le Mardi 22 septembre 2026

Devant l’opposition manifestée par le milieu économique, touristique et municipal de la Haute-Gaspésie, le vice-président de la SÉPAQ, Jean-Charles Morin, est venu à la rencontre des intervenants et des élus locaux à Sainte-Anne-des-Monts. À l’issue de la réunion, il s’est engagé à maintenir les périodes d’ouverture telles quelles au Gîte du Mont-Albert, l’auberge-phare du parc de la Gaspésie.

Plus tôt, la société d’État avait annoncé qu’elle fermerait l’établissement pendant certaines périodes de l’année moins rentables. Défavorable à cette décision, le ministre responsable de la Gaspésie, Gaétan Lelièvre, a obtenu une rencontre vendredi avec le président-directeur général de la SÉPAQ, Raymond Desjardins. Pour le parlementaire, la décision de la société d’État allait complètement à l’encontre de son gouvernement qui prévoit injecter plus de 10 millions de dollars pour développer le tourisme hivernal en Haute-Gaspésie, principalement dans le secteur des Chic-Chocs.

Milieu satisfait

La mairesse de Sainte-Anne-des-Monts est ressortie très satisfaite de sa rencontre. «Ça a été une excellente rencontre qui nous a rassurés en ce qui a trait au développement du parc de la Gaspésie, qui est un produit d’appel incontournable, a fait valoir Micheline Pelletier. Ce qui est le plus important pour moi, c’est que la SÉPAQ s’inscrive dans la stratégie de développement de la Gaspésie, qui prévoit l’amélioration des infrastructures. On va cibler le tourisme d’hiver, ce qui est très important pour la Haute-Gaspésie puisque le tourisme d’hiver, c’est la Haute-Gaspésie.»

Selon l’élue, il a également été question d’améliorer l’intersection des routes 132 et 299 menant au parc de la Gaspésie afin de la rendre plus visible et plus esthétique. Les intervenants ont également parlé du développement de l’aéroport, qui est prévu dans la Stratégie d’intervention gouvernementale pour le développement de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, présidée et annoncée au début du mois par la première ministre du Québec, Pauline Marois. «On veut, avec d’autres organismes, développer l’aéroportuaire pour le transport des touristes vers notre destination», espère Mme Pelletier.

Selon elle, le vice-président de la SÉPAQ a fait part de la volonté de son organisme d’augmenter l’achalandage du parc de la Gaspésie. «Ça veut dire, pour eux autres, du travail marketing et de voir à leur approche en harmonie avec la communauté», souligne Micheline Pelletier.

Satisfaction généralisée

Du côté de la Chambre de commerce de la Haute-Gaspésie, son président a qualifié la rencontre de très positive et ouverte. «C’est en cohérence avec les investissements qui s’en viennent dans le parc au niveau du tourisme d’hiver, estime Hugo Caissy. C’est aussi au niveau de l’image qui est envoyée du parc. On a tous les mêmes objectifs. Il faut développer la Haute-Gaspésie avec la SÉPAQ au niveau touristique. Si on veut un produit touristique compétitif, c’est l’affaire de tout le monde.»

Selon le préfet de la Haute-Gaspésie, qui n’a pu assister à la rencontre puisqu’il devait se rendre à Montréal, il était paradoxal d’injecter des sommes additionnelles pour développer la Gaspésie d’un côté et, de l’autre, de supprimer des services. «La SÉPAQ n’avait pas le choix de revenir sur sa décision, croit Allen Cormier. C’est le gros bon sens qui s’applique».

Jean-Charles Morin de la SÉPAQ a expliqué que la décision entourant la réduction des périodes d’ouverture du Gîte du Mont-Albert avait été prise en novembre, soit bien avant que Québec fasse connaître sa Stratégie d’intervention gouvernementale pour le développement de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine. «Tout ça est maintenant derrière nous, clôt Micheline Pelletier. On s’entend pour travailler ensemble».

L’organisme, qui vient en aide aux familles et personnes seules de la Haute-Gaspésie vivant sous le seuil de la pauvreté, attend des réponses, d’ici juin, de divers bâilleurs de fonds, dont des agences, fondations, associations et ministères.

Problèmes de financement

Partagence, qui existe depuis 1989, ne peut compter sur un financement récurrent. La recherche de financement représente un combat incessant pour ses administrateurs. C’est pourquoi Partagence lance un appel à la population. Selon ses responsables, l’aide et les dons sont les bienvenus et ce, pas seulement dans les périodes difficiles, mais à longueur d’années. Par exemple, l’Atelier du Vieux Rabot a lancé l’idée, sur sa page Facebook, d’offrir la vente d’un article dont les profits ont été remis à l’organisme.

Aussi, depuis le 13 mai, la direction du Centre de santé et de services sociaux (CSSS) de La Haute-Gaspésie invite ses employés à faire don de denrées en les déposant dans des boîtes disposées au sein de ses divers établissements. «Nous n’avons pas encore fait le suivi, mais la campagne semble aller bon train, indique la responsable des communications de l’établissement, Yamama Tamim. Nous ferons le bilan à la fin de la campagne, le 1er juin.»

Par ailleurs, Partagence peut compter à chaque année sur le soutien financier de Centraide. Contrairement à ce qui a été véhiculé comme information, celui-ci ne l’empêche pas de faire des demandes auprès d’autres sources de financement, mais les administrateurs de Partagence, par solidarité et respect, ne tiennent pas de campagnes de levées de fonds en même temps. D’ailleurs, à chaque année, Partagence tient son marché aux puces en juillet et son marché du livre à l’automne.

La banque alimentaire en famine

Parmi les six catégories de services rendus par l’organisme d’aide situé à Sainte-Anne-des-Monts, c’est la réserve alimentaire qui souffre le plus du manque de financement. Partagence aurait besoin annuellement de 70 000 $ pour répondre à toutes les demandes, mais il n’a reçu, l’an dernier, que 30 000 $.

En attendant de renflouer ses coffres, Partagence a été contraint de diminuer l’aide accordée au service alimentaire. Le panier de denrées a donc été réduit à une valeur de 25 $ par mois, au lieu de 50 $. Tout en précisant qu’il s’agit d’un dépannage alimentaire, l’organisme favorise les familles avec des enfants.

Besoins criants

Selon son rapport annuel 2011-2012, Partagence a distribué, en un an, 3482 sacs d’épicerie auprès de 1416 personnes. L’organisme a reçu 5200 appels, pour 8113 services rendus, tous programmes confondus. Au cours de la dernière année financière, la clientèle a connu une augmentation. Ce sont 1525 personnes qui ont eu recours à au moins un service dispensé par l’organisme d’aide.

Partagence a accueilli, au cours des dernières semaines, une dizaine de nouveaux clients victimes du «trou noir», cette période sans prestations d’assurance-emploi. L’organisme espère, malgré son manque de financement, pouvoir répondre à leurs besoins. Aussi, les dirigeants appréhendent les effets de la réforme de l’aide sociale, surtout auprès des familles ayant de jeunes enfants.

Abordée quelques heures plus tard à Matane, la ministre Ouellet a refusé de donner ses impressions par rapport à cette rencontre. «Ce fut une très belle rencontre», s’est-elle contentée de dire.

«Ça a été une rencontre d’ouverture, transparente et honnête, a qualifié, pour sa part, M. Roussy. On voulait faire une mise à jour de notre dossier pour savoir où on en était rendus dans le dossier des hydrocarbures. Ce qu’on en comprend, c’est que le gouvernement travaille très fort sur le règlement de l’eau potable. Dans les prochaines semaines, il devrait être déposé au conseil des ministres. Comme ce n’est pas une loi, ce sera beaucoup plus rapide en termes d’adoption et d’application.»

Une fois le règlement déposé au conseil des ministres, il s’écoulera une trentaine de jours après sa publication dans la Gazette officielle du Québec pour qu’il soit en vigueur. «Donc, tous les Québécois vont avoir une loi par rapport à leur eau et à ce qui a trait à des travaux de l’industrie des hydrocarbures, se réjouit M. Roussy. Il y avait un vide au niveau juridique.»

«Ça fait deux ans qu’on demandait que le gouvernement prenne ses responsabilités, poursuit-il. Les hydrocarbures et la protection de l’eau potable, ça appartient au gouvernement du Québec.»

Loi sur les hydrocarbures

Si François Roussy est satisfait que le dépôt de ce règlement soit imminent, il se garde toutefois une certaine réserve quant à son application. «On va voir si les babines suivent les bottines, lance-t-il. Après le règlement sur l’eau potable, la vraie réponse va arriver avec l’adoption de la Loi sur les hydrocarbures qui devrait être déposée l’automne prochain. Celle-ci va être encore plus importante que le règlement sur l’eau potable.»

M. Roussy souhaite que le règlement oblige que des études hydrogéologiques soient réalisées avant que ne soient autorisées l’exploration et l’exploitation. Selon lui, ces études pourront notamment répondre aux questions concernant la migration possible d’un contaminant et les risques potentiels de contaminer la nappe phréatique ou les puits d’eau potable à partir d’un forage pétrolier.

L’édile municipal espère aussi que cette loi éclaircisse la question de la surveillance. «Actuellement, c’est l’entreprise qui fait les études et qui surveille, soulève-t-il. C’est l’entreprise qui doit dire s’il y a un problème.

Ce qu’on voudrait, c’est que ce soit le gouvernement qui commande les études, qu’il mette en place des systèmes de surveillance et qu’il en assure le suivi. Ça devrait être l’industriel qui paie pour ça, mais que ce soit le ministère ou le gouvernement qui ait le contrôle de ces études-là, que ce ne soit pas une autorégulation par l’industrie.»

«On souhaite des rapports autonomes et indépendants, continue-t-il. C’est sûr que toutes les études que doit faire l’industrie sur, par exemple, les impacts sur les orignaux, les chauves-souris ou les oiseaux, on pense que les industriels ont encore la capacité de faire les choses correctement.»

Règlement municipal

La Ville de Gaspé a adopté un règlement municipal en décembre dernier pour la protection de son eau potable qui empêche la compagnie Pétrolia de forer à son puits Haldimand 4. «Mais, étant donné qu’il n’y avait aucune loi sur laquelle appuyer notre règlement, il n’a pas force de loi, souligne-t-il. Quand le gouvernement va adopter son règlement, il va venir écraser notre règlement.» L’entreprise Pétrolia a récemment déposé une requête en Cour supérieure afin de faire invalider le règlement adopté par Gaspé. «Si le gouvernement adopte son règlement cet été, il y a de fortes chances qu’on n’ait pas à se présenter devant le juge parce que Pétrolia ne pourra pas contourner le règlement du gouvernement», fait valoir le maire de Gaspé.

Au départ, le litige entre la Ville et la pétrolière repose sur le fait que cette dernière ne disposait d’aucune étude hydrogéologique avant de débuter ses travaux au puits Haldimand 4. Celui-ci est situé à 350 mètres d’une maison, à peu près à 800 mètres d’un puits d’eau potable et à 6 kilomètres de la prise d’eau de la municipalité.

Pour le pétrole

François Roussy rappelle qu’il partage la même vision que Québec. «Le gouvernement veut, comme nous, le développement des hydrocarbures, mais avec de plus hauts standards en termes d’environnement et d’acceptabilité sociale, estime-t-il. On est pour le développement du pétrole en Gaspésie, mais qu’on le fasse correctement, qu’on respecte l’environnement et surtout, qu’on protège l’eau potable.»

Selon le maire de Gaspé, il s’agit de développer un nouveau modèle. «On a eu d’anciens modèles où ce sont les entreprises qui débarquaient et qui devenaient propriétaires de la ressource, explique-t-il. Là, on veut plus de respect, d’ouverture et de transparence pour qu’on fasse des bons choix tout le monde ensemble.»

Que ce soit par la mise sur pied d’une coopérative nautique, l’aménagement d’un port de refuge pour les plaisanciers, la réalisation de la Maison L’Essentielle ou un projet culturel autour du conte, le comité ne manque pas d’idées pour développer son territoire, circonscrit par les anciennes municipalités de Mont-Louis, L’Anse-Pleureuse et Gros-Morne.

Leur rayonnement déborde vers l’ouest jusque dans les localités voisines de Mont-Saint-Pierre, Rivière-à-Claude et Ruisseau-à-Rebours ainsi que vers l’est jusqu’à Sainte-Madeleine-de-la-Rivière-Madeleine. Une chargée de projet a été engagée pour faire avancer les dossiers.

Projets nautiques

Un comité provisoire pour une coopérative nautique a été formé. L’assemblée de fondation de l’organisme se tiendra prochainement, suivie d’une rencontre de consultation. Les premières démarches ont été faites par Jean-François Lagarde de la Société d’aide au développement de la collectivité (SADC) de la Haute-Gaspésie. L’organisme supporte d’ailleurs le projet.

Le Comité de développement reluque le quai à l’entrée est de la municipalité, fermé depuis plusieurs années. Selon la vice-présidente du comité de développement, Christine Normand, la possibilité de rénover l’infrastructure portuaire est sous étude par Transport Canada. S’il va de l’avant, les travaux devraient débuter en 2017. «On aimerait qu’il le répare et qu’il fasse un épi, un genre d’aile, pour en faire un port de refuge», décrit Mme Normand.

En attendant, quatre bouées de mouillage seront installées au centre de la baie dès juin, au coût de 16 000 $, financées par la SADC, le Centre local de développement de la Haute-Gaspésie et le Fonds de soutien aux territoires en difficulté. Aussi, à moyen terme, le comité souhaite animer la plage.

Maison L’Essentielle

Le comité envisage la création de la Maison L’Essentielle, visant à utiliser l’ancien presbytère, dont le conseil de fabrique lui a fait don. «Ce serait un lieu de rassemblement pour les familles et les organismes», explique la vice-présidente. Il y aurait des locaux, une salle communautaire et un espace de conditionnement physique. Ce dernier deviendrait une source de financement.

Déjà, certains organismes se sont montrés intéressés à occuper des locaux: Unis-vers-Jeunes, le Centre de pédiatrie sociale Haute-Gaspésie, Enfantaisie, Les Bouts de papier et le Centre d’accès communautaire Internet.

Ce projet de rénovation et d’agrandissement du presbytère est évalué à 522 000 $. Jusqu’à maintenant, le comité a amassé 275 000 $. Une contribution du ministère des Affaires municipales, des Régions et de l’Occupation du territoire ainsi que de Développement économique Canada est espérée.

Contes sur le parvis

Fort de l’expérience du théâtre sur le parvis présenté l’année d’avant, le comité de développement a mandaté l’artiste Marc Fraser afin de recueillir des témoignages de personnes âgées du secteur, en collaboration avec Télé-Soleil. Cette recherche débouchera sur des contes sur le parvis à Mont-Louis, Gros-Morne et l’Anse-Pleureuse.

Le Comité de développement Saint-Maxime-du-Mont-Louis a maintenant son bulletin d’information. «Le Squall» est distribué à tous les mois dans les foyers de Rivière-à-Claude à Sainte-Madeleine-de-la-Rivière-Madeleine. Il peut également être lu ici.

À Bonaventure, Mme Marois devrait faire connaître le contenu du plan de relance de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, qui portera officiellement le nom de Stratégie d’intervention gouvernementale pour le développement de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine.

«C’est un plan de match qu’on se donne pour cinq ans, avec des éléments majeurs, explique le député de Gaspé et ministre responsable de la région, Gaétan Lelièvre. Le transport, l’éducation, la santé et les communications m’apparaissent des éléments majeurs.»

Lors de ses consultations, le comité interministériel, mandaté de mettre en œuvre cette stratégie, a identifié les infrastructures de transport comme étant prioritaires, principalement le chemin de fer et les ports.

Les maires de la MRC du Rocher-Percé nourrissent beaucoup d’attentes de cette rencontre par rapport à l’avancement du projet de cimenterie de Port-Daniel.

À Gaspé, Mme Marois fera une annonce au Centre hospitalier, en après-midi.

Filière éolienne

À Matane, Pauline Marois devrait annoncer l’octroi de 700 MW d’énergie éolienne. Le ministre délégué aux Régions ne parle plus d’appel d’offres, mais d’allocation. En se basant sur ce qui a été fait au cours de la dernière décennie, il estime que l’heure est au changement.

«Il faut tenir compte des attentes et des besoins légitimes des communautés qui reçoivent ces projets, soutient M. Lelièvre. Notre perspective, c’est de garantir qu’il n’y ait pas d’interruptions dans les carnets de commandes des manufacturiers.»

Le directeur général du TechnoCentre éolien est fébrile. «Le contenu n’est pas connu, mais ce qu’on en décode, c’est que ce serait pour le bloc de 700 MW d’énergie éolienne, confirme Frédéric Côté. Notre industrie manufacturière en a bien besoin. On demeure positifs.»

La semaine dernière, la porte-parole de l’opposition officielle en matière de régions et de ruralité a fait une sortie en règle contre le gouvernement Marois. Dominique Vien alléguait que la Gaspésie était bien malmenée par le gouvernement péquiste et que le ministre responsable de la région, Gaétan Lelièvre, manquait de vision.

Le principal intéressé accueille ces critiques avec un grain de sel. «Mme Vien fait son travail de critique de l’opposition, interprète-t-il. Il faut prendre ça avec beaucoup de modération. Mme Vien est quelqu’un avec qui je travaille régulièrement. En politique, comme on n’est pas tous du même parti, il faut accepter qu’il y ait des questionnements. Mais, au-delà de ça, j’ai la ferme conviction que la Gaspésie est très bien servie et va l’être très bien sous le gouvernement du Parti québécois.»

Stratégie pour la région

Le ministre délégué aux Régions rappelle que la Gaspésie a connu, selon lui, un important essor sur le plan économique au début des années 2000, suite à la mise en place du premier plan de relance de la Gaspésie, porté par le premier ministre de l’époque, le péquiste Bernard Landry. «Nous sommes en train d’élaborer une stratégie qui est à peu près similaire, avance-t-il. Il y a des résultats qui vont se faire sentir très prochainement.»

M. Lelièvre souligne que l’annonce faite vendredi par son gouvernement en matière d’éducation en Haute-Gaspésie en est un exemple. «C’est le premier élément majeur du contenu de la stratégie, précise-t-il. Un projet de tout près de 9 millions dans la MRC de La Haute-Gaspésie, ça fait plusieurs décennies qu’on n’avait pas entendu ça. C’est un premier pas.»

Dévoilement imminent

«La stratégie s’en vient, fait savoir le parlementaire. Dans les prochains jours, Mme Marois sera probablement en Gaspésie pour l’annoncer. Les Gaspésiens et les Madelinots vont être en mesure de constater le plan d’action que le gouvernement du Québec propose pour la région et je suis convaincu que ça va être à la grande satisfaction des acteurs locaux et régionaux.»

Gaétan Lelièvre indique que la stratégie du comité interministériel pour la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine sera un genre de plan de match pour les cinq prochaines années, lequel comportera des éléments majeurs de développement économique.

 «On va tenter d’y inclure non seulement des bonbons ou des «plasteurs», décrit-il. On a eu beaucoup de «plasteurs» par le passé, qui étaient le fruit de l’improvisation de la part d’autres gouvernements. Nous, on va travailler sur des choses réalistes, à partir de conditions de base au développement, afin de donner à la région un coffre d’outils pour se prendre en main.»

Selon lui, ces éléments majeurs graviteront notamment autour du transport, de l’éducation, de la santé et des communications. «Autour de ça, on va pouvoir greffer des projets socio-économiques», signale le politicien.

Budget réservé à la région

La députée libérale, Dominique Vien, soutient que les 6 millions prévus au dernier budget pour la Gaspésie et les Îles-de-la-Madeleine n’existent plus. «Je ne comprends pas, a laissé tomber le ministre responsable de la région. Si Mme Vien prenait la peine d’aller vérifier dans le budget du gouvernement, c’est clair, net et précis. C’est indiqué. On a une enveloppe de 6 millions dédiée au programme conjoncturel qui est unique pour la région de la Gaspésie-Les Îles.»

«Le programme est à se mettre en place, se défend-il. On est en train de modifier certains paramètres parce que c’est un programme qui remonte à plusieurs années. Il m’apparaissait important d’améliorer son contenu pour qu’il réponde davantage à la réalité de la Gaspésie et des Îles en

2013. Ce n’est qu’une question de semaines. Les projets sont sous analyse et il n’y aura aucun retard.» Le député espère que le coup d’envoi du programme puisse être donné en juin.

Situé dans l’ancien bâtiment laissé vacant par Spielo Gaming et ayant nécessité des investissements de 8,9 millions de dollars, le Centre de formation professionnelle (CFP) de la Haute-Gaspésie offrira deux nouveaux programmes uniques en Gaspésie : montage de lignes électriques ainsi que plomberie et chauffage.

Une annonce attendue

L’annonce officielle a été faite vendredi alors que la ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport a indiqué qu’elle ajoutait 3,85 millions de dollars au 1,8 million de dollars versé par l’ancien gouvernement en avril 2011. «Je sais que ça avait été annoncé sans que le financement ne soit attaché», a laissé tomber Marie Malavoy. Mais là, c’est vrai!»

Cette annonce était si attendue que la soixantaine de personnes présentes à la conférence de presse se sont spontanément levées debout pour servir une ovation à la parlementaire.

«C’est pas souvent qu’on voit ça, en Gaspésie, 8,9 millions de dollars, s’est enthousiasmé le député de Gaspé et ministre responsable de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, Gaétan Lelièvre. C’est une des plus belles annonces qui s’est faite depuis longtemps en Gaspésie.»

Le ministre a souligné qu’il y aurait d’autres bonnes nouvelles qui découleront de la stratégie de développement du comité interministériel de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine. Selon lui, il appartiendra à la première ministre Pauline Marois, qui préside le comité, à en faire connaître la teneur lors de sa visite imminente en Gaspésie.

M. Lelièvre espère que sa chef puisse débarquer à Bonaventure vers la fin de la semaine.

En plus de provenir en partie du ministère de l’Éducation, la somme totale de 8,9 millions de dollars est une contribution de la Commission scolaire des Chic-Chocs, du ministère des Affaires municipales, des Régions et de l’Occupation du territoire, de la Ville de Sainte-Anne-des-Monts, de la MRC de La Haute-Gaspésie et de la Conférence régionale des élus de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine (CRÉGÎM).

«Quand il y a concertation et priorisation dans un dossier, c’est largement gagnant, estime le député de Gaspé. Ça a pris du temps, mais là, la Gaspésie peut être citée en exemple! J’en avais fait un engagement électoral.»

«Nous y avons cru et nous pouvons maintenant dire qu’ensemble, tout est possible, a ajouté le président de la Commission scolaire, Jean-Pierre Pigeon. Nous avions raison de persévérer. Nous avons réussi!»

Accueil fort enthousiaste

La Haute-Gaspésie étant aux prises avec un taux de décrochage scolaire de près de 50%, surtout chez les garçons, la mairesse de Sainte-Anne-des-Monts aurait pu difficilement cacher sa joie à l’annonce de la concrétisation de ce centre de formation dans sa ville.

«J’ai l’impression d’accoucher, mais c’est pas d’un éléphant blanc, a lancé Micheline Pelletier en ne manquant pas de provoquer des éclats de rire. C’est un bon jour, un jour de grandes espérances et de réjouissances. Nous sommes un CFP national. Ces deux programmes ne sont offerts qu’à un seul autre endroit. C’est pas de la petite bière!»

L’édile municipal a souligné que ces programmes débouchent sur des métiers offrant de bons salaires. «Le manque de formation est une des sources de dévitalisation de notre territoire, a-t-elle mentionné. On vient de casser le moule et de briser le cercle du défaitisme. Ce n’est qu’un début. C’est prouvé, les études démontrent que les jeunes qui quittent la région après leur secondaire 5 ne reviennent pas.»

L’allocution du préfet de la Haute-Gaspésie est allée dans le même sens. «C’est une victoire qu’on célèbre aujourd’hui en Haute-Gaspésie, s’est exclamé Allen Cormier. Ça va être une bonne façon de combattre la pauvreté. Je crois qu’on va célébrer d’autres victoires en Haute-Gaspésie. Il y aura sûrement d’autres bonnes annonces.»

«La région a mis l’épaule à la roue, a souligné, pour sa part, le président de la CRÉGÎM, Bertrand Berger. Il faut arrêter de mesurer les clochers. C’est une belle façon de mettre en pratique notre politique d’occupation du territoire.»

La Commission scolaire a déjà reçu 280 demandes d’inscriptions pour le programme montage de lignes électriques, alors qu’elle ne pourra en accueillir qu’une soixantaine. Du côté du programme plomberie et chauffage, 28 demandes ont été déposées. L’établissement disposera d’une vingtaine de places. Ces programmes conduisent à l’obtention d’un diplôme d’études professionnelles. Les taux de placement sont respectivement de 100% et de 95%.

Les sommes seront investies dans des projets visant à améliorer le terrain de camping et ses installations, en plus de tripler la surface du bâtiment du parc Couturier, communément appelé «la cabane des patineurs».

«On va construire une cuisine, une salle de toilette et une petite scène, explique la porte-parole du Comité de développement de Marsoui, Anne Sohier. Avec le Rendez-vous des arts marsois, c’est rendu un lieu important, en plus de l’anneau de glace l’hiver.»

«On veut aussi améliorer le camping parce que c’est notre principale source de revenu, ajoute-t-elle. On s’est rendus compte aussi qu’on a de plus en plus de visiteurs.»

Hommage aux industries forestière et acéricole

Il est prévu d’ajouter des tableaux d’interprétation visant à rendre hommage à la vocation forestière et acéricole du village. Ceux-ci témoigneront notamment de l’histoire de la scierie et des Entreprises 3B.

Un appel d’offres a été lancé auprès des artistes de la région pour la réalisation d’une œuvre illustrant ces deux industries. «L’artiste devra utiliser une ou deux lames de scie, une tronçonneuse ou quelque chose symbolisant l’érable, décrit Mme Sohier. Ce sera des aspects à tenir compte. L’oeuvre sera installée au cœur du parc Couturier cet été.» Jusqu’à maintenant, deux soumissions ont été déposées.

À même cette enveloppe, le Comité de développement projette d’installer un système d’éclairage au petit parc situé près de l’école.

Les travaux, qui nécessiteront l’embauche de trois hommes, devraient débuter dans une semaine ou deux et s’échelonner pendant 14 semaines.

«Je tombe en bas de ma chaise quand je vois l’allure du gouvernement péquiste et quand j’approche ma lentille sur la Gaspésie et les Îles-de-la-Madeleine. Ce que je vois n’est vraiment pas beau, surtout quand je regarde au niveau du comité interministériel», estime la porte-parole de l’opposition officielle en matière de régions et de ruralité, Dominique Vien. Elle fustige par rapport à «l’inaction du gouvernement et au peu de considération apportée aux principaux enjeux de la région».                 

«La première ministre s’était engagée à former ce comité au lendemain des élections, rappelle Mme Vien. Huit mois plus tard, il n’y a rien de fait. On est en train de tromper les Gaspésiens. Ça a pris six mois à juste s’entendre sur les dates des rencontres.»

Où est passée l’enveloppe?

La parlementaire se demande également ce qu’il est advenu de l’enveloppe de 6 millions de dollars prévue dans le budget du Parti québécois pour soutenir les projets identifiés par le comité interministériel de la Gaspésie et des Îles. «Les 6 millions de dollars n’existent plus, allègue-t-elle. Où sont-ils allés? Quelle facture ont-ils payée avec ça? C’était l’argent réservé aux Gaspésiens!»

«M. Lelièvre, je l’aime bien, mais il magane les régions, poursuit Dominique Vien. L’appel d’offres de 700 MW, pourquoi tarde-t-il tant à l’annoncer? Il y a trois députés du Parti québécois dans votre région et c’est inquiétant de voir que rien n’avance! Je leur rappelle que le taux de chômage est de 17,4 % en Gaspésie et aux Îles-de-la-Madeleine et qu’il ne cesse d’augmenter.»

Le service de transport collectif de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine a été mis en place le 3 mai 2010.

Ce jour-là, une douzaine de minibus blancs s’élançaient pour sillonner les routes du territoire. Les places vides ont graduellement été comblées et certains trajets ont subi quelques ajustements afin de mieux répondre aux besoins. Aujourd’hui, certains parcours sont très populaires, dont le trajet 40, qui fait la liaison entre Carleton et Paspébiac.

Un modèle au Québec

Le RéGÎM fait école. Ce système de transport collectif rural, destiné à la population en général, a inspiré certaines régions, dont la Côte-Nord, qui prend exemple sur le modèle gaspésien et madelinot pour la mise sur pied prochaine de son service de transport collectif.

Depuis maintenant trois ans, l’Association des transports collectifs ruraux du Québec (ATCRQ) offre des ateliers et des conférences sur l’expérience du RéGÎM dans le cadre de son colloque annuel.

«Les régions et territoires ruraux sont nombreux à vouloir suivre l’exemple du RéGÎM, estime la directrice de l’ATCRQ, Thérèse Domingue. Le transport collectif en Gaspésie et aux Îles-de-la-Madeleine fait la démonstration que l’addition et l’adhésion des MRC d’une région administrative permettent de maximiser les offres de transport et, ainsi, de répondre davantage aux besoins des populations de son territoire.»

On peut consulter les trajets et horaires du RéGÎM au www.monregim.net ou en appelant au 1 877 521-0841.

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