Robert fait ce travail depuis plus de 25 ans. Il n’a jamais manqué une année sauf la dernière alors que sa Nicole était gravement malade. Il s’est dit profondément déçu auprès des organisateurs de ne pouvoir y être, mais qu’il devait rester en permanence auprès de sa douce. C’est vous dire à quel point il prend ça à coeur.
Certains soirs, il explique, avec un ton résigné, que ses partenaires de stationnement sont plus nombreux au début qu’à la fin. Il se retrouve souvent seul pour fermer la barrière comme il dit… Mais, pour Robert, ce n’est pas grave. Il comprend que ses acolytes veuillent, eux aussi, prendre part à la fête. Allez-y qu’il dit, je veille au grain! Il trouve une plus grande satisfaction dans l’accomplissement de son travail bénévole que de fêter comme tout le monde; il est comme ça. C’est une personne serviable, dévouée et discrète, un bénévole dans l’ombre comme il y en a des milliers et des milliers.
Quand on lui demande s’il fera ça encore longtemps, il répond aussi longtemps qu’il le pourra! Il dit à la blague qu’il aimerait bien initier un adjoint pour le futur, mais que le poste est toujours en affichage! Il dit aussi qu’il fait ça pour sa Nicole qui, dorénavant veille sur lui de là-haut; il est sûr qu’elle serait bien fière de son homme…
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Oui, des Robert ça existe, il y en a encore! Du 24 au 30 avril, ce sera la Semaine de l’action bénévole, une belle occasion pour souligner tout le travail bénévole qui se fait dans nos communautés. Qu’ils soient intervenants auprès des personnes dans le besoin, administrateurs bénévoles dans un organisme, collecteurs, entraîneurs, etc., ils sont là, ils nous entourent, ils vivifient notre entourage. Et comme le dit le dicton populaire, ce sont souvent des gens qui travaillent dans l’ombre et qui en sortent brûlés!
Mais comment définir le bénévolat? Généralement, on parle de quelqu’un qui donne volontairement et sans rémunération de son temps ou de ses capacités pour une personne, une cause ou une organisation. Le bénévolat, c’est un geste gratuit qui vient du coeur.
Les bienfaits du bénévolat sont nombreux : se sentir utile, augmenter son estime de soi, sa confiance, se faire connaître, avoir une meilleure santé physique et mentale, créer des contacts, bref, être globalement plus heureux!
On entend souvent que le bénévolat est en diminution depuis quelques années. Je ne crois pas; j’ose croire qu’il se transforme. Il faut éviter les préjugés envers la nouvelle génération simplement parce que certains secteurs traditionnels se vident de leurs bénévoles. L’engagement communautaire se fera à d’autres niveaux, dans de nouveaux secteurs et de façons différentes. Le bénévolat a un avenir, il n’est pas une mode. Il fait partie de la nature humaine.
Dans toutes les organisations communautaires, il y a les bénévoles et le responsable du recrutement des bénévoles, souvent lui-même un de ceux-là. Il a une tâche supplémentaire, celle de recruter et de motiver d’autres volontaires! Jouer ce rôle demande des connaissances et du doigté. Le bénévole potentiel, que tous s’arrachent, a ses exigences et ses particularités. Il veut agir pour une cause qui lui tient à coeur, avoir confiance en l’organisation, veut bien connaître sa fonction, être écouté, être reconnu et remercié. Ça ressemble à de la gestion de ressources humaines vous me direz? C’est tout comme, le service de la paye en moins!
Vous vous en doutez, les bénévoles ont des responsabilités mais ils ont aussi des droits. Les bénévoles s’engagent à faire leurs tâches avec efficacité alors que les organismes qui les reçoivent doivent mettre en place des moyens pour les soutenir. Il existe même le Code canadien du bénévolat (benevoles.ca) ou le Cadre éthique pour bénévoles et organisations de bénévoles (bel.uqtr.ca). Faire du bénévolat ne veut pas dire avoir le droit de le faire tout croche.
Ils sont certainement des milliers en Gaspésie, de nature généreuse, portés vers la solidarité et l’entraide. Il est pensable que les bénévoles gaspésiens se classent en haut du palmarès des régions les plus actives à ce niveau!
L’histoire nous démontre que la Gaspésie, s’il le faut, peut à l’occasion se mobiliser pour aider d’autres régions du Québec. Pensons seulement à l’élan de solidarité offert en 1998 à l’occasion de la crise du verglas. En plus d’être accueillante, débrouillarde et résiliente, peut-être que la population gaspésienne a aussi dans son ADN une propension accrue pour le bénévolat?
Continuons à être actif bénévolement. Ne manquez pas les occasions de rendre service, gardez l’oeil ouvert pour saisir toutes les possibilités autour de vous. Et attention, faire du bénévolat pourrait vous faire du bien!
Encore une fois, merci à tous les Robert et bonne Semaine de l’action bénévole!
NOTE DE L’AUTEUR
Le texte qui apparaît dans la première partie de cette chronique m’a été inspiré par un bénévole qui a existé. Dans ma jeunesse, nous allions à l’aréna de New Richmond et à chaque fois, il y avait ce valeureux monsieur qui, beau temps, mauvais temps, arborant fièrement ses brassards, oeuvrait au sein des préposés au stationnement. Je me souviens qu’un soir, il était à son poste par une pluie battante. Cette image m’est restée en tête et a certainement grandement influencé tout le respect que j’ai pour ces personnes dévouées.
Le froid hivernal nous rappelle que l’été est encore loin. Pourtant, pour les gestionnaires des camps de jour, il est temps de se mettre à la tâche pour être fin prêts lorsque les jeunes « campeurs » arriveront après la fin des classes.
Contrairement à un camp de vacances ou un camp spécialisé, un camp de jour est une activité locale offerte par une municipalité, un organisme sans but lucratif ou encore plus rarement par une entreprise privée. On y offre généralement un programme d’activités variées comme des jeux de groupe, des activités de sport ou de plein air, des activités socioculturelles, des sorties, etc. Sauf exception, le campeur assure son transport, apporte son repas et il ne couche pas sur place. La plupart des camps offrent un service de garde en début et en fin de journée.
Au Québec, on estime qu’environ 200 000 jeunes prennent la route des camps de jour chaque été alors qu’en Gaspésie, on en dénombre approximativement 1200. Mais voilà que tout n’est pas rose au pays des camps de jour… Depuis plusieurs années, les responsables font face à plusieurs problèmes, le plus criant étant sans doute la difficulté de recruter de la main-d’oeuvre étudiante qualifiée et parfois, même de la main-d’oeuvre tout court. Il faut admettre que la tâche de moniteur n’est pas de tout repos.
Dans bien des cas, les employeurs embauchent par défaut, des étudiants de plus en plus jeunes, sans expérience, sans formation et disons-le franchement, trop souvent, sans toute la maturité qui incombe à une telle responsabilité. Beaucoup d’étudiants, en particulier les garçons, vont ailleurs pour une tâche moins exigeante, un salaire plus élevé et de meilleures conditions de travail.
Au fil des ans, le pallier provincial a mis en place une formation standardisée, le DAFA pour Diplôme d’aptitudes à la fonction d’animateur. C’est une amélioration en ce qui a trait à la formation mais la trentaine d’heures qu’elle dure ne peut en général pallier les autres carences attribuables au fait que le camp de jour repose presqu’uniquement sur du personnel étudiant.
N’allez pas croire que toutes les difficultés vécues durant la période de septembre à juin, que ce soit à l’école ou ailleurs, disparaissent une fois l’été arrivé. Ce sont les mêmes jeunes dans un environnement différent. Il faut en parler aux professeurs, aux éducateurs, aux intervenants jeunesse pour mieux comprendre l’état de la situation. À l’école, il arrive qu’une équipe (enseignant, éducateur, orthopédagogue, etc.) prenne en charge un jeune avec des besoins particuliers. Au contraire, au camp de jour, il arrive qu’un moniteur étudiant prenne en charge une équipe de jeunes dont plusieurs ont des besoins particuliers. Bien sûr, il faut comprendre que les objectifs sont différents d’un contexte à l’autre, mais le jeune, lui, demeure le même.
Même si c’est en été, prendre en charge un jeune, assurer sa sécurité, le divertir, lui faire vivre des expériences enrichissantes, lui offrir des services adaptés à ses besoins, n’est pas plus facile. Les moniteurs étudiants font ce qu’ils peuvent et souvent, ils accomplissent des prouesses. C’est sans compter que les parents, et c’est compréhensible, s’attendent bien souvent à des services qui se rapprochent de ceux offerts dans un centre de la petite enfance (CPE) ou dans un service de garde en milieu scolaire. Il faut dire qu’aucune loi n’encadre les camps de
jour ou de vacances au Québec. Toutefois, les camps peuvent recevoir une certification au sein de l’Association des camps du Québec (ACQ), en respectant certains critères de qualité et de sécurité.
Bizarrement, un enfant de 0 à 5 ans qui fréquente un CPE ou un autre, de 5 à 12 ans, qui lui fréquente un service de garde en milieu scolaire, reçoit l’aide de l’état par le biais de son institution. Par contre, un enfant de 5 à 12 ans qui fréquente le camp de jour en période estivale n’en reçoit pas ou presque! Les gestionnaires de camps de jour comme les municipalités et les organismes sans but lucratif doivent se débrouiller avec leurs propres moyens. Est-ce à dire qu’aux yeux de l’État, cet enfant compte moins en été? Que les communautés doivent se débrouiller par elles-mêmes pour offrir des services accessibles, de bonne qualité et à prix modique? J’en déduis que l’État accorde une importance variable à un enfant selon la période de l’année.
Il faut bien se rendre à l’évidence que pour assurer la pérennité des camps de jour, il faudra changer des façons de faire. Rajouter plus de ressources humaines et plus de financement, de la part de l’État notamment. Plus de personnel qualifié, plus d’adultes formés et expérimentés comme responsables sur le terrain. Sans exclure les étudiants à qui on pourrait offrir un meilleur encadrement et de meilleures conditions de travail.
Les camps de jour sont des activités quelque peu banalisées car après tout l’été, c’est les vacances, on relâche! Laissons donc nos jeunes, si précieux, sous la responsabilité de moniteurs étudiants qui font leur possible, avec les moyens du bord, tout en souhaitant un service en continuum de ce qui se fait le reste de l’année. Tout n’est pas sombre. Mais si on prenait conscience de l’importance de ce service en été si on se donnait les moyens d’offrir des camps de jour de meilleure qualité et si on mettait en place un cadre de fonctionnement plus uniforme pour tous les camps, plus connecté aussi avec les autres institutions, nos jeunes en seraient les premiers bénéficiaires.
En espérant que ça change bientôt, bon camp quand même!
Photo : Jean-Philippe Thibault
Au cours des dernières années, plusieurs municipalités gaspésiennes ont restauré ou remplacé à grands frais leurs arénas, ou patinoires couvertes, alors que d’autres s’apprêtent à le faire. La question qui se pose : avons-nous trop d’arénas dans notre région, compte tenu de la population et des usages? La réponse n’est pas si simple.
D’abord, il y a la démographie. La diminution de la population, ainsi que son vieillissement, n’augurent rien de bon pour des équipements de loisir dits lourds comme les arénas. Ces tendances devront être prises en compte comme un facteur majeur dans l’exercice de planification pour la réparation ou le remplacement de ces équipements.
On peut invoquer toutes sortes de raisons pour vouloir conserver son aréna (vouloir attirer des jeunes familles, dynamiser le milieu, accroître le sentiment d’appartenance, et le reste) mais on ne peut faire abstraction de la démographie régionale; moins de monde, moins d’utilisateurs, moins de revenus. Comparativement à d’autres territoires du Québec, nous avons en région un nombre d’habitants par aréna qui est faible. Alors qu’en ville on peut compter un aréna par tranche de 10 000, 25 000 ou même 50 000 personnes, ici, on peut parler de moins de 5 000 personnes par aréna pour certaines sous-régions gaspésiennes.
Évidemment, les particularités du territoire, avec des municipalités et villes dispersées autour de la péninsule sur de longues distances, font en sorte qu’un usager n’est pas intéressé de faire 100 kilomètres pour pratiquer son activité sportive et que chacun veut son aréna le plus près possible de son domicile. On peut comprendre. S’il y avait moins d’arénas, personne ne serait susceptible de s’y rendre à 6 h ou 22 h, même si c’est courant en ville. Tout le monde veut les meilleures heures, les meilleures journées.
Il y a ensuite l’offre des activités de loisirs. Celle-ci s’est considérablement développée au cours des années et les sports pratiqués à l’aréna font face à plus de concurrence de nos jours. Sports de gymnase, sports aquatiques, sports de glisse et activités de plein air sont toutes des possibilités que les clientèles peuvent s’offrir maintenant, comparativement aux générations précédentes. On est loin de l’époque où toute la famille ou presque fréquentait l’aréna. De plus, même si le hockey occupe encore une place importante dans le coeur des Gaspésiens, ce n’est pas une raison pour maintenir des arénas à tout prix. Il faut voir plus loin; un aréna est là pour plusieurs décennies.
Ces tendances, la baisse de la population, son vieillissement, ainsi que la concurrence des autres activités devront être considérées comme des facteurs majeurs dans l’exercice de planification pour la réparation ou le remplacement de ces équipements.
Comme la plupart des équipements de loisir public, les arénas sont déficitaires. Cependant, dans leurs cas, les montants sont beaucoup plus substantiels. Est-ce que les municipalités et villes pourront encore longtemps éponger des déficits d’exploitation de 200 000$ ou 300 000$ par année et parfois même plus pour maintenir ouverts leurs arénas? On peut faire toute une panoplie d’activités de loisir avec tout cet argent.
Aussi, à défaut de rentabilité financière, les dirigeants doivent fournir tous les efforts pour rentabiliser socialement leurs arénas en s’assurant qu’un maximum d’activités s’y tiennent. À cet effet, des communautés s’en tirent mieux que d’autres avec des taux d’occupation respectables et une bonne diversité d’activités presque toute l’année.
Si c’était à refaire, si on pouvait retourner dans le temps et que la région faisait un vrai exercice de planification pour la dispersion des arénas sur le territoire, est-ce qu’il y en aurait autant? Aux mêmes endroits? Construits de la même façon, avec les mêmes caractéristiques et les mêmes usages? Avec une forte dose de courage politique et de concertation régionale, il est pensable que le portrait des arénas dans notre région serait différent.
Études d’avant-projet, consensus régional ou sous-régionaux, ententes intermunicipales avant la construction et non après; toutes ces actions stratégiques auraient pu changer le paysage gaspésien des arénas. Peut-on parler d’un rendez-vous manqué? C’est bien beau les subventions, mais elles sont accordées pour la construction et non pas pour le fonctionnement des arénas, qui reposent sur le pouvoir de taxation des municipalités, des tarifs aux usagers, des commanditaires et autres sources de revenus.
Je n’ai rien inventé, j’ai souvent entendu cette expression; sommes-nous en train de construire les églises de demain en parlant des arénas? L’avenir nous le dira… D’ici là, ce serait bien que ceux qui ont à régler leurs dossiers de réparation ou de remplacement de leurs arénas s’appuient sur des décisions réfléchies, rationnelles et durables.

Respect de la vie privée