L’adoucissement du climat a eu toutes sortes de répercussions sur nos loisirs au cours des 25 dernières années, bonnes et moins bonnes… Les sceptiques ont été confondus! La démographie a eu elle aussi un effet important, en particulier la surreprésentation des aînés. Enfin, les changements dans la pratique des loisirs de toutes sortes ont obligé les gestionnaires à revoir leurs offres de services.
Personne ne s’en étonnera, en général, les sports d’équipe n’ont plus la cote, surtout auprès des adultes. Dorénavant, ce sont les sports individuels sans horaire et moins contraignants qui sont les plus populaires. Le plein air arrive en tête de liste. La marche, la randonnée pédestre, l’observation de la nature, le jardinage, le vélo (en été comme en hiver) sont pratiqués par près de 75 % de la population selon les plus récents sondages. Le transport actif, devenu sophistiqué, puisque les moyens pour se déplacer sont assistés par différentes formes d’énergie propre, est partout et c’est tant mieux. Les villes et les municipalités ont dû s’adapter : moins de grosses infrastructures de loisirs et plus de parcs, de sentiers, de pistes cyclables, de jardins natures, d’espaces verts et autres. En fait, tout ce qui permet de se mouvoir par la force humaine et ce toute l’année, est devenu un mode de vie largement répandu.
L’organisation municipale des loisirs est bien différente. Les villes et les municipalités ont été modifiées pour devenir des regroupements de services municipaux territoriaux – RSMT – (on en compte une douzaine en Gaspésie) qui permettent, entre autres, une meilleure utilisation et un meilleur partage des coûts de tous les équipements récréatifs. Un nouveau mode de fonctionnement qui vient avec ses avantages et ses inconvénients, cela va de soi. Le flux de migration en région, de toutes les nationalités, au cours des 25 dernières années, a aussi apporté ses influences dans le monde du loisir … Qui aurait dit au siècle dernier qu’un jour, le soccer supplanterait le hockey à longueur d’année?
Le bénévolat s’est passablement transformé. Les organismes sans but lucratif (OSBL) existent toujours, mais la loi qui les encadre a été complètement revue et celle-ci est beaucoup plus rigide. Ces OSBL font principalement affaire avec des sous-traitants privés qui offrent différents services tarifés, selon les champs d’intervention de leurs clients. Des OSBL nouveau genre, gérés par des bénévoles à qui sont versées des allocations, et qui embauchent des employés rémunérés; voilà où nous en sommes!
Du côté des gros équipements de loisir, sans surprise, il ne reste que quatre arénas en Gaspésie. Plusieurs ont changé de vocation ou encore ont été démolis, les coûts de réparation étant jugés trop importants. Ceux qui ont survécu ont dû diversifier leurs activités pour subsister… Puisqu’il fait plus chaud, leurs coûts d’exploitation sont devenus faramineux et ce, malgré les avancées technologiques pour les systèmes de réfrigération. Les tarifs aux usagers ont suivi à la hausse de sorte que les sports de glace sont réservés dorénavant aux mieux nantis. Fini le temps où les villes et municipalités finançaient ces équipements à gros frais. Il n’est plus possible de faire des patinoires à l’extérieur sans toit ni système de réfrigération… Certains se tournent vers des surfaces synthétiques quatre saisons qui s’apparentent presqu’en tous points à nos bonnes vieilles glaces!
Les sports d’hiver comme le ski alpin, le ski de fond et la raquette se pratiquent uniquement en altitude et loin des grands plans d’eau. Les sports d’été sont favorisés par le prolongement de la saison chaude mais en revanche, les soubresauts à répétition de la météo (canicules, sécheresses, orages violents, ouragans, etc.) compliquent leurs pratiques en saison estivale.
Les aînés
Les aînés de 65 ans et plus représentent près de 40 % de la population gaspésienne et ce n’est pas une catastrophe telle que nous l’anticipions, il y a un quart de siècle! Toujours plus en forme que leurs prédécesseurs et jouissant de meilleures conditions socioéconomiques, ils sont la nouvelle clientèle à conquérir! Nos gouvernements ont enfin compris que d’investir massivement dans le préventif par toutes sortes de programmes et d’incitatifs pour garder les aînés actifs, a permis non seulement d’économiser des sommes astronomiques dans le curatif, mais aussi de leur offrir un cadre de vie plus sain et de leur permettre un plus grand épanouissement, notamment dans leurs loisirs.
Certaines villes et municipalités ont compris depuis longtemps la place que prendraient les aînés et ont ajusté leurs offres de services avec des équipements de loisirs concordant à leurs goûts et à leurs besoins, avec des horaires adaptés et bien d’autres accommodements.
L’école et la municipalité …
Pourquoi je vous parle de l’école, c’est que les milieux scolaires et municipaux travaillent en union depuis plusieurs années; la gestion de tous les équipements a été intégrée. Il était temps qu’on y arrive, on en parlait depuis le siècle dernier! Maintenant que les cours de natation sont obligatoires à l’école, les installations aquatiques de la région ne fournissent pas. Même en été, les piscines doivent augmenter leurs heures d’ouverture puisque la baignade en eau libre n’est plus attrayante. Là encore, le réchauffement de l’eau a perturbé les écosystèmes marins de sorte que les plans d’eau abritent des espèces animales et végétales que les humains rebutent et c’est sans compter la présence de nombreux prédateurs qui nous visitent en grand nombre.
Toujours à l’école, les élèves doivent être actifs physiquement au moins 30 minutes par jour en pratiquant une ou plusieurs activités de leurs choix et en fonction de leurs conditions. Même si la réorganisation des horaires et des ressources pour y arriver n’a pas été facile, personne ne voudrait revenir en arrière tellement les bénéfices sont importants. Mens sana in corpore sano, un esprit sain dans un corps sain disait les Romains ; cela n’a jamais été aussi vrai quelque 2000 ans plus tard!
En dehors de l’école, les travailleurs de tous les secteurs ne sont pas en reste. Toutes les entreprises ont maintenant l’obligation de leur offrir des programmes incitatifs pour les garder en forme.

Au début des années 2020, ce genre de scène était plutôt rare, mais 25 ans plus tard, ce sera devenu la norme … Photo : Alain Boudreau
Le climat, toujours le climat!
Maintenant, le golf se pratique jusqu’en janvier. La température est plus fraîche pour les joueurs, mais en revanche, les terrains demandent moins d’entretien.
En automne, la chasse n’est presque plus pratiquée. La relève fait cruellement défaut et de nombreuses maladies venues du sud ont décimé nos gros gibiers. De plus, il n’est pas bien vu de tuer des animaux sauvages pour lesquels des mouvements de défense exercent une très grande influence auprès du gouvernement pour l’abolition pure et simple de cette activité traditionnelle.
Bien qu’ils soient beaucoup moins populaires, les sports motorisés n’utilisent que des technologies propres et sont soumis à des règles d’usage très sévères.
Les grands rassemblements en présence tels les fêtes et les festivals ont beaucoup diminué en importance. Les avancées technologiques permettent d’autres formes de regroupements à distance qui ont des impacts quasi nuls sur la santé et l’environnement sans pour autant nuire à la qualité de l’activité.
Ce que l’on appelait autrefois les loisirs électroniques ont connu un développement inimaginable … La puissance de la réalité virtuelle est devenue telle qu’il vous est possible de vivre dans un monde parallèle… Toutefois, ce secteur est devenu très réglementé de sorte que l’usage de ce type de loisir ne peut d’aucune façon affecter l’intégrité physique et mentale de son usager.
Vous avez remarqué que je mentionne souvent une règlementation sévère, un terme qui est dans tout, de nos jours. Nous n’avons plus le choix, la bêtise humaine ayant causé tellement de dommages dans le passé …
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Bien sûr que cette chronique est quelque peu fantaisiste! Personne d’entre nous n’a de boule de cristal pour prédire ce qui se passera véritablement dans l’avenir.
Vouloir tout prévoir n’est pas possible, il y a trop de variables. Mais ne pas faire l’effort d’anticiper ce qui pourrait arriver avec les données que nous possédons et les grandes tendances de notre société, serait de l’aveuglément!
Vous n’êtes pas d’accord avec mes prédictions? Eh bien, découpez cette chronique, placez-la dans un petit coffret et sortez-la dans 25 ans. J’espère que, comme vous, je serai là pour voir ce qui est réellement arrivé!
Passez un bon temps des Fêtes!
MARIA | Pour la pratique de vos activités, vous utilisez certainement des équipements de loisir dit lourds comme des arénas, des piscines, des gymnases et des centres d’entraînement, ou légers, comme des terrains de soccer, de tennis ou de balle, que l’on retrouve sur notre territoire.
Ces équipements sont majoritairement la propriété d’organismes publics (villes, municipalités, écoles, cégeps, etc.), d’organismes sans but lucratif ou encore, plus rarement, d’entités privées (salles de quilles et centres d’entraînement, notamment). Nous ne sommes pas étonnés qu’en région, le privé ne s’intéresse pas à certains équipements de loisir, par exemple un aréna, puisqu’ils ne sont pas rentables, le bassin de population étant trop faible. Mais il en est autrement en ville où ce même aréna est parfois de nature privée et dégage des profits. Un tel scénario est impensable chez nous.
Dans la présente chronique, nous nous attarderons davantage aux cas des équipements lourds tels que décrits ci-haut et qui sont de compétence municipale.
La nécessité d’avoir des équipements de loisir publics
Étant donné l’importance d’offrir des activités de loisir pour divertir leurs citoyens, de les garder en forme et aussi pour demeurer attractives, les villes et les municipalités choisissent d’investir dans des équipements de loisir, et ce même s’ils sont coûteux à construire et déficitaires à exploiter. L’offre globale de loisir fait partie des principaux critères qui guident les jeunes familles lors du choix de leurs futurs lieux d’établissement, ne l’oublions pas.
Le rôle des villes et des municipalités est donc d’offrir, entre autres, des services variés selon les lois, les règlements et les demandes citoyennes, pour le plus grand nombre possible de gens, à partir des taxes perçues.
Même si les équipements de loisir publics sont déficitaires, ils peuvent, en revanche, avoir une bonne rentabilité « sociale », c’est-à-dire qu’ils sont utilisés fréquemment, par plusieurs clientèles et pour plusieurs activités. D’où l’importance de prévoir de bons programmes d’animation puisqu’un bâtiment de béton et d’acier ne se dynamise pas par lui-même. Il est malheureux de constater que bien souvent, il y a beaucoup d’argent pour la structure au départ et peu pour l’animation par la suite …

Photo : Alain Boudreau
Construire et ensuite exploiter des équipements de loisir …
Règle générale, le financement de la construction d’un équipement de loisir public est réparti sur l’ensemble des payeurs de taxes d’une municipalité ou d’une ville. Les coûts globaux de construction sont amoindris à l’aide de subventions et d’autres sources de financement comme des campagnes de souscription populaire.
Quant à l’exploitation des équipements, elle est financée de plusieurs façons. Elle l’est principalement par la taxation générale, ensuite par la tarification aux usagers (basée sur le principe de l’utilisateur-payeur) et dans une moindre mesure, par d’autres sources de revenus comme des dons et des commandites.
C’est pourquoi les élus municipaux se dotent de politiques de tarification en loisir en s’appuyant sur des principes d’accessibilité et d’équité. Comme toute autre politique, celle en loisir exige un travail de réflexion et impose de faire des choix. Quelles dépenses inclure dans notre tarification? Que fait-on avec les non-résidents en l’absence d’ententes intermunicipales? Priorise-t-on les jeunes, les familles, les aînés? Quels services ou activités tarifer? Comment traiter les organismes sans but lucratif versus les organismes privés? Quels sont les avantages consentis aux moins fortunés?
Même si ce n’est pas toujours simple à concevoir, la politique de tarification en loisir comporte plusieurs avantages. D’abord, elle permet de répartir les coûts entre les services rendus à la collectivité (par la taxation générale) et les services rendus aux usagers (par la tarification). Ensuite, elle permet de diversifier les sources de financement et de rationnaliser la demande (faire prendre conscience des coûts aux usagers). Elle permet aussi d’égaliser les chances d’accès en évitant la monopolisation par des petits groupes. Enfin, elle peut, dans certains cas, favoriser les contribuables locaux par rapport aux non-résidents qui se verraient imposer un tarif plus élevé.
Mais attention, dans l’élaboration de cette politique, les élus prendront soin d’éviter certains écueils; des tarifs trop élevés pourraient avoir un impact sur la fréquentation et limiter l’accès à certaines clientèles, ce qui aurait pour effet de créer des inégalités sociales.
Par ailleurs, on a déjà vu dans plusieurs cas que la tarification en loisir pouvait s’appuyer davantage sur des traditions plutôt que sur des concepts d’efficacité ou d’équité. À une certaine époque, tous les jeunes jouaient au hockey, ce sport était donc favorisé par le politique et il n’était pas ou presque pas tarifé. Si c’est encore le cas, une mise à jour s’impose, le hockey n’étant plus le seul sport pratiqué par les jeunes…
Le cas des équipements supralocaux…
Plusieurs élus de villes dites de « centralité » revendiquent et, disons-le, avec raison, que les équipements de loisir publics qu’ils administrent et qui servent pour des usagers qui n’habitent pas sur leurs territoires, soient reconnus comme étant un équipement supralocal, c’est-à-dire un équipement qui sert pour plusieurs villes et municipalités. Ils souhaitent établir des ententes sur une base volontaire et recevoir des quote-parts financières des municipalités environnantes. Ils ne veulent pas payer seuls pour des équipements qui servent aussi à des citoyens qui habitent à l’extérieur de leurs limites.
Lorsqu’il n’y a pas d’entente, le citoyen qui demeure sur le territoire de l’équipement est désavantagé parce qu’en plus de le payer par son compte de taxes, il paye un tarif à l’usage alors que le citoyen externe paye seulement le tarif.
À défaut de s’entendre, la ville gestionnaire peut toujours imposer une surtarification aux non-résidents mais cette option comporte bien des désavantages comme l’envoi d’un mauvais message d’accueil aux non-résidents…
Le hic, dans le cas des équipements supralocaux, c’est que bien souvent, on travaille à l’envers. Certaines villes et certaines municipalités travaillent en solo, construisent des équipements et par la suite, veulent mettre à contribution les municipalités environnantes. Il faudrait d’abord s’entendre sur la nécessité d’un équipement supralocal dans une sous-région, se concerter avant sa construction et établir les paramètres de financement et de fonctionnement. Si on appliquait ce processus, je ne suis pas certain que la configuration des équipements de loisir publics en région serait la même.
Alors, qui paye pour votre activité de loisir?
Je ne vous apprends donc rien si je vous dis que, pour les équipements de loisir publics propriétés des villes et des municipalités, c’est vous qui payez : primo par la taxation générale et, secundo, par la tarification si vous êtes un usager. D’une manière ou d’une autre, vous payez, alors pourquoi ne pas en profiter? Ceci dit, vous aurez compris que les grands perdants sont ceux qui payent par la taxation et qui n’en profitent pas…
Vous trouvez que votre tarif pour votre activité est trop cher? Ou encore que celui de votre voisin ne l’est pas assez? Vous pouvez toujours poser des questions à vos élus municipaux puisque l’automne est justement la période de l’année au cours de laquelle les villes et les municipalités préparent leurs budgets. Comme les loisirs occupent une part non négligeable de ces budgets (de 10 à 15 % en général), c’est le temps de poser des questions : qui paye, combien et pourquoi? Continuez d’être actif et bon automne!

Photo : Alain Boudreault
La Bonaventure, depuis le petit lac du même nom, la Grande et la Petite-Cascapédia, la Patapédia, la Kedgwick et la Restigouche : toutes des rivières que nous avons descendues, une ou plusieurs fois, au cours de toutes ces années.
Une telle aventure ne peut se faire sans de bons préparatifs. C’est pourquoi notre voyage est toujours précédé de réunions préparatoires pour ne rien laisser au hasard; le choix de la rivière (avec une alternative en cas d’étiage), l’organisation du transport et des équipements ainsi que la préparation du menu sont passés en revue. Subséquemment, l’état des chemins pour se rendre au départ devra aussi être vérifié. Un compte rendu pour chaque rencontre, un aide-mémoire pour les bagages, une liste d’épicerie pour la nourriture; chaque année, tout est consigné pour ne rien oublier. Les points de ravitaillement sont plutôt rares le long des rivières!
Tout groupe doit avoir son leader. Nous avons le nôtre. Il a les connaissances et l’expérience. Un groupe sans direction n’est pas un groupe. Il voit à l’application des décisions communes prises au préalable et au respect de l’horaire à chaque jour. Il fait une analyse lors d’imprévus et en cas de dangers potentiels et soumet une proposition à l’équipe; il cherche toujours un consensus et évite d’être trop directif. Il se soucie que les tâches soient bien réparties et que tous vivent une bonne expérience. Comme il dit : « Je suis heureux seulement si vous êtes tous heureux! »
Chaque descente de rivière comporte son éventail de petits et gros dangers : les rapides, les roches sournoises à fleur d’eau, les « passes » dangereuses, les amoncellements de bois emportés par la rivière, les seuils, etc. Il faut faire une bonne lecture de la rivière, garder l’oeil vif et rester vigilant. Le rameur assis en avant joue un rôle primordial. On est en danger lorsqu’on ne pense plus aux dangers, qu’ils disent… Les années ont fait de nous de bien meilleurs canotiers. Quelques-uns d’entre nous ont bien suivi de petites formations, mais les vrais apprentissages se sont faits in situ.
Personne ne veut chavirer, mais ça arrive à l’occasion; c’est comme un passage obligé, un baptême! C’est à ce moment que tu vois si les bagages sont bien attachés et que les contenants sont étanches! À chaque renversement, l’équipe se mobilise, elle vient en aide aux malheureux. L’eau est froide, le courant peut être fort, le canot est à la renverse, les canotiers dérivent … On ne rit pas dans ce genre de situation, sauf après, la plupart du temps!
D’année en année, nous fréquentons les mêmes battures, les plus belles, celles pour lesquelles le courant a mis tout son talent afin de les créer … Elles sont invitantes, elles ont tout; l’espace, la prise dans le vent pour faire sécher le linge et éloigner les mouches, un « bain tourbillon » juste devant, le sable pour déposer les tentes, le bois pour les feux ainsi qu’un endroit pour le petit coin … Le rituel peut alors commencer; le montage du campement, la corvée de bois, l’installation de l’abri commun, la préparation du repas, etc.
Généralement, nous sommes bien loin des chemins d’accès aux rivières. Dans certains cas, même avec un moyen de communication, les secours prendraient beaucoup de temps avant de nous joindre. C’est pourquoi le mot d’ordre est la sécurité. Nous nous estimons chanceux. Nous avons subi quelques mésaventures au cours de toutes ces années, mais rien de vraiment grave.
Nous avons appris à côtoyer les pêcheurs lorsqu’il y en a. Un léger coup de sifflet pour s’annoncer, ne pas faire de bruit, un signe avec la rame pour savoir où passer; faut-il débarquer des canots pour longer la rive? Dans la très grande majorité des cas, la cohabitation se fait harmonieusement; chacun tire profit de la ressource et pratique son activité dans un respect mutuel. C’est une question de savoir-vivre.
À chaque descente, nous sommes en admiration devant tant de beauté. Tout autant par la couleur et la limpidité de certaines rivières, que par la silhouette des montagnes et les forêts mixtes à perte de vue, presque jamais exploitées par l’humain, les caps de pierres et de sables, la brume sur la rivière … Après chaque méandre, une surprise peut nous attendre; comme la fois où une femelle orignal est sortie devant nos canots pour se mettre à courir dans la rivière avec ses petits, une scène à jamais gravée dans nos mémoires.

Photo : Alain Boudreault
Certains soirs, près du feu sur la berge, nous écoutons le bruit de la rivière qui coule, le crépitement du bois qui se consume, le cri d’un oiseau au loin, le hurlement d’une bête. Nous admirons les lucioles qui dansent, la lune et ses formes subjectives qui apparaissent et disparaissent derrière les nuages. Tout est beau, tout est pur, tout est sauvage… C’est un moment de pleine conscience, de plénitude, presqu’un moment de grâce…
Mais, je serais malhonnête de vous dire que c’est toujours comme ça. Un voyage s’est déjà soldé par quatre jours de pluie, sans arrêt; le soleil s’est pointé le nez lors du retour à la maison. Ou encore, un soir où il a fallu se cacher dans nos tentes après le souper tellement il y avait des moustiques. Monter une tente par une pluie battante et se coucher dans un sac de couchage humide peuvent aussi faire partie des inconvénients. Mais ce sont des expériences qui forgent le caractère, qui nous font explorer nos limites physiques et mentales et qui nous font apprécier le confort de la maison…
Nous avons parfois l’impression de recréer un voyage ancestral, celui de nos ancêtres, des découvreurs, des Autochtones; on ne peut s’empêcher d’y penser. Nous pensons aussi aux pêcheurs et à leurs guides qui ont fouetté ces rivières depuis des lustres. Ces routes d’eau sont tellement riches d’histoires et d’anecdotes!
Un jour, nous savons que l’aventure prendra fin, Il faudra alors se résigner. Toute bonne chose a une fin, mais tant que nous pourrons, nous ramerons!
Cependant, avec tout ce que nous savons en rapport avec les changements climatiques, nous avons à nous poser la question: mon activité de loisir est-elle verte? L’espace manque ici pour étaler toutes les activités qui se pratiquent en Gaspésie et de les examiner sous l’angle de leurs impacts environnementaux, mais tout de même, jetons un coup d’oeil sur certaines d’entre elles et voyons comment, dans certains cas, nous pouvons faire mieux pour la planète.
En général …
De façon générale, vous aurez deviné que les loisirs d’hiver sont plus « dommageables » que ceux d’été. L’hiver est une saison énergivore à cause principalement de la grande demande en électricité pour les centres de ski, les arénas, les centres aquatiques, le chauffage des bâtiments récréatifs et autres. C’est le propre des pays nordiques comme le nôtre.
Sans surprise, en toutes saisons, les sports motorisés sont plus polluants que toutes les autres activités qui requièrent de l’énergie humaine. Les motoneiges, les véhicules tout-terrain, les bateaux, les motomarines, les motocyclettes polluent principalement à cause des gaz qu’ils laissent échapper dans l’air ou dans l’eau. De plus, ils peuvent être bruyants, dérangeants et avoir un impact important sur la faune et la flore. Parfois, il n’y a pas d’autre choix que d’utiliser un véhicule à moteur dans nos loisirs, mais on peut certainement en réduire son usage. Heureusement, les technologies et les pratiques évoluent, mais en attendant la venue de véhicules complètement propres, les sports motorisés demeurent des loisirs pas tout à fait verts.
En hiver …
Les arénas sont reconnus comme étant des bâtiments gourmands en énergie. Leurs systèmes de refroidissement de la glace consomment beaucoup d’électricité et c’est sans compter les coûts de chauffage (pour une partie du bâtiment, les douches, l’éclairage, etc.). Les arénas récemment construits peuvent compter sur des systèmes plus performants mais il reste que ce sont des infrastructures loin d’être vertes. Vous pensez que les patinoires extérieures sont exemplaires sur le plan écologique? Sachez que pour chaque pouce de glace d’une patinoire standard (200 x 85 pieds), 12 000 gallons d’eau1, la plupart du temps de l’eau potable, sont nécessaires! Faites le calcul pour celles qui ont une épaisseur de quelques pouces…
Les centres de ski alpin ne sont pas en reste. Les canons à neige utilisés par beaucoup d’entre eux exigent de grandes quantités d’eau et d’électricité. De plus, étant donné le réchauffement climatique, il est fort probable que les canons à neige se multiplient dans l’avenir. Souhaitons que les nouveaux modèles soient toujours plus performants et moins énergivores. À ce propos, en Europe, certaines expériences sont menées pour la récupération des eaux usées pour le fonctionnement des canons à neige.
En été …
Malgré ses apparences de sport en plein air, le golf est une activité avec un impact important sur l’environnement. Pour aménager des terrains, des espaces naturels ont été sacrifiés. Pour l’entretien des pelouses, beaucoup de machineries et de produits chimiques sont utilisés. Toutefois, les gestionnaires
cherchent par différents moyens à réduire cet impact. La nouvelle génération de joueurs, sensibles à la cause environnementale, en fera certainement une exigence.
À une échelle plus locale, les piscines résidentielles extérieures ne sont pas à négliger. En plus du remplissage avec de l’eau potable, le fonctionnement des équipements et des chauffe-eau requiert une bonne quantité d’électricité. À la grandeur du Québec, on estime qu’il existe plusieurs centaines de milliers de piscines; on peut certainement présumer que la Gaspésie en dénombre quelques centaines. Avec un tel nombre, ça finit par compter comme une activité qui a un impact.
Les activités de plein air, de découverte et d’aventures peuvent sembler toutes désignées pour faire de vous un adepte de loisirs verts, mais ce n’est pas toujours le cas. Elles sont certes plus écologiques, en tout cas plus que les sports motorisés, mais souvent elles sont pratiquées dans des milieux fragiles. La randonnée pédestre, comme exemple, peut avoir à long terme un impact sur la faune et la flore lors des passages répétés des randonneurs. Et c’est sans compter qu’il a bien fallu perturber des milieux sensibles pour aménager les sentiers; on ne fait pas d’omelette sans casser des oeufs … C’est pourquoi, les adeptes de plusieurs activités de plein air à énergie humaine, déjà sensibles à l’impact de leurs activités sur l’environnement, adoptent une approche de plus en plus écoresponsable. On ne pratique pas n’importe quoi, n’importe où …
Les déplacements et petits équipements
Par nécessité, nous devons parfois nous déplacer en véhicule à moteur pour plusieurs de nos activités de loisir. En contrepartie, nous pouvons nous restreindre à l’utiliser seulement lorsque nécessaire, emprunter les transports en commun lorsqu’ils sont disponibles ou encore, favoriser le covoiturage.
Indispensables pour une foule d’activités, les petits équipements sportifs (skis, raquettes, vélos, etc.) peuvent aussi faire l’objet d’une remise en question. Est-il vraiment nécessaire de les remplacer? Sont-ils réparables? Est-ce que je peux en acheter des usagés? Est-ce que je pourrais les partager avec d’autres? Autant de questions qui pourraient vous permettre de prolonger la vie utile de vos petits équipements et faire de vous un utilisateur un peu plus vert.
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Vous venez de terminer la lecture de cette chronique. Vous êtes résigné à faire votre part et à réduire l’impact de votre activité de loisir sur l’environnement? Alors vous vous dites, ce soir je reste calmement chez-nous avec mes enfants et je prépare un bon petit souper au BBQ sur la terrasse et des feux d’artifice en soirée … Et bien sachez que la cuisson sur le BBQ a pour effet d’émettre des particules fines dans l’air qui contribuent aux gaz à effet de serre, en particulier ceux au charbon de bois, et qu’en plus, si c’est de la viande que vous faites cuire, dont la production peut être dommageable pour l’environnement, alors là, vous êtes dans le champ!
Les feux d’artifice, quant à eux, si petits soient-ils, polluent de plusieurs façons; dans une certaine mesure, ils peuvent polluer l’air et l’eau, ils créent de la pollution auditive et parfois ils peuvent même avoir un impact sur la faune, en particulier sur les oiseaux à cause du bruit des explosions. D’ailleurs, il est probable qu’avec les années, même si le coût est élevé, les spectacles pyrotechniques seront remplacés par des technologies plus propres comme les drones munis de lumières à DEL. Bien sûr, votre souper au BBQ et votre petit feu d’artifice familial ne menacent pas exagérément la planète.
Enfin, vous vous dites, pourquoi je ferais un effort dans mes loisirs alors que l’an dernier, le monde du soccer s’est donné rendez-vous dans des stades climatisés en plein désert? Même si tout cela vous semble absurde, rappelez-vous la légende du petit colibri et que malgré tout, ce qui compte, c’est de faire sa part.
Ne mettez pas un frein à vos activités de loisir et vos passetemps. Continuez de bien occuper vos temps libres et prenez plutôt le temps de réfléchir aux différentes façons de réduire leurs impacts sur l’environnement. Ainsi, vous bénéficierez des bienfaits d’une vie plus équilibrée et d’une meilleure conscience environnementale!
Bon été!
1 Donnée tirée d’une formation de l’Association québécoise du loisir public sur la qualité de glace pour les patinoires extérieures.
Photo : Alain Boudreau

Que ce soit à travers leur engagement dans un club sportif local, dans un festival ou dans une organisation communautaire, les bénévoles peuvent eux aussi faire face à certains défis. Photo : Jean-Philippe Thibault
Les organismes sans but lucratif (OSBL), et leurs bénévoles, sont des microcosmes avec des individus ayant chacun leur personnalité. Ils sont la plupart du temps bien intentionnés, parfois un peu moins. Il arrive souvent que des bénéficiaires de services d’organismes causent des ennuis aux bénévoles qui sont responsables de ces services; ils ne comprennent pas toujours la raison d’être d’un OSBL, ils croient être des clients qui font affaire avec des commerçants!
Jetons un coup d’oeil sur des histoires inspirées de faits vécus, de personnes (aux prénoms fictifs) qui ont vu leur implication bénévole mal tourner …
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Gisèle, retraitée de l’enseignement depuis quelques années, a cru bon s’engager dans sa communauté, en devenant présidente du Club des 50 ans et plus. Après tout, elle a maintenant plus de temps et cette tâche lui permet de rendre service et de rencontrer plein de gens. Bien intentionnée qu’elle était au départ, Gisèle s’est vite retrouvée au centre d’un important conflit au sein de son conseil d’administration (CA). Au coeur de la discorde, le renvoi d’un administrateur qui a dérogé aux règlements du Club. Malgré les heures de discussions concernant cette décision, deux camps se sont formés au sein du CA : ceux qui sont en faveur de l’éviction du fautif et qui plaident pour un principe de saine gestion, et ceux qui sont contre prétextant la faible gravité de la faute. Deux clans, deux visions, avec au centre une présidente qui ne voit pas comment le tout se réglera. Gisèle qui n’aime pas les conflits dort mal depuis quelques semaines, elle qui est tellement bienveillante. À bout de nerfs, elle a donné sa démission et garde un mauvais souvenir de son engagement. Elle s’en rappellera longtemps même si pour autant, elle n’a pas fait une croix sur le bénévolat.
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Gervais joue au hockey depuis qu’il est tout jeune. Depuis quelques années, il évolue dans une « ligue de garage » et pour lui, pratiquer son sport favori avec les boys, ça n’a pas de prix. L’an dernier, l’engagement bénévole sur le plan de l’organisation de la ligue a fait défaut à un point tel que les activités ont été suspendues pendant la moitié de la saison. Cette année, lui et quelques autres joueurs ont décidé de s’engager pour éviter un arrêt définitif. Sans trop s’y connaître, notre dévoué Gervais a accepté de se porter responsable des finances. Avec de l’aide, il a fait un budget pour la cinquantaine de joueurs qui composent la ligue. Un budget serré comme il dit, un peu trop peut-être… En fin de saison, six participants n’avaient pas payé leur dû et l’équilibre financier a été sérieusement compromis… Gervais, très amer, s’est juré que s’il était encore là l’an prochain, il s’y prendrait autrement. Il va revoir les règles pour éviter tout le stress qu’il a vécu en cours de saison; il est là pour s’amuser, pas pour collecter des mauvais payeurs.
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Claire, qui détient une fromagerie, a toujours été une adepte des festivals. À ce point qu’elle a pris l’initiative de créer La Fête au Village dans son patelin, pour mettre en valeur les produits du terroir qu’on y retrouve en abondance. Les premières éditions ont été de véritables succès : belle programmation, une participation au-delà des attentes et une température inespérée! Claire était très enthousiaste, à ce point qu’elle et son comité ont pris la décision d’embaucher une personne pour coordonner l’événement dans le but d’alléger la tâche des bénévoles qui, comme elle, étaient là depuis le début. Ils espéraient tous trouver la perle rare mais la réalité a été tellement différente… Une personne a bel et bien été embauchée mais dans les mois qui ont suivi, les choses ont dégénéré. En plus d’être incompétente, la nouvelle ressource a fait acte de malversation. Le comité n’a eu d’autre choix que de la congédier à quelques semaines de l’événement, geste qu’elle a vivement contesté. La cause a été portée devant la cour, le verdict est en attente. Les membres du comité organisateur de la Fête au Village ont trouvé très éprouvante cette aventure à un point tel qu’ils ont pris la décision de suspendre l’événement pendant une année, pour probablement le reprendre l’année suivante avec l’ancienne formule qui reposait entièrement sur le bénévolat. Entretemps, plusieurs ont quitté le navire très déçus d’avoir vécu une telle expérience…
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Cette chronique n’a pas pour but de vous décourager dans votre engagement bénévole. Chacun doit trouver sa place où il est apprécié à sa juste valeur, où il est bien dans son engagement et où il évite les écueils même si parfois c’est difficile, voire inévitable dans certains cas. Comme bénévole, vous avez des droits mais aussi des responsabilités. Vous devez vous demander si vous êtes entièrement intègre, si vous êtes bien entouré et bien outillé. Le statut de bénévole ne vous permet pas d’errer et de penser que tout finit par se régler tout seul.
Quant à ceux et celles qui bénéficient des services des bénévoles, faites preuve d’indulgence. Pensez-y deux fois avant d’exiger, de critiquer et de juger. Vous êtes en face d’une personne qui offre de son temps gratuitement et qui mérite minimalement le respect, la reconnaissance et le droit à l’erreur. Nous présumons que chaque bénévole s’engage pour les bonnes causes; faisons en sorte de lui donner raison et ainsi rendre son expérience des plus positives!
En passant, bonne Semaine de l’action bénévole du 16 au 23 avril prochains!

Évidemment, il n’y a pas que le sport pour favoriser le développement de nos jeunes. Des disciplines comme la musique, le théâtre, la danse et autres, en fonction des intérêts de chacun, peuvent contribuer à leur épanouissement et jouer un rôle facilitant. Cependant, pour la présente chronique, je m’attarderai à la pratique du hockey sur glace et tenterai de répondre à la question posée en titre.
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Bien qu’elles ne soient pas comparables aux programmes des grands centres, les opportunités offertes aux jeunes en Gaspésie sont tout de même assez nombreuses et leur permettent de se réaliser. Que ce soit aux niveaux scolaire, civil ou autrement, une vingtaine de fédérations sportives offrent des services sur notre territoire.
On reconnait cinq niveaux de pratique dans le sport: la découverte, l’initiation, la récréation, la compétition et l’excellence (haut niveau). Pour les sports pratiqués dans notre région, on considère généralement que les trois premiers niveaux sont présents et que c’est moins évident pour ce qui est de la compétition et enfin, que l’excellence est totalement absente principalement à cause du faible bassin de population et de l’éloignement des grands centres.
Généralement, jusqu’à l’âge de 12 ans environ, le jeune sportif peut trouver son compte en région. C’est par la suite que la tentation de la quitter est forte pour les plus talentueux. Toujours pour le hockey, les jeunes qui ont du potentiel et qui souhaitent atteindre les plus hauts niveaux cherchent le meilleur produit pour eux et ils ne le trouvent pas nécessairement en Gaspésie présentement.
Sans pour autant vouloir en faire une profession1, il est normal que celui ayant du potentiel désire se rendre le plus loin possible et ce, le plus longtemps possible. Pour ce faire, il voudra bénéficier du meilleur environnement en termes de conciliation sports-études. Ce n’est pas du snobisme ni de l’orgueil; les jeunes et les parents sont souvent confrontés à de telles décisions. Pour eux, c’est souvent rester et simplement s’amuser (ce qui n’est pas un mauvais choix) ou s’exiler et progresser…
Le hockey à un niveau supérieur permet le développement des habiletés pour le jeune, mais aussi, comme dans tous les sports d’équipe, d’autres aptitudes comme la discipline, le travail d’équipe, le leadership et l’effort soutenu. Il n’y a pas de chiffres officiels à cet effet, mais au cours des dernières années, ce sont des dizaines de jeunes gaspésiens qui, dès l’âge de 13 ans dans certains cas, seulement pour le hockey, sont partis vers l’extérieur.
Quel est ce produit recherché ?
Au Québec, il existe trois principaux types d’encadrement pour le hockey chez les jeunes : le hockey civil par le biais de Hockey Québec (ou Fédération de hockey sur glace du Québec), le hockey scolaire et le programme Sport-études.
Le hockey civil est certainement le plus populaire et le plus répandu dans les régions du Québec. Son fonctionnement repose principalement sur des ressources bénévoles (administrateurs, entraîneurs, etc.) et se déroule surtout après les heures d’école et les fins de semaine.
Le programme Sport-études en hockey sur glace, reconnu par le gouvernement et subventionné par ce dernier, permet aux athlètes qui excellent de recevoir un encadrement adapté sur les plans scolaire et sportif. Le programme Sport-études en hockey le plus près de nous se situe au Collège Notre-Dame à Rivière-du-Loup.
Le hockey scolaire, inspiré du modèle américain (Prep school), offre un modèle hybride entre le hockey civil et le programme Sport-études. Les participants bénéficient d’un horaire adapté qui facilite la conciliation études et hockey. Contrairement au hockey civil, la plupart des entraînements ont lieu le jour. Ainsi, en soirée, les jeunes ont moins à se déplacer et ont plus de temps à eux et pour les études. Pour beaucoup de parents, c’est un mode de fonctionnement plus équilibré. Dans ce genre de programme, même si c’est généralement plus dispendieux, le hockey devient une source de motivation pour la réussite scolaire, puisque les résultats académiques sont pris en compte pour faire partie de l’équipe. Près de nous, l’école secondaire d’Amqui offre du hockey scolaire.

L’école secondaire la plus près qui offre du hockey scolaire est celle d’Amqui avec son équipe l’Assaut. Photo : Geneviève Gagné
Pourquoi nous n’avons pas ces options en Gaspésie?
En Gaspésie, le bassin de population est faible et le territoire immense; conséquemment, les distances à parcourir sont grandes. Ces deux contraintes sont un sérieux frein à la diversité et à la qualité des réseaux de compétition, sans dire pour autant qu’il n’y en a pas. Le hockey civil est assez bien implanté un peu partout dans la région, mais il ne peut répondre à tous les besoins notamment, à ceux des joueurs qui sont destinés à des niveaux supérieurs. Les exigences gouvernementales rendent presque impossible l’établissement d’un programme Sport-études actuellement.
Pour certains, le hockey civil a fait ses preuves, pour d’autres le hockey scolaire est le modèle de l’avenir. Enfin, pour plusieurs un modèle hybride qui rallierait le meilleur des deux pourrait être développé ici.
Quand cessera l’expatriation de nos jeunes hockeyeurs? En fait, probablement jamais. L’idée n’est pas qu’elle cesse complètement, mais qu’elle soit réduite. Il y aura toujours des jeunes qui, pour développer leur plein potentiel ou pour d’autres raisons, choisiront de partir de la région. Il faut cependant garder en tête qu’un jeune qui quitte est un jeune à risque de ne plus revenir et que dans certains cas, il est possible que sa famille l’accompagne …
Des efforts considérables sont déployés actuellement pour, entre autres, attirer des jeunes en région et ça fonctionne. Ce serait bien qu’on en fasse autant pour les inciter à demeurer ici. En ce qui concerne la rétention de nos jeunes hockeyeurs, il n’existe probablement pas de modèle parfait pour la région. À force de persévérance et d’imagination, on pourrait peut-être en créer un? Habituellement, les Gaspésiens sont bons pour innover.
Mettons-nous à la tâche!
Nous passions tout notre temps à la patinoire, du matin jusqu’au soir, de l’ouverture à la fermeture de la saison. Toutes nos journées de congés y passaient, surtout le temps des Fêtes, jusqu’à se faire de la « corne » sur les doigts à force d’attacher nos patins! Certains jours, nous étions des dizaines en même temps à patiner et jouer au hockey. Souvent, les gars taquinaient les filles, les filles dénonçaient les gars; Monsieur Ti-Jean n’avait qu’à sortir la tête par la porte et puis, d’un coup de sifflet, tout rentrait dans l’ordre! Jamais nous n’aurions pris le risque d’être bannis de la patinoire.
Nous ne connaissions rien à la musique classique mais nous aimions tellement patiner sur Le Beau Danube bleu de Strauss! Je me souviens d’un couple qui patinait sur cette valse, les bras entrelacés; on aurait dit qu’il dansait!
Les jeunes et les parents ne se faisaient pas prier pour aider Monsieur Ti-Jean dans ses tâches; plus nous étions pour déneiger, plus vite nous sautions sur la glace.
À l’occasion, la conjointe de Monsieur Ti-Jean venait lui prêter main-forte. Pendant qu’elle tenait la cantine, Monsieur Ti-Jean exécutait des petits travaux à l’extérieur et veillait à ce que tout se passe bien. Quand j’y pense, je me dis que Monsieur Ti-Jean était quelqu’un d’important pour moi, une personne que je respectais. Il mettait tellement de coeur à bien faire son travail, un travail qui me permettait de faire ce que j’aimais le plus l’hiver, aller à la patinoire!
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Sans tomber dans la nostalgie, il est clair que les patinoires extérieures ne sont plus ce qu’elles étaient. De plus, si on se fie aux projections entourant les changements climatiques, force est d’admettre que leur existence même est compromise dans l’avenir. En effet, tous l’ont remarqué, la durée des saisons de glace extérieure a diminué au fil des décennies. Les plus vieux se rappellent qu’autrefois les patinoires extérieures pouvaient être utilisables de la fin de novembre jusqu’à la mi-mars, parfois plus. Ce n’est plus le cas aujourd’hui alors qu’en moyenne, elles sont accessibles de la fin de décembre à la fin de février, sauf exception. Les saisons sont de plus en plus courtes, les patinoires sont soumises à de plus en plus de périodes de redoux et à des averses de pluie. Cela donne du fil à retordre aux préposés à l’entretien et entraîne des fermetures occasionnelles durant la saison.

Autrefois, les patinoires extérieures pouvaient être utilisables de la fin de novembre jusqu’à la mi-mars, parfois plus. Ce n’est plus le cas aujourd’hui alors qu’en moyenne, elles sont accessibles de la fin de décembre à la fin de février, sauf exception. Photo : Musée de la Gaspésie. Fonds J. Napoléon Gérard junior.
Les impacts des changements climatiques sur les patinoires extérieures, c’est tout de même du sérieux! Depuis 2013, l’Université Wilfrid-Laurier à Waterloo (Ontario), collecte des données sur ces impacts auprès de 1400 patinoires extérieures en Amérique du Nord. C’est le projet Rinkwatch que l’on peut consulter à l’adresse rinkwatch.org. Les férus de glaces extérieures sont invités à jeter un coup d’oeil sur ce site.
Comme solutions, plusieurs villes et municipalités québécoises se tournent vers les systèmes de réfrigération (portatifs ou fixes) de la glace ou l’ajout d’un toit, ou parfois les deux. En parcourant le Web, on peut visualiser plusieurs projets de ce genre un peu partout dans la province. À titre d’exemple, la Ville de McMasterville dans la région de la Montérégie, offre une surface glacée réfrigérée recouverte d’un toit, qui permet la pratique des activités de glace dès la mi-automne et ce, jusqu’à la fin de mars(1). Plus près de nous, la Municipalité d’Eel River Dundee (Nouveau-Brunswick) possède un toit sur sa patinoire extérieure. À ma connaissance, il n’y a pas encore de patinoire extérieure en Gaspésie dotée d’un système de réfrigération ou d’un toit.
Mais ces solutions ont un coût ; dans certains cas, on parle de plusieurs millions de dollars. Et c’est sans compter les frais d’opération de ces systèmes de réfrigération ainsi que les enjeux environnementaux puisque ce sont des équipements énergivores. Ce sont des solutions qui pourraient aussi affecter l’accessibilité aux personnes moins bien nanties si toutefois des frais d’admission accompagnaient ces nouvelles infrastructures.
On s’éloigne d’une patinoire extérieure classique et on se rapproche de plus en plus d’un aréna! L’usager gagne en fiabilité pour la qualité et la durée de la glace mais perd pour ce qui est de l’expérience du patinage et du hockey en plein air par une belle journée d’hiver!
Les patinoires extérieures ne disparaîtront pas demain mais la tendance est bien réelle et fort probablement irréversible. Les villes et municipalités devront, comme pour le reste, s’adapter aux changements climatiques et les patinoires extérieures ne feront pas exception. Je peux comprendre que, pour les élus, la disparition des patinoires n’est pas en tête de liste des problématiques liées au réchauffement du climat mais tout de même, c’est là une des conséquences qui affectera le domaine du loisir et ce ne sera pas la seule…
D’ici là, vous pourriez, alors qu’il est encore temps, allez faire un tour à la patinoire l’hiver prochain. Et, pourquoi pas, vous laissez filer sur la glace tout en écoutant une valse de Strauss! Bonne saison hivernale!
(1) Source : Recensement 2017 du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs.
MARIA | Cet automne, des milliers de chasseurs s’empareront de l’arrière-pays gaspésien à la recherche de petits et gros gibiers. Ils sont pour la plupart des résidents mais aussi des visiteurs, en particulier pour la chasse à l’orignal, puisque la Gaspésie avec une densité moyenne de presque neuf orignaux aux 10 kilomètres carrés1 est un territoire prisé de la part de ces adeptes. Il va sans dire que la chasse est une activité qui laisse d’importantes retombées économiques sur l’ensemble du territoire. Pour plusieurs, la chasse est une véritable passion, pour ne pas dire une religion.
La proximité de la nature, la camaraderie et la quête de viande biologique sont les principales raisons qui motivent les pratiquants. Pour rien au monde, ils ne manqueraient ce rendez-vous annuel! Et la chasse n’est pas qu’une affaire d’hommes… Les femmes représentent environ 28 % des personnes qui participent aux formations pour l’obtention du certificat du chasseur au Québec et sur le terrain, ce sont elles dans une proportion de 10 à 15 % (selon le type de gibier) qui pratiquent la chasse2. Diane, n’était-elle pas la déesse de la chasse dans la mythologie romaine?
Jusqu’au milieu du siècle dernier, sauf pour les mieux nantis, la chasse correspondait davantage à une activité de subsistance qu’à un loisir. Par la suite, la démocratisation de la chasse (abolition des clubs privés, création des réserves fauniques, des zones d’exploitation contrôlée, etc.) en a fait une activité plus accessible pour tous. De nos jours, la chasse est une activité de plein air réglementée de sorte qu’elle peut être considérée comme un sport, même s’il n’y a pas eu d’entente entre les deux adversaires … Le gibier ne peut être traqué n’importe où et n’importe comment, le chasseur est sensé accepter les règles, le succès n’est pas garanti et le gibier peut s’enfuir puisqu’il est dans son environnement. Il en est autrement pour la chasse en enclos, j’en conviens.
En plus d’être un sport, la chasse peut s’avérer un bon moyen de contrôle. Sans la chasse, pour certaines catégories de gibier, il pourrait y avoir occasionnellement surabondance et plusieurs risques associés. Pour ceux qui suivent la saga des cerfs au parc Michel-Chartrand à Longueuil, finalement ce sera une chasse contrôlée (avec arbalète) qui permettra de réguler le trop grand nombre de bêtes. Quoiqu’en disent les détracteurs, dans un tel cas, les chasseurs donnent un coup de main à la gestion de la faune.
Nous sommes majoritairement omnivores, la viande fait encore partie de notre alimentation et les animaux sauvages sont une denrée pour plusieurs. De plus, les chasseurs achètent des permis et une bonne partie des revenus qui en découlent servent à la conservation de la faune. Malgré cela, plusieurs rebutent la chasse et pensent que ce n’est pas un sport. Ils trouvent inutile et cruel de tuer des animaux sauvages. Chacun son opinion. La chasse n’est pas le mal mais peut être mal faite.
Les chasseurs eux-mêmes remettent parfois en doute le caractère sportif de cette activité lorsqu’ils observent ce qui se passe autour d’eux. À voir l’attitude de plusieurs d’entre eux, nous sommes tentés de leur donner raison. En effet, le sentiment de liberté que donne la vie en nature à certains
adeptes les amènent à déroger des règles, à se croire tout permis et à n’en faire qu’à leur tête. La forêt est parfois le dernier refuge des délinquants; pour eux il n’y a plus de règlements, de morale et de respect. Les pratiques antisportives sont nombreuses. L’appropriation de parties de territoires publics pour la chasse au gros gibier est sans doute la plus grave; ce n’est pas recommandé d’aller dans « le trou de chasse » de certains au plus fort de la période de récolte. De plus, sous l’effet de l’alcool, leurs comportements sont parfois comparables aux bêtes qu’ils traquent … À cela s’ajoute d’autres aspects découlant de la pratique de la chasse comme les détritus laissés en forêt, l’abattage de bois de chauffage sans permis, le gaspillage de
venaison et l’intimidation entre chasseurs. La plupart des chasseurs ne sont pas comme ça, heureusement.
À mon avis, la chasse peut être un sport noble. Comment? D’abord, il y a le respect des règles établies et ce même si vous êtes loin en forêt, à des dizaines de kilomètres, où la tentation de s’y soustraire est forte. C’est une question d’intégrité. Ensuite, le chasseur sportif s’assure qu’il est en mesure d’abattre son gibier rapidement pour lui éviter des souffrances inutiles. Le cas échéant, il demande la permission au propriétaire avant de circuler sur une terre privée. Enfin, si le succès lui sourit, il pense à partager sa récolte en faisant un don à une banque alimentaire.
Peut-être que les moeurs changeront. Peut-être qu’un jour notre vision de la chasse sportive ne sera plus la même et que cette tradition sera rompue. Peut-être que les êtres humains reconnaîtront des droits aux animaux sauvages et que les tuer pour se nourrir sera une violation de leur statut. Qui sait?
D’ici là, il est possible de poursuivre cette activité de prélèvement et de le faire en adoptant un comportement éthique.
Bonne saison de chasse si cela vous concerne!
(1) Source : Recensement 2017 du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs.
(2) Source : Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs.

La Gaspésie compte sur une densité moyenne de presque neuf orignaux aux 10 kilomètres carrés. Photo : Marielle Guay
MARIA | La Gaspésie et la baignade en eau libre vont bien ensemble; des centaines de kilomètres de littoral, des baies invitantes, des rivières, des lacs, etc. Chacun a son endroit préféré, parfois son petit coin secret, qu’il partage avec amis et connaissances.
C’est dans la tradition gaspésienne de se baigner à la plage ou à la rivière ou sur un quelconque site riverain1 lorsque la chaleur estivale se fait sentir. Si l’on se fie aux prévisions des experts, les chaleurs extrêmes, une conséquence des changements climatiques, iront en augmentant dans les prochaines décennies. Comme quoi la tradition devrait se poursuivre, voire aller en augmentant.
Mais, qui dit baignade dit, malheureusement, risque d’accidents et de noyades. Au Québec, malgré la prévention, on en dénombre encore chaque année un trop grand nombre. En 2021, la Société de sauvetage a recensé au Québec 81 noyades (données non officielles) comparativement à 95 en 2020 pour toutes les activités aquatiques et non seulement pour la baignade. La baignade n’a pas fait de victime au cours de cette période en Gaspésie.
D’une part, il est impensable qu’en Gaspésie, on ne mette pas le pied à l’eau lors de canicules et d’autre part, il faut garder en tête que la baignade est une activité à risque. De surcroît, bien des sites gaspésiens sont situés dans un milieu océanique, un environnement que l’on ne doit pas sous-estimer, ce qui en rajoute une couche sur les dangers potentiels.
Dans un monde idéal, tous les endroits qui incitent à la baignade devraient être aménagés en conséquence et surveillés. La loi est claire. Un site promu pour la baignade doit respecter plusieurs normes dont l’aménagement d’une zone de baignade avec un poste de surveillance et des bouées, l’embauche d’un surveillant sauveteur, la disposition de règlements bien en vue et le contrôle de la qualité de l’eau de baignade.
Mais ça, c’est la théorie. Dans la réalité, il existe peu de sites riverains conformes à la loi en Gaspésie; on en compte que quatre actuellement! Les exploitants (municipalités, organismes, etc.) préfèrent se soustraire à la loi en indiquant « baignade interdite » ou « plage non surveillée » à l’entrée des sites qu’ils exploitent. La difficulté de recrutement de surveillants sauveteurs et les mauvaises expériences pour les résultats de contrôle de l’eau de baignade sont sans doute les principales raisons qui en ont fait abdiquer plusieurs. En conséquence, il ne faut pas se surprendre de voir autant de ces écriteaux de restrictions dans un grand nombre d’endroits invitants pour la baignade, même si ça peut paraître paradoxal dans une région touristique et balnéaire comme la nôtre.
Toutefois, l’exploitant d’un site riverain devrait prendre conscience que la pose d’un simple écriteau ne le déresponsabilise pas complètement, du moins pas sur le plan moral. Conséquemment, un exploitant responsable placera bien en vue, aux limites du site, à l’intention des usagers, un ensemble d’informations concernant les risques de dangers, les règlements locaux, les numéros en cas d’urgence et autres. À cet effet, le guide de l’Unité régionale loisir et sport Gaspésie-Îles-de-la Madeleine2 s’avère une très bonne référence à l’intention des exploitants. Et comme le dit ce guide, le but est de « prévenir les risques qui sont raisonnablement prévisibles et agir de façon prudente et diligente ».

Il existe peu de sites riverains conformes à la loi en Gaspésie; on en compte que quatre actuellement. Photo : Gilles Gagné
Alors, on se baigne ou on ne se baigne pas ?
Oui, on peut se baigner de façon sécuritaire en Gaspésie, mais pas n’importe où et pas n’importe comment. On l’entend souvent, la sécurité c’est une responsabilité partagée. Toutes les meilleures intentions des exploitants ne pourraient remplacer les bons comportements des baigneurs. N’oubliez jamais que la rivière, le lac, la mer et l’océan ne sont pas une piscine. Ce sont des milieux naturels qui peuvent être sournois. Et vous n’êtes pas seuls, vous devrez cohabiter avec plusieurs autres usagers qui s’adonnent eux aussi à différentes activités aquatiques.
Aux baigneurs : fréquentez des lieux publics aménagés et s’ils ne sont pas surveillés, assurez-vous qu’une signalisation adéquate s’y trouve. Portez votre veste de flottaison individuelle lors de vos activités nautiques. Idéalement, la baignade devrait se faire en groupe et au moins une personne devrait avoir un moyen de communication à sa portée. Aussi, suivre les recommandations indiquées par l’exploitant, prendre en compte les particularités du site et les conditions météorologiques.
Enfin, est-il nécessaire de le répéter, l’alcool et la baignade ne font pas un bon cocktail…
Aux parents : en plus de ce qui précède, inscrire vos enfants en bas âge à des cours de natation est certainement une bonne manière de les familiariser avec cet environnement parfois impressionnant et d’assurer leur sécurité. Voilà autant de conseils qui, s’ils sont mis en application, maximisent vos chances de pratiquer votre activité sans drame.
Quand tout va bien, tout va bien. Il suffit d’un incident malheureux, résultat d’un exploitant négligent ou d’un baigneur distrait ou un peu trop audacieux pour que tout bascule. N’attendons pas qu’un coroner fasse enquête et constate de graves lacunes dans la façon dont nous gérons nos sites riverains.
Que vous y alliez pour vous mettre l’orteil à l’eau, vous rafraîchir le corps, vous immerger partiellement ou complètement, profitez de nos sites riverains en toute sécurité et bonne baignade !
(1) Sites riverains : plage aménagée, plage municipale, site récréotouristique, etc.
(2) Affichage et sécurité sur les sites riverains : démarche, outils et pratiques inspirantes. Unité régionale loisir et sport Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine (2021).
https://www.urlsgim.com/services-guide-et-outils-plages-et-sitesriverains
MARIA | Il y a l’or noir : le pétrole. Il y a l’or blond : le sirop d’érable. Et si en Gaspésie, nous possédions l’or vert : le plein air?
Notre territoire possède une immense mine à ciel ouvert qui regorge d’une fabuleuse ressource, le plein air. En partie inexploitée, cette ressource est peut-être le véritable joyau sur lequel nous devrions davantage miser pour divertir nos résidents, attirer des touristes, des jeunes et des familles. Nous avons, tout autour de nous ou encore à proximité, un vaste terrain de jeux avec d’incroyables possibilités d’activités extérieures. Peut-être que nous ne le voyons plus? Peut-être que nous sommes trop proche de l’arbre pour voir la forêt?
Mais qu’entend-on au juste par activités de plein air? Généralement on les définit comme étant des activités et des sports de loisir pratiqués à l’extérieur, dans un espace vert ou dans la nature. La liste est longue. En été, on compte la randonnée pédestre, le vélo de montagne, le canot, le kayak, la planche à pagaie et en hiver, le ski de fond, la raquette, le ski hors-piste, la marche sur neige battue, etc. On dénombre au Québec des dizaines d’activités de plein air parmi lesquelles un bon nombre sont pratiquées en Gaspésie.
Oui, mais il y a déjà beaucoup d’activités extérieures que nous pouvons pratiquer vous me direz, et c’est sans compter les parcs gouvernementaux en région… Vous avez raison, mais si on visait encore plus haut, si on se donnait plus de moyens pour tirer profit de cette ressource omniprésente? Il est possible de rendre nos localités encore plus attrayantes avec l’aide du plein air. Partons du principe qu’il y a encore de la place…
Est-il nécessaire de rappeler tous les bienfaits que nous procurent ces activités? En plus de nous rapprocher de la nature, elles améliorent la condition physique, réduisent le stress et nous rendent plus zen! De plus, le plein air sensibilise à la préservation de l’environnement en éveillant les consciences. Avec le vieillissement de la population, il s’avère une excellente avenue quand il s’agit de garder les aînés actifs en leur proposant différentes activités adaptées à leur condition.
La pratique du plein air est en progression depuis plusieurs années. Ne l’oublions pas, il est accessible, relativement peu coûteux, se pratique seul ou en groupe, il permet de découvrir de nouveaux sites, il entraîne des retombées économiques et enfin, il s’avère une alternative plus qu’intéressante lorsque d’autres activités sont annulées, comme nous l’avons constaté au cours de la pandémie. Au cours des deux dernières années, par habitude ou par défaut, les gens se sont littéralement tournés vers le plein air, qui a été une véritable bouée de sauvetage pour maintenir leur santé physique et mentale.
La proximité est un facteur déterminant pour ce qui est de la pratique du plein air. En effet, il est démontré que plus une personne a accès à des réseaux comme des pistes cyclables ou des sentiers pédestres, plus elle est susceptible d’en faire. On parle de plus en plus de plein air de proximité, une notion qui réfère à l’existence de lieux de pratique au coeur même des villes et des villages. À titre d’exemple, un sentier de marche pourrait être aménagé dans un milieu naturel, pour relier les principales zones d’habitation à l’école, aux principaux lieux de travail ou de loisirs. Le plein air pour tous, toute l’année et tout proche!

Le plein air prend tranquillement la place qui lui revient. Son développement à Murdochville n’est-il pas un exemple éloquent des possibilités offertes par le plein air pour, entre autres, relancer l’économie, se questionne le chroniqueur. Photo : Jean-Philippe Thibault
Développer le plein air, un pas à la fois …
Au cours de la dernière décennie, plusieurs beaux projets ont été développés en Gaspésie. Autant l’hiver que l’été, on a vu naître des sentiers de vélo de montagne, des pistes de ski de montagne, des réseaux de sentiers pédestres, etc. On le voit, le plein air prend tranquillement la place qui lui revient. Son développement à Murdochville n’est-il pas un exemple éloquent des possibilités offertes par le plein air pour, entre autres, relancer l’économie locale?
Encore faut-il être conscient que tout cela a un coût. Les sentiers et les sites de plein air requièrent des investissements et pour assurer leur longévité; il est nécessaire de les maintenir en bon ordre et de prévoir les budgets nécessaires. Hors de tout doute, c’est un investissement qui vaut le coût. Et ce n’est pas tout, les aménagements qui se démarquent sont ceux qui représentent un véritable intérêt, qui sont empreints d’animation, dont les impacts sur l’environnement sont réduits et qui encouragent des pratiques chères aux amateurs.
Enfin, la question qui se pose est, peut-on en faire plus en Gaspésie avec le plein air? Pouvons-nous tirer davantage profit de cette ressource qui caractérise notre région? Quand pourrons-nous (en vélo, à la marche, en ski de fond!) se rendre au travail, à l’école, faire ses emplettes ou simplement se promener sur des sentiers aménagés au coeur même de nos communautés, sécuritaires et accessibles été comme hiver, comme cela se fait à bien des endroits dans le monde? À quand des réseaux de sentiers multiusages reliant plusieurs municipalités? Les élus locaux et régionaux peuvent-ils inclure davantage le plein air dans leurs discours? Aurions-nous avantage à investir moins dans des équipements de loisirs coûteux à construire et à entretenir et plus dans les sentiers et les sites de plein air? À quand un Petit train du Nord en Gaspésie? Oui nous vivons dans une formidable région, aux attraits extraordinaires, avec un potentiel lié au plein air qui, à mon avis, pourrait être davantage développé.
Passez une bonne saison estivale, profitez de ce qui vous entoure et faites de belles découvertes!
Certains sports motorisés, la chasse et la pêche sportives ainsi que quelques autres activités, bien qu’elles puissent s’apparenter à des activités de plein air dans certains cas, n’ont pas été traités dans cette chronique.
Respect de la vie privée