le Mardi 22 septembre 2026

Pour M. Murphy, le Tribunal administratif du Québec (TAQ) avait déterminé qu’il devrait recevoir 28 569 $ d’Hydro-Québec, plus les intérêts courant depuis août 2012. La somme représente 20 fois plus que la première offre déposée par la société publique à la fin de 2011, et 50 fois plus que les 600 $ offerts en 2013.

 

Quant à lui, Léopold Audet devrait recevoir 12 238 $ si la décision du TAQ n’est pas éventuellement renversée par la Cour d’appel. Au début du différend, Hydro-Québec lui offrait trois fois moins, et six fois moins lors du dernier contact entre les deux parties.

 

La porte-parole d’Hydro-Québec, Catherine Bujold, a refusé de commenter le dossier, si ce n’est pour dire que la requête avait été acheminée à la Cour du Québec le 9 janvier.

 

Raynald Murphy s’attendait à une requête de la sorte d’Hydro-Québec parce qu’il est conscient que la décision du TAQ secoue les méthodes de calcul d’indemnisation d’Hydro-Québec.

 

« J’ai toujours dit que ce serait gagné quand j’aurais le chèque dans mes poches (…) Ils ne visent pas seulement moi. Ils disent que j’ai ouvert une porte, et ils veulent la fermer au plus sacrant », a indiqué ce menuisier utilisant régulièrement le bois coupé sur sa terre dans son travail.

 

Le TAQ lui a ainsi consenti 14 020 $ pour les arbres coupés, comparativement aux 200 $ d’Hydro-Québec. M. Murphy a aussi obtenu 4 500 $ pour la perte de son site de chasse au chevreuil, et 10 000 $ pour les « trouble et ennui » causés par ses démêlés contre la société publique.

 

Hydro-Québec ne reconnaît aucune valeur à sa chasse au chevreuil, allant jusqu’à contester sa participation à cette activité automnale.

 

M. Murphy note que la requête d’Hydro-Québec déposée à la Cour du Québec lui conférerait plus que les sommes offertes par la société publique il y a deux ans. « Ils me donneraient 2 500 $ pour les “troubles et ennuis” et 1 100 $ pour le bois. Est-ce qu’ils sont en train d’avouer qu’ils avaient tort devant le Tribunal administratif? Je vais poursuivre ma défense ».

 

 

Lui et son voisin sont les deux seuls citoyens du Troisième rang est à s’être opposés à l’offre d’Hydro-Québec. La cause en Cour du Québec sera entendue le 4 mars.

Les glaces qui les tiennent prisonniers empêchent toute manœuvre visant à les sortir de leur fâcheuse position. Avant les Fêtes, le propriétaire des navires de dragage, le Groupe Océan, a déposé un plan d’intervention qui a été approuvé par Transport Canada et les autorités municipales concernées.

Celui-ci prévoit sortir les barges à l’aide de gros ballons visant à les soulever au-dessus de l’eau. « Après ça, on les tirerait avec un remorqueur vers un endroit sécuritaire pour effectuer la réparation ou les analyses, ajoute le directeur des affaires publiques du Groupe Océan, Philippe Filion. On n’a pas encore déterminé de lieu. On peut même penser à une plage dans le coin, que ce soit à Mont-Louis ou au chantier maritime Verreault. »

 

« Avec le froid qui nous a pris de court, les barges sont complètement figées dans la glace, continue le porte-parole. On n’a pas de moyen de faire fondre cette glace-là. » Les manœuvres prévues sont donc reportées au printemps.

 

Pompage et évaluation des dommages

Le diesel contenu dans le réservoir du navire qui repose sur l’enrochement a complètement été pompé. Quant au bateau submergé, M. Filion assure que le reste des hydrocarbures qu’il contient devraient être retirés au cours des prochains jours.

Un examen n’a révélé aucun trou dans la coque des deux embarcations. « Sur celle qui est à l’extérieur de l’eau, l’évaluation est assez sommaire, décrit le directeur des affaires publiques. Il y a quelques bosses sur la coque et des bris à l’hélice. L’évaluation de l’autre pourra se poursuivre quand on va être capables de la sortir de l’eau. Celle-là va avoir des dommages plus importants. Elle est pleine d’eau. »

 

Inquiétudes

Pour les résidents du secteur qui s’inquiètent de la présence de ces immenses navires sur les berges, notamment ceux qui avaient dit déceler une forte odeur de pétrole, l’armateur se fait rassurant. Le Service d’intervention maritime Est du Canada (SIMEC) confirme qu’aucun déversement d’hydrocarbures n’a été constaté. 

Connue en religion sous le nom de Sr Marie-Ange, elle était d’abord partie en mission au Japon pendant 7 ans, avant de connaître les camps de concentration. Après 2 ans de détention, elle était tombée malade et avait pu être ramenée au Canada grâce à un navire américain afin de subir une intervention chirurgicale. La traversée avait duré 3 mois, pendant lesquels elle avait fait des escales aux Philippines, en Chine, en Inde, en Afrique, au Chili et au Brésil.

Son retour au pays avait duré 16 ans, avant qu’elle ne soit appelée vers la France. Un an plus tard, la religieuse avait fait un retour au Japon. Elle sera missionnaire à Tokyo pendant 17 ans. Sa carrière à l’internationale avait pris fin à Rome, en Italie, où elle a joué le rôle d’interprète du japonais au français pendant 22 ans.

Réalisation d’un rêve

Après 48 ans de missionnariat, Sr Marie-Ange avait pris sa retraite. À 84 ans, elle était alors revenue dans sa ville natale de Sainte-Anne-des-Monts, avec la fierté d’avoir réalisé son rêve d’adolescente, soit celui d’avoir fait le tour du monde.

À l’âge de 87 ans, la retraitée avait développé un nouveau talent : elle avait commencé à créer des tableaux avec des plumes d’oiseau de l’Île de Cacao, en Guyane, qu’elle avait conservées pendant plus de 40 ans. Les profits générés par la vente de ses œuvres d’art étaient versés aux enfants pauvres du Viêtnam. Le 16 juillet, Sr Laurette avait célébré son 81e anniversaire de vie religieuse.

Ses funérailles ont eu lieu le 31 décembre à la chapelle de la Maison Notre-Dame-de-la-Paix de Sainte-Anne-des-Monts.

Le livre-jeunesse relate l’histoire de David, Manu et Clara, qui mènent des enquêtes paranormales, pendant lesquelles ils découvrent des fantômes et des créatures tout aussi dangereuses que néfastes. L’aventure se joue dans une résidence de la rue des Écoliers à Cap-Chat et au centre de villégiature de Saint-Octave-de-l’Avenir.

 

Retour au fantastique

 

L’auteur n’en est pas à l’écriture de son premier livre, mais ils n’ont jamais été destinés à l’édition. Il a écrit plusieurs ouvrages liés aux études françaises et à la philosophie, dans lesquels il est formé. « Je suis revenu à ce que j’écrivais plus jeune, soit le fantastique », précise Richard Girard, originaire de Baie-Comeau, mais qui habite Cap-Chat depuis bientôt neuf ans.

« J’ai fait ce livre pour mes enfants, explique-t-il. D’ailleurs, les personnages portent leur nom. L’histoire raconte ce qu’il arriverait si la maison était hantée. David rencontre Clara et, avec Manu, de son vrai nom Emmanuel, ils tentent de la capturer. Clara a été tuée par un feu follet plusieurs décennies plus tôt. »

 

Personnages ressemblants

 

« Même si c’est fictif, les trois personnages se ressemblent dans la vraie vie, dans leur attitude et leur description physique, indique l’auteur. Ils ne sont pas parents dans le livre. Ils deviennent de grands amis. »

Les illustrations du roman sont de Laurine Spenher. « Elle n’a jamais vu mes enfants et pourtant, ils leur ressemblent beaucoup dans les illustrations », s’étonne encore M. Girard. Mme Spenher est une ancienne historienne qui se consacre maintenant à l’illustration.

Lancé à la bibliothèque municipale de Cap-Chat à l’Halloween, « Les apprentis chasseurs de fantômes » est vendu dans la plupart des librairies de la Gaspésie et peut être commandé par Internet.

Même si le budget total de New Richmond oscillera autour de 8,5 millions $, M. Dubé note que les coupes doivent être réalisées sur des dépenses de 6,5 millions $ puisque le service de la dette représente un bloc incompressible de 2 millions $.

« Le défi, c’est de couper nos dépenses. Le gouvernement québécois nous a pelleté des responsabilités qu’on n’attendait pas » aborde M. Dubé.

D’autres défis attendent son conseil. La Ville de New Richmond a cautionné la dette du Festival d’été de Québec à New Richmond, une somme de 400 000 $. « On n’est pas rendus là (à déterminer un rythme de remboursement). On négocie avec le Mouvement Desjardins. Au prochain budget, il y aura une décision prise au sujet du remboursement », note-t-il.

Ce budget devrait être présenté à la population le 27 janvier. D’autres renseignements importants seront communiqués.

« Il y aura un bilan des sociétés de la Ville », précise M. Dubé à propos de la Corporation de développement touristique, qui s’occupe du Festival d’été, de la Corporation de développement économique, qui gère le parc industriel, dont le motel industriel, et le Parc régional de la Petite-Cascapédia, qui administre le centre de ski Pin rouge.

Éric Dubé entend faire le point en toute transparence. Nicole Appleby, qui était mairesse avant lui, a souvent été réticente à dévoiler les états financiers de ces sociétés.

M. Dubé ne s’attend pas à des désastres. « La Corporation de développement touristique a déclaré un surplus de 12 000 $ à son dernier exercice », dit-il.

La Ville de New Richmond consacre 150 000 $ par an à Pin rouge, une somme qui sert à payer la part communautaire de l’expansion réalisée entre 2006 et 2011. Cette part s’établit à 2 millions $.

Le maire Dubé entend aussi présenter le 27 janvier la position du conseil au sujet d’un éventuel retour du Festival d’été. « Ce sera un festival sans lien avec celui de Québec. Le contrat est fini avec Québec », dit-il.

M. Dubé croit que la Ville de New Richmond continuera de jouer un rôle économique prépondérant dans la baie des Chaleurs, pour répondre à l’objectif de création de la richesse qu’il avait fixé en campagne électorale.

« C’est une lutte de tous les jours, pour aller chercher de nouveaux investisseurs à l’extérieur, et soutenir ceux qui sont déjà là. La partie qu’on peut faire, c’est au niveau politique, et en appuyant les entreprises avec nos démarcheurs, Guy Leblanc, à l’extérieur, et Alain Grenier localement », conclut-il.

C’est le cas des trois frères des quatre victimes du terrible phénomène naturel. Jacques, Roland et Fernand Therrien se souviennent de ce que les Tourellois appellent « le déboulis ».

« Après le souper du 11 décembre 1963, l’électricité s’est mise à manquer, raconte Fernand, qui avait, à l’époque, 23 ans. Je voyais le feu dans les poteaux. J’ai entendu parler qu’un “déboulis” venait d’arriver. Je suis allé voir. Il y avait un précipice. On m’a dit qu’il y avait un camion de tombé. J’ai tout de suite pensé à mes frères. Je les ai cherchés, mais je ne les trouvais pas. »

En peu de temps, la maison de la famille de Gérard Vallée glisse dans l’abîme et prend feu. La dizaine de personnes qui s’y trouvaient ont le temps d’évacuer. Presque en même temps, le sol argileux se dérobe sous une autre résidence, pour se retrouver à la mer. Son propriétaire, Norbert St-Laurent, dormait. « Ils sont venus le chercher dans le fleuve », se rappelle encore Fernand. La maison de Georges Pelletier subit le même sort.

« La glaise est rentrée dans le Café La Tourelle, propriété d’Alfred Ross, poursuit Jacques, qui avait 22 ans. Tout le monde a eu le temps de sortir. Le camion qui était à côté est tombé dans le cratère. »

Une auto, dans laquelle prenait place un couple, Sylvert Miville et Ghislaine Ross, verse dans le gouffre. Ils ont pu être secourus. Mais Jean-Baptiste, Raymond, Onésime et Benoit Therrien, qui circulaient en camion-benne, ont moins de chance. « Ils sont morts sous l’impact », présume le cadet de la famille Therrien, Roland. Ils étaient âgés de 20 à 32 ans.

En tout, 9 maisons seront envasées, renversées sur le toit ou déplacées de leur fondation. Par la suite, 21 autres ont dû être démolies ou déménagées.

Des manifestations se sont simultanément tenues le 26 janvier à Chandler, Gaspé et Sainte-Anne-des-Monts. À Chandler, quelque 1 500 personnes se sont rassemblées devant les bureaux de Service Canada, avant d’entamer une longue marche dans les rues de la municipalité.

À Sainte-Anne-des-Monts, plus de 400 personnes ont marché sur environ 1,5 km en partant des bureaux de Service Canada. À leur point d’arrivée, qui était devant l’église et où les portes leur étaient ouvertes, environ 350 autres personnes sont venues se joindre à eux. À Gaspé, ils étaient environ 250. Les pancartes scandaient des messages tels que « non au trou noir » et « stop Harper ».

Dans tous les cas, les manifestants ont pu compter sur le soutien d’élus, de syndicalistes, de représentants des industries forestière et de la pêche ainsi que certains employeurs affectés par les nouvelles mesures de l’assurance-emploi. « Cette réforme est un non-sens », a fait valoir le préfet de la Haute-Gaspésie, Allen Cormier, qui s’était porté candidat conservateur lors des dernières élections fédérales. Le député bloquiste Jean-François Fortin a littéralement soulevé la foule massée dans l’église de Sainte-Anne-des-Monts afin qu’ils expriment haut et fort leur indignation.

 

D’autres actions d’opposition

À la fin février, plus de 1 500 personnes ont encore une fois manifesté dans plusieurs municipalités gaspésiennes, dont à Pointe-à-la-Croix, Rivière-au-Renard, Chandler et Sainte-Anne-des-Monts.

À la fin mars, des manifestants ont intercepté les automobilistes à New Richmond. Une coalition soutenue par le député néo-démocrate Philip Toone a recueilli 25 000 signatures dénonçant la réforme. La pétition a été remise à la ministre fédérale des Travaux publics et des Services gouvernementaux, Diane Finley.

Cet arrêt a été provoqué par l’utilisation au début d’août d’une solution saline par la Société du chemin de fer de la Gaspésie, dans le but de contrer la végétation. Toutefois, cette solution a causé des dommages aux systèmes actionnant les signaux aux passages à niveau.

 

Des travaux de réparation et de nettoyage ont été effectués entre le 6 août et la fin de septembre, alors que des tests supervisés par Transport-Québec, Transport Canada et Via Rail ont indiqué que les passages à niveau fonctionnent.

 

Via Rail a toutefois profité de rencontres avec la Société du chemin de fer de la Gaspésie (SCFG) et Transport-Québec pour demander une révision complète des méthodes de gestion de la sécurité sur le tronçon gaspésien. Cette requête incluait la consultation d’une étude sur l’état des ponts entre Matapédia et New Carlisle. Via Rail n’a pas confirmé avant Noël qu’elle donnait le feu vert à la reprise du service entre ces deux points.

 

Ce transporteur national a aussi causé un émoi considérable en juillet en annonçant la fermeture partielle ou totale de 22 gares au Québec, dont six en Gaspésie. Il a aussi annoncé en septembre, en prévision d’une entrée en vigueur en octobre, de l’arrêt définitif du service d’autobus assurant la relève du train en Gaspésie.

 

Ces événements ont mené à la création en septembre de la Coalition gaspésienne pour l’avenir du train.

 

De meilleures nouvelles

 

Tout n’a cependant pas été noir pour le chemin de fer gaspésien en 2013. L’état québécois a ajouté 10 millions $ aux sommes requises pour la mise à niveau de l’emprise ferroviaire entre Matapédia et Gaspé. Il restait en outre 8 M$ des 17 M$ annoncés par Québec en mai 2012 pour ces mêmes travaux.

 

Il faut dire que la commande de mise à niveau est de taille. Une étude publiée en décembre 2011 statuait que l’axe Matapédia-Gaspé avait besoin de 93,5 M$ en cinq ans pour que la voie ferrée, surtout les ponts, réponde aux standards contemporains de transports, pour le prochain quart de siècle. Entre 65 M$ et 70 M$ restent encore à dénicher. Le gouvernement fédéral se fait attendre ici.

 

L’année 2013 a aussi été marquée par l’entrée en service le 27 juillet du train touristique Amiral. Des travaux ont notamment été réalisés entre Percé et Gaspé pour réparer trois grands ponts. Fait à noter, pour se rendre à Gaspé, l’Amiral a emprunté une section de tronçon où les trains n’avaient pas circulé depuis décembre 2011 et l’emprise, comme les ponts, a tenu le coup sans problème.

 

L’année a de plus été marquée par la consolidation de Rail GD comme réparateur de matériel ferroviaire. La compagnie a complété la livraison de voitures de passagers pour la firme Rio Tinto, elle a réalisé les travaux sur les voitures de l’Amiral, et elle a entamé en novembre des travaux pour le compte d’une importante société canadienne d’exploitation de trains touristiques.

 

La scierie de Temrex à Nouvelle constitue toujours la plus grande source de revenus de la Société du chemin de fer de la Gaspésie, en générant près de 2 000 wagons de copeaux et de bois d’œuvre par année.

 

Depuis que les passages à niveau sont de nouveau tous fonctionnels entre Matapédia et New Carlisle, la SCFG fait rouler des trains à intervalles réguliers entre ces deux points, de façon à éviter la formation de corrosion, comme celle provoquée lors de l’application d’une solution saline en août.

Une dizaine de jours après la tragédie qui a coûté la vie à 47 personnes en juillet dernier, il a été engagé comme coordonnateur de la logistique de RSR Environnement. L’entreprise de Saint-Amable, sur la rive sud de Montréal, est spécialisée en décontamination et pompage de matières dangereuses.

RSR était déjà connue dans la région de Lac-Mégantic pour avoir participé à la décontamination à la suite d’un petit déraillement survenu à Woburn. L’incident avait été causé par la même compagnie de train qui est à l’origine de la tragédie de Lac-Mégantic, soit la Montreal Maine & Atlantic (MMA).

Émotions

En arrivant sur les lieux du sinistre, le 18 juillet, Denis Piuze a été ému. « Ce qui m’a touché, c’est la grandeur de la zone dévastée, raconte-t-il. C’était impressionnant. Un wagon était planté à 25 pieds dans le sol. Ça démontrait la force de l’impact. Il y avait tous les wagons qui étaient venus frapper dedans. Il y avait un bar, à proximité du Musi-Café, qui n’a pas brûlé. Les verres de bière étaient restés là. Pour moi, c’est une expérience exceptionnelle dans ma carrière. »

Pour l’Annemontois, cela représentait tout un défi de carrière puisque RSR Environnement devait subitement gérer une croissance de ses activités qui se retrouvaient multipliés par dix. Avec les sous-traitants, l’équipe comptait 250 travailleurs. « RSR est une petite compagnie qui peut faire 500 000 dollars par mois de chiffre d’affaires, compare Denis Piuze. Au plus fort des travaux de pompage et de nettoyage de Lac-Mégantic, on pouvait parler de 350 000 à 500 000 dollars par jour! »

Intervention délicate

En arrivant sur les lieux du sinistre, l’équipe s’est affairée au pompage pour procéder au démantèlement des wagons, puis au nettoyage au jet d’eau. « Les wagons ont été coupés et déchiquetés pour la récupération du métal », décrit M. Piuze.

« Il a fallu poser des estacades, continue-t-il. Le sol et les sous-sols des maisons étaient gorgés de pétrole. Il a fallu pomper les égouts pour éviter les déversements. Dans deux à trois pieds d’eau et de pétrole, les enquêteurs en identité judiciaire nous demandaient de décontaminer pour faire leur recherche. »

Même si l’incendie était contrôlé, l’inquiétude résidait surtout, pour M. Piuze et son équipe, dans les risques d’intoxication. « Le danger était surtout à cause des vapeurs de benzène, indique-t-il. Des machines travaillaient à longueur de journée sur la détection et avertissaient les travailleurs. Quand la quantité était trop élevée, on attendait que ça se dissipe. »

« C’est un roman-jeunesse qui s’adresse à tout le monde, décrit l’écrivaine née à Loretteville, près de Québec, mais qui a grandi à Saint-Jogues dès l’âge de 4 ans et qui habite maintenant Paspébiac. Ce sont les anecdotes d’une jeune Gaspésienne. On la suit dans ses aventures rocambolesques, ses déménagements, le divorce de ses parents… C’est inspiré de plein de faits qui me sont arrivés à moi ou à des gens que je connais. »

L’histoire

L’héroïne, Donovane « Dou » Monroe, est une adolescente de 14 ans issue d’une mère francophone et d’un père anglophone. « Je voulais représenter ce contexte de la culture mélangée de la Gaspésie, décrit Mme Lacroix. La Gaspésie, c’est un pays dans un pays! »

 

D’ailleurs, l’histoire se déroule un peu partout en Gaspésie. « J’ai changé les noms des lieux et les distances pour que tout le monde se reconnaisse », précise-t-elle. On y retrouve des localités qui, dans la réalité, n’existent pas. « Il y a Mertierville parce qu’il y a le mot « mer », explique-t-elle. Il y a aussi Chanteclerc, qui est un petit clin d’oeil à Chandler. Je voulais que chaque Gaspésien puisse s’identifier. »

Pour KE Lacroix, il s’agit d’un premier livre publié. Elle a fait de l’auto-édition numérique de 2002 à 2007, qui s’appelait « Le monde de Weyssor ». « C’était du fantastique », souligne-t-elle.

Les illustrations du livre « La vie selon Dou » sont de Mylène Villeneuve, qui s’est inspirée des propres dessins de l’auteure.

Artiste multidisciplinaire

KE Lacroix est une artiste multidisciplinaire. Elle a, entre autres, écrit le scénario d’une websérie intitulée « DeadKiss », qui a été tournée en anglais avec le comédien Réal Bossé et qui sera bientôt éditée en ligne. La dame est également guide touristique au Site historique du banc de pêche de Paspébiac ainsi que secrétaire pour le Centre d’action bénévole Saint-Siméon Port-Daniel et le Collectif Aliment-Terre.

Au milieu de ses études secondaires, elle avait choisi de devenir acrobate. « À 15 ans, on a découvert que je souffrais d’une scoliose, raconte-t-elle. J’ai donc été opérée. J’ai dû rester un an à la maison. C’est là que je me suis mise à lire beaucoup, puis à écrire. J’avais beaucoup d’imagination. »

C’est à l’âge de 18 ans qu’elle a décidé qu’elle serait écrivaine. Elle a commencé par écrire des intrigues policières, puis ensuite du fantastique. « J’ai été refusée 30 à 40 fois par des éditeurs, raconte-t-elle. Mais j’ai pas désespéré. »

« La vie selon Dou » est le premier de quatre tomes. Le livre est en librairie depuis le 1er décembre. L’auteure a participé au dernier Salon du livre de Montréal. KE Lacroix souhaite pouvoir faire un lancement gaspésien dans le cadre de l’événement Livres en fête, qui aura lieu en avril.

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