le Lundi 21 septembre 2026

Les manifestants répondaient ainsi à l’appel du Collectif des entreprises sylvicoles de la Gaspésie, qui regroupe 11 entreprises œuvrant en aménagement forestier dans la région.

Le regroupement demande à la ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet, de clarifier ses intentions quant à la reconduction des budgets alloués à l’aménagement forestier.

Craintes

Le milieu sylvicole craint notamment des coupures dans le financement octroyé aux programmes de création d’emplois en forêt et de mise en valeur des ressources du milieu forestier volet II.  

«Nos ouvriers sont déjà affectés par la réforme de l’assurance-emploi. Si jamais les rumeurs de coupures se concrétisent, je serai obligé de mettre à pied plusieurs de mes travailleurs. Ce sera dramatique»», a déclaré le directeur des Entreprises agricoles et forestières de Percé, Sylvain Réhel, lors d’une conférence de presse tenue en marge de la manifestation.

Selon les calculs des crédits budgétaires faits par le collectif, le gouvernement du Québec allouera cette année 25 millions de dollars en moins à l’aménagement forestier à l’échelle provinciale. La répartition régionale des crédits n’est toujours pas connue, mais les travailleurs sylvicoles craignent le pire pour la Gaspésie.

«Entre 250 et 300 des 800 emplois sylvicoles de la Gaspésie sont menacées par les éventuelles coupures», a souligné le directeur du Groupement forestier coopératif Shick Shock, Michel Marin, qui a rappelé au passage l’engagement des candidats péquistes de la Gaspésie, Sylvain Roy et Gaétan Lelièvre, de maintenir et même de bonifier certains programmes lors de la campagne électorale.

«On nous a fait de belles promesses. Certains de nos travailleurs ont même fait leur choix en fonction de ces engagements. Il est encore temps pour nos élus de démontrer qu’ils peuvent respecter leurs paroles», a poursuivi M. Marin.

Damien Arsenault écorche le PQ

L’ex-député libéral de Bonaventure, Damien Arsenault, s’était déplacé à la manifestation pour entendre les revendications du milieu sylvicole.

Ce dernier accuse le gouvernement Marois d’avoir «une vision immature» du développement de la forêt québécoise.  Selon lui, les péquistes ne réalisent pas l’importance des travaux sylvicoles pour la rentabilité de l’industrie forestière. 

L’aménagement de la forêt, dit-il, permet un meilleur développement à long terme de la matière ligneuse, ce qui profite par la suite à l’ensemble des industries. «Cette orientation [l’aménagement forestier] est planifiée depuis plus de 40 ans. Et on viendrait couper ce cycle-là. Ça n’a pas de bon sens», déplore M. Arsenault. 

Il n’y aura donc pas de grande vedette au parc de la Pointe-Taylor cet été. L’édition 2012 s’est soldée par un déficit de 167 000$, et l’événement traîne maintenant une dette accumulée de 367 000$. Résultat : les élus municipaux sont divisés quant à la pertinence de tenir l’édition 2013 et ont décidé de freiner les élans du promoteur du festival, la Corporation de développement touristique de New Richmond.

«Cette décision a été prise parce que pour tenir des événements de cette importance, le support unanime du conseil municipal est nécessaire. On ne peut pas faire ça dans la division», a déclaré la mairesse Nicole Appleby, qui a annoncé la nouvelle lundi soir à New Richmond, alors qu’elle dressait le bilan de ses dix années à la mairie. 

Le prochain conseil décidera

La mairesse promet de développer un projet viable à long terme, mais la décision de relancer l’événement en 2014 reviendra au conseil qui sera élu en novembre prochain. «On va préparer un nouveau plan avec un nouveau budget. On va revoir le concept et le présenter au futur conseil municipal qui décidera par la suite s’il appuie la corporation pour 2014», a indiqué la mairesse, qui ne sollicitera pas un nouveau mandat à la mairie.

Mme Appleby dit ne «rien regretter». Selon elle, les trois premières éditions ont été bénéfiques, considérant la visibilité que l’événement a apportée à sa municipalité et à la Gaspésie. Et malgré le déficit, cette dernière aurait souhaité la tenue de l’édition 2013, mais a dû composer avec un conseil divisé sur cette question. Elle affirme cependant se sentir «très à l’aise» avec cette décision, assurant par ailleurs avoir obtenu le «soutien» de la part du Festival d’été de Québec.  

Un nouveau concept s’impose, croit la mairesse

La mairesse est convaincue que la Gaspésie a la capacité de tenir des événements d’envergure avec des vedettes nationales et internationales, mais reconnaît que le concept devra être revu. «Ça nous prend des noms qui rejoignent toutes les catégories de festivaliers. Nous ne pouvons pas miser seulement sur les jeunes. En 2012, ce qui nous a fait mal, c’est le spectacle de Billy Talent le samedi soir, qui a grugé une bonne partie de notre budget. C’est un gros nom, mais il s’adresse aux jeunes», a-t-elle analysé.

L’édition 2012, qui comptait sur un budget total de 1 990 000$, avait attiré moins de monde qu’en 2011.

Alors que le financement de l’édition 2013 était sur le point d’être attaché, la mairesse a indiqué qu’une lettre sera envoyée aux partenaires pour leur demander de «retarder» d’un an leur collaboration. «C’est une pause stratégique afin de revoir le concept», a-t-elle insisté.

L’administration municipale est actuellement en négociation avec ses créanciers pour rembourser son déficit de 367 000$. L’entente de remboursement devrait s’échelonner sur une dizaine d’années. La mairesse a souligné qu’elle n’avait pas l’intention de hausser les taxes municipales pour éponger le déficit. 

Les élus municipaux ont décidé vendredi dernier de ne pas s’engager dans une lutte afin de convaincre la commission de rapatrier leur MRC dans les limites de la nouvelle circonscription Gaspésie-les-Îles.

Rappelons qu’après avoir suggéré de supprimer l’une des circonscriptions dans l’Est de la province au printemps dernier, la commission s’est ravisée et recommande de maintenir les quatre circonscriptions.

En Gaspésie, elle propose d’annexer la MRC de la Haute-Gaspésie à la nouvelle version de la circonscription Gaspésie-les-Îles. La MRC d’Avignon sera quant à elle incluse dans la nouvelle circonscription Avignon-Matane, qui regroupera aussi trois MRC du Bas-Saint-Laurent, soit la MRC de Matane, de la Matapédia et de la Mitis.

Les élus jettent l’éponge

La semaine dernière, des maires d’Avignon s’étaient montrés récalcitrants à l’idée de voir la Baie-des-Chaleurs être scindée en deux. Mais après avoir débattu de la question, ils ont choisi de se résigner.

«En pesant le pour et le contre, on a décidé de composer avec ça. On aurait préféré demeurer dans la circonscription de la Gaspésie administrative, mais l’Est conserve tout de même son poids politique et les limites des MRC sont respectées. Ces deux éléments sont positifs», souligne le préfet d’Avignon, Bertrand Berger.

Les maires craignaient par ailleurs que la commission revienne à sa première idée, si jamais leur plus récente suggestion avait fait l’objet d’une contestation. «En demandant un appel, on risque de se retrouver avec la solution initiale de supprimer un comté, ce qui est pire», estime le préfet.

Impact possible?

M. Berger affirme que les impacts seront minimes dans la gestion des dossiers fédéraux, notamment celui de la Société du chemin de fer de la Gaspésie, qui demande depuis plusieurs mois à Ottawa d’investir dans leur tronçon ferroviaire, qui s’étend de Matapédia à Gaspé.

«La MRC Avignon fait toujours partie de la Société du chemin de fer de la Gaspésie. Alors quand on fera entendre notre message au fédéral au nom de la société, ce n’est pas parce que nous serons dans le comté Avignon-Matane que ça changera quelque chose», croit le préfet. 

Le décret qui officialisera cette nouvelle carte électorale devrait être adopté l’automne prochain.

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Fédéral : la région devrait conserver son poids politique

Le coup d’envoi de cette offensive a été donné dimanche simultanément aux quatre coins du Québec, dont à New Richmond par le député fédéral de la Gaspésie-les-Îles, Philip Toone.

Le nom de la campagne, «Notre région abandonnée par Stephen Harper», tourne en dérision le slogan utilisé par les conservateurs lors des élections fédérales de 2011, «Notre région au pouvoir».

«Les conservateurs s’étaient présentés comme les défenseurs des régions. Mais depuis ce temps, ils n’arrêtent pas de les pénaliser. Ils ont abandonné l’industrie forestière et saccagé le programme d’assurance-emploi. En Gaspésie, les investissements ne sont pas au rendez-vous et des emplois fédéraux ont été coupés. Les conservateurs s’attardent à attaquer les régions», a déclaré Philip Toone.

Le parti néo-démocrate distribuera des pancartes ornées du slogan de la campagne et d’une photo de Stephen Harper dans certaines régions de l’Est du Canada. Ces affichent s’apparentent d’ailleurs aux pancartes utilisées par le Parti conservateur au printemps 2011. Un site Web expliquant les conséquences des politiques fédérales dans les régions a également été mis en ligne.

Les cibles

L’opposition officielle mettra l’accent sur la réforme de l’assurance-emploi, la centralisation des bureaux de l’Agence de développement économique Canada et la coupure de postes régionaux dans la fonction publique pour convaincre les citoyens de ne pas voter pour les conservateurs lors du prochain scrutin.

«Le but ultime est que ce gouvernement perde le pouvoir», a poursuivi M. Toone, avant de préciser que les circonscriptions représentées par un député conservateur et où l’industrie saisonnière occupe une place importante seront ciblées.

«Nous souhaitons une campagne généralisée à l’ensemble de l’Est du Canada. Au Québec,  il y a peu d’élus conservateurs, mais dans les Maritimes, des pertes pourraient leur faire mal», a dit M. Toone, ajoutant qu’il souhaite mobiliser les syndicats, les chambres de commerce et les travailleurs. «Nous avons réussi une importante mobilisation contre la réforme de l’assurance-emploi. Nous pouvons maintenant le faire contre les autres politiques», pense le néo-démocrate.  

Pas une campagne négative, dit Toone

Alors que plusieurs néo-démocrates avaient reproché au Parti conservateur d’attaquer le chef de leur parti, Thomas Mulcair, avec des publicités agressives l’été dernier, le député fédéral soutient que la présente campagne n’est pas de la publicité négative. «Nous n’attaquons pas des individus personnellement, mais plutôt des politiques. Nous souhaitons seulement rappeler à la population que les conservateurs ont renié leur promesse de s’occuper des régions», a-t-il déclaré. 

Réaction de Christian Paradis

Par voie de communiqué, le ministre de l’industrie, Christian Paradis, a qualifié l’initiative des néo-démocrates de «campagne de désinformation».

À son avis, le gouvernement conservateur se concentre sur «la véritable priorité» des citoyens, soit «la croissance économique et la création d’emplois». M. Paradis estime que le Nouveau Parti démocratique «continue de s’opposer» à «aider» les économies régionales. 

La population de Saint-Alexis digère mal la diminution des heures d’ouverture au centre de services Desjardins de leur municipalité. Ce dernier est désormais fermé tous les midis et toute la journée le mardi et le mercredi. Le jeudi, il ferme ses portes à 16h30 au lieu de 18h30, comme c’était le cas auparavant.

En décembre dernier, le conseil municipal a adopté une résolution pour demander à la direction de la caisse de maintenir son centre «tous les jours ouvrables» et «à des heures convenables» pour les travailleurs. Les commerçants de la petite localité de 548 habitants estiment également que la décision de réduire les heures d’ouverture est prise à leurs dépens. Plusieurs d’entre eux se plaignent qu’ils doivent maintenant agir comme centre de services en échangeant des chèques à des travailleurs.  

«Rien ne bouge», dénonce le comité de développement

Alors que la pression exercée par les élus municipaux ne fonctionne guère, le comité de développement local de Saint-Alexis-de-Matapédia a récemment lancé une pétition pour faire fléchir l’établissement. «Les élus ont passé une résolution, j’ai moi-même envoyé une lettre de la direction, et rien ne bouge. Les gens sont choqués et je peux vous dire qu’ils n’hésitent pas à signer», affirme Michel Martin, du comité de développement. La pétition compte jusqu’à présent des dizaines de signatures. 

Avec cette démarche, M. Martin espère que la direction comprenne que la population de St-Alexis «tient à sa caisse» et qu’elle est «déterminée» à convaincre les administrateurs de revoir sa décision. Le comité de développement déposera la pétition à la direction et aux administrateurs de l’établissement bancaire et à la Fédération des caisses Desjardins du Québec.

Vers une fermeture ?

Pour sa part, la direction de la caisse justifie la réduction des heures d’ouverture par la décroissance des transactions au centre de St-Alexis au cours des dernières années. Elle n’exclut pas le scénario de sa fermeture complète dans le cadre de sa planification stratégique 2013-2016. 

Cette dernière sera présentée aux membres de la caisse le 16 avril prochain à St-Alexis.  

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Les maires des différentes municipalités décideront vendredi s’ils demandent au député fédéral de la Gaspésie-les-Îles, Philip Toone, de contester la suggestion des commissaires.

Dans son rapport déposé lundi à la Chambre des communes, la commission propose d’annexer la MRC de la Haute-Gaspésie à la nouvelle version de la circonscription Gaspésie-les-Îles, qui s’étendra de Cascapédia-Saint-Jules à Cap-Chat.

Pour ce qui est des municipalités de la MRC d’Avignon, elles seront incluses dans la nouvelle circonscription Avignon-Matane, qui regroupera aussi trois MRC du Bas-Saint-Laurent, soit la MRC de Matane, de la Matapédia et de la Mitis. La circonscription Avignon-Matane remplacera donc celle de la Haute-Gaspésie-La Mitis-Matane-Matapédia. 

Par ailleurs, alors qu’elle avait proposé dans son rapport préliminaire de supprimer l’une des circonscriptions dans l’Est de la province, la commission s’est ravisée et suggère maintenant de maintenir les quatre circonscriptions.

Réactions dans Avignon

Les maires de la MRC d’Avignon se réjouissent que l’Est du Québec conserve son poids politique à la Chambre des communes, mais questionnent l’annexion de leur MRC à une circonscription qui regroupe trois MRC du Bas-Saint-Laurent.

«Je suis heureux, mais déçu en même temps. Le fait que nous ayons conservé nos circonscriptions dans l’Est est une bonne chose. Mais notre MRC va se ramasser dans un comté du Bas-Saint-Laurent. C’est spécial», souligne le maire de Pointe-à-la-Croix, Jean-Paul Audy.  

Selon lui, les municipalités de sa MRC ont «beaucoup plus d’affinité» autant «administrative» que «culturelle» avec la Baie-des-Chaleurs qu’aux MRC du Bas-Saint-Laurent.

Son homologue de Carleton-sur-Mer, Denis Henry, craint pour sa part que les intérêts de la MRC d’Avignon soient moins bien représentés avec cette nouvelle carte électorale. «Une grande partie de la population de cette nouvelle circonscription provient du Bas-Saint-Laurent. Il y donc des fortes chances que le député provienne de ce coin. Les enjeux diffèrent pourtant beaucoup d’une région à l’autre. Ça pourrait avoir un impact sur notre représentativité», pense-t-il.

Les maires de la MRC d’Avignon décideront vendredi à 11h par conférence téléphonique s’ils demandent au député Toone de suggérer à la commission de revoir sa proposition.

Toone demeure prudent

Pour sa part, Philip Toone demeure prudent. Celui-ci se réjouit de constater que l’Est du Québec n’ait pas perdu de poids politique. Il voit aussi d’un bon œil l’annexion de la Haute-Gaspésie dans sa circonscription, mais se dit «en désaccord» avec la proposition de scinder la Baie-des-Chaleurs en deux. «Nous gagnons la Haute-Gaspésie, mais, du même coup, nous perdons Avignon. C’est délicat comme situation. Je souhaite sonder les maires des deux MRC pour décider si j’entame les démarches pour appeler de cette décision», dit M. Toone.

Ce dernier ne cache pas qu’il souhaite une circonscription qui regrouperait les limites de la Gaspésie administrative. Il souligne cependant que ce scénario est peu probable, étant donné que sans la MRC d’Avignon ou de la Haute-Gaspésie, la circonscription regroupant les MRC de Matane, de la Matapédia et de la Mitis ne compte pas suffisamment d’habitants. «Cette circonscription tomberait à environ 60 000 habitants, ce qui est loin du quotient électoral de 100 000 habitants», précise-t-il.

Avec la proposition de la commission, la circonscription Avignon-Matane comptera 74 547 habitants, soit 26,5% de moins du quotient électoral établi à 100 321. La circonscription Gaspésie-les-Îles comptera pour sa part 78 833 habitants, soit 22% de moins du quotient.

Le décret qui officialisera cette nouvelle carte électorale devrait être adopté l’automne prochain. S’il souhaite contester la proposition de la commission, le député Toone a encore trente jours pour recueillir la signature de dix députés et pour faire connaître sa position.  

Des représentants de la Gaspésie, du Bas-Saint-Laurent, des Îles-de-la-Madeleine et de la Côte-Nord s’étaient déplacés mercredi à Ottawa pour demander au gouvernement fédéral de suspendre l’application de la réforme.

Ces derniers souhaitent que les conservateurs mènent une consultation pancanadienne dans le but d’en arriver à des modifications qui répondent aux besoins des travailleurs, des entreprises et de l’industrie saisonnière.

C’est avec un sentiment d’amertume qu’ils sont ressortis de leur rencontre avec la ministre Finley. «On nous a répondu que la réforme sera appliquée et que les impacts seront mesurés au fur et à mesure. Autrement dit, ils nous disent qu’ils vont faire les dégâts et qu’ils vont peut-être les réparer après. Ça n’a pas de bon sens», tonne le porte-parole de la délégation et président de la Conférence régionale des élus de la Gaspésie-les-Îles, Bertrand Berger.

Les représentants ont également échoué dans leur tentative d’obtenir les études d’impacts de la réforme. «Encore là, c’est le silence radio. J’en conclus, et c’est très grave, que le gouvernement n’a pas mesuré les impacts. C’est totalement irresponsable», dénonce le porte-parole.

«Arrogante» et «méprisante»  

Par ailleurs, M. Berger qualifie «d’arrogante» et de «méprisante» l’attitude de Mme Finley. Cette dernière aurait affirmé que certaines craintes formulées par les représentants sont des «mythes» et même des mensonges. «Quand nous avons soulevé les différents points et rapporté les craintes des citoyens, la ministre nous a répondu qu’on faisait peur au monde et qu’on faisait circuler des faussetés», rapporte M. Berger.

Pas que du négatif

Même si la rencontre avec la ministre n’aura pas donné les résultats souhaités par la délégation, le porte-parole ne regrette pas le déplacement sur la colline du Parlement.

«Nous avons rencontré tous les partis d’opposition et rencontré individuellement un certain nombre de députés. C’est un travail de sensibilisation qui portera ses fruits», dit-il, avant d’ajouter que son regroupement a la ferme intention de poursuivre la pression auprès des conservateurs.  

M. Berger croit que si la mobilisation se poursuit, le gouvernement «n’aura plus le choix» de revoir certains aspects de sa réforme. 

Quatre manifestations se sont tenues simultanément à partir de 10h aux quatre coins de la péninsule gaspésienne. Ces marches visaient à appuyer la délégation de l’Est du Québec qui rencontre aujourd’hui à Ottawa la ministre des Ressources humaines et du Développement des compétences, Diane Finley.

Les rassemblements ont réuni entre 200 et 250 personnes sur le pont J.C. Van Horne, qui relie Pointe-à-la-Croix à Campbellton, quelque 200 personnes à Sainte-Anne-des-Monts et à Rivière-au-Renard ainsi que plus de 1000 manifestants à Chandler.

À Pointe-à-la-Croix, les gens réunis ont débuté la marche en direction du pont après avoir écouté des discours, dont celui du chef du conseil de bande de Listuguj, Dean Vicaire, et du maire de Pointe-à-la-Croix, Jean-Paul Audy.

Ce dernier a invité la population à continuer de faire valoir leur mécontentent envers cette réforme qui, dit-il, «appauvrit les régions et les travailleurs saisonniers». À son avis, le gouvernement fédéral est «déconnecté de la réalité des économies régionales». Il espère que les représentants de la région réussiront à convaincre la ministre de suspendre la réforme.

Après les allocutions, les manifestants ont poursuivi leur route en direction de Campbellton en occupant les deux voies du pont J.C. Van Horne. Ils ont par la suite fait demi-tour afin de revenir du côté québécois.

Un manifestant rencontré sur le pont, Daniel Bélanger, un travailleur forestier de Matapédia, s’est dit déçu du nombre de personnes qui ont répondu à l’appel. «Ce n’est pas assez. Il aurait dû avoir au moins 1000 personnes juste ici aujourd’hui. Plus nous serons à manifester, plus le gouvernement verra que nous sommes mécontents. J’espère que les gens se mobiliseront davantage lorsqu’ils réaliseront les impacts d’ici quelques semaines», a-t-il dit.

Rivière-au-Renard

À Rivière-au-Renard, environ 200 manifestants sont partis de l’église pour marcher jusqu’au quai. Beaucoup étaient des pêcheurs et des travailleurs d’usine de transformation qui craignent d’être touchés par le «trou noir» du printemps, une période sans prestation d’assurance-emploi ni salaire.

Le conseiller municipal de Rivière-au-Renard, Charles Aspirault, a lancé une bouteille à la mer, avec un message à la ministre Diane Finley. «L’économie en général, les magasins, la restauration» pourraient être touchés par le trou noir, juge-t-il. «On est à la merci des quotas. S’ils baissent, tout s’ensuit.»

Ailleurs en Gaspésie

Du côté de Chandler, plus de 1000 personnes sont descendus dans la rue pour manifester leur désaccord envers les modifications au programme fédéral. À Sainte-Anne-des-Monts, environ 200 personnes ont répondu à l’appel à la mobilisation. D’autres rassemblements ont également eu lieu aux Îles-de-la-Madeleine, dans Charlevoix et à Rimouski.  

Rencontre à Ottawa

Une quarantaine de représentants de la Gaspésie et du Bas-Saint-Laurent, dont des élus et des employeurs, sont à Ottawa aujourd’hui, où une rencontre est prévue avec la ministre Finley.

Alors que certains, dont le président de la Conférence régionale des élus Gaspésie-les-Îles, Bertrand Berger, rencontreront la ministre à 16h, d’autres profitent de leur passage sur la colline du Parlement pour rencontrer des chefs de partis et des députés afin de solliciter leur appui dans la lutte qu’ils mènent contre les modifications au programme.

La délégation demande au gouvernement fédéral de suspendre l’application de la réforme, le temps de mener une consultation pancanadienne dans le but d’en arriver à des modifications qui répondent aux besoins des travailleurs, des entreprises et de l’industrie saisonnière.

La coalition remettra aussi à la ministre Finley une pétition de 25 000 signatures dénonçant la réforme.

La ministre de l’Emploi du Québec, Agnès Maltais, rencontrera aussi Mme Finley. Cette rencontre aura lieu après celle de la délégation de l’Est du Québec.

Avec la collaboration de Geneviève Gélinas

Au total, une quarantaine de membres de la Coalition sur l’assurance-emploi de l’Est du Québec seront à Ottawa afin de faire valoir leur mécontentement envers la réforme.

Alors que représentants rencontreront directement la ministre, d’autres profiteront de leur passage sur la colline du Parlement pour rencontrer des chefs de partis et des députés afin de solliciter leur appui dans la lutte qu’ils mènent contre les modifications au programme.

Afin de supporter les membres de la coalition, quatre manifestations se tiendront à 10h à Sainte-Anne-des-Monts, à Chandler, à Rivière-au-Renard et sur le pont J.C. Van Horne, qui relie Campbellton à Pointe-à-la-Croix.

Le président de la Conférence régionale des élus Gaspésie-les-Îles (CRÉGÎM), Bertrand Berger, qui sera à Ottawa, reconnaît que les chances de convaincre la ministre de revoir certains aspects de la réforme sont minces. «Notre démarche n’est pas garantie de succès, admet-il. Mais même si on ne sort pas de là avec des réponses positives, ce ne sera pas une raison d’arrêter la mobilisation. Au contraire, ce sera une raison de la poursuivre. Nous menons une course de longue haleine, pas un marathon», illustre-t-il.

M. Berger soutient que l’objectif de la rencontre est d’expliquer à la ministre les impacts de sa réforme sur l’économie régionale et de lui demander de la suspendre pour «se donner du temps» afin de mesurer convenablement ses conséquences. «On ne nie pas qu’il peut y avoir des changements à la loi qui peuvent être acceptables. Mais dans l’état actuel des choses, ça n’a pas de bon sens. S’il y a des problèmes avec le programme, faisons-les ressortir et proposons des amendements. Il ne faut pas faire table rase et envoyer tout le monde dans la dèche», peste-t-il.

Le président de la CRÉGÎM souhaite que la ministre soit notamment sensibilisée aux conséquences de la réforme sur l’industrie saisonnière. «Si un travailleur spécialisé dans l’industrie de la pêche doit quitter la région pour travailler, il risque de ne jamais revenir. Les usines se retrouveront avec une pénurie de main-d’œuvre spécialisée», pense-t-il.

Rappelons que les nouvelles dispositions prévoient qu’un certain nombre de chômeurs, «les prestataires fréquents», se verront offrir des «emplois convenables», soit des emplois pour lesquels ils sont qualifiés à 70% de leur salaire horaire antérieur, et dont le lieu peut se trouver jusqu’à une heure de déplacement.

Un chômeur est considéré comme un «prestataire fréquent» lorsqu’il a présenté trois demandes ou plus au cours des cinq dernières années et qu’il a bénéficié de plus de 60 semaines de prestations durant cette même période. Plusieurs travailleurs saisonniers entrent dans cette catégorie.

De l’avis de la ministre Finley, les modifications viennent «seulement préciser» ce qui constitue une recherche raisonnable en vue de trouver un emploi convenable. «Personne n’est forcé de quitter sa collectivité pour trouver un emploi. […]
S’il n’y a pas d’emploi vacant dans leur collectivité, les prestataires continueront à recevoir leurs prestations, comme cela a toujours été le cas», a-t-elle assuré la semaine dernière par voie de communiqué. 

La ministre rencontrera aussi son homologue du Québec, Agnès Maltais, au cours de la journée

Dans son rapport préliminaire, la Commission de délimitation des circonscriptions fédérales pour le Québec envisageait de supprimer l’une des circonscriptions dans l’Est de la province.

Après avoir tenu des consultations, dont une à Gaspé, elle recommande finalement de maintenir les quatre circonscriptions. Son deuxième rapport a été déposé lundi à la Chambre des communes.

Même si aucune d’entre elles ne seront abolies, certaines circonscriptions subiront des modifications territoriales. La commission propose notamment d’annexer la MRC de la Haute-Gaspésie à la nouvelle version de la circonscription Gaspésie-les-Îles, qui s’étendra de Cascapédia-Saint-Jules à Cap-Chat.

Pour ce qui est des municipalités de la MRC d’Avignon, elles seront incluses dans la nouvelle circonscription Avignon-Matane, qui inclura aussi trois MRC du Bas-Saint-Laurent, soit la MRC de Matane, de la Matapédia et de la Mitis. La circonscription Avignon-Matane remplacera donc celle de la Haute-Gaspésie-La Mitis-Matane-Matapédia. 

Le député bloquiste de la Haute-Gaspésie-La Mitis-Matane-Matapédia, Jean-François Fortin, se réjouit que la commission ait abandonné l’idée de supprimer une circonscription, mais questionne certaines délimitations territoriales. «C’est positif puisque l’Est du Québec conserve son poids politique et les limites des MRC sont respectées. Par contre, à mon sens, la communauté d’intérêts de la MRC d’Avignon est davantage reliée à celle de la Baie-des-Chaleurs qu’à la Matapédia et celle de la MRC Haute-Gaspésie est nettement plus reliée à la MRC de Matane. Les communautés d’intérêts n’ont probablement été l’angle d’attaque des commissaires», souligne le député.

M. Fortin prévoit consulter différents acteurs de la Haute-Gaspésie pour mesurer la perception de cette nouvelle proposition dans le milieu. Il soutient cependant que les chances de voir cette proposition modifiée sont très minces.

«L’histoire nous enseigne que très peu de changements peuvent se faire à la suite du deuxième rapport. Dans 95% des cas, c’est le rapport final. Il y a certains aménagements qui peuvent être faits, mais il faut avoir des arguments bétons», dit l’élu.

Le décret qui officialisera cette nouvelle carte électorale devrait être adopté l’automne prochain.

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