«À notre arrivée, les flammes sortaient par le toit à l’extérieur», décrit le directeur du service de prévention des incendies de la Ville de Sainte-Anne-des-Monts, Carol Dugas. En tout, 24 pompiers ont combattu le brasier, qui a été circonscrit vers midi. Les sapeurs de l’endroit ont demandé le renfort de leurs collègues de la caserne de Cap-Chat.
«On a déplacé les personnes qui étaient au sixième et on les a replacées au deuxième, raconte le directeur général par intérim du Centre de santé et de services sociaux de la Haute-Gaspésie, Bertin Riverin. On a essayé au cinquième, mais l’odeur de fumée demeurait. Pour l’instant, il serait souhaitable d’éviter les visites à l’hôpital. On pense qu’une partie du sixième pourra être rouverte vendredi.» Cet étage loge les ailes de la psychiatrie et de la gériatrie.
Cause probable
Selon l’agent d’information de la Sûreté du Québec, tout doute d’incendie criminel ou même suspect est écarté. «La veille, à Sainte-Anne-des-Monts, il y a eu un bris d’équipement d’Hydro-Québec, soit un transformateur qui aurait fait défaut, explique Claude Doiron. Une génératrice se met automatiquement en marche lorsqu’il y a panne électrique à l’hôpital. Cette génératrice, qui est située au sous-sol, a un conduit d’évacuation des gaz chauds.»
«C’est comme une cheminée qui fait sortir les gaz par la toiture, à l’extérieur, poursuit-il. Selon toutes vraisemblances, ce tuyau aurait surchauffé. On peut penser que, depuis la veille, un petit début d’incendie couvait dans la toiture et ce n’est que le lendemain matin que ça aurait pris de l’ampleur.»
Mesures d’urgence efficaces
Les mesures d’urgence de l’hôpital ont été rapidement appliquées. L’évacuation du sixième étage, mais aussi des deux autres étages inférieurs, a été supervisée par le responsable de la sécurité de l’établissement, Michel Perry. «L’évacuation des trois étages s’est déroulée dans le calme», estime Claude Doiron. «On a eu une excellente collaboration de la Sûreté du Québec, de l’équipe des mesures d’urgence de l’Est-du-Québec et de notre personnel», tient à préciser Bertin Riverin.
Plusieurs autobus ont été appelés sur les lieux, au cas où tous les patients et le personnel auraient dû être évacués et transportés ailleurs, mais ils n’ont pas été utilisés. «Il y avait environ 150 personnes dans l’hôpital», estime le directeur général par intérim.
Dommages
Selon M. Riverin, il est actuellement prématuré d’évaluer les dommages. «Pour être capables d’atteindre le foyer d’incendie, les pompiers ont dû procéder à une ouverture dans la toiture, raconte le sergent Doiron. Il y a des tuiles qui sont tombées du plafond sur le plancher et des tuiles du sixième étage qui ont décollé. Donc, on ne peut pas chiffrer les dommages, mais ils sont causés surtout par l’eau et non la fumée. Présentement, c’est le nettoyage des lieux qui est en cours.»
«Il y aura aussi un espace d’environ 150 pieds carrés que le feu a endommagé qui sera à reconstruire», ajoute M. Riverin.
Le Marathon de la Baie-des-Chaleurs de Carleton-sur-Mer découle d’un groupe qui a pris la relève d’une dame de Charlo, au Nouveau-Brunswick, Janita Caron, organisatrice d’un événement qu’elle avait fondé il y a 20 ans.
Lors de la tenue du marathon du 3 juin à Charlo, Mme Caron a prévenu tout le monde qu’elle se retirait de l’événement. Elle avait marqué l’histoire de la course à pied en devenant la première femme en Amérique du Nord à organiser un marathon.
C’est dans les instants suivant son retrait qu’est entré en scène Antoine Moses. Il a suivi Janita Caron pour lui poser une question qui le tenaillait.
«C’est difficile, organiser un marathon?». Antoine voyait très bien son père Mario prendre la relève et changer le lieu de l’événement au bénéfice de son patelin, Carleton-sur-Mer. Antoine craignait un peu la réaction de sa mère, Line Bourdages, qui trouverait peut-être que son conjoint n’avait pas besoin d’organiser un marathon, en plus de ses tâches habituelles. Coureuse elle aussi, Mme Bourdages a finalement très bien pris la chose.
Janita Caron a rencontré Mario Moses le même 3 juin, peu après la question posée par Antoine, et il n’en fallait pas plus pour assurer la relève d’un événement appelé à changer de côté de la Baie-des-Chaleurs.
Dans la matinée du 4 juin, Mario Moses se pointait au magasin Intersport de Carleton-sur-Mer afin de demander au propriétaire Alphonse Boudreau s’il accepterait de devenir commanditaire du futur marathon gaspésien. M. Moses pouvait difficilement trouver meilleur commanditaire potentiel, le commerçant ayant déjà couru neuf marathons.
L’épreuve
Au nom d’un sport familial, accessible à toutes sortes de coureurs puisque l’événement offrira des distances de cinq, 10, 21 et bien sûr de 42 kilomètres à ses participants, au nom de la motivation personnelle qu’il donne aux gens, de saines habitudes de vie et d’une meilleure alimentation, Alphonse Boudreau a réagi à l’idée de M. Moses par un enthousiaste «accepté!».
Le lieu de départ et d’arrivée des épreuves sera le parc Germain-Deslauriers de Carleton-sur-Mer, adjacent à l’hôtel de ville. Les épreuves les plus longues feront passer les coureurs sur le barachois, jusqu’au phare. À l’ouest, les participants au marathon se rendront jusqu’à la rivière Nouvelle, au pont menant à Miguasha. Les novices pourront même débuter leur carrière de coureur en vertu d’une épreuve d’un kilomètre.
«Notre objectif est d’attirer 300 coureurs. Les profits seront versés aux clubs sportifs qui nous aident à organiser l’événement», note Mario Moses, qui s’est entouré d’un comité d’une douzaine de personnes évoluant dans diverses sphères de la société.
Les athlètes auront de plus le loisir de verser de l’argent à la Fondation santé de la Baie-des-Chaleurs. Il est possible d’obtenir plus d’information à l’adresse marathonbdc@gmail.com.
«Le travail autour du deuil n’est jamais évident, admet le psychologue de l’école, Thierry Wertz. Ici, on l’a individualisé pour répondre aux besoins des élèves. L’école s’est bien relevée de cette crise.»
Maintenant, la directrice de l’école souhaite que l’image de son école puisse changer. «Le fait qu’on associe l’intimidation à Sainte-Anne-des-Monts ne reflète pas l’image de l’école ici, soutient Isabelle Landry. On vit de belles choses. C’est une belle école, solidaire et dynamique. De l’intimidation et de l’homophobie, il n’y en a pas plus ici qu’ailleurs.»
Isabelle Landry succède à Line Miville, qui était directrice de l’école Gabriel-Le Courtois au moment de la crise. Celle-ci, qui avait refusé toute apparition publique pendant les cinq mois qui ont suivi le triste événement, occupe maintenant le poste de directrice des services éducatifs à la Commission scolaire des Chic-Chocs.
Selon le psychologue, le retour à la normale s’est effectué dans les mois qui ont suivi. Il estime que, déjà en avril, soit cinq mois après le drame, la vie avait repris son cours. «Les jeunes sont plus sensibilisés à la cause de l’intimidation et au danger du suicide, constate M. Wertz. On veut leur faire comprendre que le suicide, ce n’est pas une solution.»
Augmentation des demandes d’aide
Dans les semaines qui ont suivi la tragédie, il y a eu une recrudescence des demandes d’aide par les élèves. Deux travailleurs sociaux du Centre de santé et de services sociaux de la Haute-Gaspésie avaient été dépêchés, pendant cette période, pour venir en renfort à l’équipe d’intervenants de l’école Gabriel-Le Courtois.
Du côté de la Direction de la protection de la jeunesse Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, la directrice, Linda Keating, confirme une augmentation de 50% des signalements en Haute-Gaspésie dans les semaines qui ont suivi le drame du 28 novembre 2011.
Des amies témoignent
Une élève de 5e secondaire de l’école constate qu’il y a moins d’intimidation à l’école. «Les choses ont changé, croit Arianne Fournier. Il y a plus d’aide et de ressources pour aider les jeunes. Mais il y en a encore qui se font intimider à cause de leur homosexualité. Ils se font traiter de « fifs ».»
Une autre élève, dont l’identité est préservée à la demande de sa mère, n’a pas tout à fait le même point de vue. «Le monde essaiera de faire passer l’école comme la parfaite, de dire qu’il n’y a plus d’intimidation, mais moi, je vous dis qu’il y en a encore, déclare Jessica. Le monde ne se rentrera pas dans la tête que l’intimidation, ça fait mal. On s’en fout. En tout cas, ce n’est pas parce qu’une personne sourit que, nécessairement, ça va bien dans sa vie. Marjo souriait souvent, même toujours. Pourtant, sa vie était loin d’être rose.»
Pas d’activité de commémoration
Les représentants de l’école réitère qu’ils ne prévoient pas organiser une activité spéciale à la mémoire de la disparue. «Pour l’instant, on n’a pas reçu de demande formelle des élèves, souligne Thierry Wertz. On va rester attentifs à leurs besoins et demandes.»
Arianne Fournier a un sentiment partagé par rapport à l’absence d’activité de commémoration du décès de son amie Marjorie. «Je crois que c’est bien, d’un certain côté, vu qu’à un moment donné, ça bouleversait bien des gens, laisse tomber celle qui se dit déboussolée à l’approche de ce triste anniversaire. Mais, d’un autre côté, c’était quand même une élève de l’école et plusieurs n’ont pas la chance de faire quelque chose pour elle.»
Jessica, qui côtoyait souvent la jeune disparue, est moins nuancée. «Je trouve ça terrible, commente-t-elle. La plupart de ses amies ne réalisent même pas qu’elle est partie. Donc, je crois que commémorer sa mémoire serait juste un signe de respect. J’ai tourné la page, mais je pense encore à elle. Marjorie n’aurait jamais dû se suicider à cause de l’intimidation. Elle ne méritait pas ça.»
Autres points de vue concernant la commémoration du drame
«Si on doit faire quelque chose pour souligner l’anniversaire de son décès, il ne faut pas parler d’elle, mais de l’intimidation», croit la mairesse de l’endroit, Micheline Pelletier, tout en prenant soin de rappeler que le rapport du coroner entourant le décès de Marjorie Raymond a relevé plusieurs autres facteurs aggravants. On en fait encore la victime de Sainte-Anne-des-Monts. Ça a fini par ostraciser toute une population!»
De son côté, la grand-mère de Marjorie Raymond vivra ce triste anniversaire dans l’ombre. «Je désire vivre ça en retrait, laisse tomber Ginette Hétu. Je continue à penser à ma puce en silence.» Même si elle ne se dit pas contre la Fondation Jasmin Roy qui organisera, mercredi, un spectacle-bénéfice à Montréal à la mémoire de sa petite-fille, elle ne compte pas y assister.
L’événement marquait la fin des travaux de construction de la phase II du Parc de Gros-Morne-Sainte-Madeleine. La réalisation des deux phases s’est inscrite en marge du premier appel d’offres d’énergie éolienne de 1 000 MW commandés par Hydro-Québec Distribution.
D’une superficie de plus de 7 134 hectares, ce parc contient un total de 141 éoliennes produisant 1,5 MW chacune. Elles ont été fabriquées par GE. La puissance installée totale est de 211,5 MW. Les turbines sont reliées à 108 km de réseau électrique souterrain. Le parc a été construit au coût de 288 millions $, dont 176,3 millions $ ont été dépensés en Gaspésie et dans la Matanie.
Au terme des deux phases, le chantier aura procuré de l’emploi à plus de 750 personnes, dont la majorité provenait de la région. Le nombre d’employés permanents en période d’exploitation du parc est de dix et de trente en période de maintenance annuelle.
En fonction depuis le 6 novembre, le parc a été livré par Cartier énergie près d’un mois d’avance sur la date qui avait été convenue avec Hydro-Québec.
Un exemple d’acceptabilité sociale
Le député de Gaspé et ministre délégué aux Régions, Gaétan Lelièvre, a participé à la conférence de presse précédant l’inauguration. «Inaugurer le plus gros parc éolien au Canada, ce n’est pas rien», a-t-il lancé. Il a profité de l’occasion pour rappeler que l’éolien était un créneau d’excellence qui avait été instauré par le gouvernement du Parti québécois, il y a une dizaine d’années. «Le développement éolien est un exemple d’acceptabilité sociale, a-t-il tenu à préciser. Ici, en Gaspésie, on n’a pas senti de rivalité comme ailleurs au Québec et ça, c’est une fierté!»
Questionné sur l’ouverture attendue de l’appel d’offres de 700 MW orphelins d’énergie éolienne et sur le problème du goulot d’étranglement causé par une saturation de la ligne de transport électrique située à l’est de Rivière-du-Loup, le parlementaire n’avait rien de nouveau à faire connaître. «Je ne peux pas vous donner de délai, a-t-il répondu. Mais je peux vous dire que ces dossiers vont être traités dans les prochains mois.»
Une manne pour les municipalités
Les redevances versées aux deux municipalités qui accueillent ces éoliennes sont importantes. Sur un budget municipal d’environ 450 000$, Sainte-Madeleine recevra 157 500$ en contributions volontaires et les organismes du milieu se partageront 43 312$. «Pour nous, ça fait une énorme différence, s’est exclamé avec enthousiasme le maire, Joël Côté. Ça nous permet de mettre un pas en avant.» Il a publiquement interpelé ses conseillers municipaux à bien analyser les besoins du milieu afin que soient bien réparties les sommes allouées.
Du côté de Saint-Maxime-du-Mont-Louis, dont le budget municipal est d’environ 1,5 million$, la contribution de Cartier énergie est de 54 000$, à laquelle s’ajoutent 14 850$ au Fonds d’aide aux organismes. «Pour nous, c’est un vent de fierté, a lancé Paul-Hébert Bernatchez. C’est la deuxième annonce en deux ans. Il y a encore du vent. Donc, j’espère qu’il y en aura d’autres!»
Pour Cartier énergie éolienne, qui est un consortium des compagnies TransCanada Corporation et d’Innergex Énergie Renouvelable, le Parc de Gros-Morne-Sainte-Madeleine représente son cinquième parc éolien. Le siège social de l’entreprise est situé à Longueuil.
Certains organismes et individus s’y opposent. C’est notamment le cas de la présidente du Centre de pédiatrie sociale de la Haute-Gaspésie et ex-commissaire de la Commission scolaire des Chic-Chocs. «Jasmin Roy peut sensibiliser les jeunes contre l’intimidation, mais n’a pas à récupérer l’événement pour un spectacle hors région sur cette tragédie, estime l’orthopédagogue Claire Fortin, qui a également fait parvenir son point de vue par lettre à un dirigeant de la Commission scolaire. Son action doit s’en tenir à l’éducation et au partage de cette problématique avec les jeunes de la province.»
«C’est à Sainte-Anne-des-Monts à se recueillir sur ce souvenir douloureux, pour ne pas oublier que des ados souffrent et doivent se confier à des adultes significatifs et formés pour cela dans leur milieu scolaire, continue-t-elle. Je trouve que ce Jasmin Roy exagère dans la récupération de ce drame.»
«C’est son opinion, mais je ne la partage pas, se défend Jasmin Roy. Il faut faire attention quand on dit Jasmin Roy. Ce n’est pas Jasmin Roy qui décide de tout. J’ai un conseil d’administration. Pensez à d’autres événements qui ont eu lieu, comme en hommage à Dédé Fortin. Je ne suis pas là pour nuire au milieu. On ne peut pas faire comme si cet événement-là n’était pas arrivé!»
D’autres voix discordantes
Le même malaise est ressenti par l’Association québécoise de prévention du suicide et la Fédération des commissions scolaires. Pour les deux organismes, Marjorie Raymond n’a pas fait le bon choix et il faut faire attention de ne pas glorifier le geste.
«J’ai vu l’équipe des cadres travailler et voté des actions pour renforcer les protocoles et démarches dans le milieu scolaire à ce sujet, renchérit Claire Fortin. J’ai vu les efforts des professionnels qui ont travaillé à éviter une escalade de suicides par mimétisme.»
«C’est clair que Marjorie n’a pas fait le bon choix, admet Jasmin Roy. Sa mère, Chantal, dit la même chose. Mais si on n’en parle pas, c’est comme si on banalisait le sujet de l’intimidation.» Celui qui a donné son nom à la fondation, dont la mission est de lutter contre l’homophobie et l’intimidation, précise que le mot suicide n’est pas utilisé dans la promotion de l’événement, auquel plusieurs artistes ont confirmé leur présence bénévole, tels que Robert Charlebois et son fils Jérôme, qui a composé une chanson sur le thème de l’intimidation.
Marie-Denise Pelletier, David Jalbert, Daniel Lavoie, le Cirque Éloize, Ian Kelly, Steeve Diamond, Rick Hugues, Nelka Pelletier, Marco Calliari, Quartz, Maxime Landry, Trio BBQ, Martin Petit, Claude Gauthier et Sophie Pelletier partageront la même scène. «D’autres artistes se sont manifestés, mais on en a déjà trop, soutient M. Roy. On a dû faire des choix.» La mère de la défunte, Chantal Larose, agira à titre d’invitée d’honneur.
Aucune activité à Sainte-Anne-des-Monts
Du côté de Sainte-Anne-des-Monts et de l’établissement scolaire que fréquentait Marjorie Raymond, soit l’école Gabriel-Le Courtois, rien n’a été prévu pour commémorer le triste événement qui avait secoué tout le Québec, mais particulièrement la Haute-Gaspésie.
«L’école n’a pas l’intention d’organiser une activité spéciale, indique la conseillère en communication de la Commission scolaire des Chic-Chocs, Marie-Noëlle Dion. L’école est à l’écoute des besoins de ses élèves et aucun d’entre eux n’a manifesté le désir de tenir une activité quelconque. C’est à la famille à faire ça.»
L’un d’eux, Renaud Landry, un électricien de Nouvelle à l’emploi du sous-traitant saguenéen Grimard, a été estomaqué par l’annonce, lundi matin, quelques minutes avant d’entrer au travail.
Il venait de déjeuner, dans le «mur» de Fermont, l’immense bâtiment abritant la plupart des services commerciaux de la ville minière, et la rumeur courait depuis quelques minutes à l’effet qu’une réunion était en cours. Il était entre 6h30 et 7h.
«La compagnie rencontrait des représentants des sous-traitants et des gens du syndicat. On imaginait un accident. Ça arrive des fois, qu’un grave accident de travail la nuit arrête les travaux pour un ou deux jours. C’était loin d’être ça», raconte M. Landry.
«On nous a informé pendant qu’on était encore dans le mur. On n’a même pas pu retourner au chantier pour récupérer nos outils personnels», ajoute-t-il.
Des représentants de Cliffs avaient nolisé des avions, dont deux Boeing 737, d’une capacité de 140 places, pour ramener les 400 travailleurs de la construction affectés au chantier du lac Bloom dans les différents coins du Québec. Renaud Landry est monté dans un plus petit appareil ayant pour destination Bonaventure. Près d’une vingtaine de Gaspésiens y prenaient place.
Cliffs Natural Resources impute la suspension du chantier aux conditions du marché du fer. Elle exploite déjà une mine au lac Bloom. Le chantier touche la phase II du développement de cette mine.
Renaud Landry y travaillait depuis mai et il était supposé rester sur ce chantier jusqu’en mars. Le projet était en avance sur son échéancier, note-t-il. Il devait amorcer un congé le 14 décembre pour la période des Fêtes.
«Avant Noël, ce n’est pas évident. Moi, ça va, j’ai 60 ans, mais il y a des pères de famille plus jeunes que moi. Ça les touche plus», dit-il.
Il compte trouver un autre chantier rapidement. «J’essaie tout de suite de me replacer. Les gens de la Côte-Nord vont avoir priorité sur les autres chantiers de la région. Peu importe l’endroit où le syndicat voudra m’envoyer, j’irai, même dans l’ouest canadien. Je suis déjà allé. En Gaspésie, j’ai travaillé au projet de construction du parc éolien du Plateau, mais les autres chantiers sont terminés, ou sur le point de l’être.»
Situé à Sainte-Anne-des-Monts, dans le secteur de Tourelle, l’établissement a été sélectionné par le jury pour sa croissance exceptionnelle, les améliorations apportées dans un esprit de tourisme durable et sa réputation festive dépassant les frontières de la Gaspésie. Le jury a également tenu compte des acquisitions importantes et des travaux majeurs réalisés par l’établissement, tout en ayant fait appel à des créateurs locaux.
L’entreprise lauréate a, de plus, remporté les prix «Entreprise performante âgée de deux ans ou plus» ainsi qu’«Amélioration et revitalisation commerciale», ex aequo avec Valmont plein air de Cap-Chat.
Dixième anniversaire
En marge de ce dernier gala qui a réuni plus de 260 convives, plusieurs nouveautés ont marqué cette dixième édition. Dans un premier temps, les administrateurs de la Chambre de commerce ont dévoilé leurs premiers Théodore, en hommage à Théodore-Jean Lamontagne, qui a été un homme d’affaires important dans l’histoire de la Haute-Gaspésie et qui a fait bâtir le Château Lamontagne de Sainte-Anne-des-Monts.
Les trophées en bois ont été fabriqués par l’un des lauréats du dernier gala, l’ébéniste David-Yan Auclair de l’Atelier du Vieux Rabot de Sainte-Anne-des-Monts.
D’autres nouveautés
Les dirigeants de la CCHG ont aussi profité de l’occasion pour présenter la nouvelle directrice de l’organisme, Cassandra Lévesque. Celle-ci a ensuite procédé à l’annonce de trois nouvelles catégories, soit «Entrepreneuriat scolaire», «Personnalité municipale de l’année» et «Entreprise d’économie sociale».
«Du côté de l’entrepreneuriat scolaire, on a souligné trois projets scolaires et remis trois petites plaques d’encouragement, raconte la responsable des communications de l’organisme, Maggie Durette. L’an prochain, on remettra de vrais Théodore.»
Quant à l’autre catégorie ajoutée cette année, c’est Renée Gasse de Marsoui qui a été consacrée «Personnalité municipale de l’année». «On avait invité chaque municipalité de la Haute-Gaspésie à proposer le nom d’une personne qui accomplit une action dans sa communauté et qui fait beaucoup pour son milieu, surtout de façon bénévole», explique Mme Durette.
Deux municipalités sur les huit que compte la MRC de la Haute-Gaspésie ont proposé une personnalité. L’autre bénévole qui était en nomination dans cette catégorie était Louise Biron de Sainte-Anne-Monts.
Quant au premier Théodore de la nouvelle catégorie «Entreprise d’économie sociale», il a été remis aux Productions de la Salle Comble de Sainte-Anne-des-Monts.
Autres lauréats
Le prix «Coup de cœur du jury» est revenu au Services alimentaires Yannick Ouellet – L’Académie de Sainte-Anne-des-Monts. Le Théodore «Service à la clientèle (sélectionné par le public)» a été décerné à Poffettanshinn de Sainte-Anne-des-Monts. Les titres d’employée et de gestionnaire de l’année ont respectivement été accordés à Candy Sohier et Michel Dugas, tous deux de Vitro Plus Ziebart – Concept K de Sainte-Anne-des-Monts. L’entreprise de M. Dugas a aussi raflé le trophée «Entreprise supportant le milieu».
Extrême Chic-Chocs et Les Délices de la Mer se sont classées ex aequo pour le prix «Nouvelle entreprise et relève entrepreneuriale», tandis que la SAQ Classique Sainte-Anne-des-Monts a été récompensée dans la catégorie «Service à la clientèle». Les Théodore «Innovation et créativité» ainsi qu’«Entreprise exportant à l’extérieur de la Haute-Gaspésie» ont été attribués à Couleur Chocolat.
Celui dans la catégorie «Industrie touristique» à été remis à Exploramer. Enfin, le Carrefour jeunesse-emploi Haute-Gaspésie s’est distingué pour deux Théodore: «Support au développement des ressources humaines» et «Organisme sans but lucratif impliqué dans le milieu».
Au terme du gala, 19 trophées avaient été décernés dans 17 catégories distinctes.
Tourner parfois à 800 kilomètres, parfois à 1 000 kilomètres de Montréal, ça coûte plus cher, mais le producteur François Delisle a admis, après des tentatives de trouver des lieux de remplacement, que la Gaspésie était difficile à imiter, même quand le littoral est éloigné.
«On aurait pu tourner les scènes le long des plages en Gaspésie et les scènes de ferme ailleurs. Du point de vue du producteur, un site alternatif aurait été moins coûteux. Sauf qu’un paysage gaspésien ne se reproduit pas comme ça, même un paysage rural. On a passé trois mois à ratisser très large. On n’a pas trouvé», disait-il lundi.
Les scènes décrites dans le scénario de Catherine Martin correspondaient au Quatrième rang est de New Richmond, précisément une ferme appartenant à Léopold Audet, un agriculteur à la retraite qui tire maintenant une bonne partie de ses revenus de la coupe de bois.
«On ne regrette pas du tout le choix du lieu de tournage, ajoutait François Delisle pour dissiper toute ambiguïté».
L’histoire
Le film raconte l’histoire de Chantal, qui s’est sauvée du foyer familial, après la mort de sa mère, afin de se rendre en Gaspésie. Adolescente énigmatique, elle porte une photo de plage léguée par sa mère. Sa quête consiste à retrouver ce paysage. Elle va de Gaspé à Percé avant de s’arrêter dans la baie des Chaleurs, chez Serge, un fermier taciturne. Les deux écorchés s’apprivoisent.
Sébastien Ricard, bien connu comme membre du trio Loco Locass et pour son rôle dans le film Dédé, à travers les brumes, joue Serge.
«La vie de Chantal se stabilise autour de la ferme de Serge. On fait le train. Serge a vendu son bétail, poussé par sa sœur, mais il racheté des bêtes. Il ne peut se passer d’animaux mais il vit de la coupe de bois», dit-il.
Il se dit comblé par le mois en Gaspésie. «J’apprends beaucoup avec M. Audet, pas seulement pour le rôle de fermier, mais sur la vie. On a passé des heures à parler. Je trouve le pays magnifique. Entre lire le scénario et ce qu’on voit, il y a une marge. Le fait d’être concentrés ailleurs, parce que l’équipe habite dans un ensemble de chalets [à Pin rouge], ça crée des liens qu’on ne retrouverait pas si on rentrait chacun chez soi le soir».
Chantal est interprétée par Ariane Legault, alors qu’Hélène Florent joue sa mère. Le film jouit d’un budget de 2,2 millions$. «Le montage sera complété en avril ou en mai mais sa date de sortie reste à décider», précise François Delisle.
Dans son dernier docu-roman de 450 pages, l’avocat à la retraite et auteur Clément Fortin conclut que Jacques Mesrine était coupable du meurtre d’Évelyne Le Bouthillier, commis à Percé en 1969.
L’aubergiste du Motel Les Trois Soeurs avait été retrouvée morte étranglée. Au même moment, la police recherchait activement un truand d’origine française, Jacques Mesrine et sa compagne, Jeanne Schneider, pour l’enlèvement raté du riche homme d’affaires montréalais, Georges Deslauriers. Leurs empreintes digitales avaient été relevées sur des objets ayant appartenu à la victime. Les deux comparses avaient alors été inculpés du meurtre.
Le procès avait débuté à Percé, mais avait dû être ajourné, suite à un malaise ressenti par le procureur de la Couronne. Au début de l’hiver de 1971, Mesrine et Schneider ont subi leur procès devant la Cour du banc de la reine à Montmagny.
«Malgré une preuve circonstancielle accablante, leurs machinations ont séduit des jurés naïfs, qui rendront un verdict de non-culpabilité, écrit Me Fortin. Il ne fait pourtant aucun doute que Jacques Mesrine et sa concubine, Jeanne Schneider, étaient coupables.»
Un procès hanté par l’affaire Coffin?
L’auteur, dont le dernier docu-roman s’intitulait «L’affaire Coffin, une supercherie?», établit un lien entre le procès des Français inculpés du meurtre de Percé et celui de Coffin, qui avait eu lieu en 1954. «Je me suis aperçu que, dans l’affaire Mesrine, le juge Paul Miquelon avait représenté le ministère public au procès de Wilbert Coffin, indique Clément Fortin. De plus, Mesrine et Schneider étaient représentés par le plus grand criminaliste de l’époque, Raymond Daoust, dont les accointances avec la pègre étaient connues.»
«Ces deux personnages s’étaient croisés devant la Commission Brossard, créée à la suite de la publication du livre de Jacques Hébert, «J’accuse les assassins de Coffin», paru en 1963, poursuit-il. Mesrine affirme qu’il a lu le livre d’Hébert, avec tous les mensonges qu’il contenait. Donc, selon moi, l’affaire Coffin a hanté le procès de Mesrine.»
«À l’époque, les journaux avaient rapporté ce cri poussé par Mesrine au juge Miquelon comme quoi il n’y aurait pas une autre affaire Coffin», ajoute Me Fortin. C’est d’ailleurs ce lien entre les deux procès qui lui a donné le goût d’écrire sur Mesrine.
«Dans le cas de Mesrine, je dis que c’était une fraude judiciaire parce qu’un crime envers la société doit être puni, continue-t-il. Je n’ai pas de préjugés, mais le jury était composé de cultivateurs qui n’avaient aucune connaissance du milieu criminel. Il y a beaucoup de causes qui sont considérées comme des erreurs judiciaires. Dès qu’on en parle, comme l’affaire Dumont, que le public s’en mêle et les médias aussi, on conclut à l’erreur judiciaire.»
Tâche ardue
Avant d’en arriver à ses propres conclusions, le Gaspésien d’origine s’est soumis à un véritable travail de moine. L’auteur, qui habite Saint-Sauveur depuis une trentaine d’années, aura mis deux ans, interrompus par la maladie et le décès de sa femme, pour passer à travers les 3 346 pages de transcriptions sténographiques du procès de Mesrine et Schneider.
Il a aussi épluché les deux livres écrits par Jacques Mesrine, «L’instinct de mort» et «Coupable d’être innocent», publiés en 1977 et 1979. «Je me suis fait un malin plaisir de soulever les contradictions entre ses écrits et ses témoignages en cour», indique-t-il. Il a aussi basé sa recherche sur le livre de Jeanne Schneider, paru en 1980, «Je n’ai pas le droit à l’oubli». Il a également analysé l’ouvrage «Mesrine, fragment d’un mythe» du journaliste et documentariste français Philippe Roizès. «J’ai relevé au moins trois erreurs dans ses textes», note Clément Fortin.
Il a séjourné à Montmagny pendant une semaine afin de consulter des documents en lien avec ce procès et est allé voir la cellule où Jacques Mesrine avait été emprisonné.
Difficultés
L’auteur fait état de toutes les embûches qu’il a dû affronter pour parvenir à ses fins. Il écorche au passage Bibliothèque et archives nationales du Québec, le ministère de la Sécurité publique du Québec et la Grande Bibliothèque de Montréal. «Au Centre d’archives de Rimouski, on m’a informé que le dossier avait été détruit, déplore-t-il. Plus tard, j’apprends de Philippe Roizès qu’il y avait bel et bien, à Rimouski, un dossier concernant Mesrine.»
Il dénonce également le fait qu’il n’ait jamais pu mettre la main sur le dossier de la Cour d’appel et celui de la police. «Néanmoins, je dois exprimer ma satisfaction à l’égard des Centres d’archives de Montréal et de Gatineau pour avoir répondu avec célérité à mes demandes», tient-il à dire.
Les deux principaux lauréats de la soirée, Paulette Poirier, fondatrice du Club Voyages Bellaventure, de Maria, et le Marché Saint-Laurent de Nouvelle, respectivement personnalité de l’année et entreprise de l’année, ont les pieds bien plantés dans la MRC d’Avignon.
La Chambre de commerce de la MRC de Bonaventure tente depuis au moins trois ans de couvrir toute la Baie-des-Chaleurs et l’ouverture des candidatures aux prix du gala du 10 novembre constituait une étape de plus vers cette expansion.
Paulette Poirier a amorcé sa carrière dans le domaine du voyage à l’emploi d’une agence de Matane, mais elle a vite décidé de fonder sa propre entreprise, il y a 24 ans.
«Le 15 septembre 1988 à 9h, j’ouvrais mon agence à Maria, avec une succursale à Bonaventure», a-t-elle raconté, rendant hommage à son conjoint Paul, un supporteur dès la première heure, et à son équipe de quatre employés. Voyages Bellaventure a également remporté la palme dans la catégorie l’entreprise professionnelle et de services.
Le Marché Saint-Laurent se fait une place dans un monde de joueurs caractérisé par des surfaces trois ou quatre fois plus grandes en misant sur les produits maisons et les produits régionaux, et «grâce à une équipe de 30 employés, dans un secteur [l’alimentation] pas évident», a expliqué Pascal Thibodeau, copropriétaire avec Danielle Saint-Laurent. Le troisième associé, Jonathan Landry, n’a pu assister à la remise.Le Marché Saint-Laurent a gagné un deuxième prix, en l’occurrence le titre dans la catégorie transmission et relève d’entreprise.
Autres gagnants
L’un des nouveaux prix instauré en 2012, la jeune personnalité de l’année, a été remis à Véronique Saint-Pierre, l’initiatrice du Salon de l’enfance de Bonaventure. Son discours sur la relève, dans tous les domaines et quelle que soit sa firme, a été l’un des faits saillants de la soirée.
«Une de nos forces, c’est de rassembler les gens avec un intérêt commun […] Nous sommes des acteurs de changement, des créateurs de richesse, quels que soient les secteurs […] La relève est autour mais on ne la reconnaît pas toujours […] Soyez présent pour eux. Identifiez-les et donnez-leur des ailes», a–t-elle affirmé.
La Fondation santé Baie-des-Chaleurs, qui a connu une année record en matière de campagne financement a gagné le prix Desjardins, récompensant la responsabilité sociale et le prix de l’organisme sans but lucratif de 2012. Le président Carol Morneau s’est dit confiant de faire aboutir bientôt le dossier de médecine nucléaire.
Isabel Ferlatte, de Kabel, agence créative, a aussi remporté deux prix, celui de la jeune entreprise et un second dans la catégorie firme professionnelle et de services (petite entreprise).
L’usine de produits marins Unipêche MDM de Paspébiac a gagné le prix d’industrie de fabrication, de transformation et d’innovation de l’année. Activa Environnement de New Richmond s’est distinguée en gestion des ressources humaines.
Hyundai Gaspésie Auto a été choisie entreprise par excellence dans le commerce du détail, alors que le Site du banc de pèche de Paspébiac a gagné le titre d’attrait touristique de l’année.
Le Riotel Château blanc de Bonaventure est l’entreprise de restauration et d’hébergement de 2012. La directrice Hélène Roy a indiqué aux 300 personnes présentes au gala que le but de la firme consistait toujours à rouvrir à longueur d’année, un objectif qui pourrait être réalisé prochainement.
La Commission scolaire René-Lévesque a créé deux prix cette année, un lié à la persévérance scolaire, remis à Joanie Proulx, et un second au CPE de la Baie de Bonaventure, pour son soutien à la réussite scolaire.
La Coopérative de développement régional a remis son prix coup de cœur à la coopérative de travailleurs du Journal Graffici.
D’autre part, le préfet de la MRC d’Avignon, Bertrand Berger, a mis en relief les 35 ans de vie politique municipale d’un compagnon de route, Jean-Guy Poirier, préfet de la MRC de Bonaventure.
Respect de la vie privée