« Partout au Canada, il y a vraiment un buzz autour du cidre… c’est en train de décoller et dans genre cinq à dix ans, ceux comme nous qui commencent, je pense qu’on va être à la bonne place et qu’on va avoir un marché super intéressant », lance Joshua Burns qui a démarré son projet il y a cinq ans par la plantation de 200 pommiers sur la terre familiale à Caplan.
Maryève Charland-Lallier et Jean-Charles Fleurent sont pour leur part venus s’établir aux Caps Noirs à New Richmond en 2016. Depuis, ils ont planté pas moins de 450 arbres venus s’ajouter à de nombreux pommiers sauvages présents sur leur terre. Ils ont aussi l’objectif de démarrer leur cidrerie en 2022.
« En attendant, on fait des tests de produits, on développe des recettes, des variétés de pommes aussi […]. Mais notre entreprise ne permet pas de faire vivre la famille et on continue de travailler tous les deux », dit Mme Charland-Lallier.
De telles entreprises demandent patience et détermination, puisque l’investissement substantiel que nécessite l’implantation d’un verger ne permet aucune rentrée d’argent avant cinq et parfois même dix ans.
« Disons que notre projet passe avant tout et qu’il y a des sacrifices à faire. Que ce soit les voyages ou tout autre luxe que d’autres vont se payer, ben nous, ça passe dans le verger », souligne Mme Charland-Lallier.
« Je pourrai peut-être tirer un peu d’argent de l’autocueillette à plus court terme, mais c’est un choix de vie, un projet familial », ajoute M. Burns. « Il y a de plus en plus de gens qui ont le goût d’un petit retour à la terre, poursuit-il. Je pense que l’agriculture de demain passe par de petites initiatives de passionnés comme nous qui ne vont pas vouloir en vivre nécessairement », croit M. Burns, qui avoue candidement vouloir développer le meilleur cidre au monde d’ici 30 ans.
En attendant, le père de famille de 39 ans continue de travailler pour la Société des alcools du Québec d’où il constate chaque jour ce que recherchent ceux qui sont de passage chez nous.
« Ce que les touristes ont le goût de vivre, c’est de connecter avec la place et de découvrir des produits originaux. On le voit avec les microbrasseries : les gens ne veulent plus acheter une caisse de douze, ils veulent acheter une ou deux bouteilles, mais des produits originaux le fun et faire l’expérience de goûts différents. C’est pour ça que nos projets sont prometteurs et qu’il y a de la place pour plusieurs. On est sur la ligne de départ en même temps, mais ce n’est pas une compétition. C’est inspirant et stimulant, pis je sens qu’on va beaucoup apprendre les uns des autres », croit M. Burns.
Maryève Charland-Lallier a d’ailleurs initié au printemps une rencontre entre les nouveaux pomiculteurs de la Baie, question de favoriser le réseautage et l’entraide. « On a tout intérêt à se parler et à partager nos bons comme nos mauvais coups pour mieux avancer […]. Et je suis convaincue que la route du cidre va se concrétiser! », ajoute la pomicultrice.
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Bien avant sa naissance, son grand-père faisait l’élevage de chevaux de course attelés. « Il les entraînait l’été et il les vendait à Montréal l’automne. […] Vers les années 2007-2008, quand les courses attelées ont tombé, ma mère et ma tante ont repris l’entreprise et se sont lancées dans les chevaux de selle », raconte Joëlle.
« On s’est spécialisé dans la formation des cavaliers de compétition, poursuit-elle. Pour nous, c’est vraiment important que les jeunes apprennent de la bonne façon. Avec les chevaux, il faut prendre son temps et c’est important de ne pas précipiter les choses. Les efforts vont finir par payer. Le lien avec le cheval, c’est le plus important », souligne la cavalière et instructrice aujourd’hui âgée de 22 ans.
Cet été, pas moins d’une dizaine de jeunes de 15 à 22 ans, formés par Le Centre équestre du Bout du monde, participeront entre autres à l’une ou l’autre des six compétitions de Gymkhana de La Grande chevauchée, une association équestre créée vers la fin des années 1990 pour réunir les passionnés de chevaux par la tenue d’activités équestres.
Le Centre équestre du Bout du Monde a tenu celui de Grande-Rivière à l’occasion de la 2e édition du Festival western de l’endroit, qui s’est déroulé les 13, 14 et 15 juillet.
Selon Joëlle Dubé, les festivals attirent le grand public et contribuent à démystifier puis à transmettre la passion western.
« Les festivals attirent, intriguent et donnent envie aux gens d’essayer… Et c’est tant mieux. Mais ce n’est pas fait pour tout le monde. Ça a l’air facile de même, mais c’est beaucoup d’heures de pratique, beaucoup d’efforts, beaucoup de sacrifices et beaucoup d’argent aussi…», estime celle qui a bien l’intention de poursuivre la tradition familiale, de faire sa vie auprès des chevaux et de transmettre sa passion par l’enseignement de l’art équestre.
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GRAFFICI a rencontré Roch Arsenault en compagnie de Catherine Miousse, cavalière qui le considère comme un mentor, et pas seulement pour elle.
« Quand j’étais jeune, j’ai fait un camp d’équitation chez Roch. Mon premier camp, j’avais 8-9 ans. C’est parmi mes plus beaux souvenirs de jeunesse », dit Catherine. Elle constate aussi que plusieurs de ses acolytes de l’époque sont demeurés passionnés des chevaux. « C’est pas tout le monde qui fait de la compétition, on peut avoir des chevaux juste pour le plaisir et la randonnée. C’est aussi ça la passion western », précise Catherine.
Deux ans après l’ouverture de son centre équestre en 1995, Roch Arsenault lançait, en 1997, le Festival Western de Bonaventure, un événement qui ne cesse depuis de gagner en popularité avec ses spectaculaires concours de gymkhana.
« Les compétitions de gymkhana, explique Roch Arsenault, ce sont des jeux équestres d’habilité et de vitesse. Il y a 7 ou 8 parcours différents ou le cavalier fait corps avec son cheval pour réaliser le plus vite possible son tour de piste comportant plusieurs obstacles. C’est terriblement beau à voir aller! C’est pour ça que le festival attire aussi beaucoup de spectateurs », estime le président de l’événement qui attire maintenant son lot de compétiteurs en provenance de l’extérieur de la Gaspésie.
Catherine se réjouit d’ailleurs de voir des cowboys venir d’ailleurs. Et pour elle, qui court les concours depuis des années et qui s’est même rendue à deux reprises au fameux Festival western de Saint-Tite, Bonaventure demeure un incontournable. « Je ne le manquerais pour rien au monde! », s’exclame-t-elle.
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Pour la cavalière Catherine Miousse, qui a aujourd’hui 29 ans, l’équitation est carrément un mode de vie. Elle prendra d’ailleurs la route toutes les fins de semaine de l’été à bord de sa roulotte qui lui sert à la fois d’appartement et d’écurie afin de participer à une dizaine de gymkhanas, des épreuves d’habileté à cheval de selle western.
Éducatrice de métier, son travail dans les écoles lui permet de profiter à temps complet de sa passion pendant la saison estivale. Ce n’est donc pas son premier été à courir les concours, mais cette année, elle se dit particulièrement « énervée », parce qu’elle s’est équipée d’une remorque qui inclut la roulotte, l’espace de vie de la cavalière, à l’avant et l’espace pour les chevaux à l’arrière. « C’est « pu » le même trip pantoute. C’est le gros luxe », dit Catherine avec entrain.
Entre chaque compétition, Catherine reviendra au bercail pour donner des cours et entraîner ses chevaux.
Quand GRAFFICI a demandé à Catherine combien d’heures elle consacre à sa passion chaque jour, elle s’est mise à rire. « Je peux pas les compter! Pour te donner une idée de mon horaire d’une journée, je me lève à 5h30 pour nourrir et soigner les chevaux. Ensuite, je dois « rider » mes deux chevaux de compétition et ceux que j’ai en pension. Ensuite je donne mes cours et je passe mes soirées ici jusqu’à 9 heures, 9 heures et demi… Mais moi je trippe. Je ne suis pas ici à dire « ben là faut que ça finisse ». Jaime ça! C’est vraiment ici que je me sens le mieux », conclut-elle.
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Le couple revenait tout juste du Texas où il a passé quatre mois l’hiver dernier lorsque nous l’avons joint par téléphone. Tous deux étaient à Québec, avant de venir profiter de l’été en Gaspésie.
« On passe toujours quelques semaines à Québec avec nos enfants au départ et à l’arrivée. Et on prend toujours un mois pour l’aller et le retour. On n’aime pas rouler trop chaque jour et on s’arrête souvent en chemin, on découvre, on visite », précise M. Vallée.
Entre le mois d’octobre 2017 et juin 2018, le couple aura parcouru plus de 9000 km et passé quatre mois au Texas avant de revenir dans la région.
La passion pour le camping du couple Vallée-Bourget ne date pas d’hier. C’est avec leurs deux enfants qu’ils se sont initiés au camping au début des années 1980.
« J’étais beaucoup à l’extérieur pour le travail et c’était l’occasion de passer du bon temps en famille et d’être dehors… de faire des jeux avec les enfants. Puis les feux tous les soirs étaient toujours le couronnement de la journée […]. Dans ce temps-là, on était en tente-roulotte », se souvient le père de famille qui a ainsi découvert la Gaspésie, mais aussi les Maritimes et une grande partie du Québec.
« Quand les enfants ont grandi, ils ne voulaient plus suivre. Alors on a arrêté quelques années », dit M. Vallée, en ajoutant du même souffle n’avoir jamais complètement abandonné l’idée d’y revenir.
Lorsque les enfants ont été assez grands « pour rester à la maison tous seuls », le couple a acheté d’abord une roulotte, puis « une grosse fifth-wheel pour voyager en Gaspésie et à travers le Québec durant l’été.
Des retraités nomades
Et aussitôt que l’heure de la retraite a sonné, il n’était plus question de passer tout l’hiver au Québec. Luc Vallée et son épouse adoptent la vie de nomade qu’ils adorent et assument totalement depuis 2011.
« La beauté de ce mode de vie, c’est surtout le social. Quand tu te promènes un peu, tu rencontres de nouvelles personnes chaque jour », s’enthousiasme le campeur.
Les premières années, ils partaient moins longtemps. Leur première expérience en Floride a duré un mois et demi. La deuxième année, ils sont partis après Noël pour revenir en mars.=
« Depuis deux ans, on loue la maison. On est devenus ce qu’on appelle des full timers », dit M. Vallée. C’est comme ça qu’on appelle les gens qui demeurent dans leur motorisé toute l’année, précise-t-il.
« Il y a trois ans, on a changé notre fifth-wheel pour un motorisé de 42 pieds. On a tout là-dedans! Même la laveuse et la sécheuse. C’est complètement diffèrent. Tu peux arrêter où et quand tu veux pour te faire à manger ou même pour dormir. C’est plus grand, plus confortable et moins fatigant », explique M. Vallée, qui dit avoir l’intention de vivre ainsi aussi longtemps que la santé le leur permettra.
Concernant les coûts liés à ce mode de vie, M. Vallée soutient que c’est une question de choix et de priorité. « C’est certain qu’on n’a pas acheté notre motorisé neuf. On a pris un 2008. Et faut dire qu’on sauve beaucoup tout l’hiver sur l’épicerie et l’essence qui coûtent moins cher aux États », dit le campeur. Il calcule par ailleurs payer en moyenne 600 $ par mois pour la location des terrains de camping.
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Après avoir été frappée par un taxi à Montréal en 1981, la Montréalaise d’origine a vu ses jambes l’abandonner, petit à petit.
« Je suis passée du bras des autres, vers 1986, à la canne, au tripode, puis à la marchette en 1990. Ça été progressif mon affaire. Un peu sournois même », raconte-t-elle. Puis un soir, début 2000, après être allée voir un film à New Richmond en marchette avec une amie, elle a réalisé qu’elle n’avait plus d’autre option que le fauteuil roulant.
« Pis je l’ai pris jaune. J’avais le choix et je trouvais que ça faisait moins triste un fauteuil jaune qu’un fauteuil noir », dit Mme Forest en riant.
Le rire, un allié
Ce rire a d’ailleurs été, de son propre aveu, parmi ses meilleurs alliés au fil des années. « L’humour, c’est très important. Mais c’est aussi l’amour et la reconnaissance des autres qui m’ont beaucoup portée », confie-t-elle. Mme Forest estime n’avoir jamais réellement tenu compte de cette épée de Damoclès pourtant bien suspendue au-dessus de sa tête dès le début de sa vie adulte.
Tout à fait consciente qu’elle perdrait progressivement l’usage de ses jambes jusqu’à ne plus pouvoir marcher, elle met sa fille au monde en 1984. Elle venait tout juste de s’installer en Gaspésie et contribuait à la fondation de la radio CIEU FM qui verra le jour en 1985.=
« Je me souviens, je donnais des cours aux futures bénévoles et j’allaitais […]. Je suis tombée en amour avec la Gaspésie lors d’une tournée du Québec pour la mise en place de radios communautaires », se rappelle Mme Forest. Elle était alors passée rapidement de simple bénévole d’une radio communautaire de Montréal à première secrétaire générale rémunérée de l’Association des radios communautaires du Québec, un organisme qu’elle a d’ailleurs contribué à fonder.
« Puis, mon chum a décidé de retourner à l’école. Je l’ai donc suivi à Rimouski et je me suis inscrite à l’UQAR pour faire une maîtrise en littérature. Je n’étais pas pour ne rien faire en l’attendant », lance-t-elle.
Puisqu’il fallait gagner des sous, elle s’est jointe à l’équipe du Collectif de Rimouski pour les femmes. C’est là que Marie-Thérèse Forest s’est éprise de la cause qu’elle servira avec brio le reste de sa carrière avec ses jambes, puis sans ses jambes.
Des radios communautaires aux coopératives d’habitation, d’un centre de femmes à un autre, puis d’une Table régionale à des comités provinciaux, Mme Forest a la réputation de n’avoir jamais fait les choses à moitié et de susciter l’unanimité partout où elle est passée.
« Je ne me suis jamais sentie jugée. Tout le monde qui m’entourait me donnait de l’énergie. Et je sentais que j’avais vraiment la reconnaissance du milieu, malgré mon anticonformisme et mon côté rebelle », dit-elle.
Une condition qui l’a servie
Loin de croire que sa condition l’ait contrainte, elle pense plutôt que ça l’a souvent servi. « Je n’étais pas menaçante, dit-elle sourire en coin. Je n’ai jamais eu à défoncer des portes. C’est avec la manière douce et l’humour que je réussissais à convaincre et à repousser les barrières. »
Pourtant en fauteuil roulant depuis l’an 2000, Marie-Thérèse Forest affirme aujourd’hui qu’elle n’a vraiment et pleinement pris conscience de son handicap que tout récemment.
« J’ai toujours occulté ma réelle condition, confie-t-elle. C’est sûr que j’ai fait des deuils au fil des ans. Chaque été surtout. Parce que l’été, on vit plus dans son corps, on se baigne… Allez en fauteuil sur la plage pour voir… pas évident! »
Face à elle-même
Pendant toutes ces années cependant, elle assure avoir, autant que faire se peut, ignoré son handicap, fait comme s’il n’existait pas…
« Jusqu’à ce que je me retrouve seule face à moi-même, il y a quelques années… quand je suis TOMBÉE à la retraite. Plus de mission. Plus de défi. Là! Ça m’a frappé… Pis ça m’a frappé fort! », dit la dame aux mille combats qui admet bien humblement se remettre tout juste d’une dépression.
« À un moment donné, je me suis dit qu’il fallait que je me décide : Écoute Marie-Thérèse, tu mets fin à tout ça, ou tu continues. Pis j’ai décidé de continuer. C’est ça ma mission maintenant », lance l’éternelle battante, toujours tout sourire et l’œil brillant.
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Gabriel Poirier est revenu vivre en Gaspésie au début de juin, après huit ans à Rivière-du-Loup, Rimouski et Québec. Il a ainsi permis à ses parents, Guy et Lise, de réunir les trois enfants de la famille dans le même secteur.
Chez les Poirier, le « même secteur », c’est l’extrémité nord de la rue McKinnon, dans l’arrondissement Pabos de Chandler. Guy Poirier et Lise Leblanc occupent la maison du milieu, alors que leur fille Cathy, 37 ans, habite la maison au sud, et que Jonathan, 36 ans, possède la maison du côté nord avec sa conjointe Michèle. Gabriel, le benjamin à 26 ans, et sa conjointe Katia, une Québécoise de Limoilou, habitent avec les parents pour le moment, un mois après leur arrivée.
« On a toujours encouragé nos enfants à faire leur partys d’amis à la maison : « Vous pouvez fêter ici ». S’il fallait qu’ils sortent, je leur disais qu’ils pouvaient m’appeler à n’importe quelle heure pour que j’aille les chercher. J’aimais mieux ça plutôt qu’ils embarquent avec n’importe qui », racontent à tour de rôle Lise, la mère, et Guy, le père, un entrepreneur électricien.
« Je n’ai jamais appelé un taxi quand je sortais », confirme Gabriel. Cathy précise que l’ouverture des parents a sans doute permis aux enfants de s’ancrer dans leur voisinage. « Pourquoi aller fêter ailleurs? C’est devenu un lieu de rassemblement. Tous nos amis d’enfance et d’adolescence ont souvenir des fêtes chez les Poirier. »
Études à l’extérieur
Cathy, Jonathan et Gabriel Poirier sont ensuite partis aux études à l’extérieur. Cathy a suivi une formation en éducation à l’enfance à Québec, ville aussi choisie par Jonathan pour ses études en ébénisterie, puis en charpenterie et menuiserie. Quant à Gabriel, il s’est dirigé vers Rivière-du-Loup pour une technique en loisirs.
Dès leur départ, la question d’un éventuel retour s’est imposée pour Cathy et Jonathan, qui n’a jamais manqué de travail dans son métier.
« Quand je suis partie, c’est là que je me suis rendue compte de la santé du lieu, ici, et à quel point l’air salin me manquait. C’est la meilleure place pour élever des enfants », dit-elle. « Les trois ans que j’ai passés à l’école, j’ai trouvé ça dur », note Jonathan. « On s’ennuyait de la vie ici, on s’ennuyait de papa et de maman », renchérit Cathy, qui tient un service de garde en milieu familial.
Cinq petits-enfants animent ces trois maisons, sans compter les enfants du voisinage venant jouer avec eux, notamment sur le terrain de soccer aménagé dans la cour des Poirier. Cathy a eu une fille et un gars avec son ex-conjoint alors que Jonathan et Michèle, une technicienne en laboratoire, ont deux garçons et une fille.
Gabriel tente présentement de stabiliser sa situation au boulot. « J’aimerais bien travailler dans mon domaine mais je suis chansonnier depuis 2009 et je joue dans des bands. J’ai des contrats. » Sa conjointe Katia a immédiatement trouvé un emploi à l’hôpital de Chandler. Son intégration va manifestement bien.
La mère, Lise Leblanc, infirmière clinicienne retraitée depuis un an, résume dans les mêmes mots que son conjoint la recette familiale pour le retour des enfants. « On leur a donné des outils, de l’amour et le choix. Le reste est venu d’eux. »
Elles aussi!
Dans le même arrondissement de la même ville, séparés des Poirier par un champ, vivent les quatre sœurs Leblanc, Lucie, Stéphanie, Lisa-Marie et Nancy, et leurs parents Donna Wall et Émilien Leblanc. Il et elles habitent toutes sur la même rue, la rue … Leblanc, de Pabos, avec leurs neuf petits-enfants, dont trois jeunes adultes de 18, 19 et 20 ans.
« Cette partie de la rue Leblanc a un sens patrimonial pour nous, parce que c’est notre grand-père, Émilien, père d’Émilien notre père, qui s’est installé là. Émilien avait assez de terre pour tout le monde et nous sommes installés sur le haut du chemin », précise Nancy, la cadette des sœurs Leblanc et la mère des trois jeunes adultes. Les autres sœurs ont chacune deux plus jeunes enfants.
Trois des quatre sœurs sont enseignantes au primaire, à savoir Nancy, Lisa-Marie et Stéphanie. Lucie est archiviste médicale. Elles ont conséquemment toutes étudié à l’extérieur et elles sont toutes revenues.
« J’ai fait mon bac en enseignement primaire à l’Université du Québec à Rimouski et je voulais me rapprocher. La ville ne m’attirait pas vraiment. Je voulais être près de ma famille. Nous sommes beaucoup unis. Si quelqu’un a un problème, tout le monde s’inquiète. Il ne faut pas qu’il nous arrive quoi que ce soit. Les rassemblements sont fréquents. Même si on ne se voit pas tous les jours, on passe devant la maison des autres membres de la famille, et on salue de la main », raconte Nancy.
Elle attribue cette belle proximité « aux valeurs familiales fortes » transmises par les parents. « Ils se sont toujours occupés de nous, dans toutes les situations », dit-elle.
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Notons d’entrée de jeu que la presque totalité des personnes, surtout des femmes, qui ont accepté de se confier à GRAFFICI sur cette question, demandaient de rester anonymes, ou voulaient utiliser un pseudonyme.
Nathalie Ahier (son vrai nom), célibataire depuis deux ans, a beaucoup fréquenté les sites dits de rencontre sur le Net.
« Ça prend pas plus de cinq minutes de discussion sur ces sites avant que le sujet du sexe arrive sur la table. Il n’y a pas beaucoup d’honnêteté là-dessus et [il y a] beaucoup d’hommes mariés qui cherchent des aventures ou d’autres qui sont libres, mais qui ne veulent que des relations occasionnelles », dit-elle.
C’est d’ailleurs pour sortir de là qu’elle a décidé de fonder un groupe « secret » sur Facebook appelé « célibataire professionnel et sélectif » et auquel on ne peut accéder que sur référence.
« C’est pour ouvrir sur des personnes plus sérieuses, qui cherchent à développer une vraie relation », dit-elle.
En quelques mois, une trentaine de célibataires ont rejoint le groupe, majoritairement des femmes.
« Les gars disponibles, intéressants et sérieux, soit ils ne s’affichent pas, peut-être qu’ils sont timides, ou bien ils se cachent. Il y en a aussi qui veulent rester célibataires, mais c’est clair qu’on n’en voit pas beaucoup sur le marché», dit-elle en riant.
La proportion hommes/femmes est, en Gaspésie, à l’image du reste du Québec qui compte à toute fin pratique autant d’hommes que de femmes. Et les chiffres disponibles, qui ne sont malheureusement pas régionalisés, indiquent que les célibataires représentent 56 % de la population québécoise, hommes et femmes confondus.
Question de pousser plus loin la recherche, GRAFFICI a effectué quelques coups de sonde sur ces fameux sites de rencontre. La proportion d’hommes et de femmes qui cherchent à y rencontrer une personne de l’autre sexe apparaît également équivalente. On voit même, plus souvent qu’autrement, plus d’hommes que de femmes « disponibles » en Gaspésie.
Par exemple, sur l’un des plus fréquentés, on voit plus de résultats apparaître lorsqu’on cherche à rencontrer des hommes, soit 861 profils comparativement à 734 fiches de femmes disponibles sur l’ensemble du territoire gaspésien.
Un autre groupe privé a été lancé sur Facebook dans les dernières semaines, le Salon des célibataires de la Gaspésie, comptant quant à lui plus d’hommes que de femmes. Celle qui l’a fondé s’en étonne d’ailleurs. Elle ne croit toutefois pas qu’il y ait plus d’hommes célibataires que de femmes en Gaspésie.
« Je pense que les femmes sont plus gênées de s’afficher, croit-elle. Les hommes sont généralement plus entreprenants, ils osent plus. Il y a aussi qu’ils n’aiment pas être seuls longtemps. Une femme va vouloir plus prendre son temps, pour trouver la bonne personne. J’avais l’impression, quand je sortais dans les bars, qu’il y avait plus de femmes que d’hommes de disponibles. Mais je ne crois plus que c’est la réalité », dit-elle.
Célibataire depuis bientôt quatre ans, Sylvie est maman de deux enfants. Âgée de 44 ans, elle trouve qu’il manque dans la région d’endroits et d’occasions où l’on peut rencontrer, à l’extérieur du travail et du cercle de la famille et des amis déjà connus. Pour ce qui est des sites de rencontres, elle les trouve très impersonnels et dit aussi qu’ils sont beaucoup trop axés sur la sexualité et moins sur le développement de vraies relations, selon l’expérience qu’elle en a eue.
« C’est pour cela que j’ai « parti » le groupe. Pour échanger, faire de nouvelles rencontres. Certains célibataires sont isolés. Quand tu te sépares, les anciens amis de couples ne veulent pas faire de choix ou bien, au contraire, choisissent l’autre et tu te retrouves seule », dit Sylvie.
En trois semaines, près d’une trentaine de personnes de 35 à 55 ans sont venues participer au salon privé qu’elle a créé sur Facebook. Et l’expérience n’est pas que virtuelle. Plusieurs activités et des rencontres de groupe ont été organisées, des initiatives de membres qui invitent chez eux, en plein air ou dans un bar.
« Et on a déjà un couple qui s’est formé. Ils ont même quitté le salon parce qu’ils sont en couple », se réjouit-elle.
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Cet article a d’abord paru dans l’édition papier de GRAFFICI, dont vous pouvez consulter le pdf ici.
Le président du conseil d’administration, Simon Bujold se dit confiant. « Suite aux bouleversements de l’hiver dernier qui nous ont mené à suspendre nos opérations, l’automne qui s’amorce permet de croire en des jours meilleurs pour GRAFFICI. On est en meilleur position actuellement pour permettre une période de réflexion qui, je l’espère, va donner sur la relance début 2017 », a confié le président qui s’est aussi dit satisfait de constater par ailleurs que la situation financière du GRAFFICI s’est stabilisée.
« Au moins de janvier dernier, je sentais que j’avais les pieds dans le vide. Mais là, je sens qu’il y a du sol. Nous sentons avoir les assises maintenant pour se renouveler et tenter de retrouver la rentabilité ».
M. Bujold a par ailleurs salué l’embauche d’une consultante, Josiane Michaud, qui agira à titre de coordonnatrice de la consultation amorcée ces dernières semaines et qui devra donner concrètement sur un chantier de relance des activités de la coopérative dans une formule qui en assurera sa rentabilité.
« Mme Michaud est là pour évaluer toutes les possibilités d’alliances, de nouveaux partenariats et de nouvelles avenues d’affaires. La consultation est en cours et l’ensemble de la population est invitée à y participer », a précisé le président du conseil d’administration, confirmant que la mission de GRAFFICI demeurera d’offrir « une information journalistique indépendante, un média rassembleur à l’image de notre région », a-t-il précisé.
Dès le 24 mai cependant, les touristes pourrontse rendre à l’Île Bonaventure à partir du quai de l’Anse-à-Beaufils, situé 10 kilomètres plus à l’ouest, a assuré la porte-parole des Bateliers de Percé, Mona Cahill.
Des navettes terrestres seront prévues pour y amener les gens à partir du centre-ville de Percé et même à partir de Gaspé s’il le faut. Cette alternative engendre plus de dépenses et allonge la croisière de 20 à 30 minutes.
ENTREVUE : GASPÉ AUJOURD’HUI
En entrevue réalisée à Télé Gaspé hier, le directeur régional de Pêches et Océans Canada, Bernard Beaudoin, a expliqué à Nelson Sergerie ce qui sera fait pour permettre d’ouvrir partiellement le quai cet été.
M. Beaudoin a refusé cependant de dire ce qu’il adviendra si Percé décidait de retarder sa décision dans le dossier de prise de possession du quai.
Pour écouter l’entrevue, cliquez ici
REVUE DE PRESSE
GRAFFICI.CA concentre ici pour vous quelques liens choisis diffusés sur le sujet dans la dernière semaine. Cliquez sur les titres ci-bas pour lire l’article complet:
L’industrie doit aussi participer estime la ministre Lebouthillier
(RADIO GASPÉSIE, 17 MAI)
Faute d’entente avec Les Bateliers: quel sort pour le quai?
(CHNC, 16 MAI)
Les touristes pourront aller à l’île Bonaventure
(JOURNAL DE MONTRÉAL, 16 MAI)
La fermeture du quai de Percé enrage les pêcheurs et les excursionnistes
LE SOLEIL, 11 MAI
Respect de la vie privée