le Mardi 22 septembre 2026

Selon cette enquête menée samedi et dimanche auprès des citoyens de la circonscription, le libéral récolterait 49 % des voix si l’élection avait lieu ces jours-ci. Son plus proche rival est le péquiste, Sylvain Roy, qui obtient l’appui de 35 % des personnes interrogées.

 

Pour tous les détails.

«Sans dire que la partie est jouée, l’avance du candidat libéral est confortable et les risques de surprises sont minces le 5 décembre prochain», commente le président de Segma Recherche, Raynald Harvey.

Un sondage publié au début de la campagne donnait 52 % des voix au libéral et 36 % au péquiste. «En considérant les marges d’erreur, on peut dire qu’il n’y a pas beaucoup de mouvement dans la bataille électorale», poursuit-il.
 
M. Harvey note que le seul changement significatif est l’appui envers la candidate de Québec solidaire, Patricia Chartier, qui est passée de 5 % à 9%, depuis le sondage publié au début de la campagne. «C’est la seule qui a fait des gains significatifs. C’est probablement un signe qu’elle mène une bonne campagne», analyse-t-il.

Selon le sondeur, l’adéquiste, Georges Painchaud (4%), le vert Jean Cloutier (3%) et l’indépendant Martin Zibeau (0,4%) doivent se contenter d’un rôle de «simples figurants».

L’effet Normandeau

Pour Raynald Harvey, il ne fait aucun doute que Damien Arsenault profite du travail accompli par la députée sortante Nathalie Normandeau. «Sans son héritage, la campagne serait beaucoup plus serrée.»

Parmi les personnes interrogées qui ont l’intention de voter pour le Parti libéral (PLQ), 44 % sont motivées par leur satisfaction envers le travail de Mme Normandeau, 35 % par le candidat, 15 % par le bilan du gouvernement et 3 % par le programme du parti.

«Sans l’ancienne députée, les autres partis auraient normalement profité beaucoup plus de la grogne populaire envers le gouvernement», analyse M. Harvey.

L’insatisfaction à l’égard du gouvernement Charest motive 55 % des personnes interrogées à voter pour un autre parti que le PLQ. Et seulement 4 % des répondants ont l’intention de voter contre le Parti libéral parce qu’ils sont insatisfaits du travail de Mme Normandeau.

Quelque 40 % des sondés pourraient changer d’idée

Pas moins de 59 % des électeurs sondés affirment que leur choix est définitif, alors que 40 % admettent pouvoir encore changer d’idée d’ici le 5 décembre.

Ces chiffres ne devraient cependant pas influencer le résultat de l’élection. «Il y autant d’électeurs qui pourraient changer d’idées chez les libéraux que chez les péquistes», explique M. Harvey.

Même s’il estime que les intentions de vote n’ont pas beaucoup de chance d’évoluer d’ici le 5 décembre, il n’exclut pas l’idée d’un revirement. «Ce n’est pas impossible, il n’y a rien de jouer. On a vu par le passé que l’humeur électorale peut changer rapidement», dit-il en faisant référence à la vague orange qui a favorisé le Nouveau Parti démocratique lors des dernières élections fédérales en mai.

À son avis, les «machines à faire sortir le vote» pourraient cependant avoir un impact important.  «Habituellement, entre le quart et le tiers des électeurs font leur choix le jour du vote. Si un parti parvient à faire participer ses électeurs, il pourrait y avoir du changement.»

La Coalition avenir Québec peu populaire dans Bonaventure

Le sondage Segma-GRAFFICI.CA/CIEU-FM indique également que ce sont les péquistes qui auraient le plus à perdre si un candidat de la Coalition avenir Québec (CAQ) s’était présenté à cette élection partielle. La nouvelle formation politique de François Legault aurait arraché 17 % des voix au Parti québécois, comparativement à 8 % au Parti libéral.

De façon plus générale, la CAQ ne semble pas profiter d’une aussi grande popularité dans Bonaventure comparativement à d’autres régions du Québec. Seulement 15 % des répondants affirment qu’ils voteraient pour un candidat de la CAQ, si le parti avait participé à la campagne électorale.

Méthodologie

Au total, 439 entrevues téléphoniques ont été réalisées les 26 et 27 novembre 2011. Les données ont été pondérées sur la base du recensement de 2006 en fonction du sexe, de l’âge et de la répartition de la population de la circonscription. Les résultats d’ensemble comportent une marge d’erreur de 4,7 % selon un intervalle de confiance de 95 %. Les résultats mentionnés dans l’article sont ceux obtenus après répartition des indécis.

Diffusé au téléjournal national dimanche soir, le reportage fait état de plusieurs contrats de déneigement octroyés par le passé par la municipalité à l’entreprise Garage Arsenault et Frères, qui appartient au frère de Damien Arsenault, Sylvain.

Le candidat libéral se défend d’avoir manqué d’éthique. «Cette entreprise-là était en affaires depuis 1970, et je suis arrivé en 1993. Je déplore que certaines personnes aient utilisé ça pour faire du salissage dans la présente campagne électorale», a-t-il déploré.

M. Arsenault estime que les deux citoyens qui se sont adressés aux médias pour dénoncer sa façon de gérer la municipalité visaient à nuire à sa campagne électorale.

«J’ai toujours eu à composer avec mon rôle politique et j’ai toujours traité le monde avec professionnalisme. Mais malheureusement, on ne peut pas faire plaisir à tout le monde. Et il y des personnes qui se servent de la campagne électorale pour faire ressortir de vieux  dossiers.»

Le libéral s’est dit «déçu» de cette situation en ajoutant qu’une « bonne carapace » était nécessaire pour y faire face.

Forte de ses appuis, la représentante de la formation de gauche à l’élection partielle dans Bonaventure, Patricia Chartier, a dévoilé les détails de cette proposition samedi au cours d’une conférence de presse à Carleton-sur-Mer.

Québec solidaire propose d’abolir l’article 246 de la Loi sur l’aménagement et l’urbanisme qui donne la préséance des droits miniers sur les droits des collectivités, une situation «inacceptable», selon Mme Chartier. «La loi actuelle entrave tout travail de concertation et tous les efforts des citoyens pour assurer le développement durable de leur territoire. C’est ridicule»,  a dénoncé la candidate solidaire.

Mme Chartier souhaite que les MRC et les municipalités obtiennent plus de pouvoir pour conserver le contrôle sur leur développement territorial. Elle s’engage auprès de ses électeurs à défendre cette vision «décentralisée» pour que la Gaspésie soit «maître chez elle».

Présent à la conférence de presse par vidéoconférence, Richard Desjardins a réitéré son appui à Québec solidaire en mentionnant qu’il était temps de «casser les reins» à la Loi sur les mines, qu’il estime «rétrograde».

Les médecins interpellent les candidats

Les 30 médecins ont invité les cinq autres candidats dans Bonaventure à s’engager à faire modifier la Loi sur les mines pour accorder un droit de veto aux MRC et aux municipalités.

Dans une lettre, ces derniers demandent aux aspirants députés de «garantir aux citoyens du comté que leur parti va effectuer les réformes qui donneront au monde municipal et à nos collectivités le pouvoir de protéger notre territoire.»

Tout comme Québec solidaire, le groupe de médecins souhaite que les citoyens aient plus de contrôle sur les décisions collectives afin d’empêcher tout projet dont l’impact serait néfaste sur la santé publique. «En ayant notre mot à dire, c’est la meilleure façon d’appliquer le principe de précaution», a mentionné le docteur Louis Levasseur.

L’auteur-compositeur-interprète, Kevin Parent, les appuie dans cette démarche.

La mise en œuvre de ce projet engendrerait des retombées économiques et environnementales positives estime le candidat vert. «En plus de favoriser l’écotourisme dans la région et de créer de l’emploi pour les forestiers, ce sentier permettrait de mieux protéger et exploiter la forêt», déclare-t-il tout en ajoutant que l’infrastructure aiderait à prolonger la saison touristique.

M. Cloutier imagine un parcours qui traverserait les montagnes le long de la Baie-des-Chaleurs à l’image du sentier pédestre existant entre les municipalités de  Carleton-sur-Mer et de Maria. «J’ai d’ailleurs parlé de ce projet aux maires de ces deux municipalités et ils m’ont appuyé», dit-il.

L’aménagement de ce sentier gaspésien est l’un des principaux engagements électoraux du représentant vert.

Une alternative au Sentier international des Appalaches

Le candidat vert juge absurde que la seule option des marcheurs pour traverser la Gaspésie soit d’emprunter le Sentier international des Appalaches, les obligeant ainsi de passer par le côté nord de la péninsule. «Il serait intéressant de donner l’option aux marcheurs de passer par la Baie-des-Chaleurs pour se rendre à Gaspé», explique-t-il.

Afin de financer l’aménagement de ce nouveau parcours, M. Cloutier pense que les Centres locaux de développement, la CRÉGÎM et les municipalités pourraient être mis à contribution. Une fois mise en place, l’infrastructure pourrait être gérée par différents clubs de marcheurs mentionne le candidat vert.

Semer des graines

Même s’il n’est pas élu le 5 décembre prochain, M. Cloutier espère que cette proposition sera considérée par le prochain député de Bonaventure. «C’est un projet mobilisateur pour la région capable de mettre en valeur ses atouts. Je suis prêt à tenter de le réaliser même si je ne suis pas élu», mentionne-t-il. 

Ouvertement en faveur de l’exploitation des ressources naturelles sur le territoire gaspésien, M. Painchaud estime que le représentant du Parti québécois (PQ) «parle des deux côtés de la bouche», notamment au sujet de l’exploration et de l’exploitation de l’uranium ou de la mise en valeur des hydrocarbures.
 
«Si on demande des moratoires comme le fait le PQ au sujet de l’uranium ou de la mise en valeur des hydrocarbures en milieu marin, on ne peut pas en même temps se dire en faveur du développement des ressources naturelles», fustige M. Painchaud.
 
À son avis, le PQ n’a pas «le courage de ses idées» en cherchant toujours à se «cacher derrière des moratoires» pour des raisons électoralistes. «À un moment donné, il faut avoir du courage et affronter la réalité. Il faut arrêter de toujours refuser le développement», dit-il.
 
M. Painchaud estime que le principal frein à l’exploitation des ressources naturelles comme les hydrocarbures est le bris de confiance entre la population, les élus et les compagnies. «Avec les avancées technologiques, c’est possible d’aller de l’avant, mais il faut arrêter de faire peur à la population. Un développement responsable et sécuritaire et un régime de redevances plus généreux est possible.»
 
Le candidat péquiste surpris
 
Invité à réagir aux propos de son adversaire adéquiste, M. Roy s’est dit surpris de ses accusations. «Ma position est claire et mon discours a toujours été cohérent. Pour l’uranium, le PQ va exiger un moratoire tant et aussi longtemps qu’on ne se sera pas sûr de l’absence d’impact négatif sur la santé publique», a-t-il rappelé.
 
Au sujet des hydrocarbures,  le péquiste a réitéré l’ouverture de son parti à l’exploration sécuritaire du pétrole et du gaz dans le Golfe du Saint-Laurent et sur la terre ferme, contrairement à ce qu’affirme M. Painchaud. «Le PQ n’est pas contre le développement. Il souhaite seulement des normes plus strictes pour assurer une meilleure sécurité sur l’environnement et la population et pour rehausser les redevances. Tant qu’il n’y aura pas de plan de développement solide, ça ne sert à rien de se lancer.»

À la demande de la municipalité, la compagnie a tenu hier soir une réunion publique pour expliquer son projet et répondre aux préoccupations de la soixantaine de personnes qui s’étaient déplacées, dont une quinzaine de Ristigouche-Sud-Est. Tous les candidats à l’élection partielle dans Bonaventure y étaient, à l’exception du libéral Damien Arsenault.
 
Le projet
 
Gastem investit quatre millions $ pour creuser un puits d’une profondeur totale de 2 800 mètres sur un territoire privé situé à l’extrémité du chemin Kempt. L’entreprise fait l’hypothèse qu’il y a une présence significative de pétrole dans la roche poreuse qui compose le sous-sol. Elle tente d’obtenir du gouvernement les permis nécessaires.
 
Le président-directeur général de Gastem, Raymond Savoie a précisé qu’il s’agit d’un projet exploratoire, mais n’a pas exclu l’idée qu’il soit éventuellement exploitable. «Pour le moment, on ne mise pas sur son exploitation. Le but est de comprendre la géologie. C’est un puits conventionnel, il n’y aura pas de fracturation hydraulique», a-t-il expliqué, en laissant entendre que ce projet permettra de mieux cibler l’endroit des puits suivants.
 
Scepticisme
 
Plusieurs des citoyens présents hier avaient des inquiétudes par rapport aux intentions à long terme de l’entreprise. L’environnementaliste, Michel Goudreau a demandé à M. Savoie quels étaient ses plans considérant qu’il détient tous les permis gaziers et pétroliers de Nouvelle à L’Ascension-de-Patapédia. Le PDG a répondu qu’il n’y avait pas d’autres projets «à ce moment-ci » en rappelant que les permis qu’il détient sont des droits d’exploration et non d’exploitation. Il mentionne par ailleurs que la fracturation hydraulique est envisageable pour des projets futurs.
 
Préoccupations environnementales
 
Plusieurs citoyens ont exprimé leurs craintes de voir la nappe phréatique et les cours d’eau environnants se contaminer. Le biologiste de la firme Biofilia engagé par Gastem, Jean-Sébastien Bernier, s’est voulu rassurant. «Les cours d’eau, les milieux humides et la forêt ont tous été considérés pour choisir l’endroit le plus sécuritaire possible», a-t-il mentionné.
 
Afin de protéger la nappe phréatique, la compagnie prévoit doter son tuyau de forage d’une double protection de coffrage sur ses parois. «Les risques environnementaux sont peu significatifs», pense le biologiste.
 
Ces arguments n’ont pas convaincu Steve Bujold, visiblement agacé par ce qu’il entendait. «Dans votre discours, c’est comme s’il n’y avait aucun risque. Ils sont présents et il ne faut pas les minimiser», a-t-il dit.
 
Pour sa part, un des citoyens qui détient la propriété où se fera le forage, Guy Deraspe, a tenté de rassurer les gens présents à la rencontre. «Je suis le propriétaire des lieux, j’en suis responsable et jamais je ne vais laisser des choses se produire. J’ai une conscience environnementale, je vérifie ce qui se passe.»
 
Surveillance citoyenne
 
Présent à la rencontre, Bob Eichenberger, a proposé à Gastem des solutions pour permettre aux citoyens de suivre l’évolution du projet de près pour assurer une meilleure sécurité collective. «Est-ce que vous seriez ouvert à ce que des citoyens concernés par l’environnement viennent vérifier vos travaux, et même prendre des échantillonnages s’il y a des fuites, des écoulements, pour les envoyer à des laboratoires indépendants?», a-t-il demandé au directeur général de l’entreprise.
 
«Pendant le forage, le terrain va être ouvert. Il va y avoir des journées ouvertes. S’il y a un groupe qui veut faire des analyses, on n’a pas de problème avec ça», a répondu M. Savoie.
 
Si elle obtient son permis, l’entreprise pourrait débuter les travaux dès la fin décembre. Le chantier devrait s’échelonner sur une quarantaine de jours. 

Organisée par la station de radio CIEU FM, cette confrontation d’idées a donné lieu à des échanges courtois, qui ont tout même parfois provoqué des étincelles entre les candidats.

Tour à tour, les aspirants députés ont exprimé leur vision notamment sur la carte électorale, la question nationale, les ressources naturelles, l’industrie forestière et l’économie régionale.

Hydrocarbures en mer, un sujet chaud

La discussion autour des hydrocarbures dans les milieux marins a été celle qui a suscité le plus d’échanges musclés. C’est d’ailleurs à partir de ce thème que le ton de l’exercice a pris une tournure un peu plus mouvementée.

Le candidat de l’Action démocratique du Québec, Georges Painchaud, a ouvert les hostilités en affirmant que les risques sont déjà présents en raison des plates-formes au large de Terre-Neuve. «Ou bien on se croise les bras et on regarde Terre-Neuve se créer une fortune ou bien on suit le pas en s’assurant que ça soit sécurisé», a-t-il déclaré fermement avant de relancer le candidat libéral, Damien Arsenault, sur cette question.

«J’ai un préjugé défavorable envers ce projet. J’ai participé aux consultations publiques et je partage les mêmes inquiétudes que les gens», a-t-il répondu, en précisant que tant et aussi longtemps qu’il n’y aura pas d’acceptabilité sociale, il n’appuiera pas le projet.

Le candidat du Parti québécois, Sylvain Roy, a saisi la balle au bond en lançant à M. Arsenault qu’il contredisait la vision du Parti libéral. «Les conditions actuelles sont inacceptables. Il n’y a pas de lois, pas de normes, et pas de redevances spécifiques prévues», a-t-il pesté.

Lorsque questionné s’il était capable de chiffrer les redevances potentielles par M. Arsenault, le péquiste a répondu qu’il en était incapable.

Une fois l’échange terminé, la candidate de Québec solidaire (QS), Patricia Chartier, a laissé entendre qu’autant les libéraux que les péquistes n’étaient pas opposés à l’exploitation des hydrocarbures. «Pour nous, c’est clair que c’est dépassé et qu’il faut passer à autre chose. Il est grand temps de privilégier les énergies renouvelables», a-t-elle avancé avec fermeté.

Pour sa part, le candidat du Parti vert, Jean Cloutier, a profité de l’occasion pour rappeler qu’il était contre toute forme d’exploitation en mer. «On peut utiliser la mer autrement en construisant des éoliennes flottantes, comme il y en au Danemark», a-t-il indiqué.

Le Parti vert demande des excuses

Au moment de débattre de l’uranium, le candidat du Parti vert a profité de son temps de parole pour demander des excuses à la candidate de QS, Patricia Chartier. «Vous avez dit à votre conférence de presse que votre parti était le seul contre l’uranium, alors que le Parti vert, avant même l’existence de QS était contre. C’est ça Québec solidaire ? On veut d’un autre parti comme ça à l’Assemblée nationale?», a-t-il vivement questionné.  

Visiblement surprise par ses attaques, Mme Chartier a répondu à M. Cloutier qu’il n’obtiendrait pas «beaucoup de votes» auprès des Gaspésiens en adoptant un ton «agressif». Le candidat du PQ a ajouté son grain de sel en disant à M. Cloutier avec humour «vous êtes un passionné», ce qui lui a valu les rires et les applaudissements de la foule.

Échanges entre le libéral et l’adéquiste

Les discussions au sujet de l’industrie forestière ont rapidement bifurqué vers le dossier de la Coopérative forestière de St-Elzéar. À ce sujet, le candidat de l’ADQ a directement attaqué le gouvernement libéral. «Je suis allé rencontrer les travailleurs, et c’est écœurant qu’ils aient perdu leur régime de retraite. Ils ont été abandonnés par les libéraux», a-t-il décrié.
 
Longtemps impliqué dans ce dossier, M. Arsenault a rétorqué avec force à M. Painchaud qu’il parlait sans savoir. «Je comprends de par où vous venez que vous n’êtes pas vraiment connecté. Ce n’est pas une visite des travailleurs en après-midi qui va vous permettre de connaître le contexte de la Coopérative.»

Période de questions

Le ton a changé lors de la période de questions du public. Le candidat de l’ADQ a d’ailleurs dû défendre son idée de faire venir des retraités de Montréal pour développer l’économie de la région.

«Ne croyez-vous pas que ça ferait monter le prix des maisons, et ainsi bloquer davantage l’accès à la propriété pour nos jeunes», a questionné une citoyenne ? «Il faudrait miser sur la jeunesse plutôt que sur des retraités pour l’avenir de la région», a-t-elle ajouté, ce qui a provoqué une vague d’applaudissements dans la foule.

M. Painchaud a répliqué avec force en remettant en cause le raisonnement de la citoyenne. «Si votre logique est bonne, pourquoi un des États américains les plus riches, la Floride, est celui où il y le plus de retraités.»

Le candidat Martin Zibeau s’invite au débat

Le candidat de la Coalition Sans-parti, Martin Zibeau, s’est invité au débat de façon originale. Celui qui, selon CIEU FM, n’a pas pu participer aux échanges en raison de contraintes techniques, a profité de la période de questions pour joindre ses adversaires. «Est-ce qu’il y aurait eu de la place pour une 6e chaise pour que je puisse exposer une autre vision des choses, une vision sans parti ?», a-t-il demandé aux cinq candidats.

Après que chacun des aspirants députés ait défendu la pertinence du système de partis politiques, M. Zibeau a demandé s’il pouvait se mettre à la disposition du public aux côtés des cinq autres candidats sur la scène, ce que les organisateurs ont accepté.

«Je ne comprends pas M. Roy quand il prétend que le gouvernement manque de sensibilité dans ce dossier-là. Le ministre délégué aux Transports, Norman Macmillan, a été très réceptif aux messages des élus de la région et s’est engagé à trouver des solutions», mentionne-t-il.

À la fin du mois de septembre, une délégation constituée d’une dizaine d’élus de la région a rencontré M. Macmillan à Québec. Ils ont alors discuté du problème du monopole que détient la firme Pavages Beau Bassin et qui, selon eux, ferait grimper les prix de l’asphalte 30 % à 50 %, comparativement aux prix payés par le ministère des Transports. Les élus gaspésiens sont sortis satisfaits de cette rencontre.

«On dirait que M. Roy vient de découvrir le dossier alors que les démarches sont entamées depuis longtemps. Aujourd’hui même, il y a une rencontre entre la CRÉ, des représentants municipaux et du ministère à ce sujet. Les choses avancent normalement», soutient-il.

Aussi en faveur d’un regroupement

Comme son adversaire péquiste, M. Arsenault est favorable à l’idée d’étudier la possibilité de créer un regroupement de municipalités pour permettre des économies d’échelle quand vient le temps de négocier avec des compagnies d’asphalte.

Il estime cependant qu’il faut d’abord chiffrer précisément la différence entre le prix payé par les municipalités et le Ministère. «Beaucoup de chiffres circulent dans les médias, mais un portrait juste est nécessaire pour choisir les meilleures solutions. Et c’est exactement ce que fait le gouvernement», déclare le candidat libéral.

«Silence radio»

M. Arsenault se défend par ailleurs de garder le silence dans ce dossier, comme le prétend Sylvain Roy. «Pour la campagne, je me suis retiré des dossiers municipaux. Et cette démarche-là, elle appartient justement aux municipalités et au Ministère. Mais je peux vous assurer que je suis la situation de près», conclut-il.

Que ce soit avec Facebook ou Twitter, l’utilisation de ces réseaux fait partie de la routine des cinq aspirants au poste de député de Bonaventure. Alors que 60 % de la population adulte du Québec est active sur ces nouveaux médias, les candidats estiment essentiel d’embarquer dans le train interactif pour mener leur campagne électorale.

Le candidat péquiste en tête de liste

Si les résultats de l’élection dépendaient de la popularité des candidats sur Facebook, c’est le péquiste Sylvain Roy qui remporterait la bataille. En plus de compter 378 adeptes sur sa page officielle, M. Roy est très actif sur son compte Twitter, qui totalise 181 abonnés. Un engouement qu’il attribue à sa popularité auprès de ses anciens étudiants. «Plusieurs d’entre eux me suivent. C’est un peu comme mon fan-club», explique l’enseignant de sociologie au Cégep de Carleton-sur-Mer.

Pourquoi est-ce important d’être actif sur le Web? Pour diffuser des messages que les médias traditionnels ne traitent pas, répond M. Roy. «On ne peut pas demander aux médias de nous suivre partout. Alors pour nous, c’est une façon de communiquer directement avec nos électeurs», dit-il. M. Roy doute cependant qu’un appui sur Facebook puisse se transformer automatiquement par un vote. «C’est un calcul risqué», pense-t-il.

Le candidat libéral, Damien Arsenault, utilise aussi Facebook sur une base régulière. Suivi par 259 internautes, le libéral publie quotidiennement des photos de ses visites terrains et de son horaire, ainsi que des articles. «C’est très efficace, commente M. Arsenault. Ça me permet d’entrer en contact avec les gens en temps réel. C’est une nouvelle façon de communiquer et il faut en profiter.»

M. Arsenault tempère aussi l’efficacité des réseaux sociaux pour obtenir l’appui des électeurs en rappelant qu’une campagne électorale ne se gagne pas sur Facebook ou Twitter.

Une source de motivation

Après les candidats péquiste et libéral, c’est la solidaire Patricia Chartier qui bénéficie du plus grand nombre d’adeptes sur sa page officielle parmi les cinq candidats. Près de 112 personnes la suivent sur Facebook et 138 sont abonnés à son compte Twitter.

À son avis, les réseaux sociaux peuvent servir de source de motivation pour un candidat. «Ce que j’aime, ce sont les nombreux mots d’encouragement que les gens m’écrivent. Ça me fait réaliser que je ne suis pas la seule qui souhaite du changement. Et ça m’encourage à continuer.»

Pont entre la Gaspésie et le reste du Québec

Discret jusqu’à présent dans la campagne, le candidat de l’ADQ, Georges Painchaud, l’est tout autant sur le Web. Jusqu’à présent, sa page Facebook n’a que six adeptes, et seulement 43 personnes sont abonnées à son compte Twitter. Une situation qu’il attribue à sa «petite équipe» et à un manque de temps.

Néanmoins, M. Painchaud voit dans les réseaux sociaux une façon de faire connaître les enjeux du comté de Bonaventure partout au Québec. «L’information qui circule là-dessus peut rapidement se retrouver dans les mains de milliers de personnes partout au Québec. C’est une bonne façon de faire valoir les enjeux et les priorités des électeurs de la région», mentionne-t-il.

De son côté, le candidat du Parti vert, Jean Cloutier, est le seul à ne pas avoir de page officielle pour faire mousser sa candidature. Il utilise ses comptes Facebook et Twitter personnels.

Rappelons que selon une enquête publiée dans Le Devoir en septembre dernier, les municipalités gaspésiennes paieraient entre 30 et 50 % de plus que le ministère des Transports pour l’asphalte. Une situation qui serait liée au monopole que détient la firme Pavages Beau Bassin.

Lui-même conseiller à Escuminac, Sylvain Roy considère qu’il est en bonne position pour témoigner de cette problématique. «On sait qu’il y a une surfacturation. Alors il faut commencer par la chiffrer et ensuite agir le plus rapidement possible», mentionne-t-il.

À son avis, une solution envisageable serait de créer un regroupement de municipalités pour leur permettre d’avoir un meilleur pouvoir de négociation avec les compagnies d’asphalte.

Selon lui, ce regroupement pourrait même passer par le ministère des Transports pour aller en appels d’offres. «Il faut être en mode solution et étudier toutes les avenues possibles pour obtenir des prix équitables. Les municipalités ne peuvent pas se permettre de payer trop cher pour l’asphalte. Il y a tellement plein d’autres enjeux importants.»

Le péquiste dénonce par ailleurs l’attitude du gouvernement libéral dans ce dossier, pointant ainsi du doigt le ministre délégué aux Transports, Norman McMillan. «J’ai l’impression que le ministère ne se sent pas interpellé. Je trouve ça aussi étonnant que le candidat libéral ne se soit pas prononcé à ce sujet jusqu’à présent.»

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