Laurence Porlier de Maria est l’une de ces jeunes hockeyeuses qui a connu un parcours assez exceptionnel, même unique pour une jeune gaspésienne, parcours qui l’a conduit jusqu’au hockey universitaire américain. La progression pour une fille dans le hockey est plus facile aujourd’hui qu’elle ne l’a déjà été. Elle et quelques autres hockeyeuses de notre région ont été assurément des pionnières qui ont ouvert la voie au développement du hockey féminin en Gaspésie.
Comme beaucoup d’autres, c’est sur la petite patinoire familiale située à l’arrière de la maison qu’elle a donné ses premiers coups de patins vers l’âge de trois ans. Une année plus tard, elle tenait son premier bâton de hockey. Sur cette petite patinoire, son frère ainsi que les petits voisins du quartier, sous la bienveillance de ses parents, ont créé un groupe sportif inclusif qui lui a donné le goût du hockey et lui a permis de faire ses premiers apprentissages.
C’est dans la catégorie atome (les appellations pour les catégories au hockey mineur ont changé depuis) que les vraies parties ont commencé. Il y avait bien une ou deux filles dans l’équipe, mais pas plus. Les garçons étaient en majorité ; si tu voulais jouer, tu devais t’y faire. Par la suite, la progression a été rapide. À sa deuxième année dans la catégorie pee-wee, elle quitte la région pour Rivière-du-Loup. Elle n’a que 12 ans et va vivre en famille d’accueil. Pour la petite anecdote, cette famille comptait un seul enfant à l’époque et elle en compte maintenant trois; Laurence est marraine du troisième! Comme quoi, dans un tel parcours, des liens forts peuvent se tisser.
Après avoir fait partie de différentes équipes du Bas-Saint-Laurent, elle a abouti dans le midget espoir masculin à Mont-Joli. À 15 ans, elle intègre l’équipe féminine du Québec qui l’amène aux championnats canadiens et ensuite aux Jeux du Canada, au cours desquels son équipe gagne la médaille de bronze.
En 2011, elle et d’autres membres de l’équipe du Québec participent au camp d’entraînement d’Équipe Canada. Elle y côtoie des joueuses comme Marie-Philippe Poulin, Mélodie Daoust et Anne-Renée Desbiens. Bien que ce fut une expérience très enrichissante, elle avoue que le calibre était très relevé et que la barrière de la langue ne jouait pas en sa faveur.

Laurence Porlier démontre lors de cette mise au jeu la même détermination qu’elle déploie dans la vie. Photo : Photo courtoisie
Par la suite, débute la grande aventure aux États-Unis. Pendant trois ans, elle intègre un programme de type prep school à la Brewster Academy de Wolfeboro, dans l’état du New Hampshire. Le prep school (un diminutif pour preparatory school) est un niveau de scolarité qui se situe entre le secondaire et l’université aux États-Unis. Ce passage scolaire prépare les étudiants à l’université, notamment au niveau des résultats scolaires et de certains programmes sportifs. N’entre pas qui veut dans ces établissements; les prérequis et les exigences sont élevés.
À 19 ans, elle joint les rangs du club Orange (à prononcer à l’anglaise) de l’Université Syracuse, dans l’état de New York. L’équipe féminine de hockey (il n’y avait pas de hockey masculin à l’époque) joue dans les rangs de la National Collegiate Athletic Association (NCAA), dans la division 1. Laurence avoue que le campus universitaire, qui compte environ 20 000 étudiants et des classes nombreuses, était assez intimidant pour une jeune gaspésienne.
Les frais d’inscription aux universités privées américaines (comme celle de Syracuse) sont beaucoup plus onéreux que ceux des universités d’état.
Ces frais peuvent coûter jusqu’à 75 000$ US par année, même plus si on prend en considération les frais de scolarité et les autres dépenses, incluant le logement et la nourriture.
Les universités se financent grâce à des subventions, des fondations et des donateurs privés, de sorte que la plupart des parents dont les enfants participent à des programmes sportifs ne paient qu’une partie de ce montant. Pour sa part, Laurence a bénéficié d’une bourse durant ses années à Syracuse. De plus, certains sports comme le football et le basketball, qui se jouent dans des stades pouvant accueillir des milliers, parfois même des dizaines de milliers de spectateurs, sont très populaires. Les revenus générés par les admissions aux parties sont considérables et contribuent aussi à financer les programmes sportifs.
Comme membre d’une équipe sportive universitaire, les athlètes bénificient de beaucoup de privilèges : ils ont accès à des entraîneurs professionnels, à des équipements modernes, à des horaires adaptés et à bien d’autres avantages. Mais encore là, les exigences académiques et athlétiques (en début de chaque année) sont sévères : pour conserver ta place, tu dois te présenter au meilleur de ta forme.
Ma question à Laurence, aujourd’hui revenue vivre en Gaspésie : « Tout au long de ce parcours, tu ne t’es jamais ennuyée ou découragée?». Sa réponse, sans hésitation : « non!». Après une courte pause, elle avoue que oui, parfois, mais pas au point de l’empêcher de réaliser son rêve.
« À certains moments, j’ai eu des doutes, mais la patience et les efforts en sont venus à bout. » Elle le dit elle-même, ça n’a pas toujours été facile. Elle a dû, dans certaines circonstances, travailler plus fort que d’autres pour atteindre ses objectifs, que ce soit à l’école ou au hockey. Elle a toujours aimé les défis; elle se dit fonceuse pour tout. Encore récemment, il y a deux ans, elle ne faisait pas de course à pied et l’an dernier, elle a fait un marathon!
Le hockey a été une affaire de famille chez elle. Elle dit avoir reçu de ses parents un appui constant à tous les niveaux et à toutes les étapes de sa carrière. Leurs recommandations : « Continue en autant que tu aimes ça et dans la mesure du possible, termine ce que tu commences. » Elle leur en est très reconnaissante.
Qu’aurait-elle à dire à une jeune fille de 12 ans qui voudrait suivre ses pas ? « Le hockey m’a permis de rester concentrée sur mes études, d’avoir une bonne discipline, d’accroître mon estime personnelle et de développer un large réseau de contacts. »
Que ce soit au hockey, dans une autre discipline sportive ou un autre domaine, elle encourage les jeunes qui ont du talent à se rendre le plus loin possible. Son parcours a été parfois parsemé de sacrifices et d’embûches, mais il lui a apporté de grands bénéfices, ainsi que des aptitudes et des valeurs qui lui resteront pour toute sa vie!

Chaque élection nous rappelle l’importance de choisir les bons élus, qui s’affaireront dans une multitude de dossiers – dont les loisirs – au cours des quatre années qui suivront. Comme c’est mon champ d’intérêt, j’ai pensé vous guider dans votre réflexion pour choisir les élus qui défendront le mieux les loisirs de votre communauté.
Le loisir, c’est important
Chaque fois que l’occasion se présente, je me fais un devoir de rappeler l’importance du loisir dans nos vies. Que ce soit les loisirs que vous pratiquez seul ou en groupe, sur vos propres sites, avec vos propres équipements ou encore celui offert par le privé et enfin, et surtout, le loisir offert par votre municipalité ou votre ville. C’est sur ce dernier que j’attire votre attention au regard des prochaines élections municipales.
On l’oublie parfois, mais le loisir occupe une grande partie de nos vies et celui offert par votre municipalité joue un rôle important dans l’ensemble des loisirs que nous pratiquons.
Le loisir municipal offre des équipements récréatifs publics (arénas, piscines, centres plein air, terrains sportifs extérieurs, etc.), des parcs et des espaces verts, des sentiers pédestres et cyclables ainsi que des bibliothèques ou des centres communautaires et culturels, notamment. Toutes ces infrastructures sont, dans la plupart des cas, accessibles à faible coût ou sinon gratuitement. Ce n’est pas pour rien qu’on parle de loisir public; celui-ci est majoritairement financé par l’impôt foncier et on veut que le plus grand nombre possible de personnes en profite. La gamme de services offerts ne s’arrête pas aux équipements. La municipalité ou la ville adopte aussi des politiques en loisir inclusives (pour les jeunes, les familles et les aînés par exemple), offre du soutien technique et professionnel aux organismes, et présente des programmes d’activités et d’animation, entre autres.
Par ailleurs, le loisir est reconnu comme un droit par l’Organisation des nations unies (ONU). En effet, l’article 24 de la Déclaration universelle des droits de l’homme stipule que « toute personne a droit au repos et aux loisirs, notamment à une limitation raisonnable de la durée du travail et à des congés payés périodiques ». Pour sa part, l’UNESCO (l’Organisation des nations unies pour l’éducation, la science et la culture) souligne que « ce droit est essentiel pour le bien-être individuel et collectif ». Ce n’est pas rien.
Le loisir est aussi un levier important du développement global des communautés. Il fait souvent l’enjeu de campagnes électorales; un projet important en loisir peut faire basculer le vote du côté des sympathisants … ou des opposants.
Il est important de le rappeler, l’offre globale de loisir d’une municipalité ou d’une ville fait partie des principaux critères pour le choix d’un lieu de résidence, en particulier pour les jeunes familles. La qualité de l’offre en loisir permet aux municipalités de se distinguer et d’être plus attractives.
Enfin, le loisir suscite l’engagement citoyen, favorise le sentiment d’appartenance à une communauté et contribue aux bonnes relations intergénérationnelles et à l’intégration des nouveaux arrivants. On peut presque parler d’un service essentiel!
Le rôle de l’élu qui s’intéresse particulièrement aux loisirs
Alors, voilà pourquoi il est si important à mes yeux d’être à l’écoute des aspirants aux postes d’élus. En matière de loisirs, ont-ils un programme? Quel est leur compréhension de l’importance du loisir et quelle vision s’en dégage? Comme citoyen qui s’intéresse spécifiquement au loisir municipal, le prétendant au poste d’élu, pour avoir votre vote, devra vous convaincre que :
• Il a une bonne connaissance des dossiers et des enjeux des loisirs de votre communauté;
• Il est à l’écoute du milieu pour tout ce qui touche le loisir;
• Il est idéalement engagé dans le monde associatif, sans que ce soit une obligation;
• Il est lui-même (ou ses proches) un participant qui s’adonne à la pratique d’une ou plusieurs activités de loisir;
• Il est présent aux évènements festifs qui se passent dans son patelin.
Et vous, pourriez-vous devenir un élu municipal?
L’avenir de votre municipalité vous tient à coeur? Vous avez une certaine expérience du monde du loisir municipal? Vous souhaitez des changements ou des améliorations dans les loisirs de votre localité? Alors, vous êtes possiblement la personne toute désignée pour occuper un poste d’élu municipal qui veillera à l’avancement de ce service. Ce n’est pas compliqué. Il faut surtout de l’intérêt et de la détermination. Le reste, ça s’apprend!
Cette métaphore de « plante verte » pour désigner un élu qui ne sert pas à grand-chose m’a toujours fait rire. Malheureusement, dans bien des cas, elle s’avère juste. Pour plusieurs raisons, trop d’élus (pas tous), une fois en poste, ne sont pas à la hauteur de la tâche et déçoivent. Par contre, d’autres font du bon travail, même au-delà de nos attentes; il faudrait s’en inspirer…
Oui, je sais, parfois je rêve en couleur… Le candidat idéal que je vous ai décrit précédemment n’existe probablement pas. Qu’importe, j’aime rêver. J’ose croire aussi que ma chronique permettra peut-être l’éclosion d’une future « star » politique du loisir municipal!
Ah oui, j’oubliais, vous pouvez aussi écouter les candidats sur ce qu’ils ont à dire concernant les autres dossiers de services publics, de transport, de développement local, de logement, de sécurité, etc.! Alors, le 2 novembre prochain, allez voter et faites-le pour une personne qui sera plus qu’une plante araignée ou pire, un cactus, dans les salles de réunion de votre hôtel de ville!
Bon automne!

Le dynamisme d’une administration municipale peut avoir un impact important sur les activités de loisir familial,
comme celles ayant lieu dans un gymnase. Photo : Alain Boudreau
MARIA | Nous aimons nous rassembler et fêter dans nos familles et entre amis. Il en va de même pour notre communauté qui est en quelque sorte une grande famille. Il est donc normal et souhaitable qu’à l’occasion, la collectivité prenne une pause et se permette des réjouissances. Du pain et des jeux, disaient les Romains!
Au cours des siècles derniers, tout fut prétexte à fêter; les changements de saison, les récoltes, les croyances religieuses, etc. Les festivals sont dans notre culture. Ils renforcent les sentiments d’appartenance des festivaliers à leurs communautés et génèrent des retombées sociales et économiques.
En Gaspésie, à une certaine époque, chaque village ou ville avait son festival en cours d’année, parfois même deux. Les thématiques ne manquaient pas. En saison froide, il y avait les carnavals et les fêtes liées à la nordicité et aux activités hivernales, alors que l’été, c’était un feu roulant d’événements en lien avec des particularités propres à chaque milieu. Ainsi, il y a eu des festivals pour la forêt, le bois, l’arbre, la mer, les pêches, les crustacés, les minéraux, les métiers anciens, les foins et alouette! J’exagère juste un peu!
Avoir son festival était un point d’honneur, une obligation pour toute communauté dynamique et fière. La plupart des gens se rappellent des festivals et des fêtes de leur enfance, et à quel point ils ont pu les marquer.
Plusieurs de ces festivals ont survécu, d’autres ont été modifiés et enfin, un bon nombre ont carrément disparu. Certains ont fait leur temps alors que d’autres, pour différentes raisons comme des changements socioéconomiques,
la perte d’intérêt des participants, les déficits financiers et le désengagement de leurs bénévoles, ont disparu graduellement. Les festivals, comme le reste, sont cycliques; ils naissent, vivent et meurent… Mais parfois, ils ressuscitent!
Ce n’est plus comme avant
Organiser un festival est plus complexe qu’avant. Au fil des ans, plusieurs organisateurs se sont découragés face à l’ampleur de la tâche. Les démarches organisationnelles, les demandes de financement de toutes sortes, les permis, les contrats, les redevances et les assurances ne sont que quelques exemples d’obligations inintéressantes, mais essentielles, qui en ont découragé plusieurs.
Aussi, les participants aux festivals sont parfois exigeants, ils en veulent beaucoup et pour le moins cher possible. Ils voudraient voir dans leur région des choses vues en ville. Ils se prennent parfois pour des clients; ils paient et exigent des services, même dans les cas d’évènements supportés entièrement par des bénévoles. Souvent, les gens sous-estiment ce que ça représente l’organisation d’un festival, en particulier la recherche de financement. Plusieurs organisateurs en ressortent avec un goût amer.
Il faut aujourd’hui davantage de compétences pour répondre aux nouvelles exigences. Ce n’est pas pour rien qu’il y a de plus en plus de salariés à la tête des festivals à partir d’une certaine taille. Mais n’oublions pas que toute cette évolution et tous ces changements, qui peuvent parfois paraître lourds, contribuent, en fin de compte, à faire en sorte que nos festivals sont de meilleure qualité.
Il y a aussi les changements climatiques qui se mettent de la partie. Les pluies fortes et les orages, les vents violents ou encore les sécheresses sont des éléments de plus en plus menaçants. Notre région s’en tire relativement bien jusqu’à maintenant, mais pour combien de temps?
Et les municipalités et les villes dans tout ça? Même si ce n’est pas vraiment leur rôle d’organiser des festivals, puisque leurs actions doivent se situer préférablement au niveau de l’aide et du soutien aux organisations qui en sont responsables, plusieurs entités municipales prennent en charge des événements pour parfois combler un vide laissé par le milieu et dynamiser l’offre de divertissement. Et même avec les moyens techniques et financiers dont
elles disposent, c’est un domaine qu’elles trouvent difficile et exigeant.
Malgré ce qui précède, mon but n’est pas de vous décourager. Faire partie du comité sateur d’un festival de nos jours peut s’avérer une expérience humaine riche et gratifiante! Tout est une question de préparation et d’adaptation aux aléas de l’événementiel.
La Gaspésie peut se targuer, compte tenu de sa population, de présenter un bel éventail de festivals. Plusieurs offrent des programmations impressionnantes, attirent des milliers de visiteurs qui laissent des retombées économiques appréciables. Nos festivals sont, pour la plupart, de plus en plus inclusifs, accessibles et écoresponsables. Plusieurs se démarquent par des pratiques innovantes, des idées créatrices, des stratégies de communication efficaces, des concepts de logistique adaptés. Ils nous permettent de voir ici des artistes reconnus et des artistes de la relève.
Est-ce qu’il pourrait y en avoir plus dans notre région, particulièrement en été? Certainement! L’été est court, mais la région est grande! Plusieurs de nos festivals gaspésiens sont en quelque sorte des entreprises, véhicules de la culture ou du divertissement, procurant une grande visibilité en dehors de la région, générateurs de retombées économiques et aussi de création d’emplois; ne l’oublions pas…

La saison des festivals bat son plein et le chroniqueur Alain Boudreau s’en réjouit, invitant les Gaspésiens à en faire de même. Photo : Festival en chanson de Petite-Vallée – AlexyaCG
Profitez de la saison des festivals
Au cours des prochaines semaines, ce sera la saison des festivals; il y en aura un peu partout et presque pour tous les goûts. Prenez le temps de regarder ce qui s’offre dans votre entourage et embarquez dedans à pieds joints! Faites-le avec un sentiment de fierté et avec enthousiasme, car après tout, chaque festival est un prétexte pour se rassembler, s’amuser et mieux se connaître. Si vous ne le faites pas, vous n’aurez pas le droit de vous plaindre que c’est ennuyeux par chez vous!
Aussi, prenez le temps de remercier les organisateurs et les bénévoles qui s’investissent dans les multiples comités. La reconnaissance est une chose facile pour vous, mais elle revêt une grande importance pour eux. Si vous avez des critiques à faire, faites-les aux bonnes personnes, de façon constructive. Et pourquoi pas, offrez-vous pour donner un coup de main!
Bonne saison des festivals!
NOTE DE L`AUTEUR
L’auteur désire remercier Magalie Forest, conseillère en loisir à l’Unité régionale loisir et sport Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, pour ses points de vue en rapport avec le sujet de cette chronique.
Il y a de quoi : 1200 $ à payer en plus des frais d’inscription pour un jeune au hockey mineur ou au patinage artistique et 300 $ de plus pour un adulte qui joue au hockey, c’est pour le moins un moyen draconien et persuasif pour amener les municipalités environnantes à négocier et signer une entente pour réduire le déficit de l’aréna. Un ancien entraîneur de hockey professionnel bien connu au Québec dirait que la Ville « n’y va pas avec le dos de la main morte » !
Ici, vous lirez des énoncés sur lesquels je vous ai déjà entretenu dans des chroniques précédentes, que vous avez lu ailleurs ou encore qui font l’objet de nombreuses discussions dans les réunions publiques, et surtout, dans les vestiaires d’arénas ! Mais je crois pertinent de faire le tour de la question le plus possible, au risque de me répéter.
Dans ce dossier, même si les réactions sont fortes, la Ville joue son rôle (je ne dis pas que je suis d’accord avec la stratégie) ; elle considère faire face à une situation inéquitable sur le plan fiscal, que celle-ci dure depuis trop longtemps et qu’il est temps de la régler. Elle souhaite signer des ententes avec les municipalités utilisatrices de son aréna pour éponger une partie du déficit, et à défaut de s’entendre, elle appliquera une surtarification pour les non-résidents.
Donc, la Ville fait un choix politique (contrairement à d’autres qui ne facturent pas les voisins), c’est son droit de le faire, et j’oserais même dire qu’il faut un certain courage pour s’engager dans une telle démarche. Même si en bout de ligne, les résultats obtenus ne sont pas ceux espérés, à tout le moins, il y aura eu un débat, parce qu’il en faut un sur le financement des équipements supralocaux. Si nous voulons demeurer une région bien desservie en fait d’équipements de loisir et de sport, il y a un prix à payer…

Les jeunes risquent de faire les frais du débat actuel. Photo : Jean-Philippe Thibault
Le problème selon la Ville
Pour la Ville, le contribuable de Carleton-sur-Mer paie pour les dépenses d’immobilisations de l’aréna et aussi pour le déficit annuel d’exploitation. Si ce même contribuable est aussi un utilisateur de l’aréna, il doit en plus rajouter les frais d’inscription pour son association, son club, sa ligue ou autres. L’usager qui demeure à l’extérieur – dans ce cas les résidents de Maria, Nouvelle et Escuminac – paie quant à lui seulement pour les frais d’inscription. En bons gestionnaires, les élus de Carleton-sur-Mer se disent, et ils ne sont pas les seuls à être confrontés à de telles situations, qu’il y a là une injustice pour leurs contribuables qui sont des utilisateurs de l’aréna et qui paient en double alors que ce n’est pas le cas pour les non-résidents. En principe c’est vrai, mais dans les faits, c’est plus complexe.
La solution avancée par la Ville
À première vue, on pourrait penser que l’intention de la Ville est logique et tout à fait légitime. L’aréna coûte cher et le déficit d’exploitation de 285 000 $ par année pèse lourd dans le budget ; ce montant risque d’augmenter au fil des ans. La Ville, comme toutes les autres, voit ses dépenses grimper et elle cherche à diversifier ses revenus pour réduire les impacts sur le compte de taxes, tout en demeurant raisonnable et équitable en tarification. Ainsi, elle souhaiterait refiler aux municipalités utilisatrices, par le biais d’ententes, 15 % du déficit annuel de l’aréna. Sans protocole, la Ville réclamera la surtarification.
Imposer une surtarification aux nonrésidents n’est certainement pas le premier choix, selon moi. Elle préfèrerait, et de loin, la signature d’ententes avec les parties concernées. En plus de la lourdeur de cette surtarification, elle envoie un bien mauvais signal d’accueil aux voisins, et elle affectera les inscriptions aux clubs et associations qui sont hébergés à l’aréna. Elle pourrait aussi les priver de parents bénévoles tels que des administrateurs et des entraîneurs. Ces contrecoups ne sont pas propres à Carleton-sur-Mer, ces effets négatifs ont été maintes fois observés ailleurs. Mais, elle juge probablement que pour l’instant, la surtarification est le seul moyen à sa portée pour exercer de la pression et en arriver à une entente.
La réaction des municipalités concernées
Évidemment, les élus des municipalités concernées et leurs citoyens sont mécontents. Jusqu’à cette année, ils ont profité de cet équipement sans pour autant payer de frais supplémentaires. Ainsi, ces mêmes élus peuvent s’engager dans une négociation en vue d’une entente ou bien laisser leurs citoyens utilisateurs de l’aréna payer la note. Les citoyens touchés n’ont pas d’autre choix que de faire pression sur leurs élus pour en arriver à une entente sinon, ils devront débourser de gros frais…Selon ce qui a été rapporté dans les médias, à la mi-mars, même si des discussions sont toujours en cours entre les parties, aucune entente n’est sur le point de se conclure.
J’imagine également que les élus de Maria, Nouvelle et Escuminac doivent se demander ce que ce sera après l’aréna ? À quel déficit d’équipements supralocaux va-t-on leur demander de contribuer par la suite, à Carleton-sur-Mer ou ailleurs ? Il y a bien eu la signature d’un protocole pour la piscine de New Richmond entre les municipalités de Caplan à Carleton-sur-Mer il y a quelques années. Toutefois, malgré le fait qu’il n’y ait qu’une seule piscine sur ce territoire, qu’elle soit géographiquement centrale, que ce soit un équipement relativement accessible et s’adressant à plusieurs clientèles, que l’apprentissage de la natation revêt un aspect sécuritaire important ; tout cela n’a pas nécessairement facilité les négociations et la signature de cette entente.
Si on fait le choix de s’établir dans une plus petite municipalité moins bien desservie pour, entre autres, payer moins cher de taxes et que tôt ou tard, on se fait tout de même imposer à cause des ententes intermunicipales qui se multiplient, a-t-on l’impression de se faire avoir ? Il est là le vrai enjeu dans tout ça ; pour quoi on devrait payer et combien ?
Voir le problème sous un autre angle
Dans l’analyse de l’injustice invoquée par la Ville, il faut tenir compte de plusieurs aspects dont l’historique de l’aréna, sa propriété, son type de gestion et ses retombées économiques. Supporter seule le déficit de l’aréna est certes un boulet financier pour la Ville, mais la présence de cet équipement sur son territoire comporte aussi des avantages.
Le choix de construire un aréna à Carleton-sur-Mer dans les années 70 était d’abord celui de ses citoyens. La Ville voulait offrir un équipement adéquat pour les sports de glace, être attractive auprès des nouveaux arrivants et bénéficier des retombées sociales et économiques des services, activités et événements découlant de sa présence. C’est encore vrai aujourd’hui même si le contexte a changé ; il y a plus d’arénas et de patinoires couvertes dans notre secteur et moins de monde. Mais pour les élus municipaux qui en sont propriétaires, les raisons qui ont justifié leurs constructions sont encore bonnes pour faire en sorte de les conserver et les restaurer.
Actuellement, la Ville gère seule son aréna ; elle a statué sur son avenir, et c’est son droit, elle décide des politiques de fonctionnement et elle en retire les principaux bénéfices. Même si dans la pratique l’aréna joue ce rôle d’un équipement supra-local, dans les faits, elle ne l’est pas, du moins pas encore.
L’autre débat
L’autre débat qu’on ne fait pas assez est celui du coût des sports de glace. Les dépenses d’exploitation des arénas sont élevées et les revenus sont faibles, ce qui occasionne des déficits importants. Il est vrai que les clientèles des arénas sont en baisse et ça affecte les revenus, mais peut-on aussi se questionner sur le tarif demandé à l’utilisateur ?
Les arénas ne sont pas rentables financièrement en région, mais peut-on exiger une plus grande contribution à l’utilisateur plutôt qu’aux payeurs de taxes ? Est-ce que la part versée par le premier et celle par le second est juste pour les sports de glace, en rapport avec d’autres activités publiques de sport et de loisir ? Peut-on revoir des principes de tarification qui, dans certains cas, datent des années 1970 alors que les arénas étaient pleines, et qu’à peu près tout le monde jouait au hockey ou faisait du patinage artistique ?
On ne peut certainement pas demander aux utilisateurs de payer la majorité des frais d’exploitation des arénas (n’oublions pas que ce sont des équipements publics de loisir), mais peut-on leur demander d’en faire un peu plus ? Est-il normal que certaines clientèles ne paient pas du tout pour utiliser l’aréna ? Pendant combien de temps encore les contribuables accepteront de ramasser le gros de la facture ? Il faudrait leur poser la question franchement…
Comment dénouer l’impasse ?
On parle beaucoup de l’aréna parce que l’enjeu financier est très important. Mais n’oublions pas qu’il existe d’autres équipements de loisir, de sport et de récréotourisme dans l’est de la MRC Avignon. Se concentrer uniquement sur l’aréna serait-il une erreur stratégique qui pourrait affecter l’harmonie dans le secteur ? Peut-être avons-nous en ce moment une opportunité de voir plus large, de se questionner sur toute l’offre de services en loisir et sport dans le secteur concerné, de voir à des partages, d’analyser les dédoublements s’il y en a, et de donner la possibilité à chaque partie de faire valoir ses forces, si petites soient-elles ? Il faut aussi définir ses besoins, ses attentes et ses craintes ; c’est une question de respect et une invitation à la négociation. Est-il possible de penser à une entente intermunicipale en loisir pour l’est d’Avignon ? Si ça marche pour la protection contre les incendies, pourquoi ça ne marcherait pour les loisirs et sports ? Tentons le coup !
En conclusion
La Ville de Carleton-sur-Mer est la plus importante de la MRC Avignon et sans contredit la plus dynamique avec son attractivité, ses institutions et ses organismes. Mais parfois, en politique, il faut prévoir les contrecoups de ses choix, ou encore tenir compte des possibles dommages collatéraux, un terme si cher à nos voisins du sud…
Oui, il faudra bien un jour régler la question des équipements supralocaux ici et ailleurs en région, mais le chemin pour y parvenir risque d’être long et ardu. La surtarification aux non-résidents n’est pas à mon avis le meilleur moyen pour y arriver, mais il aura à tout le moins le mérite de lancer le débat pour possiblement en venir à une solution une fois pour toutes !
Bonnes négociations !
Il y a une génération à peine, il était plutôt rare de voir des femmes et des hommes du quatrième âge réussir de tels exploits. De nos jours, les performances dans le sport de personnes qui dépassent les 80 ans ne cessent de nous étonner!
Il est vrai qu’aujourd’hui, nous travaillons physiquement moins dur, nous nous soignons plus, nous sommes davantage conscients de la nécessité d’avoir une bonne hygiène de vie ; ce qui a pour conséquence d’accroître la durée de notre existence sur Terre. Il y a donc plus de chances d’avoir des personnes plus âgées, toujours plus en forme.
Nous avons plusieurs exemples autour de nous; je vous présente un de ceux-là que je côtoie chaque semaine …

Denis Gagnon, de Carleton-sur-Mer, aura 79 ans en cours d’année et il joue toujours au hockey, deux fois par semaine, avec son groupe de 50 ans et plus. Photo : Alain Boudreau
À chacune de ses parties de hockey, il s’assoit constamment au même endroit dans le vestiaire… Pour s’en assurer, il arrive presque toujours le premier à l’aréna. Mais, si par mégarde, quelqu’un prend sa place, il lui fait sentir… Un rituel : toujours à la même place, à la même heure, avec sa collation à la mi-partie… Il est sûrement très superstitieux, comme beaucoup de ces athlètes professionnels!
Denis Gagnon, de Carleton-sur-Mer, aura 79 ans en cours d’année et il joue toujours au hockey, deux fois par semaine, avec son groupe de 50 ans et plus. D’ailleurs, il n’est pas le seul : quelques-uns de ses coéquipiers sont aussi septuagénaires. Quand je m’assois à côté de lui dans le vestiaire, il me raconte des histoires sur son passé de sportif et c’est lui qui m’a inspiré cette chronique sur les limites de l’âge dans le sport.
Né à Brébeuf dans l’arrière-pays de Nouvelle, il est issu d’une famille de 12 enfants ; rien de vraiment exceptionnel pour l’époque! Il dit avoir commencé à jouer au hockey vers l’âge de 9 ans sur les étangs gelés du village. Oui, lui aussi a joué au tout début avec des bouts de bois et des branches comme bâtons de hockey, ainsi que toutes sortes de trucs pour faire une rondelle, incluant, vous vous en doutez, des crottes de cheval gelées!
Après avoir fait des études classiques dans la région de Bathurst, où il a joué au hockey mineur, il revient s’installer dans la région et fait partie de différentes équipes locales. Il me dit que ça jouait dur dans le temps; les rivalités étaient très fortes entre les municipalités, le jeu était robuste et les joueurs mal protégés avec des équipements rudimentaires. Jusque dans les années 1970, les parties se jouaient dehors. Chaque affrontement était un évènement; le tour des bandes de patinoire était bondé de spectateurs.
En plus de jouer au hockey, il a été arbitre et encore aujourd’hui, il officie des parties amicales deux fois par semaine et aime bien aller voir des parties de hockey mineur à l’occasion. En tout, il se rend à l’aréna de cinq à six fois par semaine, parfois plus! Dans son rôle d’arbitre, il en a vu de toutes les couleurs; il a déjà quitté un aréna sous escorte policière et il a été cité comme témoin en cour dans une poursuite… Disons que ça refroidit la passion!
Je trouve exceptionnel qu’une personne joue encore au hockey à son âge. C’est un sport qui a ses exigences et qui requiert une bonne forme physique et de bons réflexes, et c’est sans compter que le pratiquant a sur lui un lourd équipement et des lames sous ses pieds; rien pour faciliter la tâche! Les risques de blessures et de malaises causés par les chutes, les collisions avec d’autres joueurs ou un effort physique trop ambitieux sont donc omniprésents et rendent la pratique du hockey à un âge avancé encore plus méritoire.
Durant les parties, ses coéquipiers le taquinent beaucoup … Des blagues sur son âge, sur ses histoires (toujours les mêmes) et sa façon de jouer! Son coup de patin n’est certes pas le meilleur et ses passes les plus raides non plus… Mais, il se permet à l’occasion de faire des buts, et ne se gêne pas pour narguer les autres joueurs qui se défendent en disant avoir oublié qu’il était sur la patinoire! Malgré toutes ces taquineries, il dit qu’il n’y a rien comme l’atmosphère d’une chambre de hockey; c’est la meilleure thérapie qui soit selon lui!
Il le dit humblement, il était loin d’être le meilleur, mais il a le mérite d’avoir pratiqué un grand nombre de sports (une trentaine) au cours de sa vie, et il est fier d’être toujours très actif. Et quand je lui demande s’il souhaite jouer au hockey encore longtemps ? Autant que sa santé lui permettra, répond t-il. Je le lui souhaite, du moins c’est ce que je me dis, quand je le vois sortir de l’aréna et s’en retourner chez lui à pied, son sac sur son épaule, comme il y a 70 ans de cela…
—
Tout de même, jouer au hockey à presque 80 ans, il faut le faire! Pour moi, avant, un tel exploit était impensable, c’était quelque chose de surréel, de contre nature. Tout ça m’amène à réfléchir sur les limites de l’âge dans le sport. Juste pour le hockey, au fil des ans, on a vu apparaître dans les tournois des catégories pour les 50 ans et plus, ensuite pour les 60 ans et plus; verrons-nous un jour celle pour les 100 ans et plus ?
Je le vois partout dans mes lectures, l’âge ne doit pas être un obstacle à la pratique sportive et à l’activité physique. Tout est une question d’adaptation et d’équilibre.
Bien sûr, vous ne referez pas ce que vous faisiez dans la vingtaine, mais encore, les exemples de personnes qui se sont mises à l’entraînement tardivement et qui en font plus qu’avant ne sont plus rares.
Comme je vous le mentionnais dans une chronique précédente, trouvez les activités qui vous conviennent, respectez vos limites, ayez de bonnes habitudes de vie (bougez régulièrement, mangez sainement, ayez un bon sommeil et faites du social!) : vous en ressentirez tous les effets bénéfiques sur votre santé physique et mentale, peu importe l’âge. De plus, une personne plus en forme, habituée de relever des défis et de repousser ses limites, aura certainement plus d’outils pour faire face aux vicissitudes de la vie…
Faites comme Denis et bien d’autres, ne laissez pas le vieillissement vous empêcher d’être actif. Avec les années, vous aurez peut-être moins de capacités physiques, mais vous aurez plus de temps et de sagesse… Et, l’énergie, ça se crée!
Bon hiver !
Quelques municipalités et villes gaspésiennes possèdent un budget participatif et, année après année, elles recueillent auprès des citoyens des suggestions de projets dans des domaines propres à leurs champs d’intervention comme les loisirs et les parcs, la culture, l’environnement et autres…
Mais qu’est qu’un budget participatif ?
Si l’on se fie à Wikipédia, « le budget participatif est un processus de démocratie participative dans lequel des citoyens peuvent affecter une partie du budget de leur collectivité territoriale, généralement à des projets d’investissement ». Dans nos mots, nous dirions que c’est un processus par lequel les gens d’une ville ou d’une municipalité peuvent soumettre des projets d’aménagement ou d’équipements, plutôt modestes, à partir d’une enveloppe budgétaire et des règles de fonctionnement préétablies par le conseil de la ville ou de la municipalité.
La notion de budget participatif a pris ses origines à la fin des années 1980 dans la région de Porto Alegre, au Brésil. Depuis, ce principe s’est déployé un peu partout dans le monde et les adhérents se comptent par centaines.

La Ville de Gaspé est l’une de celles qui ont adopté un budget participatif, avec à la clef 50 000 $ pour le projet gagnant. L’un d’eux projette l’implantation d’un terrain de pickleball à Cap-aux-Os. Photo : unsplash.com
Le fonctionnement ?
Il y a bien sûr des variantes d’un endroit à un autre, mais en général, l’entité qui adhère au budget participatif suit à peu près les étapes suivantes, échelonnées plus ou moins sur une année :
• Le conseil de la ville ou de la municipalité adopte la notion de budget participatif et prévoit, à son budget annuel, les sommes qui y seront allouées ainsi que les modalités de participation et les règles;
• Il y a par la suite la création d’un comité pour le budget participatif formé d’élus, d’employés municipaux, de citoyens ou autres qui a pour principal mandat le suivi du déroulement et de sa mise en oeuvre;
• S’ensuit une campagne publique de promotion pour que la communauté puisse être bien informée de l’existence du programme et adhère le plus possible à sa réussite;
• Arrive le temps où les citoyens proposent des idées de projets selon leurs intérêts et ce qu’ils pensent être le plus profitable au plus grand nombre possible de personnes;
• Le comité du budget participatif collecte les idées de projets, procède à une première analyse technique qui se fait généralement par les services municipaux. Le projet est-il faisable? Est-il légal? Combien peut-il coûter? Répond-il à tous les critères du programme local? Au besoin, le comité de suivi rencontrera les citoyens promoteurs de projets pour mieux saisir leurs suggestions;
• Vient ensuite la présentation des projets à la population. À cette étape, chaque milieu y va de sa couleur locale : présentation en ligne, présentation officielle lors d’une soirée publique, etc. ;
• Enfin, arrive le moment tant attendu par les citoyens promoteurs de projets, c’est-à-dire le vote du public pour déterminer le projet qui sera retenu pour réalisation (ou plus d’un projet s’il y a plusieurs catégories) ;
• Une fois le gagnant déterminé, le projet est soumis au conseil municipal pour une approbation finale;
• Après le dévoilement du gagnant au grand public, c’est l’étape de la mise en oeuvre du projet, généralement exécutée par les services municipaux ou par un contractuel dans certains cas.
Critères généraux
Si vous jetez un coup d’oeil aux municipalités qui offrent à leurs citoyens un budget participatif, vous remarquerez que des critères généraux sont communs à l’ensemble de celles-ci et servent de base à cet exercice démocratique, c’est-à-dire que :
• Les projets soumis doivent être dans la catégorie des immobilisations ou des équipements et non des opérations. Concrètement, cela signifie que le budget participatif pourrait, par exemple, servir à un parc de jeux pour enfants, mais non à l’embauche d’une personne pour sa surveillance ;
• Le projet doit être durable, doit respecter le budget fixé par la ville ou la municipalité et être réalisable à court terme (idéalement à l’intérieur d’une période de 12 mois) ;
• Les projets privés ne sont pas admissibles et les projets publics qui le sont ne doivent pas viser des groupes trop restreints ;
• Les projets doivent être situés sur le territoire de la municipalité de qui relève le budget participatif et s’inscrire dans leurs champs de compétence. Il doit aussi être conforme aux lois et aux plans de développement en cours ;
• Enfin, le projet ne doit pas imposer de frais récurrents importants comme des frais d’exploitation onéreux, l’embauche de personnel, etc.
Les bénéfices
Les bénéfices d’un budget participatif sont nombreux, le plus important étant bien entendu le rapprochement entre les élus et les citoyens en regard de certains aspects du développement de leur collectivité. Même si dans bien des cas, les budgets alloués ne sont pas énormes, l’exercice permet aux citoyens de mieux comprendre le fonctionnement du budget municipal en lien avec les immobilisations et les équipements, d’avoir l’impression de s’en approprier une partie, si petite soit-elle, et d’accroître leur sentiment de fierté et d’appartenance. Aussi, très souvent, en cours de réalisation, les échanges entre les élus et les citoyens débordent du cadre du budget participatif, pour s’étendre sur la vision de chacun en lien avec le développement plus large de la communauté…
Bien sûr, tout n’est pas toujours parfait. Des municipalités ont adopté le principe du budget participatif, pour ensuite l’abandonner. Les raisons invoquées : manque d’intérêt dans la population, attentes trop élevées, surcharge de travail pour les services municipaux, déception entre l’idée de base et le projet, dépassement de coûts, etc. Parfois, le budget participatif apporte aussi de la grogne à l’intérieur même de l’équipe municipale; pourquoi rajouter de nouveaux équipements alors qu’on peine à entretenir ceux que nous possédons? Il y a également un danger de faire de l’exclusion auprès de certaines clientèles, notamment les jeunes, les personnes âgées ou les plus démunis, avec des procédures trop complexes ou inaccessibles pour certains.
Une véritable remise de pouvoir aux citoyens ou une opération de relations publiques?
Certains pourraient croire que derrière le projet de budget participatif, se cachent d’autres intentions de la part des élus municipaux comme une opération de relations publiques, la volonté de bien paraître ou de soigner leur image … Mais peu importe, il ne faut pas oublier que ce projet comporte plusieurs valeurs éducatives et a pour principal vertu le rapprochement entre le citoyen et l’élu …
Si vous êtes sceptique, rien de tel que de l’essayer ou encore de le réessayer! Les citoyens se sentiront valorisés s’ils ont l’impression que le « savoir populaire » est considéré par leurs élus. À l’heure où les relations sont parfois tendues entre les élus et les citoyens, que les détracteurs s’en donnent à coeur joie sur les réseaux sociaux, il serait pertinent d’envisager localement des mécanismes de rapprochement des parties en cause comme le budget participatif.
Préparez votre demande
L’automne, dans le monde municipal, c’est la saison du budget. C’est donc le temps de faire votre demande pour l’année subséquente. Si vous êtes convainquant et avec un peu de chance, vous pourrez possiblement rencontrer le « maire Noël » lui-même et qui sait, peut-être aurez-vous sous le sapin vous aussi votre budget participatif! D’ici là, soyez sage!
Joyeux temps des Fêtes!
NOTE DE L’AUTEUR :
L’auteur tient à remercier Martin Gilbert, directeur du service des loisirs, culture et vie communautaire à la Ville de Matane pour sa collaboration à la rédaction de cette chronique.
MARIA | L’arrivée de l’automne signifie, dans le monde du loisir et du sport pour les jeunes, la reprise des activités de nombreux organismes, associations et comités de toutes sortes. S’il y a un point commun qui unit toutes ces entités s’adressant à la jeunesse, c’est bien celui de l’autofinancement. Pensons au hockey, au patinage, à la natation, au ski, aux sports de gymnase et autres; nommez-les tous, ils ont besoin d’argent pour financer leurs activités et c’est là qu’entre en jeu la sollicitation auprès du grand public et de différents partenaires financiers. Il faut dire que la compétition est forte car les organisations sont nombreuses et le marché des donateurs n’est pas sans limites. Et c’est sans compter toute la sollicitation qui se fait ailleurs pour la multitude de causes sociales et humanitaires.
Pourquoi l’autofinancement?
Mais pourquoi au juste nos jeunes ramassent-ils de l’argent? C’est parce que parfois, leurs activités peuvent coûter cher. Le cumul des dépenses liées à la location de plateaux récréatifs (arénas, piscines, gymnases, terrains sportifs et autres lorsqu’ils sont tarifés), l’achat et la location de petits équipements, la formation des entraîneurs, les frais d’affiliation à des fédérations, le transport pour les compétitions à l’extérieur et autres frais inhérents peut atteindre des dizaines de milliers de dollars, et les faire supporter entièrement par les participants rendrait les coûts d’inscription trop élevés, beaucoup trop dans certains cas.
Alors c’est pourquoi la plupart de ces organisations font appel à l’autofinancement. Leurs administrateurs, leurs jeunes athlètes, leurs parents et d’autres collaborateurs se mettent à la tâche pour trouver des sous…
En plus des traditionnels moyens de financement (vente d’articles divers, billets de tirage, etc.), certains font appel à des stratégies plus modernes. Ainsi, on voit apparaître de plus en plus de nos jours différentes formes de sollicitations comme, entre autres, le sociofinancement, qu’on définit généralement comme la sollicitation pour un projet quelconque, auprès d’un large public, principalement par le biais d’Internet. Les organisations vont aussi former des équipes de bénévoles pour accepter différentes tâches dans des évènements populaires – comme par exemple le nettoyage des sites de fêtes – moyennant des sommes forfaitaires d’argent.
Faire de l’autofinancement une activité éducative …
Pour plusieurs parents de ces jeunes sportifs, toute cette part d’autofinancement représente une véritable corvée. Ils ont l’impression qu’ils sont constamment dans la gestion de trucs à vendre, à distribuer et à collecter, surtout quand ils ont deux, trois ou même quatre jeunes impliqués dans de telles démarches!
Cependant, ils n’ont pas tous la même vision de cette obligation … En effet, il y a les parents qui vont au plus court et qui achètent eux-mêmes tout ce qui est rapporté à la maison (billets, articles divers à vendre, etc.) et on en parle plus! Il y en a d’autres qui vont tout apporter sur les lieux de travail et qui vont prendre en charge la tâche incombant normalement aux jeunes et s’occuper de tout. Enfin, il y une autre catégorie de parents qui, eux, vont accompagner leurs jeunes dans une démarche plus éducative. Ces derniers prendront soin d’expliquer à leurs enfants pourquoi ils font de la sollicitation et à quoi ça sert. Ils parleront de budget, de stratégies de sollicitations et comment bien se présenter pour optimiser ses chances d’obtenir du succès.
Peu de personnes aiment faire du porte-à-porte ou de la sollicitation, mais si le jeune le fait avec un bon encadrement, avec de bons outils, n’y a-t-il pas là une chance de faire d’une pierre deux coups? Rendre service pour le financement de son organisation tout en apprenant, voilà une belle façon de transformer une corvée en activité formatrice! Et qui sait, peut-être qu’un jour, le jeune qui a reçu le rendra à son tour en devenant un grand donateur! Il serait décevant de passer à côté d’une belle leçon de vie, soit celle d’implanter une culture philanthropique chez nos jeunes.

L’autofinancement bien fait est aussi un gage d’une organisation bien structurée qui projette une bonne image. Photo : Alain Boudreau
Projeter une bonne image…
L’autofinancement, c’est plus que de soutirer de l’argent à un donateur; c’est aussi une démonstration que votre organisation fait des efforts sur le plan financier et qu’elle ne s’attend pas à tout avoir pour rien… Il permet aussi de vous faire voir et de vous faire connaître. L’autofinancement bien fait est aussi un gage d’une organisation bien structurée qui projette une bonne image. Les plus sérieux des organismes ont une politique de dons, c’est-à-dire qu’ils définissent clairement par écrit ce qu’ils offrent comme visibilité aux donateurs (individus ou commerçants) en retour d’un don.
Est-ce nécessaire de le répéter, les individus et les commerces sont sollicités de toutes parts. Certains commerces ne comptent plus les demandes qu’ils reçoivent tellement ils en ont, alors soyez bien préparés dans ces cas-là.
Autrefois, les quêteux allaient de maison en maison pour quémander la charité. Vous aurez compris que c’est très affectueusement que je compare nos jeunes à eux quand ils se mettent à faire du porte-à-porte avec leurs marchandises!
Alors, lorsque vous serez sollicité une fois de plus comme citoyen, pensez-y, ne poussez pas un grand soupir de découragement, montrez-vous généreux et dites-vous que vous êtes probablement en face d’un jeune en processus d’apprentissage des règles de la sollicitation!
Bon automne!

1 Source: Résultats d’une enquête menée par l’Association des professionnels en philanthropie (2001).
MARIA | Dans les années 60, il y avait chez-nous à Maria une parade de chars allégoriques à l’occasion de la Saint-Jean-Baptiste, aujourd’hui la Fête nationale du Québec. Pour moi qui étais petit gars, c’était toute une affaire, un peu comme le défilé de Noël du magasin Eaton à Montréal qu’on pouvait voir à la télévision à cette époque. Pour rien au monde, je ne voulais manquer ces évènements. Lors d’une édition de la parade à Maria, je me souviens que la pluie tombait comme si on nous avait versé un seau d’eau sur la tête. J’étais très inquiet à l’idée que l’activité soit annulée. Assis à l’arrière de la voiture de mon père, bien positionné le long de la route, je m’efforçais de désembuer les fenêtres pour tout voir. Après un certain retard causé par le déluge, je vois enfin poindre à l’horizon un petit bonhomme blond frisé, accompagné de son mouton, qui incarnait Saint-Jean-Baptiste; il était la confirmation que la parade avait lieu, et même si je ne comprenais pas vraiment tout le sens de la fête, mon coeur d’enfant était comblé!
Certains évènements nous marquent plus que d’autres. C’est peut-être en partie à cause de cette anecdote que je me suis autant investi, à différents niveaux, pendant une quarantaine d’années dans l’organisation de cette fête en Gaspésie. Je le fais encore aujourd’hui, mais dans une moindre mesure, puisque cet évènement revêt beaucoup d’importance pour moi…
Pour cette chronique, j’avoue sortir de la thématique loisir mais n’oublions pas le caractère très festif de la Fête nationale et qui dit festivités, dit une forme de divertissement, donc de loisir! Voilà pour ma justification!

Photo : Alain Boudreault
Pour la petite histoire …
Le 24 juin 1834, Ludger Duvernay, journaliste, organise à Montréal ce qui s’avère être les premières Fêtes de la Saint-Jean-Baptiste. Il voulait, par ce geste, célébrer le fait français en Amérique et instaurer une fête patriotique, même si celle-ci a donné naissance, par la suite, à des mouvements plus politiques. Quant à Jean le Baptiste, devenu un saint, il serait né le 24 juin, ce qui coïncide en gros avec le solstice d’été, la journée la plus longue de l’année, qui donnait lieu, à l’époque, à des activités de toutes sortes et qui ont leurs origines en Europe. Il est considéré comme le patron des Canadiens français. Vue jadis comme une fête à connotation religieuse, la Saint-Jean-Baptiste devient officiellement, le 24 juin 1977, la Fête nationale du Québec et un congé férié pour tous. La Fête nationale, d’abord une fête patriotique … La Fête nationale n’est pas une fête politique… À preuve, le gouvernement la soutient avec un programme d’aide financière (le Programme d’assistance financière aux célébrations locales de la Fête nationale du Québec), peu importe la couleur du parti au pouvoir. « Le Programme d’assistance financière a pour objectif de favoriser l’organisation de réjouissances visant à susciter la participation, la solidarité et la fierté de toutes les Québécoises et de tous les Québécois ». Même si on nous dit que l’enveloppe de ce programme n’a pas suivi l’inflation depuis longtemps (des pressions se font actuellement au niveau provincial pour la bonifier), il demeure qu’elle a survécu au fil du temps.
Dans notre région, c’est la Société nationale Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine (SNGIM) qui coordonne, entre autres mandats, ce programme et qui offre du support aux comités désireux de souligner la Fête. En 2023, une vingtaine de projets ont été financés, ce qui constitue une légère baisse par rapport aux années passées. À chaque année, un montant est dédié à un projet régional de plus grande envergure, lequel se tient à Petit-Cap en 2024. Pour recevoir de l’aide financière au niveau local, il faut respecter plusieurs critères dont la présentation obligatoire des activités suivantes : un hommage au drapeau fleurdelisé, un discours patriotique et un plan pour les décorations avec les drapeaux, banderoles et autres objets thématiques. S’ajoutent un peu partout sur le territoire, selon les traditions locales, d’autres activités aux célébrations tels les feux de joie, les soirées de musique, les grandes tablées, les défilés, etc.
Le programme d’aide financière encourage la présentation du plus grand nombre possible de manifestations locales (dans les municipalités, les quartiers, etc.). Pour ma part, en Gaspésie, je suis d’avis qu’il devrait y avoir moins de projets et qu’ils soient mieux subventionnés. Actuellement, des municipalités gaspésiennes rapprochées présentent simultanément, ou presque, les mêmes activités visant parfois les mêmes clientèles. Ces activités coûtent cher et demandent temps et énergie; nous assistons, à mon avis, à des dédoublements improductifs.
Par ailleurs, la SNGIM soutient que la Fête revêt un caractère plus familial que par le passé, ce qui suit la tendance de plusieurs évènements et rassemblements populaires. Sauf quelques exceptions, les lois et surtout
les attitudes ont changé, pour le mieux, et les fêtards se sont assagis…
La Fête nationale du Québec, comme bien d’autres, doit s’efforcer de réduire son empreinte environnementale; c’est pour cette raison que le programme d’aide financière insiste sur cet aspect. Je me souviens que, jusqu’au début des années 80, nous allumions des feux de joie avec du gaz et de l’huile et
pour en mettre plein la vue, nous mettions des pneus usagés sur le sommet… Quel beau spectacle! Là-dessus, nous n’avons pas de leçons à donner aux jeunes d’aujourd’hui. Heureusement que les temps changent… De nos jours, compte tenu de leur utilité écologique, notamment dans la protection des berges, il est même recommandé de ne pas utiliser le bois de mer pour les feux de joie, mais plutôt d’acheter du bois comme certains le font déjà.
Exprimons notre fierté!
Le 24 juin, c’est donc l’occasion de célébrer notre fierté peu importe notre origine, notre couleur ou notre allégeance politique ou l’une ou l’autre de nos différences, car ce n’est pas ça qui est important. Ce qui est important, c’est de se rappeler qui nous sommes et en être fiers!
Plus que jamais, les enjeux concernant notre langue, notre culture, en somme notre avenir, sont préoccupants; il me semble que le souligner, ne serait-ce qu’une journée par année, n’est pas de trop…
Commémorons nos ancêtres, nos bâtisseurs et nos héros. Célébrons notre identité, nos artistes, nos grandes réalisations. Faites de cette journée votre propre fête!
Alors, entre amis, sur votre terrasse, au chalet, dans les restos ou lors des activités organisées dans votre localité, pavoisez aux couleurs blanc, jaune et bleu et prenez part à la Fête! Si ce n’est pas encore le cas pour vous, et bien faites en sorte dorénavant que la Fête nationale du Québec soit plus qu’un simple congé férié…
Bonne Fête nationale du Québec!
« Bougez plus, vivez mieux », est un slogan tellement utilisé dans des livres, des chroniques, des conférences; un titre ici qui n’a rien d’original! Eh bien, je me suis ravisé, il sera toujours pertinent, peu importe l’époque, d’aborder l’importance de bouger plus pour mieux vivre! Se le faire rappeler à l’occasion est juste une bonne affaire… Mon message, vous vous en doutez, ne s’adresse pas nécessairement aux gens actifs et il y en a beaucoup, mais plutôt aux personnes inactives, puisque près du tiers des Québécois sont sédentaires 1. De façon générale, au Québec, seulement une personne sur deux atteint le nombre d’heures d’activité physique recommandé par semaine, qui est pour un adulte, de 150 minutes d’activités d’intensité moyenne ou 75 minutes d’intensité élevée. 2
Antérieurement, de par leurs occupations quotidiennes, les gens étaient beaucoup plus actifs physiquement. De nos jours, les choses ont bien changé. Leurs métiers font que beaucoup de personnes restent inactives, ou presque, une bonne partie de la journée. Pour plusieurs, le quotidien se résume à se lever du lit pour s’asseoir à la table, pour ensuite s’asseoir dans l’auto, pour ensuite s’asseoir au bureau et enfin, s’asseoir devant le téléviseur pour la soirée! Ce n’est pas étonnant qu’autant de personnes aient des problèmes de santé en lien avec la sédentarité.
Comme on l’entend souvent, notre société est davantage portée sur le curatif que le préventif. On a l’impression qu’on soigne plus qu’on bouge. Pourtant, ce serait si simple si tout le monde prenait la peine de suivre un petit programme de remise en forme accessible, adapté à ses conditions et pratiqué sur une base régulière. Tous et toutes se porteraient mieux et nous économiserions des sommes astronomiques en frais de santé. Je n’invente rien.
Parce qu’en fait, il n’est pas nécessaire de faire du sport pour bouger plus. Tant mieux si vous êtes un sportif et que les disciplines que vous pratiquez vous permettent de demeurer actif mais l’important, c’est de faire de l’activité physique, qui se définit en gros, comme tout mouvement corporel qui entraîne une dépense d’énergie. Une telle définition suggère qu’une foule d’activités quotidiennes peuvent contribuer à l’amélioration de votre condition physique et mentale comme les travaux domestiques, la marche, le jardinage et le vélo pour ne nommer que celles-là. Vous n’avez pas nécessairement besoin de vous engager dans un horaire, de dépenser de l’argent, de suivre des cours, d’être particulièrement habile et même d’être sociable! L’important c’est de bouger, d’y trouver son compte. Trente minutes d’activités physiques par jour peuvent faire la différence et avoir un impact sur votre qualité de vie.

Une étude récente du département de pédiatrie de l’Université d’Ottawa évalue que les coûts de la sédentarité au Canada sont de 2,2 milliards de dollars par année. Photo : Alain Boudreault
« Une personne peu active qui reste assise plus de huit heures par jour a un risque de mortalité prématurée apparenté à celui associé au tabagisme et à l’obésité. »³
Les résolutions du jour de l’An ont la cote. Pour beaucoup de monde, le début de l’année est synonyme de bonnes intentions pour la remise en forme. Mais une fois cette période passée, les mauvais plis reviennent souvent. Il vous faut changer une fois pour toute vos habitudes, et adopter un mode de vie physiquement actif. Je le sais, plus facile à dire qu’à faire. Pour y arriver, il existe une foule de trucs et de conseils disponibles en ligne donnés par différents organismes. Un de ceux-là (montougo.ca) offre une vitrine intéressante à ceux et celles qui veulent passer à l’action. Jetons un coup d’oeil sur ses recommandations :
1. Soyez réaliste
Vous ne deviendrez pas un super athlète (à moins que …) et ce n’est pas le but. L’objectif est de passer d’un mode de vie sédentaire à un mode de vie plus physiquement actif. Vous le faites d’abord pour vous, pas pour quelqu’un d’autre.
2. Faites des choses que vous aimez
Faites ce qui vous tente, des activités qui vous conviennent. Si c’est la marche comme loisir ou comme moyen de transport et bien c’est tant mieux, car c’est une activité bénéfique, accessible et peu coûteuse. Vous n’avez rien à prouver si ce n’est que votre volonté de vous prendre en main.
3. Allez-y progressivement
La prudence est de mise au début. Si vous avez des limitations physiques ou des maladies chroniques, il est préférable de consulter un professionnel de la santé.
4. Faites une place dans votre horaire pour l’activité physique
Remplacez je n’ai pas le temps par je priorise du temps dans mon agenda quotidien pour faire de l’activité physique. Le matin? Le midi? Le soir? À vous de décider. Il ne fait pas beau et votre activité est à l’extérieur, ai-je une activité de remplacement? J’ai mes programmes à la télé, pourrais-je les écouter en faisant du vélo stationnaire, monter et descendre d’un step?
5. Développez des trucs pour garder la motivation
Soyez créatifs, bougez avec une ou d’autres personnes. Faites un suivi de vos sorties : la durée de celles-ci, le nombre de kilomètres, etc. Profitez de votre activité, si c’est possible, pour écouter de la musique, des balados, etc. Offrez-vous une petite récompense après l’entraînement. À vous de choisir! Il faut parfois braver la météo, la fatigue et le temps restreint pour se motiver à la tâche, mais de retour à la maison, la satisfaction qui nous envahit est telle qu’on a déjà hâte d’y retourner!
Comme on l’entend souvent, si vous n’avez pas le temps de faire de l’activité physique, il vous faudra bien un jour trouver le temps d’être malade…
Si ce n’est pas déjà fait, je vous invite à faire une profonde réflexion sur le genre de personne que vous voulez être maintenant et plus tard, c’est-à-dire une personne active et en santé ou sédentaire et probablement mal en point.
Être actif et bouger, manger sainement, bien dormir et avoir de bonnes habitudes de vie vous permettront de mieux vivre, de vieillir dans de meilleures conditions (possiblement plus longtemps) et peut-être vous éloigner du docteur beaucoup plus qu’une pomme par jour!
Allez-y, sécrétez de la dopamine à plein et bonne remise en forme!
_______
1. Ministère de la Santé et des Services sociaux (Québec)
2. Organisation mondiale de la santé (2010)
3. montougo.ca
« Vous jouerez dehors comme les enfants du nord »
– Francis Cabrel
MARIA | La scène était assez frappante… Il y a quelques années, près de chez moi, des enfants jouaient dehors et l’un d’eux avait une passoire à spaghetti sur la tête et une épée en bois! Je me serais cru à une autre époque, celle où il était commun de voir beaucoup d’enfants s’adonner simplement, avec les moyens du bord, à une multitude de jeux à l’extérieur, en toutes saisons!
Dans ma jeunesse, c’est-à-dire au cours des années 60 et 70 (bon, encore la nostalgie du passé!), dans mon voisinage, il y avait une cinquantaine d’enfants. C’était non négociable : le soir après le souper, nos parents nous poussaient littéralement dehors pour aller jouer, beau temps, mauvais temps, alors qu’eux s’affairaient aux besognes de la maison. Les plus vieux prenaient soin des plus jeunes; il y avait des rassemblements ici et là, des jeux improvisés, des rires et des pleurs, mais surtout, du plaisir à jouer dehors.
Même si plusieurs ont l’impression que non, peut-on affirmer que les enfants jouent moins dehors qu’avant?
—
Sans trop s’y attarder, puisque c’est assez évident, il est quand même utile de se rappeler les nombreux bénéfices qu’apportent aux enfants les jeux à l’extérieur. Au-delà de la dépense d’énergie, l’enfant qui s’adonne à toutes sortes d’activités individuelles et de groupe améliore, entre autres, sa condition physique générale, ses habiletés motrices, sa sociabilisation et parfois même son estime et sa confiance. Et, il n’est nullement nécessaire que toutes les activités soient organisées et structurées. Au contraire, le jeu libre peut permettre l’atteinte de tous ces bienfaits.

Cinq principales raisons font en sorte que les enfants jouent moins dehors qu’avant. Notre chroniqueur les décortique. Photo : Alain Boudreau
—
Cela dit, est-ce que les enfants jouent moins dehors qu’avant? La réponse est oui car le sujet est documenté. Toutefois, il serait trop facile de ne blâmer que les enfants. Nous avons un grand rôle à jouer comme parents, enseignants et intervenants auprès de ceux-ci et c’est un problème pour lequel il existe plusieurs solutions.
Mais au fond, quelles sont les raisons qui font que les enfants jouent moins dehors qu’avant? Il est intéressant de voir ce que la littérature dit à ce sujet et mon attention s’est arrêtée sur Vifa Magazine (1) qui en identifie cinq principales.
1. L’obsession de la sécurité
On entend souvent l’expression « les jeunes d’aujourd’hui sont élevés dans la ouate ». Les tenants de cette maxime populaire n’ont pas tout à fait tort. Trop de parents sont obsédés par l’idée que leurs enfants puissent se blesser en jouant à l’extérieur. Ils voient des dangers partout en tout temps. Il est clair que le danger n’est jamais nul, surtout si les enfants sont laissés à eux-mêmes, mais tout compte fait, il y a fort à parier que les avantages soient plus importants que les inconvénients. C’est une question d’organisation et de jugement.
2. Le manque de modèles
Les enfants fonctionnent beaucoup avec des modèles positifs. Si leurs parents démontrent du plaisir à jouer dehors, ils se sentiront inspirés et seront tentés de les imiter. La même chose pour les éducateurs et les intervenants auprès des jeunes; si dans le cadre de leurs fonctions, ils privilégient le jeu à l’extérieur, ils courent la chance assurément de leur transmettre une valeur qui pourrait les suivre toute leur vie.
3. Le manque de temps
En voilà une raison qui a le dos large! Le travail et les obligations familiales, quand ce ne sont pas les nombreuses occupations des enfants elles-mêmes, donnent l’impression à bien des parents qu’il ne reste plus de temps pour aller jouer dehors. Mais comme on dit, tout est une question de priorité… Pourquoi ne pas réaliser en famille un exercice de révision des horaires pour faire une place aux jeux extérieurs, ne serait-ce que 30 minutes par jour? Aussi, lorsque c’est possible, pourquoi ne pas faire d’une pierre deux coups, comme se rendre à pied au marché d’alimentation, rendre visite à un parent ou jouer avec le voisinage dans la ruelle? À ce propos, dans une cause opposant deux voisins, un juge a récemment rappelé le droit pour les enfants de jouer dans la rue(2)!
4. Le manque d’espace
Ce n’est pas un réel problème en région, mais en ville, il arrive que les enfants jouent moins dehors à cause d’un manque d’accès à des espaces extérieurs. Néanmoins, il est important que les enfants puissent avoir accès à des espaces à proximité, en commençant par leurs arrière-cours. De même, ils seront tentés de jouer dehors si des aménagements adéquats leurs sont offerts. C’est là que nos institutions entrent en jeu (!) et ont le devoir de mettre à leur disposition des terrains, des équipements et des parcs de jeux invitants, sécuritaires et bien entretenus.
5. Le temps passé devant les écrans
Le temps passé par les enfants devant les écrans de toutes sortes est considéré comme un mal moderne, mais c’est une réalité très inquiétante. Une partie de ce temps est justifiée pour les apprentissages, les recherches académiques et autres utilités, mais là où le bât blesse, c’est que des enfants passent deux, trois et même quatre fois plus de temps que la limite recommandée par jour, qui est de moins d’une heure pour les 2 à 5 ans et d’environ 2 heures pour les 6 à 12 ans(3). Ils en font ainsi leur principale activité de loisir… Cette « dépendance » n’est pas sans conséquence sur la santé et les parents doivent y voir en engageant une discussion avec leur progéniture, de façon à réduire le temps d’écran et envisager d’autres alternatives comme les activités physiques extérieures. La tâche pour amener les enfants à se « déconnecter » n’est pas simple, mais l’enjeu est important.
—
Voilà, la balle est dans votre camp ! À vous de faire votre part pour que vos enfants sortent dehors. Laissez-les s’adonner à des jeux libres et ainsi susciter leur créativité. Cessez de les organiser, les structurer, les contrôler et toujours les placer dans des conditions idéales. Évitez de les surprotéger, tout en demeurant vigilants. Soyez inspirants pour eux. Faites en sorte qu’ils gardent toute leur vie le goût de sortir et de bouger. « Jouer dehors devrait être perçu comme une récompense et non une punition. »(3)
D’ailleurs, la relâche scolaire s’en vient, une occasion idéale pour aller jouer dehors! Qui sait, peut-être que tout d’un coup vous en retireriez autant, sinon plus de bien qu’eux! Fouillez dans les programmes de loisirs pour trouver toutes sortes d’occasions pour jouer dehors (sentiers récréatifs, patinoires extérieures, parcs, évènements, etc.) et des occasions bien souvent gratuites!
Des REER, c’est bon pour votre retraite. Des REEE, c’est bon pour les études de vos enfants. En plus, si dorénavant, vous pensiez à investir davantage dans un RNEJEE (Régime Non Enregistré de Jeux à l’Extérieur avec les Enfants), ce serait peut-être le meilleur investissement de votre vie!
Bonne sortie en famille!
_____________________
1. vifamagazine.ca.
2. Journal La Presse, 8 mars 2023.
3. Santé Québec, Utilisation équilibrée des écrans chez les jeunes.
Respect de la vie privée