C’est du moins ce qu’a affirmé hier après-midi en entrevue la présidente de la Coopérative, Cora Arbour. « Ce n’est pas la première tempête que nos membres doivent traverser. Ce n’est pas évident pour personne. C’est très décevant, mais le moral est quand même bon », assure-t-elle.
Réaction touchante
La présidente s’est dite touchée par la réaction des employés qui ont tous accepté de poursuivre les opérations en usine la semaine dernière sans être payés, en attendant que la direction trouve des solutions. « C’était la première fois depuis le début de la coopérative qu’on se retrouvait incapable de payer notre monde. On leur a laissé la liberté de quitter l’usine, mais ils sont restés. C’est un beau geste de solidarité. »
Selon Mme Arbour, le bois rond en stock permettra aux travailleurs de garder l’usine en opération encore pour deux semaines. « On a arrêté les travaux sylvicoles et le transport. Mais il reste des travaux de rabotage, de sciage et de séchage à faire », explique-t-elle.
Même si l’espoir demeure, la présidente de la COOP reconnaît que la situation est préoccupante. « C’est très pénible. Ça fait des années qu’on essaye de trouver des niches pour se démarquer sur le marché et on arrive à cette impasse. Maintenant, ça passe ou ça casse », dit-elle.
Les administrateurs de la coopérative ont jusqu’au 15 octobre pour présenter un plan de redressement afin que l’usine demeure en opération. La présidente compte particulièrement sur le soutien du ministre de la Santé et responsable de la région pour faire avancer le dossier, Yves Bolduc. « Il nous a écouté, compris et on sent qu’il travaille pour nous », mentionne-t-elle.
« C’est dix-huit mois de travail qui se réalisent. La machine est en marche. Il faut maintenant embarquer, il faut profiter au maximum de la semaine », a déclaré avec enthousiasme le président de la Table de concertation Avignon-Bonaventure (organisme hôte de l’URQ), Ambroise Henry.
L’activité qui a lieu pour la première fois en Gaspésie se déroulera jusqu’à vendredi un peu partout sur le territoire de la Baie-des-Chaleurs et des Plateaux.
Présentée sous le thème Innover pour se réinventer, l’URQ 2011 permettra aux chercheurs universitaires, aux agents ruraux et aux étudiants en développement régional participants de visiter plus d’une trentaine d’initiatives innovantes de la Gaspésie. L’objectif est de favoriser des échanges et le partage des connaissances sur les enjeux reliés au développement rural.
« C’est pratiquement les olympiques du développement rural. Ça représente beaucoup pour tous les acteurs impliqués. Ici, le milieu est innovant et on voulait le dire haut et fort. L’occasion s’offre à nous », déclare M. Henry.
Participer pour s’inspirer
Selon M. Henry, la venue de l’URQ en Gaspésie permettra à des personnes impliquées dans le développement régional ailleurs au Québec de s’inspirer de l’innovation gaspésienne.
Un agent de développement rural pour le CLD de la MRC des Chenaux en Mauricie, Lionel Arseneault, souhaite d’ailleurs retourner à la maison avec des meilleures connaissances au sujet de l’implantation d’un réseau de transport collectif en milieu rural. « Un nouveau système de transport collectif interrégional sera lancé la semaine prochaine en Mauricie. Je vais donc essayer de comprendre comment le tout a été élaboré ici et voir s’il y a des obstacles à éviter », mentionne celui qui participe cette année à une cinquième édition de l’Université rurale québécoise.
Cette marque de reconnaissance s’ajoute à celle obtenue par l’entreprise en juin dernier, alors que le magazine Protégez-vous avait classé la 475 Blanche de Pratto deuxième meilleure blanche au Québec. Cette fois-ci, c’est la bière de type porter, La Gaspésienne no 13, qui mérite les grands honneurs. «On n’avait pas d’attente. Ça nous a vraiment surpris quand un gars de l’Ontario nous a appelés pour nous annoncer la nouvelle», raconte Francis Joncas, un des copropriétaires de l’établissement, visiblement heureux du dénouement.
Les Canadian Brewing Awards sont une compétition annuelle qui vise à reconnaître l’excellence des brasseries canadiennes. Cette année, plus de 85 brasseries ont participé à l’événement. Il s’agissait d’une première participation à une compétition brassicole pour Pit Caribou.
Augmentation des ventes
Les propriétaires de la microbrasserie s’attendent à ce que cette distinction propulse les ventes de leur porter au cours des prochains jours. «Dans la semaine suivant la publication du palmarès du Protégez-vous, la vente de la blanche a augmenté de 30 %. On s’attend au même résultat avec la porter. Ça tombe bien parce qu’elle est moins populaire que la blonde ou la blanche», dit M. Joncas.
Est-ce que ce succès incite l’équipe de Pit Caribou à participer à d’autres compétitions? «Mets-en!, répond M. Joncas. On est parti! J’aimerais même qu’on participe au concours du RateBeer Best de Santa Rosa en Californie, la plus importante compétition mondiale avec 130 000 bières de partout dans le monde.»
Après un court séjour dans la région, les organisateurs de l’événement ont en effet choisi la Gaspésie pour le lancement d’un nouveau concept, La région à l’honneur, qui vise à promouvoir les richesses brassicoles et gourmandes d’un coin du Québec.
«On sait que la bière brassée en Gaspésie est d’excellente qualité, mais elle demeure trop peu connue. Et puisque notre mission est de faire connaître les produits québécois, le choix de la Gaspésie s’est fait naturellement», explique Gabrielle Lavallée, adjointe à l’organisation de l’événement.
Les festivaliers seront donc invités à découvrir les produits de la région dans un pavillon aux allures côtières, où seront réunis des producteurs de la péninsule, dont les microbrasseries Le Naufrageur de Carleton et le Pit Caribou de L’Anse-à-Beaufils.
Premier événement à l’extérieur
Pour les propriétaires de la microbrasserie le Pit Caribou, il s’agira d’une première participation à un événement à l’extérieur de la région. «Ça tombe à point parce qu’on a une bonne demande provenant de l’extérieur. Beaucoup ont soif de notre bière et ça va nous faire plaisir de les rassasier, le temps du festival», lance Benoit Couillard, copropriétaire de l’établissement.
M. Couillard ajoute que c’est une bonne façon de se faire connaître et d’ouvrir de nouveaux marchés. Il précise cependant que l’objectif premier de sa microbrasserie est d’approvisionner le marché local. «On préfère voir nos produits dans l’épicerie du coin, plutôt que dans un commerce spécialisé en ville. On souhaite d’abord que les gens d’ici s’approprient nos produits», mentionne-t-il.
Actuellement, un peu moins de 20% de la production annuelle du Pit Caribou est exportée à l’extérieur de la région.
Le président de la firme, Dany Marquis, souhaite de cette façon mieux servir et élargir son réseau de points de vente dans le Bas-Saint-Laurent. «Les opportunités d’affaires sont excellentes entre Matane et Rivière-du-Loup. On a déjà beaucoup de clients là-bas, mais ça nous coûte très cher de transport pour les desservir», explique-t-il.
M. Marquis estime que cet investissement lui apportera une économie notable de temps et d’argent. «On va faire une grosse livraison une fois par semaine à Rimouski. De là, une personne coordonnera les livraisons un peu partout sur le territoire du Bas-Saint-Laurent», mentionne-t-il.
L’ouverture du nouveau centre de distribution se fera dès que le Brûlerie du Quai aura engagé une personne ou développé un partenariat d’affaires. «Dès que ce sera fait, on ira de l’avant», dit-il.
En plus d’exploiter quatre cafés-boutiques basés à Carleton, à New Richmond, à Paspébiac et à Campbellton, la Brûlerie du Quai distribue dans plus de 400 points de vente au Québec et au Nouveau-Brunswick. L’entreprise produit plus de 200 kilogrammes de grains torréfiés par jour.
Atelier à St-Omer
La Brûlerie du Quai a déménagé il y a deux semaines son atelier de torréfaction dans l’ancien bâtiment du magasin Le Coin du Travailleur à St-Omer. L’atelier qui était installé temporairement à Nouvelle depuis deux ans a donc maintenant pignon sur rue et est ouvert au public.
Au total, la Fabrique a envoyé plus de 1100 lettres dans la communauté afin d’obtenir 120 000 $. Cette somme lui permettrait de compléter le montage financier de 400 000 $ nécessaire à la réalisation des travaux. Rappelons qu’une subvention de 278 590 $ avait déjà été allouée à la Fabrique en octobre 2010 par le ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine.
Générosité renouvelée?
Le président de la Fabrique, Léonce Arsenault, est très confiant que la communauté de Maria répondra à l’appel. «Les gens de Maria sont toujours généreux quand vient le temps de financer leur église. Au cours de la dernière année, avec seulement une collecte de fonds et deux concerts-bénéfices, on a réussi à récolter plus de 20 000 $, ce qui nous a permis de financer l’achat de notre nouvel orgue», illustre-t-il.
La Fabrique espère recueillir une contribution moyenne de 100 $ par famille. «On n’en fait pas une demande formelle, mais on a calculé que si chaque famille nous donne ce montant, on obtiendra les 120 000 $», indique M. Arsenault.
Ne pas attendre
De l’avis de M. Arsenault, les travaux visés par cette campagne de financement sont nécessaires. «Si on attend trop longtemps, l’église va se détériorer et on va tomber en mode urgence. Mieux vaut prévenir que guérir», prévient-il.
Les travaux coordonnés par la firme de Rimouski, Les Architectes Proulx et Savard, viseront à rénover les portes, les fenêtres et la toiture de l’église. Des travaux de maçonnerie sont aussi prévus. «C’est ce qui a été jugé prioritaire. Mais il y aurait beaucoup plus à faire. La firme propose trois phases de travaux qui nécessiteraient plus de 900 000 $ d’investissement», explique M. Arsenault.
«C’est certainement quelque chose qui mériterait d’être plus étudié», déclare Marc Groleau, le directeur d’Emploi-Québec pour la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine. «Pour l’instant, on ne dispose pas beaucoup d’information. Mais dans le contexte démographique actuel, ça devient un élément intéressant pour les entreprises qui souhaitent remplacer leur main-d’œuvre», avance-t-il.
Selon lui, le travail à distance se bute toutefois à plusieurs obstacles. «Çe ne s’applique pas à tous les domaines. Et pour la plupart des entreprises, ce n’est pas la façon standard de fonctionner. Mais c’est sûr qu’il serait intéressant de connaître l’impact du télétravail sur la situation de l’emploi en Gaspésie», dit-il.
Technologie de l’information : secteur approprié
Le président du Technocentre des technologies de l’information et des communications de Chandler (TCTIC), Greg Georges, croit pour sa part que le télétravail est la voie d’avenir dans le domaine des technologies de l’information, ici comme ailleurs. «Les entreprises doivent réfléchir à des façons originales pour garder leurs meilleures ressources. Et le télétravail est une excellente option», juge-t-il.
M. Georges est lui-même gestionnaire d’une équipe de six télétravailleurs dans le domaine du développement de logiciels informatiques. Il reconnaît que ce n’est pas toujours évident de suivre l’évolution des dossiers de ses employés. Néanmoins, il croit qu’il en en sort toujours gagnant. «J’ai un de mes gars qui a augmenté sa productivité de 50% en télétravail», raconte-t-il.
En janvier dernier, cette jeune professionnelle de 26 ans a demandé à son employeur, l’organisme Conservation de la nature basé à Montréal, si elle pouvait s’établir en Gaspésie et travailler de la maison. Conciliant, son patron a décidé de tenter l’expérience.
«Il connaissait mon intention de venir m’établir ici. Et à la place de me perdre, il a accepté mon offre», raconte la coordonnatrice. Établie dans la Baie-des-Chaleurs depuis le mois de juin dernier, elle se considère «chanceuse» d’avoir obtenu ce qu’elle voulait.
L’attrait du télétravail
Selon le site de recherche d’emplois Workopolis, le télétravail séduit. Un sondage interne de l’entreprise révèle que plus de 70% de ses utilisateurs changeraient d’emploi si un employeur leur offrait la possibilité de travailler de la maison.
Mme Rousseau-Clair ne s’étonne pas de ces chiffres. «C’est attrayant. Il y a plein de côtés positifs. Mes déplacements sont limités alors je paye moins d’essence. Et je suis beaucoup plus productive grâce au calme», illustre-t-elle. «Mais il n’y a pas que du positif», nuance-t-elle.
Après quatre mois de télétravail, elle réalise maintenant que sa vie sociale au travail en prend un coup dur. «Mes heures de dîner sont plus tranquilles qu’avant. Pour m’occuper, je regarde mes plantes pousser», dit-elle à la blague. Plus sérieusement, la nouvelle arrivante se promet de participer à des activités et de s’inscrire à des cours pour lutter contre l’isolement.
Entreprises peu ouvertes à l’idée?
Les entreprises québécoises seraient encore réticentes à mettre en place des programmes de télétravail ou à privilégier cette option avec leurs employés. C’est du moins ce qu’a constaté dans ses recherches Diane-Gabrielle Tremblay, une professeure à la Télé-Université du Québec à Montréal (TÉLUQ).
«Le préjugé du travailleur qui procrastine à la maison demeure encore très fort chez les employeurs», a remarqué celle qui étudie l’évolution du télétravail au Québec depuis quinze ans. «Pourtant, dans certains secteurs, c’est très profitable. Et ça peut l’être aussi pour garder des gens dans les régions, comme en Gaspésie», estime-t-elle.
Au Québec, les incitations gouvernementales pour encourager le télétravail sont limitées. Par contre, depuis avril 2010, le Bureau de normalisation du Québec offre une certification aux entreprises qui respectent certaines normes conciliation travail/famille, dont le télétravail.
«Ça fait longtemps qu’on voulait faire une tournée en Gaspésie. C’est chez nous et la culture du cirque non traditionnel reste encore à développer dans la région. C’est assez nouveau. Alors on espère que le public sera au rendez-vous», mentionne la cofondatrice de la troupe Noémie Gervais.
L’artiste croit que Cabotinage a tout ce qu’il faut pour plaire au public gaspésien. «C’est le spectacle idéal pour se faire connaître. Il est haut en couleur, drôle et propose une ambiance intime», explique-t-elle.
Les dix artistes faisant partie de la production Cabotinage offriront quatre représentations à Chandler jusqu’au 3 septembre. Par la suite, ils débarqueront à Gaspé du 8 au 11 septembre et termineront leur périple gaspésien à Sainte-Anne-des-Monts du 15 au 18 septembre.
Un bon succès
Cabotinage connaît un bon succès depuis sa première présentation au printemps 2010. Ce spectacle de type cirque-cabaret est présenté en formule estivale depuis deux ans au Café du cirque aux Îles-de-la-Madeleine. Il a également été présenté à L’Anglicane de Lévis du 20 juillet au 20 août dernier. «Jusqu’à présent, plus de 7000 personnes l’ont vu. Et on sent que les gens de l’extérieur souhaitent que le spectacle sorte des Îles», précise Mme Gervais.
Le cirque en région
La cofondatrice de Vague de cirque est convaincue que le cirque a sa place dans les régions du Québec. «Le cirque québécois est acclamé partout dans le monde, mais les troupes d’ici se produisent peu dans nos régions», remarque-t-elle. Mme Gervais s’est donc donnée comme mission de permettre aux citoyens éloignés des grands centres d’avoir accès à des spectacles de cirque.
«On ne peut pas se permettre de perdre un seul emploi. Je veux que les gens aillent voir leur maire, leur mairesse. Tout le monde, tous les élus doivent travailler ensemble parce que ça n’a pas de bon sens. Les conservateurs doivent arrêter de couper ici en Gaspésie. On n’en peut plus», lance-t-il.
L’annonce de la restructuration à l’échelle canadienne du département de traitement de dossiers chez Service Canada pourrait forcer le transfert de dizaines d’emplois du bureau de New Richmond vers le bureau de Thetford Mines. Cette restructuration prévoit également la mise en place d’un nouveau système informatique de traitement des demandes de prestation d’emploi.
Selon M. Toone, cette annonce est également une catastrophe pour le service aux citoyens. «Tout le monde a droit à un service de qualité, même en région. Ici, la population est vieillissante. C’est faux de croire que tous les citoyens peuvent se débrouiller avec un système informatique et Internet », croit-il.
Actions prévues
Le député de la région assure qu’il entend porter cette cause à Ottawa. «Une rencontre est prévue au début septembre avec tous les députés du Nouveau Parti démocratique pour établir un plan match», mentionne-t-il.
D’ici là, M. Toone et son parti comptent mettre de la pression sur la ministre des Ressources humaines et du Développement des compétences, Diane Finley. «On va la talonner, on va lui poser des questions. On veut avoir l’heure juste. Pour le moment, elle est incapable de nous dire s’il y aura des économies réelles. Elle est incapable de nous dire combien d’emplois seront affectés par cette restructuration.»
Respect de la vie privée