Est-il possible de trouver une mesure originale adoptée par ce gouvernement qui ait eu des effets bénéfiques pour la région, qui ait constitué un réel avancement? Nous cherchons encore.
Il y a eu peu d’annonces, et elles étaient souvent des reconductions d’ententes moins généreuses que les précédentes, présentées de façon trompeuse parce que leurs messagers en exagéraient les bénéfices.
Le meilleur exemple est survenu en septembre, quand le ministre des Affaires municipales Pierre Moreau a osé dire que le remboursement de la taxe d’accise sur l’essence était « plus généreux et plus avantageux » que le programme précédent. Après un simple examen de l’entente, il était aisé de constater que la somme remise aux municipalités était supérieure du simple fait que l’entente portait sur cinq ans au lieu de quatre. Sur une base annuelle et en tenant compte de l’indexation attribuable au taux d’inflation, l’entente « généreuse » du ministre Moreau revenait à une perte de 7,2 % pour ces mêmes municipalités. Il est permis ici de parler de désinformation.
Le champion dans le domaine de la désinformation, du flou et de l’inaction a certes été le ministre régional Jean D’Amour. Il lui a fallu des mois avant de se mettre en marche, et cette marche évolue au grand ralenti, quand elle ne recule pas. Sa présence n’a donc pas bénéficié à la région. Il s’est fait le représentant du gouvernement dans la région au lieu du défenseur de la Gaspésie.
Ses faibles actions ont été largement contrebalancées par l’ensemble des mesures rétrogrades imposées par le gouvernement Couillard, comme l’abolition de la Conférence régionale des élus, les compressions de plus de 60 % du budget des centres locaux de développement, le rôle limité conféré aux carrefours jeunesse-emploi, les coupes refilées à Place aux jeunes et l’extraordinaire centralisation du réseau de la santé, entre autres.
M. D’Amour s’est imposé dans un domaine, celui du discours vide. Il ne suffit pas de dire qu’il « visite souvent la région ». À quoi servent toutes ces visites si elles débouchent la plupart du temps sur du réchauffé ou sur le néant?
Son bilan annuel pour la Gaspésie, déposé en décembre, était bardé de tromperies, comme si M. D’Amour était tellement en mal de dresser un portrait positif qu’il y a inclus des annonces du gouvernement précédent et des mesures touchant le Bas-Saint-Laurent. Il a fait passer des coupes budgétaires pour de bonnes nouvelles, comme les 119,5 M$ pour les routes. Il a lancé ce montant sans dire qu’il couvre deux ans, et sans spécifier que c’est 48 M$ de moins que le budget du gouvernement précédent.
Jean D’Amour s’est « réjoui » de l’annonce de son gouvernement d’appuyer la Régie intermunicipale de transport de la Gaspésie et des Îles (RéGÎM) afin de combler une partie des coupes de services de 75 % d’Orléans Express. Il estime que « cette annonce […] viendra répondre aux besoins de la région et aux préoccupations de ses citoyens et citoyennes ». Comment peut-on dire pareille sottise? S’il est rassurant de voir la RéGÎM s’engager dans le transport à plus grande échelle, il faut être déconnecté pour ne pas réaliser que les Gaspésiens ont quand même perdu 65 % de leurs services d’autocars.
Ce gouvernement se gargarise avec le « sauvetage » du chemin de fer Matapédia-Gaspé. C’est pourtant ce même gouvernement qui a laissé aller la Société du chemin de fer de la Gaspésie (SCFG) dans le mur, en n’intervenant pas entre avril et novembre pour empêcher qu’elle ne se place sous la protection des tribunaux.
La gestion de la SCFG avait certes été déficiente depuis quelques années, mais Transports Québec avait tous les outils pour redresser la situation avant qu’elle ne dégénère. Pourquoi l’État n’a-t-il pas agi avant? Pour prendre le rôle de sauveur, un sauveur qui handicape la relance éventuelle du rail en mettant en dormance une longue section centrale du réseau?
Nous sommes en présence d’un gouvernement qui a miné la contribution citoyenne dans toutes sortes de domaines de développement, un État qui joue son va-tout dans une centralisation démesurée à Montréal et à Québec, et qui laisse des miettes à des élus locaux n’ayant généralement pas les compétences pour se passer de la société civile.
Nous sommes en présence d’un gouvernement qui a calqué ses méthodes dures sur le modèle de Stephen Harper à Ottawa, qui a imposé des compressions significativement plus fortes dans les régions, toutes proportions gardées, que dans les grandes villes.
Même si la tâche semble ardue, il faut se servir des frondes lancées par le gouvernement Couillard pour forger de nouvelles solidarités, puisque l’État semble vouloir les affaiblir en déstructurant des organismes que les gens avaient mis des décennies à bâtir. Cette résistance des citoyens a servi la Gaspésie dans le passé, et elle le fera de nouveau.
Le gouvernement libéral mérite une note d’échec pour son bilan de l’an 1, une note qui se rapproche vraiment de zéro.
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Cette capacité de s’informer représente l’un des plus importants remparts de la démocratie, et cette démocratie est mise à rude épreuve tous les jours, même chez nous.
En France, comme ailleurs en Europe, la tuerie de Charlie Hebdo a fait ressurgir la question de la liberté d’expression, l’un des sujets chauds outre-Atlantique, en particulier depuis 2006, quand des patrons de presse ont subi des pressions après la publication de caricatures sur le prophète Mahomet.
Au Canada et au Québec, le bras de fer se joue à une autre enseigne. La question la plus brûlante dans les salles de rédaction tourne bien davantage autour de l’accès des journalistes, donc du public, à l’information. Il est vrai que le Québec a connu des tentatives violentes de musèlement, dont ont été victimes Jean-Pierre Charbonneau, atteint d’une balle dans la salle de rédaction du Devoir en 1973, et Michel Auger, du Journal de Montréal, laissé pour mort dans le stationnement du quotidien en 2000.
Toutefois, pour le moment, comparer la France et le Québec serait injuste. L’analogie suivante illustre sans doute cette différence. On dit souvent que plonger une grenouille dans l’eau bouillante ne la tuera pas, parce que le choc la fera sortir aussi vite qu’elle y est entrée. Par contre, une grenouille placée dans l’eau froide, puis soumise à une hausse graduelle de la température, jusqu’à ce que l’eau bouille, y laissera sa peau.
Ainsi, la France, et sans doute l’Europe, vient de vivre un choc qui risque de créer un éveil salutaire sur le plan démocratique, malgré le lourd prix payé par le biais de la mort de 17 journalistes, policiers et autres citoyens.
« Les Canadiens et les Québécois semblent bien davantage dormir au gaz, au point où il est permis de se demander quand ils se réveilleront. »
Exagération? Rien n’est moins sûr. Sur le plan régional, les journalistes gaspésiens vivent depuis au moins 10 ans une lente dégradation de l’accès à l’information, tant sur la scène fédérale qu’en politique québécoise.
Il y a 10 ans, il était encore possible de parler rapidement à un fonctionnaire fédéral bien informé du sujet abordé par le journaliste. Certains fonctionnaires n’informaient même pas leurs patrons de la tenue de l’entrevue accordée. L’arrivée du gouvernement de Stephen Harper à Ottawa a resserré les sources d’information d’une façon inégalée depuis des décennies.
Il faut maintenant écrire plus souvent qu’autrement ses questions à un relationniste de ministère fédéral, et se préparer à attendre 24 heures avant d’obtenir des réponses. Dernièrement, le ministère des Affaires autochtones et du Nord canadien a battu un record d’ineptie, ou d’obstruction, en prenant une semaine avant de répondre à des questions élémentaires portant sur un référendum à Listuguj. Le service des communications du ministère savait que l’article devait être rédigé avant le référendum. Il a répondu quatre jours après.
Graduellement, le gouvernement québécois complique aussi la tâche des médias. Sous les libéraux de Jean Charest, le resserrement était particulièrement visible au ministère de l’Environnement. Le Parti québécois sous Pauline Marois a accentué la centralisation des communications à Québec, laissant de moins en moins de place aux directions régionales.
Sous Philippe Couillard, on assiste à une duplication du modèle de Stephen Harper, le pire exemple d’hermétisme au pays. Les délais de réponse s’étirent et la quantité d’information rétrécit, un peu comme si, et c’est sans doute le cas, on voulait décourager les journalistes de faire des recherches, comme si on voulait les cantonner à l’utilisation de communiqués insipides ou manipulateurs.
Il serait illusoire de compter sur les politiciens pour qu’ils se présentent comme gardiens de la démocratie. Seuls les citoyens, en montrant leur intérêt le plus souvent possible plutôt qu’une simple fois aux élections, et les journalistes peuvent la protéger.
Quand les médias éprouvent des difficultés à s’exprimer librement ou à avoir accès à l’information, c’est la pluralité des points de vue qui en est affectée, que l’on soit d’accord ou pas avec le style abrasif de Charlie Hebdo. En bout de course, quand cette pluralité perd du terrain, c’est la capacité des citoyens de s’informer qui s’étiole et, du même élan, c’est la démocratie qui plonge.
C’est de cette façon que la tragédie de Charlie Hebdo doit minimalement nous rejoindre.
Le nouveau régime forestier mis en place le 1er avril 2013 par le gouvernement Marois ne garantit plus aux industriels la totalité de leurs besoins en approvisionnement, ce qui était le cas auparavant par les contrats d’approvisionnement et d’aménagement forestier (CAAF), en échange de redevances. Depuis bientôt deux ans, le gouvernement garantit seulement 75 % de l’approvisionnement qui était alloué à une entreprise. La balance de 25 % est mise aux enchères publiques.
« Les marges bénéficiaires étaient déjà relativement minces, se désole le directeur général du Groupement Forestier Coopératif Shick Shock, Michel Marin. Donc, quand on met tous les joueurs dans un marché qui est passablement fermé, la quantité de travaux sylvicoles n’augmente pas parce qu’il y a des appels d’offres! C’est la même quantité, mais on ponctionne 25 % du bassin des travaux sylvicoles. »
Les travailleurs écopent
« En voulant créer une saine compétition, le gouvernement, avec son nouveau régime forestier en forêt publique, a enlevé, à chaque entreprise gaspésienne et à toutes celles de la province, une partie de son budget en gré à gré, déplore le directeur général du Groupement Forestier Coopératif de la Péninsule, Claude Berger. Cet argent-là est disponible pour les appels d’offres publics et engendre une compétition qui est très difficile. Ça fait en sorte que les entreprises qui soumissionnent sur des travaux sylvicoles ont la possibilité de remonter leur chiffre d’affaires en allant chercher plus de travaux, mais souvent, ça se fait à des prix ridicules et c’est souvent les travailleurs qui en font les frais. »
« Une entreprise qui veut aller chercher un appel d’offres, il faut qu’elle soumissionne très très bas par rapport à la grille de référence du Ministère pour être capable de décrocher le contrat », continue-t-il?
Michel Marin estime que la course aux sous-enchères est encore plus néfaste pour la Gaspésie à cause de ses difficultés liées à l’emploi. « C’est un manque de vision de diminuer davantage les conditions d’emploi des travailleurs sylvicoles, de ces gens qui travaillent extrêmement fort et qui rendent un service très grand à la société », estime-t-il.
Il rappelle que les entrepreneurs sylvicoles ont des opérations à faire tourner et des employés à faire travailler afin, minimalement, de pouvoir se qualifier à l’assurance-emploi. « Les appels d’offres sortent à des prix vraiment en-dessous du taux de la grille du ministère des Ressources naturelles pour aller chercher les semaines de travail qu’il faut pour les travailleurs, explique-t-il. D’après moi, c’est de l’appauvrissement collectif. »
Son de cloche unanime en Gaspésie
Même s’il admet s’ajuster relativement bien au nouveau régime, le directeur des Entreprises Agricoles et Forestières de Percé dénonce lui aussi les impacts négatifs générés par les appels d’offres. « Nous déplorons (…) la venue des appels d’offres en forêt publique sur les travaux non commerciaux, surtout ceux faits de façon manuelle, car il faut soumissionner “sur le dos” des travailleurs pour avoir des travaux, ce qui entraîne encore une fois une détérioration de leurs conditions de travail », indique Sylvain Réhel.
Même son de cloche du côté du Groupement forestier coopératif Baie-des-Chaleurs, dont le directeur général estime s’adapter au nouveau régime et croit qu’il comporte plusieurs points bénéfiques sur le plan environnemental. En revanche, il se dit préoccupé, comme les autres, par le maintien et l’amélioration des conditions de travail de la main-d’oeuvre forestière. « L’octroi des projets sylvicoles par appels d’offres basés strictement sur le plus bas prix déstabilise nos entreprises », ajoute Pierre-Luc Desjardins.
Appauvrissement de la région
Pour certains, la compétition créée par le nouveau régime forestier nuit à la Gaspésie en donnant l’occasion à des entreprises de l’extérieur de pouvoir décrocher des contrats dans un marché qui est déjà plutôt restreint. « C’est de la richesse qui sort des régions pour aller dans les mains de moins en moins de personnes », croit Michel Marin.
« Après deux ans de nouveau régime, les gens du Ministère réalisent qu’il y a peut-être des choses à revoir, qu’ils pourraient plancher sur des conditions minimales pour la main-d’oeuvre, souligne Claude Berger. L’argent qu’on a, c’est pour la main-d’oeuvre. On n’a plus de marge de manœuvre. »
Michel Marin abonde dans le même sens. « Ça a existé, les appels d’offres, à la fin des années 1980, début 1990 et c’était exactement ce qui se passe maintenant, rappelle-t-il. Le taux qu’on va chercher pour faire un traitement sylvicole, soit entre 70 et 85 %, s’en va en salaires. Si on soumissionne, on soumissionne sur quoi? On soumissionne sur les salaires. On l’avait dénoncé, on s’était opposés à cette réintroduction-là, mais le gouvernement a quand même été de l’avant avec cette formule-là. »
Les plus gros mangent les plus petits
Claude Berger craint aussi qu’à force de soumissionner pour des travaux à perte, que des entreprises déclarent faillite. « Ce qui risque d’arriver, c’est qu’on va se ramasser avec des méga-entreprises sylvicoles qui vont avoir fait crever les plus petites, appréhende-t-il. Il va seulement rester une poignée d’entreprises sylvicoles en Gaspésie. Une fois que la compétition va être éliminée, elles vont avoir le beau jeu pour le futur. D’ici cinq ans, ça ne me surprendrait pas que de petites entreprises sylvicoles disparaissent ou fusionnent avec des plus grosses pour passer à travers. »
Selon Michel Marin, un phénomène comme celui décrit par son confrère s’est produit dans le monde de la construction, notamment dans les contrats gouvernementaux accordés à l’entretien des routes. « Les plus gros mangent les plus petits », résume-t-il.
En somme, il exhorte le gouvernement à revoir rapidement le nouveau régime forestier et à poser des gestes concrets pour améliorer les conditions de travail des ouvriers et des entreprises sylvicoles. « C’est urgent! », souligne-t-il.
450 M$ pour les travaux sylvicoles
La semaine dernière, le gouvernement du Québec a annoncé une enveloppe pour les travaux sylvicoles de 450 M$, répartis sur deux ans. L’annonce a été faite par le premier ministre Philippe Couillard lors de son passage au Lac-Saint-Jean. La portion réservée à la Gaspésie n’a pas encore dévoilée. L’an dernier, elle était de l’ordre de 18 M$.
Dans le secteur de L’Estran, les dons recueillis lors de la guignolée ont été moins abondants. Cette année, les bénévoles ont amassé, en dons et en denrées, l’équivalent de 3 681 $, comparativement à 4 200 $ l’an passé. Mais la directrice du Centre d’action bénévole La Grande Corvée de Grande-Vallée est tout de même très satisfaite du succès obtenu lors de cette campagne. « Ce que je trouve formidable, c’est la complicité entre les acteurs du milieu, se réjouit Marie-Berthe Bélanger. Développer des partenariats, c’est ce qui fait notre force. »
La somme obtenue est la bienvenue puisque la banque alimentaire de l’organisme était à sec. Cette situation est due au nombre de dépannages d’urgence qui a augmenté. La demande est aussi plus grande pour les paniers de Noël, qui passera cette année à 67, à comparer à 52 l’an dernier.
Même si la campagne de financement n’était pas tout à fait terminée, tout indique que le total des dons recueillis dans la MRC du Rocher-Percé sera sensiblement similaire à celui de l’an dernier, soit aux alentours de 20 000 $. « La population est terriblement généreuse », s’exclame la directrice du Centre d’action bénévole Gascons-Percé, Josiane Blais.
Ces dons sont bien accueillis puisque les demandes de paniers de Noël sont nombreuses. L’organisme a reçu un plus grand nombre de demandes, mais à cause de l’augmentation du coût du panier d’épicerie, il doit en refuser. Par conséquent, 240 à 250 paniers seront distribués. Ils ont une valeur respective de 150 à 160 $ chacun.
Du côté de Gaspé, le montant des dons avoisine également celui de l’an dernier, soit 26 500 $ en argent, en denrées et en cadeaux. Là aussi, les responsables des deux guignolées sont touchés par la générosité de la population. Le Centre d’action bénévole Le Hauban devra, lui aussi, distribuer davantage de paniers de Noël. « On a reçu 264 demandes, calcule la coordonnatrice du support aux bénévoles, Monia Denis. L’an passé, on en avait 248. »
Du côté de la Haute-Gaspésie, c’est le Centre d’action bénévole des Chic-Chocs, assisté des Chevaliers de Colomb du secteur, qui organise la guignolée. Avec l’argent amassé, des bons d’achats sont remis aux personnes dans le besoin qui en font la demande.
Banques alimentaires achalandées
Suite à la guignolée orchestrée en Haute-Gaspésie, les denrées non périssables sont remises à la banque alimentaire de Partagence. Cette année, les dons en aliments sont estimés à 2 500 $, ce qui représente une diminution de 600 à 700 $ par rapport à l’an dernier.
Partagence distribuera des sacs d’épicerie d’une valeur de 45 à 50 $ chacun à la fin décembre ou début janvier. « L’an passé, on a donné 171 sacs, indique l’intervenante alimentaire, Suzie Sasseville. Cette année, on s’attend à en donner 190. » Elle constate aussi une hausse des demandes de dépannage d’urgence. « En novembre, on en a eues 182, alors que la moyenne est de 134, souligne-t-elle. On doit en refuser. »
Partagence pense aussi aux enfants en organisant, depuis 14 ans, le Noël de l’espoir. Quelque 80 bénévoles contribuent au succès de l’événement, auquel plus de 450 personnes prennent part. Lors de cette grande fête qui, cette année, s’est tenue le 14 décembre à l’École Gabriel-Le Courtois de Sainte-Anne-des-Monts, un repas est servi à chaque convive et chaque enfant reçoit des jouets, dont au moins un neuf d’une valeur de 30 $.
La présidente de Partagence, qui refuse de dévoiler son identité, constate qu’au fil des années, les mentalités et l’attitude des familles ont évolué. « Je vois plus de rapprochement des parents par rapport à leurs enfants, observe-t-elle. Ils sont capables de dire à leurs enfants qu’ils les aiment. Aussi, leurs enfants sont propres. »
À Paspébiac, le fonctionnement est le même qu’en Haute-Gaspésie. C’est le Centre d’action bénévole Port-Daniel-Saint-Siméon qui est responsable de la guignolée et qui prépare les paniers de Noël. En dehors de cette période, c’est le Collectif Aliment-Terre qui gère la banque alimentaire. Dans ce secteur de la Gaspésie, la coordonnatrice constate, elle aussi, une hausse des demandes de dépannage. « Depuis les deux dernières années, on a eu une augmentation d’une dizaine par mois, observe Cindy Delarosbil. Les gros mois, on distribue une trentaine de paniers. » Ceux-ci sont estimés, en moyenne, à 100 $ par personne.
À pareille date l’an dernier, la Source alimentaire Bonavignon de Maria a distribué 43 paniers de Noël. « Cette année, on est rendus à 50 », fait remarquer la coordonnatrice, Suzanne Lamarre. En moyenne, chaque panier représente une valeur d’environ 200 $.
En contre-partie, la guignolée a davantage rapporté que l’an passé. De 4 190 $ qui avaient été amassés, les dons s’élèvent, aujourd’hui, à 4 700 $. « Les gens sont sensibles, estime Mme Lamarre. Il y a un peu plus de prise de conscience collective. On a même eu un chèque de 1 000 $ d’un donateur anonyme! Je remercie d’ailleurs la population d’être autant généreuse. J’en profite pour leur rappeler que les besoins ne sont pas seulement à Noël, mais à l’année! »
Selon une interprétation des données de l’Institut de la statistique du Québec, près de 2 000 familles gaspésiennes, sur les 24 000 que compte la péninsule, vivent sous le seuil de la pauvreté.
Cependant, le chef et cofondateur du parti se réserve bien de nommer des noms. « Il y a des gens qui ont démontré leur intérêt, se contente de confirmer le député de Haute-Gaspésie-La Mitis-Matane-Matapédia. Il y a trois personnes avec qui on a eu des échanges. Notre objectif, c’est d’avoir officialisé nos candidats avant le budget. »
Le territoire des deux circonscriptions fédérales sera modifié lors des prochaines élections fédérales. Ainsi, la MRC D’Avignon fera partie d’un nouveau redécoupage qui deviendra la circonscription Avignon-La Mitis-Matane-Matapédia, que Jean-François Fortin compte bien briguer. La Haute-Gaspésie se joindra à celle de Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine. Pour cette circonscription, le candidat sera annoncé plus tard. « Il y aura une sélection et des vérifications d’usage, fait valoir M. Fortin. On est dans cette dynamique-là. Mais pour l’instant, on n’a aucun choix d’arrêté. »
À la défense de la Gaspésie et des autres régions
M. Fortin estime que son parti pourra farouchement défendre la Gaspésie à Ottawa, tout autant qu’il entend le faire pour toutes les régions du Québec. « Nos régions ont des réalités différentes, souligne-t-il. Même les régions rurales ont, entre elles, des réalités différentes. »
Le parlementaire propose notamment de décentraliser les enveloppes de Développement économique Canada pour les régions du Québec vers les directions régionales. « Présentement, toutes les décisions financières sont approuvées dans une tour d’ivoire à Ottawa, alors qu’il y a des gens compétents qui connaissent les réalités, qui peuvent moduler les programmes si on leur donne cette possibilité, explique-t-il. Les élus des communautés locales et les fonctionnaires de Développement économique pour la Gaspésie pourraient convenir de quelle manière l’argent peut être dépensé dans la région, avec des priorités régionales et non celles d’Ottawa! »
La volonté d’être à l’écoute des régions du Québec transcende d’ailleurs les bases du nouveau parti fondé par Jean-François Fortin et le député de Repentigny, Jean-François Larose. Les deux parlementaires refusent d’adapter leur discours à des motifs électoralistes. « Ce qu’on vise, c’est de dire ce que les gens pensent, affirme le chef. On ne va pas là pour plaire à des fonctionnaires à Ottawa, on va là pour parler au nom des gens de chez nous. »
Outre quelques prises de position, notamment contre les mesures d’austérité du gouvernement Couillard et contre le projet d’oléoduc d’Énergie Est, Forces et démocratie se garde bien d’arriver avec des propositions pensées d’avance. « On ne veut justement pas dire aux régions ce qui est bon pour elles, indique l’ancien député bloquiste. Il faut faire confiance aux gens qui connaissent leur région. Si, aujourd’hui, on vous avait présenté un programme tout fait et tout décidé d’avance, on aurait eu un double discours. C’est important de repartir la machine d’en bas, d’avoir une démocratie participative. »
La réalisation d’un rêve
Pour Jean-François Fortin, qui se dit passionné de politique, la fondation de son propre parti est la réalisation d’un rêve. « Ça date de longtemps que je parle de démocratie participative, de confier un rôle aux citoyens, d’être connecté sur nos communautés, pas seulement en période électorale, spécifie-t-il. Ce désir de rétablir la démocratie et de faire en sorte que la politique puisse être captivante, c’est quelque chose qui est intrinsèquement en moi. » Sa vision de la politique se dessine autour de citoyens qui se regroupent pour défendre leurs positions, pour améliorer leur région. « La politique, ce n’est pas bon ou mauvais en soi, continue-t-il. C’est ce qu’on en fait. »
Il se rappelle, il y a environ cinq ans, lorsque le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, lui a proposé de s’engager sur la scène fédérale, alors qu’il était enseignant en science politique au Cégep de Rimouski et maire de Sainte-Flavie. « Il y avait des choses que je n’aimais pas et que je n’aime toujours pas en politique », admet le parlementaire de 41 ans. Voilà donc l’opportunité, pour lui, de faire de la politique comme il l’entend. « C’est l’occasion, pour moi, de ne pas rester assis dans mon fauteuil en regardant passer la parade, illustre-t-il. Je veux parler tout haut de ce que les gens de ma région veulent. »
Mais Jean-François Fortin ne voit pas la tâche avec des lunettes roses. « Honnêtement, je sais que le défi est de taille, avoue-t-il. On est en dehors des sentiers battus. On refuse de jouer les règles traditionnelles du pouvoir et de l’organisation politique. C’est un parti qui souhaite une réforme politique, une révolution démocratique par la prise de parole de gens forts dans toutes les régions. »
Aucune mention de l’indépendance du Québec
Reconnu pour ses positions indépendantistes, Jean-François Fortin se défend de rejeter la notion de souveraineté du Québec qui est pourtant absente des fondements de son parti. « L’indépendance du Québec n’est pas placée dans le discours, mais moi, mes convictions n’ont pas changé, dit-il. On ne l’a pas évacuée, c’est qu’on est ailleurs, pour le moment. Ce n’est pas un parti fédéraliste, c’est un parti régionaliste et nationaliste. C’est d’abord et avant tout un parti qui croit qu’il y a une urgence de défendre les régions, qui est prêt à rassembler des gens de toutes provenances pour mener cette bataille. »
Selon le député, les partis actuels n’écoutent pas le peuple. Il croit que c’est pour cette raison que les citoyens sont désabusés de la politique et que 40 % d’entre eux ne votent pas aux élections. « Il y a un cynisme politique profond », estime-t-il.
Cela n’empêche pas Jean-François Fortin d’être optimiste. « Je pense qu’on a un bel avenir devant nous, laisse-t-il tomber pour conclure l’entrevue. Mais c’est certain qu’on a de beaux défis aussi! »
Il est ouvert depuis le 6 novembre à Chandler, sur la rue Commerciale. Il s’agit du cinquième centre de ce type au Québec. Il couronne un an de travail de la part de sa présidente, Me Catherine Duguay, substitut du procureur général en Gaspésie, qui a fait le tour des acteurs importants du secteur juridique à partir de novembre 2013 pour vérifier la pertinence d’un tel service en Gaspésie et aux Îles.
Même si le Centre de justice de proximité compte moins d’un mois d’existence, et qu’il ne fait réellement parler de lui que depuis son ouverture officielle le 21 novembre, ses deux juristes ont déjà rencontré plusieurs citoyens désireux d’obtenir des renseignements en lien avec leurs problèmes.
« Ça s’adresse à tout le monde, peu importe la catégorie de revenu ou d’âge. Ça peut être un jeune aux prises avec de la cyber-intimidation, des conjoints de fait ou un couple désireux de fermer un compte conjoint » aborde Christina Meunier-Cyr, directrice du Centre de justice de proximité de la région.
Les sujets abordés peuvent toucher le droit criminel, le droit civil ou le droit commercial, les questions de succession, les testaments, les mandats d’inaptitude, les tribunaux administratifs, en regard aux questions de la Commission de la santé et de la sécurité au travail par exemple, le droit de la famille et d’autres thématiques.
« Nous pouvons dire : “Voici le droit, voici les possibilités”. On donne de l’information juridique, à ne pas confondre avec des conseils juridiques. Nous ne sommes pas là pour enlever du travail aux avocats de pratique privée. Les avocats donnent des conseils : “Vous seriez mieux de faire telle ou telle chose”. Nos juristes ne peuvent pas prendre le dossier de l’un de nos citoyens et aller le plaider en cour. On ne prend pas les dossiers en charge. On va les (citoyens) outiller, les informer. On donne une liste d’avocats. Eux magasinent leurs professionnels », explique Christina Meunier-Cyr.
Son équipe peut fournir des formulaires, comme ceux de la cour des petites créances, « mais on ne peut les remplir à la place des citoyens », précise-t-elle.
Native de Newport, Christina Meunier-Cyr est notaire de formation. Son rôle pour les prochaines semaines consistera surtout à faire connaître les services du Centre de justice de proximité, mais il lui arrivera de rencontrer des citoyens si les autres membres de son équipe sont trop occupés, ou si les questions concernent sa spécialité.
Émilie Blanchard est l’une des deux juristes, avec Benoit Pilon. Mme Blanchard est une jeune avocate venant de la région de Sherbrooke. Avocat également, M. Pilon est établi à Port-Daniel depuis une décennie. L’adjointe administrative Anne Dégarie, de Pabos, complète le quatuor.
Christina Meunier-Cyr se déplacera en Gaspésie et aux Îles-de-la-Madeleine au cours des prochains mois dans le but de faire connaître les services sous la responsabilité de cette équipe. « J’offrirai des séances d’information. Je peux me rendre rencontrer les membres d’un Club des 50 ans et plus afin de leur parler d’un sujet qui les intéresse. Éventuellement, nos juristes iront également rencontrer des citoyens sur une base individuelle, dans un lieu à déterminer, et qui pourrait être le bureau d’un organisme associé (qui a participé à l’établissement du Centre de justice de proximité) ».
Pendant la période actuelle de démarrage, les juristes concentrent leurs efforts sur des rencontres individuelles au bureau de Chandler, et sur les conversations téléphoniques avec les citoyens ayant besoin de leurs services.
Peut-on entrer en contact avec eux par courriel? « On ne peut échanger avec la personne par courriel. Il y a des aspects dans la compréhension des dossiers qui sont bien plus simples à éclaircir en conversation. On aime mieux privilégier la proximité. Il y aura bien sûr moyen de transférer des documents à l’aide de courriels, mais la première approche, c’est une conversation », souligne Mme Meunier-Cyr.
En principe, le service est sans rendez-vous, « mais on peut fixer un rendez-vous pour accommoder des gens qui n’ont qu’une demi-heure pour se libérer de leur travail », ajoute-t-elle.
Les juristes seront à l’affut afin de référer les citoyens à d’autres services publics dans les cas où leurs dossiers ne seraient pas du ressort du Centre de justice de proximité. « Ça peut vouloir dire référer les citoyens en médiation, au CAVAC (Centre d’aide aux victimes d’actes criminels), en justice alternative, à un soutien psychologique, etc. », note Mme Meunier-Cyr.
Les services sont aussi offerts à la clientèle anglophone de la Gaspésie et des Îles. Émilie Blanchard est parfaitement bilingue. Benoit Pilon et Christina Meunier-Cyr peuvent aussi travailler en anglais.
« J’ai été élu par 72 % de la population et j’ai été mis dehors par six conseillers, dénonce le maire. Je me donne quelques jours pour voir à ça, mais je vais me défendre, je ne me laisserai pas faire! »
Absence prolongée
Le conseil municipal a voté à l’unanimité cette résolution en vertu des articles 317 et 320 des lois sur les élections et les référendums des municipalités du Québec. « Il a manqué plus de 90 jours, explique le maire suppléant, Yves Sohier, pour défendre cette résolution. C’était la quatrième réunion du conseil qu’il manquait. Il n’est pas venu depuis le 25 juillet. Il ne répond plus au téléphone. »
Le principal concerné invoque la maladie pour justifier son absence. « J’ai un billet du médecin », se défend M. Laperle. « C’est irrecevable, rétorque Yves Sohier. Ça ne justifie pas qu’il ne signe pas les chèques et les procès-verbaux! »
Litige
L’absence du maire serait en lien avec une mésentente concernant une résolution adoptée en séance extraordinaire tenue à la mi-juillet concernant l’achat d’équipements de déneigement pour la municipalité. Selon le maire suppléant, l’acquisition d’un tracteur et d’un camion par la municipalité permettra d’économiser 35 000 $ par année pour les cinq premières années, puis 65 000 $ annuellement.
« Six conseillers ont voté pour et le maire a exercé son droit de véto que le conseil a cassé à la réunion suivante », raconte Yves Sohier. Selon lui, le seul entrepreneur intéressé à effectuer le déneigement à La Martre avait majoré sa soumission de 90 000 $ à 137 000 $. Avec un budget annuel de 410 000 $, la municipalité aurait été forcée d’augmenter les taxes municipales, toujours selon le maire suppléant. « Je n’étais pas d’accord parce qu’on était en attente d’une décision concernant l’aqueduc », explique Michel Laperle.
Il reviendra à la Commission municipale de mettre en application ou non la résolution demandant la destitution du maire. Advenant le cas où la Commission acquiesçait à la demande, des élections partielles seront déclenchées dans quatre mois afin d’élire un nouveau maire.
Le terminal maritime sera constitué d’un quai sur pilotis d’une longueur de 300 mètres, allant vers le large, et d’une section de 350 mètres, en forme générale de T, bien que pas tout à fait perpendiculaire, dont la portion sera légèrement plus rapprochée du bord que la section ouest.
« La section qu’on peut appeler la barre du T tiendra compte de la profondeur de l’eau. C’est de cette façon qu’on obtient la meilleure profondeur. Ciment McInnis a besoin de 15 mètres de profondeur pour les navires qui viendront ici », précise Julie Poirier, ingénieure civile pour la firme Cima, assurant la surveillance de chantier en ce qui a trait aux travaux réalisés par Construction Hamel.
Les travaux actuels au port seront suspendus pour l’hiver à compter du 19 décembre. Ils reprendront à la fin de mars, et devraient être terminés dans 13 mois. Cet automne, 29 travailleurs y sont assignés. Ce terminal servira à expédier et à recevoir 95 % des produits finis et des intrants de la cimenterie.
Tous les jours, deux employés sillonnent les parages du terminal maritime afin de signaler la présence de cétacés.
« S’il y a une baleine à un kilomètre, on arrête. Les travaux ont été arrêtés quatre fois depuis le milieu de l’été. En général, ils (les cétacés) sortent de la zone assez rapidement. On utilise des jumelles et un sonar pour les localiser », ajoute Julie Poirier.
En ce qui a trait au reste du chantier, la direction de Ciment McInnis assure que les échéanciers sont respectés. Environ 180 M$ ont déjà été dépensés par la firme en préparation depuis 2012 et en construction depuis le printemps de 2014.
Une somme de 250 M$ est engagée jusqu’à présent, en contrats signés et en équipements et services livrés ou à livrer. Cette somme augmentera rapidement d’ici janvier 2015, puisqu’elle passera à 460 M$.
« Présentement, j’ai le crayon au-dessus d’un contrat qui fera monter les sommes engagées considérablement (…) Il s’agit du contrat avec le fournisseur qui livrera les équipements de concassage, les convoyeurs, les fours et les dépoussiéreurs », notait le président-directeur général de Ciment McInnis, Christian Gagnon, lors d’une visite de chantier jeudi dernier.
Il parle maintenant d’un projet de 1,1 milliard $, ce qui constitue 45 M$ de plus que la somme évoquée en janvier et en juin quand Ciment McInnis a signé des ententes, d’abord avec le défunt gouvernement de Pauline Marois, puis que le gouvernement élu le 7 avril.
M. Gagnon refuse toutefois de parler d’un dépassement de coût. « Le projet a été long à mettre en marche, à financer. Quand on est arrivés à tout calculer, incluant des provisions pour imprévus, on a obtenu la somme de 1,1 milliard $. Est-ce qu’on va dépenser ça? On espère que non », dit-il.
M. Gagnon précise aussi qu’à Port-Daniel même, l’investissement sera légèrement inférieur à 1 milliard $, puisque Ciment McInnis prévoit consentir une somme de 125 à 130 M$ pour l’aménagement de terminaux de réception de ciment dans l’est des États-Unis, le marché visé par Ciment McInnis. La localisation de ces terminaux sera annoncée plus tard.
D’autre part, le redémarrage de la construction du silo de cru, arrêtée le 28 septembre en raison d’un problème de béton armé, ne surviendra pas avant le printemps 2015, selon toute vraisemblance.
« Ce silo n’est pas sur le chemin critique de ce qu’on voulait réaliser avant la fin de l’année. On s’en va vers des temps plus froids. On va arrêter et regarder (…) Toutes les options sont possibles », dit Gaétan Vézina, le bras droit de Christian Gagnon.
Deux silos sont déjà construits à Port-Daniel. Deux silos supplémentaires devraient s’ajouter au cours des prochaines semaines. Il en faudra neuf pour exploiter le complexe. L’un d’eux est déjà amorcé, en coulée continue, et l’autre suivra s’il ne fait pas trop froid. La technique de coulée en continu donne du boulot à 150 personnes de plus.
« À l’heure actuelle, le chantier donne du travail à 600 personnes. Il faut 15 jours par silo. Si la température est clémente, on continue (la coulée sans interruption) jusqu’au 5 ou 6 décembre, dit Raymond Forget, chef de chantier. De janvier à mars, la main d’œuvre baissera à 100 personnes, avant de reprendre en grand au printemps ».
« On va passer à travers et quand on va avoir atteint ensemble l’équilibre financier, on va être fiers de ça et de dire que, comme Québécois, on a su se retrousser les manches et faire la différence à des moments importants, croit le ministre. On se redonne, au nom de nos enfants, une santé financière. »
Rationalisation
Pour M. D’Amour, la rationalisation imposée aux municipalités n’est pas tellement importantes. « C’est, en moyenne, 1,2 % de leur budget municipal, indique-t-il. Donnons l’exemple de quelqu’un qui gagne 40 000 dollars par année. Ce serait 480 dollars. Est-ce que cette personne est capable de vivre avec 480 dollars de moins? La réponse, je pense que c’est oui. Dans bon nombre de municipalités, il y a des surplus. »
Aux maires de la Gaspésie qui sont en colère contre le nouveau pacte fiscal, le ministre D’Amour, qui est lui-même un ancien maire, les invite à prendre connaissance de l’entente. « Le problème, c’est que les gens ont commenté une entente qu’ils n’avaient pas lue », interprète-t-il. Du même souffle, il ajoute qu’il a eu l’occasion de parler à des maires et des préfets qui lui ont affirmé vouloir faire leur bout de chemin. « Les gens reçoivent très bien le message », dit-il.
Jean D’Amour souligne qu’il ne faut pas seulement s’attarder aux compressions dans le monde municipal. Il mentionne les transferts prévus pour 2015 de 3,2 milliards de dollars. « Au Canada, le Québec est probablement le gouvernement qui supporte le mieux ses municipalités », croit-il.
Abolition des CLD et des CRÉ
À ceux qui déplorent la perte d’expertises que possédaient les centres locaux de développement (CLD) et les conférences régionales des élus (CRÉ) qui ont été abolis par le nouveau pacte fiscal, le ministre responsable de la Gaspésie croit que les gens qui possédaient des expertises particulières au sein de ces organisations pourront continuer à oeuvrer dans leur territoire respectif. « Le modèle d’organisation va changer et les conditions vont peut-être changer un peu, explique M. D’Amour. Mais si ces personnes veulent continuer à bâtir la Gaspésie avec nous, il y a de la place! Le fonds local d’investissement et l’argent lié au développement demeure à 100 %. Il n’y a pas de coupure de budget pour les entrepreneurs. Nous, on coupe la structure. »
« Je regarde l’augmentation des dépenses dans les CLD au cours des dernières années, d’une moyenne de 5,7 % par année, poursuit-il. Donc, il y a peut-être de la place pour des rationalisations qui vont permettre aux régions de connaître le même niveau de développement et qui va donner une poignée encore plus concrète aux MRC. »
Il soutient également que la concertation du monde municipal pourra très bien continuer à se faire sans l’outil que représentaient les CRÉ qui, le rappelle-t-il, avaient été initiées par la ministre Nathalie Normandeau sous le gouvernement libéral de Jean Charest. « La concertation, ce n’est pas obligé de coûter des millions pour que ça fonctionne, justifie-t-il. Pour manger de la tarte aux pommes, il faut que les pommes tombent du pommier! »
L’Association exprime beaucoup d’inquiétude par rapport au sort réservé à la Gaspésie suite aux décisions de Québec et de celles à venir.
« Pire plan de match pour la Gaspésie«
En soutenant que le Parti libéral a toujours été proche des régions, le président de l’Association, Paul-Émile Beaudin, estime que c’est le pire plan de match que le gouvernement pouvait se donner pour développer la Gaspésie. « Je dois avouer que, face à cette situation, c’est bien difficile d’être fier d’être libéral, alors que le gouvernement va à l’encontre même des principes fondateurs de notre parti », écrit-il en substance dans un communiqué auquel il a invité la presse à s’en tenir, sans d’autres commentaires.
L’Association libérale se dit fortement préoccupée à l’égard des emplois, de l’expertise, des leviers de développement économique et des outils de concertation qui disparaîtront. « Le Parti libéral a toujours été proche des régions, estime M. Beaudin. À cet effet, lors de la dernière campagne, le premier ministre a laissé entendre vouloir s’occuper personnellement du développement de la Gaspésie avec l’aide des députés de la région. Où est donc passée cette sensibilité face à notre réalité? »
« Le gouvernement doit refaire ses devoirs«
Paul-Émile Beaudin se réfère à la préface du livre « Les valeurs libérales du Québec moderne » de Claude Ryan, où Jean Charest avait écrit ceci : « Nous devons favoriser l’autonomie de nos régions en nous faisant les accompagnateurs des volontés régionales, plutôt que les prescripteurs de solutions centralisées. »
En somme, l’association du PLQ de la circonscription de Gaspé invite le gouvernement formé par le Parti libéral à refaire ses devoirs et à consulter les Gaspésiens pour connaître leur vision du développement économique et social.
Interviewé pour connaître ses réactions par rapport à cette sortie de l’association de son parti de la circonscription de Gaspé, le ministre responsable de la Gaspésie n’interprète pas cela comme un désaveu. « C’est une action isolée d’un président qui n’a pas pris connaissance de l’entente conclue par le gouvernement », a minimisé Jean D’Amour.
Respect de la vie privée