée

La reconstruction du bâtiment pourrait coûter 2 millions de dollars, estime M. Hogan. Mais des artéfacts, ça ne se reconstruit pas, note-t-il. «On avait des fanaux, de l’outillage qui était utilisé par les mineurs. Ça ne se retrouve pas sur les tablettes d’un magasin.» Des photos qui ne sont pas archivées ailleurs sont aussi parties en fumée.

Le président n’a aucune idée de ce qui peut avoir déclenché le feu. «Les policiers sont là, ce matin, avec des spécialistes en incendie, pour trouver l’origine.»

Le bâtiment était assuré, affirme M. Hogan. Toutefois, au moment d’écrire ces lignes, il ne savait pas si l’exposition était couverte par l’assurance.

Dix employés sous le choc

Le Centre employait une dizaine de personnes de juin à septembre. Il offrait une descente dans une ancienne galerie d’exploration de la mine, une exposition interactive sur le cuivre et l’histoire de Murdochville, ainsi qu’une visite au pied des éoliennes qui surplombent la ville.

Louise Potvin, employée du Centre d’interprétation depuis 1989 (l’année de l’ouverture), a appris la nouvelle ce matin via Facebook. «C’est sûr qu’on est tristes et qu’on a le cœur gros», dit-elle.

Employée saisonnière du Centre, Mme Potvin touchait de l’assurance-emploi le reste de l’année. «On va commencer par digérer ça. Mais c’est sûr que je n’aurai pas le choix de me trouver un autre emploi», dit-elle. Et la recherche pourrait être difficile à Murdochville, qui peine à se relever de la fermeture de la fonderie de cuivre, en 2002.

GRAFFICI.CA a appris la nouvelle à une autre employée, Johanne Boulay, qui a eu du mal à trouver les mots pour décrire son émotion. «Le Centre, c’est notre histoire, c’est le cuivre, la mine».