Sous une chaleur accablante, quelque 70 électeurs de la Haute-Gaspésie, qui auront nouvellement à voter dans la circonscription de Gaspé, ont pris place dans l’agora de la Maison de la culture pour venir entendre Éric Boucher de Québec solidaire (QS), Gaétan Lelièvre du Parti québécois (PQ), Georges Mamelonet du Parti libéral du Québec (PLQ), Frédérick DeRoy d’Option nationale (ON) et Yvan Blanchard de la Coalition avenir Québec (CAQ).
Le ton était non seulement cordial, il était même très poli, laissant parfois place à l’humour et aux éclats de rire. Bien peu d’attaques et de critiques ont fusé de la part des candidats.
À l’exception de Georges Mamelonet qui empiétait souvent sur le temps qui lui était alloué, les autres respectaient, en général, la période chronométrée par le journaliste de l’hebdomadaire «Le Riverain», Dominique Fortier, qui animait et avait organisé l’événement, en collaboration avec la Chambre de commerce de la Haute-Gaspésie. Même dans les périodes d’échanges libres, les candidats attendaient l’invitation de l’animateur avant de riposter.
Dans l’assistance, les réactions étaient réservées, outre quelques applaudissements spontanés qui étaient principalement dirigés à l’endroit de Georges Mamelonet. Certaines interventions de Frédérick DeRoy, qui était le seul candidat provenant de Sainte-Anne-des-Monts, ont visiblement été appréciées par l’assistance.
Santé
Sur le thème de la santé, tous les candidats se sont entendus pour en faire un enjeu majeur et ont reconnu le problème de rétention du personnel au Centre de santé et de services sociaux de la Haute-Gaspésie, rappelant que les effectifs médicaux sont à 50 à 60% depuis dix ans. Gaétan Lelièvre préconise une modulation du budget consacré à la santé pour la région, tandis que Frédérick DeRoy favorise une plus grande écoute des besoins des infirmières puisque, selon lui, elles sont les piliers du domaine de la santé. «On part du fait qu’on gèrera un pays, plutôt qu’une province, a-t-il ajouté. Donc, on aura une meilleure gestion en région.»
Yvan Blanchard a rappelé que la CAQ, si elle prenait le pouvoir, abolirait les agences de la santé et des services sociaux pour offrir de meilleurs services directs à la population et déménagerait le personnel ailleurs. Sinon, les employés recevraient une indemnité de départ. De plus, il engagerait de nouvelles infirmières, augmenterait le nombre de groupes de médecine familiale et achèterait des équipements médicaux. «Bref, on ferait un bon ménage dans le domaine de la santé», a-t-il dit pour conclure sur le sujet.
Ses adversaires libéral et péquiste ont alors riposté à l’idée d’abolir les agences de la santé. «C’est 100 emplois dans la région, a avancé Georges Mamelonet. Sans abolir, il y a moyen d’améliorer. C’est ce qu’on a commencé à faire. La santé est un enjeu majeur en Gaspésie, surtout parce qu’on a une population âgée.»
À ce moment précis, un homme de 96 ans de Sainte-Anne-des-Monts, Romuald Paquet, a interrompu le déroulement des échanges, s’est avancé à l’avant et s’est dirigé tout droit vers Georges Mamelonet pour lui serrer la main. Tous les candidats et les auditeurs n’ont pu faire autrement que de pouffer de rire, tant la scène était inattendue.
Gaétan Lelièvre a continué en disant qu’en l’absence d’agence de la santé, les décisions en matière de santé risqueraient d’être prises à Québec ou Montréal, ce qui coûterait encore plus cher.
Du côté de QS, Éric Boucher a dit souhaiter que les citoyens ne soient plus considérés comme des contribuables, mais qu’ils soient plutôt au cœur des décisions. «Une économie très importante à faire serait d’investir dans les soins à domicile, a-t-il répliqué. Quand j’étais attaché politique du député fédéral Philip Toone, j’entendais souvent les gens malades et âgés qui souhaitaient rester chez eux.»
Éducation
Sur le thème de l’éducation en Haute-Gaspésie, Georges Mamelonet a affirmé qu’il encouragerait la mise en place de formations adaptées aux réalités des jeunes de la région, tout en rappelant que son gouvernement venait d’annoncer la création de deux nouveaux programmes en Haute-Gaspésie.
Gaétan Lelièvre a endossé l’idée, en rappelant que la Gaspésie comptait deux fois plus de gens n’ayant pas complété leur 5e secondaire que dans l’ensemble du Québec. Selon lui, des programmes adaptés aux besoins de l’usine Orbite Aluminae seraient une voie d’avenir. Éric Boucher et Georges Mamelonet ont endossé la suggestion. «Avec des mesures spécifiques, Orbite est une avenue pour le développement d’une grappe industrielle», croit le candidat libéral.
Pour Frédérick DeRoy, il faut faire de la réussite scolaire une priorité. «C’est par la jeunesse qu’on va s’en sortir dans nos petites régions», a-t-il soutenu. À ce sujet, il souhaiterait une augmentation du financement des maisons de jeunes. Yvan Blanchard de la CAQ a rappelé le programme de son parti qui prévoit ajouter une heure par jour au calendrier scolaire pour favoriser l’aide aux devoirs et la participation aux activités parascolaires, tout en mentionnant que son parti abolirait les commissions scolaires. «Ça redonnera plus d’argent aux enfants», estime-t-il.
Développement économique
Selon Yvan Blanchard, le gouvernement s’est désintéressé des régions sur le plan du développement économique. «La CAQ va prendre 2 milliards $ dans Investissement-Québec pour injecter dans les CLD, a-t-il précisé. Un échec comme celui de l’usine de panneaux solaires, ça n’arrivera plus!»
Pour Éric Boucher, le développement économique de la Haute-Gaspésie doit passer par le développement intelligent des ressources naturelles et du tourisme afin que les retombées profitent aux Gaspésiens, notamment en favorisant les deuxième et troisième transformations des ressources dans la région.
Georges Mamelonet a dit déplorer que la Haute-Gaspésie n’ait plus d’usine de transformation du bois. Celui-ci a mentionné «le potentiel colossal du tourisme hivernal». «Quand l’économie va, tout va», a-t-il énoncé. Du côté d’ON, Frédérick DeRoy croit aux coopératives comme modèle de développement régional.
Quant à Gaétan Lelièvre, il plaide en faveur de grands projets majeurs. «Il ne faut pas se gêner pour développer le tourisme international, a-t-il indiqué. On a ce qu’il faut. Sous Bernard Landry, le gouvernement avait investi dans le Parc de la Gaspésie et ça a donné des résultats puisque la clientèle a augmenté. Mme Marois est la seule chef qui s’est engagée à aider la Gaspésie en promettant d’en devenir la ministre responsable.»
Pour Éric Boucher, la Gaspésie est l’Alberta du Québec en termes de ressources. «Mais il faudrait que les retombées restent en Gaspésie», nuance-t-il. Yvan Blanchard croit, pour sa part, qu’il faudrait aider la compagnie Orbite Aluminae et le développement éolien pour créer des emplois, tout en étant attentif aux petites municipalités comme Marsoui et Rivière-à-Claude.
«On est tous d’accord pour le développement des ressources et de l’éolien, a signalé M. Mamelonet. On rejoint Québec solidaire là-dessus. Si M. Khadir était comme ça en chambre, on s’aimerait beaucoup! Je reprends aussi l’idée de Frédérick concernant les coopératives. Ça pourrait être dans le tourisme hivernal.»
Municipalités et occupation du territoire
Au sujet des municipalités et de l’occupation du territoire, Frédérick DeRoy, qui a rappelé qu’il est «un méchant souverainiste», trouve aberrant que certaines municipalités n’aient pas encore d’eau potable, faisant ici référence au cas de La Martre. «Il faut donner le pouvoir aux régions», souhaite-t-il. Les autres candidats se sont également montrés sensibles par rapport à cette situation.
Culture
Éric Boucher croit que la culture est une autre façon de développer la région, surtout en encourageant les jeunes créateurs locaux. Gaétan Lelièvre s’est dit émerveillé de voir se développer de petites boutiques de produits régionaux et du terroir. À ce sujet, Yvan Blanchard favorise le soutien aux artisans locaux. Georges Mamelonet a assuré que le financement récurrent espéré depuis longtemps par Exploramer de Sainte-Anne-des-Monts devrait être réglé en 2013-2014.
«Le conseil de la culture de la Gaspésie fait bien son travail, estime, pour sa part, le candidat d’ON. Il suffit de lui donner l’argent nécessaire pour fonctionner.»
Fin du débat
Des questions, provenant des électeurs et qui avaient été acheminées d’avance à l’animateur, ont été posées aux cinq candidats. Elles portaient sur la filière éolienne, la relance de l’usine Deniso Lebel de Cap-Chat et le sous-financement du communautaire.
Avant de clore le débat, Gaétan Lelièvre a souligné que c’était la première fois, à son avis, que les électeurs de la circonscription de Gaspé avaient le choix entre cinq candidats, en saluant l’engagement d’un jeune, soit Frédérick DeRoy.
Quant à Éric Boucher, il a bien fait rire. «Je suis tanné d’entendre ces vieilles picouilles», a-t-il lancé en faisant référence au Parti québécois et au Parti libéral, en prenant le soin, un peu plus tard, de préciser qu’il ne parlait pas ici des chefs, mais bien de leur parti. Comme René Lévesque le disait, un parti ne devrait pas survivre à plus d’une génération.»
La société publique a demandé à l’un de ses sous-traitants de raser complètement les abords d’un ruisseau situé à New Richmond, il y a quelques jours. Pas une seule plante de plus de cinq centimètres ne semble avoir résisté à l’assaut de l’entrepreneur forestier. Il ne reste aucun arbre, même de très faible taille, pour protéger les abords du ruisseau.
Réglementation
Léopold Audet et Raynald Murphy, propriétaires de lots boisés du 3e rang est à New Richmond, croient qu’Hydro-Québec a contrevenu aux règles élémentaires de protection des cours d’eau. M. Audet détient le terrain sur lequel passe le ruisseau, situé sous des lignes de transport et de raccordement d’électricité. C’est l’ajout d’une ligne de raccordement qui a nécessité des travaux de déboisement.
Les deux hommes sont au cœur d’un litige avec la société publique en rapport avec ce déboisement, parce qu’ils ont reçu des propositions d’indemnisation pour le passage de cette ligne jugées nettement insuffisantes.
Il s’agit de 2 000 $ dans le cas de M. Audet et de 1 500 $ pour M. Murphy. Ils ont refusé d’encaisser les chèques acheminés par Hydro-Québec, qui détient depuis le 4 juillet un jugement lui conférant une servitude sur les terres de deux hommes.
C’est un avis d’expropriation même si les terres ne changent pas de propriétaires. «Je trouve ça triste, énormément», dit M. Audet, en regardant les abords ravagés du ruisseau, à peine visible au milieu des branches et des cimes d’arbres déchiquetés. Il croit, comme son voisin, que le coup de force d’Hydro-Québec «est une façon de nous faire plier» pour accepter les indemnisations.
Ce qui saisit Léopold Audet, c’est le recul en matière de normes environnementales caractérisant les pratiques d’Hydro-Québec en 1986 et celles en vigueur maintenant. Il a conservé tous les documents liés à ses relations avec cette société publique depuis qu’il possède des lots boisés. «En 1986, ils laissaient des bandes de protections de 100 pieds de chaque côté du ruisseau et ils m’autorisaient à laisser debout les arbres de 30 pieds et moins», précise-t-il.
Raynald Murphy souligne qu’après un premier passage de l’entrepreneur forestier, «il y avait des épinettes de deux pieds encore debout. Hydro-Québec est venu mettre des rubans rouges et l’entrepreneur a tout coupé. Ça frise la folie».
«Écosystème endommagé»
Bob Eichenberger, d’Environnement vert-plus, est technicien en écologie et il exploite des lots à bois. En regardant le «chantier» commandé par Hydro-Québec, il secouait la tête, vendredi passé. «Ça va contre tous les principes d’éco-foresterie. C’est un écosystème endommagé. Ce qui saute aux yeux, c’est qu’il y a une modification de la structure du fonctionnement des sols. Il n’y a plus rien pour retenir les sédiments transportés par les écoulements de pluie. Il y aura des sédiments qui vont couler dans le ruisseau. Il y aura réchauffement des sols, et de l’eau du ruisseau. C’est une cédrière. Le thuya est un arbre qui peut mettre 300 ans à pousser», dit-il, en regardant des souches de grands arbres.

Raynald Murphy discute avec Bob Eichenberger des conséquences de la coupe totale réalisée par le sous-traitant d’Hydro-Québec, alors que le ruisseau est presque invisible sous les résidus de coupe.
Bilbo Cyr, président d’Environnement vert-plus, rappelle que cette ligne est bâtie pour raccorder le parc éolien Venterre, de TransAlta, «une compagnie privée qui fera des profits avec une ressource publique. Le vent souffle au-dessus de nos têtes sans que la population bénéficie de cette ressource. La ligne ici va servir à TransAlta. Collectivement, ça ne nous sert pas».
M. Cyr souhaite qu’Hydro-Québec reconnaisse sa faute, qu’elle indemnise MM. Audet et Murphy convenablement, et que le secteur soit végétalisé à nouveau. «À la crue au printemps, toute cette terre va se retrouver dans le ruisseau. C’est un cas de lessivage. Les sédiments vont se retrouver dans un autre ruisseau, puis dans la rivière [Petite] Cascapédia. N’importe qui faisant ça se ferait taper sur les doigts. La job a été faite pour intimider, décourager et faire un exemple», ajoute-t-il.
La candidate du Québec solidaire dans Bonaventure, Patricia Chartier était de la visite terrain de vendredi, en appui à MM. Murphy et Audet. Elle se propose de toucher cette question avec la direction régionale de l’Union des producteurs agricoles, lors d’une rencontre au cours des prochains jours. L’UPA et Hydro-Québec sont signataires d’une entente sur les indemnisations à verser en cas de servitude de ce type.
«Ce qui est inquiétant, c’est qu’Hydro-Québec pourrait continuer à procéder de la sorte, en développement éolien. Ici, il y a des journalistes pour couvrir le sujet et une population proche, mais imaginez dans le nord», dit-elle.
Léopold Audet et Raynald Murphy n’ont pas contesté le jugement d’expropriation accordé à Hydro-Québec. Ils ont toutefois porté leur cause devant le Tribunal administratif du Québec pour obtenir une meilleure indemnisation. La cause pourrait seulement être entendue dans plusieurs mois.
Raynald Murphy a perdu près de 450 arbres dans le déboisement. Menuisier se servant beaucoup du bois de ses terres, il évalue que la valeur de ce bois aurait pu atteindre 90 000 $, une fois transformé, dans 15 ans, le moment de maturité de sa plantation mise en terre il y a 27 ans. Il ne chiffre pas pour le moment le montant qu’il demandera comme indemnisation.
Léopold Audet demande 2 000 $ pour l’aménagement en janvier d’un stationnement pour machinerie lourde sur une partie de sa terre, sans permission, et 10 000 $ pour la perte de bois. Les arbres coupés sont empilés et laissés au propriétaire, mais la plupart des tiges n’étaient pas matures.
Ministère
François Fortin, du ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, a indiqué au GRAFFICI.CA qu’une représentante du bureau régional se rendra à New Richmond afin d’évaluer le déboisement.
Au cours des prochains jours, M. Fortin fournira de plus amples renseignements sur les pratiques en vigueur en cas de passage de lignes au-dessus des cours d’eau. «S’il ne reste rien [comme végétation], ça semble exagéré [comme intervention]», dit-il en prenant connaissance de la description fournie par GRAFFICI.CA.
Des citoyens dénoncent les méthodes d’Hydro-Québec
Un citoyen de New Richmond demande une indemnisation de 2 000 $ à Hydro-Québec
«Notre demande s’appuie sur une logique bien simple, estime le préfet de la Haute-Gaspésie, Allen Cormier. La MRC de la Haute-Gaspésie est située dans la région administrative Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, où se retrouvent d’ailleurs la majorité de nos instances décisionnelles. Tant pour des raisons administratives que pour notre identité collective inhérente à notre sentiment d’appartenance, nous sentons rapidement que nous avons plus d’affinités avec le territoire gaspésien qu’avec celui du Bas-Saint-Laurent. En conséquence, la logique doit s’appliquer avec notre député à Ottawa.»
Selon le préfet, la Haute-Gaspésie est souvent utilisée pour boucler la masse démographique requise à la formation de la circonscription. La région a comme particularité d’être très étendue géographiquement, mais avec une faible densité de population.
Les députés fédéraux s’opposent à la disparition d’une circonscription
Les quatre députés fédéraux du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie ont récemment joint leurs voix afin de faire connaître leur opposition à la disparition appréhendée d’une circonscription fédérale dans l’Est-du-Québec. Selon Guy Caron, Jean-François Fortin, François Lapointe et Philip Toone, cela aurait pour effet de créer un décalage des territoires et une sous-représentation des électeurs de la région à Ottawa.
Allen Cormier donne son aval à cette prise de position en se disant en faveur du maintien de toutes les circonscriptions fédérales dans l’Est. «À défaut de ce plan A, il nous faut un plan B et ce plan B, c’est la formation d’un comté qui inclura toutes les municipalités de la Gaspésie administrative, incluant les Îles-de-la-Madeleine», soutient-il.
Le chef de l’opposition à la Chambre des communes a bien sûr fini par commenter le sujet abordé par Mme Giroux et Mme Johnson, l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures dans le golfe Saint-Laurent, mais après avoir offert une tribune de choix aux organismes qu’elles représentent.
Danielle Giroux a d’ailleurs salué cette ouverture d’entrée de jeu, avant de passer rapidement aux inquiétudes des membres de la coalition qu’elle coordonne, à la lumière de la volonté, dit-elle, du gouvernement conservateur de Stephen Harper d’accélérer l’exploration et l’exploitation du pétrole et du gaz en mer, au large des côtes de cinq provinces.
«Il y a un grand constat, nous sommes tous voisins», résume-t-elle, après plusieurs mois de contacts avec des groupes de Terre-Neuve, de la Nouvelle-Écosse, de l’Île-du-Prince-Édouard et du Nouveau-Brunswick, où d’autres groupes militent en faveur d‘un moratoire prolongé sur la recherche d’hydrocarbures.
Elle s’inquiète particulièrement du cadre législatif, qui prévoit une responsabilité civile de seulement 30 millions de dollars pour les sociétés pétrolières, ce qui «est nettement insuffisant», considérant que le désastre de BP dans le golfe du Mexique a causé des dégâts de 37 milliards de dollars.
«Le cadre technologique, dit-elle à propos des techniques utilisées pour explorer et pour extraire des hydrocarbures, de même que l’encadrement pour que les bonnes méthodes soient suivies, «est également insuffisant».
Danielle Giroux voit une urgence sur laquelle le public peut intervenir promptement, en réclamant d’ici le 24 août que le gouvernement conservateur réintègre dans la Loi canadienne sur l’évaluation environnementale l’obligation d’évaluer les forages exploratoires et les levés séismiques.
«Le forage de BP dans le golfe du Mexique était un forage exploratoire», souligne Mme Giroux. Elle identifie une multitude de facteurs favorisant un moratoire, «les connaissances insuffisantes sur les espèces et les écosystèmes du golfe», l’absence d’urgence pour exploiter le pétrole qui pourrait se trouver dans le sous-sol marin, et «la nécessité de voir le golfe comme un tout».
Il est aussi nécessaire de protéger les activités qui font déjà vivre des milliers de personnes le long des côtes du golfe, «comme la pêche et le tourisme, sans compter leur qualité de vie».
Thomas Mulcair partage les craintes de Danielle Giroux, mais précise que moratoire « n’est pas un terme » qu’il emploie.
Il suggère plutôt le recours au «principe de précaution», voulant que les firmes pétrolières et gazières fassent la preuve qu’elles sont capables d’explorer et d’exploiter les hydrocarbures proprement.
«Je veux prendre Stephen Harper à ses paroles. Il veut montrer que cette exploitation peut se faire sur la base de la science, mais il congédie des scientifiques et musèle ceux qui restent», constate M. Mulcair.
Comme prérequis à une exploration et à une exploitation pétrolière dans le golfe Saint-Laurent «Il faut que ce [les conditions] soit harmonisé, que les mêmes règles s’appliquent à tout le monde [les firmes susceptibles de travailler au large des cinq provinces]».
Il serait inadmissible, croit-il, de remplacer les activités économiques actuelles du «golfe Saint-Laurent, qui fait déjà vivre des milliers de personnes et qui génèrent des milliards de dollars par année», par une industrie reposant sur une ressource non-renouvelable, susceptible de mettre en péril la pêche et le tourisme.
Communauté de Gesgapegiag
Catherine Johnson, directrice générale de l’administration de la bande de Gesgapegiag, a profité de la tribune offerte par le chef du NPD pour statuer qu’à l’heure actuelle, sa communauté «prône le maintien du moratoire sur tout le golfe Saint-Laurent, en matière d’exploration et d’exploitation des hydrocarbures».
Elle a rappelé que les trois nations autochtones de la Gaspésie avaient droit à leur part des ressources naturelles, qu’elles soient en mer ou sur terre. Jusqu’à maintenant, il n’y a eu aucune discussion valable portant sur cet éventuel partage avec les compagnies pétrolières.
De toute façon, note-t-elle, ces compagnies «ont d’abord la responsabilité de prouver qu’ils peuvent exploiter de façon sécuritaire (…) ce qui n’a pas été fait».
Carte électorale fédérale
Dans un autre ordre d’idée, Thomas Mulcair a indiqué qu’il appuiera la démarche des quatre députés fédéraux de l’est du Québec, dont trois néo-démocrates, dans leur tentative de convaincre la Commission de délimitation des circonscriptions électorales de ne pas abolir l’une d’elles, Haute-Gaspésie-Matane-Matapédia-Mitis.
Les trois circonscriptions refondues seraient les plus populeuses au Québec, tout en s’étendant sur un immense territoire.
M. Mulcair n’a pas spécifié le type de bataille qu’il entend mener, mais «on va se donner les moyens d’encourager les gens de la Gaspésie et espérer avoir un résultat qui tient compte de cette réalité régionale très importante».
Comme les activités sont présentées à l’extérieur et sont gratuites, il est difficile d’évaluer combien de visiteurs sont passés au Parc multisports de Sainte-Anne-des-Monts de jeudi à dimanche dernier.
«Vendredi, c’était tranquille, raconte le coordonnateur de l’événement, Justin Dubé. Mais samedi soir, il devait y avoir 5 000 personnes pour le spectacle du groupe Bodh’aktan, suivi du feu d’artifice. C’est le plus gros et le plus fort feu d’artifice des quatre dernières années. Il était visible jusqu’à Cap-Chat! Dimanche aussi, même s’il y a eu de la pluie ou apparence de pluie, il y a eu beaucoup de monde. C’était comparable à l’an dernier.»
Œuvres créées à partir de bois flotté
Douze sculpteurs ont créé un total de dix œuvres à partir d’une pièce de bois trouvée sur le rivage. Leur création devait s’inspirer de la chanson «Fais-moi, Lisette, un bouquet», tirée du Romancero du Canada. Cette chanson avait été recueillie par l’ethnologue Marius Barbeau au 20e siècle. Celui-ci a eu comme interprète Gilbert Dumas, dit Marin, du secteur de L’Échouerie à Sainte-Anne-des-Monts, qui a été l’un de ses premiers informateurs. Le vieux pêcheur de 80 ans à la barbe blanche avait su transmettre son patrimoine local provenant de ses ancêtres, des pêcheurs venus de Saint-Malo, en France.
«C’est une des meilleurs années en termes de détails des sculptures, estime Justin Dubé. Même si elles sont toutes créées à partir du même thème, elles ne se ressemblent pas.»
Aucun artiste n’est déclaré gagnant à l’issue de l’événement. Chacun d’entre eux repart avec une bourse de 750$, en plus d’être nourri et hébergé pendant toute la durée de la fête. La Ville de Sainte-Anne-des-Monts leur fournit les outils et le matériel. En retour, les sculpteurs doivent faire don de leur œuvre à la municipalité.
L’atelier «On récupère la mer», une activité s’adressant au grand public intéressé à vivre une expérience de création à partir de matériaux rejetés par la mer, a battu un record de participation par rapport aux dix autres éditions. En tout, 61 personnes se sont inscrites à l’activité, comparativement à 54 l’an dernier. Un total de 1 000$ en prix de participation a été remis aux sculpteurs amateurs. «Le bois flotté a une histoire, rappelle M. Dubé. Par cet atelier, on veut que les gens, quand ils enjamberont un bois flotté sur la grève, puissent voir quelque chose qu’ils n’auraient pas vu avant.»
Activités les plus populaires
Même si les spectacles de Pierre Laurier et Cie ainsi que de Clopin Lanouille et de Monsieur Nono ont connu beaucoup de succès, l’un des clous de la Fête du bois flotté a été, de l’avis de son coordonnateur, le spectacle de la famille Dion, présenté dimanche soir à l’église de l’endroit. Quelque 750 personnes ont pris part à l’activité-bénéfice au profit du conseil de fabrique pour la réfection de la toiture du temple.
Sept des quatorze enfants de la famille Dion ont offert leur prestation gratuitement. Clément, Denise, Liette, Daniel, Paul, Pauline et Louise voulaient ainsi rendre hommage à la ville natale de leur mère, Thérèse Tanguay, la mère de la célèbre chanteuse Céline Dion.
La famille Dion à la Fête du bois flotté de Sainte-Anne-des-Monts
Originaire de Longueuil, sur la rive sud de Montréal, l’homme de 56 ans a été retrouvé mort à Saint-Joseph-de-Coleraine, près de Thedford Mines, au Centre-du-Québec. Même si aucune autopsie n’a pu le confirmer, il aurait été foudroyé par un arrêt cardiorespiratoire que l’on soupçonne avoir été causé par l’effort physique à cause du relief montagneux de cette région, combiné à la chaleur et à la déshydratation.
De plus, le marcheur tirait une remorque artisanale d’une centaine de kilos. Celle-ci lui servait d’abri, de porte-bagages et de véhicule promotionnel visant à sensibiliser les passants à sa cause. Il mangeait et dormait dedans.
Pour la première fois cet été, sa carriole était munie d’un panneau solaire alimentant une batterie, où il pouvait y brancher son ordinateur portable et son téléphone cellulaire. Il était d’ailleurs actif sur les réseaux sociaux, dont Facebook et Twitter, informant les gens sur l’évolution de son périple. «Le lac Aylmer… pas fâché d’avoir enfin changé de décor», tel a été son dernier message gazouillé sur Twitter.
Un témoin a appelé les services d’urgence après avoir aperçu le marcheur face contre terre. Son décès a été constaté à l’hôpital de Thetford Mines. Puisque sa mort est considérée comme étant naturelle, aucune enquête ne sera menée par la police ou le coroner.
Quatrième fois
M. Lavoie n’en était pas à son premier périple pour la même cause. Sa première croisade avait été initiée en 2003. Après trois étés à parcourir le Québec, il avait fait une pause de quelques années. Mais, l’automne dernier, le suicide de Marjorie Raymond l’avait ramené à sa cause pour un quatrième circuit.
Avec comme objectif de parcourir 1 600 km en trois mois, le menuisier et musicien était parti de Brossard le 18 juin. Après six semaines à avoir parcouru une partie de l’ouest du Québec, il avait atteint la moitié de son objectif à Sherbrooke, quelques jours avant son décès subit.
Son itinéraire devait se terminer à la fin septembre, après avoir marché au Centre-du-Québec, en direction du Saguenay, puis fait le tour du Lac-Saint-Jean. La région des Laurentides devait mettre un terme à son voyage. Le père de famille n’avait pas l’intention de se rendre jusqu’à Sainte-Anne-des-Monts, là où est survenu le drame très médiatisé par la mort de Marjorie Raymond. Sa destination la plus à l’est devait être Rivière-du-Loup.
Son objectif était de sensibiliser
Le «Forrest Gump» québécois cherchait, par cette longue randonnée, à provoquer des discussions et à faire réfléchir sur le suicide, l’intimidation, la détresse psychologique et la violence conjugale. Il accordait beaucoup d’importance à leur prévention. Il ne manquait pas de rappeler que le Québec a l’un des taux de suicide parmi les plus élevés en Amérique du Nord. Il aimait entendre des histoires de gens qui avaient perdu un proche à cause du suicide. Pour lui, si son voyage permettait de sauver une vie, sa mission n’aurait pas été vaine.
Il avait écrit un livre sur le sujet, intitulé «La prévention du suicide est malade». Il y dénonçait le manque de soutien accordé aux gens qui sont aux prises avec des pensées suicidaires. À la fin de cette marche, il avait l’intention de réaliser un film sur le sujet.
Hydro-Québec doit faire passer une ligne de raccordement sur les terrains de MM. Murphy et Audet afin de relier le parc éolien Venterre, de TransAlta, au reste de son réseau d’électricité. La mise en service du parc éolien de 66 mégawatts est prévue pour la fin de 2012. La construction bat son plein dans l’arrière-pays de New Richmond, à Saint-Alphonse et à Caplan, sur des terres privées et publiques.
La coupe d’arbres sur la terre de Léopold Audet, dans le troisième rang est de New Richmond, a débuté mercredi dernier. La ligne de transport existante est à droite et la ligne de raccordement du parc éolien de TransAlta est à gauche, sur la photo.
Jusqu’à maintenant, Raynald Murphy a reçu un chèque de 600 $ tandis que M. Audet en a reçu un de 2 000 $. Les voisins de lots n’ont pas encaissé ces chèques, qui font partie d’une impressionnante liasse de documents reliés à leurs démêlées avec Hydro-Québec. Les deux hommes s’entendent pour dire que les désagréments passés et futurs associés au passage de la ligne d’électricité valent plus que ces sommes.
Menuisier, Raynald Murphy se sert surtout du bois de ses terres pour réaliser ses contrats. Il dispose d’un moulin à scie portatif pour transformer son bois. La lisière de forêt à couper sous la future ligne de raccordement d’Hydro-Québec renferme 450 arbres plantés il y a 27 ans et qui seront matures dans 15 ans. Au prix courant du marché, ce bois transformé pourrait valoir 90 000 $ en 2027.
«Au total, Hydro-Québec m’a offert 1 500 $, dans le meilleur temps. Pour le moment, j’ai seulement le chèque de 600 $. On dirait que ça diminue tout le temps, comme pour me faire plier. Ils utilisent l’intimidation, le harcèlement et il n’y a jamais eu de vraie négociation», raconte Raynald Murphy.
Le lendemain du début des travaux de coupe chez M. Audet, M. Murphy a convaincu sans élever la voix le sous-traitant afin qu’il n’entame pas les travaux chez lui. L’entrepreneur a quitté sans insister. M. Murphy leur a notamment dit qu’il était insatisfait de la proposition d’indemnisation offerte par Hydro-Québec.
Après avoir parlé à Léopold Audet, M. Murphy a aussi demandé à l’autre équipe forestière de cesser la coupe chez son voisin, sur un ton aussi cordial. Les travailleurs forestiers ont quitté les lieux. Il était près de 15h00 le 9 août.
«La méthode Hydro-Québec»
À 17h00, il a répondu à un appel de l’avocat Jean-François Mercure, représentant Hydro-Québec, l’enjoignant à respecter les termes d’une décision d’expropriation venant du palais de justice de New Carlisle il y a cinq semaines.
Le 4 juillet, Hydro-Québec a obtenu une décision favorable suivant une requête pour obtenir un «avis de transfert», un document établissant que les propriétés de MM. Murphy et Audet sont expropriées à des fins de servitude pour que la société publique et ses sous-traitants préparent le terrain afin de faire passer la ligne de raccordement. Les voisins de lots n’ont pas contesté l’ordre de la Cour supérieure dans les 30 jours suivants.
«Qu’est-ce qu’on peut faire en cour contre le machine d’Hydro-Québec, deux citoyens comme nous? Je ne crois pas en la justice. On conteste les sommes au Tribunal administratif du Québec. C’est ce qu’on a les moyens de faire», réagit M. Murphy.
Lors d’un entretien téléphonique, Léopold Audet, un agriculteur à la retraite qui exploite toujours ses terres comme producteur de bois, explique calmement le désabusement vécu après avoir été soumis à ce qu’il appelle la «méthode Hydro-Québec».
«J’ai 73 ans, j’ai des problèmes de santé et j’ai fait un gros effort pour régulariser la situation avec Hydro. Je n’ai pas signé d’entente. Hier matin [le mercredi 8 août], fatigué de lutter, j’ai dit aux gars [de l’entrepreneur en coupe forestière] qu’ils pouvaient faire leur travail. On est exploités. J’ai une pleine valise de documents concernant cette affaire. J’ai des lettres écrites, dont une envoyée au président-directeur général Thierry Vandal», souligne M. Audet.
«Ils nous ont fait parvenir un chèque. Dans mon cas, c’est 2 000 $. Je ne l’ai pas changé. Selon l’avis de l’huissier, j’ai six mois pour encaisser le chèque. Il est daté du 26 juin. Je demande 10 000 $ pour la servitude et 2 000 $ pour l’utilisation de ma terre comme stationnement, sans permission», informe M. Audet.
Pendant que le GRAFFICI.CA parlait à M. Audet au téléphone, un camion à remorque transportant un équipement lourd ressemblant à une déchiqueteuse s’est stationné et a laissé son chargement à des centaines de mètres du chantier forestier. M. Audet a indiqué qu’aucune permission ne lui avait été demandée. Ce genre de situation s’est répété à plusieurs reprises depuis janvier, parfois en laissant de larges traces de véhicule lourd sur sa propriété.
Ce n’est pas le seul irritant de ses rapports avec la société publique. «Il y a énormément d’erreurs dans les papiers que nous envoie Hydro-Québec. Les numéros de lots ne sont pas les bons. Les calculs sont erronés. Pour eux, neuf plus neuf égalent 17!», ajoute M. Audet. «J’ai tout noté depuis le début.»
Raynald Murphy signale que les plants d’arbres mis en terre par lui et M. Audet «ont coûté de 1 $ à 1,50 $» par spécimen. «On a éclairci, élagué et maintenant, on nous donne 50 cents par arbre, quand on déduit les montants pour l’arpentage et les désagréments à vie. En plus, Hydro-Québec est venue m’offrir 300 $ pour l’arpentage, deux semaines après l’avoir fait, sans ma permission», précise-t-il.
Réaction d’Hydro-Québec
Responsable des relations avec les citoyens, Geneviève Cloutier, porte-parole d’Hydro-Québec dans ce dossier, assure que «nos responsables parlent beaucoup avec les propriétaires» et qu’«Hydro-Québec cherche à s’entendre à l’amiable» avec eux.
Elle note que «les barèmes de calcul des indemnisations sont basés sur une entente entre Hydro-Québec et l’Union des producteurs agricoles depuis 1986» et que la «majorité des propriétaires ont signé, sauf deux».
Raynald Murphy est plutôt d’avis que «bien des gens ont lâché parce qu’ils étaient tannés.»
Le Tribunal administratif du Québec pourrait mettre plusieurs mois avant de se pencher sur la cause de MM. Audet et Murphy.
Un citoyen de New Richmond demande une indemnisation de 2 000 $ à Hydro-Québec
Par ce spectacle solo, la comédienne et chanteuse, qui vit maintenant à Saint-Ulric, près de Matane, a sa manière toute personnelle de revisiter les monologues et chansons de Clémence Desrochers, tout en demeurant fidèle à l’œuvre créatrice.
Fin de saison
La saison de la Chapelle se terminera le dimanche 26 août à 20h par le spectacle d’Olibrius Folk Orchestra et de L’abominable Fanny Fay. Celle-ci se définit comme «une créature excentrique qui écrit des chansons burlesques noires et blanches, mais aussi une poésie songée, parfois douce, mais aussi parfois crue et amère». On dit aussi qu’«elle fait voyager les gens dans des mondes fous où la laideur prend un tout autre sens».
En comptant sur la comédienne Louise Portal comme porte-parole, la programmation de l’été culturel de la Chapelle s’est ouverte le 24 juin, en marge des festivités de la Fête nationale du Québec, par le vernissage de dessins d’enfants de la région. L’exposition permanente de ces œuvres, montée par un artiste de l’endroit, René Faulkner, peut être visitée tous les jours de 9h à 17h.
La Ville voulait entre autres acquérir un camion, un chargeur et un souffleur. Ces équipements ont été acquis d’une compagnie locale, George Cahill et Fils, une transaction s’étant soldée par une dépense de 130 928.55$. Au total, la Ville a inclus ces achats dans un règlement d’emprunt de 250 000$, dont l’échéance est fixée à 2016.
Le commissaire aux plaintes Marc-André Thivierge établit que l’appel d’offres «comportait une description des équipements demandés très précise» et que la seule soumission déposée répondait «de façon très précise aux fins détails de l’appel d’offres». Le commissaire exhorte l’administration municipale à démontrer de la prudence tout en spécifiant que seul un tribunal pourrait déterminer la légalité de l’appel d’offres.
Percé compte au moins deux autres entrepreneurs en déneigement dans ses limites municipales.
La Ville de Percé a reçu le 12 décembre 2011 le rapport des Affaires municipales portant sur ces équipements de déneigement. Le document est daté du 14 novembre 2011. Il a été présenté au public lundi, 6 août, lors de l’assemblée mensuelle de soirée. Un autre rapport soumis le 23 et reçu le 27 juillet 2012, portant sur l’omission de M. Mamelonet de déclarer en 2007 son intérêt dans un terrain sur lequel une tour de Telus a été installée, a aussi été déposé publiquement lors de cette assemblée.
Félix Caron, directeur général de la Ville de Percé, note que dans son rapport, le commissaire aux plaintes ne lui a pas demandé de rendre public le document, mais de le communiquer au conseil municipal.
«C’est ce que j’ai fait», aborde-t-il. C’est «le conseil municipal (qui) a décidé de le rendre public», assure M. Caron. Quant au rapport spécifique à la déclaration d’intérêt de M. Mamelonet, l’assemblée de lundi était la première occasion de le diffuser publiquement.
Le maire actuel Bruno Cloutier souligne que son administration n’a pas diffusé le rapport des Affaires municipales de 2007 «parce qu’on savait qu’une autre enquête se préparait. On ne pensait pas que ça prendrait autant de temps. On voulait publier les deux rapports en même temps».
M. Cloutier a déjà été directeur général, mais il n’était pas en poste en 2007. «C’était un appel d’offres dirigé. Il y avait trop de similitudes entre les exigences et le matériel disponible. Je n’aurais pas accepté un achat comme celui-là, d’autant plus que c’est de l’équipement usagé. La durée du règlement d’emprunt adopté excède la durée de vie de certains équipements. On paie encore pour un équipement qui ne fonctionne plus», dit-il en faisant référence à un camion 1979 payé 28 373.55$ après 27 ans d’usage.
Le libellé de l’appel d’offres montre que la Ville de Percé cherchait, par exemple, un GMC Bison 1979 avec un «kilométrage approximatif de 824 885 km» et un chargeur Caterpillar comptant «environ 7 510 heures d’opération».
Robert Daniel, du mouvement Citoyens vigilants de Percé, groupe ayant demandé les vérifications acheminées au bureau du commissaire aux plaintes, trouve regrettable que le ministère des Affaires municipales traite «du bout des lèvres les actions reprochées» à M. Mamelonet et aux conseillers municipaux.
«C’est la façon polie du MAMROT de dire que des choses pas correctes ont été faites. Ça prend des mois et des mois et quand le rapport sort, ce ne sont plus les mêmes personnes en place», dénonce-t-il.
Autre dossier
Dans un autre dossier, M. Mamelonet doit répondre à des accusations de pêche illégale à l’oursin, après une enquête menée par le ministère fédéral des Pêches et des Océans ayant débouché sur une intervention le 1er août 2011. Le député libéral, propriétaire de la Maison du pêcheur de Percé, un restaurant où l’on sert des mets apprêtés avec des oursins, n’était pas détenteur d’un permis commercial, mais il avait été titulaire, plusieurs années auparavant, d’un permis expérimental. Il doit revenir en cour le 10 octobre pour la suite de la procédure.
Enfin, alors qu’il était encore maire, l’administration municipale de Percé a de plus envoyé un paiement de remboursement de taxe de 36 060$ à l’État québécois, sans en avoir informé le conseil municipal. Le code municipal statue qu’un maire ou un directeur général ne peuvent autoriser un paiement de plus de 24,999$ sans autorisation. Ce remboursement de taxes municipales était lié au Club nautique de Percé, organisme que M. Mamelonet présidait.
Le député de Gaspé assure ne pas être intervenu dans l’appel d’offres applicables aux équipements de déneigement. En ce qui a trait à la tour de Telus, il admet ne «pas avoir compris ce qu’était une déclaration d’intérêt pécuniaire» et dit avoir d’abord refusé son installation.
«Je suis un partisan de l’enfouissement des fils. J’ai accepté pour que les citoyens puissent bénéficier des services (de téléphonie cellulaire), à condition que la tour ne dépasse pas les arbres et que le bâtiment soit habillé. Je reçois 2 000$ par an, et Telus est branchée sur ma boîte électrique. Jamais, je n’ai participé aux décisions du conseil dans ce cas», dit-il.
Au sujet du remboursement de taxes du Club nautique, il assure que la décision découle de la volonté de Chantale Demontigny, la directrice générale de la Ville de Percé de l’époque.
«Le paiement portant la signature du maire, c’est un tampon. Je n’ai pas assisté à ces discussions», assure-t-il.
Le conseil d’administration de l’établissement a entériné sa nomination qui avait été recommandée par le ministre de la Santé et des Services sociaux, Yves Bolduc. Celle-ci fait suite à la démission de la directrice générale, Hélène Laprise, qui était en poste depuis trois ans. Les membres du conseil lui ont d’ailleurs offert leur étroite collaboration, notamment afin de tenter de calmer la situation de crise qui perdure au sein du CSSS depuis quelques mois.
Solide expérience dans le réseau de la santé
Bertin Riverin détient une licence en administration, une formation en relations industrielles et un diplôme de deuxième cycle en éthique de société.
Il possède plus de 35 ans d’expérience dans des postes de direction où, selon la présidente du conseil d’administration, Diane Lever, il a eu à gérer des organisations complexes, particulièrement dans le réseau de la santé québécois. Il a notamment occupé des fonctions de directeur des ressources humaines au sein d’un hôpital régional pendant quatorze ans, puis de directeur général de deux CSSS pendant douze autres années.
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