le Dimanche 20 septembre 2026

« Au total, 12 autobus contenant chacun une quarantaine de personnes, ont quitté la Gaspésie (dont trois en partance des Îles) vers Québec, révèle Jacques Mimeault, président du conseil central de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine lors d’une entrevue accordée à GRAFFICI lundi matin.

 

“Il y avait des gens de différents secteurs de l’économie qui sont tous touchés par les coupures actuelles. Le communautaire, le monde de la santé, de l’éducation, du développement régional. C’était une alliance syndicale, oui, mais on a été heureux de constater qu’il n’y avait pas que des syndiqués dans les autobus”, se réjouit M. Mimault.

 

“Le message qu’on a envoyé n’est d’ailleurs pas uniquement syndical. On est contre l’austérité point. Contre les coupures dans les CLD, les CRÉ, les commissions scolaires, les cégeps et la politique familiale. Ça vient mettre en péril tout le développement régional et on craint pour les emplois en général, pas seulement les emplois syndiqués”, dit le président de la CSN GÎM à son retour de Québec.

 

“L’essentiel, c’est que notre message a été entendu et qu’il provenait de toutes les régions du Québec durement touchées par les mesures d’austérité actuelles. Et ce n’est pas terminé. Il y a une alliance syndicale qui se joint à la société civile. On revient en région faire de ‘l’éducation populaire’ et mesurer les impacts réels de toutes ces mesures. C’est clair qu’on s’en va directement vers une récession et il faut que les gens le sachent. Ensuite, on retournera manifester en ville avec encore plus de monde”, annonce M. Mimault.

Rappelons que les conventions collectives des employés du secteur public seront échues en mars et que quelque 400 000 personnes seront alors en  renouvellement de conventions collectives.

Jean D’Amour réagit sur les ondes de la société d’État

De son côté, Jean D’Amour a réagi lundi matin à cette manifestation sur les ondes de Radio Canada  et il se dit d’avis qu’il faudra mieux informer la population sur les intentions du gouvernement.

Le ministre délégué aux Transports et à l’Implantation de la stratégie maritime et député de Rivière-du-Loup-Témiscouata, Jean D’Amour, a déclaré en effet que la population doit être mieux informée sur la démarche du gouvernement.

Le ministre croit que son gouvernement doit prendre acte des manifestations de samedi dernier. “Le signal que je reçois, c’est qu’il faut mieux informer les citoyens. Il faut mieux informer les Québécois sur ce qu’on est en train de faire présentement”, dit-il en précisant qu’il n’y a pas que des coupures, mais aussi tout un volet axé sur le développement de l’emploi et que son gouvernement a l’intention de stimuler l’investissement au Québec.

« Par ce virage, GRAFFICI.CA souhaite se démarquer des autres médias qui font de l’actualité, en se concentrant sur les enjeux majeurs de la région et pour faire ce que GRAFFICI fait de mieux, soit des textes d’analyse et à développement », déclare le directeur de l’entreprise, Benoit Trépanier.

Aussi, en attendant que le site soit remanié, la direction a décidé de prendre dès aujourd’hui ce virage « affaires publiques » et proposera à compter de maintenant, des textes plus longs, plus fouillés, ainsi que des entrevues de fonds sur des sujets concernant l’ensemble des Gaspésiens et sur des personnalités qui font ou qui subissent l’actualité.

Pour assurer la diffusion des messages d’intérêt public des organismes gaspésiens, GRAFFICI.CA continuera de diffuser, sous la rubrique « communiqués », tous les messages jugés d’intérêt public qui se retrouveront dans notre boîte courriel. Aussi, sous la rubrique agenda, GRAFFICI.CA offrira toujours aux diffuseurs de spectacles et organisateurs d’évènements la possibilité de faire connaître leurs activités à venir. Pour ce faire, les organismes, ministères, élus et diffuseurs culturels sont invités à envoyer leur communiqué et agenda au rédaction@graffici.ca. Il est à noter que ces textes pourraient être légèrement remaniés, mais ne feront l’objet d’aucun traitement journalistique.

Le virage à 180 degrés pour 2015

« Dans un souci de toujours bien servir ses lecteurs avec des contenus de qualité dans un contexte économique difficile, notre Coopérative de solidarité entamera une restructuration en profondeur de ses activités », explique le directeur Benoit Trépanier.

À partir du début de l’année 2015, le journal GRAFFICI et le magazine Entrepreneuriat seront donc disponibles partout sur le territoire gaspésien dans des supports métalliques disposés dans de nombreux endroits stratégiques des villes et des municipalités de la région. Les publications ne seront plus insérées dans le Publisac. Les entreprises continueront pour leur part à recevoir leur exemplaire par la poste.

En 2015, GRAFFICI entamera aussi une campagne massive d’abonnements au journal et au magazine économique. Aussi, l’entreprise encourage ses lecteurs à devenir membre de cette coopérative de solidarité qui a vu ses revenus publicitaires, qui représentent 95 % de ses revenus, baisser de façon importante en 2014.

Le directeur de l’entreprise d’économie sociale, Benoit Trépanier, anticipe aussi de nouvelles pertes importantes en 2015, « vu les coupes budgétaires massives dans les organismes de développement en Gaspésie, grands partenaires publicitaires de l’entreprise ».

« Pour nous assurer d’être encore là en 2016, nous faisons donc appel à tous nos lecteurs en les invitant à s’abonner massivement pour participer au succès de votre média préféré », de conclure M. Trépanier.

Le ministre délégué aux Transports et à l’implantation de la stratégie maritime et ministre responsable des régions de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine et du Bas-St-Laurent, Jean D’Amour amorçait ce matin une tournée régionale de trois jours qui le mènera notamment à Chandler, Gaspé et Sainte-Anne-des-Monts. Il a débuté sa journée ce matin avec la presse locale à Carleton-sur-Mer. Dans un entretien de plus d’une heure, le ministre a patiemment répondu aux nombreuses questions des journalistes inspirés par les nombreuses coupures et réorganisations annoncées ces dernières semaines.

Le déjeuner avec la presse était l’occasion d’annoncer l’attribution de 1,4 M$ issu du Fonds d’aide aux initiatives régionales (FAIR) et réparties dans 20 entreprises du comté de Bonaventure pour la création de 24 emplois et la consolidation de près de 500 autres. Lors de cette rencontre, le ministre semblait confiant que la région allait « bien traverser cette zone de turbulence » et continuer à se développer malgré les millions de dollars en moins et les dizaines d’emplois menacés en développement régional.

« En réalité, je ne peux pas mettre de chiffre précis là-dessus, mais à mon avis c’est pas mal moins que 80 jobs qui vont se perdre. (…) Si on applique le livre et qu’on dit : “on aboli la CRÉ et les CLD”, c’est 80 personnes (qui perdent leur emploi). Froidement, c’est vrai. Mais quand on dit aux MRC : “vous allez définir votre modèle de développement”, ça veut dire que ce n’est pas tout le monde demain matin qui repart avec sa valise. Il y a des gens de ce groupe-là qui vont conserver leur emploi, qu’ils travaillent pour la CRÉ ou pour un CLD. Ça, je pense que ça fait partie des bonnes nouvelles », soutient le ministre.

« La CRÉ en Gaspésie, qu’on l’appelle CRÉ ou autrement, si la région veut garder une structure de développement, il n’y a rien qui l’empêche et c’est même souhaitable, soutient le ministre. Est-ce que c’est nécessaire que ça coûte des millions de dollars pour se concerter? Est-ce qu’on peut arriver à avoir un modèle de concertation moins couteux,s’interroge le ministre? (…) Moi, je crois assez aux régions pour savoir qu’elles vont apporter des modèles différents qui vont être porteurs et moins couteux. (…)L’expertise on ne la perd pas demain matin. Ce n’est pas vrai. Faut juste redéfinir ça de façon moins coûteuse », dit le ministre.

« Sous une forme ou sous une autre, notre gouvernement veut maintenir les leviers financiers qui vont permettre le développement économique de nos communautés. Nous, ce qu’on veut moins financer, ce sont les structures. On veut de l’action économique. On va financer moins les structures, ça, c’est certain. On va financer les projets économiques », soutient le ministre qui assure que le programme FAIR sera maintenu, à 6 M$ par année jusqu’en 2018, et qui confirme du même souffle que les Fonds régionaux d’investissement demeureront intacts aussi, au moins en 2015.
Interrogé sur le montant dont la région disposera pour préserver ses outils de concertation régionale, le ministre n’a pu donner de chiffre précis.

« Demandez-moi pas de montant ce matin, il y a encore des discussions à y avoir en Gaspésie. Je ne mets pas d’argent sur la table en disant : “voilà une enveloppe, amusez-vous et revenez-moi”. On a annoncé la réforme il y a quelques semaines. Que la communauté se parle c’est normal et c’est sain. Je suis ici d’ailleurs pour en discuter avec eux et s’il y a des projets moteurs de développement qui se dégagent, moi je vais investir dans le développement, dans les projets proprement dits », a soutenu le ministre devant la presse.

Un pouding chômeur en cadeau

Le ministre a également participé ce matin, à une conférence de presse tenue à l’hôtel de ville de Carleton-sur-Mer et qui donnait le coup d’envoi des travaux de construction d’un projet d’habitation de l’Office municipal d’habitation de Carleton-St-Omer. Ce projet déjà en cours de construction, vise l’ajout de 48 unités de logements sociaux nécessitant plus de 7,2 M$ d’investissement, dont 3,4 M$ proviennent de la Société d’habitation du Québec qui a consenti une subvention de 3,4 M$ par l’entremise de son programme AccèsLogis Québec.

La conférence de presse de ce projet tant attendu et fortement appuyé par le milieu, notamment les Caisses Desjardins pour 50 000 $ et la ville de Carleton pour 1,1 M$, a toutefois été dérangée par des citoyens venus remettre une lettre contestant les coupures et réorganisations en région. Ces citoyens venus contester les mesures d’austérité ont aussi remis symboliquement un pouding chômeur au ministre. L’action a provoqué une légère commotion dans la salle du conseil ou étaient réunis les dignitaires associés au projet immobilier.

Le ministre n’a pas semblé troublé outre mesure par ce coup d’éclat vivement dénoncé par les organisateurs de la conférence de presse.

« Premièrement, ce que j’aime moi, c’est échanger avec le monde. Je suis en Gaspésie pour ça. On a trois jours de prévus et on ne refuse à personne de les rencontrer, au contraire. Si ces gens qui nous ont visités ce matin avaient pris la peine de nous demander une rencontre, je les aurais rencontrés avec plaisir, parce que j’aurais beaucoup aimé discuter avec eux. Je pense qu’ils auraient pu passer leur message d’une autre manière. Cependant, on est au Québec, on est en démocratie et je respecte ça », a dit le ministre D’Amour en déplorant que ce geste ait jeté de l’ombre « sur un projet de 7 M$ en logement social ici à Carleton, 48 logements neufs pour des Gaspésiens », ce qui était plutôt censé envoyer le message qu’il y a encore de la place pour les projets selon le ministre.

« On fait du développement économique nouveau genre, nouvelle façon. Ça dérange, mais au bout de la ligne, je suis convaincu qu’on pose ces gestes-là pour les bonnes raisons », de conclure le ministre avant de reprendre sa route vers Chandler ou il inaugurait, en après-midi à Chandler, le Centre de justice de proximité de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine.

De Cap-aux-Meules, en passant par Gaspé, Ste-Anne-des-Monts et New-Richmond, ce sont plus de cent personnes qui ont visité ou accueillie les députés libéral Germain Chevarie et péquistes, Gaétan Lelièvre et Sylvain Roy.

Ces 225 minutes représentent les 225 M$ manquants aux budgets des organismes communautaires du Québec pour être efficaces et outillés afin de faire leur travail. Le temps de réflexion utilisé hier visait à permettre de s’informer et de prendre connaissance des solutions fiscales qui permettraient de financer les services publics et les organismes communautaires.

« Il faut que le gouvernement comprenne que d’affaiblir les organismes communautaires met une pression sur le réseau public qui est encore plus coûteux. Le communautaire fait de la promotion et de la prévention et c’est payant pour tout le monde. La position actuelle du Gouvernement, dirigé par des médecins, on dirait qu’ils veulent rendre le monde plus malade », a confié la porte-parole locale du ROCGIM Geneviève Giguère dans une entrevue accordée ce matin à GRAFFICI.CA.

Les impacts du sous-financement des organismes communautaires sont importants, note Mme Giguère : « incapacité de répondre à toutes les demandes d’aide, compression des heures d’ouverture, réduction des activités offertes, fermetures temporaires ou permanentes, augmentation de la charge de travail, conditions de travail difficiles et j’en passe ».

Les revendications des organismes communautaires s’inscrivent dans une lutte globale contre les mesures d’austérité la porte-parole du ROCGIM. Les organismes communautaires s’opposent aux hausses de tarifs, aux compressions, à la tarification et à la privatisation des services publics.

« Les politiques d’austérité économique ne sont pas logiques, mais idéologiques, et elles ne profitent qu’aux mieux nantis. Tout au cours de l’année, nous allons prendre le temps de bien nous informer et de nous donner des stratégies pour renverser la vapeur d’austérité» mentionne pour sa part Martine Dumaresq, présidente du ROCGIM dans un communiqué émis au lendemain du rassemblement.

Les membres du ROCGIM soutiennent que des solutions fiscales existent et qu’il est possible de financer les services publics et les organismes communautaires. Selon eux, les décisions actuelles auront des impacts très graves sur les populations vulnérables et affecteront grandement les organismes communautaires autonomes, souvent forcés de prendre le relais de services que déleste l’État.

Craintes liées au projet de loi 10

« Nous assistons à un détournement de démocratie!  En ce qui nous concerne, le projet de loi 10 qui abolit les Agences de santé nous inquiète ; non seulement nous réduisons de façon importante les espaces démocratiques, mais ce projet de loi donne plein pouvoir au ministre de la santé et fragilise les services sociaux. Dans notre région, le CSSS des Îles-de-la-Madeleine ne fera pas partie de la nouvelle structure que sera le CISSS. Sommes-nous en train d’isoler encore plus la population des îles ? Qu’en est-il du financement des organismes communautaires des Îles dans ce contexte ? », mentionne Geneviève Giguère, coordonnatrice du ROCGIM

« Les mesures d’austérité et le sous-financement des organismes communautaires continueront d’aggraver les inégalités sociales et cette situation est inacceptable. C’est pourquoi nous devons exiger du gouvernement d’agir rapidement pour mettre en place les solutions fiscales que nous proposons« de conclure Mme. Giguère.

Selon les estimations transmises pas les organisateurs des manifestations pro-radio-canadiennes, ils étaient 300 à Matane et 80 à Gaspé. Des milliers de personnes ont également pris part à la manifestation à Montréal et une mobilisation a également lieu à Moncton, au Nouveau-Brunswick.

Les compressions successives touchant Radio-Canada, mais aussi la fermeture d’hebdomadaires régionaux, dont le Riverain à Sainte-Anne-des-Mont et les coupures de journalistes régionaux au Soleil fait réagir les élus régionaux.

Dans un communiqué émis ce matin, le chef du parti Forces et Démocratie et député fédéral de Haute-Gasésie-La Mitis-Matane-Matapédia, Jean-François Fortin se porte notamment à la défense de la Société d’État.

« La saignée », selon Jean-François Fortin (discours intégral)

« Les médecins du Moyen-Âge avaient l’habitude de saigner leurs patients. Si ce n’était pas le meilleur moyen de sauver la vie du malade, ça avait au moins l’avantage de les empêcher de se plaindre du service par la suite. Déjà faibles, beaucoup en mouraient, et les plus chanceux bénissaient leurs chances.

Hubert Lacroix se comporte en médecin médiéval, en Sganarelle, mais sans l’humour. Comme un imposteur qu’on croyait dévoué aux intérêts de la télévision publique mais qui travaille à démolir irrémédiablement la SRC. Après son passage, jamais plus Radio-Canada ne sera la même. Affaiblie, émasculée, cette société d’État qui a tant contribué au développement de la culture québécoise est en voie — au rythme où vont les choses — de devenir la PBS canadienne.

La « restructuration » (euphémisme hypocrite, s’il en est un ! Allez dire à des centaines d’employés congédiés qu’ils ont été « restructurés » pour voir !) annoncée amorce le démantèlement de la télévision publique souhaité depuis des années par le Reform Party.

Stephen Harper n’aime pas les journalistes, il s’en est toujours méfié. De fait, à part avec l’exécutif, le premier ministre n’aime pas partager le pouvoir. Ni avec le judiciaire, ni avec le législatif, ni avec le quatrième pouvoir. Qu’il s’attaque à Radio-Canada n’a rien de surprenant. Tout comme Shelley Glover, la ministre du Patrimoine, qui, en bonne tory, n’a pas l’intention de bouger le petit doigt pour aider le radiodiffuseur public. Bref, que le gouvernement fédéral soit l’ennemi objectif de l’information et de la culture ne surprend personne. Mais Hubert T. Lacroix ! ?

Parce que ce n’est pas juste la population et le syndicat qui devraient aujourd’hui être dans la rue à hurler leur indignation, ce n’est pas les employés qui devraient être les plus découragés et les plus indignés, c’est le président. Celui-là même qui se cache derrière des écrans de télévision pour parler à son personnel. Celui-là même qui dit que rien n’est acquis pour les prochaines années, que tout dépend des crédits parlementaires. Celui qui devrait défendre Radio-Canada est un de ses fossoyeurs. Une véritable honte !
Le virage numérique est nécessaire et doit se faire sur une période raisonnable. Si les mandats de Radio-Canada se multiplient, les sommes nécessaires doivent suivre. On en demande plus à la SRC ? Eh bien, qu’on en donne plus. Ce n’est pas comme si Ottawa manquait d’argent. Un choix politique. Un choix idéologique.

L’absence d’indignation et de combativité du président en fait clairement un complice. Je ne demande pas sa démission, mais à sa place, incapable de défendre mon monde, je démissionnerais. Les principes ne doivent pas être négociables.

Les régions vont en pâtir, comme d’habitude, comme avec le FAPL, comme avec l’assurance-emploi. Déjà, il est question que le Téléjournal Est-du-Québec passe d’une heure à trente minutes dès 2015. Un impact considérable pour les régions du Québec, pour notre capacité à nous informer sur notre coin de pays, à débattre d’enjeux qui nous concernent, à développer le sentiment d’appartenance à nos régions. Néfaste. Je dirais inacceptable si ce mot n’avait été si galvaudé. Faut croire que le « ICI » de Radio-Canada ne s’adressait pas à nous…

Les régions vont en pâtir, l’information et la créativité aussi. On voudra des émissions qui ne coûtent pas cher, des séries à fortes cotes d’écoute, prudentes, pas trop d’audace. Grande Ourse ? Les Bougon ? Série noire ? Risqué.

Je défendrai Radio-Cadenas, comme dirait Falardeau, et j’invite tous les Québécois, fédéralistes et indépendantistes, à le faire aussi. C’est notre culture et notre accès à l’information qui sont attaqués. Ne restons pas les bras croisés. Ne laissons pas Stephen Harper, Shelley Glover et Hubert Lacroix continuer leur saignée. »

Le PQ s’inquiète aussi du sort de l’information régionale

Dans un communiqué émis vendredi, les députés péquistes de Matane‑Matapédia, Pascal Bérubé, de Gaspé, Gaétan Lelièvre, de Rimouski, Harold LeBel, et de Bonaventure, Sylvain Roy, ont aussi tenu à exprimer leurs inquiétudes au sujet des récentes fermetures et des compressions budgétaires effectuées dans les médias de l’Est-du-Québec. Ainsi, ils joignent leur voix à celle des organismes et des citoyens ayant manifesté la même préoccupation.

« Nous comptons bien participer à toute action organisée pour exprimer haut et fort notre inquiétude de voir la qualité et la diversité de l’information locale et régionale compromises par les récentes compressions, ainsi qu’à toute réflexion portant sur les moyens de remédier aux difficultés actuelles. Pour maintenir un sentiment d’appartenance fort malgré l’immensité de nos territoires, il est primordial de se mobiliser », a déclaré M. Lelièvre.

Les députés rappellent que les hebdomadaires régionaux touchés au Bas-Saint-Laurent et en Gaspésie sont Le Progrès-Écho et Le Rimouskois de Rimouski, Le Saint-Laurent Portage de Rivière‑du‑Loup, La Voix de la Matanie et La Voix gaspésienne de Matane, de même que Le Riverain de Sainte-Anne-des-Monts. En ajoutant les compressions effectuées à Radio-Canada et au quotidien Le Soleil, on conclut rapidement que l’information régionale se trouve dans un état très précaire.

« Les médias et les journalistes qui y travaillent sont d’une importance capitale pour nos régions et la vie démocratique. C’est encore plus vrai ces temps-ci, alors que nous vivons des difficultés sur le plan des services de transport, des communications et de l’économie, notamment. L’occupation du territoire s’inscrit en droite ligne avec une information de qualité et diversifiée dans nos villages et nos villes », a ajouté le député de Gaspé.

« Alors que le gouvernement libéral met à mal le développement socioéconomique de nos régions et qu’il impose la centralisation des décisions à Québec, nous devons nous faire entendre. Parmi les moyens dont nous disposons pour ce faire, il y a les correspondants des médias nationaux et régionaux, qui relaient adéquatement ce qui se passe ici. Les inquiétudes de la population et leur volonté doivent également être prises en compte, et c’est notamment par le biais des médias qu’on peut les entendre », a conclu M. Lelièvre.

Observant notamment les coupures à Radio-Canada et les ruptures de contrats avec les journalistes de la région au Soleil, M. Bernier constate que les choses ne se sont pas améliorées depuis 20 ans, « bien au contraire! ». Impliqué depuis de nombreuses années dans le développement de sa région, M. Bernier a dirigé le bureau régional de Télé Québec à Carleton de 1996 à 2011. Depuis, il est responsable du développement économique et touristique à la Ville de Carleton-sur-Mer.

« Je n’ai pas grand espoir que ma lettre sera diffusée au national, mais ça a fait du bien de l’écrire », a déclaré M. Bernier au GRAFFICI.CA qui a choisi de publier cette lettre dans son intégralité:

« Un Gaspésie bashing, sans droit de réplique »

« Possiblement justifiée à Montréal et à Québec, la disparition des conférences régionales des élus et des centres locaux d’emplois ainsi que les récentes actions de centralisation font vraiment mal en région, notamment en Gaspésie. Pendant que les médias régionaux traitent de ces sujets à haute pertinence socioéconomique, bien des médias nationaux font du mur à mur, comme ces réformes. Ils ne traitent que de l’impact mineur de celles-ci sur les grandes villes, laissant à l’imagination le soin d’extrapoler. Trop souvent, les réalités de Montréal et de Québec, donc régionales, voire municipales, sont présentées comme celles de toutes les régions du Québec, mêmes si elles diffèrent grandement.

Par ailleurs, dans le contexte actuel de réduction des conditions de travail des journalistes et de marchandisation de l’information, la méconnaissance des réalités régionales par les journalistes nationaux risque de prendre le dessus. En fait, malgré les principes journalistiques, l’information s’articule souvent de façon à répondre aux attentes du plus grand nombre. Il ne s’agit pas ici d’un complot mais d’un comportement humain. On n’aime pas se faire dire le contraire de ce qu’on pense. La tendance veut que les médias, qui recherchent la cote, évitent de heurter les croyances de leurs auditoires. De là leur propension à les conforter.

À l’instar d’autres régions, les réalités gaspésiennes diffèrent grandement de celles où vivent les artisans et patrons des médias nationaux. En outre, la population gaspésienne représente une quantité négligeable d’auditoire pour ces médias, comparativement aux bassins de la métropole et de la capitale. Bref, les ingrédients propices à une distorsion de l’information sont présents.

Au lieu de rechercher l’intérêt public, le média se limite parfois à exploiter la curiosité publique ou le besoin de stéréotypes. Le reste, on l’ignore. Alors, on ne couvre la région que lors de la pêche aux homards ou de tempêtes. À la suite de réformes dans le monde des municipalités, on mentionne le consentement des grands centres et on escamote les désaccords en région. S’il y a un projet régional qui dérange «en ville», on donne la parole aux inquiets. L’inverse est rarement la règle. On rappelle aussi l’échec d’un vieux projet dans lequel le gouvernement a investi. On omet les réussites. On donne des statistiques dévalorisantes. Du Québec bashing régional.

Chaque mot et chaque image confèrent un sens au message. Lorsque les gouvernements investissent en Gaspésie, il s’agit de subventions. Tandis qu’à Montréal, on parle d’investissements, bien que ces fonds proviennent des mêmes programmes. La finalité du message est évidente: cette région est sans avenir. Investissons plutôt dans les grands centres.

Bien qu’inconsciente, cette distorsion médiatique se traduit donc par l’isolement de cette région à l’échelle nationale. Aux yeux des décideurs gouvernementaux et investisseurs privés qui résident eux-aussi dans ces milieux urbains et méconnaissent nos spécificités, cette marginalisation influence leurs décisions quant aux réformes municipales, quant aux découpages des cartes électorales, quant à l’injection d’argent dans des projets privés. Ils hésitent à investir dans les infrastructures de transport, si essentielles à notre développement économique. Qui veut investir dans une région apparemment sans avenir? Le potentiel de développement en ville semble tellement plus séduisant. On assure ainsi la supériorité des grandes villes dans la structure économique québécoise.

Pourtant, nous occupons un territoire. Nous avons des projets. Nous avons même des succès. Nous avons aussi des points de vue sur nos enjeux de développement et le développement du Québec. Mais ça, on ne l’entend pas au national.

Sous prétexte de l’intérêt public, des médias nationaux font d’abord valoir les intérêts de certains publics, d’une certaine élite urbaine. On maintient l’ordre hiérarchique établi.

Dernièrement, le journal Le Soleil a avisé ses correspondants de l’Est-du-Québec qu’il coupait ses liens contractuels avec eux. Une autre réduction de la capacité d’une contextualisation adéquate des événements et du pluralisme d’opinions dans les médias nationaux. Au Québec, l’information est à sens unique. Les points de vue sur ce qu’est le Québec, ce sont deux villes qui les monopolisent. Le reste n’a presque plus le droit de parole.

Pendant qu’on enlève les structures régionales de développement et de concertation dans la quasi indifférence nationale, on débat du nom d’un pont.

La colère gronde ici et le lien social québécois s’effrite. »

Alain Bernier
Carleton-sur-Mer

Dans un communiqué émis aujourd’hui, la municipalité dénonce ce nouvel exemple de l’abandon des régions par le gouvernement du Québec et dit devoir compter, « plus que jamais, sur l’extraordinaire solidarité des citoyens manifestée jusqu’à présent ». À l’heure actuelle, la campagne Solidarité Ristigouche a amassé plus de 50% de son objectif de financement de 225 000 $.
 
« La lettre que nous avons reçue aujourd’hui du ministre Moreau nous démontre à quel point le gouvernement du Québec se désintéresse complètement du sort des régions actuellement. Nous n’avons d’autre choix que de compter sur la solidarité des citoyens du Québec et du Canada pour nous aider à nous défendre contre cette poursuite abusive, affirme François Boulay, maire de Ristigouche Sud-Est. Je tiens à remercier très sincèrement les 2143 généreux donateurs et l’ensemble des bénévoles qui se sont mobilisés permettant de mettre le cas sur la carte et qui comme nous ont à cœur de prioriser l’eau potable et les citoyens plutôt que les profits des pétrolières. Nous nous rapprochons de notre objectif d’amasser 225 000 $ pour assurer la représentation, la mobilisation et la défense de notre municipalité contre la pétrolière Gastem et soyez assurés que notre action continuera  avec la même intensité. Nous invitons tous les citoyens à faire passer le message. »
 
Depuis le 29 juillet dernier, Solidarité Ristigouche décompte 2143 donateurs à travers toutes les provinces canadiennes, le Yukon et d’autres pays comme la France, la Belgique, l’Allemagne, les États-Unis, l’Australie et la Finlande. Les donateurs représentent un large spectre de la société : citoyens, élus municipaux, syndicats, entreprises, représentants de la société civile, organismes environnementaux, artistes, etc.
 
« Les gestes spontanés de solidarité ont été nombreux et originaux : le spectacle bénéfice à Carleton-sur-Mer,  la chanson « Ristigouche, pas question que je bouge d’un pouce » par Nicolas Guimont, le  défi nautique de 20 km dans rivière Gatineau en Outaouais et les communiqués de presse d’appuis de près d’une dizaine d’organisations. Nous sommes chanceux que tous ces gens solidaires nous offrent si généreusement de leur temps. Cela nous donne l’énergie pour continuer! », conclut le maire Boulay.
 
Rappelons que la pétrolière Gastem réclame 1,5 M$ en dommages à Ristigouche pour avoir adopté un règlement visant à protéger les sources d’eau potable de ses 168 citoyens. Cette somme représente 5,5, fois le budget annuel de la municipalité.

Les citoyens sont invités à faire un don en ligne sur le site de Solidarité Ristigouche ou par chèque libellé au nom de Fonds Solidarité Ristigouche et acheminé directement à la municipalité.

On peut aussi suivre l’évolution du dossier de Ristigouche sur les pages Facebook www.facebook.com/solidariteristigouche et twitter twitter.com/Ristigouche.

Dans un communiqué émis en début d’après midi, Solidarité rurale signale que ces organisations sont des outils de développement collectif importants pour les milieux ruraux. « Le développement en ruralité, cela ne se fait pas comme en milieu urbain. Les compétences des professionnels du développement sont essentielles aux milieux. Et si, en ville, des organisations peuvent prendre le relais, en ruralité, ce n’est pas le cas. Et avec les coupures annoncées, on ne pourra conserver ces compétences dans les milieux les plus fragiles, ceux qui en auraient le plus besoin», indique madame Claire Bolduc, présidente de Solidarité rurale du Québec.

« L’expertise en région rurale, c’est le nerf de la guerre en matière de développement. Cette expertise, elle existe dans les CLD et les CRÉ, mais aussi dans les services de santé et de services sociaux, dans les commissions scolaires, dans les carrefours jeunesse-emploi, qui sont autant d’acteurs importants du développement local », indique pour sa part André Genest, maire de Wentworth-Nord, vice-président de Solidarité rurale du Québec.

Un appel au premier ministre

Selon Solidarité rural et ses partenaires, les réformes annoncées et en voie de l’être auront des impacts majeurs sur le développement et la vitalité des régions. En conséquence, la présidente de l’organisme interpelle le premier ministre afin qu’il décrète un temps d’arrêt dans la réorganisation en cours. « Présentement, ce sont 30 ans d’efforts de développement local et régional qui risquent de s’écrouler. Peut-on s’asseoir et réfléchir un peu à l’impact de tout cela dans les milieux ruraux? Peut-on imaginer une action différenciée selon les territoires? »

Madame Claire Bolduc invite par ailleurs les citoyens et les organismes soucieux du développement rural et régional de se joindre à la coalition afin de réfléchir et de soutenir les démarches de mobilisation actuellement en cours en Gaspésie, et dans plusieurs régions du Québec.

« Nous tiendrons une assemblée générale extraordinaire ouverte au public le 9 décembre afin de poursuivre les réflexions et identifier ensemble les moyens dont nous disposons pour assurer la prospérité de nos communautés rurales », a-t-elle conclu.

À propos de Solidarité rurale du Québec

Créée en 1991 pour assurer le suivi des États généraux du monde rural, Solidarité rurale du Québec a pour mission de promouvoir la revitalisation et le développement du monde rural, de ses villages et de ses communautés, de manière à renverser le mouvement de déclin et de déstructuration des campagnes québécoises. Composée d’une vingtaine d’organismes nationaux, de plus de 200 membres corporatifs et individuels, la Coalition agissait, depuis juin 1997, à titre d’instance-conseil du gouvernement du Québec en matière de développement rural en comptant sur moins de 10 employés.

Mobilisation en Gaspésie

Pendant ce temps en Gaspésie, des groupes de citoyens se forment et se concertent pour inviter la population à se mobiliser.

Le 14 novembre à Carleton-sur-Mer, dès 18 h, des centaines de personnes sont attendues pour un repas partagé et pour une soirée d’échanges et de mobilisation « Potluck sollidarité » à la salle Charles-Dugas. Gaspé a également annoncé aujourd’hui qu’il y aurait un « Brunch Putlock Solidarité » le 23 novembre à 10 h à la polyvalente CE Pouliot. D’autres rencontres du genre pourraient être annoncées dans les prochains jours en Haute-Gaspésie et dans Rocher-Percé.

Un site internet http://www.touchepasamaregion.ca/ invite aussi les citoyens à confirmer leur appui aux instances régionales et à témoigner de leur attachement à ces structures vouées au développement régional. Et ce site créer dans les dernières semaine s’apprête à faire des petits ailleurs au Québec.

 

 

 

En septembre dernier, le Centre Accalmie avait annoncé sa fermeture temporaire du 3 octobre 2014 au 31 janvier 2015 inclusivement, soit pour une période de 17 semaines. Pour 2015-2016, le Centre Accalmie bénéficiera d’un montant global de 400 800 $ versé par l’Agence de la Santé et des services sociaux alors qu’il en couterait 550 000 $ pour faire de l’hébergement d’urgence 12 mois par année, 24 heures sur 24.

« Ce chiffre ne vient pas que de nous mais du cadre de financement des organismes communautaires faite par l’Agence de santé pour ceux qui font de l’hébergements 24/7. Notre organisme a fait tous les travaux administratifs demandés par l’Agence de santé et des services sociaux pour tenter de diminuer les coûts, mais il y a une limite à ce qui est réalisable à l’interne. Après un diagnostic organisationnel, des rencontres de gestion avec l’Agence de santé et des compressions de toutes sortes, le Centre Accalmie n’a pas d’autres choix que de prévoir des suspensions de services aux deux ans pour résorber le déficit qui se crée immanquablement chaque année », mentionne la directrice générale Dominique Bouchard.

Le Centre Accalmie existe depuis plus de 26 ans et estime avoir reçu depuis plus de 5 300 personnes en hébergement. L’Organisme dispensent de l’hébergement, de l’aide, du réconfort, du support professionnel et des outils pour permettre à des gens en difficulté de mieux faire face aux réalités parfois difficiles de la vie. La clientèle desservie a de multiples visages. Des gens ayant notamment des problèmes de santé mentale, de toxicomanie ou d’alcoolisme peuvent bénéficier des services du Centre Accalmie. Seulement l’an dernier, ce lieu de répits et de référence a accompagné 251 personnes au prise avec des difficultés majeures.

L’aide non-récurrente de 200 000$ qui vient de tomber du ciel permettra au Centre Accalmie  de fonctionner jusqu’en 2015-2016, mais sans plus. C’est pourquoi les dirigeants de l’endroit sont à préparer une campagne annuelle : « Aide ton ami ». Un site web est d’ailleurs actuellement en construction pour les gens qui souhaiteraient faire un don.

Rail GD a été fondée en 1996 et emploie aujourd’hui 55 personnes à temps plein à New Richmond.

« Le CLD dans mon cas à moi m’a aidé, financièrement oui un peu, mais ça s’arrête pas là. C’est surtout au niveau technique, quand tu veux partir une entreprise, une PME pis que tu fais affaire avec le gouvernement, on dirait que c’est les douze travaux d’Astérix, lance l’entrepreneur. Ça prend quelqu’un pour nous guider. Asteur je connais le chemin, je connais la treal, mais au début je ne la connaissais pas et le CLD m’a été d’un précieux secours », estime l’entrepreneur.

« Je m’excuse, mais je n’ai pas de DEC ni de BAC et je ne suis pas le seul entrepreneur comme ça. Y’a du monde qui ont des idées pour partir des entreprises, vouloir innover, mais quand t’arrives pis que tu te butes à ces barrières-là, c’est ben de valeur, mais d’après moi, il y a 70 à 80 % des gens qui abandonnent en cours de route. Ça fait des années que je le répète, les douze travaux d’Astérix avec le gouvernement c’est fou raide, mais c’est avec les gens du CLD qui nous aident qu’on arrive à passer au travers de ça », lance celui qui samedi, après l’entrevue accordée à la presse, a reçu les honneurs dans les catégories Personnalité de l’année, Entreprise de l’année et Industrie de fabrication, transformation, innovation lors du Gala Reconnaissance de la CCBDC.
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Les gens d’affaires mobilisés

Jean-Marie Perreault, président de la CCBDC a tenu aussi samedi soir à donner son appui au CLD. « Je trouve tout à fait anormale la façon dont tout ça s’est passé », a-t-il dit d’entrée de jeu.

« Notre Chambre de commerce représente 400 membres qui sont probablement pour la plupart passés par le CLD. Quand on commence en affaire, c’est le moment crucial. Pas juste pour l’argent, mais aussi pour le travail de consolider le rêve de l’entrepreneur qui débute », mentionne M. Perreault qui se souvient aussi de ses débuts avec Navigue.com.

« Quand j’ai commencé avec Navig,Com, dans les institutions financières, j’étais découragé parce que tout le monde me disait non, mais je me souviens, c’était Joël Dallaire qui était là (au CLD) dans le temps et qui m’a donné le petit coup de pouce qu’il fallait. L’énergie qu’il m’a donnée, ça a fait toute la différence, pis j’ai continué à me battre et j’ai réalisé ce projet-là, ce qui fait qu’aujourd’hui, il y a de l’Internet haute vitesse qui s’offre dans des coins où ça n’aurait peut-être pas vu le jour », raconte le président de la CCBDC.

« Le son qu’on entend de tous nos membres, poursuit-il, c’est qu’il ne faut pas que ça arrête. C’est sûr qu’on n’a pas grand pouvoir, mais faut surtout pas baisser les bras, il faut voir comment on peut faire les choses différemment. Faut que le monde municipal, s’il se retrouve avec tout ça à gérer, faut qu’il comprenne que l’entrepreneuriat dans la Baie c’est drôlement important », soutient M. Perreault.

Et il n’est pas le seul. Plus de 50 entreprises et de nombreuses municipalités ont fait connaître leur appui au CLD Bonaventure dans les dernières semaines et c’est armé de toutes ces lettres d’appui que le président du CLD Bonaventure Gérard Poirier en a appelé samedi soir à la solidarité de la population, des gens d’affaires et des élus pour maintenir ce service-conseil aux entrepreneurs notamment dans la MRC de Bonaventure. D’ailleurs, selon des informations obtenues par GRAFFICI. CA, le même phénomène se fait sentir dans toute la région.

La fin annoncée des CLD

En quelques semaines, les CLD de tout le Québec sont passés d’une réflexion à savoir comment maintenir l’offre aux entreprises avec une coupure de 10 % à une situation où le risque de perdre la totalité des services est devenu une réalité.

Le gouvernement du Québec a transporté le budget alloué au développement économique local du ministère de l’Économie, de l’Innovation et de l’exportation vers le ministère des Affaires municipales. Du coup, il en revient maintenant aux MRC de décider ce qu’elles pourront faire avec un budget qui a par ailleurs été amputé de 55 % en développement local.

Depuis 1998, les CLD de la Gaspésie et des Îles ont investi expertise et argent dans 3 468 projets d’entreprises en injectant plus de 36 M$ sur le territoire, soit plus de 6 M$ par MRC. En tout, les projets appuyés et financés par les CLD ont cumulé plus de 462 M$ de retombées en Gaspésie et aux Îles. Juste pour le territoire de la MRC de Bonaventure, le CLD estime avoir contribué à la création et au maintien de 2 160 emplois en équivalent temps plein sur son territoire.

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