« Ma mère m’avait dit : pas de problème, à condition que tu t’en occupes et que tu achètes la moulée, se rappelle le jeune entrepreneur. Depuis, j’ai toujours eu des chèvres. Et l’an dernier, Éliane et moi sommes tombés par hasard sur une annonce Kijiji de la ferme Natibo, qui vendait des chevreaux. Après notre première visite, nous avons eu un coup de cœur. Rêvant depuis longtemps de se lancer en affaires, nous avons donc foncé », raconte M. Bastien, de la Ferme Le Caprivore, située à Bonaventure, devenue officiellement une entreprise le 1er janvier dernier.
Dans la grange, 51 chevreaux sont en engraissement. Toutes des bêtes qui proviennent de la ferme Natibo, la nouvelle fromagerie de Caplan en activité depuis un peu plus d’un an, dont l’élevage est exclusivement composé de chèvres nubiennes, une race aux oreilles pendantes, surtout reconnue pour ses hautes teneurs en matières grasses et protéines de lait.
Ce partenariat d’affaires rejoint les valeurs environnementales et de récupération du jeune couple de Bonaventure. « On s’est lancé dans la production de chevreaux de boucherie, mais avec des chevreaux d’élevage laitier qui, dans la majorité des cas, ne sont pas valorisés. En plus, ça répond à un besoin de la ferme Natibo, qui cherchait un moyen de mettre en valeur ses mâles », dit l’éleveur caprin, en faisant visiter les lieux.
Le couple est conscient que la consommation de viande caprine ne fait pas partie des habitudes alimentaires au Québec. Néanmoins, il demeure convaincu que les gens qui essayeront y prendront rapidement goût. « On est plus axé sur le porc et le bœuf ici, c’est vrai. Mais on est certain qu’on peut aider à développer le marché en Gaspésie et au Québec. C’est une viande très protéinée et peu grasse », souligne Éliane Gélinas-Frenette, 22 ans. « C’est quelque chose qu’on aime et qu’on veut partager. Personnellement, c’est ma viande préférée », renchérit son conjoint, qui espère que le chevreau de boucherie pourra éventuellement jouir de la même réputation que l’agneau.
Un pas à la fois
À long terme, les deux jeunes entrepreneurs aimeraient vivre de leur passion, mais leur travail à la ferme se fait pour l’instant à temps partiel. Devant composer avec un autre emploi, ils peuvent heureusement compter sur l’aide de Yvon Bourdages, qui leur prête des terres et la grange pendant l’étape du démarrage. « Quand nous serons lancés et aurons un roulement, notre plan est de louer et éventuellement acheter », précise M. Bastien, qui compte faire des premiers tests de production dans les prochains mois.
Des produits dès cet été?
Les premiers chevreaux sont arrivés dans la grange l’hiver dernier et seront bientôt près pour l’abattage. Le couple finalise donc actuellement la construction de leur atelier de transformation, de concert avec le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ).
« L’objectif est d’avoir des produits pour être présent dans quelques marchés publics cet été en Gaspésie. On ne les fera peut-être pas tous, mais on commencera à se faire découvrir » prévoit Vincent-Olivier Bastien, ajoutant que toutes les étapes de la transformation, excluant l’abattage, se feront à Bonaventure. La viande caprine, poursuit-il, peut se comparer à de l’agneau, offrant à peu près les mêmes dérivés, mais La Ferme Le Caprivore veut se concentrer au départ sur la production de saucisse à base de chevreau.
Une vocation
Se lancer dans ce type de production n’est pas une mince affaire. La dernière année a été très chargée pour les jeunes entrepreneurs qui admettent « se priver personnellement » pour leur projet.
Accueil des chevreaux, approvisionnement en foin et en grain, préparation des enclos, gestion des papiers pour devenir une entreprise et obtenir les accréditations du MAPAQ, construction de l’atelier de transformation : la vie du couple a radicalement changé. « C’est un pas à la fois, mais tout ce qui a été investi vient de nos proches. C’est aussi devenu un mode de vie. Ce sont les chèvres qui décident quand nous travaillons. On se lève tôt pour les nourrir et on se couche parfois très tard, quand il y en a une qui demande plus de soins ou des médicaments, par exemple », illustre M. Bastien. « Ce qui me stimule, ce sont les chevreaux, les nourrir au biberon trois fois par jour. Ça demande beaucoup d’attention, mais c’est trippant. C’est un aussi un nouveau projet pour la Gaspésie », ajoute Mme Gélinas-Frenette.
L’abattage au Bas-St-Laurent
M. Bastien et Mme Gélinas-Frenette ne savent toujours pas à quel moment les chevreaux seront suffisamment engraissés pour aller à l’abattage. « Ça fait partie des tests. On doit évaluer à quel moment ce sera le plus rentable pour nous », explique M. Bastien. Comme tous les autres producteurs de la Gaspésie, ils devront envoyer leurs bêtes à l’extérieur de la région, à Luceville dans le Bas-St-Laurent.
Alors que les éleveurs de yack de la ferme Bos G de St-Elzéar ont dû récemment composer avec une interdiction temporaire de faire abattre leur bétail à cet abattoir fédéral, puisque ces animaux sont considérés « exotiques », M. Bastien précise que les chèvres ne seront pas touchées par cette problématique.
La restriction de la ferme Bos G semble de toute façon chose du passé. Ses propriétaires pourront continuer à faire abattre leurs yacks en remorque à l’extérieur du bâtiment de l’abattoir, la méthode qui avait été temporairement suspendue par l’Agence canadienne des inspections des aliments. Après avoir été sensibilisé, l’organisme fédéral autorise la pratique, le temps de mettre en place un protocole permettant l’abattage des yacks à l’intérieur du bâtiment avec les animaux de ferme conventionnels. « Je connais des éleveurs de chèvre qui faisaient abattre à l’intérieur à Luceville, alors il n’y a pas de problème pour nous », assure M. Bastien.
Les préparatifs vont bon train à la station Pin Rouge à New Richmond. Même si le temps doux d’il y a quelques jours a fait fondre une partie de la neige qui s’était accumulée depuis la fin novembre, la familiale sera ouverte dès samedi 9 h, ainsi que les glissades sur tube. « On poursuit l’enneigement et les températures sont basses. On devrait être en mesure d’offrir la 2 pour Noël », mentionne la directrice générale Carole Roy.
À l’aube d’une nouvelle saison, le moral est bon au sein de l’équipe de la station. Le dernier hiver a été l’un des meilleurs à vie. « On a même dû enlever de la neige à certains endroits tellement qu’il y en avait. C’était un beau problème », poursuit la directrice.
Et la campagne de financement, qui va bon train avec une récolte de 750 000 $, a de quoi réjouir les gestionnaires. Une somme qui a permis d’acquérir l’an dernier une nouvelle dameuse et de climatiser le pavillon d’accueil et des chalets locatifs. « On mise beaucoup sur la période d’été aussi », précise Mme Roy. La prochaine étape est de rendre disponible l’accès à Internet dans ces mêmes chalets.
Au moins 35 % de la clientèle de la station provient des provinces maritimes. Un marché que convoite la direction depuis plusieurs années. « La tendance est à la hausse. Il y a des groupes qui viennent en autobus et qui louent les chalets pour 3-4 jours. C’est super bon pour nous », dit Mme Roy.
Sur la pointe gaspésienne
La station du Mont-Béchervaise lancera également ses activités dès samedi. Le centre, qui appartient à la Ville de Gaspé et qui est géré par un organisme à but non lucratif, a récemment procédé à plusieurs améliorations. « On a maintenant un tapis magique, un genre de convoyeurs de 235 mètres qui sert à l’apprentissage, mais aussi à la glissade en tube », précise la présidente Suzanne Plourde.
Un air de jeu pour les enfants avec des balançoires et des glissades a aussi été aménagé pour répondre à la demande des familles, qui composent 80 % de la clientèle. Un projet visant la mise en place d’un télésiège quadruple est par ailleurs dans les plans de la station.
Comme à Pin Rouge, le Mont-Béchervaise a connu une bonne saison l’an dernier, avec 60 jours de ski. De plus, précise Mme Plourde, l’achalandage a été en constante progression au cours des trois dernières années. Une tendance qui se reflète dans les bilans financiers, alors que la station a terminé les deux dernières saisons avec des surplus budgétaires. L’an dernier, les profits représentaient même 14 % du budget total.
Malgré ses bons résultats, la station ne ménage pas les efforts pour attirer la clientèle. La ville et l’organisme Santé jeunesse Côte-de-Gaspé organisent des voyages en autobus gratuits qui partent de Rivière-au-Renard à l’est pour ensuite faire le tour de Forillon afin de se rendre à la station. « C’est offert tous les samedis et dimanches et lors des congés scolaires. Ça fonctionne très bien. L’autobus est presque plein chaque jour », souligne la présidente.
Une douzaine de personnes travaillent au Mont-Béchervaise l’hiver, mais l’implication des bénévoles est « essentielle à la survie », soutient la présidente.
Nouveau départ à Matapédia et Murdochville
À Matapédia, la prochaine saison, qui sera aussi lancée samedi, sera la première gérée par le nouvel organisme, Les loisirs Chamonix. Depuis 2008, le Petit-Chamonix était géré par la municipalité, qui devait éponger année après année les déficits d’opération. La saison 2014 s’était d’ailleurs terminée avec une perte de 80 000 $.
L’objectif de l’OBNL est d’améliorer la situation financière, la gestion du site et de favoriser l’implication des bénévoles. Un vaste plan stratégique, qui nécessiterait des investissements de quelque 250 000 $, a notamment été développé. « On veut investir sur les remontées mécaniques et agrandir le garage pour notre nouvelle dameuse », précise la directrice générale Geneviève Labonté, avant d’ajouter que les communications externes doivent également être améliorées. « L’argent servirait aussi à créer un site Internet et nous faire connaître un peu par de la publicité », dit-elle.
Certains partenaires sollicités ont fait connaître leurs intentions de participer au projet, alors que d’autres font attendre leur réponse.
La station de Mont-Miller à Murdochville peut également compter sur une nouvelle administration. Le président, Richard Jinchereau, veut aussi donner un coup de barre pour améliorer les communications. La page Facebook du site est d’ailleurs beaucoup plus active qu’il y a quelques mois. Le coup d’envoi de la saison sera aussi donné en fin de semaine.
À l’automne 2013, Christian Leblanc et Éric Dubé avaient mûri leur réflexion. Formulaires en main, ils ont déposé leur candidature pour devenir premier magistrat de leur municipalité respective, Maria et New Richmond. Le premier n’avait aucune expérience en politique municipale, tandis que le deuxième cumulait une dizaine d’années en tant que conseiller.
Quelques surprises
Si leur rôle correspond « en grande partie » à la vision qu’ils s’étaient faite avant de se lancer à la conquête de l’électorat, les jeunes maires reconnaissent qu’ils avaient « sous-estimé » certaines réalités.
Siégeant sur le conseil municipal pendant une décennie, M. Dubé connaissait bien « la machine » et les fonctionnaires de la ville, mais ignorait la charge du volet « développement économique » de New Richmond. « Quand tu es conseiller, tu n’es pas assis dans la chaise du boss. Je n’étais pas dans les dossiers économiques au “day to day”. Tout ce qui concerne la négociation avec les entreprises, les citoyens corporatifs, je ne connaissais pas ça », mentionne-t-il, ajoutant cependant « adorer ce défi ».
Au-delà de ce rôle bien spécifique, le maire de New Richmond s’avoue surpris de « sa capacité de régler » des problématiques locales. Ce dernier donne en exemple une récente demande citoyenne concernant la pose de lumière de rue, dans un secteur sombre de la route 132. « Ce n’était pas un caprice de leur part. Le père de famille était inquiet pour son gars qui attendait l’autobus. J’ai mis de la pression sur Hydro-Québec. Le délai a été long, mais les citoyens ont finalement obtenu gain de cause. Je les ai accompagnés là-dedans. Comme politicien de proximité, on peut faire la différence », constate celui qui a œuvré dans le milieu agricole pendant plusieurs années.
Sans expérience en politique, Christian Leblanc met les bouchées-doubles depuis un an pour apprivoiser son nouveau rôle. Ce dernier admet qu’il n’avait pas réalisé l’ampleur de l’implication à l’extérieur des limites de son village, lorsqu’il s’est présenté à la mairie de Maria.
« Actuellement à la MRC, il y a une volonté de travailler en équipe, qui demande davantage d’implication des maires. J’ai aussi été nommé président du Centre local et développement et, avec toutes les réformes de Québec, ce n’est pas évident comme réalité », raconte-t-il, avant d’admettre avoir « mal évalué » ce volet avant de faire le saut en politique. « C’est très prenant, mais j’adore ce travail. En fait, je ne m’attendais pas à aimer ça autant », dit le conseiller en orientation de profession.
S’adapter ou s’essouffler
Éric Dubé et Christian Leblanc s’entendent pour dire qu’un maire ne doit pas compter ses heures, qu’il soit « officiellement » à temps plein ou à temps partiel. Et que le tourbillon des affaires publiques peut rapidement prendre le dessus sur leur espace personnel. « Au début, tu prends tout à cœur, tu ne veux pas dire non à personne. Dans les premiers mois, je ramenais de l’ouvrage à la maison. La ville prenait un peu trop de place. À un moment donné, je me suis dit non : quand j’arrive chez moi, c’est pour ma vie personnelle, ma blonde, alors je veux être présent à 100 %. Et ça, c’est probablement l’un des plus grands défis de ma dernière année », raconte M. Dubé, qui doit s’absenter au moins deux à trois soirs par semaine pour le travail. « Au moins, je n’ai plus de jeune enfant. Ils ont 22 et 24 ans. Je n’ai pas de couche à changer ni de bottes à attacher, ça aide », affirme-t-il.
Néanmoins, M. Dubé prend son rôle familial à cœur. « Avant d’être maire, je suis père de famille », tient-il à mentionner. « Il faut être capable de faire la part des choses. Récemment, mon fils a dû se rendre à Québec pour une opération aux yeux. Pour moi, c’était important de l’accompagner, alors j’ai dû manquer le souper-bénéfice pour Pin Rouge. C’est un choix, mais je crois que les citoyens peuvent comprendre », estime-t-il.
Pour sa part, le maire de Maria dit avoir mis de côté ses activités professionnelles et de nombreux loisirs pour se concentrer sur son travail de maire. « Au départ, je m’étais dit naïvement que cette situation allait durer un an, suite à quoi je pourrais me libérer un autre espace professionnel. Mais je me rends compte que la mairie va prendre plus de place que je pensais », mentionne-t-il.
Celui qui est aussi connu dans le secteur en tant que musicien ajoute que son engagement en politique a été le fruit d’une réflexion avec sa conjointe. « C’est devenu un choix de couple et ce serait un choix de famille si j’en avais une. L’important, c’est de garder la communication. Ce serait facile de se perdre », admet-il.
Et comme son collègue Éric Dubé, M. Leblanc affirme que la coupure entre la vie privée et le rôle de maire est un défi de taille. « Au-delà de l’occupation, il y a la préoccupation. Il faut se protéger, se créer ses espaces personnels. J’y arrive, mais ce n’est pas évident », précise-t-il, ajoutant s’être récemment abonné au gymnase pour l’aider à « maintenir » un certain équilibre et renouer avec l’activité physique. « C’est l’une de mes résolutions que je veux appliquer. Il y a beaucoup de rencontres, de déjeuners, de repas au restaurant, alors c’est certain qu’après un an, on le ressent », affirme-t-il en riant.
Combien d’heures?
Le maire de Maria est officiellement à temps partiel, mais son nombre d’heures travaillées par semaine s’élèvent la plupart du temps entre 21 et 40 heures, sans compter les lectures de documents à la maison ou les fins de semaine. De son côté, Éric Dubé peut compter sur un poste à temps plein. Il dit consacrer en moyenne entre 50 et 60 heures à son travail à la mairie.
À peine quelques heures après la mise en ligne de l’événement le 7 novembre sur Facebook, des dizaines de personnes avaient confirmé leur présence et ce rythme s’est maintenu tout au long de la semaine. La soirée était organisée par un groupe de huit citoyens de la Baie-des-Chaleurs, dont Manue Babin et Benoit Trépanier, directeur du journal GRAFFICI. Seulement une centaine de dollars ont été nécessaires pour mettre sur pied ce rassemblement. Il y avait même une mini-garderie dans un coin de la salle et des bénévoles étaient sur place pour s’occuper des enfants.
Dans une ambiance décontractée, parfois festive, d’autres fois émotive, les citoyens étaient invités à prendre le micro pour exprimer leur soutien, leurs idées ou pour témoigner de leurs expériences avec les gens qui œuvrent au sein des organismes visés par les politiques d’austérité de Québec, comme les Centres locaux de développement (CLD) et la Conférence régionale des élus (CRÉGÎM).
Des témoignages
Un des moments forts de la soirée a été lorsque l’un des propriétaires de La Microbrasserie Le Naufrageur, Sébastien Valade, a invité tous les employés du CLD d’Avignon à prendre place avec lui en avant de la foule. L’entrepreneur a offert un vibrant témoignage, remerciant à maintes reprises l’équipe pour son soutien dans des dossiers marquants du commerce, comme la construction d’un micro-marché pour régler la problématique du bruit causé par la terrasse. « Sans ce projet, la microbrasserie aurait fermé. Et ces gens devant vous ont travaillé d’arrache-pied pour le rendre possible. Ces personnes-là sont extrêmement importantes », a-t-il déclaré.
Un peu plus tôt, alors que les invités commençaient à arriver et à installer leurs repas sur les dizaines de tables, l’une des employés du CLD d’Avignon, Geneviève Bouffard, s’est dite touchée par la mobilisation dans la région. « Depuis le début, on se sent appuyé par les entrepreneurs et la communauté. Ça nous donne l’énergie pour continuer notre travail avec passion, même si on ne sait pas ce qui va arriver de nous. Et ce soir, ça fait tellement du bien de voir tout ce beau monde, tous ces gens qui sont conscients des enjeux que nous vivons collectivement », a-t-elle mentionné, avant de rejoindre ses collègues de travail, tous présents.
Plusieurs artistes ont aussi répondu à l’appel. La récipiendaire du Prix du récit Radio-Canada 2014, Johanne Morency, est reconnaissante du travail de la CRÉGÎM. Il y a quelques années, l’écrivaine de Maria a reçu une bourse du Fonds pour les arts et les lettres Gaspésie-les-Îles, issue de l’entente entre la CRÉGÎM et le Conseil des arts des lettres du Québec. « C’est ce qui m’a permis de présenter mon travail au public pour la première fois avec des expositions à Gaspé et à Bonaventure. C’est le genre d’expérience qui permet aux artistes émergents d’avoir accès à des bourses au niveau provincial, d’être reconnus. Est-ce que les bourses vont demeurer? », se demande celle qui espère que les artistes de la relève de la région conserveront cet outil.
Une perte pour la gouvernance régionale
Alors que les MRC décideront du sort des CLD dans les prochains jours, celui de la CRÉGÎM est déjà scellé, le gouvernement ayant annoncé que ces structures de concertation, qui regroupe notamment des élus de chacune des MRC, seront abolies. Et cette perte de « gouvernance régionale » en inquiète plus d’un, dont l’historien Pascal Alain, qui y voit un retour à l’ère Duplessis à « certains égards » en ce qui a trait au développement régional. « On a toujours eu en Gaspésie depuis plus d’une cinquantaine d’années une structure de gouvernance. Ce qui m’effraie là-dedans, c’est le retour des querelles de clocher », dit-il, ajoutant que les bisbilles entre les secteurs de la péninsule peuvent nuire au développement des projets, qu’ils soient publics ou privés.
Croisé lors de la soirée, le directeur général de la Régie intermunicipale de transport de la Gaspésie-les-Îles (RéGÎM), Antoine Audet, se rappelle de l’implication de la CRÉGÎM dans la mise en place du réseau, qui est devenu un exemple pour de nombreuses régions du Québec. « Si nous pouvons obtenir des revenus issus de la majoration d’une cent de la taxe d’essence, c’est grâce au travail de la CRÉ. Pour aller à Québec et demander ça, ça prenait un consensus fort et la CRÉ a joué un rôle majeur pour faire avancer ce dossier », se souvient-il. Et maintenant, note-t-il, le RéGÎM, détient une structure autonome qui appartient aux MRC et peut compter sur des revenus récurrents, qui ne dépendent pas des programmes gouvernementaux. Ce qui fait en sorte que les coupures ne menacent pas sa survie. « Il y aura un impact sur notre financement, puisque nous recevions entre 100 000 et 200 000 $ de la CRÉ, sur un budget de 2,3 M$. Nous pensons cependant être en mesure de ne pas trop toucher aux services », précise M. Audet.
L’achat local, une solution
Plusieurs fois, de nombreuses personnes ayant pris la parole ont fait valoir l’importance de l’achat local pour favoriser le développement économique et pour réduire les impacts des coupures gouvernementales. Un discours que le propriétaire de la Brûlerie du Quai, Dany Marquis, encourage. « C’est pour ça que je suis ici ce soir. Une fois l’austérité, une fois les coupures effectives, qu’est-ce qu’on fait? Acheter localement, c’est quelque chose que le gouvernement ne contrôle pas, c’est ce sur quoi on a un contrôle », a-t-il mentionné.
Les quatre formations qui composent le nouveau circuit de plus de soixante joueurs ont lancé leurs activités en fin de semaine dernière. Les Cayens de Bonaventure l’ont emporté 5-1 sur le Slingshot de Paspébiac. Plus à l’ouest, les spectateurs ont eu droit à un festival offensif, alors que les Légionnaires de New Richmond ont obtenu gain de cause contre le Squall de Carleton-sur-Mer, 8-6.
Le retour d’une ligue offrant un calibre de ce niveau a réussi à convaincre les commerçants d’embarquer dans l’aventure. Chaque équipe peut compter sur des commanditaires leur permettant de couvrir leurs frais de fonctionnement et d’opération hockey.
Un engouement qui confirme le besoin dans le secteur. « Les gars sont motivés. Plusieurs se sont présentés aux camps d’entraînement. Les choix ont été difficiles », raconte un de ceux à l’origine du projet et directeur général des Cayens, Steve Poirier.
Les dirigeants poursuivent plusieurs objectifs avec cette ligue. Leurs visions est d’offrir aux jeunes la possibilité de continuer leur développement hockey sans devoir poursuivre leurs études à l’extérieur après leur passage au Midget. « On l’endend souvent l’histoire du jeune qui va faire son cégep ailleurs parce qu’il n’y a pas de hockey dans le coin. Si on peut convaincre, même si c’est juste 5-6 personnes, de faire leur cégep dans la région, bien tant mieux », dit-il.
Un règlement oblige d’ailleurs les équipes d’avoir dans leur formation un minimum de joueurs âgés de moins de vingt ans qui doivent cumuler 14 parties.
Les artisans du nouveau circuit souhaitent aussi le retour des rivalités entre les villages. Pour ce faire, ces derniers misent sur le jeu rapide et spectaculaire et non pas sur les batailles et les mises en échec, qui sont d’ailleurs interdises. Les contacts physiques sont tolérés, mais comme dans les rangs Pee Wee CC. Les arbitres surveillent de près les propulsions vers la bande et misent sur la sécurité des joueurs.
Les joueurs seront mobilisés jusqu’à la fin de l’hiver pour compléter le calendrier de 14 rencontres, qui se déroulent les vendredis et samedis.
Ailleurs en Gaspésie
Steve Poirier rêve déjà d’une ligue régionale, divisée en section. « On veut garder ça simple. Les joueurs travaillent, alors on veut éviter les déplacements. Mais un jour, il pourrait y avoir des sections avec une rencontre des meilleures équipes à la fin de l’année pour déterminer les champions de la Gaspésie », précise-t-il.
Ce projet en est un à long terme. Pour l’instant la Ligue travaille à créer un engouement dans le milieu. « On mise sur l’événement. On veut qui se passe quelque chose le samedi dans les bars et les restaurants », dit-il.
Les billets de saison sont en vente et les amateurs de hockey sont invités à suivre les résultats, consulter le calendrier et les statistiques sur le site Web de la ligue.
Ces derniers n’avaient pas réussi à s’entendre sur une première modification du règlement l’été dernier. Certains élus avaient questionné le fait que les maires puissent réclamer 62 $ par jour pour les nuits passées chez des proches lors de déplacements d’affaires. Le maire de Pointe-à-la-Croix, Jean-Paul Audy, jugeait ce montant exagéré et avait proposé de le réduire à 30 $. Cette situation avait d’ailleurs fait l’objet d’une chronique du Libre arbitre.
Après réflexion, les élus ont adopté unanimement une deuxième proposition, qui fixe le montant du déjeuner à 15 $, une augmentation de 3 $. Pour le dîner, les maires auront droit à 20 $, soit 1 $ de moins qu’auparavant. Le montant pour le souper passe de 35 à 30 $. Les élus ont fixé à 55 $ le maximum qu’ils peuvent réclamer par jour.
En ce qui a trait les couchers lors de déplacements dans le cadre de leur fonction, les maires pourront recevoir 40 $ lorsqu’ils séjournent chez un proche plutôt qu’à l’hôtel. Il s’agit de 10 $ de plus que la suggestion du maire de Pointe-à-la-Croix.
Enfin, les frais de transport remboursables seront établis en tenant compte des barèmes de l’information fiscale du gouvernement du Québec. La MRC défrayait jusqu’à présent 49 cents du kilomètre.
Les remboursements ne nécessitent toujours pas de pièces justificatives. Si dans le cadre de ses fonctions, un élu se retrouve avec une facture dépassant les montants fixés, ce dernier peut obtenir un remboursement s’il présente une pièce justificative.
Le préfet affirme que la première proposition, qui avait fait l’objet d’un débat entre les maires, a été modifiée en tenant compte « de ce qui se fait ailleurs », notamment dans les autres MRC de la région. « On est retourné à la table et vérifié ce qui se fait, surtout dans la région. On s’est fié sur ce qui se fait dans les différents organismes et dans les MRC voisines pour l’ensemble des dépenses. On a pris la moyenne, ce qu’on juge raisonnable », dit-il, ajoutant que les frais de transport ont été adoptés sous la recommandation du comptable.
Rappelons que la Fondation a amassé 1 M$ pour l’implantation d’un service satellite de médecine nucléaire à l’hôpital de Maria. La direction du CSSSBC a cependant mis ce projet sur la glace. Une étude a démontré qu’un service d’imagerie par résonance magnétique fixe viendrait répondre davantage aux besoins.
La Fondation s’affaire donc à rencontrer les donateurs pour savoir s’ils sont prêts à prioriser un autre projet.
Pour l’instant, les Service Secours Baie-des-Chaleurs et Ambulancier de la Baie, qui ont réservés 175 000 $, se sont montrés ouverts, ce qui réjouit la présidente Nathalie Normandeau. « Au-delà de la médecine nucléaire et de la résonance magnétique, il y a énormément de besoins. Le CSSS nous a déposé une liste de demandes pour près de 300 000 $ en matière d’équipements. Ça c’est pour des lits, des fauteuils, pour du matériel qui seraient impossible d’acheter avec les budgets du ministère de la Santé », a-t-elle déclaré, lors de l’assemblée générale de la Fondation, tenue mardi à Carleton-sur-Mer.
Au cours de la dernière année, la Fondation a investi 257 000 $ dans les équipements médicaux, ce qui constitue un record.
Politique fédérale?
Questionnée sur son intérêt à effectuer un retour en politique, sur la scène fédérale cette fois,
Mme Normandeau a confié être en réflexion. Cette dernière avait pourtant déclaré, au lendemain de son passage devant la commission Charbonneau en juin, qu’elle n’envisageait pas de retour, affirmant que le prix à payer pour sortir de la politique était trop élevé.
L’ex-députée de Bonaventure ne précise pas quel parti l’intéresse davantage, mais confirme que le Parti libéral et le Parti conservateur l’ont approché. « La question est de savoir si j’ai le goût de retourner dans le rythme effréné que j’ai vécu pendant 13 ans au provincial. Les sacrifices personnels sont énormes, c’est un engagement de tous les jours. J’ai 16 ans de bagage au municipal et au provincial, alors je suis consciente de cette réalité. Je mets tout ça dans la balance ». Elle a aussi laissé entendre qu’un appui de la population gaspésienne pourrait influencer sa décision.
Le réseau Québec qualifié regroupe, sous la formule coopérative, 16 organisations et entreprises œuvrant en employabilité et 225 professionnels du Québec répartis dans 15 régions. Mis sur pied en 2009, les services offerts par la coopérative visent à établir « un lien de confiance de longue durée entre les candidats et les entreprises ».
Accompagnement, conseils en ressources humaines, recherche de candidats : « l’objectif est d’aider les employeurs, qui peinent à recruter la perle rare », explique la directrice du Carrefour jeunesse option emploi du Rocher-Percé, Annie Tapp.
« Dans nos organisations actuelles, on offre beaucoup de services aux chercheurs d’emplois. Pour le volet entreprise, ça se limite à la diffusion des offres d’emploi et à la référence de CV, mais on ne fait pas d’accompagnement et de présélection pour les entreprises. Et c’est ça la nouveauté avec Gaspésie qualifié. Maintenant, ça sera possible », dit-elle, ajoutant que le service s’inscrit dans une volonté de faire face à la pénurie de main-d’œuvre spécialisée. « On voit souvent que les employeurs ont de la difficulté à combler les postes qualifiés, qui doivent souvent aller en 2e et 3e affichage ».
Les services sur mesure sont payants pour les entreprises. Ces dernières pourront cependant afficher leurs offres d’emplois gratuitement sur le site Web.
Mme Tapp estime que les services sont « complémentaires » avec ceux déjà existants dans la région. « On veut d’ailleurs travailler étroitement avec les Carrefours jeunesse emploi et les Place aux jeunes du territoire », dit-elle.
Le Québec qualifié comporte aussi un volet pour les chercheurs d’emplois. D’ailleurs, quelque 50 000 personnes se sont inscrites dans la banque de candidats en ligne, dont 700 ont indiqué avoir un intérêt à travailler en Gaspésie.
Horizon Emploi de la MRC Bonaventure va desservir les MRC Avignon, Bonaventure et Haute-Gaspésie, tandis que le Carrefour jeunesse option emploi du Rocher-Percé sera actif sur le territoire de la Côte-de-Gaspé et de Rocher-Percé.
Une étude commandée par l’établissement de santé à la firme Groupe Biomédical Montérégie (GBM), dont CHNC a obtenu copie, démontre que ce sont environ 2,2 M$ qui seront nécessaires pour mettre sur pied l’IRM fixe par rapport aux 1,3 M$ nécessaires pour celui du projet de département de médecine nucléaire interne qui a été mis sur la glace par l’hôpital récemment. Par ailleurs, le coût de son exploitation annuelle est également plus élevé, soit 181 000 $ comparativement à 141 000 $ pour la médecine nucléaire. L’étude conclut toutefois que la mobilisation de la communauté médicale du CSSSBC afin d’acquérir un tel outil, l’augmentation constante d’examens d’IRM dans la région et la disponibilité d’un montant substantiel pour son achat via la Fondation du CSSSBC (soit 1 M$ recueilli dans le cadre d’une campagne de financement) sont autant d’éléments qui jouent en faveur de son implantation.
On rappellera que le projet de médecine nucléaire a été mis sur les tablettes pour deux raisons. Premièrement, parce que l’AGSSSGÎM s’était refusée à tout financement spécifique pour ce projet. Et deuxièmement, un sondage réalisé par le CSSSBC en mars dernier auprès de ses professionnels a démontré que la plupart des répondants (environ 55 %) ont priorisé un appareil d’IRM fixe, alors que 22,5 % ont souhaité le service de médecine nucléaire interne.
Questionné sur cet enjeu, la p.d-g de l’Agence, Dre Yolaine Galarneau, confirme que son organisme n’allouera pas de budget spécifique à l’IRM fixe « pas plus que pour le projet précédemment proposé, soit la médecine nucléaire ». Elle ajoute que si un budget de fonctionnement devait y être versé, celui-ci ne dépasserait pas ce que reçoit le CSSSBC en ce moment pour l’utilisation de l’IRM mobile régionale qui sert au cinq CSSS de la région. L’Agence accorde un financement annuel de 386 919 $ à cet outil. Et le CSSSBC touche 38 % de ce budget (ou 147 029 $, selon nos calculs), ce qui représente son utilisation annuelle.
En réaction, le directeur général du CSSSBC, Jean-Philippe Legault, n’est pas surpris de la réponse de Mme Galarneau « parce qu’ils n’ont pas pris connaissance de l’étude et on ne leur a pas adressé de demande de financement non plus ». Questionné pour savoir si le projet d’IRM fixe était réaliste considérant son coût de 2,2 M$ alors que la Fondation a en banque 1 M$, M. Legault a estimé qu’il était trop tôt pour « tirer des conclusions ».
(En collaboration avec Thierry Haroun)
C’est du moins ce que pensent des participants au forum Coopérative et tourisme, un duo novateur en développement, qui s’est tenu mercredi à Carleton-sur-Mer.
Organisé par la Coopérative de développement régional Gaspésie-les-Îles, l’événement visait à présenter le modèle coopératif aux intervenants du milieu touristique. Une soixantaine d’organismes, d’entreprises et de citoyens ont accepté l’invitation de la CDR.
Actuellement, en Gaspésie, une dizaine de coopératives œuvrent dans le secteur touristique, dont Accès Chics-Chocs, Aube Aventure, et le Géoparc de Percé. Plus de 60 % d’entre-elles ont moins de neuf ans, selon une étude de la Fédération des Coopératives de développement régional du Québec.
« C’est encore méconnu, souligne Yan Tremblay, de la CDR. Alors on tenait à présenter ce modèle, particulièrement celui qui peut regrouper des entreprises, comme les coopératives de solidarité. De par sa capacité à mobiliser des acteurs privés, des citoyens et les intervenants socioéconomiques, on croit que ça peut être porteur pour la région », ajoute-t-il.
Bien que son mode de gouvernance démocratique peut parfois paraître « lourd », la coopérative offre un potentiel intéressant en matière de mobilisation du milieu derrière des objectifs communs, pense M. Tremblay.
Le Géoparc de Percé, qui a mobilisé 25 membres qui ont investi 10 000 $ chacun dans le projet, illustre bien cette dynamique. « Ça pourrait s’appliquer ailleurs aussi, par exemple avec le Mont St-Joseph à Carleton. Actuellement, il y a une corporation de développement, qui pourrait regrouper différents acteurs sous cette approche-là, qui auraient tous l’objectif de développer des infrastructures et services reliés au mont », donne-t-il en exemple.
Le modèle coopératif n’est cependant pas le seul qui permet aux promoteurs touristiques de travailler avec la même vision. « Ça peut se faire avec l’approche d’un organisme à but non lucratif ou avec une entreprise par action ». L’important, selon lui, est de mettre les forces en commun. « On me dit souvent que le modèle en place est archaïque, que tout le monde travaille en silo, chacun de son côté. Pourtant, en tourisme, il y a plein d’occasion dans la région de travailler ensemble sur des produits et services qui peuvent profiter à tous », dit-il.
Trois panélistes ont été invités à présenter leur projet à l’occasion du forum, dont la présidente du Géoparc de Percé, un membre de la Coop VERTE de Saguenay (une auberge jeunesse) et un des membres fondateurs de la Coopérative la Vallée Bras-du-Nord, basée à St-Raymond.
Créée en 2002, cette dernière offre des services de plein-air, dont du vélo de montagne, de la randonnée équestre et du canyoning. En période de pointe, l’entreprise compte une quarantaine d’employés. Son directeur adjoint, Étienne Beaumont, raconte que sans la formule coopérative, l’entreprise n’aurait sans doute pas pu se développer autant.
La coopérative compte parmi ses membres des résidants, agriculteurs, travailleurs forestiers, villégiateurs et entreprises touristiques. « On opère nos activités sur un territoire qui est à la fois en terre privée et publique. Alors ça prenait un modèle d’affaires qui permettait d’intégrer le plus de personnes possible qui, veut veut pas, avaient des intérêts différents. La formule coopérative a permis aux propriétaires privés d’avoir leur mot à dire. C’est comme ça qu’on a réussi à intégrer la communauté dans le projet », raconte-t-il.
Pour plus d’information sur l’économie sociale et les coopératives oeuvrant dans la région, consultez le prochain numéro de notre magazine Graffici Entrepreneuriat Gaspésie Îles-de-la-Madeleine qui sera distribué à la fin du mois d’octobre.
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