Comment pouvez-vous garantir un minimum d’impacts environnementaux ?
Nos choix technologiques ne sont pas encore arrêtés. Par contre, nous sommes en discussion avec plusieurs équipementiers afin d’obtenir les meilleures performances sur le plan environnemental. Nous souhaitons que la cimenterie devienne un modèle en Amérique du Nord. Pour profiter du marché convoité, la côte est américaine, nous devrons nous plier à des normes environnementales très strictes qui entreront en vigueur aux États-Unis en 2013. Les Américains ont tendance à être protectionnistes, alors si nos installations ne répondent pas à leurs normes, ils taxeront nos produits. Par ailleurs, le ministère de l’Environnement suit notre projet à la trace. Je peux vous dire que ses représentants n’ont pas mis de gant blanc pour nous demander de mettre à jour notre étude d’impact environnemental. Pour nous, l’enjeu est trop important. Il n’est pas question d’escamoter quoi que ce soit.
Plusieurs groupes environnementalistes s’inquiètent des émanations polluantes provoquées par les combustibles qui serviront à chauffer le calcaire. Que leur répondez-vous ?
Ce qui rentre dans le four, c’est une chose, mais le plus important est ce qui en ressort. Si nous brûlions des graines de lin dans un four qui ne serait pas équipé des meilleurs filtres et que la combustion était mal contrôlée, il y aurait quand même des émanations polluantes. L’idée est de se munir de filtres à la fine pointe de la technologie. Et c’est ce que nous ferons. Pour le combustible, nous utiliserons le coke de pétrole, soit un sous-produit du raffinage du pétrole, ce qui est beaucoup moins polluant que du charbon. Nous pourrions aussi envisager d’autres combustibles, comme des pneus ou des déchets. Quoi qu’il en soit, pour chaque combustible que nous utiliserons, nous devrons obtenir un permis du ministère.
Si votre projet est à ce point novateur sur le plan environnemental, pourquoi ne pas en faire la démonstration publique en organisant des rencontres avec la population ?
Je comprends très bien le désir des citoyens de mieux comprendre, d’avoir plus d’information. Mais la rencontre publique est un mode de communication dépassé qui ne permet pas d’atteindre les résultats que les gens souhaitent obtenir. Dans ce type d’événement, certains prennent trente minutes pour saisir un élément, d’autres trois heures. Certains sont gênés de poser des questions pertinentes, alors que d’autres ne se gênent pas pour poser des questions absolument pas intéressantes. Communiquer avec le public est une priorité, mais la rencontre publique n’est pas une formule qui le permet. Récemment, en collaboration avec entre autres le Conseil régional de l’environnement, la MRC du Rocher-Percé, le maire de Port-Daniel et des pêcheurs de homard, nous avons mis en place un comité de suivi. Nous jugeons que cette formule, qui assure un lien direct et constant entre le promoteur et les intervenants du milieu, permet une meilleure communication avec les citoyens, comparativement à des rencontres publiques. Nous reconnaissons que les gens qui siègent sur ce comité forment un cercle restreint, mais, en même temps, ils représentent des milliers de personnes de différents milieux.
Un des principaux attraits de Port-Daniel est son paysage. La construction d’une cimenterie et d’un terminal maritime viendra-t-il le gâcher ?
Cette préoccupation est tout à fait légitime. La situation géographique du site de la cimenterie nous permet cependant de dire que les impacts sur le paysage seront minimes. La cimenterie sera construite sur un territoire enclavé peu visible du village. De la route 132, les gens apercevront le bout de la tour de préchauffement, tout au plus. De plus, il faut savoir que le terminal marin n’est pas un gros bloc de ciment. Il s’agit plutôt d’une suite de dix pylônes à travers lesquels un tuyau hermétique passera. D’une longueur totale de 500 mètres, il est certain qu’il fera partie du paysage de Port-Daniel. Par contre, le transport par bateau est plus écologique que le transport par camion. Par exemple, un chargement de bateau équivaut à 4 000 voyages de camions.
Cimenterie : un projet fortement attendu à Port-Daniel
Cimenterie : la MRC d’Avignon demande des réunions publiques
Cimenterie de Port-Daniel : le CREGÎM demeure prudent
Cimenterie de Port-Daniel : des municipalités prudentes
Appui à la cimenterie : la MRC Bonaventure suscite la grogne
Après avoir réussi à intégrer une pale de huit tonnes et mesurant plus de 45 mètres à un wagon de train de 29 mètres la semaine dernière, la SCFG souhaitait s’assurer que l’imposante structure puisse circuler dans le tunnel.
Le test, qui a duré plus de trois heures dimanche matin, consistait à faire circuler le wagon à partir de New Richmond jusqu’à la sortie du tunnel de Port-Daniel-Gascons. «On n’a pas beaucoup de marge de manœuvre, mais après les tests, on est convaincus hors de tout doute que la pale peut passer dans le tunnel», informe le directeur général de la SCFG, Olivier Demers, ajoutant que l’expérience a aussi permis de s’assurer que le transport sur le rail peut se faire de façon sécuritaire.
Prochaines étapes
Maintenant que cette démonstration est faite, il reste encore plusieurs étapes à franchir avant que la SCFG puisse offrir le service de transport de composantes éoliennes par rail aux fabricants LM Windpower de Gaspé et Fabrication Delta de New Richmond. «Nous devons maintenant nous assurer que les wagons qui seront construits sont identiques à notre prototype», précise M. Demers.
Ce dernier a été fabriqué par la firme de New Richmond, Gaspésie Diesel, et la SCFG souhaite lancer un appel d’offres pour en obtenir 11 autres.
De nombreux avantages
À l’heure où de nombreux projets éoliens voient le jour à l’extérieur de la Gaspésie, le transport de composantes éoliennes par rail prend tout son sens, estime M. Demers.
Si les entreprises de la région souhaitent exporter leurs produits aux États-Unis, par exemple, elles devront trouver des moyens afin de réduire leurs coûts de transport pour demeurer concurrentielles. «Ça fait partie de notre argumentaire auprès de l’industrie. On souhaite que le prix de transport par rail soit comparable ou moins élevé que le prix de transport par camion», informe le directeur.
Au cours des prochaines semaines, la SCFG prévoit rencontrer les représentants de l’industrie pour leur faire part des résultats du test et pour les convaincre d’utiliser ce mode de transport en situation réelle.
Pales d’éolienne : tout est en place pour le transport par rail
Le bâtiment de bois, qui fait partie du paysage de la municipalité depuis quelques mois, a finalement accueilli ses premiers clients un peu après 10h vendredi. Pour l’instant, les produits d’une dizaine d’artisans et de producteurs locaux s’y retrouvent, mais d’autres s’y ajouteront au cours des prochains jours.
«C’est un beau projet, autant pour les gens d’ici, pour les touristes que pour les producteurs du coin. C’est toujours positif pour une municipalité d’avoir une place où on peut aller chercher des produits frais», a déclaré Philippe Gauthier, l’un des propriétaires de l’établissement.
Rappelons que c’est un litige entre l’équipe du Naufrageur et des voisins se plaignant du bruit de la terrasse qui est à l’origine du projet. Pour régler le problème, les propriétaires s’étaient entendus au printemps 2011 avec la ville et des citoyens pour ériger un mur antibruit sur le côté est du commerce.
Le coût élevé du projet, évalué à 30 000 $, a cependant forcé l’équipe du Naufrageur à réfléchir à une autre idée, dont le marché. «On a voulu régler positivement un problème en proposant quelque chose de constructif pour tout le monde», souligne M. Gauthier.
Cet été, les visiteurs pourront se procurer les produits d’une vingtaine de producteurs et d’artisans de la région, dont les moules de la Ferme maricole du Grand Large, de la viande de l’Agneau de la Baie, des légumes des Jardins Nicolas Landry, des produits artisanaux de chez Arts et jardins de la Baie et des produits de la Coop du Cap.
Formule
Le marché public fonctionne par consigne, ce qui a fortement aidé à convaincre les producteurs d’embarquer dans l’aventure, souligne M. Gauthier. «Les producteurs travaillent fort pour récolter, alors ils n’ont pas beaucoup de temps pour vendre. Ce qu’on propose ici, c’est un point de vente qu’ils n’ont pas besoin de gérer», explique-t-il.
La microbrasserie a engagé deux personnes pour s’occuper du marché qui sera ouvert à tous les jours de 10 h à 18 h durant l’été.
Les passants pourront par ailleurs admirer le travail de l’artiste muraliste de Maria, Nadine Raymond, qui a reproduit en grand format, sur les portes du marché, cinq des illustrations originales de François Miville-Deschênes qui figurent sur les étiquettes des bières du Naufrageur.
La mise en place du marché a nécessité un investissement de 95 000 $. La microbrasserie a payé un montant de 40 000 $. Le ministère du Développement économique du Québec, le CLD d’Avignon et le MAPAQ ont participé au montage financier.
Un mois après la tenue du premier forum, la CRÉGÎM reconnaît que le mode de consultation choisi afin de sonder la population et de présenter un consensus au gouvernement du Québec ne correspondait pas aux besoins de la majorité des participants.
«On pense qu’on a droit à l’erreur. L’idée, c’est de pouvoir le reconnaître et s’ajuster aux attentes et aux besoins de la population, alors on corrige le tir», a déclaré le vice-président de la CRÉGÎM, Joël Arseneau, lors d’une conférence de presse tenue mercredi après-midi à Carleton-sur-Mer.
Rappelons que de nombreux citoyens ont fortement critiqué la CRÉGÎM, l’accusant d’imposer une façon de faire sans avoir consulté la population au préalable. Plusieurs ont aussi questionné le fait que Pétrolia versait 40 000 $ des 220 000 $ que coûtait le forum par l’entremise d’un partenariat avec l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC).
En réaction, la CRÉGÎM a décidé de mettre fin à sa collaboration avec l’UQAC et, conséquemment, avec la firme Pétrolia. «On pensait que les parois étaient suffisamment étanches pour assurer l’intégrité de la démarche. L ‘écho qu’on a reçu des participants était qu’il y avait une ingérence trop grande de l’entreprise, alors on en prend acte aujourd’hui», a poursuivi M. Arseneau.
Comité de pilotage
Afin de s’assurer que la nouvelle formule puisse davantage prendre assise dans le milieu, la CRÉGÎM va par ailleurs créer un «comité de pilotage» pour organiser les prochains forums. «On veut être à l’écoute des intervenants du milieu et relancer la démarche sur de nouvelles bases constructives. On va mobiliser davantage les citoyens», promet M. Arseneau.
Pour l’instant, la CRÉGÎM n’est pas en mesure de préciser qui sera invité à faire partie de ce comité, indiquant cependant qu’il sera «ouvert à tous les groupes préoccupés par le bien commun qui voudront participer à la démarche.»
Le directeur de la CRÉGÎM, Gilbert Scantland, a tenu à mentionner que la firme Pétrolia ne sera pas invitée à y siéger à moins que des citoyens ou des groupes ne le proposent.
La CRÉGÎM se donne l’été afin de mettre en place ce comité de pilotage en vue de reprendre les forums au plus tard au début du mois d’octobre.
Mêmes objectifs
Malgré cette volte-face, l’objectif demeure le même : favoriser l’émergence d’un positionnement régional sur les enjeux reliés aux projets de mise en valeur des hydrocarbures, en encourageant «la discussion citoyenne» et en améliorant le «niveau de connaissance» sur les différentes facettes du dossier.
La CRÉGÎM souhaite par la suite retransmettre les résultats de ce forum au gouvernement du Québec pour qu’il en tienne compte dans sa future loi sur les hydrocarbures.
Forum sur les hydrocarbures : la CRÉGÎM garde le cap
Le soleil brille sur la petite localité de l’est de la MRC du Rocher-Percé en cette chaude matinée de printemps. À l’entrée du village, côté mer, une dizaine d’hommes retapent un bâtiment laissé à l’abandon depuis quelques années. Ces travailleurs mettent en œuvre le projet de Rolando Segura, un cuisinier originaire de Montréal et d’Anick Langlois-Mayer, de Port-Daniel, qui ouvriront bientôt un restaurant et un pub.
M. Segura prépare ce projet depuis plus d’un an. C’est en décembre 2011 qu’il a entendu parlé pour la première fois de la cimenterie. «Les gens d’ici m’ont dit de ne pas trop y croire, car ils en entendent parler depuis 40 ans. Mais de toute façon, j’ai choisi Port-Daniel pour la beauté de son paysage alors, cimenterie ou pas, je crois au potentiel de l’endroit», dit-il, en faisant visiter son futur restaurant.
Se lancer en affaires dans ce village est un pari risqué. Ici, l’économie tourne au ralenti et la situation du marché du travail est peu reluisante. L’Institut de la statistique du Québec indique d’ailleurs que la MRC du Rocher-Percé, dont fait partie Port-Daniel, affiche le plus bas taux de travailleurs du Québec (53,2%).
L’arrivée potentielle de la cimenterie est-elle une bonne nouvelle ? «Ça donnerait un sérieux coup de pouce au démarrage du restaurant. Les travailleurs viendraient déjeuner, dîner et je pourrais même faire une cantine mobile pour eux», prévoit déjà le cuisinier, flairant la bonne affaire.
Selon le promoteur de la cimenterie, Gisement McInnis, le projet, évalué entre 500 et 700 millions de dollars, pourrait créer jusqu’à 160 emplois. Une possibilité qui «réveillerait un village endormi» soutient Anick Langlois-Mayer, la future propriétaire du pub. «Il y a déjà eu de la vie ici, avec des bars, des restaurants, deux salles de cinéma et une salle de quilles. Maintenant, il ne se passe plus rien», raconte celle qui est née à Port-Daniel.
Pas à n’importe quel prix
Même si les deux jeunes entrepreneurs accueilleraient favorablement la venue de la cimenterie, ils ne souhaitent cependant pas que Port-Daniel devienne un village industriel. Et ils craignent que le terminal maritime de 500 mètres prévu dans le projet ne vienne gâcher la principale attraction de leur entreprise, la magnifique vue sur la mer. «Ça prend des emplois, de l’économie, mais en même temps, il faut essayer le plus possible de conserver la beauté de la place», souligne Mme Langlois-Mayer.
Confiance
Alors que plusieurs citoyens de la Baie-des-Chaleurs font preuve de beaucoup de méfiance envers le promoteur et les élus qui appuient le projet, les citoyens rencontrés à Port-Daniel tiennent, pour la plupart, un discours différent.
C’est le cas d’Alain Blais, qui a dû vendre au total 72 acres de ses terres situées sur le gisement de calcaire sur l’Anse McInnis, à l’ancien promoteur, Guy Rousseau, et au nouveau, Gisement McInnis. «Je suis très satisfait. Il n’a pas d’activité depuis un bon moment dans le coin. Et c’est ce genre de projet qui va faire revenir nos jeunes», déclare-t-il.
M. Blais, qui ne cache pas que la perte de ses terres familiales lui a fait un pincement au cœur, fait totalement confiance au promoteur et juge qu’une évaluation du BAPE et des rencontres publiques ne sont pas nécessaires. «Le promoteur promet d’utiliser les meilleures technologies pour minimiser les impacts sur l’environnement et je le crois», dit-il, sans équivoque.
Selon lui, le comité de suivi, composé notamment d’élus municipaux, du Conseil régional de l’environnement, de pêcheurs de homard, du ministère du Développement durable et de l’Environnement et du promoteur, est suffisant pour s’assurer que le projet soit bien encadré par les intervenants du milieu.
Les élus ont aussi confiance
Le conseil municipal de Port-Daniel ne s’est toujours pas officiellement positionné sur le projet de cimenterie. Par contre, le maire, Maurice Anglehart et plusieurs conseillers municipaux, appuient publiquement sans réserve l’initiative de Gisement McInnis.
«Même si le conseil n’a pas adopté de résolution officielle d’appui à la cimenterie, je peux vous dire qu’il s’agit d’un projet rassembleur pour les élus», admet le conseiller Tony Langlois.
Ce dernier estime que Port-Daniel a aussi droit à du développement économique et s’explique mal la réaction des groupes environnementalistes. «Les élus provinciaux et fédéraux ont délaissé le sud-est de la Gaspésie depuis la fermeture de la Gaspésia au profit du secteur ouest. Ici, il n’y a rien qui bouge. Nous sommes dans un marasme économique énorme. Nous avons besoin de ces emplois», lance-t-il vigoureusement.
Sur le plan environnemental, M. Langlois préfère faire confiance au promoteur, plutôt que d’exiger une évaluation du BAPE. «Le BAPE ne changera pas les lois actuelles. Le promoteur nous dit qu’il respectera de hauts standards en environnement et c’est au comité de suivi et au ministère de l’Environnement de s’assurer que ce soit fait. Jusqu’à preuve du contraire, je leur ferai confiance.»
Les policiers de la Sûreté du Québec (SQ) ont été appelés à se rendre sur les lieux vers 10 h après avoir reçu un appel les informant de l’état psychologique de la femme. Des agents provenant de trois différents postes de la SQ ont été sollicités pour cette opération.
Avant d’intervenir, les policiers savaient que six armes enregistrées se trouvaient dans cette demeure. Un important périmètre de sécurité a rapidement été installé autour de la maison, forçant ainsi la fermeture du 2e rang entre les routes Lapointe et Francis Cyr, ainsi que l’évacuation de deux résidences.
À la première approche des policiers, la femme en crise a tiré un coup de feu dans les airs, mais personne n’a été blessé et aucun policier n’a été menacé, rapporte le porte-parole de la SQ Claude Doiron. «Nous avons par la suite entamé une négociation avec la dame», a-t-il informé.
Un agent de la SQ a alors été désigné comme négociateur et, à la suite d’une longue discussion, vers 13h45, la femme s’est finalement rendue sans riposter.
Elle a par la suite été conduite par ambulance à l’hôpital de Maria pour y recevoir des soins.
Le porte-parole de la SQ a indiqué qu’une enquête est en cours pour déterminer si des accusations seront portées contre la femme.
Les élus des municipalités de l’ouest de la Baie-des-Chaleurs ont adopté cette position devant une vingtaine de citoyens qui souhaitaient plutôt l’adoption d’une résolution demandant que le projet soit soumis à une évaluation du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement.
Le promoteur du projet, Gisement McInnis, peut donc maintenant compter sur l’appui des MRC du Rocher-Percé, de Bonaventure et d’Avignon.
Cette dernière est cependant la seule des trois à demander au promoteur de planifier des rencontres publiques d’information. «S’il y a suffisamment de pression auprès de la compagnie pour organiser ces rencontres, je pense que ça peut se faire. Il faut le demander, revenir à la charge et c’est ce que nous faisons avec cette résolution», a déclaré le préfet de la MRC, Bertrand Berger. «Plus la population est informée et qu’elle obtient des réponses à ses questions, plus le projet a des chances d’être accepté socialement», a-t-il ajouté.
Pas de perturbation
Quelques minutes avant le début de la séance, M. Berger est sorti dans la rue pour prévenir les gens présents que toute forme de perturbation ne serait pas acceptée. (voir vidéo)
M. Berger a mentionné aux citoyens qu’ils étaient les bienvenus, qu’ils pouvaient poser leurs questions, mais leur a demandé de ne pas entrer à l’intérieur avec des casseroles ou des instruments pour faire du bruit. «Si jamais il y a du désordre, le préfet demandera l’expulsion», a-t-il prévenu, devant les yeux attentifs des agents de la Sûreté du Québec dépêchés sur les lieux.
Le message du préfet a porté ses fruits, car la séance s’est déroulée dans le calme. M. Berger estime même que la tenue de ce conseil pourrait aider à convaincre les promoteurs d’accepter d’organiser des réunions publiques. «Ça pourrait faire partie de notre argumentaire. La réunion de ce soir prouve que ce type de rencontre peut se faire dans un climat normal», a-t-il déclaré.
Citoyens déçus
À la suite de l’adoption de cette résolution, plusieurs citoyens ne cachaient pas leur déception. Owen Fugère, de la Coalition Éco-Vigilance Baie-des-Chaleurs, un groupe qui demande que le projet soit soumis à un BAPE, croit que les élus de la MRC ne vont pas suffisamment loin. «On ne peut pas seulement se fier aux études fournies par le promoteur. Elles ne seront pas objectives. La seule façon d’obtenir une analyse complète est de soumettre le projet à un BAPE», a-t-il déclaré.
Essais de kayak de mer, balades en voilier, descentes de rivière en canot, cliniques techniques avec des professionnels, dîner hot-dog, souper steak et pommes de terre et présentation de courts-métrages en soirée marqueront le premier festival aquatique non-motorisé de la Gaspésie.
«Nous attendons cette journée avec impatience», lance l’une des organisatrices de l’événement, Stéphanie Turcotte.
Depuis le mois de janvier, une dizaine de bénévoles travaillent à organiser ce festival qui se veut un moyen d’offrir à la population l’occasion de prendre connaissance de tout le potentiel de la région en matière d’activités nautiques.
«À l’automne dernier, avec deux autres passionnés de sports nautiques, nous avons fait le constat que plusieurs personnes apprécient le fait de vivre à côté de la mer, mais ne savent pas comment l’utiliser. Avec cet événement, on souhaite démontrer que les sports nautiques sont accessibles. Il s’agit de les essayer pour s’en rendre compte», explique Mme Turcotte.
À partir de 10 h, des équipes de professionnels offriront des essais gratuits de kayak, de canot et de voilier aux jeunes et moins jeunes intéressés par l’expérience.
Une dizaine d’exposants spécialisés en tourisme d’aventure seront aussi sur place pour répondre aux questions des visiteurs. Les gens intéressés pourront par ailleurs s’inscrire à des cliniques techniques pour parfaire leurs connaissances en canot et en kayak.
Course de descente de rivière familiale
Les familles en quête de compétition amicale seront par ailleurs comblées. Cime Aventures organise une course familiale de descente de la rivière Bonaventure. Les participants pourront choisir entre un canot, un kayak ou un radeau pneumatique pour descendre la rivière. Le coup de départ de la course se fera à 14 h de Cime Aventures.
Soirée cinéma
Les festivaliers seront par la suite invités à un 5 à 7 à la Capitainerie de la Marina. Vers 17h30, l’aventurier Jacob Racine, qui a participé à la population émission-documentaire Destination Nor’Ouest, donnera une conférence sur son aventure à travers les Rocheuses canadiennes en canot d’écorce.
De 19h30 à 22h00, la soirée se poursuivra avec la présentation d’une sélection de courts-métrages mettant en scène différents aspects des sports nautiques.
La directrice générale du CREGÎM, Caroline Duchesne, a profité de cette rencontre, qui a notamment réuni la MRC du Rocher-Percé, des représentants du ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs et le maire de Port-Daniel, pour rapporter au promoteur les différentes préoccupations citoyennes en matière d’environnement, notamment celles de la Coalition Éco-Vigilance Baie-des-Chaleurs.
Bien qu’elle mentionne ne pas avoir reçue toutes les réponses à ses questions, Mme Duchesne indique que le promoteur lui a assuré que la mise à jour de l’étude d’impact environnemental, qu’il est en train d’effectuer, devrait être en mesure de fournir des éclaircissements.
«On ne peut pas dire que nous détenons actuellement un portrait complet des conséquences environnementales du projet. Pour l’instant, on demeure vigilant, mais on va attendre l’étude d’impact», a déclaré Mme Duchesne, avant de préciser que cette étude devrait être terminée «d’ici trois à quatre mois».
Pas de rencontre publique
Le CREGÎM n’a cependant pas été en mesure de convaincre le promoteur de la pertinence de tenir des rencontres publiques pour expliquer le projet à la population. «On leur a dit que pour atteindre l’acceptabilité sociale, c’est extrêmement important d’organiser des séances publiques. On a reçu un non catégorique», informe la directrice.
Pour leur part, les représentants de Gisement McInnis évaluent que des séances publiques ne sont pas nécessaires, car, disent-ils, le projet profite d’un large appui populaire et que, de toute façon, le «projet ne fera jamais l’unanimité.» Le promoteur compte donc sur les élus et sur le CREGÎM pour faire entendre les préoccupations citoyennes.
Selon Mme Duchesne, la responsabilité de communiquer les tenants et les aboutissants du projet revient au promoteur. Elle s’est cependant engagée à relayer les informations qu’elle détient aux différents groupes environnementaux. Une rencontre est d’ailleurs prévue avec le Conseil de l’eau Gaspésie Sud et la Coalition Éco-Vigilance Baie-des-Chaleurs au début de la semaine prochaine.
BAPE
La rencontre a aussi été l’occasion pour les représentants du ministère de l’Environnement de rappeler que le projet ne sera pas soumis à l’examen d’un bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE). Le CREGÎM croit pour sa part que la demande d’un BAPE «risquerait d’interrompre le dialogue établi avec les promoteurs.»
Par contre, Mme Duchesne estime qu’il est bon que les citoyens continuent à exiger une évaluation du BAPE. «Ce n’est pas mauvais, car ça rappelle au ministère les préoccupations de la population.» Rappelons que le CREGÎM n’a toujours pas pris officiellement position sur le projet de cimenterie.
Comité
L’établissement d’un comité de suivi a par ailleurs été accepté par les personnes présentes lors de la rencontre. Il ne reste plus qu’à établir les modalités et de nommer les gens qui y siègeront.
Lors de la tempête qui a frappé de plein fouet la péninsule, le couple a tellement eu peur qu’il a décidé de déménager sa résidence. «C’était une fois de trop. Les vagues passaient par-dessus la maison. C’est à ce moment que nous avons décidé de la déplacer sur le terrain qu’on avait acheté sur la route des Geais», a raconté M. Chouinard, alors que les déménageurs se préparaient à entreprendre l’opération.
À la suite de cet épisode météorologique, le ministère de la Sécurité civile a évalué que la maison, située sur la rue des Mouettes, se trouvait dans une zone à risque. Conséquemment, il a offert au couple quelques propositions, dont le déménagement de la demeure, jusqu’à concurrence de 150 000 $.
M. Chouinard évalue que les coûts s’élèveront plutôt entre 100 000 et 125 000 $, incluant le déplacement, la nouvelle fondation et le branchement au réseau d’aqueduc. «Nous avons été patients, mais ça vaut la peine. Oui, il y a eu un délai, mais il nous aura permis de faire notre deuil de la mer», a-t-il déclaré.
Des dizaines de curieux
L’opération déménagement s’est déroulée mercredi matin dans les rues de Maria devant les yeux attentifs de dizaines de curieux. Pendant plus de deux heures, les déménageurs, les techniciens d’Hydro-Québec, les employés de la Sécurité civile et des agents de la Sûreté du Québec ont ouvert le chemin à la demeure de 44 pieds par 44 pieds.
La maison de la rue des Mouettes, qui était dans le stationnement de l’Auberge des marchands depuis mardi, devait être déplacée sur le terrain de M. Chouinard, sur la rue des Geais, de l’autre côté de la voie ferrée. À quelques occasions, des branches d’arbre ont dû être coupées et des poteaux de signalisation ont dû être retirés pour permettre aux déménageurs de poursuivre leur chemin.
Vers 11h45, M. Chouinard et Mme Parisé ont poussé un soupir de soulagement en constatant que leur maison s’était rendue à destination, non sans effort, mais sans problème. «Nous vivons une espèce de délivrance de tous les tracas que nous avons vécus au cours des derniers mois», a commenté M. Chouinard, ajoutant qu’il n’aura plus à se soucier de l’amplitude des marées et de la direction des vents.
À Maria, cinq propriétaires ont pu bénéficier du programme d’aide aux sinistrés des grandes marées et des inondations survenues en décembre 2010. Ce programme permet aux propriétaires de toucher une aide financière pour le déménagement ou la démolition de leur résidence.
Dans cette municipalité de la Baie-des-Chaleurs, outre M. Chouinard et Mme Parisé, une autre propriétaire fera déplacer sa résidence, un a décidé de la faire détruire et deux autres ont opté pour le statu quo.
Respect de la vie privée