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18 octobre 2012 13 h 12

Un train arrêté par un cocktail de pluie et de feuilles à Carleton

Gilles Gagné

Journaliste

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Le train de Via Rail reliant Montréal à la Gaspésie a terminé sa course à Carleton-sur-Mer lundi, alors qu’il accusait quatre heures de retard. La raison de ce retard n’était pas une première, mais elle surprend toujours.

Le convoi d’une locomotive et de cinq wagons a été ralenti par un mélange de pluie et de feuilles, deux facteurs nuisant à la traction de la locomotive quand le train s’engage dans les pentes pourtant modérées de certains tronçons ferroviaires.

Le retard a débuté après l’arrêt à Mont-Joli. Le parcours vers Amqui a été lent, le convoi combiné des trains de la Gaspésie et des Maritimes devant parfois reculer et refaire une tentative pour venir à bout d’une pente. À Amqui, le train accusait déjà plus de deux heures et demie de retard.

Une fois les trains séparés à Matapédia, le convoi gaspésien s’est buté aux faibles pentes d’Escuminac, où il a ajouté plus d’heure à son retard. Au moins quatre tentatives ont été nécessaires pour venir à bout de la dénivellation.

La direction du transporteur public a décidé de faire venir des autobus à Carleton-sur-Mer afin de permettre à la quarantaine de passagers poursuivant leur route vers l’est de se rendre à destination. Les clients du soir en direction ouest ont rejoint le train à Matapédia, où il avait reculé, de Carleton-sur-Mer.

Les passagers ont dû poursuivre leur route en autobus. 

Mylène Bélanger, porte-parole de Via Rail, confirme que «les conditions météorologiques, les feuilles sur la voie, avec la pluie, ont créé un amalgame […] qui provoque souvent ce type de situation».

GRAFFICI.CA a demandé à Mme Bélanger si Via Rail n’aurait pu prévenir «ce type de situation», étant donné qu’il arrive «souvent», en ajoutant une locomotive au convoi, comme c’est arrivé en 2010, une année dépourvue de retards du genre?

«Nous sommes conscients de la probabilité d’événements de ce type. Quand c’est possible, nous le faisons [ajouter de la traction]. Ce weekend, ce n’était pas possible […] Cette année, les ressources ont manqué»», note Mme Bélanger, ajoutant que ces conditions ne surviennent pas à chaque jour, et «qu’on ne contrôle pas la météo».

Il y a quelques années, les locomotives de Via Rail étaient munies de «boîtes de sable», et l’épandage de ce sable augmentait significativement la traction. La pratique a été abandonnée pour des «raisons environnementales», bien que Via Rail n’explique pas en quoi du sable non-contaminé peut créer un problème écologique.

Une passagère de Carleton-sur-Mer, Myreille Allard, se surprenait lundi matin que «plus de 40 ans après avoir envoyé un homme sur la lune, on ne trouve pas une façon de nettoyer les rails. Ajouter de la puissance ne coûterait pas plus cher que des clients insatisfaits».