Le tribunal a entendu le témoignage de la seule présumée victime, un adolescent de 14 ans. L’audition s’est déroulée à huis clos et a été frappée d’une ordonnance de non-publication par le juge Michel Babin, à la demande des deux procureurs. « Comme on a un témoin âgé de moins de 18 ans, je prononce une ordonnance de non-publication afin d’empêcher que quelques informations que ce soit puissent permettre d’identifier la victime alléguée », a énoncé le magistrat.
L’accusé est maintenant représenté par Me Hugo Caissy.
Le présumé agresseur devra revenir en cour les 6 et 7 mai, dates fixées de son procès.
Les faits reprochés
L’homme de 30 ans a été arrêté en avril par la Sûreté du Québec après avoir été dénoncé par un témoin. Il a comparu une première fois le 27 mai au palais de justice de Sainte-Anne-des-Monts. À sa sortie, le juge lui a accordé une remise en liberté sous certaines conditions, dont celle lui interdisant d’entrer en communication avec sa présumée victime.
Occupations diverses
Steven Donusz Vallée opérait une agence offrant des services d’animation lors de fêtes d’enfants et de divers événements en Gaspésie, au Bas-Saint-Laurent et au Nouveau-Brunswick. Depuis son arrestation, l’entreprise Animation Enfolie Gaspésie a fermé ses portes.
Le prévenu était donc régulièrement en présence d’enfants et engageait des mineurs pour personnifier ses mascottes. Lors de fêtes d’enfants, un clown nommé Sucette faisait de l’animation.
L’Annemontois offrait également ses services de voyant et de médium. Se disant miraculé après avoir été plongé dans un coma diabétique, l’inculpé se faisait surnommer « homme de Dieu » sur une vidéo mise en ligne sur Internet.
C’est d’ailleurs la dernière chance de voir l’une des deux expositions. Celle s’intitulant « Territoire habité parfois », présentée à la Maison de la culture de Sainte-Anne-des-Monts, se poursuit jusqu’à dimanche. L’artiste en arts visuels y affiche une collection de 17 tableaux, dont 12 de grand format.
« Territoire habité parfois »
René Faulkner définit son œuvre comme étant une collection vide-coeur issue d’une importante et sérieuse recherche esthétique qui vise à véhiculer un message à la fois direct et positif. « Le territoire habité parfois ou peu habité, c’est un gros problème en Gaspésie, explique-t-il. Il n’y a pas assez de monde. Par cette exposition, je veux montrer des maisons abandonnées ou barricadées. Mais ce n’est pas gris, même si le thème peut le sembler. »
Un enfant de La Martre se trouve sur plusieurs des tableaux. Il s’agit de Théodore Beauferron-Roberge, 4 ans. « J’ai choisi de passer par l’enfant pour transmettre le message, souligne le photographe. Je lui fais dire des choses. Sans lui, le message devenait gris. S’il n’y a plus d’enfants, il n’y a plus d’avenir. Avec l’enfant, l’avenir est visible. Mais il faut changer les choses pour que l’enfant ait sa place. »
« Je trouve ça intéressant à cause de la lumière et des couleurs, commente Pierre Laurier, un visiteur de Cap-Chat venu voir l’exposition. Il y a un concept en arrière de ça et je le comprends. Ça me parle. »
Technique
Pour l’artiste en arts visuels, cette nouvelle collection représente le travail d’un hiver. Son imagerie s’est d’abord construite avec la flotte de bateaux de pêche du quai de Tourelle, qui était alors en rénovations. Fort d’une technique qu’il développe depuis 25 ans, le Montréalais d’origine, qui détient une formation en arts plastiques et en photographie, manipule la texture et l’image en utilisant les technologies actuelles.
« Ce sont des photos retouchées, dénaturées et multipliées, décrit-il. Ce sont des morceaux et des textures que je déplace et replace pour faire un montage. Je travaille comme ça. »
L’image acquise par le médium photographique est donc tantôt bouleversée, tantôt adoucie. L’axe créatif se poursuit dans l’installation et l’affichage. D’ailleurs, quelques tableaux de petit format sont installés sur des piquets, comme pour évoquer une manifestation. « C’est pour un demain meilleur pour lui », explique l’artiste en pointant le visage du petit Théodore.
« Quai se passa-t-il? »
Depuis le 5 septembre, René Faulkner expose en même temps au nouveau Centre culturel de Paspébiac, où il y présente « Quai se passa-t-il? » jusqu’à la fin octobre. « Je suis le premier artiste à y exposer, souligne-t-il. C’est un endroit extraordinaire. »
La collection de 28 tableaux se veut une réflexion sur la réalité gaspésienne, sa beauté et son désarroi.
Le point de départ du projet vient de la vision de l’artiste à l’égard des quais abandonnés et à la vue de structures défaites jonchant les bords de mer, mais laissant une esthétique particulière s’ils sont observés sous un angle philosophique ou même sociologique. Le sujet, qui peut sembler déchirant, ouvre plutôt sur une question d’avenir: « quai se passera-t-il? ».
« Capucins n’est plus le nom officiel de ce lieu, énonce la Commission de toponymie du Québec. Celui-ci s’appelle maintenant Cap-Chat. » C’est vrai depuis le 15 mars 2000, moment de la fusion avec la Ville de Cap-Chat. Mais pour les habitants rencontrés, le sentiment d’appartenance est encore bien présent. « Quand on me demande où j’habite, je réponds Capucins », souligne Ghislain Quimper, qui en a été maire pendant 14 ans. Le même sentiment est partagé par Jeannine Harrisson, qui a été enseignante au village pendant 28 ans, jusqu’à ce que l’école ferme en 1988.
Avec son mari Gaétan Soucy, Monique Beaulieu a été propriétaire du dernier garage de Capucins. Ouvert le 15 janvier 1972, il a fermé ses portes le 31 mai 2000. « Les clients ne venaient pas uniquement pour la réparation mécanique et les produits pétroliers, se remémore Mme Beaulieu. Ils venaient pour notre liqueur aux ananas. On était un des seuls à avoir ça. »
À peu près à la même époque, Capucins comptait un dépanneur. Il y a même déjà eu une épicerie et une caisse populaire. Il reste aujourd’hui un seul commerce ouvert à l’année, le Gîte du Domaine Joseph Ross ainsi que, pendant la saison touristique, le Resto de la Halte et le camping, qui sont administrés par la Ville de Cap-Chat. La halte loge aussi une boutique d’artisanat. Capucins a encore son bureau de poste. La femme d’affaires Denise Verreault y possède une exploitation agricole, La Terre des Anciens, mais cette activité ne génère pas, selon nos sources, de retombées économiques sur Capucins. Les Capucinois ne disposent pas de services d’aqueduc, ni d’égout.
Capucins, qui s’est donnée Saint-Paul comme patron, n’a plus d’église. Construite en 1938, elle a été fermée en 1981, puis vendue en 1989 pour être démolie. Une chapelle a été aménagée dans l’ancienne école, devenue le Carrefour socioculturel des Caps, qui abrite aussi une salle au sous-sol, la bibliothèque, un logement, le bureau de la Fabrique et le local du Cercle de fermières. Ce dernier, avec 34 membres, est très actif. Jeannine Harrisson en est la présidente, fonction qu’elle assume également pour le Carrefour socioculturel, dont l’ancien maire Quimper est le coordonnateur. Mme Harrisson est également responsable de la bibliothèque ainsi que de la gestion des registres de baptêmes, de mariages et des cendres.
Des centaines de personnes provenant d’un peu partout au Québec ont convergé vers la nouvelle station sise sur l’avenue Saint-Jérôme. On y retrouvait les membres de la haute direction de Radio-Canada, dont le président, Hubert T. Lacroix, le vice-président principal, Louis Lalande et la directrice générale des services régionaux, Patricia Plesczynska.
Le plus moderne au Canada, le centre de production de Matane a été construit et aménagé en vertu du nouveau concept de la société d’État visant à favoriser la proximité avec son auditoire. Depuis lundi, les artisans des émissions et des bulletins de nouvelles de la station CBGA ont pu faire l’expérience, entourés d’auditeurs qui les regardent et qui, parfois, interagissent. À 16h jeudi, une file attendait de pouvoir entrer dans les nouveaux locaux afin d’assister à l’émission « Au cœur du monde ».
« Radio-Canada a cette volonté de se rapprocher des gens, explique Mme Plesczynska. C’est une nouvelle façon de faire de la radio. »
La nouvelle station est à aire ouverte. Habitués à des studios ou cubicules insonorisés, séparés par un mur vitré pour la technique et la réalisation, les animateurs, les journalistes, les réalisateurs, les techniciens et les recherchistes sont maintenant tous ensemble. Il est révolu le temps où il fallait marcher sur la pointe des pieds en s’approchant du studio de diffusion. De plus, avec ses murs vitrés, celui-ci donne directement sur la rue. Donc, les auditeurs peuvent non seulement entendre l’émission en cours, mais aussi la voir.
Émission « PM » diffusée de Matane
Patrick Masbourian a animé son émission « PM », diffusée d’un océan à l’autre de 14h à 16h, de Matane. L’animateur était fébrile à l’idée de se mouler au nouveau concept, lui qui est habitué aux studios sans fenêtre de Montréal. « Pour dire la vérité, je suis un peu nerveux à l’idée que tout le monde autour nous regarde », a-t-il confié à GRAFFICI.CA.
S’il demeure ouvert à cette nouvelle formule, il se demande néanmoins si elle peut se prêter à tous les types d’émissions. « C’est sûr que si on veut faire une entrevue-confidence, comme par exemple avec Serge Fiori, avec la grosse lumière et tout le monde autour, je ne suis pas sûr qu’on aurait une rencontre de qualité », s’interroge Patrick Masbourian. À l’inverse, quand on reçoit un band comme Misteur Valaire, qui est joyeux et pépé et qu’on est dans notre sous-sol sombre, un endroit comme ici se prête beaucoup mieux. »
D’ailleurs, l’auteur-compositeur-interprète gaspésien Guillaume Arsenault et son comparse Éric Dion ont assuré l’animation musicale de la journée.
« Ce serait naïf de penser que c’est parfait pour tout, estime Patrick Masbourian pour continuer sur la nouvelle façon de faire de la radio. Ce n’est pas blanc ou noir. Il y a une volonté de proximité qui est tout à fait légitime, mais après ça, trouvons les émissions et les façons d’animer qui correspondent à ça. »
Le secrétaire de la rédaction de la nouvelle station matanaise admet que c’est toute une adaptation, d’autant plus qu’il ne peut plus compter sur un technicien pour la mise en onde. D’ailleurs, pour son bulletin de 9h jeudi, on a demandé aux gens présents de baisser le ton. « Quand je parle de la crise en Syrie, par exemple, et que j’entends des gens qui parlent d’autre chose et qu’ils rient, ça ne se prête pas tout à fait, raconte David Vachon. Aussi, on est situés près de la caserne de pompiers. Quand les camions vont sortir avec les sirènes, pendant que je lis une nouvelle, ça va faire spécial. Par contre, pendant une émission de radio, on peut récupérer ces sons ambiants pour communiquer de l’information. »
Dans l’ensemble, lui et la plupart de ses collègues se disent heureux d’évoluer dans un nouveau milieu. « Il y a moins de poussière, on respire mieux », a constaté la journaliste Sylvie Aubut.
Cette journée spéciale s’est terminée sur la diffusion en direct du Téléjournal Est-du-Québec qui, normalement, est produit à Rimouki.
Étant à sa première édition, l’activité Les Dimanches Tam-Tam, qui se tient à Cap-Chat tous les dimanches de la saison estivale, en sera à son avant-dernière présentation. « Depuis la fin juin, on a eu une centaine de joueurs différents qui ont participé à nos Dimanches Tam-Tam, souligne l’organisateur et joueur de djembé, Serge Langlois. On avait toujours un noyau de 10 à 15 joueurs à chaque fois. Je suis bien satisfait. »
Participants de Saint-Pascal
Parmi les participants qui animeront la place dimanche, on y retrouvera une vingtaine de jeunes de l’école secondaire Chanoine-Beaudet de Saint-Pascal, au Kamouraska. Inscrits au programme Vision entrepreneuriale, ceux-ci ont créé une véritable petite entreprise dédiée au djembé.
Ils reçoivent les pièces en vrac de Montréal et restaurent les instruments, sous la supervision d’un expert. Chaque pièce est unique et est réalisée dans un laboratoire de l’établissement qui prend des airs de manufacture. Une fois fabriqué, inspecté et approuvé, le djembé est mis en vente dans la boutique virtuelle qui a pour nom Claudio-O, en l’honneur de Claudie Ouellet, une élève de l’école aujourd’hui décédée et qui s’était démarquée par son engagement quotidien, malgré sa maladie.
Le concept s’inspirant de celui des célèbres poupées Bout d’chou, l’acheteur a l’obligation morale de s’engager à prendre soin de son acquisition et à l’entretenir.
« La gang de Saint-Pascal va venir partager leur passion avec nous autres en groupe, se réjouit à l’avance M. Langlois. Ce sera une belle expérience pour tout le monde! »
Participants de Dolbeau
Un autre groupe de djembéistes de Dolbeau, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, prendra également part à l’événement. Le groupe mis sur pied par l’Africain Balby Gadoh en sera à sa deuxième visite de l’été à Cap-Chat. « Le percussionniste va venir avec d’autres Africains et des jeunes de Dolbeau, indique Serge Langlois. Il a une collection de 200 à 300 djembés qu’il a fabriqués. Il donne aussi des cours. »
La dernière chance de pouvoir participer ou assister aux Dimanches Tam-Tam de Cap-Chat sera le 22 septembre.
Sa projection à Percé se fera le jour même où il débarquera dans toutes les salles du Québec. « Tous les commentaires et réactions que j’ai eus sont unanimes, se réjouit le producteur et président du Groupe PVP, Vic Pelletier. L’objectif est atteint. »
Cependant, la réaction des Percéens risque d’être différente de celle des Matanais puisque certains personnages présentés dans le film sont encore vivants. Mais cela n’inquiète pas le producteur outre mesure. « Un des vrais personnages de l’histoire a même agi comme figurant », indique M. Pelletier.
L’oeuvre a été en compétition lors du Festival des films du monde de Montréal le 26 août. « Au Cinéma Impérial, c’était un lundi matin à 9h et il y avait un line up, raconte le producteur originaire de Sainte-Anne-des-Monts. Il y avait 400 personnes dans la salle. Après la projection, il y en a au moins 250 à 300 qui sont restés parce qu’ils voulaient parler du film ou parler de politique et de ce goût de changement que les Québécois ont toujours eu. Ça, c’est une constante. »
« C’était des gens politisés qui connaissaient l’histoire et des gens qui ne la connaissaient pas, poursuit-il. Il y avait même des descendants du ministre Laporte qui ont dit qu’ils avaient découvert les jeunes d’un autre œil. Ils les considéraient maintenant moins comme des criminels, mais plus comme des jeunes qui avaient eu envie de changement. »
Les protagonistes de l’histoire qui s’est réellement jouée à Percé à l’été 1969, soit les frères Paul et Jacques Rose ainsi que Francis Simard et Bernard Lortie, sont présentés davantage comme des pacifistes qui ne cherchaient qu’une tribune pour politiser les Gaspésiens et les Québécois. « On a humanisé une partie de l’histoire qui était inconnue, puis on l’a rendue vivante par ces jeunes-là, explique le président de la maison de production matanaise. On a redonné la parole à des gens qui n’ont jamais eu la chance de s’exprimer. »
Gros budget
Après deux refus, le financement du film, qui totalise 4,3 millions de dollars, a été accordé par la Société de développement des entreprises culturelles du Québec (SODEC) et par Téléfilm Canada. « On l’avait évalué à 4,7 millions, précise Vic Pelletier. On a un déficit. On compte sur le box-office pour récupérer la mise. »
Selon lui, c’est l’époque où se situe l’histoire qui a fait gonfler le budget. Les locations, les figurants ainsi que les reconstitutions de costumes et de voitures ont représenté des dépenses astronomiques. « Ça a coûté près d’un million de dollars qu’on a flambés en l’espace de trois semaines », souligne Vic Pelletier. « Ça a pris neuf ans à obtenir le budget, puis on a mis trois mois à le dépenser », ajoute en souriant le producteur exécutif, Vincent Leroux.
La production a notamment nécessité l’engagement de 300 figurants, 80 techniciens, une quarantaine de comédiens secondaires, en plus des comédiens principaux. « Il y a eu près de 500 personnes sur le plateau pendant un mois, spécifie M. Pelletier. Quatre jours ont été tournés en studio à Montréal, soit uniquement l’arrestation, qui se situe au début et à la fin du film. »
La réalisation entière du long-métrage s’est échelonnée sur un an. « Il y a eu le repérage, les préparations, la construction des décors et la maison à installer, énumère-t-il. Puis après, il y a eu la post-production. »
Les prémisses du projet remontent à bien plus longtemps encore. « Si on parle du scénario, Jacques Bérubé m’a approché avec ce projet-là il y a neuf ans », se remémore Vic Pelletier. Mais, pour le scénariste de Rimouski, l’idée vient d’encore plus loin. « C’est parti d’un souper de crabe, il y a 28 ans avec Paul Rose, qui restera un ami pour toute la vie, raconte-t-il. C’est là que je lui ai demandé ce qu’était La maison du pêcheur et qu’il m’a raconté l’histoire, dont notamment quand ils se sont fait expulser avec des boyaux d’arrosage. C’est une page méconnue de l’histoire du Québec. »
Synopsis
Tourné presque entièrement en noir et blanc, le film débute par l’histoire d’un jeune homme de Gaspé, Bernard Lortie, un fils de pêcheur, qui débarque à Percé à l’été 1969 pour trouver du travail. Il fait alors la connaissance de Francis Simard et des frères Paul et Jacques Rose, des militants indépendantistes venus ouvrir un lieu visant à accueillir et à politiser la population. Le lieu nommé « La maison du pêcheur » rassemble bien vite des hippies venant de partout au Québec. Leur présence dérange les autorités locales, faisant ainsi monter la tension et s’échauffer les esprits.
Ces événements ont précédé la Crise d’octobre de 1970 puisque les quatre mêmes jeunes hommes sont à l’origine de la cellule Chénier, liée au Front de libération du Québec. Francis Simard, Bernard Lortie et les frères Rose seront reconnus coupables de l’enlèvement et de l’assassinat du ministre du Travail de l’époque, Pierre Laporte.
Pour saisir le contexte historique et découvrir quelques anecdotes survenues pendant le tournage du film, consultez le site officielde la production.
Lorsqu’il est question d’Orbite à l’ordre du jour du conseil des maires, le préfet, qui détient 3000 actions de la compagnie en Bourse, ne se sent pas obligé de se retirer pendant les discussions. « Comme on n’a pas donné d’argent à Orbite, je n’ai pas à me retirer, explique M. Cormier. C’est sûr que si on avait une demande d’Orbite qui serait adressée au CLD, par exemple, je me retirerais. » Il ajoute qu’il inviterait le maire de Cap-Chat à en faire autant.
« Les actions, je les ai achetées dans les débuts où j’ai commencé en politique, il y a quatre ans, raconte Allen Cormier. Je croyais que je n’avais pas le droit, mais je me suis informé au MAMROT et ils m’ont dit que je pouvais en acheter, en autant que je fasse une déclaration d’intérêts pécuniaires au conseil des maires, une fois par année. » Il signale toutefois qu’il n’est pas obligé de mentionner les intérêts rapportés. « De toute façon, je les ai achetées à 80 cents l’action et là, l’action est aux alentours de 40 cents, ajoute-t-il. Donc, si je les vendais, je perdrais de l’argent. »
Le rapport d’Orbite avec le maire de Cap-Chat
Le maire de Cap-Chat, qui détient de 3000 à 4000 actions, indique qu’il se retire du conseil municipal lorsqu’il est question d’Orbite. « Mais je ne serais pas obligé parce que c’est une compagnie inscrite en bourse, justifie Judes Landry. J’ai vérifié ça au MAMROT et il n’y a pas de problème. Sinon, comme élu, il ne faudrait pas non plus qu’on soit membre de la caisse populaire! Ça ne finirait plus! »
Le maire loue également à Gastier un bâtiment situé à Cap-Chat et dont il est propriétaire. Gastier est l’entrepreneur qui a réalisé la construction de la nouvelle usine d’Orbite à Cap-Chat. M. Landry admet également que tant Gastier qu’Orbite achètent des matériaux de construction et de la marchandise diverse à la quincaillerie BMR de Cap-Chat, dont il est aussi le propriétaire. M. Landry n’y voit aucun problème, ni même apparence de conflit d’intérêts.
Remontée difficile du titre
Le titre d’Orbite Aluminae remonte difficilement à la Bourse de Toronto depuis que l’entreprise a déclaré qu’elle avait des problèmes de liquidités. Mardi, il s’est échangé à 39 cents.
La société montréalaise accuse un manque à combler de 31 millions $ pour compléter la construction de son usine d’alumine de haute pureté de Cap-Chat, dont les travaux et l’achat d’équipements sont évalués à 106 millions $.
Lors de son passage à Gaspé, il y a deux semaines, la ministre déléguée à la Politique industrielle et à la Banque de développement économique du Québec, Élaine Zakaïb, a déclaré que son gouvernement participerait au financement inhérent aux dépassements de coûts de la construction de l’édifice situé dans le parc industriel de Cap-Chat.
« J’ai parlé au vice-premier ministre, François Gendron et il m’a dit que le gouvernement analysait la demande, mais qu’il faudrait trouver d’autres partenaires », rapporte, pour sa part, Allen Cormier.
« Ça va se régler, affirme avec confiance Judes Landry. Le gouvernement va injecter de l’argent. Pour le PQ, ce sera une façon de se faire du capital politique! »
Le directeur régional pour l’Est du Canada et chef du transport de Via Rail, Marc Beaulieu, a été accueilli par le député fédéral de Rimouski-Neigette-Témiscouata-Les Basques, Guy Caron, son homologue de Haute-Gaspésie-La Mitis-Matane-Matapédia, Jean-François Fortin et le maire de Mont-Joli, Jean Bélanger, dont la gare fermera, à l’instar d’une dizaine d’autres au Bas-Saint-Laurent et en Gaspésie.
Avant d’écouter les questions et commentaires provenant de la salle, le représentant de Via Rail a vanté les mérites de la société d’État fondée en 1977. Selon Marc Beaulieu, les atouts reposent notamment sur le confort, la productivité et l’accessibilité pour les passagers à mobilité réduite. Il a mentionné que le transport ferroviaire était un choix écologique, estimant qu’un train équivalait à 180 voitures.
« Notre désir, c’est de continuer à desservir le Bas-Saint-Laurent, la Gaspésie, le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse, a-t-il rappelé à quelques reprises. Nous n’avons aucune intention d’arrêter. »
La suppression des services découle d’une malheureuse décision d’affaires, a-t-il souvent répété.
« Ce tronçon est passé de 250 000 passagers dans les années 1990 à 125 000 dans les années 2000, a-t-il justifié. On a perdu 50 % d’achalandage, ce qui nous a amenés à réduire nos dépenses. Je vous rappelle que nos budgets d’opération sont adoptés par le gouvernement. Il faut donner des services qui sont ajustés à l’achalandage. On ne vise pas seulement le Bas-Saint-Laurent, la Gaspésie et le Nouveau-Brunswick. On a réduit aussi nos services dans le sud-ouest de l’Ontario. Tout ce que je peux vous dire, c’est de prendre le train et d’encourager les gens à le prendre. »
Des citoyens et élus de partout dans l’Est
En soulignant qu’il s’était levé à 3h du matin pour prendre part à la rencontre, le maire de Port-Daniel-Gascons, Maurice Anglehart, a ouvert la période de questions. Il a fait part de son indignation par rapport à la suspension du service entre Matapédia et Gaspé. Plutôt impassible, Marc Beaulieu lui a confirmé que le transporteur cesserait la liaison le 17 septembre.
En lui précisant qu’il avait fait 10 heures de route aller-retour pour venir à sa rencontre, le maire de Grande-Rivière, Bernard Stevens, dont la gare est fermée depuis deux ans, a demandé que Via Rail puisse maintenir le transport en autocar entre Matapédia et Gaspé, comme cela se faisait depuis un certain temps. « La réponse est non, a enchaîné M. Beaulieu. Le 18 septembre, il n’y aura plus de services. On n’est pas un service d’autocar, mais de train. »
Une citoyenne s’est insurgée contre la compression des services dans ce corridor. « Comment pouvez-vous vous permettre de couper le transport vers la huitième merveille du monde, qui offre les plus beaux attraits touristiques? », a demandé Viviane Potvin. « C’est vrai que la Gaspésie est une merveille, a acquiescé le représentant de la société d’État. Mais les grossistes nous ont abandonnés. »
Déception chez des employés de Via Rail
Le chef de gare de Mont-Joli depuis 1983, Denis Aubert, a présenté à son employeur une série de mesures pour éviter la fermeture de la station. Le député Caron, qui a rappelé qu’il est un utilisateur régulier du train, s’est porté à la défense de l’employé. « Vous voyez l’agent de gare seulement comme un vendeur de billets, alors qu’il aide à charger et à décharger, aide les clients pour leurs bagages, dont les personnes à mobilité réduite, tout en accueillant les clients, a-t-il dit en s’adressant au dirigeant de Via Rail. Là, il y a des gens qui vont attendre le train dehors, à moins 20 ou moins 25! »
« On a déjà des modèles de gares en Ontario où ça va très bien, a répliqué Marc Beaulieu en dirigeant son regard vers la salle, d’où la grogne pouvait se faire sentir. En appelant avant au numéro sans frais, vous pouvez savoir à quelle heure exactement le train entre en gare. On est une société très fière d’offrir un excellent service à la clientèle et on va continuer à le faire, même si vous semblez ne pas nous croire. »
Des témoignages émotifs
L’ancienne députée provinciale de Matapédia et candidate à la mairie de Mont-Joli a livré un témoignage empreint d’émotion, en arborant l’uniforme de son père, un ancien employé du train. « On était fiers de vous avoir dans le décor, mais plus maintenant, a lancé Danielle Doyer. Vous dites que c’est important pour vous d’offrir le service, mais ce n’est pas vrai. Aussi, vous n’êtes pas concurrentiels. En autobus, ça coûte deux fois moins cher. Le savez-vous, ça, M. Beaulieu? Donnez un service qui a du bon sens et les gens vont prendre le train. »
Son adversaire d’élections a reproché à la direction de Via Rail de ne pas avoir suivi les recommandations du ministre des Finances du Canada, Jim Flaherty. « Il vous avait recommandé de faire des changements dans la haute direction, mais vous avez décidé de couper dans les services, blâme Laurent Lajoie. Les régions ont toujours eu besoin de ce service sur le plan économique. Vous ne visez pas les bonnes cibles. »
Le député Fortin a rappelé que la ville de Mont-Joli a été construite autour de la gare. Le maire de Mont-Joli a d’ailleurs demandé à Marc Beaulieu si la date de fermeture prévue le 25 octobre était définitive. « Donnez-nous plus de temps », a imploré Jean Bélanger. Le porte-parole de la société ferroviaire s’est montré inflexible.
Le député fédéral de Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, Philip Toone, a demandé une rencontre avec le président et chef de la direction de Via Rail, Marc Laliberté. On lui a confirmé qu’elle aurait lieu dans les prochains jours.
L’artisan a participé, en juillet, à la 12e exposition « Les traversiers des arts de Brouage », dédiée à la relève en métiers d’art. Deux Québécois avaient été sélectionnés à la suite d’un appel de dossiers, tous métiers d’art confondus. L’artiste verrier Marie-Hélène Beaulieu de Montréal faisait aussi partie de l’aventure.
« La nature du bois »
Six œuvres réalisées par l’artisan gaspésien, tirées parmi les 35 tableaux de la série « La nature du bois », font partie de l’exposition qui se poursuit à Brouage jusqu’au 15 septembre. Par l’utilisation de techniques de frisage et de placage, l’Annemontois cherche, par cette série de tableaux en bois précieux, à créer des images, parfois concrètes, parfois abstraites. Il en résulte des produits uniques qui, au fil du temps, gagnent de la profondeur, du contraste et de la couleur.
« L’Atelier se positionne de plus en plus comme leader en produits de bois gravés au laser, souligne l’ébéniste d’art pour décrire sa démarche. « La nature du bois » est la façon la plus innovante de garder le lien direct avec l’ébénisterie traditionnelle et le métier d’ébéniste. Le mot « ébéniste » vient du mot « ébène », qui est le premier bois à avoir été utilisé sous forme de placage. »
L’événement, qui se tient annuellement à la Tonnellerie de Brouage, en France, est le rendez-vous des jeunes créateurs de métiers d’art québécois et français, tout en leur offrant une vitrine importante. Pour les visiteurs, c’est notamment une occasion de découvrir des talents émergents.
Retour aux sources
David-Yan Auclair est demeuré à Brouage pendant 12 jours. « J’étais logé et nourri dans une résidence pour artisans, raconte-t-il. Pendant mon séjour, j’ai fait des visites touristiques et des découvertes culinaires. Ça a été un beau retour aux sources puisque mon ancêtre Auclair vient d’un village près de Brouage. »
Lors du vernissage de l’exposition à laquelle ont pris part une cinquantaine d’invités et de dignitaires, l’ébéniste portait fièrement une cravate de bois qu’il a fabriquée.
Bien qu’il s’agissait de sa quatrième visite en France, ce dernier séjour revêtait, pour l’artisan, un caractère particulier. « Je n’étais jamais allé dans une région excentrique, spécifie-t-il. C’était toujours dans les grands centres. Là, je vivais avec les gens du village d’à peu près une centaine d’habitants, dans une forteresse. C’est le village d’origine de Samuel de Champlain. »
Personnage bien connu dans sa communauté, M. Roy a été le dernier maître de poste de Sainte-Anne-des-Monts. Il a également été maire de sa ville natale de novembre 1989 à décembre 1990, avant de démissionner. L’octogénaire travaillait encore pour la Télévision Haute-Gaspésie, qu’il avait fondée avec son fils Roger en 1987.
Un citoyen très engagé
«Lorsque je suis entrée en poste, il y a huit ans, j’ai demandé que la télévision communautaire diffuse les séances du conseil municipal et il a été très ouvert à l’idée, même si le financement de la caisse populaire était minime, se souvient avec regret la mairesse de Sainte-Anne-des-Monts, Micheline Pelletier. Il était partout, dans toutes les activités qui étaient organisées à Sainte-Anne-des-Monts. Son implication au niveau de la ville était exceptionnelle.»
Raymond Roy était un amant de la nature. Il affectionnait particulièrement la pêche. Son chalet situé à Saint-Bernard-des-Lacs représentait, pour lui, un véritable havre de paix. «La pêche était une passion pour lui, souligne Mme Pelletier. C’était exceptionnel de l’entendre parler de ça.»
«Nous étions d’une très grande amitié, poursuit l’élue. C’était un homme d’une grande courtoisie, comme on n’en voit plus beaucoup. C’est une grande perte pour Sainte-Anne-des-Monts. C’était un homme de cœur, d’engagement, de famille et de nature. La ville de Sainte-Anne-des-Monts perd un très grand citoyen.»
Micheline Pelletier salue, au passage, l’audace de Raymond Roy d’avoir mis sur pied la Télévision Haute-Gaspésie et d’avoir assuré sa continuité, tout en lui donnant un caractère familial. «Il était partout où on était, indique la mairesse. Il nous faisait souvent de la publicité et n’a jamais voulu utiliser son médium pour des raisons mercantiles.»
Raymond Roy est décédé subitement à l’hôpital Laval de Québec. En plus de son épouse, Jacqueline Savard, il laisse dans le deuil ses enfants Nicole, Marie-Claire et Roger, ses petits-enfants Guillaume, Marie-Émilie, Nicolas et Audrey ainsi que son arrière-petite-fille Amélia. Les funérailles seront célébrées lundi à 14h en l’église de Sainte-Anne-des-Monts.
Respect de la vie privée