le Mardi 22 septembre 2026

L’appel à la mobilisation a suscité un peu moins d’intérêt que lors des deux dernières manifestations qui se sont tenues à Bonaventure et à Carleton-sur-Mer.

Alors que plus de 150 personnes avaient confirmé leur présence sur la page Facebook des «indignés de la Gaspésie», moins d’une centaine se sont présentées devant le bureau du député de Bonaventure, Damien Arsenault, lieu de départ de la manifestation.

Vers 17h30, les gens réunis ont débuté la marche sur la route 132 en direction est. Ils ont par la suite emprunté le chemin Pardiac pour ensuite se rendre sur le chemin Cyr.

Quelques minutes plus tard,  les citoyens ont décidé de retourner vers la route 132 pour entreprendre une marche autour du carrefour giratoire afin de «symboliser un gouvernement qui tourne en rond.»

Comme à Bonaventure et à Carleton-sur-Mer, un itinéraire a été remis à la Sûreté du Québec. Celui-ci n’a cependant pas complètement été respecté, rendant ainsi la manifestation illégale. La foule a pris soin de ne pas trop nuire à la circulation automobile et les agents dépêchés sur les lieux ont toléré la situation.

Plusieurs causes

Les motifs des manifestants pour descendre dans la rue étaient encore une fois très diversifiés. Michel Goudreau, de la Coalition Éco-Vigilance Baie-des-Chaleurs, participait pour sa part à la première manifestation organisée par les «indignés de la Gaspésie».

Selon lui, une bonne partie des citoyens présents ont pris la rue pour demander au député libéral de Bonaventure de cesser de suivre «la ligne du parti», particulièrement dans les dossiers environnementaux.

«Que ce soit pour les gaz de schistes, pour la cimenterie, pour la mine Orbite, il faut qu’un processus soit mis en place pour que les gens puissent s’exprimer de façon éclairée», a-t-il mentionné, avant de répéter qu’il espère que les élus municipaux appuieront l’idée que le projet de cimenterie de Port-Daniel soit soumis à un BAPE.

Alors que le son des casseroles se faisait fortement entendre, Sylvie Richard, qui en était à sa troisième manifestation en deux semaines, a déclaré qu’elle «prend conscience qu’il se passe quelque chose au dessus de la tête des citoyens» en matière d’environnement. «En ce moment, il y a la cimenterie, les hydrocarbures et la fracturation. Il faut que les gens se réveillent pour exiger une gestion rigoureuse des ressources naturelles», a-t-elle déclaré.

En tête de la manifestation, Rose Chabot tenait une pancarte sur laquelle il était écrit «on veut des élections.» Selon elle, seule une joute électorale pourra régler le conflit étudiant. «Jean Charest n’a pas l’air de vouloir s’occuper de la crise. Selon moi, n’importe quel autre parti pourrait faire un meilleur travail que lui», a-t-elle laissé tomber.

Assemblée au milieu du carrefour giratoire

À l’issue de la marche, les manifestants se sont réunis au milieu du carrefour giratoire pour discuter des actions à venir. Au cours de cette assemblée spontanée, plusieurs ont fait valoir l’idée d’entreprendre des actions concrètes afin de faire pression sur les élus municipaux, notamment.

Bilbo Cyr a appelé les gens présents à s’impliquer davantage dans leur communauté. «C’est beau de venir manifester, mais il faut aussi s’impliquer dans nos municipalités, assister aux réunions publiques et faire entendre notre message auprès des élus», a-t-il fait valoir.

Les citoyens ont par la suite convenu de se donner rendez-vous mardi prochain à 18 h dans le stationnement de l’église de Nouvelle pour une quatrième manifestation. Ils comptent par le suite se rendre  à la réunion de la MRC d’Avignon qui se tiendra à l’hôtel de ville de la municipalité un peu plus tard au cours de cette soirée.

Haute-Gaspésie

À Sainte-Anne-des-Monts, le mouvement  semble s’essouffler. Vers 17 h , moins de 50 participants sont descendus dans les rues pour faire résonner leurs casseroles.

«Le groupe diminue, mais il y a du nouveau monde, rétorque l’organisateur, Philippe Achaintre, de La Martre. Plusieurs de ceux qui étaient là aux deux dernières ne sont pas venus aujourd’hui. Il faut aussi dire qu’il faisait froid et que c’était pluvieux.»

Le tintamarre s’est déroulé dans la bonne humeur. Les organisateurs avaient, comme pour les deux autres, fourni leur itinéraire à la police, mais aussi à la Ville de Sainte-Anne-des-Monts et à Transport Québec. D’ailleurs, des véhicules du Ministère escortaient les marcheurs, tout comme deux autos-patrouilles de la Sûreté du Québec.

«Ils sont très courtois, je n’ai pas de misère avec les forces de l’ordre, tient à préciser le meneur de la marche. Mais à Montréal, ceux qui lancent des balles de plastique, je trouve ça indécent. On dénonce ça en Chine, mais là, ça se passe chez nous et on trouve ça correct? Le gouvernement devrait s’excuser.»

Par ce concert de casserole, les manifestants ont voulu faire connaître leur opposition à la hausse des frais de scolarité et à la loi 78. Mais c’était aussi pour exprimer leur dégout du gouvernement Charest, a laissé entendre Philippe Achaintre.

«On veut faire réagir, lance-t-il. Il faudrait que le gouvernement fasse quelque chose! S’il a un peu d’honneur, il devrait mieux gérer la crise. Il devrait comprendre qu’il a poussé le bouchon un peu loin quand, à la dernière rencontre avec les étudiants, il n’a pas voulu négocier avec eux. Après plus de cent jours, il devrait passer le flambeau à quelqu’un d’autre!»

L’organisateur conserve la tradition des trois dernières semaines. Il récidivera avec un quatrième tintamarre mardi prochain à 17 h. Le départ se fera encore une fois de l’église de Sainte-Anne-des-Monts.

Avec la collaboration de Johanne Fournier

Le titre de la page couverture «Mathilde et Ricardo : deux Gaspésiens parlent cuisine» en a surpris plus d’un, raconte le directeur de l’association, Éric Caron. «Les gens nous demandent pourquoi Ricardo? Comme plusieurs, ils pensent qu’il est de Montréal. Mais non, c’est un petit gars de chez nous!», mentionne avec enthousiasme M. Caron.

Ricardo, qui est maintenant une référence en matière culinaire au Québec, est originaire de Cap-Chat. Mathilde Cotton, de Rivière-au-Renard, est quant à elle devenue un symbole de la cuisine gaspésienne depuis quelques années, notamment grâce au livre Les Mathilderies.

Pourquoi les avoir réunis ? «Mathilde incarne un côté un peu plus traditionnel de la cuisine de la Gaspésie et Ricardo a une approche un peu plus urbaine. On souhaitait vraiment qu’ils se rencontrent pour qu’ils partagent leurs univers», souligne le directeur, ajoutant que «la chimie a super bien passé» entre eux.

Ce tête-à-tête représente aussi une façon pour l’Association d’atteindre deux publics, les Gaspésiens et les touristes de l’extérieur.

Publié depuis maintenant sept ans, le guide-magazine offre encore cette année une série d’articles et le Tour gourmand. «Ça s’adresse autant aux touristes qu’aux gens de la place. L’objectif est de faire découvrir nos producteurs par des textes, mais aussi en proposant aux lecteurs des parcours pour découvrir les saveurs d’ici», précise le directeur.

Cette année, le guide-magazine est tiré à 50 000 exemplaires.  Pas moins de 35 000 exemplaires sont distribués gratuitement en Gaspésie et le reste est disponible ailleurs au Québec au coût de 4,95 $.

L’équipe de Gaspésie gourmande a procédé au lancement du magazine mardi à Montréal. Le lancement en Gaspésie aura lieu aujourd’hui à compter de 17 h au Théâtre de la Veille Forge de Petite-Vallée.

Pour en connaître davantage sur la Journée de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine, cliquez ici.

Que vous soyez Gaspésiens et Madelinots d’origine ou d’adoption, la Commission jeunesse Gaspésie-les-Îles vous encourage à afficher votre sentiment d’appartenance envers la région.

«C’est une journée pour nous, c’est une journée pour faire valoir une image positive de la Gaspésie et des Îles.  Il y a tellement de raisons d’être fiers et c’est le moment d’en parler», lance avec enthousiasme l’agente de communication de la Commission jeunesse, Sandra McNeil, ajoutant que cette journée est une belle occasion pour «briser des mythes» selon lesquels il «n’y a rien à faire» et «qu’il n’y a pas d’emploi».

Comme chaque année, des milliers de personnes soulignent cette journée en portant un vêtement ou un accessoire bleu à la maison ou dans leur milieu de travail. La Commission jeunesse vous invite à prendre des photos avec votre famille, vos amis ou vos collègues de travail et de les partager sur sa page Facebook.

Les agentes de migration de Place aux jeunes des MRC de la Haute-Gaspésie, Avignon et des Îles-de-la-Madeleine organiseront une brigade bleue qui visitera les entreprises afin de les sensibiliser à la Journée et pour photographier les employés habillés en bleu.

Les gens pourront également souligner leur fierté en groupe alors que les populaires 5 à 7 reviennent à Cap-aux-Meules,  à Cap-Chat,  à Gaspé, à L’Anse-à-Beaufils, à Carleton-sur-Mer et à Bonaventure.

Application Facebook

La nouvelle application Facebook permettant aux internautes d’afficher leur fierté d’être Gaspésien ou Madelinot sur le Web s’est par ailleurs rapidement propagée.

Lancée par la Commission jeunesse à la mi-mai, déjà plus de 4 500 personnes l’ont téléchargé. Cette dernière permet d’ajouter un bandeau sur lequel il est inscrit «Gaspésiens, soyons fiers de nous» ou «Madelinot, soyons fiers de nous» sur les photos de profil Facebook.

Selon Mme McNeil, cet engouement démontre que la Journée de la Gaspésie et des Îles est devenue, au fil des années, une tradition bien ancrée. «On sent que les gens embarquent de plus en plus. C’est beau de voir les jeunes, les adultes et les personnes âgées se sentir concernés par cet événement», soutient-elle.

À son avis, toutes les initiatives qui visent à accroître le sentiment d’appartenance envers la région ont des impacts positifs sur le développement de la Gaspésie et des Îles et sur son solde migratoire.

Rappelons que depuis 2009-2010, le solde migratoire est redevenu positif dans la région, tous âges confondus. Chez les 24-35 ans, ce solde est positif depuis 2003-2004.

Pour une deuxième fois en sept jours, les manifestants de la Baie-des-Chaleurs, qui s’affichent sur Facebook comme les «indignés de la Gaspésie», avaient rendez-vous pour une autre manifestation. Cette fois, c’est dans le stationnement de l’église de Carleton-sur-Mer vers 17 h qu’ils se sont réunis.

«Ça ne tourne pas rond actuellement et c’est long. Les citoyens sont tannés. Il faut qu’il se passe quelque chose rapidement. Et tant que la loi 78 sera en vigueur, il y aura des manifestations», a lancé Bilbo Cyr, alors que le son des casseroles se faisait fortement entendre.

Malgré le froid et la pluie, les manifestants ont marché pendant plus d’une heure dans les rues de Carleton-sur-Mer en scandant des slogans comme «Charest dehors, on va te trouver une job dans le Nord», sous la surveillance attentive de quatre autos-patrouilles de la Sûreté du Québec (SQ).

Comme la semaine dernière à Bonaventure, un itinéraire a été remis à la SQ, a confirmé l’agent de communication du service de police, Claude Doiron.

Au milieu du parcours, les manifestants ont cependant emprunté un chemin différent, rendant ainsi la manifestation illégale. Les agents dépêchés sur les lieux ont toléré la situation et aucun constat d’infraction n’a été remis aux manifestants.

À chacun sa cause

Bien que le but commun des marcheurs était de faire entendre leur mécontentement à l’égard de la loi 78, les motifs de ces derniers pour descendre dans la rue étaient très diversifiés.

Pour sa part, Jessé Marasco tenait à se déplacer pour démontrer que l’appui aux étudiants n’est pas seulement un phénomène urbain «Ça se passe aussi ici, en Gaspésie. On veut montrer au reste du Québec que nous sommes présents», a-t-il déclaré.

«Moi je suis pour la justice sociale. Et je pense que ce que les étudiants font en ce moment, ça dépasse la question des frais de scolarité. C’est une lutte contre le système néolibéral», a scandé François Tremblay, qui se considère comme un «baby-boomer solidaire.»

Steve Brisson, un étudiant au campus de Carleton-sur-Mer, portait un masque de clown pour «imiter Jean Charest» car, selon lui, «il se cache derrière un masque de clown». «Tant que Jean Charest restera au pouvoir, je continuerai à manifester. Il doit déclencher des élections, il n’est plus à sa place», a soutenu le cégépien, ajoutant que les «libéraux ne représentent plus le peuple québécois.»

À l’issue de la marche, les manifestants ont convenu de se donner rendez-vous au bureau du député de Bonaventure, Damien Arsenault, à New Richmond mardi prochain à 17 h pour une troisième manifestation en deux semaines.

Ailleurs en Gaspésie

À Sainte-Anne-des-Monts, la manifestation, qui a pris son point d’origine à 17 h devant l’église, s’est déroulée sur fond de casseroles comme partout ailleurs. Le mouvement a rassemblé près de 70 personnes, dont plusieurs parents accompagnés de jeunes enfants. «La semaine dernière, on avait plus de têtes blanches, a fait remarquer l’un des deux organisateurs de la marche, Philippe Achaintre, un résident de La Martre. Mais même si plusieurs personnes ne sont pas descendues dans la rue, on sent que les gens sont solidaires.»

Le concert de casseroles s’est déroulé sous escorte policière. «Les policiers sont très accommodants, souligne l’instigateur du mouvement de protestation. Ce n’est pas comme à Montréal!» Les manifestants ont promis de se donner rendez-vous au même endroit tous les mardis, à la même heure. «Tant que le gouvernement ne fera pas un pas en avant et qu’il restera inflexible, on fera du bruit», annonce M. Achaintre.

À Cap-d’Espoir, une trentaine de personne ont manifesté avec leurs casseroles devant le bureau du député de Gaspé, Georges Mamelonet.  Aucune patrouille de la SQ ne s’est déplacée pour encadrer les manifestants. À la fin du rassemblement, les gens présents ont convenu de porter leurs casseroles avec eux en tout temps afin de faire du bruit tous les soirs.

Une tendance à la baisse a été constatée du côté de Gaspé. Alors que, il y a une semaine, 200 personnes avaient répondu à l’appel lancé par l’Association générale des étudiants du Cégep de la Gaspésie et des Îles et quelque 150 dimanche pour un tintamarre initié par des citoyens, à peine 75 personnes se sont mobilisées, ce mardi à 19 h. Avec des casseroles et des cuillères, ils ont, eux aussi, marché principalement pour signifier leur désaccord à la loi 78, mais aussi en appui à la cause étudiante.

Comme à chaque manifestation, les participants ont fait un «sit in» à l’entrée du pont pendant une minute, sous l’œil tolérant des agents de la Sûreté du Québec. Les organisateurs confirment qu’ils récidiveront tous les mardis et vendredis, tant et aussi longtemps que perdurera la crise.

Avec la collaboration de Johanne Fournier

Cet article a été mis à jour le mecredi 30 mai à 10h00.

«C’est une très belle reconnaissance et nous en sommes très fiers. Nous étions en compétition avec des événements de qualité comme le Festival des traditions de Sherbrooke», a commenté le directeur général du FMBM, Martin Roy.

Il s’agissait de la deuxième fois que l’événement de Gaspé était en nomination au gala national des Grands prix du tourisme québécois,  mais c’est la première fois qu’il y remporte un prix.

M. Roy estime que ce couronnement démontre la «qualité» du festival et que cette visibilité lui procurera «davantage de crédibilité» auprès du public et des bailleurs de fonds. «C’est sûr que ça va nous aider quand viendra le temps de renouveler notre entente avec le ministère du Tourisme», a-t-il déclaré, avant d’ajouter que la couverture médiatique engendrée par l’événement est un bonus pour son organisation.

D’autres finalistes de la Gaspésie

Quatre autres entreprises gaspésiennes étaient en nomination dans différentes catégories. Il s’agit de la Ferme Bos G. Farm, de Saint-Elzéar, l’établissement Riôtel de Matane, La maison Carter auberge sous les arbres de Gaspé et l’association Gaspésie gourmande.

Par voie de communiqué, l’Association touristique de la Gaspésie a félicité toutes les finalistes en indiquant qu’ils «demeurent une source de motivation et d’inspiration pour les autres entreprises et un gage de fierté pour l’industrie touristique gaspésienne.»

L’organisme gaspésien a été sélectionné dans la délégation des Offices jeunesse internationaux du Québec qui se rendra au Sommet des peuples, un événement parallèle à la Conférence des Nations Unies sur le développement durable, Rio+20, qui aura lieu dans la mégapole brésilienne du 20 au 22 juin.

«Le sommet des peuples, qui se fait en marge de la réunion des chefs d’État, c’est le rendez-vous des gens de terrain, de la société civile. Ce sont des centaines de milliers de personnes qui se réunissent pour discuter de développement durable, de justice sociale et pour échanger sur leur façon de faire», explique Yan Tremblay, l’agent de promotion à l’entrepreneuriat collectif jeunesse de la CDR, qui se rendra au Brésil dans quelques jours.

Une première pour la CDR

Il s’agira d’une première participation à un Sommet des peuples pour l’organisme de la région basé à New Richmond, une occasion que compte saisir M. Tremblay.

Ce dernier explique que la délégation québécoise aura le mandat de créer un atelier pour faire connaître le milieu coopératif et l’économie sociale du Québec.

Cette activité sera offerte à des participants venant des quatre coins de la planète et Yan Tremblay promet d’y intégrer une couleur gaspésienne. «C’est une occasion en or de promouvoir à l’international ce qui se fait en économie sociale et dans le milieu coopératif en Gaspésie. Il se passe des choses intéressantes ici qui gagnent à être connues», souligne-t-il.

Pas moins de 600 activités, dont 330 internationales, se dérouleront dans le cadre de ce sommet qui aura lieu dans un parc au sud de Rio de Janeiro.

Les organisateurs de l’événement attendent près de 20 000 participants par jour. «C’est majeur. Des gens de partout dans le monde vont se réunir pour faire valoir une vision commune, soit celle de placer les êtres humains au cœur du développement, et non pas le profit et la performance», mentionne M. Tremblay.

Importer des idées

Le représentant de la CDR Gaspésie-les-Îles espère par ailleurs «importer» des idées et des modèles coopératifs internationaux dans la région. «En plus de partager ce qu’on fait ici, je souhaite revenir avec quelque chose d’original qui pourrait faire germer une initiative en Gaspésie», souhaite M. Tremblay.

Le Sommet des peuples réunira plus de 200 réseaux internationaux, représentant différentes organisations et différents mouvements sociaux de partout dans le monde.

Le colloque du CIRADD, qui est présenté chaque année depuis 2006, constitue l’étape finale de la démarche scientifique des finissants en sciences de la nature et en sciences humaines du campus de Carleton-sur-Mer.

«L’idée derrière l’initiative du centre est de sensibiliser les étudiants à l’importance de la recherche scientifique. Pour ce faire, ils sont appelés à effectuer des recherches en partenariat avec des organismes. Ils sont dans le concret», explique le directeur du CIRADD, David Bourdages, précisant que ces recherches servent également de projet de fin de parcours collégial des cégépiens.

Cette année, les 15 projets couvraient un large éventail de problématiques, comme le cancer, le développement éolien, l’immigration, l’agriculture et l’éducation.

Parmi ceux-ci, M. Bourdages donne en exemple celui qui visait à mieux saisir les réalités des lesbiennes, des gais, des bisexuels et des transgenres (LGBT) de la région pour illustrer le partenariat entre les cégépiens et les organismes impliqués. «Les étudiants ont fait la recherche et présenté les résultats au partenaire, qui dans ce cas était l’association des LGBT de la Baie-des-Chaleurs. Ensuite, le partenaire peut se servir des conclusions pour orienter son développement», explique le directeur.

Myralie Sauvé, une des cinq étudiantes impliquées dans cette recherche, a particulièrement apprécié le mandat précis que l’association avait donné à son équipe, soit celui d’interroger un échantillon de gais et de lesbiennes afin de mieux comprendre de quelle façon ils vivent leur orientation sexuelle en Gaspésie. «Au fur à mesure qu’on avançait, on se rendait compte que notre travail était très concret. Nous n’étions pas lancées dans le vide», commente la cégépienne.

Un des responsables de l’association LGBT de la Baie-des-Chaleurs, Thomas Martens, a l’intention de se servir des résultats afin d’orienter les actions de son organisme. «Avec ce que les étudiants sont allés chercher, on saura mieux répondre aux différents besoins de nos membres, notamment chez les plus jeunes», indique-t-il.

Ce maillage entre la recherche et les besoins du milieu correspond précisément à la vision du CIRADD, mentionne son directeur. «D’un côté, les jeunes comprennent que la recherche scientifique peut donner des résultats concrets et, de l’autre, les projets permettent aux partenaires d’avancer. Au bout du compte, c’est l’ensemble de la collectivité gaspésienne qui en bénéficie», souligne M. Bourdages.

À Bonaventure, alors qu’une centaine de personnes avait confirmé leur présence sur la page  Facebook de l’événement, c’est plutôt plus de 250 manifestants qui ont pris d’assaut les rues de la municipalité pendant plus d’une heure.

Les manifestants se sont d’abord réunis dans le stationnement de l’église vers 17 h. Quelques minutes plus tard, c’est dans une ambiance festive qu’ils ont entrepris la marche en direction nord sur l’avenue de Grand-Pré.

Ils sont ensuite revenus vers le sud via l’avenue de Louisbourg pour ensuite marcher sur la route 132 direction est avant de revenir dans le village, forçant ainsi les patrouilles de la Sûreté du Québec à bloquer la principale artère de la Gaspésie pendant une dizaine de minutes.

La manifestation s’est déroulée dans le calme sous la surveillance attentive de quatre patrouilles de la SQ. L’agent de communication du service de police, Claude Doiron, a indiqué que l’itinéraire des organisateurs a été respecté, sauf à la fin, quand les manifestants ont décidé de faire un tour supplémentaire.

Malgré ce non-respect de l’itinéraire à la toute fin, aucun constat d’infraction n’a été remis aux manifestants. La Sûreté du Québec n’a donc pas appliqué la loi 78 dans le cadre de cette marche.

Une manifestation spontanée

L’idée d’organiser cette manifestation a germé lors de la soirée Baie des Slammers qui s’est tenue le vendredi 18 mai à la Pétrie de Bonaventure dans le cadre de l’événement Les mots parleurs.  

L’une des participantes à cette soirée, Sylvie Richard, a proposé de lancer l’invitation de manifester sur Facebook. Les gens ont par la suite fortement répondu à son appel. «C’est une initiative que les citoyens ont décidé de s’approprier», explique-t-elle.

Présente lors de la manifestation, la candidate de Québec solidaire dans Bonaventure, Patricia Chartier, affichait un grand sourire. «C’est positif, spontané, joyeux et pacifique. Bref, c’est exactement ce que devrait être une manifestation», s’est-elle exclamée, alors que la pluie venait tout juste de se mettre de la partie.

La représentante de la formation politique de gauche tenait à participer au rassemblement pour dénoncer la loi 78, une pièce législative qu’elle qualifie de «loi matraque» et «d’attaque sournoise» envers les droits fondamentaux, comme la liberté d’expression et d’association.

Soutien aux étudiants

Alors que les manifestants scandaient des slogans comme «à qui la rue, à nous la rue», un homme de 70 ans, Maurice Poirier, racontait qu’il tenait à manifester afin de soutenir les «étudiants qui se battent» pour l’accès à l’éducation. «L’éducation est une valeur sociale et le gouvernement souhaite la bafouer. Je ne comprends pas nos dirigeants. Ils sont incapables de saisir l’intelligence de notre jeunesse», a lancé M. Poirier.  

Une manifestation par semaine dans la Baie-des-Chaleurs ?

À l’issue de la manifestation, Martin Zibeau a pris la parole devant les gens réunis sur le parvis de l’église pour leur demander ce qu’ils souhaitaient pour «la suite des choses.» Rapidement, les manifestants ont convenu d’organiser une manifestation par semaine, le mardi en fin de journée, dans un village différent de la Baie-des-Chaleurs.

«Une des choses que les étudiants nous ont appris au cours des 100 derniers jours est que la démocratie c’est aussi se mobiliser, ensemble, pour différentes raisons», a laissé tomber Martin Zibeau. Les manifestants ont décidé que leur prochain rendez-vous sera à l’église de Carleton-sur-Mer le mardi 29 mai prochain à 17 h.

Ailleurs en Gaspésie

À Gaspé, environ 200 manifestants ont marché dans les rues à partir de 19 h, sous l’initiative de l’Association générale des étudiants du Cégep de la Gaspésie et des Îles. Un «sit in» s’est tenu sur une voie du pont pendant environ une minute.

«C’était pour symboliser la mort de la démocratie, a souligné le président de l’Association, Dave Ferguson. Les policiers qui nous escortaient ont toléré cette action, même si ce n’était pas planifié.»

À Sainte-Anne-des-Monts, environ 70 personnes ont bravé la pluie vers 17 h pour investir le centre-ville. L’événement, qui avait été initié par Mariève Charland-Lallier, Marie-Ève Beaupré et Patrick Rioux, a réuni des citoyens de tous âges, escortés par la Sûreté du Québec. «Ça s’est passé dans le calme et les organisateurs avaient fourni leur itinéraire avant», a précisé le relationniste Claude Doiron.

D’autres manifestations se sont déroulées en soirée à Matane et plus tôt dans la journée à Cap-aux-Meules aux Îles-de-la-Madeleine.

Avec la collaboration de Johanne Fournier

Cette mère de deux enfants, qui a interrompu ses études à l’Université du Québec à Montréal, pour s’occuper à temps complet de sa famille, a perdu la faim au moment où elle a pris connaissance des dispositions de la loi spéciale.

La jeune femme soutient la cause des étudiants depuis le début du conflit, mais l’adoption de la loi 78  l’a convaincue d’entreprendre des gestes concrets pour la cause étudiante. «Jeudi dernier, on était trois autour de la table et on jasait de ce qui passait au Québec. J’avais le projet de loi sous mes yeux et au moment où j’ai lu le texte, j’ai perdu l’appétit», raconte la femme âgée de 38 ans.

Alors complètement bouleversée par les événements, Mme Audet a passé la nuit de jeudi à vendredi à réfléchir aux actions qu’elle pourrait entreprendre afin de contester cette pièce législative. «À mon réveil, j’ai immédiatement annoncé à mon copain ma décision d’entreprendre une grève de la faim», poursuit-elle. Au moment d’écrire ces lignes, son dernier repas remontait à près de 100 heures.

Son objectif : attirer l’attention du gouvernement et le convaincre de retirer ce qu’elle qualifie de «loi matraque.» Elle a d’ailleurs envoyé une lettre signée au premier ministre du Québec, Jean Charest, pour le sensibiliser à sa grève de la faim.

Des centaines d’appuis

Ce geste militant a suscité beaucoup de réactions, autant dans son entourage que sur les réseaux sociaux. La Gaspésienne a reçu des centaines de messages dans sa boîte courriel et sur Facebook. «Il y a des gens d’aussi loin que Vancouver et de la France qui m’ont écrit afin de m’encourager. D’autres, du Québec, sont prêts à me relayer éventuellement», souligne la mère de famille.
 
Mme Audet tient par ailleurs à rassurer les gens sur son état de santé. Après plus de quatre jours sans manger, elle s’hydrate beaucoup et tient à préciser qu’elle agit en toute sécurité. «Je me suis entourée de gens habitués aux jeûnes qui me donnent des conseils. Et si jamais je tombe malade, je m’alimenterai à nouveau», indique-t-elle.

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