En ce sens, il demanda aux gens de l’assistance n’étant pas nés à Montréal, de lever la main. Elles et ils étaient majoritaires. Il en conclut que son point était prouvé : Montréal constituait un aimant inexorable pour bon nombre de gens venant du reste du Québec. Il était normal de s’y établir.
Si Guy A. Lepage avait poussé l’exercice jusqu’au bout, il aurait demandé à l’assistance : qui fuirait Montréal dans un avenir prochain s’il le pouvait? On peut croire que la proportion favorable aurait été forte.
Les récentes données de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ) sur les flux migratoires interrégionaux démontrent qu’une proportion grandissante de Montréalais a son voyage de l’urbanité. Montréal a perdu, au net, 35 931 personnes entre le 1er juillet 2019 et le 30 juin 2020. C’est beaucoup plus que les légères pertes des dernières années, pertes suivies traditionnellement de gains.
De plus, les effets de la pandémie de COVID-19 étaient encore limités sur les volontés de déménagement en juin. L’effet rébarbatif de la cité s’est probablement intensifié lors des six derniers mois de 2020, période pour laquelle les statistiques ne sont pas encore compilées, et en ce début de 2021.
En milieu rural, la région Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine est, toutes proportions gardées, la grande gagnante de la mi-2019 à la mi-2020. Avec un gain de 681 personnes comme solde migratoire interrégional québécois, la péninsule et l’archipel ont ainsi attiré bien plus qu’ils ont perdu. Lors de l’année précédente, notre solde positif s’était établi à 131 personnes.
La période comprise entre juillet 2019 et juin 2020 est d’autant plus révélatrice que le Bas-Saint-Laurent a gagné 719 personnes, mais avec une population deux fois plus importante que la nôtre. Seules les Laurentides, Lanaudière et la Mauricie, situées beaucoup plus près des gens susceptibles de vouloir fuir Montréal, ont fait mieux que la Gaspésie. En Mauricie, le taux net d’arrivées, c’est-à-dire le solde migratoire divisé par la population totale, a été de 0,75 %, comparativement à 0,74 % pour la Gaspésie et les Îles. On appelle ça proche.
Les 681 personnes de plus dans notre région ne constituent pas un solde démographique net, les décès y étant encore plus nombreux que les naissances. Selon la projection de l’ISQ, la population de la région aura gagné 287 personnes en 2020. On n’avait pas vu un gain net de population depuis des décennies en Gaspésie et aux Îles.
Il est clair qu’un tel revirement se prépare depuis des années. Le solde migratoire a d’abord commencé à être positif vers le milieu des années 2000, chez les 25 à 35 ans. Il y a eu des années plus difficiles, comme en 2015- 2016, essentiellement quand le gouvernement de Philippe Couillard, prônant l’austérité, a décidé de couper 95 %, oui, 95 %, puis 50 % du budget annuel de la Stratégie Vivre en Gaspésie, l’un des organismes s’occupant du
recrutement de nouveaux citoyens pour la région.
Il est permis de se demander où nous serions rendus sans cette jambette, sans ce manque saisissant de vision et de cohérence. Comment le Parti libéral du Québec espérait-il être reçu lors de la campagne électorale de 2018 en déclarant que sa priorité était … notre déficit démographique?
Le combat pour renverser des décennies de pertes n’est pas encore gagné, mais les efforts titanesques déployés depuis la création en 1993 de Place aux jeunes, notamment, sont très encourageants.
Il y a des décennies que la Gaspésie et tant d’autres régions sont perçues à peu près uniquement par les mandarins du pouvoir comme des réservoirs de ressources et de main-d’oeuvre. Trop de ces mandarins, placés à des postes-clés du processus décisionnel québécois, ne misent que sur la théorie des pôles de croissance depuis les années 1950.
Ces hauts fonctionnaires comptent essentiellement sur l’effet de ruissellement, la théorie statuant que si les grandes villes sont prospères, les régions le seront miraculeusement, la richesse s’étendant par capillarité, comme l’eau sur du tissu. On a trop longtemps, et on le fait encore, compté sur cette absurdité.
Développer les régions demande des mesures adaptées à leur réalité et un brin de patience. Ça exclut souvent le syndrome du mégaprojet, le cataplasme généralement adopté par les politiciens et leurs mandarins. Ça se fait en consultant les gens en place. Là aussi, le gouvernement Couillard nous a fait reculer en abolissant l’essentiel des organismes de concertation et de développement.
Il est difficile de secouer de vieilles habitudes. La théorie des pôles moteurs a été appliquée un peu partout dans le monde. Mais quel monde voulons-nous? Celui qui, bêtement, répète les erreurs des dernières générations, qui reproduit le modèle du poulailler, ce à quoi ressemblent presque toutes les grandes villes, celui qui perpétue le désastre écologique actuel, ou celui qui ouvre la porte à un développement égalitaire, à un équilibre entre la ruralité et l’urbanité?
On ne veut pas dépeindre Montréal et Québec comme des enfers. Les villes représenteront toujours un attrait pour une partie de la population. Il s’agit essentiellement de doter les régions rurales d’outils d’attraction égaux. Les villes y gagneront aussi.
Améliorer l’accessibilité au logement, augmenter le nombre de places en garderie et régler les questions de transport interrégional, en ramenant le train de passagers et de marchandises plus vite à Gaspé, et en rendant les tarifs aériens abordables, constituent les priorités pour que la Gaspésie et les Îles poursuivent une progression constante.
Si le gouvernement québécois est sincère dans son appui à notre développement, il doit bouger sur ces trois enjeux, et inciter le gouvernement fédéral à y participer de façon mieux ciblée.
Le premier ministre François Legault dit être un homme de résultats, et il exprime de l’impatience quand ils tardent à venir. Il dispose d’une chance en or d’obtenir des résultats probants en Gaspésie en réglant le logement, les garderies et le transport. Ça se fait ailleurs, si son équipe a besoin d’exemples pour comprendre.
GESGAPEGIAG | Dave Condo est policier autochtone depuis 2013. Il a passé ses sept premières années de carrière dans sa communauté, Gesgapegiag. Comme tellement d’autres policiers autochtones, il a décidé de changer de communauté pendant un certain temps, sûrement plusieurs années, dit-il.
Les raisons sont multiples, mais elles entre coupent souvent des motifs exprimés par plusieurs de ses collègues. La bougeotte qui s’empare d’eux prend ses racines dans plusieurs terreaux. Dans le cas de Dave Condo, des raisons familiales et professionnelles ont alimenté la décision d’installer sa petite famille à Manawan, dans Lanaudière, d’où vient sa conjointe, Amanda Ottawa.
«Amanda a passé 10 ans en Gaspésie avec moi. On s’installe dans sa famille, dans sa communauté. Un poste de policier s’est libéré à Manawan. Amanda, qui est infirmière, cherchait un poste. J’ai été le premier à trouver, puis un mois plus tard, Amanda a trouvé un poste au dispensaire», dit-il.
Dave Condo avait aussi besoin d’un changement d’air, côté boulot, à Gesgapegiag. «Tu deviens tellement absorbé par ton travail après quelques années dans la même communauté. Tu montres un sourire à l’extérieur, mais à l’intérieur, c’est différent. Des fois, tu as besoin d’un changement. Les gens se mêlaient beaucoup de mes affaires. Au niveau familial, ça joue aussi. J’ai reçu un appel de trop, pour arrêter quelqu’un de proche. Est-ce que c’est ça que tu veux? C’est ce que je me suis demandé.»
Tout n’était quand même pas noir à Gesgapegiag, assure-t-il. Il revient régulièrement chez lui. Le fait d’y connaître presque tout le monde peut présenter des avantages, avec des exceptions.
«Si tu deviens policier, il faut que tu te fasses une carapace. Tu peux arrêter ton oncle, arrêter des gens avec qui tu es allé à l’école, des cousins, des cousines. Je suis allé à l’école Le Bois-Vivant à New Richmond, puis à la polyvalente Antoine-Bernard de Carleton. J’ai joué au hockey à Carleton et à New Richmond. Je connais du monde de Nouvelle à Paspébiac, de 20 à 50 ans. C’est certain que j’ai vécu des cas de personnes qui me disaient: ‘‘ Tu me connais, tu ne m’arrêteras pas ’’. Je ne suis pas le genre de policier à faire chier tout le monde, mais si tu me fais chier… C’est donnant-donnant», explique M. Condo, facile d’approche.
La contrepartie dans un milieu connu peut aussi donner de bons résultats. «La plupart du temps, ça va vraiment aider que tu viennes de la place. Tu vas arrêter ton ami, mais tu arrives à parler tranquillement. Tu peux régler bien des situation parce que tu sais comment aborder des gens que tu connais. Mais quand ça ne fait pas leur affaire, ça peut aller autrement», explique Dave Condo.
Le roulement dans les corps policiers des Premières Nations mène à l’embauche de policiers non autochtones. Leur tâche peut être ardue. «Ils se font dire parfois: ‘‘ Toi, t’es français, je ne te parle pas ’’, mais il y a quand même 90% des chances que ça se passe bien», note-t-il.
Dave Condo ne parle pas mi’gmaq, à part quelques mots appris de son père Franklin, policier aussi et trilingue, et en «écoutant mes grands-parents».
Il dit avoir vécu peu de situations embêtantes découlant de cette «lacune» toute relative. «Je me souviens d’être intervenu auprès d’une dame, décédée maintenant, qui ne parlait que mi’gmaq, mais ces personnes sont âgées et elles sont accompagnées par quelqu’un qui parle anglais, la langue d’usage de la plupart des gens de Gesgapegiag.»
L’acuité auditive, pour décoder le mi’gmaq, sert aussi lors d’appels aux policiers. «On reconnaît les gens à la voix; ça peut aider à savoir quel genre d’intervention nous attend. Mon partenaire, à Manawan, est Attikamek. Il reconnaît les voix quand on est appelés. C’est vraiment pratique», assure Dave Condo.

Dave Condo poursuit présentement sa carrière à Manawan, d’où est originaire sa conjointe Amanda Ottawa.
Photo : Gilles Gagné
La nouvelle a choqué le monde de la culture et des arts parce qu’en annonçant cette fermeture avant bien d’autres activités, le gouvernement Legault laissait croire que ce secteur était jusqu’à un certain point moins sécuritaire, plus indiscipliné que les autres.
Pourtant, aucune éclosion en provenance des salles de spectacles, des galeries d’art ou des musées n’avait ponctué les semaines précédentes. En fait, quand le gouvernement a de nouveau envoyé les artistes et les diffuseurs en confinement, il n’a présenté aucun chiffre justifiant cette action.
Il faut reconnaître que dès le printemps, la plupart des événements culturels d’envergure avaient été annulés jusqu’au 31 août. Il faut aussi rappeler que le message de François Legault, « restez chez vous! », signifiait qu’il fallait limiter les contacts publics, donc les sorties, un ordre bien mal adapté aux réalités régionales, où chaque citoyen dispose d’espace.
Les rares présentations artistiques intérieures ayant survécu au premier confinement ont été caractérisées par de telles mesures sanitaires que toute socialisation brillait par son absence. Il était interdit, dans une salle de spectacles, de parler aux voisins, déjà distants de quelques mètres, généralement plus que les deux mètres exigés par la Direction de la santé publique. Chaque personne était accompagnée jusqu’à sa place, en entrant et en sortant.
Il était difficile de trouver plus ordonné dans toute la société, surtout si on tient compte du relâchement assez généralisé ayant frappé le Québec de juin à septembre. Le secteur des arts et de la culture lavait plus blanc que blanc.
C’était d’autant plus dur à prendre pour ce secteur qu’un Costco est resté ouvert même quand une éclosion a frappé 13 de ses employés. Comment se réconcilier avec cette réalité quand il y a des dizaines de supermarchés accessibles en milieu urbain à quelques dizaines de kilomètres à la ronde? C’était aussi mal avisé que de fermer les centres commerciaux au printemps tout en laissant les Walmart intégralement ouverts!
Le secteur culturel et artistique a la couenne dure. Dès qu’un coup dur frappe la société, il écope. C’est là que les gouvernements frappent pour signifier que la fête est terminée. Quand les prix dans le secteur de la construction atteignaient des seuils exorbitants, dans les années 2000, c’est dans les projets culturels qu’on sabrait. Même les professeurs, qui devraient être des alliés naturels des créateurs et des diffuseurs, ont utilisé un boycottage des sorties culturelles pour signifier il y a quelques années qu’on en exigeait trop d’eux.
On n’insistera jamais assez; ce qui est troublant, ce n’est pas seulement que les lieux de culture aient été fermés sans avoir transgressé les règles, ou qu’ils aient été fermés à un certain point, c’est qu’ils aient été fermés en premier.
C’est loin d’être uniquement une question d’argent, bien que ce point ait du poids. Plusieurs organismes ont obtenu des majorations de subventions annuelles au cours de l’été afin de survivre et de planifier quelques activités. Le gouvernement Legault y a d’ailleurs consacré 400 millions $ le 1erjuinet il a fait baisser un peu de pression le2 octobre en annonçant 50 millions $supplémentaires pour la culture.
Toutefois, ce signal, «restez chez vous», faisait, et fait toujours, puisqu’il a été reconduit pour 28 jours le 26 octobre, abstraction d’éléments qui pourraient à moyen et long terme avoir des effets dévastateurs d’un tout autre ordre, en minant profondément l’équilibre mental d’une partie appréciable de la population.
La culture et les arts ne sont, bien sûr, pas considérés comme des biens de première nécessité comme la nourriture et un toit. Toutefois, même dans des conditions normales, disons hors pandémie, les activités culturelles et la création font partie de l’équilibre des gens dans un horizon temporel limité.
C’est bien beau de voir des artistes se réinventer. Ils l’ont fait dans bien des cas avec brio. Il n’en demeure pas moins que des prestations sur le Web, ce qui a constitué l’essentiel de la diffusion culturelle des huit derniers mois, change « l’expérience » et n’atteint manifestement pas le but recherché par les artistes et par l’auditoire. Or, tout ce monde carbure souvent au contact humain.
Il y a un autre danger. Un jour, dans quelques mois, dans un, deux ou trois ans, la société sortira de ces conditions de pandémie. Elle se retrouvera dans un monde plus numérisé que jamais. Pourquoi pensez-vous que de grands espaces comme la Gaspésie ont été aussi populaires depuis mai? Parce qu’une partie significative de la population en a déjà marre du numérique à outrance.
On commence tout juste à calculer les effets néfastes sur les êtres humains des exagérations numériques, tant sur l’équilibre mental que sur l’équilibre financier, puisque les géants du Web sont en train d’asseoir une puissance qui sera difficile à déloger.
Personne ne veut de l’emploi de François Legault, présentement. On peut comprendre, dans une période au cours de laquelle le Québec fait assez piètre figure en matière de contrôle de la COVID-19, que le gouvernement soit soumis à une pression intenable pour améliorer son bilan. Cette pression a pour effet de centraliser pratiquement chaque décision vers le bureau du premier ministre, le ministère de la Santé, la Direction de la santé publique et le Conseil du trésor.
Il doit toutefois y avoir moyen de trouver, après huit mois, un meilleur équilibre dans les décisions, dont celles touchant les arts et la culture.
Un nombre grandissant d’experts craignent davantage les effets de la pandémie sur la santé mentale que sur la santé physique des Québécois. La gestion du coronavirus fait partie d’un parcours parsemé de risques calculés. Il serait dommage, dans la suite des choses, que l’État continue de pénaliser les premiers de classe qu’ont été les piliers du milieu artistique et culturel depuis mars.
Ordures, concentration incontrôlée de gens dans des milieux fragiles, excréments humains et animaux, feux allumés sans égard à l’indice d’inflammabilité, passage sur des terrains privés sans la moindre gêne et empiétement de la végétation protégeant les plages contre l’érosion constituent un échantillon sommaire des actions observées entre la fin de mai et septembre.
Les autorités municipales, régionales et nationales ont plaidé, parfois avec raison, l’impossibilité de prévoir une telle convergence vers la Gaspésie, qui s’est imposée dès le décloisonnement des régions le 18 mai comme le refuge préféré des citadins en mal d’espace et retenant leur souffle depuis la mi-mars.
Toutefois, cette convergence surprise, alors qu’on ne pouvait prévoir une saison touristique au Québec jusqu’à la mi-mai, aurait pu déboucher sur des ajustements rapides relativement mineurs en matière de mobilisation matérielle et de main-d’œuvre.
Comment se fait-il qu’autant de toilettes publiques soient restées fermées des semaines après les premiers débarquements massifs de touristes? N’y avait-il pas aussi moyen de déployer des toilettes chimiques en plusieurs endroits dépourvus de blocs sanitaires?
Il y a une constante incontournable dans l’humanité. Tout le monde mange, boit, urine et défèque. On n’en sort pas. Si beaucoup de gens viennent, il faut s’attendre à traiter, au sens propre et au sens figuré, ces réalités immuables.
Le post-mortem de l’automne nous permettra sans doute d’en apprendre davantage sur ce qui n’a pas été fait. Ce sera alors le moment pour la population locale de faire un examen des améliorations à apporter individuellement.
Oui, des touristes ont sali nos plages, nos abords de routes et certains de nos sentiers. Mais pouvons-nous vraiment, collectivement, leur donner des leçons de propreté ?
Quiconque marche régulièrement le long des plages remarque la présence de détritus avant d’avoir parcouru quelques centaines de mètres, quelle que soit la saison. Sacs et bouteilles de plastique, pneus, bouteilles de verre brisées ou pas, matériaux de construction, verres et tasses jetables des vendeurs de beignes, contenants de styromousse, agrès de pêche sportive ou commerciale sont autant de détritus visibles de janvier à décembre.
N’importe quel cycliste jetant un coup d’œil au fond des ravins et même aux accotements, à la fin d’avril ou d’octobre, donc avant et après le passage des touristes, verra des quantités saisissantes de déchets, surtout des canettes de bière ou de boissons gazeuses, de même que des contenants de boisson soi-disant énergisante.
Les routes forestières et les rivières ne sont pas en reste. On s’entend tous pour dire que c’est une minorité de chasseurs, de baigneurs, de canoteurs et de randonneurs qui laissent derrière eux leurs cochonneries, mais c’est la majorité des usagers, dont des touristes, qui les voient.
Ceux qui sensibilisent leurs usagers depuis des années, notamment les firmes et organismes évoluant le long de la rivière Bonaventure s’en tirent mieux parce qu’ils font de la sensibilisation depuis longtemps. Le progrès est donc possible.
Nous avons déploré le passage de véhicules de touristes sur nos dunes et bancs de sable, mais dans certains cas, lorsque les autorités ont bloqué l’accès à ces lieux fragiles, certains Gaspésiens se sont rebellés, revendiquant leur usage. Un milieu fragile demeure pourtant vulnérable pour tous, quelle que soit l’origine du conducteur de véhicule tout terrain ou de la camionnette.
Quel message envoie-t-on aux visiteurs si nous n’appliquons pas nous-mêmes des règles élémentaires de propreté et de protection de nos écosystèmes?
Ne serait-il pas temps que des nettoyages systématiques des plages et des lieux habités de la région soient effectués, qu’il s’agisse d’initiatives citoyennes ou municipales? Il est clair que ce sont essentiellement les mêmes personnes qui s’engagent répétitivement dans ce genre d’opérations, mais c’est ainsi qu’on démarre des courants populaires durables.
Il est facile de pester contre les touristes. Il y a néanmoins quelque chose de touchant à la vue de personnes arpentant les plages, ou les sentiers donnant accès sur nos grands espaces dégagés, ou nos forêts. Il est clair que la Gaspésie a joué un rôle majeur dans l’oxygénation du Québec après des mois de réclusion forcée.
Les Gaspésiens ont travaillé fort pour que la région devienne une destination majeure pour les autres Québécois et les visiteurs d’un peu partout sur la planète.
Ce qui s’est passé durant l’été n’est pas encore du « surtourisme » généralisé, ce phénomène par lequel un espace donné est envahi au point où il en devient dénaturé. C’était toutefois le cas en certains endroits, comme la rivière aux Émeraudes, Coin-duBanc ainsi qu’à Barachois, Douglastown et Haldimand, des lieux victimes de leur beauté, pourrait-on dire.
Comme la pandémie de COVID-19 risque de se perpétuer jusqu’à l’an prochain, sinon au-delà, il y a fort à parier que la Gaspésie constituera de nouveau un refuge pour les gens en mal d’espace, d’air pur, d’eau salée, de nature et de courtoisie.
Cette année, les instances touristiques régionales ont mis l’accent sur la nécessité de réserver un hébergement avant de venir en Gaspésie. Le message a été bien diffusé, mais quelques milliers de personnes ont opté pour le camping sauvage et ils feront sans doute de même en 2021. Il nous reste donc à préparer leur arrivée en ajoutant un message de salubrité à cette campagne de publicité, et à apprendre nous-mêmes à présenter une région impeccable, région qu’il sera encore plus gênant de souiller si nous donnons l’exemple.

La Gaspésie a servi de refuge pour les visiteurs en quête d’hébergement modique, d’oxygène, d’espace et de contemplation. Photo : Gilles Gagné
Le problème, c’est que collectivement, les êtres humains attendent généralement que les situations dégénèrent en crises avant d’agir. Sans affirmer que l’être humain a provoqué la crise du coronavirus, il est clair qu’il a souvent attendu que la situation dégénère sérieusement avant de bouger. Il y a une part compréhensible. La dernière pandémie touchant l’humanité à ce point remonte à 100 ans. Les témoins sont donc extrêmement rares et l’histoire, pauvre elle, est une discipline qui se distingue davantage par la faculté d’une majorité d’êtres humains d’oublier que de se souvenir.
Quelles leçons retiendra l’humanité de la crise actuelle? Reprendre au plus sacrant notre rythme de consommation d’avant le 12 mars, ou s’imposer un rigoureux examen sur l’exploitation des ressources nécessaires à la production des biens de consommation, et de l’impact de cette exploitation sur la nature? Miser sur la qualité et la durabilité plutôt que sur les objets jetables représente une façon d’éviter la surexploitation de ressources limitées. Nous n’avons qu’une planète, pas quatre.
Dans un texte brillant publié le 22 février dans La Presse, l’auteur, chroniqueur, humoriste et avant tout docteur en océanographie Boucar Diouf, indique que la crise pourrait bien découler de la détérioration des habitats naturels, détérioration qui met en contact plus fréquent des espèces sauvages et les être humains. Ce phénomène augmente en gros la probabilité que des virus touchant les animaux mutent et affectent les êtres humains, qui se retrouvent alors vulnérables devant cet inconnu. Ces contacts sont multipliés parce que l’être humain détruit les habitats fauniques.
Spécialiste des océans, Boucar Diouf se réfère aussi à d’autres scientifiques ayant observé qu’en mer, les virus les plus dommageables affectent généralement les prédateurs les plus menaçants. Il se demande donc si cette tendance se transpose sur terre. À cet égard, il est clair que l’Homo sapiens, arrivé tardivement si on compare sa présence à celle d’autres êtres vivants, occupe incontestablement la position de tête des prédateurs dommageables!
Bref, une réflexion s’impose. Depuis des décennies, les êtres humains refusent majoritairement de modifier leurs habitudes de consommation malgré des signes visibles, voire criants, et incontestables que leur présence affecte, parfois irrémédiablement, l’environnement. Les dommages à l’environnement, principalement à la qualité de l’eau et de l’air, tuent déjà 250 000 personnes par an sur la terre, sans générer de mobilisation comparable à celle de la lutte au coronavirus.
Paradoxalement, il aura suffi d’un virus invisible, excepté pour des chercheurs et des laborantins, pour mettre l’humanité à genoux.
La mobilisation est donc possible quand l’humain a peur, une peur justifiée ici. Ne serait-il pas plus judicieux de bouger avant cette grande frayeur? Les gens veulent vivre. Mais ne serait-il pas valable que la vie actuelle ne se fasse pas au détriment de celle des générations suivantes, de nos enfants?
L’action collective démarre difficilement dans notre société individualiste, mais quand la preuve nous explose à la figure, comme c’est le cas depuis le 12 mars, premier jour d’intervention massive de nos gouvernements, il y a de la place pour l’espoir.
Qui saura incarner le changement? Malgré son ton rassurant depuis le début de la crise, François Legault aura peut-être de la difficulté à monter la marche suivante, celle des changements environnementaux. Où trouvera-t-on un Horacio Arruda de l’écologie, une personne qui pourrait inspirer le premier ministre québécois? M. Legault saura-t-il se laisser toucher par des questions plus complexes? Il n’a pas été très inspirant face à des enjeux requérant une pensée plus moderne depuis l’élection d’octobre 2018.
Le monde de demain, qu’il soit gaspésien, québécois, canadien ou mondial, devra changer. Il devra choisir à sa tête des gens épris de justice sociale, de partage des revenus, d’équité dans les chances de réussite, d’achat local et de fabrication locale.
Il devra revoir la notion de réussite, changer les paramètres des systèmes d’éducation, redonner une place à l’empathie, puisqu’une société est notamment jugée par le sort qu’elle réserve à ses éléments vulnérables.
Les citoyens des États-Unis, de la Russie et du Brésil, pour ne nommer que ces pays, sauront-ils se débarrasser d’incompétents comme Donald Trump, Vladimir Poutine et autres Jair Bolsonaro, des gens indignes de leur fonction?
Il faut aussi remettre en question le modèle économique qui fait de Costco, Walmart et surtout Amazon, les grands gagnants de la crise actuelle. C’est un modèle qui faillit à la tâche en équité sociale et fiscale, alors que la terre compte assez de richesse pour tout le monde. C’est le même modèle qui mène au gaspillage de 30 % des aliments produits, déclassés avant leur mise en marché.
On en a marre des Netflix qui n’ont pas payé de taxes sur des revenus de 780 M$ au Canada l’an passé, des Uber qui minent les services publics en outrepassant leurs contributions fiscales, des milliardaires qui remettent en doute l’utilité de l’état et qui ne paient pas d’impôt avec le consentement, belle contradiction, des législateurs, nos gouvernements.
Walmart et Amazon créent de l’emploi? Non, elles exploitent du monde à faible salaire au bénéfice d’une inutile et immorale accumulation de richesse de leurs propriétaires, cette même accumulation qui fait que 40 % de salariés vivent de paie en paie. Qui va défrayer la nécessaire centaine de milliards de dollars qu’allongera le Canada pour atténuer la crise du coronavirus? Les contribuables, pas les milliardaires.
On recycle comment ces pirates? On cesse d’acheter chez eux, et on les envoie aider les employés de supermarchés et de pharmacies, qui prennent, avec les employés de la santé, les plus grands risques depuis le début de mars, à répondre à trop de gens ne respectant pas les quarantaines.
Sans être facile, se mobiliser pour amorcer ces virages de façon réfléchie est plus aisé que de s’enfermer des semaines ou des mois à la maison, moins difficile que de s’exposer à d’autres crises du genre, dans une attente ponctuée de fièvres de consommation qui creusent le trou dans lequel s’enlise l’humanité.
À l’origine du projet, il est permis de croire que les dirigeants de la firme albertaine entretenaient plus qu’un filet d’espoir même si, dans le ténébreux monde des hydrocarbures, l’espoir est souvent gonflé par des ballons boursiers profitant essentiellement aux dirigeants de compagnies à court terme. Certains dirigeants agissent sans trop de considérations pour vérifier s’il y a vraiment des hydrocarbures en bout de course.
Les premiers balbutiements de Corridor Resources dans le golfe Saint-Laurent remontent à 1996. La firme a préparé un projet et réalisé des levés séismiques visant à démontrer que l’emplacement Old Harry recelait du pétrole et du gaz.
Jusqu’à preuve du contraire, Old Harry est souvent et faussement appelé « gisement ». C’est essentiellement un lieu, un emplacement en mer puisqu’aucune preuve de présence de pétrole et de gaz n’a été faite. Tout n’est présentement basé que sur des modèles géologiques découlant de levés séismiques et de relevés électromagnétiques. Aucun forage n’a été réalisé en 24 ans.
Pendant tout ce temps, il aurait été rassurant de constater, surtout au cours de la dernière décennie, qu’aucun forage n’a été réalisé parce que les autorités réglementaires veillaient à ce qu’on ne prenne pas de chance avec la fragilité du golfe Saint-Laurent.
Si aucun forage n’a été réalisé, c’est surtout parce que Corridor Resources n’a pas trouvé de partenaires financiers. Elle n’a pas trouvé de tels partenaires parce que les tests préliminaires n’étaient pas prometteurs.
Parce que du côté des autorités réglementaires, comme l’Office CanadaTerre-Neuve-Labrador des hydrocarbures extracôtiers, on a laissé toutes les chances à Corridor Resources d’étirer le projet. L’Office est allé au bout des règlements, et au-delà, pour rallonger trois fois la vie des permis de la firme d’exploration.
La dernière fois était à ce point discutable que la Coalition Saint-Laurent a intenté une action pour que soit invalidée la période de quatre ans accordée en 2017 par l’Office Canada-Terre-Neuve-Labrador afin de donner une autre chance à Corridor Resources.
À ce moment, l’Office n’avait pas exigé de la compagnie un dépôt d’un million pour maintenir son permis en vigueur. L’Office avait imputé cette rallonge de quatre ans au délai de tenue d’audiences publiques portant sur le projet. Ces audiences devaient permettre aux groupes autochtones, fortement opposés aux forages à Old Harry, de s’exprimer en détails. Or, l’organisation des audiences faisaient partie des responsabilités de l’Office. C’est sa propre ineptie qui donnait vie aux ambitions de Corridor.
Fait significatif, la firme semble avoir cessé de croire en Old Harry en juin 2018 en dévoilant des résultats de relevés électromagnétiques. Elle a même changé de nom et se concentre sur les gisements terrestres de gaz.
On comprend mieux que la Coalition Saint-Laurent, même si le projet terre-neuvien est mort, ait demandé à la Cour suprême de Terre-Neuve de s’assurer que l’Office ne redonne plus de vie supplémentaire à de telles initiatives, puisqu’il existe sans l’ombre d’un doute d’autres firmes du genre. La Coalition milite depuis une décennie pour l’imposition d’un moratoire sur les forages dans le golfe, avec l’appui de groupes de pêcheurs et des Premières Nations, entre autres.
Corridor Resources n’avaient pas les reins assez solides pour entreprendre quoi que ce soit dans le golfe. Un seul forage coûte entre 50 et 60 M$. Il faut déposer 100 M$ en garantie et compter sur un actif d’au moins un milliard (G) $ pour le réaliser, selon les exigences de l’Office Canada-Terre-NeuveLabrador. Récemment, les liquidités de Corridor ne s’établissaient qu’à 30 M$ et l’actif, à 130 M$.
À ceux qui pensent que la réglementation est contraignante parce qu’elle impose un actif de 1 G$ aux promoteurs, rappelons que l’explosion de la plate-forme Deepwater Horizon dans le golfe du Mexique en avril 2010 a causé des dommages de 61,6 G$. Ce décompte date de 2016. Il s’agissait d’un forage exploratoire.
Les provinces entourant le golfe Saint-Laurent ne sont pas les plus riches mais elles tirent depuis des siècles une grande partie de leur subsistance de ce golfe. La situation des pêches s’est améliorée sensiblement depuis dix ans, notamment en Gaspésie et aux Îles-de-la-Madeleine. Le tourisme aussi atteint des sommets. Plus que tout autre facteur, nos côtes offrent un milieu de vie exceptionnel.
Ces réalités économiques, sociales et culturelles dépendent de la santé du golfe. Il serait stupide de les menacer pour le bénéfice de compagnies pétrolières réelles ou spéculatives.
Or, le danger existe encore. Dix permis d’exploration sont toujours en vigueur du côté québécois du golfe Saint-Laurent, dont deux détenus par Corridor Resources, à Old Harry. Les autres permis sont situés au large de la Basse-Côte-Nord. Ils sont détenus par Sky Hunter Exploration depuis 1997. La firme s’en est servie pour tester des techniques d’exploration aéroportée.
Il n’existe pas de projet de forage pour ces deux firmes du côté québécois, pas plus qu’il n’existe d’entente entre les gouvernements québécois et fédéral pour établir une nécessaire « loi miroir » préalable à tout projet exploratoire, incluant un forage. Une loi miroir sous-entend des réglementations similaires aux deux paliers de gouvernement. Les 10 permis québécois sont suspendus en raison de l’absence d’entente entre Québec et Ottawa, mais ils ne sont pas abolis.
Pourquoi le gouvernement de la CAQ, qui semble chercher occasionnellement, et souvent maladroitement, des causes environnementales, ne profiterait-il pas de l’absence de projet de forage pour déterminer qu’il n’y aura pas d’exploration d’hydrocarbures du côté québécois du golfe?
La partie ouest du golfe, jusqu’à l’île d’Anticosti mais sans l’entourer, est sous moratoire depuis 2011. Considérant qu’un déversement dans sa partie est s’étendrait rapidement un peu partout, à la faveur des vents, des courants et des marées, la logique de précaution suggère que le moratoire soit étendu à tout le golfe.
La logique de circulation des fluides s’applique bien sûr aux autres provinces. Le Québec maritime sera à risque si des forages sont réalisés à Terre-Neuve, par exemple. Mais si nous faisons le ménage dans notre cour, les Provinces atlantiques trouveront peut-être que nous avons eu une bonne idée. L’inertie n’est plus une solution.
À Montréal, environ 400 000 personnes se sont mobilisées en présence de Greta, qu’on peut désormais désigner par son seul prénom. On appelle ça un mouvement de masse, quand on tient compte des manifestations organisées tous les vendredis depuis des mois. Toutefois, il est permis de se demander : à quand un effet de masse favorable au climat?
Combien de personnes changent réellement leurs habitudes depuis quelques semaines ou quelques mois? N’est-il pas paradoxal de voir des centaines de véhicules mus par les carburants fossiles se stationner près des points de ralliement désignés pour les manifestations? À quand un mouvement spontané pour que ces rassemblements découlent du fruit d’un déplacement en transport en commun?
À quand une réflexion quotidienne sur la façon d’utiliser le moins souvent possible nos véhicules personnels, afin de limiter notre consommation globale de pétrole? Est-il nécessaire de prendre l’auto huit fois par jour quand on peut concentrer ses courses en un ou deux déplacements, en y pensant bien? Et si on y allait à pied, quand c’est possible, ou en vélo?
Et si la prochaine manifestation était exclusivement réservée aux gens s’y rendant en transport en commun? La Gaspésie n’est pas Montréal en matière de disponibilité d’autocars. En s’y prenant d’avance toutefois, en discutant avec les propriétaires d’autobus scolaires, les organismes de transport adapté et la Régie intermunicipale de transport Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, la RéGIM, il serait possible d’arriver à des résultats étonnants, et porteurs d’une réflexion collective plus durable.
Il est temps de faire plus afin de produire moins de gaz à effet de serre. En termes de hockey, il faut hausser notre jeu d’un cran.
Nous calculons généralement très mal le coût d’utilisation d’un véhicule personnel. Les organismes s’y connaissant en la matière suggèrent qu’il en coûte près de 50 cents par kilomètre parcouru. Ainsi, un citoyen partant seul de Bonaventure afin d’assister à une manifestation à New Richmond aura théoriquement dépensé 30 $ en parcourant les 60 kilomètres de l’aller-retour. On comprend qu’une contribution de 6 $ ou 10 $ à un propriétaire d’autobus aurait représenté une économie monétaire et environnementale.
Le paiement de compensations des émissions de gaz à effet de serre est ultimement un moindre mal. La vraie façon d’aider la planète, l’humanité en fait, c’est de réduire la sollicitation des ressources, dont les carburants fossiles.
Le même raisonnement s’applique à la récupération de matières, et à leur recyclage subséquent. Dans un contexte idéal, la réduction des emballages de plastique, de papier et d’autres substances difficilement récupérables devrait primer sur le remplissage du bac bleu. La consigne devrait s’appliquer au maximum de produits de verre, dans un contexte de ressources terrestres limitées.
Les citoyens doivent lancer le mouvement vers une société plus verte. Nous ne pouvons certainement pas compter sur nos supposés leaders politiques pour donner l’exemple, en tout cas pas ceux qui occupent des positions de pouvoir depuis plusieurs années.
Au Québec, le gouvernement de Jean Charest a préparé le terrain pour l’exploration pétrolière à l’île d’Anticosti, et le régime suivant de Pauline Marois a lancé les forages. Le gouvernement dirigé par Philippe Couillard a nommé David Heurtel au poste de ministre de l’Environnement, un geste dénotant une bien faible préoccupation écologique. M. Heurtel s’est distingué par une ineptie déstabilisante, ineptie que l’actuel ministre de l’Environnement Benoit Charrette veut empirer, si on se fie à ses récentes déclarations. Quand on pense que le troisième lien à Québec constitue un projet écologique parce que des autos électriques y passeront, c’est qu’on n’a rien compris, ou qu’on prend les gens pour des imbéciles.
Le gouvernement fédéral est aussi très loin de briller en écologie. L’ex-premier ministre Stephen Harper s’est livré à une déréglementation massive pour neutraliser les lois environnementales et satisfaire ses amis du secteur pétrolier. Le premier ministre actuel, Justin Trudeau, a enclenché quelques initiatives favorables depuis 2015, mais il a annihilé toute possibilité de bilan positif en achetant le pipeline Trans Mountain et en s’engageant à tripler sa capacité pour acheminer ailleurs, le pétrole le plus sale de la terre.
Un virage vert sous-entend la modification de certains éléments de vie nous procurant du confort. Privilégier le transport en commun dans nos déplacements sur de longues distances, malgré les déficiences de nos services d’autocar et de train, constitue une façon d’y arriver, tout comme le covoiturage. Le confort repose en grande partie sur des habitudes, et ces habitudes peuvent être changées. On peut même y voir un jeu, et ce jeu écologique mènera la société vers des économies de ressources et d’argent.
Ce leadership citoyen doit s’adresser aux entreprises les plus polluantes, celles qui ne paient pas pour les dégâts qu’elles causent. Les gens seraient surpris de voir à quel point un petit boycott lance un message limpide aux dirigeants de ces firmes.
L’aveuglement volontaire peut sembler confortable. Toutefois, le mur est là et il arrive de plus en plus vite. Plus nos oeillères se referment, plus le contact fera mal, le mur étant devenu invisible et plus inébranlable que jamais. Ce dur contact coûtera en outre beaucoup plus cher, socialement et économiquement, si nous ne prenons pas les moyens pour l’amortir.
Les grands oubliés des dernières décennies, ce sont les jeunes, nos jeunes, ceux qui ne pourront disposer du confort dont les plus vieux ont bénéficié, généralement aux dépens de la génération montante.
Les technologies existent pour amorcer le vrai virage vert et plus nous y consacreront du temps, de la concentration, de l’argent et de l’inspiration, plus tôt nous amorcerons ce virage. Nous le devons à notre jeunesse.
La députée libérale sortante de Gaspésie- Îles-de-la-Madeleine, Diane Lebouthillier, ministre du Revenu national, a terminé son mandat en multipliant les annonces. Elle n’avoue pas que le contexte électoral dictait cette allure effrénée, expliquant que chaque été provoque cette panoplie d’annonces, les députés pouvant passer plus de temps dans leur circonscription.
C’est comme prendre les journalistes, leurs lecteurs et auditeurs pour des valises, mais elle n’aura pas été la seule dans l’histoire à déployer ces artifices pré-électoraux. Elle a toutefois terminé en force le 26 août en annonçant 45,8 M$ pour la réfection du chemin de fer entre Port-Daniel et Gaspé, portion sur laquelle le ministère des Transports du Québec, propriétaire de l’axe Matapédia-Gaspé depuis 2015, se traînait passablement les pieds.
Diane Lebouthillier aura mis du temps avant de donner son appui au réseau ferroviaire. On se rappellera qu’au cours de la campagne de 2015, elle avait dit privilégier l’autobus avant l’avion, et l’avion avant le train.
Elle avait alors bénéficié largement de la vague ayant porté Justin Trudeau et les libéraux au pouvoir. Cette année, le premier ministre est beaucoup moins populaire, et Mme Lebouthillier a dû se rendre à l’évidence: le chemin de fer constitue un outil de développement incontournable en Gaspésie, et il le restera. Elle a sûrement réalisé récemment que les citoyens tiennent à ce réseau ferroviaire. Elle aurait eu tort, dans un contexte électoral serré, où chaque circonscription québécoise vaut son pesant d’or, d’ignorer cet enjeu.
Le défi qui se présente à Mme Lebouthillier, c’est de faire oublier aux électeurs la perception qu’elle a davantage défendu son gouvernement ici qu’elle a présenté les revendications gaspésiennes à Ottawa. Sa lenteur à s’engager dans le dossier ferroviaire, sa faible position dans la nécessaire réfection du phare de Cap-des- Rosiers, et une position peu convaincante dans certains assouplissements promis mais non livrés en assurance-emploi ont miné sa situation.
Elle s’est rattrapée partiellement en avouant en avril que la Garde côtière canadienne était sous-équipée pour remplir ses mandats, après le cafouillage inutile ayant contribué à l’inondation du village de Matapédia les 20 et 21 avril. La Garde côtière a aussi failli lamentablement à la tâche de dégager des havres de la Péninsule acadienne, au Nouveau-Brunswick, afin que la saison de pêche au crabe des neiges ouvre tôt, pour minimiser les interactions ultérieures avec les baleines noires.
Les candidats des autres partis dans Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine doivent composer avec des défis différents. Maire de Saint- Maxime-du-Mont-Louis, Guy Bernatchez, du Bloc québécois, est relativement inconnu au sud de la péninsule et dans l’archipel madelinot. Son parti reprend vie depuis l’arrivée d’Yves- François Blanchet à sa tête, mais il pourrait manquer de temps.
Jean-Pierre Pigeon représente de nouveau le Parti conservateur. Son grand handicap demeure le même, faire oublier le bilan régional désastreux du gouvernement de Stephen Harper entre 2006 et la dernière élection, le type de bilan qui laisse un goût de cendres dans la bouche pour une génération
En neuf ans et demi, les conservateurs avaient fait chuter le nombre de fonctionnaires fédéraux de 28% en Gaspésie et aux Îles, de 257 à 186, souvent à des fins purement partisanes, en les transférant dans des circonscriptions votant du « bon bord ». Les conservateurs avaient dans le même intervalle haussé de 2,8%, ou 7100 personnes, le nombre de fonctionnaires au pays.
Le candidat du Parti populaire du Canada, Éric Hébert, un géologue de Murdochville, aura la tâche de faire oublier les futilités déclenchées par son chef Maxime Bernier.
Dennis Drainville, qui représente le Parti vert, 22 ans après avoir été candidat néo-démocrate dans la région, pourrait brouiller les cartes en venant gruger dans la majorité de Diane Lebouthillier, notamment chez les anglophones, et en obtenant des votes qui seraient normalement allés au NPD. En débat, cet ancien évêque anglican montrera sa capacité de rester près des préoccupations des gens.
Parlant du Nouveau parti démocratique, Lynn Beaulieu n’a certainement pas simplifié son début d’automne en décidant de défendre cette bannière. Elle doit composer avec l’incapacité de Jagmeet Singh de communiquer son programme malgré un côté sympathique, et elle doit aussi se faire connaître du côté sud de la circonscription, une grosse commande. Il est singulier de constater qu’il y a quatre ans, c’est un néo-démocrate, Philip Toone, qui défendait son siège.
Dans Avignon-La Mitis-Matane-Matapédia, le député libéral sortant Rémi Massé part avec une avance du simple fait que ses adversaires sont souvent des néophytes en politique fédérale ou en politique tout court.
M. Massé n’a rien cassé depuis 2015 et s’il a démontré une capacité d’écoute plus sensible que celle de Diane Lebouthillier, il a été lent à reconnaître le cafouillage de la Garde côtière à Matapédia. À sa décharge, il a accordé une attention assez soutenue aux communautés de Gesgapegiag et de Listuguj.
La candidate conservatrice Natasha Tremblay démarre sa campagne avec le même handicap que Jean-Pierre Pigeon, le lourd passé du régime Harper. Kristina Michaud, qui brigue la bannière du Bloc québécois, devra comme tout le monde percer dans la MRC d’Avignon. Âgée de 26 ans et ex-employée du député péquiste de Matane-Matapédia Pascal Bérubé, elle a montré jusqu’à maintenant plus d’assurance que ses adversaires.
Le défi sera immense pour le néo-démocrate Rémi-Jocelyn Côté, un ex-militaire devenu entrepreneur et conseiller municipal de Sainte- Luce, à l’autre bout d’une circonscription chevauchant deux régions administratives. Le Parti vert du Canada, avec James Morrison, le Parti populaire du Canada, représenté par Ross Carnahan et le Parti Rhinocéros, avec Mathieu Castonguay, pourraient avoir besoin d’un petit miracle pour jouer un rôle déterminant dans ce scrutin.
Quel que soit le parti au pouvoir, le palier fédéral s’est éloigné des citoyens depuis 35 ans, à travers les réformes de l’assurance-emploi, des compressions touchant Pêches et Océans Canada et les infrastructures de transport. L’électorat est conséquemment moins attentif lors d’un scrutin fédéral, ce qui peut donner des résultats plus volatils, comme en font foi les vagues néo-démocrate et libérale de 2011 et 2015 au Québec. Reste à savoir si une telle vague pourrait se répéter en 2019, et à qui elle bénéficierait.
Les Gaspésiens se demandaient bien, à la suite au scrutin du 1er octobre, ce que leur réserverait la Coalition avenir Québec (CAQ). Après tout, M. Legault, lors de la campagne de 2018 comme lors de celle de 2014, s’était largement servi de leur région comme bouc émissaire, en dénonçant l’appui financier des régimes péquiste et libéral à la cimenterie de Port-Daniel et en salissant régulièrement l’énergie éolienne.
Lors de la dernière campagne, le chef de la CAQ cherchait de cette façon à rallier des votes urbains à sa cause, comme un animateur de radio-poubelle de la capitale ou de la métropole cherche à faire augmenter ses cotes d’écoute. La Gaspésie a le dos large. François Legault avait sûrement compris depuis un bout de temps qu’il ne raflerait aucun siège ici. Il avait démontré au fil des ans une incapacité à comprendre nos réalités, et il était permis de penser qu’il n’essayait pas fort non plus.
Il a dit lors de la prestation de serment de son cabinet que son gouvernement serait celui de tous les Québécois. Ce changement d’attitude a été accueilli avec scepticisme. Comment croire à une telle conversion d’un homme qui avait induit les Québécois en erreur en campagne électorale, disant en plein débat télévisé que la Gaspésie avait coûté 2,5 milliards $ aux Québécois en raison de l’adoption de programmes de production d’énergie éolienne ?
Le montant reste à prouver sur le plan comptable, et des parcs éoliens ont été construits partout au Québec, pas seulement en Gaspésie. De plus, M. Legault n’a pas semblé comprendre avant d’être élu au gouvernement que l’énergie éolienne contribue de façon significative à la balance commerciale du Québec parce que des entreprises comme LM Wind Power exportent des composantes pour des centaines de millions de dollars par an.
Depuis la désignation du cabinet le 17 octobre, le changement d’attitude tant souhaité est pourtant bien survenu. François Legault et des membres de son cabinet ont pensé et agi avec vitesse et souplesse dans certains dossiers favorables à la Gaspésie. Qui aurait pu prédire que le premier ministre viendrait annoncer 12,8 millions (M)$ pour les pêches et 16,6 M$ pour les aéroports avant Noël?
Les dossiers étaient prêts? Ils ont été annoncés. En pareilles circonstances, les libéraux de Philippe Couillard auraient étiré les choses pendant des mois, sinon des années. Ils auraient attendu à la prochaine élection peut-être.
Bon, M. Legault y est allé de propos électoralistes en décembre à Gaspé, à l’effet qu’il voulait s’assurer que les Gaspésiens voteraient pour lui à l’avenir mais au final, le bilan de sa visite, et de ses 100 premiers jours au pouvoir, est positif.
Le mot d’ordre à l’effet de former un gouvernement pour l’ensemble des Québécois, dont les Gaspésiens, semble aussi suivi par plusieurs membres de son cabinet.
Le ministre des Transports, François Bonnardel, a rapidement rassuré la région au cours de l’automne en matière de réfection du chemin de fer Matapédia-Gaspé. Le programme de 100 M$ annoncé par Philippe Couillard en mai 2017, après trois ans de recul et de surplace, suivra son cours.
M. Bonnardel a aussi vite réagi dans les dossiers de lien maritime entre Matane et la Côte-Nord en mettant de la pression sur la Société des traversiers du Québec dans le but de pallier assez rapidement, bien que temporairement, les lacunes du traversier presque neuf F.A.-Gauthier. Là aussi, le gouvernement libéral avait tergiversé au point de ne rien faire.
François Bonnardel s’est fait peu d’amis aux Îles-de-la-Madeleine en reculant dans le dossier du remplacement du CTMA Vacancier. Si le report de cinq mois qu’il impose est trop long, l’exercice visant à connaître plus précisément le vrai coût de ce remplacement est nécessaire, surtout qu’il est mené en partie par la Société des traversiers du Québec, une entité publique qui n’inspire pas la plus grande confiance depuis quelques années.
En gros, François Legault devra travailler fort pour prouver qu’il a plus de profondeur que l’aspirant au pouvoir qu’il était avant le premier octobre. Il a au moins l’humilité d’admettre qu’il ne sait pas tout et qu’il se trompe parfois. Philippe Couillard, Gaétan Barrette, Martin Coîteux et autres Carlos Léitao distillaient une prétention de perfection qui ne sera pas regrettée.
M. Legault avait dit en début de mandat qu’il écouterait et il l’a démontré plusieurs fois. Les ressources supplémentaires dévolues aux soins à domicile le prouvent. C’est une autre lueur d’espoir.
Il existe présentement une perception bien établie à l’effet que les coffres du gouvernement du Québec sont pleins, gracieuseté de l’austérité du régime précédent.
L’État déclare effectivement des surplus depuis deux ans, mais ils ont été largement obtenus en négligeant des édifices qu’il coûtera maintenant bien plus cher à réparer, ou qu’il faudra reconstruire. Les services aux usagers de tous les domaines, santé, éducation, services sociaux et par la bande, les groupes communautaires ont, entre autres, été négligés. Il coûtera très cher pour « réparer » des êtres humains fragilisés depuis des années.
’il est un bon comptable, François Legault interviendra assez rapidement pour corriger le tir dans les domaines victimes de sous-investissement depuis trop longtemps.
Est-ce ce qui explique sa faible redistribution de surplus lors de l’énoncé budgétaire de fin d’année? Le budget du printemps nous le dira.
En attendant, il convient de garder un œil attentif sur ce nouveau gouvernement. Des dossiers importants pour la région, comme l’environnement, le développement ou non de la filière pétrolière, l’énergie éolienne, l’avenir de la réforme Optilab, le nouveau déploiement d’Investissement Québec dans les régions, la place donnée aux transports interurbains de toutes sortes et l’avenir des commissions scolaires confirmeront ou pas la perception raisonnablement favorable des 100 premiers jours.
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En gros, la réglementation québécoise interdit la consommation du cannabis là où le tabac est proscrit. La position de Gaspé et de Sainte-Anne-des-Monts, les deux villes ayant adopté des règlements plus contraignants que ceux de l’État québécois, ajoute le bannissement du cannabis fumé dans les lieux où l’alcool est aussi interdit.
Pour expliquer leur position, les maires Simon Deschênes, à Sainte-Anne-des-Monts, et Daniel Côté, à Gaspé, invoquent une préférence pour un éventuel élargissement de leur règlement contraignant, par opposition au resserrement d’un règlement initialement permissif. La MRC Côte-de-Gaspé devrait suivre le sentier tracé par Gaspé.
Dans ces villes et villages comme ailleurs, la suite des choses pourrait se traduire par un long processus d’ajustements mineurs.
La loi encadrant le cannabis au Québec interdit de fumer ou de vapoter dans les lieux publics et à neuf mètres de l’entrée de ces lieux, comme pour le tabac. L’interdiction pour le cannabis touche des lieux supplémentaires : les terrains des établissements de santé et de services sociaux, les terrains des cégeps et des universités, les pistes cyclables et les aires d’attente de transport en commun.
La loi prévoit que les municipalités peuvent ajouter des lieux tombant sous leur compétence en matière de nuisance, d’ordre public, de sécurité et de salubrité. On parle ainsi des parcs municipaux, des trottoirs et de terrains comme ceux ceinturant l’aréna, un stade, une bibliothèque et un centre communautaire.
La Direction de la santé publique de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine souhaite que les villes et villages n’ajoutent pas ces lieux de compétence municipale parce que ces contraintes risquent de favoriser la consommation du cannabis dans des endroits intérieurs, donc fermés, pour les gens moins aisés financièrement, des locataires notamment, souvent de jeunes adultes ou des personnes plus vulnérables financièrement ne possédant pas de terrain extérieur ou un accès à de grands espaces.
La fumée secondaire du cannabis risque donc de nuire à des gens qui ne fument pas, comme des enfants. Bref, des règlements municipaux plus contraignants risquent d’accentuer les inégalités sociales.
Jusqu’à présent, dans la MRC du Rocher-Percé, Percé a opté pour l’approche douce de la loi québécoise. Les MRC d’Avignon et de Bonaventure ont formé un comité conjoint pour adopter une approche commune. À première vue, la tolérance primera.
Soyons clairs : la consommation de cannabis est généralement considérée comme nuisible à la santé, exceptée dans des cas thérapeutiques, une utilisation légalisée en 2001.
Le cannabis n’est toutefois pas la seule substance dont la consommation peut déboucher sur des effets néfastes. Le tabac mène à peu près invariablement à des conséquences mesurables sur la santé, et l’abus d’alcool génère aussi des effets négatifs.
La légalisation du cannabis a été motivée par plusieurs facteurs, dont la nécessité de décriminaliser sa production et sa vente, notamment pour garder le contrôle sur sa qualité.
La drogue transigée sur la rue contient régulièrement d’autres substances pour la couper, afin d’augmenter la marge bénéficiaires des trafiquants. Ces substances non-testées peuvent entraîner des ennuis de santé parce qu’elles augmentent l’effet stupéfiant ou parce que la combinaison avec la drogue de base génère un hybride se rapprochant d’un poison.
On oublie que la légalisation du cannabis est une vieille idée. Déjà, en 1970, le Secrétariat d’état fédéral avait lancé une vaste consultation pancanadienne sur les besoins d’une jeunesse alors en pleine explosion démographique.
Le Comité jeunesse chargé de mener cette consultation, duquel faisait partie le Gaspésien Médor Doiron, avait déposé son rapport le 5 juillet 1971 au Secrétariat d’état, recommandant « que la culture, la vente, la possession et l’usage du cannabis soient légalisés [et] que les jeunes […] de 18 ans et plus aient le droit d’acheter et de consommer le cannabis ».
Le rapport recommandait aussi que « la distribution et la commercialisation du cannabis soient réglementées et contrôlées par le Gouvernement ». Ses auteurs demandaient au ministère de la Santé et du Bien-être de créer un « Secrétariat sur le drogue ». Le rapport a été tabletté et la société a ainsi perdu 47 ans de travail de sensibilisation à ce sujet.
Le crime organisé a depuis engrangé des milliards de dollars de profits, de l’argent qui aurait pu servir à l’éducation populaire sur les effets de la drogue et la nécessité d’ouvrir un meilleur dialogue entre parents et enfants, l’histoire prouvant l’impossibilité d’éradiquer les stupéfiants. De plus, parmi les milliers de personnes incarcérées pour possession ou trafic de cannabis, plusieurs sont devenues des criminels endurcis, les prisons servant souvent d’universités du crime.
Comment positionner la Gaspésie présentement, dans ce sujet chaud? La Direction de la santé publique montre le chemin à suivre.
Étant donné la forte croissance de visiteurs fréquentant la région, les Gaspésiens ont intérêt à passer un message clair.
La péninsule est généralement considérée comme une région cool. Les grands espaces, l’émergence de lieux de tourisme festif, la croissance des sports comme le ski hors-piste, le cerf-volant de traction et autres activités s’adressant principalement à des jeunes, suggèrent des règles homogènes pour la consommation du cannabis. On voit mal les touristes se promener avec une carte pour s’adapter aux louvoiements réglementaires.
La légalisation du cannabis ne créera pas de hausse soudaine de consommation. De plus, la Sûreté du Québec, qui agit comme police municipale en Gaspésie, aura bien plus à faire pour combattre le crime qu’à faire respecter une panoplie de subtilités municipales.
Nos élus ont conséquemment intérêt à adopter une approche souple.
Respect de la vie privée