Québec choisit d’aider l’entreprise par le biais d’Investissement Québec, sous la forme de participation en capital-actions. « On veut être associés directement au projet, a fait savoir le député de Gaspé et ministre responsable de la Gaspésie, Gaétan Lelièvre. C’est une formule très intéressante pour la région. »
Finalisation de l’usine
Avec ces 10 millions de dollars qui s’ajoutent aux 4 millions consentis par le gouvernement du Canada, l’entreprise montréalaise pourra finaliser la construction de son usine d’alumine de haute pureté de Cap-Chat. « L’aide financière du gouvernement du Québec est très importante pour finir la course vers la commercialisation et pour financer l’achat du calcinateur, qui est la pièce maîtresse de l’usine », s’enthousiasme Glenn Kelly d’Orbite. Pour le nouveau président et chef de la direction, Orbite tourne maintenant la page sur les soucis financiers qu’elle a connus au cours des derniers mois. L’usine de Cap-Chat aura coûté, au final, 105 millions de dollars.
Dès le début de l’été, 25 nouveaux emplois devraient être créés. « Ce sont des emplois très qualifiés, soit des mécaniciens, techniciens en instrumentation ou techniciens en procédé », précise M. Kelly. L’objectif de production d’alumine de haute pureté de l’usine est fixé à trois tonnes par jour. En 2015, elle devrait s’accroître à cinq tonnes.
Marché prometteur
Selon le président et chef de la direction d’Orbite, le marché de l’alumine de haute pureté est petit, mais prospère. « La production de Cap-Chat va représenter 5 % du marché mondial et ce marché-là augmente », mentionne M. Kelly.
« Le saphir du futur », dont seront de plus en plus fabriqués les écrans de téléphones intelligents et de téléviseurs D.E.L. incassables, est composé, en partie, d’alumine de haute pureté. « Le produit se distingue par sa qualité, soutient M. Kelly. Ici, on peut produire une alumine à 99,99 % pure. »
Selon le ministre Lelièvre, cette annonce n’est pas électoraliste, même s’il ne peut s’empêcher de confirmer que les rumeurs d’élections puissent y avoir mis de la pression. « C’est un dossier sur lequel je travaillais depuis septembre, indique-t-il. Le préfet et le maire de Cap-Chat m’interpelaient régulièrement. Si les élections ont pu activer cette annonce-là, j’en suis encore plus heureux. »
Il prend le relais de son collègue André Bellavance, qui est député de Richmond-Arthabaska. Celui-ci avait été nommé à ce poste en 2011 par l’ancien chef du parti, Daniel Paillé. « Comme André est candidat à la chefferie, il souhaitait se retirer, explique le nouveau leader parlementaire. De toute façon, c’est un peu une règle informelle dans tous les partis. Quand on sollicite un mandat tel que la chefferie, on ne garde pas ses fonctions parlementaires. »
Jean-François Fortin occupera ces fonctions pendant toute la durée de la campagne à la chefferie, qui devrait débuter au lendemain des élections provinciales. « On ne veut pas qu’il y ait d’interférence ou de distraction de l’un ou de l’autre, fait-il valoir. Le nouveau chef qui sera choisi par nos membres aura ensuite le loisir de choisir le leader parlementaire. »
Un beau défi
Pour Jean-François Fortin, le rôle de leader parlementaire représente un beau défi. « Ça me permet d’utiliser toutes les facettes de ma personnalité, autant la diplomatie que la négociation, l’analyse et la stratégie qui est utile pour les tours de parole, les prises de position, le dialogue et mon petit côté pédagogue, estime-t-il. C’est un travail qui se fait en collégialité. C’est super intéressant parce que le leader parlementaire est au cœur de l’action, de la négociation et du dialogue. Je suis la personne qui s’assure de cette concordance avec les autres partis et avec toute l’équipe en place. »
D’ailleurs, le leader parlementaire remplit le rôle de stratège ainsi que de conseiller en matière d’analyse et de suivi des travaux parlementaires. « Son travail est en lien avec la stratégie décisionnelle et la position que le parti va adopter sur les projets de loi qui sont présentés, sur les négociations avec les autres partis, sur les procédures parlementaires et sur le déroulement des séances à la Chambre, décrit M. Fortin. C’est aussi d’être capable d’informer tous les parlementaires et leur équipe à propos des sujets qui vont être débattus et sur la conduite des opérations de la Chambre. »
Parallèlement à ses tâches de leader parlementaire, le député Fortin est également responsable de l’organisation du congrès national de son parti qui se tiendra à Rimouski du 23 au 25 mai.
Les deux hommes et Cogeco Diffusion doivent répondre, au palais de justice de Québec, à une poursuite civile de 225 000 $ pour atteinte à la réputation et à la vie privée de Sandra Isabel et de sa fille, Jade Isabel-Rioux, de Sainte-Anne-des-Monts. Cette dernière avait été identifiée par plusieurs, principalement sur Facebook, comme étant l’intimidatrice de Marjorie Raymond, cette adolescente de 15 ans qui s’est donné la mort le 28 novembre 2011 à Sainte-Anne-des-Monts.
L’animateur matinal et l’ex-journaliste Carl Langelier réfutent toute forme de haine qui aurait pu causer des dommages à Jade Isabel-Rioux.
Les faits
Carl Langelier avait obtenu une entrevue par téléphone le 30 novembre 2011 avec l’adolescente et sa mère. Dix mois après la diffusion de l’entrevue, Sandra Isabel a déposé une poursuite, alléguant que sa fille Jade avait fait l’objet de commentaires accusateurs et diffamants. À quelques reprises, Sylvain Bouchard la dénommait « la petite crisse ».
Mme Isabel soutient que ces propos ont eu pour effet « d’alimenter la grogne et la rage de la population à l’égard de Jade ». Celle-ci aurait reçu des centaines de menaces, dont certaines de mort.
La défense
La défense allègue que « la rage de la communauté locale et des internautes était déjà cristallisée à l’égard de Jade, et ce, avant la diffusion des propos en litige, en raison des propres gestes et déclarations publiques de cette dernière ainsi que de la sortie publique de la mère de Marjorie ».
MM. Bouchard et Langelier affirment n’avoir rien à se reprocher face à la façon dont ils ont abordé le sujet qui était, selon eux, d’intérêt public. « Les commentaires émis lors de cette émission (…) et les autres intervenants exposaient leurs points de vue honnêtes sur le phénomène de l’intimidation chez les jeunes et ses conséquences », est-il possible de lire dans la poursuite.
Carl Langelier a toutefois reconnu qu’il n’avait pas explicitement obtenu le consentement préalable de Sandra Isabel et de sa fille avant de les enregistrer pour diffusion radiophonique.
M. Langelier a été acquitté, le 9 octobre au palais de justice de Sainte-Anne-des-Monts, d’une accusation de s’être fait passer pour un enquêteur de la Sûreté du Québec afin d’obtenir cette entrevue.
Ces quelques semaines serviront à achever deux rapports commandés par le ministère québécois des Transports visant d’une part à connaître l’ampleur des réparations à réaliser entre Matapédia et Gaspé afin de le rendre sécuritaire pendant 25 ans et d’autre part à déterminer le marché pour le transport de marchandises et de passagers entre ces deux points.
Le ministre délégué aux Régions et ministre responsable de la Gaspésie, Gaétan Lelièvre, ne veut pas confirmer catégoriquement que des fonds seront consacrés à la Société du chemin de fer de la Gaspésie (SCFG) cette année, mais il semble tout de même optimiste dans certains de ses propos.
« Ça prend des investissements, ça prend un marché. La bonne nouvelle, c’est que le marché est au rendez-vous. Si on garantit le chemin de fer pendant 25 ans, ce n’est pas une dépense, c’est un investissement », indique M. Lelièvre.
Quand le Graffici.ca lui demande s’il y aura des fonds en 2014, il répond que « c’est un gros défi; on a besoin d’une centaine de millions $ d’investissement [pour rendre le chemin de fer sécuritaire pendant un quart de siècle] », ajoute-t-il.
Il est entendu que l’État québécois ne débloquera pas en une seule année cette somme ou le montant qui sera déterminé par le rapport de Transport-Québec. Depuis le budget de 2012, ce ministère a consacré 27 millions $ au tronçon gaspésien, à raison d’une enveloppe de 17 millions $ pour deux ans en 2012, et une somme supplémentaire de 10 millions $, annoncés en grandes pompes par la première ministre Pauline Marois en mai 2013.
Toutefois, ces 10 millions $ n’ont toujours pas été versés à la SCFG, alors que Transport-Québec explique la situation par les retards dans la livraison d’études portant sur des travaux de réfection. Le résultat, c’est que trois entrepreneurs ont inscrit des hypothèques légales contre la SCFG, en raison de travaux déjà effectués sur des ponts.
De plus, Transport-Québec a décrété le 24 janvier que le trafic de passagers, stoppé par Vial Rail en août entre Matapédia et New Carlisle pour des raisons de sécurité, était aussi suspendu du point de vue du ministère. Ce même ministère avait jugé ce trafic passager sécuritaire jusque-là.
À ce sujet, Gaétan Lelièvre précise qu’une rencontre entre Transport-Québec et la SCFG le 20 février à Québec a sans doute débouché sur une volonté de mieux communiquer entre les deux parties.
« Mon objectif était de rétablir le canal de communications entre la Société de chemin de fer et Transport-Québec. Ça a été une bonne rencontre. Il y avait des ponts à rétablir (…) Mon rôle, c’est que Transport-Québec accompagne le plus possible la SCFG », dit le ministre.
Quand on lui demande s’il y a un problème de compétence à la SCFG, il répond que la firme « a fait un travail énorme. Est-ce qu’ils ont toutes les compétences pour faire le travail attendu d’eux? Probablement pas, mais ils sont de mieux en mieux outillés (…) Il y a eu des contrats accordés à des coûts de beaucoup inférieurs à ce que Transport-Québec aurait obtenu ».
Le trafic de marchandises est maintenu entre Matapédia et New Carlisle. Le principal client est de loin la scierie Temrex, de Nouvelle, avec environ 1 500 wagons de bois et de copeaux par an, parfois un peu plus. Fabrication Delta et Rail GD de New Richmond sont aussi des clients, tout comme la Coop de Caplan et l’agriculteur Sébastien Brière, deux expéditeurs de grain.
Une étude dévoilée en décembre 2010 avait situé à 93,5 millions $ la somme requise au cours des cinq années suivantes afin d’assurer la sécurité du tronçon Matapédia-Gaspé pendant une période de 25 ans.
Il a fait l’annonce mardi à New Richmond et insistant sur le caractère original du nouveau programme, dont les axes reposent sur les initiatives collectives, le développement de la transformation alimentaire, le soutien de l’amélioration des sols, l’appui à l’établissement de la relève agricole, l’amélioration des compétences et le soutien des nouveaux modèles d’entreprise.
Le programme est doté d’une enveloppe de 450 000 $ par an, pour un total de 1 350 000 $ au cours des trois prochaines années. Si la somme annuelle est inférieure à celle du précédent programme, qui bénéficiait d’une enveloppe annuelle de 1 million $, le ministre Gendron a vite précisé que « sept-huit programmes nationaux » avec des enveloppes régionales ajouteraient 1 million $ aux 450 000 $ courants, pour propulser le montant consacré à la Gaspésie et aux Îles à 1 350 000 $ annuellement.
Le ministre Gendron a notamment justifié cet investissement par le fait que le premier programme avait donné de bons résultats, et parce que le secteur bioalimentaire « est en croissance au Québec, pour la transformation, et pour les exportations. Je suis allé en Chine récemment et nos produits sont en demande là-bas, parce qu’ils sont de qualité (…) Il n’y a pas de problème de marché pour les produits du Québec », dit le ministre.
M. Gendron a aussi rappelé que la Gaspésie et les Îles-de-la-Madeleine pouvaient jouer un rôle important dans sa politique de souveraineté alimentaire.
De façon générale, trois priorités d’action supportent le nouveau programme, en l’occurrence l’amélioration de la rentabilité et de la pérennité des entreprises, l’occupation du territoire et l’établissement de la relève.
« On n’en parle pas assez, de l’agriculture dans la région. Est-ce à cause des pêches? » a pour sa part demandé le ministre régional et ministre délégué aux Régions, Gaétan Lelièvre, avant de rappeler que les retombées de l’agriculture s’établissent à 28 millions $ annuellement en Gaspésie et aux Îles, et que près de 300 entreprises y évoluent directement ou indirectement.
Le Programme régional de développement de l’agroalimentaire couvrant la période de 2006 à 2010, doté d’une enveloppe dépassant légèrement 3 millions $, avait mené à l’approbation de 138 projets, qui avaient entraîné des investissements de 19,4 millions $.
Deux ministères, celui de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, puis celui des Affaires municipales, des Régions et de l’Occupation du territoire, de même que la Conférence régionale des élus, ont uni leurs efforts pour assurer ce financement du nouveau programme.
« J’ai des inquiétudes par rapport à Glenn Kelly parce qu’il a été parachuté comme étant un sauveur, exprime le président d’Environnement Vert Plus, Bilbo Cyr. Il se ramasse à la tête de ce projet-là au moment où les élections s’en viennent et qu’on peut présumer qu’il va mouiller de l’argent sur ce projet-là. »
Le porte-parole du mouvement écologiste gaspésien n’est pas non plus rassuré que le nouveau président d’Orbite ait travaillé pour Chevron Canada Resources et Rabaska. « C’est un habitué des gros projets qui ne marchent pas tout le temps, mais qui engouffrent énormément de capital, soutient-il. On n’a qu’à penser quand il est passé à Rabaska. Ça a laissé des traces. »
Autres inquiétudes
Bilbo Cyr rappelle également que le projet d’extraction et de transformation de l’argile alumineuse d’Orbite n’a pas fait l’objet d’une révision publique indépendante. « La compagnie dit qu’elle ne dépasse pas 7 000 tonnes par jour, explique-t-il. C’est une moyenne annualisée et les chiffres sont fournis par la compagnie. C’est comme demander au renard d’aller compter les poules et de lui demander s’il en manque. »
L’environnementaliste ne s’en prend pas au type de prélèvement effectué par la minière, mais plutôt aux résidus après être passés par le processus d’acidification. Il précise que l’usine d’Orbite rejette ses égouts dans ceux de Cap-Chat qui se déversent directement dans le fleuve.
Le président d’Environnement Vert Plus est tout aussi préoccupé par la question des boues rouges d’aluminerie reliées au procédé d’Orbite. « On comprend pas trop de quelle façon ça va se faire, déplore M. Cyr. S’ils s’en vont traiter in situ, c’est une affaire. Mais si l’usine de Cap-Chat devient le centre de traitement des boues rouges des alumineries de la Côte-Nord, c’est une autre affaire. »
L’organisme exprime aussi certaines réserves par rapport à l’implication de l’entreprise russe Rusal avec qui Orbite a signé une entente. « L’activité minière en Sibérie, où est concentré le gros des activités de Rusal, n’est pas vraiment un exemple du point de vue environnemental », avance Bilbo Cyr. De plus, celui-ci rappelle que la compagnie Glencore, qui s’est engagée à acheter toute la production d’Orbite, fait partie du consortium chapeauté par Rusal.
La cause a été entendue le 20 février au palais de justice de New Carlisle. Dans sa plaidoirie, l’avocat de la municipalité, Jean-François Girard, a indiqué que l’action intentée par Gastem tendait vers une poursuite bâillon, une forme d’intimidation.
La poursuite de Gastem est venue après que la municipalité de Ristigouche-Sud-Est ait adopté il y a un an un règlement similaire à celui de Gaspé, dans le but de protéger son eau potable contre l’exploration d’hydrocarbures. Il n’y a pas de système d’aqueduc dans le village situé entre Pointe-à-la-Croix et Matapédia et toutes les résidences dépendent d’un puits.
« Il y avait d’autres recours, comme Pétrolia l’a fait contre la Ville de Gaspé (pour invalider son règlement sur la protection de l’eau). Que choisit Gastem? Une poursuite de 1,5 million $ contre une municipalité de 180 habitants, pas tous des contribuables », a indiqué l’avocat Girard.
Il a aussi indiqué au tribunal que Gastem n’avait pas conservé les droits d’exploration à Ristigouche-Sud-Est, et qu’ils ont été vendus à Pétrolia, une firme qui détenait une partie de Gastem. « Je ne pense pas que c’est à la municipalité d’assumer ces choix de Gastem », a dit l’avocat.
Me Girard s’est insurgé contre l’affirmation de son vis-à-vis, Me Alexandre Forest, quand ce dernier a prétendu que la municipalité avait démontré de la mauvaise volonté en adoptant un règlement protégeant ses sources d’eau.
« Pardon? L’essence, à la base (du rôle d’une municipalité), c’est de protéger les sources d’eau pour l’utilisation humaine et animale (…) On ne peut faire abstraction de tous les jugements de la Cour suprême recommandant aux élus: soyez proactifs. Agissez pour vos commettants », a indiqué Me Girard.
Dans sa plaidoirie, Me Forest a fait remarquer à la juge que l’indemnisation demandée par Gastem n’était pas une poursuite bâillon. Il a ajouté que le montant, 1,5 million $, semblait arriver à un chiffre juste pouvant suggérer l’inclusion de dommages exemplaires.
« Dans ce cas-ci, les dommages demandés (représentent) l’entièreté des factures, pour un montant de 1 494 699,95. C’est un montant précis », a fait valoir Me Forest, ajoutant qu’il correspondait aux démarches d’exploration réalisées par la compagnie.
« Le fait que cette municipalité n’ait que 180 habitants ne peut être imputé à la demanderesse (Gastem). Le tribunal ne peut lui reprocher de réclamer un montant justifié (…) S’il fallait mettre un plafond de dommage selon la population de la municipalité, ce serait complètement inacceptable en droit », a-t-il ajouté.
Si la juge n’accueille pas la requête en irrecevabilité de Ristigouche-Sud-Est, les deux parties ont convenu de plaider sur la poursuite de Gastem au cours des prochains mois.
Le maire de Ristigouche-Sud-Est, François Boulay, a assisté à l’audition du tribunal. Il n’était pas maire quand Gastem a intenté sa poursuite, mais il suit le dossier depuis que le président de Gastem, Raymond Savoie, s’est présenté dans sa communauté pour présenter son projet d’exploration en novembre 2011.
« J’ai fait signer 91 personnes pour protéger notre eau potable. C’est notre devoir de protéger notre eau. Il n’y a pas de plus grande richesse que notre eau. Je ne suis pas un “petit bonhomme vert”. Je suis pour le développement des ressources naturelles. Quand M. Savoie est venu en 2011, je lui ai demandé s’il ferait de la fracturation. Il n’a jamais dit qu’il ne ferait pas de fracturation », déplore le maire Boulay.
Raymond Savoie n’a pas assisté à l’audition du 20 février.
La montaison totale, pour l’ensemble des rivières gaspésiennes, a été de 13 233 saumons, ce qui équivaut à la moyenne des cinq dernières années et qui représente une augmentation de 26 % par rapport à 2012. Les captures de 2013 ont également connu une amélioration, avec un total de 976 prélèvements et de 4 802 saumons graciés.
Bonne saison sur la Sainte-Anne
« Le nombre de saumons a été bon et les pêcheurs ont bien répondu, confirme le directeur des opérations de Destination Chic-Chocs, Stéphane Cloutier, dont l’organisme est le gestionnaire de la rivière Sainte-Anne. La montaison dans cette rivière a été de 886 saumons en 2013, par rapport à 907 l’année précédente. L’été dernier, 69 salmonidés ont été capturés et 291 ont été remis à l’eau. La fréquentation en rivière a été de 1 905 jours-pêche.
“Ça a été une belle saison, même si le niveau de l’eau était bas, souligne-t-il. Ça s’annonce aussi bien pour l’été prochain puisqu’on a eu un record au niveau des tirages au sort en novembre. On est plein pour la prochaine saison!”
Les principales rivières
Du côté de la York, 1 556 salmonidés ont été recensés l’été dernier, contre 1 409 en 2012. Au cours de la dernière saison, 175 saumons ont été capturés et 174 autres graciés, ce qui est beaucoup plus qu’un an plus tôt, alors que 81 seulement avaient fait l’objet d’une remise à l’eau. Par contre, le nombre de poissons pêchés avait presque été du double, avec 380 spécimens.
La Cascapédia a vu une forte augmentation de montaison du roi des rivières avec 3 010 en 2013, alors qu’il avait été au nombre de 2 250 en 2012. Parmi eux, seulement 8 ont été prélevés lors de la dernière saison de pêche, contre un de plus l’année précédente. Par contre, 2 036 ont été remis à l’eau en 2013, ce qui est nettement supérieur à 2012, où 1 547 poissons avaient été épargnés.
La montaison a aussi augmenté dans la rivière Bonaventure, passant de 1 562 en 2012 à 2 104 en 2013. Le nombre de saumons capturés en 2012 était supérieur avec 297, contre 186 l’été dernier. Cependant, il y a eu plus de saumons remis à l’eau lors de cette saison, soit 1 064, alors qu’ils avaient été 843 en 2012.
M. Boudreault, qui occupait ces fonctions depuis six ou sept ans, agira à titre de consultant d’Orbite pendant les six prochains mois. « La démission de M. Boudreault découle d’une entente entre le conseil d’administration et lui, mentionne son successeur, Glen Kelly. Les administrateurs ont reconnu que les expertises étaient rendues à un autre niveau. Il reste disponible pour Orbite si on a des questions. »
Feuille de route
D’origine irlandaise, Glenn Kelly est né à Val-d’Or, en Abitibi. Il est titulaire d’un baccalauréat en génie civil de l’Université Queens de Kingston en Ontario et d’une maîtrise en administration des affaires (MBA) de l’Université Laval de Québec.
Il a débuté sa carrière comme ingénieur chez Chevron Canada Resources à Calgary. Il a ensuite cumulé des postes de président d’Intragaz, de Rabaska et de CO2 Solutions, avant de joindre les rangs d’Orbite, le printemps dernier, au titre de vice-président exécutif et chef de l’exploitation.
Avenir de l’usine de Cap-Chat
Pour le nouveau patron, sa nouvelle nomination n’apportera pas de changement significatif à court terme. « Les changements ont débuté avec mon arrivée en juin, précise M. Kelly. Orbite était venu me chercher pour passer de l’étape du développement technologique à l’étape de la réalisation, de la production et de la commercialisation. Je vais livrer sur les mêmes jalons. Notre focus et notre planification de travail sont très bien établis. On va continuer dans ce sens-là. »
D’ailleurs, depuis qu’Orbite a obtenu son financement et que le gouvernement fédéral lui a consenti un prêt de 4 millions de dollars, la direction poursuit la phase de l’ingénierie et sa planification de travail visant à finaliser la construction de son usine de Cap-Chat. Le nouveau président prévoit que son entreprise puisse commander, en mars, l’équipement manquant, dont la pièce maitresse est un calcinateur, au coût de 10 à 12 millions de dollars. Les travaux de construction devraient reprendre en juin, pour se terminer à la fin de cette année.
La société qui, à l’origine, s’appelait Exploration Orbite VSPA, existe depuis une trentaine d’années. La minière possède un gisement d’argile alumineuse et de terres rares entre Murdochville et Grande-Vallée. Elle exploite aussi une usine de production d’alumine de haute pureté à Cap-Chat.
À la tête d’une trentaine de personnes ayant manifesté mardi devant le bureau du député Roy à Bonaventure afin de dire « non à un état pétrolier », Bilbo Cyr et Michel Goudreau, de Tache d’huile, ont questionné la loyauté du représentant de Bonaventure à l’Assemblée nationale.
« En appuyant la décision du gouvernement Marois d’investir 115 millions $ dans l’exploration de pétrole de schiste à l’île d’Anticosti, il se fait la courroie de transmission de ce même gouvernement dans son comté, au lieu de représenter ses électeurs à l’Assemblée nationale », a indiqué M. Cyr.
Il se demande aussi comment il se fait que l’État québécois « n’a mis que quelques semaines à annoncer sa décision d’investir à Anticosti, alors que ça fait un an que la population attend de ce gouvernement un règlement sur la protection de l’eau potable ».
L’investissement du gouvernement se fera en partenariat avec les firmes Pétrolia, Junex et Corridor Resources. Il soulève le plus grand scepticisme auprès d’un expert, le docteur Marc Durand, ingénieur géologue, qui a étudié le modèle d’Anticosti pendant des années avant de conclure que l’extraction de pétrole de schiste sur cette île n’a pratiquement aucune chance d’être rentable.
La manifestation de Tache d’huile avait également pour but d’inciter la Ville de Gaspé à porter en appel un jugement rendu le 10 février par la Cour supérieure, verdict invalidant le règlement de l’administration municipale adopté en décembre 2012 et cherchant à empêcher Pétrolia de forer au puits Haldimand 4 parce qu’il est trop près des résidences, d’un puits et des installations municipales d’approvisionnement en eau.
Interrogé sur les raisons qui incitent le gouvernement québécois à ne considérer que la vallée du Saint-Laurent pour le moratoire sur l’exploration des gaz de schiste, Michel Goudreau a simplement suggéré « parce que nous sommes peu de monde en Gaspésie ».
Bilbo Cyr a rappelé qu’il était pour le moins singulier que le député Roy soit l’un des fondateurs du CIRADD, le Centre d’initiation à la recherche et d’aide au développement durable, et « qu’il se range du côté d’un gouvernement qui débloque 115 millions $ pour le pétrole à Anticosti et qui investira dans le projet polluant de cimenterie à Port-Daniel ».
Les manifestants ont reçu un appui surprise pendant leur « intervention citoyenne », alors que des étudiants de l’école François-Thibault, située en face du bureau du député, ont ouvert les fenêtres pour scander « Protégeons notre eau potable ».
Tache d’huile profitera d’une manifestation remettant en question l’engagement de l’État québécois dans le secteur pétrolier, demain à 11 heures devant l’Assemblée nationale, pour manifester de nouveau devant le bureau de Sylvain Roy, mais à Carleton, à 11h50.
Respect de la vie privée