«On met le projet sur la glace pour la prochaine année», confirme le président de la compagnie montréalaise, Michel Lemay. Pour la simple raison que le marché a chuté, c’est difficile d’avancer de ce côté-là.»
L’homme d’affaires précise d’abord qui lui faut trouver des partenaires financiers avant de songer à faire de l’exploration. Les fonds nécessaires ne sont pas encore connus. «Les budgets ne sont pas faits encore, précise M. Lemay. On connaîtra les montants plus tard. Ça dépendra aussi des investisseurs ou de l’acheteur.» Le dirigeant d’entreprise confirme que s’il trouve un acheteur, il est prêt à laisser aller cette propriété.
Une situation qui rend frileux
Le président de Stelmine admet aussi avoir été refroidi par la situation qui prévaut actuellement du côté de l’exploration pétrolière, plus particulièrement le conflit qui s’est installé entre Pétrolia et la Ville de Gaspé. «Si je regarde en général, c’est difficile pour les compagnies qui font de l’exploration de pétrole, avoue-t-il. C’est pour cette raison que les marchés boursiers ne sont pas très favorables. En 2008, le baril de pétrole se transigeait à 140$ le baril. Actuellement, il est à 90$.»
En 2008, Stelmine a acheté d’Hydro-Québec le territoire de 34 000 hectares au sud des Méchins, dans les limites de l’ancien village de Saint-Paulin-d’Alibert, limitrophe à la réserve faunique des Chic-Chocs. La propriété est bordée par Pétrolia au sud et Ressources Mundiregina au nord.
Acceptabilité sociale
Michel Lemay assure qu’il n’y aurait aucun risque de contamination de l’eau potable puisque la propriété, nommée Gaspesia, est située entre 10 et 20 kilomètres des résidences des Méchins. Mais cela n’empêche pas le maire de l’endroit d’exprimer certaines craintes.
«Je vois ce qui se passe à Gaspé et si j’avais été à la place du maire, j’aurais fait la même chose, soutient Jean-Sébastien Barriault. C’est sûr qu’il n’y aura rien qui se fera sans consulter la population. Il y a tellement de questions à se poser que c’est difficile de dire si on est pour ou contre.»
Le maire Barriault indique avoir été mis au courant du projet en consultant le site du ministère des Ressources. «La compagnie n’est jamais entrée en communication avec moi», dit-il.
«Comme on n’est plus certains d’aller de l’avant, on n’avait pas à rencontrer les gens de la place», rétorque le président Michel Lemay de Stelmine.
Piloté par un organisme sans but lucratif nommé Bâtisseurs 2010, l’édifice comprendra 21 appartements pour personnes autonomes ou en légère perte d’autonomie.
L’initiative mijote depuis près de cinq ans. Des progrès marqués ont caractérisé les deux dernières années, notamment ponctuées d’études de préfaisabilité et de faisabilité, d’un sondage, de la recherche de financement et des vérifications auprès de résidences du même type.
«La résidence couvrira le territoire compris entre Pointe-à-la-Croix et l’Ascension-de-Patapédia. Ce n’est pas juste pour le village de Matapédia. Il y a une clientèle pour ce type de résidence, puisque 23% de la population du secteur est âgée de 65 ans et plus. C’est plus élevé que la moyenne régionale en Gaspésie, qui est de 17 à 18%. Le besoin est assez élevé. On parle d’appartements ici, pas de chambres», explique Carl Haley, trésorier de Bâtisseurs 2010.
M. Haley et les autres membres de son conseil ont travaillé de concert avec l’organisme Groupe ressources en logement collectif de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine pour déterminer la taille de la résidence et les formes d’aide financière et technique s’appliquant à ce genre de projet.
«Nous avons appelé les autres organismes qui gèrent des résidences du même genre à New Carlisle, New Richmond et Causapscal, pour prendre des décisions au sujet de la grandeur des appartements, les services à offrir et les frais de loyer que nous pouvons charger, entre autres», ajoute M. Haley.
Fonctionnement
Le loyer est basé sur le revenu annuel des résidents. Les gens gagnant moins de 18 000$ par an peuvent bénéficier de crédits. Les autres résidences avec lesquelles Bâtisseurs 2010 est entré en contact offrent le loyer à des sommes variant entre 1120$ et 1255$ par mois. Ce tarif inclut deux repas par jour, notamment.
La résidence abritera une salle à manger et des salles pour les réunions. Chaque appartement comprendra une grande chambre à coucher, une salle de bain, un grand salon avec une cuisinette et un balcon extérieur.
Présentement, 24 personnes ont inscrit leur nom sur la liste des futurs résidents, et 40 personnes supplémentaires ont exprimé un intérêt pour y demeurer ultérieurement.
«Décision difficile»
Carl Haley remarque que ce sont «des décisions difficiles, de sortir de la maison. Beaucoup de gens attendent qu’il soit trop tard. Ils sont très attachés à leur maison. Souvent, ce n’est plus sécuritaire et ça coûte très cher de rester dans leur maison. Nous voulons offrir une alternative à ceux qui sont prêts à bouger».
Le projet coûtera assurément plus de 2 millions de dollars, mais le président de Bâtisseurs 2010, Royal Bérubé, préfère être discret quant au chiffre présumé de construction de la résidence, entre autres parce que l’appel d’offres n’est pas publié.
«Notre groupe a ses devoirs à faire pour amasser sa part du financement, qui est de 130 000$. Ça va bien; le Centre local de développement et la MRC (d’Avignon) nous donnent 50 000$, et la Caisse populaire des monts et rivières nous accorde 25 000$», précise M. Bérubé.
Des bénévoles ont aussi organisé des activités de financement. La Municipalité de Matapédia fournit gratuitement un terrain près de l’église Saint-Laurent et ne fera payer aucune taxe foncière à la résidence tant que l’hypothèque ne sera pas réglée.
La Société d’habitation du Québec finance ce type de projet jusqu’à un seuil de 50%. Le solde sera financé par un prêt hypothécaire.
Carl Haley et Royal Bérubé s’attendent à recevoir l’approbation finale de la Société d’habitation du Québec en avril. L’appel d’offres serait publié rapidement par la suite. «La construction pourrait débuter en mai et la résidence pourrait être livrée en décembre ou en janvier 2013. Ça peut aller très vite», disent-ils.
C’est le cas de Charles-Eugène Marin, qui a été député conservateur de l’ancienne circonscription fédérale de Gaspé de 1984 à 1993. Celui-ci renonce à son parti depuis l’élection de Stephen Harper, soit depuis bientôt sept ans. «Je connaissais Harper comme employé d’un de mes amis, quand j’étais député, se rappelle le Dr Marin. Je n’avais pas trouvé que c’était un type qui pouvait aider la population, à plus forte raison lorsqu’il s’est présenté comme conservateur, alors qu’il n’a jamais été conservateur de sa vie. C’est un réformiste!»
L’ancien parlementaire avoue même avoir voté pour le Nouveau Parti démocratique lors des dernières élections.
La réforme de l’assurance-emploi, qui est entrée en vigueur au début janvier, n’a rien pour atténuer son rejet envers son ancienne formation politique. «L’assurance-emploi ne coûte rien au gouvernement, soutient-il. Mais Harper s’en sert pour faire les politiques qu’il veut.»
Son ancien attaché politique a la même opinion. Lors de la manifestation du 26 janvier où quelque 700 personnes ont fait connaître leur opposition à la réforme, Égide Trépanier a publiquement dénoncé les nouvelles règles.
Un ancien candidat désillusionné
Le son de cloche est le même du côté d’Allen Cormier, le préfet de la Haute-Gaspésie, qui s’est présenté comme candidat conservateur lors des dernières élections du 2 mai 2011. Lui qui a pris part à la manifestation du 26 janvier et qui a dénoncé publiquement la réforme de l’assurance-emploi, claque aussi la porte du Parti conservateur.
«C’est un désaveu complet, laisse-t-il tomber. À moins qu’il y aurait de très gros changements, je ne briguerai pas un siège de député du Parti conservateur aux prochaines élections. Ce n’est pas parce que j’étais candidat conservateur que j’ai les yeux fermés!»
Un militant plus nuancé
Du côté de l’agent officiel du Parti conservateur pour la circonscription depuis près de 30 ans, les opinions sont moins acerbes, même s’il admet ne plus être aussi à l’aise qu’il l’a déjà été au sein de la formation. Il se range du côté progressiste. «Ce qu’il faut comprendre, c’est que nous, les conservateurs, si on ne s’étaient pas remariés avec l’Alliance, qui était la partie dure, un peu comme les caribous au PQ, ce serait bien différent, estime Jean-Pierre Pigeon. Dans le temps de Mulroney, c’était le Québec et une partie de l’Ontario qui menaient. Là, c’est l’Ouest qui mène.»
Il s’en prend à la réforme de l’assurance-emploi, mais demeure fidèle à son parti. «Je ne désavoue pas le Parti conservateur parce qu’il y a des mesures qui sont correctes, tempère Jean-Pierre Pigeon. Je ne participe à aucune manif. Je ne fais jamais d’esclandres. J’écris des lettres et je parle à des gens pour dire que ça n’a pas de bons sens, qu’on n’est pas heureux de ça. Je demande si c’est possible d’apporter des nuances, comme sur la règle des 100 km. C’est difficile de pêcher et de travailler en forêt au mois de janvier! Il y a certains organismes dont les emplois sont seulement saisonniers.»
La ligne téléphonique Info-aidant, 1-855 8LAPPUI (1-855-852-7784), a été lancée à l’échelle nationale le 6 novembre. Depuis ce temps, les Gaspésiens et Madelinots qui composaient ce numéro se faisaient répondre par quelqu’un de l’extérieur. Mais, dans quelques semaines, ils n’auront maintenant qu’à composer le 1 855 852-7791 pour parler à une intervenante basée à Chandler. Cette personne-ressource, qui a été embauchée mardi par l’organisme qui gère ce service, soit L’Appui Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, entrera en fonction lundi.
L’Appui a pour mission d’aider les proches aidants non rémunérés qui s’occupent de personnes en perte d’autonomie. La section régionale a aménagé ses bureaux à Chandler à la fin décembre. Son directeur général, Raynald Blais, a été engagé le 5 novembre. «On est passés de la phase de démarrage à la phase de déploiement», souligne-t-il.
Même s’il est entré en fonction depuis quelques mois seulement, le directeur général a déjà pu constater que ce service était nécessaire sur le territoire. «J’ai déjà personnellement reçu des appels de gens de la région», souligne-t-il.
Besoins
Selon le porte-parole, les situations sont complexes. «Le proche aidant appelle pour toutes sortes de raisons, raconte-t-il. Qu’il travaille ou non, qu’il soit âgé ou non, le proche aidant a de plus en plus de charge sur les épaules, qu’elle soit émotive, financière ou physique. Il ne sait parfois pas où donner de la tête parce que, dans certains cas, c’est une personne isolée.»
Pour Raynald Blais, chaque cas est différent. «Des fois, on va avoir besoin de savoir comment procéder par rapport à un parent qui est en fin de vie ou par rapport à l’héritage, comment éviter une chicane de famille ou comment arriver financièrement, donne-t-il en exemples. Pour d’autres, c’est parce qu’ils vivent de la détresse, ils n’en peuvent plus. Pour d’autres encore, c’est parce qu’ils ont besoin de répit. Enfin, ça peut aussi être une combinaison de tout ça.»
L’Appui Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine a deux mandats principaux: mettre en place la ligne Info-aidant et veiller à son financement. Les services de l’organisme comprennent quatre volets: l’information, la formation, le soutien psychologique et le répit. Cela devient complémentaire aux services qui peuvent déjà être offerts à la clientèle par les centres de santé et de services sociaux, les centres d’action bénévole et les organismes pour aînés.
Phénomène grandissant
Selon M. Blais, le phénomène des proches aidants est en croissance. «La perte d’autonomie des gens aidés est grandissante parce qu’ils sont de plus en plus âgés et qu’ils veulent de plus en plus rester à la maison, explique l’ancien député fédéral. C’est connu qu’aujourd’hui, on vit de plus en plus vieux.»
«Le taux de personnes âgées de 65 ans et plus représente 20 % de la population de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine, alors qu’il est de 17 % à l’échelle du Québec, poursuit-il. D’ici 2031, on prédit que ce sera 40 % de la population de la Gaspésie et des Îles qui sera âgée. Cette proportion-là sera encore plus âgée qu’aujourd’hui!»
Clientèle plus élevée dans la région?
Même si, pour le moment, il est impossible de chiffrer le nombre de proches aidants sur le territoire de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine, ni de savoir la proportion d’appels provenant de la région qui ont pu être traités par la ligne d’écoute et d’aide provinciale, Raynald Blais en déduit que les proches aidants sont sans doute plus nombreux dans la région.
«C’est non seulement à cause de la démographie vieillissante, mais c’est aussi à cause de la culture, décrit-il. Nos caractéristiques conviviales, notre histoire et notre esprit d’entraide jouent un facteur.» Les proches aidants sont en majorité des femmes qui sont, elles-mêmes, souvent âgées.
Par conséquent, le porte-parole en conclut que les besoins sont grandissants. «Les besoins sont à la fois complexes et criants», constate M. Blais. Selon lui, l’émergence de groupes qui prendront bientôt forme à Percé et à New-Richmond en témoigne. «Il y a deux groupes qui sont en train de se former, un dans la MRC du Rocher-Percé, l’autre dans la Baie-des-Chaleurs, se réjouit-il. Ils ont décidé de se rassembler parce que les besoins sont là. Il y a une urgence qui est en train d’éclore.»
Même s’ils n’ont pas de liens directs avec L’Appui, ces groupes travailleront en collaboration avec celui-ci.
Même s’ils savaient qu’un retour à la terre était le plus susceptible de répondre à leurs attentes, ils ont quand même eu besoin d’une période de réflexion de trois ans avant d’arrêter leur choix sur une fromagerie alimentée par un troupeau de chèvres.
Déclencheur
L’élément déclencheur menant à la nécessité de changer de vie est survenu en mai 2009, quand le père de Natalie est décédé subitement.
«Je suis sorti dehors une minute. Il était alors en pleine forme et quand je suis rentrée, il était par terre, mort. […]. Tant qu’à travailler pour travailler, on s’est dit : « on fait quelque chose qu’on aime ». On aime l’agriculture. Le lait de vache, c’est compliqué, avec les quotas. On avait deux chèvres à la maison. On aimait ça», raconte Mme Saint-Onge.
Elle administre une concession automobile à Bonaventure, et elle prépare présentement sa transition vers la production de fromage à temps complet.
Besoin de changement
Mécanicien d’engin de chantier, Simon Thibodeau était mûr pour un virage.
«Avant qu’on se lance, il y avait toujours quelque chose qui allait mal. Depuis le début du projet, je n’ai jamais été aussi heureux. Tout va bien. Quand tu crois à ce que tu fais, ça va bien», dit-il.
Le déclic pour le fromage s’est fait l’été dernier. «Ce qui m’inspirait, c’était de trouver un produit original. Il n’y avait pas de fromage fait en Gaspésie depuis quelques années. Ça fait trois ans que notre idée mûrit. On s’est mis à rêver, puis on a arrêté. Ça fait six mois qu’on fonce», ajoute-t-il.
Foncer n’est pas un mot trop fort pour décrire la fébrilité des six derniers mois, alors que le plan d’affaires, la recherche de financement, les modifications aux bâtiments, la construction de la fromagerie proprement dite, les commandes d’équipements et la formation à l’Institut de technologie agricole à La Pocatière ont été réalisés.
De deux chèvres de compagnie, le troupeau est passé à 36 chèvres et deux boucs. Une vingtaine de chèvres mettront bas sous peu.
À plus long terme
Le couple voudrait avoir 150 chèvres en 2014. «Pour faire trois produits, un fromage frais, un fromage vieilli et le yogourt, il faut avoir assez de lait», note Natalie Saint-Onge.
À peu près 90% de l’équipement est déjà rendu sur place. Les connaissances de Simon Thibodeau en mécanique et ses capacités manuelles en général sont utilisées au maximum, puisqu’il réalise à peu près tous les travaux, souvent avec l’aide d’amis, ou de parents.
Il restera, après le dégel, l’aménagement des champs d’épuration pour compléter les devoirs environnement de la Ferme Natibo.
Prendre le temps qu’il faut
Le couple aimerait réaliser des tests de production en mai et mettre ses produits en marché au cours de l’été.
«On ne veut pas le présenter en catastrophe. On retient une leçon de La Pocatière. Il faut que le fromage que nous ferons goûte 100 fois la même chose avant de le vendre. Dans l’alimentation, on ne peut se permettre un problème de qualité», prévient Natalie Saint-Onge.
Ils sont un peu renversés par la collaboration de leur entourage et des commerçants du secteur. «C’est presque gênant», résume Simon Thibodeau.
Une quinzaine de représentants de l’industrie éolienne provenant d’un peu partout, dont de Matane, Gaspé et même de la Beauce et desquels dépendent plus de 1000 emplois, attendaient le ministre responsable du Bas-Saint-Laurent et député de Matane-Matapédia de pied ferme, dans le cadre du déjeuner-rencontre annuel de la Chambre de commerce région de Matane, auquel il prenait part la semaine dernière.
Ils comptaient bien connaître les intentions du gouvernement du Québec concernant l’appel d’offres de 700 MW d’énergie éolienne laissés orphelins et dont l’annonce est attendue avec impatience.
Lors de l’une de ses interventions portant sur le sujet, le parlementaire a confirmé la volonté de son gouvernement d’octroyer les 700 MW annoncés précédemment par les libéraux. «D’ici juin, on devrait arriver avec des annonces dans cette filière-là», a-t-il fait savoir. La déclaration a été reçue par les représentants de l’éolien comme un vent de fraîcheur.
À l’issue de l’événement, la délégation de l’éolien a réussi à obtenir, à brûle-pourpoint, une brève réunion privée avec le ministre Bérubé. «Ça a été une belle rencontre, rapporte le directeur général du TechnoCentre éolien, Frédéric Côté. Essentiellement, ça a été un moment où on a pu présenter notre point de vue au ministre. Il n’y a pas eu beaucoup de nouveau lors de cette rencontre privée. Le ministre était beaucoup en mode écoute. Mais cette volonté ferme d’aller de l’avant est, à ce jour, le message le plus clair et le plus précis dans ce dossier. On s’en réjouit!»
Minuit moins une
Du même souffle, les industriels et protagonistes du développement éolien tenaient à sensibiliser Pascal Bérubé à l’importance de procéder dans les meilleurs délais possibles. «On comprend que le nouveau gouvernement devait arriver et prendre connaissance de ses dossiers, convient Frédéric Côté. On peut comprendre que ça prend un certain moment pour prendre les rênes. Maintenant que c’est fait, puis qu’il y a une volonté manifeste d’aller de l’avant et de continuer d’appuyer le développement de la filière éolienne au Québec, c’est le moment de passer à l’action rapidement.»
«Il faut comprendre les délais normaux que cela prend pour développer un projet éolien, poursuit-il. Il faut synchroniser le développement de projets avec la capacité manufacturière pour éviter de se retrouver avec des arrêts temporaires de production, ce qui ne serait pas à l’avantage de personne. C’est surtout là que l’industrie est préoccupée. On voulait aussi faire sentir au ministre que les gens sont mobilisés et qu’ils sont prêts à livrer la marchandise.»
M. Côté souligne qu’à partir du moment où il y a une décision de prise pour un appel d’offres, il faut compter un délai d’environ 36 mois pour livrer un parc éolien. «On n’est pas dans une situation où les carottes sont cuites, mais on est certainement dans un contexte où il y a une urgence d’agir, si on ne veut pas se retrouver avec un trou dans le carnet de commandes», a-t-il tenu à préciser.
Pascal Bérubé a rappelé que le gouvernement péquiste avait, en 2001, fait le choix de l’éolien. «Ça a permis de diversifier l’économie, a-t-il indiqué. On a fermé Gentilly. Mais La filière éolienne est là pour rester parce que c’est vert, ça crée de l’emploi et c’est bon pour notre économie. L’octroi des 700 MW aura lieu, mais l’annonce appartient à la ministre des Ressources naturelles.»
Région désignée
Même si l’appel d’offres attendu sera ouvert à tout le Québec et qu’il n’y a donc pas de demande particulière de la Gaspésie concernant la localisation des projets, il n’en demeure pas moins que les protagonistes gaspésiens et matanais nourrissent certains espoirs. «On s’attend à ce que les exigences de contenu québécois et local, en termes de région désignée, soient maintenues dans le prochain programme», souhaite le dirigeant du TechnoCentre éolien. La région désignée est la Gaspésie et la MRC de Matane, telle que décrétée dans les précédents appels d’offres d’Hydro-Québec.
S’il s’est fait rassurant, le ministre Bérubé a tout de même terminé son allocution, prononcée devant quelque 115 convives venus prendre part à l’événement de Matane, en apportant certaines nuances. «Il faudra réfléchir sur le développement éolien pour plus de retombées dans les communautés et pour qu’Hydro-Québec puisse jouer un rôle encore plus important dans cette filière», a-t-il soutenu.
Dans un milieu qui fait face à un manque criant d’infirmières, la nouvelle est accueillie avec beaucoup d’enthousiasme.
Ce programme de formation technique sera le premier offert en partie de façon magistrale et en partie en télé-enseignement. Les cours seront offerts dans des locaux du Centre de l’éducation des adultes et de la formation professionnelle Champagnat-La Haute-Gaspésie, situé à Sainte-Anne-des-Monts, où le Cégep de Matane y occupe des espaces depuis près de 30 ans.
L’offre est rendue possible grâce à un partenariat entre le Cégep de Matane, l’Agence de la santé et des services sociaux de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, le Centre de santé et de services sociaux (CSSS) de La Haute-Gaspésie et le Centre de l’éducation des adultes et de la formation professionnelle Champagnat-La Haute-Gaspésie de la Commission scolaire des Chic-Chocs.
Les partenaires
«Le Cégep de Matane a entendu les demandes de la population de la Haute-Gaspésie, fait valoir le directeur des services éducatifs de l’établissement, Louis Poirier. La concrétisation de ce projet permettra de répondre aux importants besoins de main-d’oeuvre qualifiée du marché du travail.»
«Pour certains élèves qui ont commencé leur cheminement avec nous, il s’agira d’un retour aux sources, ajoute le directeur du Centre de l’éducation des adultes et de la formation professionnelle Champagnat-La Haute-Gaspésie, Jean Bégin. Nous serons heureux de les épauler de nouveau dans leur projet professionnel, en collaboration avec le Cégep de Matane.»
Pour le directeur général par intérim du CSSS de La Haute-Gaspésie, la nouvelle ne pouvait mieux tomber. «Cette offre de formation arrive à point car nous vivons actuellement une importante pénurie d’infirmières, rappelle Bertin Riverin. Un groupe d’infirmières auxiliaires de notre centre entreprendra la formation d’infirmière dès septembre. De plus, l’accès à ce programme pour les jeunes de notre communauté est un atout majeur pour notre établissement puisqu’il contribue à la rétention et au recrutement de personnel afin de nous soutenir dans notre objectif d’accessibilité, de qualité et de continuité des services à la population.»
Dans une ville aux prises avec des problèmes d’accessibilité aux études postsecondaires et de pauvreté chronique, la nouvelle est accueillie par la mairesse de Sainte-Anne-des-Monts comme une grande bouffée d’air frais. «Cette annonce constitue un pas de plus vers le développement d’une offre de formation collégiale en Haute-Gaspésie, estime Micheline Pelletier. Les adultes et les jeunes non mobiles qui souhaitent obtenir un diplôme qualifiant ont dorénavant la possibilité de poursuivre des études collégiales, d’obtenir un diplôme et de décrocher un emploi, chez eux, en Haute-Gaspésie.»
Mandat et conditions d’admissibilité
L’équipe du Centre d’éducation des adultes et de formation professionnelle aura un double mandat: offrir la formation générale manquante aux candidats intéressés ainsi que louer des laboratoires et du matériel de formation spécialisé, tels que des mannequins.
Pour être admissibles au programme technique d’une durée de trois ans, les personnes intéressées doivent détenir un diplôme d’études secondaires ou un diplôme d’études professionnelles en Santé, assistance et soins infirmiers.
Organisé par Ski Chic-Chocs de Sainte-Anne-des-Monts, l’événement est, selon le responsable des ventes, du service à la clientèle et des opérations de l’entreprise, unique en son genre sur la côte Est du Canada. «C’est une activité qui s’apparente davantage au ski qui se fait dans l’Ouest canadien, dans les Alpes ou en Amérique du Sud, soutient Pierre-Louis Vigeant. Il y a plus de 25 sommets, dans les Chic-Chocs, qui atteignent 1000 mètres.»
«Évidemment, on ne skie pas la totalité du dénivelé, poursuit-il. En milieu alpin et semi-alpin, une proportion de la descente se fait au-dessus de la ligne des arbres. C’est quelque chose qu’on ne peut pas faire ailleurs au Québec.» Les dénivelés que graviront, puis descendront les skieurs, seront de 200 à 550 mètres.
Objectif de l’événement
L’objectif du Festival est de regrouper les amateurs de hors-piste non mécanisé autour d’une fête qui se déroulera dans le secteur des Mines Madeleine. «Les remontées se feront à l’aide de peaux d’ascension, communément appelée peaux de phoque, précise le porte-parole de l’événement. C’est un peu la méthode qu’utilisaient les autochtones pour se déplacer sur la neige. C’est une peau qu’on colle en-dessous des skis et qui permet de glisser dans un sens et de s’agripper dans l’autre. C’est un ski qui s’apparente davantage à celui qui se faisait au début du ski alpin.»
«C’est une activité qui est un peu, jusqu’à un certain point, un retour vers la montagne, en ce sens que le but n’est pas d’enchaîner le maximum de descentes comme on fait en centre de ski, continue-t-il. Le but est, en même temps, de vivre une expérience de montagne. Alors, il faut trouver autant de plaisir à monter qu’à descendre. Les gens qui prennent le temps de monter de cette façon-là savourent chaque virage d’une manière beaucoup plus gourmande que les gens qui prennent des remontées mécanisées pour pouvoir se rendre au sommet des montagnes.»
Programmation
Le Festival débutera vendredi par un souper au Pub Chez Bass de Sainte-Anne-des-Monts. «C’est une rencontre un peu informelle, mentionne M. Vigeant. C’est pour regarder des films de ski et de planche à neige et pour côtoyer des amateurs de glisse.»
Le lendemain, soit le samedi matin, les skieurs seront invités à se rendre au Centre de découverte, situé à proximité du Gîte du Mont-Albert, dans le Parc de la Gaspésie. «Là, il va y avoir un petit village-tentes avec des représentants de chaque type de glisse, décrit l’organisateur. De là, on va transporter les participants vers le secteur des Mines Madeleine. D’amener 60 personnes là, ça va être un record. Il n’y a jamais eu autant de gens aux Mines Madeleines dans l’histoire du ski hors pistes.»
Les skieurs seront transportés en chenillette et en motoneige. «C’est la seule portion qui sera mécanisée, tient-il à préciser. Sinon, ça prendrait trois heures à un skieur en forme seulement pour se rendre dans le fond de la vallée, sans faire d’ascension.» La journée sera guidée et encadrée par l’équipe de sécurité de Ski Chic-Chocs.
À la fin de la journée, les sportifs se retrouveront de nouveau au Centre de découverte, pour se diriger ensuite vers le bar du Gîte du Mont-Albert pour un 5 à 7 bières et fromages, pendant lequel l’aventurier alpin Simon St-Arnaud prononcera une conférence. Par la suite, les couche-tard auront le loisir de se diriger vers le Sea Shack de Sainte-Anne-des-Monts, où un spectacle sera présenté au bar.
Le dimanche, le rendez-vous sera de nouveau fixé au Centre de découverte, où des représentants de boutiques et d’entreprises seront réunis. On y retrouvera des producteurs offrant des services de ski et de planche à neige guidés en Haute-Gaspésie, tels que le Chic-Chac de Murdochville, la Vallée Taconique de Mont-Saint-Pierre et Vertigo-Aventures de Sainte-Angèle-de-Mérici. Le Centre d’avalanche de La Haute-Gaspésie sera également représenté. «Chacun des producteurs proposera des activités-surprises de glisse dans des secteurs différents, stipule M. Vigeant. Le nombre de personnes va être limité entre 8 et 12 par activité.»
Objectif de participation
Déjà, les organisateurs ont atteint leur objectif de participation, qui a été fixé à 60 personnes. «Cette année, on s’est fixé un objectif conservateur, souligne le représentant de Ski Chic-Chocs. On a l’intention, pour l’année prochaine, de se fixer un objectif un peu plus agressif, en montant à 100 ou 120 skieurs.» Les réservations ont été gérées par la Société des établissements de plein air du Québec (SÉPAQ).
Les participants de cette première édition proviendront d’un peu partout au Québec, de la Nouvelle-Écosse, du Nouveau-Brunswick et d’Ottawa.
Intitulée «Opération et contrôle de procédés industriels», la formation, d’une durée de 1485 heures réparties sur cinq sessions, sera dispensée au centre de Collégia à Sainte-Anne-des-Monts. Par contre, en l’absence de laboratoire d’électronique industrielle, deux cours se donneront au Cégep de Matane. «Le programme a été élaboré en collaboration avec Orbite, qui a exprimé ses besoins, spécifie la coordonnatrice de la formation à Collegia, Christine Dugas. Il est possible que certains experts d’Orbite viennent donner de la formation.»
Places limitées
Vingt candidats pourront être admis, même si l’usine d’Orbite de Cap-Chat a mis à pied près de trente de ses travailleurs qui ne possédaient pas la formation désormais exigée.
Pour l’instant, aucun porte-parole d’Orbite n’était disponible pour entrevue. Cependant, le 11 décembre, lors de la manifestation orchestrée par une douzaine d’employés congédiés par l’entreprise, le directeur des relations avec la communauté avait affirmé que la compagnie ne s’engageait pas à réengager les ex-travailleurs qui auront complété la formation. «Ça va être comme l’ensemble des candidatures qui vont se pointer, avait indiqué André Lemieux. On ne peut pas garantir à 100%. C’est sûr qu’à compétences égales, on va favoriser la main-d’oeuvre locale.»
Christine Dugas précise que les diplômés pourront travailler ailleurs que chez Orbite. «Ils pourront travailler dans n’importe quelle industrie minière, comme pour le Plan Nord ou, même si la demande est moins grande, dans le domaine des pâtes et papier», précise-t-elle.
Manque de soutien financier
Quelques ex-employés d’Orbite rencontrés en décembre se disaient intéressés par cette formation, mais à condition qu’elle soit payée par l’entreprise. Comme la formation s’étale sur seize mois et que certains d’entre eux sont prestataires d’assurance-emploi depuis le printemps, leurs prestations prendront fin avant qu’ils n’aient obtenu leur diplôme.
«Je ne suis pas contre la formation, mais le Centre local d’emploi m’offrira, quand mon chômage sera terminé, 240$ par semaine pour suivre cette formation, déplore Johnny Kenney, qui est père de trois enfants. Connaissez-vous beaucoup de gens qui peuvent vivre avec ce montant?»
Trois séances d’information sur l’AEC «Opération et contrôle de procédés industriels» se tiendront les 21, 22 et 23 janvier à 19h. Elles auront respectivement lieu au Cégep de Matane, au Centre Champagnat de Sainte-Anne-des-Monts et au Centre municipal de Grande-Vallée.
Orbite obtient un prix
Manufacturiers et exportateurs du Canada, en collaboration avec le Programme d’aide à la recherche industrielle du Conseil national de recherches du Canada, a élevé Orbite Aluminae au titre de gagnant des Prix régionaux de nouvelle technologie 2012 pour le Québec.
Ces honneurs lui ont été décernés pour son procédé de production innovant d’alumine ne générant pas de déchets de boues rouges.
Elle a eu lieu à Shigawake, lieu de résidence de l’instigatrice de l’événement, Brenda Hayes.
Il s’agissait de la troisième marche du genre en 15 jours en Gaspésie, et des citoyens micmacs, anglophones et francophones y participaient. Sept élus y ont pris la parole, en plus de citoyens engagés dans des causes principalement liées à l’environnement.
Le député fédéral de Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, Philip Toone, a rappelé l’importance de défendre les droits autochtones en cette année de 250e anniversaire de la Proclamation royale de 1763, mais il a surtout insisté sur l’imminence du «trou noir» pour les travailleurs recevant présentement des prestations d’assurance-emploi. C’est la période sans revenu, entre l’arrêt des prestations et le début de l’emploi.
«Au cours des prochaines semaines, la préoccupation se tournera du côté du trou noir. Les gens verront qu’ils perdent cinq semaines de revenus. Pour certains d’entre eux, ça commence le 1er mars», a rappelé M. Toone, soulignant la nécessité de continuer à mettre de la pression sur le gouvernement conservateur de Stephen Harper.
«On veut une rencontre avec la ministre [Diane Finley], qu’elle vienne ici voir la misère qu’elle a créée», a conclu le député.
«Marque de solidarité»
Quentin Condo, conseiller à Gesgapegiag, s’est dit touché par cette autre marque de solidarité des Gaspésiens d’origines diverses à l’endroit des autochtones. Il s’est dit déterminé à «poursuivre la bataille contre Harper et à dire non aux autres clowns qui le suivent».
L’environnementaliste Cynthia Dow a souligné que «Harper ne respecte pas les autochtones et les Gaspésiens, mais je pense qu’il commence à respecter Idle no more!».
Bilbo Cyr, d’Environnement vert-plus, a «remercié» Stephen Harper pour «nous prouver que nous pouvons être solidaire». Il a du même souffle dénoncé les politiques du premier ministre canadien, «comme si la seule voie, c’était de devenir une autre Alberta» à travers un «rythme de production effréné. Nous vivons une espèce de dépossession tranquille», a-t-il dit.
Le pêcheur Jeffrey Vautier a rappelé que les premiers pas du programme d’assurance-emploi remontaient à 1956 et que son effritement était inacceptable.
«Beaucoup d’entre nous doivent quitter pour travailler dans l’ouest […] On parle aussi d’un gouvernement qui ne protège pas nos marchés, nos stocks de poissons et leurs habitats», a-t-il lancé.
Les maires Kenny Duguay, de Shigawake, Lisa MacWhirter, de Hope Town, Hazen Whittom, de Hope, Gérard-Raymond Blais, de Saint-Godefroi et Gérard Marcoux, de Saint-Elzéar ont aussi pris la parole.
«Le gouvernement travaille sans la consultation de la population […] Travailler à 70% de son salaire plus une heure de route égalent travail au noir», a indiqué M. Whittom.
Respect de la vie privée