Susan Kern, présidente du Vernacular Architerture, a remis vendredi à Gaspé deux prix soulignant des actions exemplaires en matière de préservation et de mise en valeur du patrimoine gaspésien.
La Famille Cloutier a reçu cette distinction internationale pour la restauration de l’ancien Magasin général Robin, de L’Anse-à-Beaufils. Le bâtiment, construit en 1928, est ouvert au public depuis 2001.
Vincent Cloutier avait quant à lui sauvegardé un entrepôt frigorifique de L’Anse-au-Griffon datant de 1942, avec le soutien d’un comité citoyen. Le Centre culturel Le Griffon a ouvert ses portes en 2005 après deux ans de rénovation. Il est aujourd’hui rentable.
Ces deux bâtisses avaient déjà reçu des distinctions au niveau provincial.
Peu de Québécois
Le président de Patrimoine Gaspésie, qui avait la charge de l’organisation locale, Jean-Marie Fallu, se dit très satisfait du déroulement de l’événement. Leurs objectifs ont été atteints pour un forum qui se déroule habituellement aux États-Unis. Au total, 200 personnes se sont inscrites. Plus de la moitié des inscriptions payantes ont été souscrites par des Américains.
L’organisation a aussi remarqué une bonne participation des Gaspésiens aux discussions du vendredi. Seul bémol : «on est un peu déçus qu’il y n’y ait pas eu plus d’agents des CLD, d’urbanistes, d’aménagistes gaspésiens ou québécois en dehors de ceux de Percé et Gaspé, à s’inscrire aux visites payantes,» estime Jean-Marie Fallu. «C’est un sujet qui les concerne directement et ça se passe chez eux,» explique-t-il.
Confronter les points de vue
Les participants ont apprécié les visites du patrimoine domestique gaspésien, dont celles de bâtiments privés et fermés au public. Des remarques sur la gestion du patrimoine ont émergé de ces échanges internationaux.
«Certains étaient étonnés de l’absence de circuit touristique autour de l’architecture,» raconte M. Fallu. Selon lui, un lien entre le ministère de la Culture et celui du Tourisme serait à établir pour mieux sauvegarder et mettre en valeur le patrimoine bâti.
«Les Américains ont trouvé qu’il y avait une forte coupure entre les activités liées au patrimoine bâti qui n’ont plus cours et les faibles connaissances qu’ont de ces traditions la jeunesse d’aujourd’hui, dont les jeunes arrivants,» dit-il, en préconisant une relation intergénérationnelle plus forte. La question du manque de fondations vouées au financement permettant la rénovation de maisons anciennes, comme le fonds créé par Patrimoine Gaspésie, a aussi été soulevée.
«Nous aimerions davantage faire connaître les réflexions que nous avons eu, peut-être, par une tournée d’information,» indique M. Fallu. Selon lui, les retombées économiques sont estimées à plus de 150 000 $.
Une exposition temporaire vient étoffer l’offre de l’exposition permanente sur les poissons et les plantes fossiles du site. Prince Joyau, offert jusqu’au 7 octobre, invite les visiteurs à découvrir les trésors cachés des mines du Canada et s’intéresse particulièrement à l’amiante chrysolite. Elle provient du musée minéralogique et minier de Thetford Mines. L’exposition prend la forme d’un conte, en compagnie des voix du Prince Joyau, son amie étudiante en géologie Jade et de l’espiègle petite salamandre Sally.
Du 23 juin et jusqu’au 24 août, deux visites supplémentaires seront animées par des gardes de parc naturaliste.
Antoine Plourde m’a raconté… raconte l’histoire du site fossilifère de la falaise de Miguasha. De la découverte du site en 1842 à aujourd’hui, l’histoire des fouilleurs et de leurs trouvailles n’aura plus de secrets pour les visiteurs. L’accent sera aussi porté aux fouilleurs locaux comme la famille Plourde qui ont aidé à faire sortir ces étranges créatures de la pierre.
Pour ceux qui s’intéressent à la géologie, il y aura désormais une visite guidée des lieux sur ce sujet : Si la falaise m’était contée… On y apprend entre autre, quel type de roche la constitue, comment et quand la falaise s’est formée.
Protéger les fossiles
Ces animations s’adressent à un public familial, aux amateurs comme aux érudits des fossiles. «On a toujours offert des visites guidées. Se faire parler d’un fossile de 380 millions d’années a toujours plus d’impact. On tente d’être toujours disponible pour ceux qui ont des questions», raconte la responsable à l’éducation du Parc national de Miguasha, Dona Murphy.
«Notre mandat premier est de protéger les fossiles et tout le reste se rattache à ça», ajoute-t-elle.
Le musée d’histoire naturelle du parc national de Miguasha a ouvert ses portes en 1977. Chaque année il reçoit entre 20 à 25 000 visiteurs.
Sylvain Gaumond est maître de port au Havre polyvalent de Sainte-Anne-des-Monts. Chaque printemps, il vérifie l’état du quai et évalue les besoins urgents. Pour lui, la fermeture potentielle du quai mènerait à une chute vertigineuse du nombre de touristes. Quant à l’économie, ce serait «le coup de grâce» pour la région.
«Il y aurait des travaux majeurs à effectuer. Depuis plusieurs années, j’effectue des travaux en accord avec Pêches et Océans Canada, mais nous n’avons que des montants minimes pour un quai d’une telle infrastructure».
L’industrie de la pêche
L’industrie de la pêche serait grandement touchée par une fermeture du quai. Pour Mélanie Langlois, adjointe aux actionnaires aux Crustacés des Monts, l’état du quai est une problématique certaine. Avec une production de quatre millions de livres de crevettes par année, le débarquement de la marchandise s’avère une étape de la production plus que primordiale pour l’entreprise familiale qui existe depuis 25 ans.
«Les infrastructures actuelles sont déjà un obstacle à l’accostage des bateaux», indique Mme Langlois. Une possible fermeture du quai l’inquiète grandement puisque le transport de la marchandise deviendrait un défi de taille pour l’entreprise comptant plus de 50 employés.
Trouver du financement
Malgré son désarroi, M. Gaumond croit fermement au fameux proverbe «l’union fait la force». Selon lui, «les citoyens doivent prouver que le quai est important pour eux». C’est dans cet esprit qu’il a créé, avec d’autres citoyens consternés devant l’état du quai, la société Tamaloù. Ce comité a d’ailleurs mis en place un festival ayant attiré près de 6000 visiteurs l’été dernier. Le festival du maquereau, qui sera présenté de nouveau cet été, proposait une myriade d’activités se déroulant sur le quai de Sainte-Anne-des-Monts.
Tous les profits ont servi à l’entretien du quai. M. Gaumond souligne aussi l’appui de la municipalité qui offre fréquemment des services de machineries. Les subventions
se faisant rares, les citoyens doivent souvent trouver eux-mêmes les moyens pour entretenir le quai.
Une histoire révélatrice
S’étant penché longuement sur l’histoire du quai de Sainte-Anne-des-Monts à partir de la seconde moitié du XIXe siècle jusqu’à aujourd’hui, Marc-Antoine DeRoy fait un bilan logique et simple. Selon lui, il s’avère clair que le développement de la Haute-Gaspésie va de pair avec l’état du quai.
La construction du quai en 1917 aura grandement profité à l’économie de la région. M. DeRoy explique que jusqu’en 1977, «près de 500 000 $ ont été consacrés à l’entretien». M. DeRoy précise que le renouvellement de l’équipement avait permis, à l’époque, le développement de l’industrie forestière, la présence d’une traverse vers Sept-Îles jusqu’en 1969 et le débarquement de l’éolienne à axe vertical de Cap-Chat en 1983. Cependant, depuis ces belles années, les réparations majeures sont négligées et l’économie en est grandement affectée.
Dans la Baie-des-Chaleurs, comme dans les autres MRC de la région, une Table multisectorielle s’est réunie pour sensibiliser et prévenir ces abus tant au niveau de la clientèle âgée que des institutions et de la collectivité.
«Ces abus ne sont pas seulement des agressions physiques, ce sont aussi des gens qui prennent des décisions à leur place et notamment au niveau financier», explique l’organisateur communautaire du Centre de santé et services sociaux, Baie-des-Chaleurs, Luc Potvin. Cette journée dénonce aussi la maltraitance psychologique et psychique, l’omission et la négligence. «Il faut aussi prendre en compte les abus sexuels qui sont tabous mais qui sont réels», ajoute M. Potvin.
«Le plus souvent ce sont des personnes qui ont un lien de confiance avec la personne âgée, par exemple, la famille ou les soignants… mais ça peut être aussi quelqu’un de complètement étranger dans le cas de fraude», décrit la technicienne en travail social au centre d’hébergement de Maria, Lise Leblanc.
Entre 4 et 7 % des personnes âgées vivant à domicile y seraient confrontées soit entre 275 et 485 personnes dans la Baie-des-Chaleurs selon le nombre de personnes âgées de 65 ans et plus. Des chiffres à prendre avec précautions car souvent le silence est de mise.
Briser le silence
Les abus surviennent plus souvent dans les situations où les personnes sont isolées. Pour briser ce silence, les organismes ont mis en place des lignes téléphoniques spécifiques.
«Ce n’est pas toujours évident d’appeler la Sûreté du Québec dans ces cas-là», insiste la directrice du réseau de Soutien à l’autonomie des personnes âgées (SAPA), Fanny Bernard. Le président de l’Appui pour la région, Henri Hotton, rappelle que les associations de proches aidants sont là pour éviter l’épuisement et les dérives, en proposant entre autres des formations et du soutien psychologique.
La Gaspésie est particulièrement touchée car sa population est vieillissante. En 2016, un quart de la population de la Baie-des-Chaleurs aura 65 ans et plus et en 2031, cette tranche d’âge représenterait 37 % de la Gaspésie.
Pour plus d’informations, le site internet Aide Abus Aînés et sa ligne téléphonique 1- 888-489-2287.
La chanteuse et actrice québécoise incarne le combat des proches aidants naturels. Ainsi, elle a pris soin pendant 17 ans de son conjoint, Gilles Carle, atteint de la maladie de Parkinson.
Elle a d’ailleurs fondé la Maison Gilles-Carle, destinée à accueillir des résidents en perte d’autonomie en Montérégie.
Pour ce spectacle, le CLD de Rocher-Percé a pensé à l’association locale comme organisme bénéficiaire.
«Un proche aidant naturel est une personne qui prend soin d’un proche, un père, une mère, un frère, un enfant, qui souffre d’une incapacité temporelle ou permanente à vivre de façon autonome, car elle victime de l’âge, d’une maladie, ou d’un accident», explique la présidente de l’association des proches aidants Les anges gardiens de la MRC du Rocher-Percé, Louisette Blondin.
«Nous devons être multifonctionnels. Ces personnes ont besoin d’aide pour prendre des rendez-vous et gérer les affaires courantes. Nous devons veiller à la bonne alimentation et au suivi médical de la personne», énumère-t-elle. «Peu à peu, nous n’avons plus de vie sociale, nous nous épuisons», ajoute Mme Blondin.
Aider les aidants
Cette nouvelle association a été mise en place pour permettre aux proches aidants naturels de la MRC de se regrouper. Constituée d’une quinzaine de personnes, ce groupe souhaite améliorer la qualité de vie des aidants et ainsi celle des personnes aidées.
L’argent récolté leur permettra d’organiser des réunions d’informations sur les techniques pour aider au mieux les personnes en perte d’autonomie. Cela permettra aussi de pérenniser les groupes de soutien psychologiques et de défense des droits des aidants au niveau des aides financières dont elles pourraient bénéficier.
Selon un sondage récent du CLD, il y aurait 1356 personnes âgées de 65 ans et plus dans la MRC Rocher-Percé et 1380 personnes de 45 ans et plus qui offriraient leur aide.
Des chants en indien
Chloé Sainte-Marie présentera son nouveau spectacle « Je sais que tu sais», dans lequel elle chante des chansons en innu de Philippe McKenzie, accompagnée de deux musiciens. Dans ce spectacle, elle met en voix la difficile rencontre des peuples et exprime la force et la fragilité des éléments du territoire.
Elle se produira ce soir, 20h30, à la salle de spectacle de la Vieille-Usine de L’Anse-à-Beaufils.
L’artiste multidisciplinaire se produit également dans le cadre de l’exposition «Parce que c’est lui» . Des photos du couple emblématique seront exposées à l’intérieur de la Galerie d’Art de la Vielle-Usine.
Cinq jeunes parlementaires de l’école se sont rendus récemment à l’Assemblée nationale pour le Gala national des Parlements au primaire et secondaire.
Cela fait à peine un an que le Parlement étudiant existe dans cette école. Et c’est avec surprise que les élèves ont décroché le prix du meilleur projet de loi, qui faisait suite à l’adoption de la Loi 56 contre l’intimidation et la violence à l’école. «Ce n’est pas un problème énorme ici, on voulait surtout sensibiliser les jeunes, raconte le président du Conseil d’établissement, Daniel Côté, instigateur et responsable du Parlement étudiant. Un projet simple mais qui ciblait ce que les étudiants pouvaient organiser», précise-t-il.
Les élèves ont respecté les étapes d’adoption d’un véritable projet de loi. Ils ont même réalisé une consultation publique afin de récolter les avis des citoyens, en se rendant dans les classes.
Les bases de la vie démocratique
Après son adoption, ils ont disposé des affiches dans l’école en guise de prévention. Une école à Chandler a repris cette idée. «Ils voulaient aussi favoriser la dénonciation de ce problème. Je me suis donc amusé avec les plus vieux à recréer des commissions parlementaires sous forme de sketchs», explique M. Côté.
Le Parlement est constitué d’étudiants âgés de cinq à 12 ans qui ont été élus par leurs camarades en septembre dernier : des députés, un premier ministre et ses ministres.
«Ils apprennent les principes de base de la vie démocratique. Ils représentent les autres élèves, ce qui suscite beaucoup d’engagement», se réjouit M. Côté.
Une bourse
Le 20 juin prochain, une cérémonie récompensera les élèves du Parlement dans leur école. Une bourse de 500 $ sera également remise à l’établissement pour financer les activités parlementaires de la prochaine année scolaire.
Chacune des cinq municipalités hébergeront une trentaine d’œuvres en plein air, pour un total de 150 œuvres présentant une vue d’ensemble du travail de Gilles Carle dans le domaine des arts visuels.
Une trentaine d’œuvres originales seront présentées à la galerie d’art de la Vieille usine de L’Anse-à-Beaufils. Des projections de ses œuvres cinématographiques sont également prévues dans les différentes municipalités.
«On veut faire sortir les gens pour qu’ils entament une tournée de la MRC», précise Marie-Lise Tremblay, conseillère en développement culturel pour le Centre local de développement du Rocher-Percé. La semaine dernière, elle a elle-même entamé une première tournée du territoire que couvrira l’exposition afin de recueillir les idées la population quant aux lieux possibles pour tenir les expositions extérieures.
Rencontrer les citoyens à ce sujet a permis de piquer la curiosité de certains d’entre-eux : «Ça crée une grande curiosité sur ce qu’on va développer au niveau culturel dans le projet», a-t-elle affirmé.
Spectacles
Chloé Ste-Marie, conjointe de l’artiste Gilles Carle, présentera un spectacle bénéfice à l’ouverture de l’exposition, afin de financer l’Association des proches aidants du Rocher-Percé, dans le cadre de sa tournée «Je sais que tu sais», dont les chansons sont interprétées en innu.
Un banquet littéraire sera également tenu dans le cadre de l’exposition «Parce que c’est lui». Événement communautaire, il s’agira d’une occasion de rencontrer des artistes littéraires professionnels avant de céder la parole aux professionnels et amateurs désirant partager l’art de leurs mots. L’événement se tiendra à l’église de Grande-Rivière.
Marie-Lise Tremblay a précisé que les participants seront invités à apporter un repas à partager et que l’invitation était lancée à tous, initiés ou non au monde littéraire.
Les détails de chacune des activités seront affichés sur la page Facebook de l’événement : Projet «Parce que c’est lui».
Il peut démarrer son programme de génie aérospatial de l’École Polytechnique de Montréal avec sérénité.
«Cette bourse enlève un stress financier et me permettra de me concentrer complètement à mes quatre années d’études. C’est une excellente nouvelle, d’autant plus que c’est l’École Polytechnique qui m’a choisi comme récipiendaire. Je me sens attendu», explique Miguel Gagnon qui a fait ses études sur le campus de Gaspé. Sa candidature à la bourse Schulich Leader Scholarship, a été soumise par le Cégep de la Gaspésie et des Îles l’hiver dernier. Les cégeps peuvent soumettre deux finissants maximum pour cette bourse.
Miguel Gagnon était l’unique candidat du cégep cette année et le seul qui ait décroché cette bourse. Il a été sélectionné par l’École Polytechnique de Montréal qui décerne seulement cette aide de 60 000 $ à deux futurs étudiants.
Plusieurs critères ont été pris en compte : avoir des notes exceptionnellement hautes, avoir joué un rôle actif aussi bien dans la vie scolaire qu’au sein de la communauté ou avoir fait preuve de qualités d’entrepreneur évidentes et postuler dans un moins une des universités canadiennes participantes en sciences, technologie, ingénierie ou mathématiques.
Il s’intéresse à l’aéronutique mais s’est aussi impliqué dans des projets qui ne sont pas scientifiques. Au cégep il a par exemple participé à plusieurs activités artistiques, à l’intercollégiale de philosophie et a fait partie du jury du prix littéraire des collégiens.
La bourse Schulich Leader Scholarship a comme objectif d’encourager les jeunes à opter pour des carrières scientifiques afin de stimuler l’économie du pays.
Ce forum, qui en est à sa 34e édition, est chapeauté par le Vernacular Architecture Forum. Cette organisation regroupe des professionnels de l’architecture et des chercheurs dans différents domaines du Canada et des États-Unis. Des architectes, urbanistes, aménagistes, historiens et ethnologues du Québec et d’Amérique du Nord seront présents.
La rencontre a pour thème : les chassés-croisés entre la religion et l’économie. «On observe comment des activités économiques comme la pêche et les différentes religions ont influencé le patrimoine bâti», explique l’historien et président de Patrimoine Gaspésie, Jean-Marie Fallu.
Patrimoine paysager
La notion de patrimoine s’étend au patrimoine culturel, les bâtiments, mais aussi au patrimoine paysager. La Gaspésie est particulièrement fière de cet aspect de son patrimoine qui attire nombre de touristes. Selon M. Fallu, ce forum vise aussi à sensibiliser les municipalités à la façon dont un bâtiment peut-être intégré dans le paysage.
«Le littoral de la Gaspésie est un atout extrêmement important, d’un point de vue économique, qu’on a laissé gâcher par manque de plan d’aménagement, en implantant des bâtiments qui obstruent le champ visuel», décrit M. Fallu. «Parfois, c’est mieux que nos élus se fassent dire des choses par des gens d’ailleurs plutôt que par ceux de la communauté», ajoute-t-il.
Selon lui, les questions ne sont pas de savoir si les bâtiments anciens sont importants, mais plutôt comment les rendre intéressants et utiles afin de les préserver. «Par exemple le magasin général de L’Anse-à-Beaufils a été rénové et est aujourd’hui un attrait touristique», illustre M. Fallu. Les participants se pencheront sur ces enjeux au niveau de la Gaspésie et de l’Amérique du Nord vendredi.
Au programme
Mercredi et jeudi, les participants sont invités à visiter les sites de Forillon et Gaspé. Avec les propriétaires de sites, ils apprendront l’influence sur l’architecture des oppositions entre les religions, l’annexion des villages dans les années 1970 ou le tourisme balnéaire plus récemment.
Vendredi, 17 conférenciers parleront des bâtiments, des lieux et les paysages dits vernaculaires de plusieurs endroits dans le monde. Cette partie du forum est ouverte au public.
Le rassemblement prendra fin à Gaspé, par la remise de prix par le Vernacular Architecture Forum qui souligne les actions exemplaires en matière de préservation et de mise en valeur du patrimoine bâti de la pointe gaspésienne.
Les œuvres de cette 4e édition seront exposées jusqu’au 11 septembre, dans 15municipalités, sous le thème « Le naturel de l’homme ou comment fabriquer le réel ».
«Les photographies qui seront présentées, montrent comment l’homme prend le réel et le transforme. Par exemple, comment l’homme intervient dans le paysage, comment il modifie son environnement, ou comment à travers la mise en scène il fabrique le réel», explique le directeur artistique, Claude Goulet.
La force de cet événement en Gaspésie étant l’immensité du territoire et les paysages, selon M. Goulet, la majorité des expositions se feront à l’extérieur. Ce festival a pour objectif de «faire connaître différentes écritures photographiques et inciter les gaspésiens et visiteurs à les découvrir. On souhaite piquer au vif la curiosité des spectateurs», précise M. Goulet.
Rencontrer les photographes
La semaine de rencontres entre les spectateurs et les photographes aura lieu du 15 au 21 août. Ces approches prendront la forme de projections ou de conférences-causeries. La Tournée des photographes débutera au Quai des arts de Carleton-sur-Mer puis se poursuivra vers le côté nord de la Gaspésie en passant entre autres, par Gaspé, Percé puis la Baie-des-Chaleurs.
La Tournée s’arrêtera aussi à Bonaventure, où le travail Louis Couturier et Jacky Georges Lafargue sur la mine de cuivre de Murdochville sera présenté. Ces deux photographes ont arpenté pendant une dizaine de jours cette ville, où les paysages miniers sont intégrés à des infrastructures humaines. Leur exposition s’intitule, Murdochville : la beauté de la destruction. D’immenses photographies, de près de 15 mètres seront aussi exposées à Murdochville, à Bonaventure et à Sainte-Madeleine-de-la-Rivière-Madeleine.
Des installations innovantes
Chaque année, les organisateurs tentent de trouver des installations innovantes pour mettre en valeur le travail photographique. Au Musée de la Gaspésie, à Gaspé, une photographie de 15 mètres sera exposée à même le sol. Cette œuvre du photographe québécois, Alain Paiement, invite le spectateur à regarder des intérieurs et des habitats résidentiels, Sous un autre angle.
Voyager
Ces rencontres sont aussi une invitation aux voyages grâce aux œuvres d’artistes d’Asie, d’Europe et des Etats-Unis. Il y aura entre autres, l’exposition de l’allemand Michael Wolf à Marsoui, Tokyo Compression, qui montre des portraits de personnes pressés contre les vitres du métro de Tokyo.
Pour la première fois, les rencontres photographiques collaborent avec la France en envoyant aux Promenades photographiques de Vendôme, cinq photographes Québécois et en recevant cinq artistes français. Dans le cadre de cet accord, le collectif Tendance Floue, présentera à Carleton-sur-Mer, Carrefour 0 h 00. Les photographies seront projetées grâce à une installation vidéo de 10 écrans et projecteurs; 10 regards, 10 esthétiques, de 10 villes à travers le monde.
Une bonne fréquentation
En 2011, selon une étude réalisée pour la direction des rencontres photographiques, il y avait près de 111 000 visites. «D’après ce que nous rapporte les municipalité, il y aurait eu une augmentation de 15 % l’an passé», se réjouit M. Goulet.
Plus d’informations sur le site internet des rencontres internationales de la photographie en Gaspésie.
Respect de la vie privée