le Dimanche 20 septembre 2026

La caisse a tenu hier soir à Matapédia son Assemblée générale annuelle devant quelque 250 personnes, dont des membres du comité ACCORDons-nous, un groupe qui milite pour le retour d’un point de services à St-François.

Malgré le contexte de fermeture, l’institution affiche un déficit d’opération de 114 000 $, ce qui est cependant moins que les 340 000 $ anticipés. Il s’agit d’une 2e année déficitaire consécutive. La caisse, qui n’exploite que le siège social de Matapédia depuis le 15 juin dernier, avait enregistré un déficit d’environ 60 000 $ en 2012. 

Questionnés au sujet des coûts que représenterait le retour d’un point de services à St-François et des économies engendrées par les fermetures, les dirigeants n’ont pas été en mesure de fournir des réponses précises. « En coupant les points de services en juin, on a juste eu une demi-année de récupération. Notre plan de redressement est sur trois ans et on sait, qu’en 2016, on devrait atteindre l’équilibre », a mentionné la présidente, Pauline Dufour. 

Dans les résultats financiers présentés aux membres, la différence entre les 340 000 $ anticipés et le déficit réel de 114 000 $ s’explique en grande partie par une augmentation des revenus nets d’intérêts et des quote-parts de la Fédération. Les économies reliées aux dépenses de personnel en lien avec la fermeture des points de services s’élèvent à 15 000 $.

Avec ce 2e déficit, les dirigeants soutiennent qu’un retour en arrière n’est pas possible et que la population des Plateaux devra s’y faire. D’autres mesures de redressement pourraient même être appliquées. « Ce n’est pas dit qu’il n’y aura pas d’autres coupures. Mais on ne pourra pas couper de point de service, il n’en reste plus qu’un », a dit la présidente, avant de préciser que ces mesures pourraient toucher les employés et les heures d’ouverture.

« Sous haute surveillance »

Le vice-président régional des Caisses Desjardins pour le Bas-St-Laurent et la Gaspésie, Michel Roussy, a défendu la décision des administrateurs de réduire les services afin de diminuer les coûts d’opération.

Ce dernier soutient que l’institution financière est « sous haute surveillance » de la Fédération des caisses Desjardins du Québec et qu’elle doit « maintenir le cap » sur l’équilibre budgétaire, ajoutant que l’établissement est encadré par l’Autorité des marchés financiers et la Loi sur les coopératives. « Les administrateurs ont la responsabilité d’une gestion saine des avoirs des gens. Ils doivent prendre des décisions qui assurent la pérennité à long terme », a-t-il prévenu, avant de lancer un appel à la solidarité des membres.

Les membres divisés

Les membres présents à l’Assemblée générale étaient visiblement divisés. Si les représentants du comité ACCOrdons-nous dénoncent la décision des administrateurs, certains ont pris la parole pour offrir leur appui au conseil d’administration. Par ailleurs, les membres du comité ACCORDons-nous n’ont pas réussi à faire inscrire le point destitution de la présidente à l’ordre du jour. Un total de 115 membres ont voté contre et 102 pour l’ajout de ce sujet au menu.

Les employés s’expriment

Les employés de la caisse ont aussi pris la parole pour « remercier les dirigeants d’avoir agi de façon responsable ». Ces derniers ont dit comprendre la « grogne » de certains membres, mais soutiennent que les mesures d’accommodement portent leurs fruits et que les clients « ont été en mesure de s’adapter aux changements ».

Déception

À la fin de la rencontre, la porte-parole du comité ACCORdons-nous, Sylvie Gallant, ne cachait pas sa déception. « Ils maintiennent leur position en nous donnant les mêmes chiffres, en nous disant que la décision de fermer les points de services est reliée au déficit, alors que je sais, qu’à Bécancour, il y a aussi eu des coupures, alors que la caisse a un surplus cette année », a-t-elle réagi.

Dans une lettre s’adressant aux membres, le Conseil d’administration écrit que la fermeture des trois points de service était nécessaire pour la survie de la caisse. Les administrateurs affirment que la décision a été « déchirante », mais qu’elle s’imposait.  « Quand on regardait la baisse des revenus d’intérêt de la caisse, c’est sûr qu’il fallait prendre une décision. On en a conclu que la meilleure solution possible était de garder un seul point de service à Matapédia, étant donné que c’est à mi-chemin entre Pointe-à-la-Croix et l’Ascension », affirme la présidente, Pauline Dufour.

Le CA s’inquiète de la contestation de cette décision par le comité ACCORDons-nous, qui espère le retour de service à St-François. Les administrateurs soutiennent que le débat s’est transformé en « règlement de compte » et qu’il « divise la population », au détriment de la communauté. Mme Dufour invite les membres à « être lucides » et à prendre acte que l’économie est en baisse constante depuis les dernières années. « Quand allons-nous arrêter de faire semblant que notre économie est en santé? Nous devons plutôt voir la réalité en face et nous battre pour la dynamiser! », écrit-elle, conjointement avec les autres administrateurs.

Alors que le comité ACCORDons-nous exige sa démission, Mme Dufour lance un appel à la survie de la caisse auprès de tous les membres, en leur demandant de ne pas laisser tomber le point de service de Matapédia.

Le comité maintient le cap

Pour sa part, la porte-parole du comité ACCORDons-nous, Sylvie Gallant, réfute les affirmations des administrateurs selon lesquelles le débat est devenu un règlement de compte. Selon elle, les membres de son comité et les administrateurs veulent tous sauver la caisse, mais ne s’entendent pas sur les moyens. « Ce que nous souhaitons, c’est un point de service à St-François dans un bâtiment qui est déjà payé », répète-t-elle.

Cette dernière reconnaît que la question divise la population et rapporte que certains membres ont décidé de retirer leurs actifs de Desjardins. « On dit aux gens de ne pas vider leur compte, qu’on travaille à sauver la caisse. Mais là-dessus, on n’a pas de contrôle », poursuit la porte-parole du groupe, qui a récemment eu des discussions avec un autre établissement financier quant à la possibilité de s’établir dans les Plateaux.

Le retrait des actifs par les membres est une conséquence qui n’avait pas été calculée par les administrateurs, poursuit Mme Gallant. « La prochaine assemblée générale du 15 avril va nous dévoiler certaines surprises », pense-t-elle.

Par ailleurs, la porte-parole soutient que la fermeture des trois points de services a des conséquences sur la vitalité économique des Plateaux. « Quand les gens descendent à Matapédia pour aller à la caisse, ils en profitent pour y faire leurs commissions, alors ils achètent moins en haut », déplore-t-elle.

« Le nouveau gouvernement devra continuer de tabler sur les axes de développement identifiés dans la Stratégie de développement de la région. Le nouveau gouvernement devra mettre la partisanerie de côté », indique le président de la Conférence régionale des élus Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, Daniel Côté.

Il souligne que le gouvernement Couillard devra se faire rassurant dans le dossier de l’éolien. « 1200 travailleurs dépendent de ce dossier-là. On n’a pas les moyens de prendre une pause après le prochain appel d’offres. On devra sensibiliser M. Couillard aux impacts que pourrait avoir la prise d’une pause dans le développement pour la région », ajoute M. Côté.

Il entend les points positifs sur le chemin de fer et la cimenterie. « Il faudra que le gouvernement se compromette rapidement », dit-il.

Des préfets aux aguets

Les préfets de Bonaventure et de Côte-de-Gaspé soulignent que les libéraux devront tenir compte du choix des Gaspésiens. « Dans un système démocratique, ce sont les citoyens qui choisissent. Il faudra peut-être travailler d’une autre façon afin de faire savoir au gouvernement actuel que les projets qui sont en marche se concrétisent et que le gouvernement soit réceptif face aux projets à venir », explique le préfet de Bonaventure, Jean-Guy Poirier.

« Ils connaissent nos priorités », ajoute la préfète de la MRC de la Côte-de-Gaspé, Délisca Ritchie-Roussy. « Je vais travailler avec le gouvernement en place et je compte beaucoup sur notre député pour faire valoir nos revendications et nos priorités », dit Mme Ritchie-Roussy. « C’est le gouvernement de tous les Québécois. On se doit d’avoir une écoute attentive de leur part [les libéraux]. On a un député. Qu’il ne soit pas d’allégeance des députés de la majorité, ils vont débattre des priorités de chaque municipalité, chaque MRC ».

Et la cimenterie

GRAFFICI.CA a tenté de parler au président de Ciment McInnis de Port-Daniel-Gascons, Christian Gagnon, sans succès. Toutefois, en entrevue mardi midi à CHNC, M. Gagnon estime que beaucoup de choses plus ou moins exactes ont été dites durant la campagne.
« Le message a été très mal véhiculé sur ce qu’est le projet, ce qu’est le support financier à travers ça. On a laissé ou fait accroire aux gens qu’on obtenait des subventions quand on n’a aucune forme de subvention dans la mise sur pied de la cimenterie », déclare M. Gagnon.

Il souligne que la Caisse de dépôt et placement du Québec investit 100 M$ tout comme Investissement Québec. Un prêt de deuxième rang de 250 M$, avec prime sur intérêt, vient compléter le montage financier public.

« Il n’y a pas de cadeau dans ça. Émettre l’opinion que c’est un très grand cadeau et que c’est mauvais pour le Québec en général, ce n’est pas une bonne idée. C’est un projet porteur pour le Québec qui va générer des sous dans la cagnotte de l’État à moyen et long terme », conclut M. Gagnon.

En compagnie de l’ex-ministre des Affaires municipales, Laurent Lessard, le candidat dans Bonaventure Damien Arsenault a annoncé hier matin à New Richmond que les Libéraux feront passer les dépenses en infrastructures de 9,5 à 11 milliards par année, si porté au pouvoir.

M. Arsenault reproche au gouvernement Marois d’avoir coupé 15 milliards sur dix ans dans le Plan québécois des infrastructures. La troupe à Philippe Couillard souhaite maintenant rétablir le niveau d’investissement qui prévalait avant les coupes annoncées dans le budget Marceau. Dans la région, cette bonification se traduirait par la concrétisation de « nombreux » projets, pense le candidat libéral, qui s’engage à soutenir le dossier de la route 132 à la hauteur de Pabos Mills et la modernisation de l’hôpital de Maria. « Bien sûr, il y a  d’autres projets qui sont sur les planches à dessin, comme celui du centre-ville de Carleton », a ajouté M. Arsenault, qui souhaite « s’assurer » que ce dernier dossier « chemine ».

Pour sa part, Laurent Lessard, a critiqué de façon virulente la diminution des dépenses pour l’entretien des infrastructures du Québec par le gouvernement Marois, la qualifiant « d’inacceptable » et de « néfaste » pour l’économie du Québec et de la Gaspésie. Ce dernier évalue que le ralentissement des contrats publics a un impact important sur les entrepreneurs, les fournisseurs et les travailleurs. « On le voit qu’il y a un ralentissement. On n’a qu’à regarder le taux de chômage [de la Gaspésie]. La dernière fois que j’étais venu ici, il me semble qu’il était meilleur que ça », a-t-il déclaré.

Sylvain Roy défend le bilan Marois

Alors qu’il présentait presque simultanément son « plan » pour l’économie de la circonscription de Bonaventure, le député sortant Sylvain Roy a répliqué en indiquant que le gouvernement péquiste a agi de façon responsable. Ce dernier soutient que le Parti québécois a réduit les dépenses pour « stabiliser » le marché en termes de contrats publics.

« Le gouvernement Charest faisait grosso modo 4 milliards d’investissements par année pour la construction de toutes sortes d’infrastructures et l’industrie est capable de fournir que 2,5 milliards environ. Alors ça créait une surenchère des prix, parce que les entrepreneurs n’étaient pas obligés de soumissionner sur tout étant donné qu’il y avait de l’ouvrage en masse », a-t-il déclaré, ajoutant que cette situation provoquait de la « surfacturation » et des « problématiques qu’on voit dans les commissions d’enquête ».

En compagnie de l’ex-ministre des Affaires municipales, Laurent Lessard, le candidat dans Bonaventure Damien Arsenault a annoncé hier matin à New Richmond que les Libéraux feront passer les dépenses en infrastructures de 9,5 à 11 milliards par année, si porté au pouvoir.

M. Arsenault reproche au gouvernement Marois d’avoir coupé 15 milliards sur dix ans dans le Plan québécois des infrastructures. La troupe à Philippe Couillard souhaite maintenant rétablir le niveau d’investissement qui prévalait avant les coupes annoncées dans le budget Marceau. Dans la région, cette bonification se traduirait par la concrétisation de « nombreux » projets, pense le candidat libéral, qui s’engage à soutenir le dossier de la route 132 à la hauteur de Pabos Mills et la modernisation de l’hôpital de Maria. « Bien sûr, il y a  d’autres projets qui sont sur les planches à dessin, comme celui du centre-ville de Carleton », a ajouté M. Arsenault, qui souhaite « s’assurer » que ce dernier dossier « chemine ».

Pour sa part, Laurent Lessard, a critiqué de façon virulente la diminution des dépenses pour l’entretien des infrastructures du Québec par le gouvernement Marois, la qualifiant « d’inacceptable » et de « néfaste » pour l’économie du Québec et de la Gaspésie. Ce dernier évalue que le ralentissement des contrats publics a un impact important sur les entrepreneurs, les fournisseurs et les travailleurs. « On le voit qu’il y a un ralentissement. On n’a qu’à regarder le taux de chômage [de la Gaspésie]. La dernière fois que j’étais venu ici, il me semble qu’il était meilleur que ça », a-t-il déclaré. 

Sylvain Roy défend le bilan Marois

Alors qu’il présentait presque simultanément son « plan » pour l’économie de la circonscription de Bonaventure, le député sortant Sylvain Roy a répliqué en indiquant que le gouvernement péquiste a agi de façon responsable. Ce dernier soutient que le Parti québécois a réduit les dépenses pour « stabiliser » le marché en termes de contrats publics.

« Le gouvernement Charest faisait grosso modo 4 milliards d’investissements par année pour la construction de toutes sortes d’infrastructures et l’industrie est capable de fournir que 2,5 milliards environ. Alors ça créait une surenchère des prix, parce que les entrepreneurs n’étaient pas obligés de soumissionner sur tout étant donné qu’il y avait de l’ouvrage en masse », a-t-il déclaré, ajoutant que cette situation provoquait de la « surfacturation » et des « problématiques qu’on voit dans les commissions d’enquête ».

Quelques jours après la sortie du maire de Gaspé et président de la Conférence régionale des élus, Daniel Côté, qui demandait à M. Couillard s’il s’engageait à présider le Plan de relance de la Gaspésie, à l’instar de la chef péquiste Pauline Marois, si porté au pouvoir le 7 avril prochain, le chef libéral répond par l’affirmative.

« Ma réponse est oui. Je vais prendre la région de la Gaspésie-les-Îles sous mon regard particulier comme premier ministre ». Il a d’ailleurs profité de notre entretien téléphonique pour rappeler que le tout dernier plan de relance annoncé par l’ex-gouvernement Marois en mai dernier « n’est au fond qu’une compilation de mesures qui étaient déjà existantes » sous le gouvernement libéral de Jean Charest entre 2003 et 2012.

« Ce que ça prend, c’est de l’action, bien sûr. Ces mesures-là vont se poursuivre (sous sa gouverne) en plus des mesures que nous mettrons de l’avant et qui se retrouvent au sein de notre programme économique, tel que la reprise du Plan Nord, la Stratégie maritime, les mesures spécifiques aux PME; je pense ici aux crédits à l’exportation et à l’innovation ». « Les comités, les groupes de travail, c’est bien joli-là, mais ça ne crée pas des emplois », ajoute-t-il en faisant référence au Plan de relance de la Gaspésie du gouvernement Marois.

Eau potable et hydrocarbures

Le maire Côté avait aussi souhaité connaître la position de M. Couillard quant à une éventuelle Loi sur les hydrocarbures, de même que la protection de l’eau potable des municipalités, et ce, à la lumière du bras de fer entre Pétrolia et Gaspé. À cet égard, Philippe Couillard s’est fait rassurant. « Il faut en effet avoir une législation (sur les hydrocarbures) et qui fixe aussi les redevances tout en clarifiant la protection de l’environnement. Je rappellerai aux Gaspésiens que nous préconisons le partage des redevances gazières et pétrolières avec les régions ». Et l’eau potable? « C’est également important. Il faut d’abord adopter une loi sur les hydrocarbures et par la suite préciser le règlement sur l’eau potable qui a d’ailleurs été laissé de côté pendant des mois (par les péquistes) », fait valoir le chef libéral qui sera dans la région cette semaine.

La Stratégie d’intervention gouvernementale sur le développement de la Gaspésie-les-îles a été lancée par Pauline Marois lors de son passage dans la région en mai dernier. Ce plan regroupe l’ensemble des secteurs et des enjeux régionaux, dont les transports, les infrastructures, la culture, les ressources naturelles et le tourisme. Une initiative qui reçoit l’appui d’un comité formé par cinq ministères et présidé par Mme Marois elle-même tout comme l’avait fait l’ex-premier ministre péquiste, Bernard Landry en 2002.

M. Couillard fera-t-il de même, se questionne, Daniel Côté. « Écoutez, il faut le dire. La Stratégie fait consensus dans la région. Est-ce que le prochain premier ministre, qu’il soit libéral ou autre, soit dit en passant, peut s’engager à assurer la présidence du comité ministérielle pour le développement de la Gaspésie? » Vous semblez le souhaiter? « Je le souhaite, c’est clair! On a tout intérêt à continuer du fait que cette stratégie a commencé à porter ses fruits, notamment dans le secteur éolien (avec le lancement en décembre dernier de 800MW, dont 450 réservés à la Gaspésie et au Bas-St-Laurent ».

D’autres enjeux

Le maire Côté formule d’ailleurs deux autres demandes bien précises au chef libéral, si porté  au pouvoir le 7 avril prochain. « Est-ce que vous êtes prêt à déposer une nouvelle loi encadrant le développement des hydrocarbures le plus rapidement possible? Et êtes-vous prêt à déposer le plus rapidement possible un règlement provincial (encadrant la protection) de l’eau potable? Je souhaite obtenir une réponse en ce sens de M. Couillard et même de François Legault (chef de la CAQ), s’il le faut. Ces dossiers font aussi consensus dans la région », rappelle Daniel Côté. « On sait, ajoute-t-il, que sous les péquistes, la règlementation sur l’eau potable était pratiquement prête et que concernant la Loi sur les hydrocarbures elle était en train de se faire. Ce sont des enjeux très importants ».

Nous avons en vain tenté d’obtenir une réponse de M. Couillard.

M. Arsenault, qui a présenté sa vision en matière de développement touristique devant des militants et des élus municipaux dimanche à Bonaventure, prêtera une oreille attentive au projet « structurant et récréatif » mettant en valeur la Baie-des-Chaleurs.

Ce dernier fait valoir qu’une telle orientation est cohérente avec la stratégie maritime de sa formation politique. « C’est l’une des plus belles baies au monde. L’idée est de soutenir les municipalités dans leur volonté de développer pour attirer des clientèles touristiques qui pourraient séjourner longtemps et partout sur la côte », dit-il, sans toutefois s’engager sur les sommes qui seront rendues disponibles par un éventuel gouvernement libéral.

Par ailleurs, M. Arsenault promet de soutenir les projets mettant en valeur les paysages, le patrimoine nature, les grands espaces et la forêt gaspésienne.

À cet égard, le libéral fera de la route des Belvédères dans les Plateaux de la Matapédia l’une de ses priorités, advenant son élection. « L’idée est de soutenir les communautés qui ne sont pas en bordure de la côte. Encore là, il y a un potentiel extrêmement important », dit-il, précisant qu’il « supportera » le projet des belvédères. « Je suis supposé rencontrer bientôt les municipalités du secteur des Plateaux et je m’engage à travailler avec elles pour m’assurer que leur dossier soit acheminé adéquatement. »

Tout comme pour le volet maritime, M. Arsenault ne s’est pas engagé en termes financier. Dans leur plan d’affaires, les responsables du projet de la route des Belvédères prévoient obtenir une somme de 4,3 millions de dollars de Québec et le même montant du gouvernement fédéral.

Dix hommes perdent ainsi leur emploi et sont remplacés par deux débroussailleuses mécaniques, opérées par deux travailleurs spécialisés.

Le sous-traitant retenu par Ciment McInnis, Forêt MC de Port-Daniel, a jusqu’au 31 mars pour terminer les travaux de débroussaillage afin de se conformer aux normes environnementales imposées au promoteur. Au-delà de cette date, les travaux pourraient nuire à la nidification des oiseaux.

Pour être en mesure de terminer la tâche dans les délais malgré la neige abondante sur le site, Forêt MC a demandé à ses hommes d’effectuer le débroussaillage manuel en raquette à neige. Quatre travailleurs ont débuté mercredi et six autres devaient les rejoindre jeudi matin.

Mais à la suite d’une inspection du chantier mercredi, la CSST a ordonné la fin des travaux dans ses conditions. « Suite à l’ouverture du chantier, l’employeur a informé la CSST que des travaux d’abattage et de débroussaillage avaient débuté. Nous sommes donc allés sur les lieux pour faire les vérifications d’usage et les travaux de débroussaillage manuel que nous avons observés se faisaient en raquette », raconte le porte-parole régional, Maxime Boucher.

Qualifiant cette méthode « d’inusitée », M. Boucher rapporte que la CSST a conclu qu’elle comportait trop de risques pour les travailleurs. « On a donc suspendu les travaux. Les mouvements latéraux en raquette sont plutôt complexes et la tâche de débroussaillage demande beaucoup de mouvement, alors il y a forte présence de risque », précise-t-il, ajoutant que les inspecteurs ont rapporté des risques de « contre-coup » de la débroussailleuse sur les raquettes et « l’instabilité du sol qui peut s’affaisser sous le poids des raquettes ».

La CSST a par la suite demandé à l’employeur d’utiliser une autre méthode de travail pour effectuer les travaux. Forêt MC s’est plié aux exigences et reprendra le travail samedi matin avec des débroussailleuses mécanisées.

Rejoint par téléphone, le PDG de Forêt MC n’a pas voulu accorder d’entrevue, mais a confirmé le retrait du chantier des dix travailleurs qui devaient effectuer le travail de débroussaillage. Ce dernier a spécifié que les coûts d’opération de la méthode manuelle équivalent à ceux reliés à la méthode mécanique.

Travailleurs mécontents

Les travailleurs qui avaient été embauchés sont insatisfaits de la tournure des événements. L’un d’entre-eux a d’ailleurs écrit sur son mur Facebook que la « CSST a décidé de compromettre, à sa manière, le projet de cimenterie. Bravo à vous de protéger ces gens, en les empêchant de travailler et en les renvoyant à la maison sur l’assurance-chômage, vraiment déplorable ».

L’aspirant député a fait connaître ses engagements en matière économique et de santé mardi matin à son local électoral de New Richmond. Une des mesures phares de son programme économique est le volet régional de la stratégie maritime de son parti. Le plan vise notamment à stimuler le transport fluvial en misant sur les installations portuaires. Le chef Philippe Couillard engagerait 1,5 milliard de dollars destinés aux infrastructures et souhaite convaincre le gouvernement fédéral d’investir la même somme. 

Cette stratégie permettrait la réparation des ports de Chandler, Newport, Paspébiac, New Richmond et Carleton-sur-Mer, selon M. Arsenault. « Avec cette stratégie-là, on a les outils nécessaires pour mettre à niveau les infrastructures, nous assurer qu’elles deviennent des outils de développement pour le comté de Bonaventure », a-t-il déclaré, ajoutant qu’il souhaite faire une mise à niveau du parc à bateau de Newport. « Il y a un besoin pour les bateaux de pêcheurs. Sa capacité est atteinte et un agrandissement est nécessaire ».

Alors que certaines municipalités ont fait l’acquisition de leur quai, M. Arsenault promet de respecter les visions de chaque localité. Le libéral précise que la stratégie prévoit que le gouvernement s’implique dans l’appropriation des infrastructures par le monde municipal, en soutenant les municipalités. « On aura à définir les besoins. Je ne veux pas imposer ça aux municipalités, mais travailler avec les collectivités », a-t-il dit, précisant qu’un gouvernement libéral respectera les visions locales, même si elles ne priorisent pas les volets commerciaux, comme à Carleton-sur-Mer. « Si c’est le choix de la Ville, ce sera respecté », a-t-il mentionné, ajoutant cependant que la municipalité pourrait être invitée à « réévaluer » sa planification, compte tenu de la stratégie maritime.

Le libéral n’a pas été en mesure de préciser quel montant sera disponible pour la mise à niveau des ports de mer du sud de la Gaspésie.

Hôpital de Maria

M. Arsenault s’est par ailleurs engagé à soutenir la réalisation du projet de modernisation de l’hôpital de Maria. La semaine dernière, les administrateurs ont envoyé une lettre à chacun des candidats dans Bonaventure, leur demandant de prendre position dans ce dossier, rappelant que rien n’a été fait depuis l’adoption du plan en 2011.

« Lorsque j’ai été député de décembre 2011 à septembre 2012, j’avais déjà pris un engagement dans ce dossier-là. C’est une nécessité », pense-t-il.

Le projet, évalué à quelque 30 M$, vise notamment la construction d’une nouvelle urgence et d’une unité d’hémato-opération, ainsi que l’amélioration des unités de chirurgie d’un jour, du bloc opératoire et de la pharmacie.

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