le Mercredi 23 septembre 2026

C’est un projet qui va servir les gens qui habitent Percé, les citoyens», affirme Élise Dumouchel, agente de développement communautaire et responsable de la mise en place de jardins communautaires dans la MRC du Rocher-Percé pour Produire la santé ensemble.  À l’aube de la saison touristique, quand les activités communautaires prennent un recul jusqu’à l’automne, cette initiative permettra aux citoyens de se regrouper autour d’une pelle et d’un râteau.

Viser l’autonomie

Plusieurs communautés ont été approchées afin de mettre sur pied des jardins communautaires. Les discussions ouvertes entre la communauté et l’organisme Produire la santé ensemble permettent de définir les besoins de chacun et d’y implanter un jardin qui leur convient. Du jardinage en bacs aux parcelles en pleine terre, toutes les options sont étudiées afin de trouver celle qui sied à chaque milieu. 

Une fois le besoin clairement exprimé, un comité prend en charge le projet, accompagné par Élise Dumouchel. «Il faut ensuite trouver un terrain, établir des règlements, distribuer les responsabilités…», explique-t-elle. 

Le projet doit être porté par le milieu afin de jouir, après deux ans d’accompagnement, d’une autonomie complète. «L’objectif derrière cette démarche est la prise en charge de l’alimentation par la communauté», précise Mme Dumouchel. 

Alors que les jardins de Gascons et de Val-d’Espoir vivront leur première année d’autonomie complète cet été, c’est au tour des autres municipalités de passer à l’ère du jardinage communautaire. Percé se prépare à mettre un projet sur pied, Chandler, Saint-Georges-de-Malbaie et Ste-Thérèse-de-Gaspé emboîtent le pas. «La première année, on s’attend à un petit nombre de participants. C’est en voyant les résultats, en général, que l’engouement se crée et que les jardins gagnent en popularité dans les années qui suivent», affirme l’agente de développement.

Regroupés sur la place du quai, ils étaient nombreux à dénoncer la réforme qui menace de couper les dernières semaines de prestations d’assurance-emploi à une grande quantité de travailleurs saisonniers.  Élus, représentants de travailleurs, syndicats, ils ont tenté de démontrer en groupe que le travail saisonnier constitue une réalité incontournable dans la région.

Premiers dommages

Le député fédéral de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, Philip Toone, a affirmé avoir constaté les premiers dommages de la réforme. En parlant du premier ministre, «Il nous a envoyé une lettre pour nous dire que l’assurance-emploi serait là quand on en aurait besoin. Ce n’est pas vrai! Je connais des gens qui, présentement, n’ont pas d’argent. Mais pour manger son cocktail aux crevettes, il a besoin de main-d’œuvre», a  lancé le néo-démocrate.

 Il a également rappelé qu’il existait des saisons d’opération dans les domaines des ressources naturelles et du tourisme. «On est dans une région nordique, on a un hiver, il ne faut pas l’oublier», a-t-il ajouté.

Dans le même ordre d’idées, Anita Collin, conseillère municipale à Percé, s’est adressée à M. Harper : «Nous, les gens de votre trou noir, les Gaspésiens, vous nous faites payer très cher de ne pas avoir voté pour vous. […] Nous sommes reconnus pour être de bons travailleurs. […] Laissez-nous vivre dans la dignité.»

Propriétaire d’un restaurant, Georges Mamelonet a proposé aux autres employeurs de l’industrie touristique d’exercer un moyen de pression économique : «Je propose de faire en sorte que nos cotisations à la caisse de l’assurance-emploi, on les retienne, qu’on les place dans un compte en fiducie. Il faut faire autre chose que des manifestations qui, jusqu’à présent, n’ont mené à rien.»

Chômeurs nombreux

Gilbert Bourget, chômeur, a également pris la parole. Il a demandé que le gouvernement place la réforme sur la glace afin de trouver une véritable solution. «Sur trois kilomètres de littoral, l’industrie touristique procure plus de 800 emplois aux travailleurs saisonniers. […] Nous ne sommes pas des voleurs. M. Harper, la caisse de l’assurance-emploi appartient aux travailleurs qui ont cotisé», a-t-il affirmé.

«Depuis février, le site est sous surveillance attentive. On y a observé une évolution lente et progressive de fissures et de déformation de la chaussée», explique la porte-parole du ministère des Transports, Anne-Sophie Lebel.

Or, au cours des derniers jours, la situation s’est dégradée plus rapidement. «Le ministère a fait la demande spéciale d’inspecter les lieux. Depuis jeudi, des spécialistes sur le terrain ont récolté des informations et sont en train de les analyser afin de connaître la cause du problème», spécifie Mme Lebel.

Elle ajoute d’ailleurs que la situation ne pose pas problème pour la sécurité des usagers du tronçon malgré la proximité de la route avec la mer : «Nous avons procédé vendredi au rechargement de la route avec du gravier et une signalisation a été installée. Nous allons également mettre en place, dans les prochains jours, une voie de déviation temporaire sur une distance d’environ cent mètres, pour le confort des usagers», précise-t-elle.

Pour l’instant, la vitesse est réduite à 50 kilomètres à l’heure dans le secteur.

Après Gaspé, Ristigouche-Sud-Est et Bonaventure, voilà maintenant que Percé va de l’avant avec une réglementation.

«C’est pour protéger notre eau potable, mais aussi pour être solidaire avec Gaspé tout comme plusieurs autres municipalités qui comptent le faire prochainement», a dit en entrevue le maire, Bruno Cloutier.

Rappelons que les municipalités de Caplan, de Saint-Siméon et de Matapédia ont pour leur part adopté des résolutions en vue de faire de même.  

Le règlement adopté par le conseil interdit l’introduction dans le sol par forage toute substance susceptible d’altérer la qualité de l’eau souterraine ou de surface. Cette interdiction s’applique dans un rayon de 10 kilomètres de tout lieu de puisement d’eau de surface, de six kilomètres de puits artésiens desservant plus de 20 personnes et de deux kilomètres de puits artésiens desservant 20 personnes ou moins.

Le maire tient toutefois à dire que son conseil municipal n’est pas pour autant contre l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures sur son territoire. «Tout comme la Ville de Gaspé, on n’est pas contre d’éventuels forages dans la mesure que ça ne se fait pas à l’intérieur des périmètres urbains. Notre territoire est d’environ 500 kilomètres carrés, dont 50 km2 sont occupés. Il reste 450 km2 où il peut y avoir du forage»

Cependant, les initiatives de Percé, de Gaspé et de Ristigouche-Sud-Est s’annuleront si Québec va de l’avant avec une nouvelle réglementation sur les zones de protection de l’eau potable afin d’encadrer le développement des hydrocarbures.

Le ministre délégué aux Régions, Gaétan Lelièvre, a récemment affirmé qu’une réglementation en ce sens sera adoptée en mars ou en avril. Cette dernière aura préséance sur les règlements municipaux. 

GDS a récemment demandé à la ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet, d’autoriser la transaction. Les représentants de la Conférence régionale des élus Gaspésie-les-Îles (CRÉGÎM) ont décidé d’appuyer ce transfert de contrat d’approvisionnement en recommandant à la ministre d’accepter la demande de GDS.

Le problème, indique Mme Langlois, c’est que les quelque 40 000 mètres cubes de bois auraient pu servir à un projet forestier dans sa municipalité, dont celui de la firme Atlantic Fiber Ressources. Ce projet de complexe de transformation de bois d’environ 50 millions de dollars prévoyait au départ la création de 150 emplois.

La mairesse demande à la ministre Ouellet de bien réfléchir avant d’accorder son consentement. «Écoutez, c’est elle qui a le dernier mot. Il faut qu’elle regarde l’aspect de l’équité sur le plan de l’approvisionnement forestier parce que la MRC du Rocher-Percé a tout perdu en 2005.»

Mme Langlois compte aussi sur le député de Gaspé, Gaétan Lelièvre et son collègue de Bonaventure, Sylvain Roy, pour favoriser Chandler. «On a besoin de tout ce beau monde pour qu’atterrisse enfin un projet dans notre municipalité.»

La CRÉGÎM se fait rassurante

La Conférence régionale des élus se fait rassurante quant aux inquiétudes exprimées par la mairesse Langlois, en avançant que le dossier d’Atlantic Fiber a été considéré avant de recommander le transfert de l’approvisionnement.

Son président, Bertrand Berger, soutient qu’il n’a pas de lien à faire entre la situation à Chandler et ce transfert puisque, de toute façon, Atlantic Fiber n’a plus l’intention d’aller de l’avant avec son projet depuis maintenant plus d’un an.

«Ce qui est nouveau dans le décor et qui n’a peut-être pas été dit, c’est que le promoteur s’est officiellement désisté. Il a écrit une lettre à Cédrico, dont nous avons obtenu copie, pour dire qu’il n’était plus dans le coup. Donc, actuellement, il n’y a plus de projet de Fiber du côté de Chandler», affirme-t-il.

Rappelons que la compagnie Atlantic Fiber avait conclu une entente de principe avec Cédrico pour un éventuel approvisionnement en bois. Selon la CRÉGÎM, la firme s’est retirée de son entente avec Cédrico le 15 février 2012.

Bois disponible

Les représentants de la CRÉGÎM soutiennent par ailleurs avoir recommandé le transfert à la ministre en tenant compte de la disponibilité du bois dans les forêts publiques et privées de la péninsule gaspésienne. Selon eux, il est faux de prétendre que l’approvisionnement serait un problème pour d’éventuels promoteurs.

«On a la certitude que s’il y avait un promoteur qui se manifestait pour mettre en place un projet d’usine à Chandler, par exemple, il y aurait de l’approvisionnement en Gaspésie», assure M. Berger.

Avec le nouveau régime forestier qui met aux enchères 25% de la forêt publique, les garanties d’approvisionnement (anciens CAAF) qui n’ont toujours pas été distribuées et les lots de la forêt privée qui demeurent disponibles, la CRÉGÎM évalue qu’environ 600 000 mètres cubes de bois sont disponibles en approvisionnement en Gaspésie. 

«Il y a du bois pour des projets à Chandler. Il s’agit d’avoir des promoteurs qui ont des projets qui se tiennent et qui sont défendables auprès du ministère. Ce n’est pas l’approvisionnement qui pose problème», martèle le président de la CRÉGÎM.

Ce dernier tient par ailleurs à souligner que le transfert du volume de bois de Cédrico à GDS permettra de consolider des emplois à Marsoui. «C’est un plus pour la Haute-Gaspésie. Il faut penser qu’il en ressort quelque chose de positif. En plaçant tous les éléments dans le balance, nous croyons que notre recommandation à la ministre est une bonne chose», dit M. Berger.

La demande de transfert est maintenant sur le bureau de la ministre, qui doit prendre la décision finale, comme le stipule la Loi sur les forêts du Québec. 

Après le mandat du libéral Georges Mamelonet, qui a été élu avec une majorité de 2 662 voix en décembre 2008, les citoyens de la circonscription ont décidé d’accorder à nouveau  leur confiance au PQ. Rappelons que le péquiste Guy Lelièvre a régné sur Gaspé entre 1994 et 2008.

M. Lelièvre fera partie d’un gouvernement péquiste minoritaire du Parti québécois, dont le nombre de sièges à l’Assemblée nationale s’élèvera à 54. L’opposition officielle, formée du Parti libéral, compte pour sa part 50 sièges. La Coalition avenir Québec a fait élire 19 députés et Québec solidaire deux.

En récoltant 28% des voix, le Parti libéral subit une importante baisse de 28 points dans Gaspé par rapport aux dernières élections générales. À l’opposé, Gaétan Lelièvre permet à son parti d’augmenter ses appuis de 18 %, alors que la candidate du PQ , Annie Chouinard, avait récolté 39,67 des voix en décembre 2008.

Le candidat de la Coalition avenir Québec (CAQ), Yvan Blanchard, a récolté 9,5 % des voix. Il s’agit d’un appui un peu plus ferme que les 3 % des voix obtenues par Marcelle Guay, la candidate de l’Action démocratique du Québec en 2008.

Le candidat de Québec solidaire, Éric Boucher, a récolté près de 4 % des votes, ce qui correspond à une hausse de 3 points pour son parti par rapport à la dernière élection. Son adversaire d’Option nationale, Frédérik DeRoy, a reçu la confiance de près de 2 % des électeurs.

Le taux de participation a atteint 67,16 %, soit un pourcentage plus élevé que le taux de 57,07% enregistré lors de l’élection générale de décembre 2008.

Réactions

Le libéral Georges Mamelonet semblait soulagé, mais amer de sa défaite. «Je suis très soulagé de ne plus vous avoir sur le dos», a-t-il lancé aux journalistes présents à sa soirée électorale, à Rivière-au-Renard. «Ça a sûrement eu un effet, quand on a rabâché des choses pendant sept mois, des choses fausses, a-t-il déclaré. Je n’ai pas été blâmé pour conflit d’intérêts.»

Le député s’est retrouvé au centre de controverses touchant son passage à la mairie de Percé, et est accusé de pêche illégale à l’oursin. Questionné sur son avenir politique, M. Mamelonet est resté vague, mais a laissé tomber, en fin d’entrevue, qu’il allait «redevenir quelqu’un d’extraordinaire, en affaires, un développeur». Le député sortant possède un restaurant à Percé.

M. Mamelonet s’est par ailleurs dit «très satisfait du travail accompli pendant la campagne et pendant le mandat». Invité à lancer un message au vainqueur, M. Mamelonet l’a enjoint à «continuer le développement de la Gaspésie. C’est pour ça qu’on s’est battus.»

Gaétan Lelièvre s’est dit surpris de l’ampleur de son avance dans une course à cinq candidats. «On est encore dans le beat de la campagne. On est contents des résultats. Il faut se laisser le temps de vivre ça.»

Comme priorité, il compte «mettre en place le plan de développement de la Gaspésie», dont sa chef Pauline Marois s’est engagée à tenir la barre. «Je serai le député de Capucins à Grande-Rivière [les limites de sa circonscription]. Je vais travailler avec tous les gens, peu importe leur allégeance», a promis M. Lelièvre.

Yvan Blanchard, le candidat de la Coalition avenir Québec, s’est dit «extrêmement fier de son résultat pour une première expérience ». Dans les années qui viennent, il compte «implanter la CAQ en Gaspésie, établir une organisation». «J’ai senti une vague de changement», dit-il. M. Blanchard souhaite que le Parti québécois «réalise ses idées» au plan forestier, en reconduisant le programme de création d’emplois en forêt et en augmentant les salaires des travailleurs sylvicoles.

Le candidat n’a pas voulu commenter les résultats de son parti sur le plan provincial. «On m’a dit d’attendre après la conférence de M. [François]Legault.»

«On est un peu en-deçà de ce qu’on espérait. On ciblait autour de 10 %», a réagi Éric Boucher, le candidat de Québec solidaire. Il obtenait 3,58 % des suffrages après le dépouillement des votes dans 136 bureaux sur 143.

M. Boucher admet que son message aux Gaspésiens de «voter avec leur cœur» n’a «pas porté autant qu’on voulait». «On n’est pas réellement surpris. Sur le terrain, il y a eu une telle vague de voter stratégique pour sortir les libéraux.»

Le candidat est content que Québec solidaire «ait installé des bases dans le comté». «On a un gouvernement minoritaire avec probablement des élections dans deux ans. QS sera dans le paysage politique de Gaspé à ce moment-là.» M. Boucher lui-même n’est pas certain de se

«Je suis très content pour M. Lelièvre, a déclaré pour sa part le candidat d’Option nationale, Frédérick DeRoy. L’important, c’est qu’un souverainiste ait ramassé le comté.»

Il commente son résultat en disant que 1,77 % des suffrages, «ça dépasse juste mes amis et ma famille. On a fait ce qu’on avait à faire pour Option nationale». M. DeRoy estime qu’il y a «de bonnes chances» qu’il soit de nouveau candidat aux prochaines élections «si Option nationale est encore là, et si le parti est encore preneur.»

Résultats

Gaétan Lelièvre, Parti québécois : 11 744 voix ; 56,74 %
Georges Mamelonet, Parti libéral du Québec : 5 887 voix ; 28,44 %
Yvan Blanchard, Coalition avenir Québec : 1 966 voix ; 9,5 %
Éric Boucher, Québec solidaire : 775 voix ; 3,75 %
Frédérik DeRoy, Option nationale : 394 voix ; 1,9 %

À Gaspé, le mercure a atteint 30,7 degrés lundi, battant le record établi en 1990, qui était de 29,5 degrés.

À Carleton-sur-Mer, la marque enregistrée en 2008 (26,0 degrés) a été battue alors que le thermomètre a grimpé à 30,4.

Un nouveau sommet a également été mesuré à New Carlisle. L’ancienne marque de 28,0, établie en 2005, a été éclipsée alors que le mercure a atteint à 28,3.

Le temps était beaucoup plus frais en Haute-Gaspésie. Le thermomètre n’a pas dépassé les 20 degrés à Cap-Chat.

Une chaleur exceptionnelle

«Des températures qui dépassent les 30 degrés, c’est beaucoup plus rare en Gaspésie à ce temps-ci de l’année», souligne André Cantin d’Environnement Canada. M. Cantin a précisé que Gaspé a été l’endroit le plus chaud, lundi, au Québec, alors que le mercure n’a pas atteint  30 degrés au sud-ouest du Québec.

À compter d’aujourd’hui, le temps sera plus sec et le thermomètre reviendra à des valeurs de saison. Quelques averses sont à prévoir.

Le beau temps reviendra mercredi avec du soleil mur à mur.

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