le Mercredi 23 septembre 2026

Les représentants de ces localités se sont réunis récemment à Saint-Edmond-de-Grantham, dans le Centre-du-Québec. « On veut dire au ministre [de l’Environnement, David] Heurtel que c’est nous qui occupons le territoire et que c’est notre eau », lance François Boulay, maire de Ristigouche.

Les règlements adoptés par plus de 100 municipalités depuis deux ans imposaient un minimum de deux kilomètres entre un forage et une source d’eau potable. Le règlement provincial adopté en juillet réduit cette distance à 500 mètres, à moins qu’une étude hydrogéologique identifie un risque dans un rayon plus large. Le règlement de Québec rend inopérants les textes de loi municipaux.

À Ristigouche, « avec notre règlement, il restait le quart des terrains disponibles [pour des forages], versus les deux tiers et même plus avec le règlement de Québec, qui ouvre du territoire tout près de la route 132 et de la rivière Ristigouche », illustre M. Boulay.
Les 22 municipalités tenteront d’obtenir l’appui des 1100 autres de la province. Elles enverront une requête au ministre Heurtel afin qu’il approuve leurs règlements et les rende ainsi valides, une dérogation possible en vertu de la Loi sur la qualité de l’environnement.

Gaspé et la FQM réticentes

Gaspé, fer de lance de la lutte jusqu’à récemment, est peu encline à demander une dérogation. « On a demandé si longtemps à Québec d’avoir un règlement provincial et on s’est engagés à vivre avec », dit le maire Daniel Côté. Il qualifie toutefois de « légitime » la démarche des 22 municipalités et n’exclut pas d’y participer.

Le président de la Fédération québécoise des municipalités, Richard Lehoux, accueille froidement l’initiative des 22 municipalités. « Nous, on était satisfaits du règlement provincial, le plus sévère en Amérique du Nord. On le demandait depuis 2011. » M. Lehoux propose d’organiser une rencontre entre les municipalités et le ministre Heurtel.

La plupart des 22 municipalités sont situées au Centre-du-Québec, en Estrie, en Montérégie et dans Lanaudière, des régions dont le gaz de schiste est convoité.

Le ministre Gaétan Barrette veut doter la Gaspésie de cette nouvelle structure, dont le siège serait à Gaspé. Le CISS regrouperait sous sa coupe les activités des quatre centres de santé de la péninsule (incluant hôpitaux, CLSC et CHSLD), du Centre Jeunesse Gaspésie/Les Îles, du Centre de réadaptation de la Gaspésie et de l’Agence régionale de santé et de services sociaux.

Les conseils d’administration des huit instances fusionnées seraient abolis pour être remplacés par un seul, celui du CISS, dont le pdg et tous les membres seraient nommés par le ministre de la Santé. La nouvelle structure compterait environ 3700 employés.

Les Îles auront leur propre CISS, a annoncé vendredi le ministre Barrette, qui s’engage à amender son projet de  loi en conséquence.

Pertes d’emplois?

Le président de la Conférence régionale des élus Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine (CRÉGÎM), Daniel Côté, estime que via cette réforme, l’Agence régionale de santé sera en fait abolie. L’Agence emploie 85 personnes à Gaspé et est dotée d’une masse salariale de près de 5 millions de dollars.

« On s’enligne vers des pertes d’emploi, de salaires, qui ne feront plus rouler notre économie régionale », craint M. Côté. Il demande au ministre d’envisager que les employés puissent faire du « travail national » à partir de la région.

Le président de la CRÉGÎM appréhende un « effritement des pouvoirs de la région ». « Plusieurs des pouvoirs dévolus aux agences seront maintenant dévolus [au ministère de la Santé] à Québec. […] On fait le contraire de la décentralisation qu’on prêche depuis 20 ou 30 ans. »

Le mandat jeunesse noyé?

Le président du Centre Jeunesse Gaspésie/Les Îles, Robert Nicolas, redoute que le mandat jeunesse soit noyé à dans toutes les responsabilités du CISS. De plus, « la rapidité d’application de la réforme – le 1er avril prochain – surprend et déstabilise beaucoup de monde », dit-il.

Éviter la compétition

Pierre Michaud, un ex-pdg de l’Agence régionale maintenant à la retraite, interprète que les Agences ne seront pas réellement abolies, mais plutôt « au cœur » du nouveau CISS, qui « peut être une formule intéressante pour éviter la compétition entre les établissements, surtout entre les centres de santé ». Le CISS peut aussi être « un bon outil de rationalisation ». « A-t-on besoin de huit services de paie? », illustre-t-il.

Par contre, la réforme met le ministre en position « de gestion directe », ce qui n’est pas son rôle, estime M. Michaud. « Selon moi, un ministre doit donner des orientations et exiger des redditions de compte, pas gérer. »

La directrice de la protection de la jeunesse Gaspésie/Les Îles, Linda Keating, a livré ce message à l’occasion du bilan annuel de la DPJ, lundi à Gaspé. « On est inquiets d’entendre mentionner l’aide aux devoirs, les petits déjeuners et les garderies parmi les compressions budgétaires. […] Nous, on reçoit l’impact de ce qui n’a pas été fait en amont : les problématiques deviennent plus lourdes et l’État doit s’en mêler. »

En 2013-2014, la DPJ régionale a traité 1301 signalements, une hausse de 3 % par rapport à l’année précédente, et de 22 % par rapport à 2010. Le nombre de signalements retenus cette année s’est établi à 631, soit 10 % de plus qu’il y a quatre ans.

Environ 47 % des enfants pris en charge le sont pour cause de négligence ou de risque sérieux de négligence.

Depuis 2010, le Centre de jeunesse Gaspésie/Les Îles a dû retrancher 1,4 M$ à son budget, qui avoisine les 14 M$. Pour la seule année financière 2014-2015, il doit éponger des compressions de 658 000 $.

« On a beaucoup coupé au plan administratif et on est rendus à la moelle épinière, mentionne Mme Keating. Dans les services aux jeunes, on est OK pour l’instant, mais c’est fragile. »

Si jamais la DPJ recevait un surcroît de signalements, elle n’aurait pas les moyens d’embaucher le personnel pour répondre à la demande, signale la directrice générale du Centre jeunesse, Lise Bernatchez.

Par ailleurs, le CJ a réussi à combler un poste d’intervenante bilingue dans Bonaventure, un manque qui avait allongé la liste d’attente en 2013. « La liste d’attente est maintenant très petite, avec quelques cas seulement », indique Mme Keating.

« N’ayez pas peur d’appeler »

Une mère de Grande-Rivière, Ghislaine Moreau, a témoigné de son expérience avec la DPJ. « Ma fille avait des problèmes de consommation, mais j’avais peur d’appeler au Centre Jeunesse, peur de me faire enlever ma fille. »

Aujourd’hui, après quelques séjours au Centre jeunesse, la fille de Mme Moreau va beaucoup mieux. « Je ne regrette pas [d’avoir contacté le CJ]. Je veux dire aux parents de ne pas avoir peur d’appeler. Et de ne pas attendre. Plus tu attends, plus c’est grave. »

En amont de la rivière au Renard, au départ d’un sentier du parc Forillon, Thérèse Denis examine des photos sur un panneau récemment installé par Parcs Canada. « Ça, c’était la maison de mes beaux-parents, remarque Mme Denis. Ça ravive des souvenirs, on est émus. »
Près de trente maisons de ce secteur ont été expropriées et détruites dans la foulée de la création du parc en 1970. Au total, 225 familles ont dû quitter leur demeure et 1500 ont dû céder une terre sur le territoire de Forillon.

Outre des photos, les panneaux présentent des témoignages d’expropriés et la liste des chefs de famille, hommes et femmes. Des triptyques s’élèvent à Rivière-au-Renard, L’Anse-aux-Amérindiens, Grande-Grave, Cap-des-Rosiers et L’Anse-au-Griffon; un autre s’ajoutera à Penouille l’an prochain. Parcs Canada et le Regroupement de personnes expropriées de Forillon et leur descendance sont à l’origine du projet, qui a coûté 20 000 $.

Une question de reconnaissance

Pour Marie Rochefort, présidente du Regroupement, l’érection des panneaux est « une étape importante ». « C’était nécessaire de reconnaître qu’il y avait des gens installés dans ces espaces, certains depuis trois ou quatre générations, et avec un niveau de vie comparable à celui de la Gaspésie de l’époque. »

« Ça s’inscrit dans la volonté de rendre hommage aux personnes expropriées, explique Michel Queeton, de Parcs Canada, de les faire connaître au public et de faire perdurer leur mémoire. »

Des gains

Depuis 2010, les expropriés et leurs descendants ont fait plusieurs avancées. Parcs Canada a attribué 5937 laissez-passer au parc Forillon à des expropriés, à leurs enfants et petits-enfants.

Les députés de la Chambre des Communes et de l’Assemblée nationale leur ont présenté des excuses. Le Regroupement a réuni dans un coffret de DVD les témoignages d’anciens résidants de Forillon et une exposition leur est consacrée dans la maison Dolbel-Roberts de Grande-Grave.

Mais la boucle n’est pas bouclée, dit Mme Rochefort. Les expropriés aimeraient que la quatrième et la cinquième génération de descendants aient accès à des laissez-passer, rappelle-t-elle. Il faudra aussi animer la maison Dolbel-Roberts via des ateliers sur la vie à Forillon, ajoute-t-elle.

La population est invitée à un dévoilement officiel des panneaux le samedi 27 septembre à 17 h au Centre d’interprétation du parc, à Cap-des-Rosiers.

La date limite de dépôt était prévue le 3 septembre. Hydro-Québec l’a reportée à une date indéterminée, puisqu’elle attend toujours une décision de la Régie de l’énergie sur sa grille d’évaluation des projets.

La Régie doit statuer sur une requête en irrecevabilité de l’Association québécoise des consommateurs industriels d’énergie (AQCIE), appuyée par l’Union des consommateurs. En audience en avril, ils ont plaidé que les 450 MW « ne sont ni nécessaires, ni utiles, ni justifiés ».

La Régie de l’énergie rendra sa décision « dans un proche automne » sur la requête de l’AQCIE, a indiqué une porte-parole. Si le dossier est jugé recevable, l’organisme pourra statuer très rapidement sur la grille d’évaluation, ajoute-t-elle.

« Pas la panique »

Le directeur du TechnoCentre éolien, Frédéric Côté, est confiant que la requête sera rejetée. « Le sentiment général est que dans le passé, des requêtes similaires ont été déposées et que les appels d’offres ont procédé quand même. »

« Ce n’est pas la panique dans l’industrie, indique M. Côté. Mais on espère que ça ne perdurera pas. […] On aurait aimé que le calendrier initial soit respecté. » Les carnets de commandes des manufacturiers souffrent déjà du fait que le processus d’appel d’offres ait été lancé sur le tard.

LM toujours au ralenti

Chez LM Wind Power, l’usine de pales de Gaspé, les employés travaillent trois jours par semaine depuis mars. Le directeur de l’usine, Alexandre Boulay, ne peut pas dire quand le travail reprendra à cinq jours par semaine. « Il est prématuré de spéculer à propos du plan de production à venir. »

La situation peut changer rapidement, ajoute M. Boulay. « En août, nous avons produit quelques pales additionnelles pour exporter au nord de l’Europe, ce qui nous a permis d’offrir un horaire de cinq jours de travail à 50 % de notre personnel. »

Chez Fabrication Delta de New Richmond, qui avait dû mettre à pied une grande partie son personnel l’hiver dernier, les 130 employés sont réembauchés. « On finit une production [de tours] pour le Québec et on en commence une pour le Maine », indique Élie Arsenault, directeur des opérations.

M. Arsenault aurait préféré que l’appel d’offres ne soit pas repoussé. Mais dans le cas de Delta, « on se tourne vers l’exportation et la diversification ». L’entreprise fabrique notamment des structures lourdes d’acier pour Ciment McInnis et des projets miniers sur la Côte-Nord.

Au moins 570 MW en préparation

Entre 570 MW et 805 MW de projets communautaires sont en préparation sur le territoire de la Gaspésie. Le retard « ne nous inquiète pas, réagit Richard St-Laurent, président de la Régie intermunicipale de l’énergie Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine. Ça nous permettra de peaufiner les projets qu’on prépare avec l’industrie. »

Le président du SPGQ, Richard Perron, était de passage à Gaspé vendredi dans le cadre d’une tournée de l’Est-du-Québec. Il dresse un « constat général d’austérité et de coupures ».

Le syndicat n’était pas en mesure de chiffrer les suppressions de postes liées au non-remplacement des départs à la retraite depuis 2004, mais estime qu’elles font mal à la région.

« Un emploi ici, où le chômage est à 14 %, a beaucoup plus d’impact qu’à Québec, où c’est pratiquement le plein emploi », remarque M. Perron.

La surcharge de travail sur les employés restants « crée du stress, des burnout et une surcharge de travail sur ceux qui restent », estime-t-il.

Le président s’inquiète de la mise sur pied de la Commission de révision permanente des programmes, qui vise à faire économiser 3,2 milliards de dollars à l’État québécois en 2015. Il craint qu’on « coupe pour couper, sans analyser les conséquences ».

M. Perron redoute des transferts d’emploi vers les grands centres, comme c’est le cas pour la direction régionale du ministère québécois de l’Éducation, à Rimouski, dont les employés iront vers Québec.

Le SPGQ réunissait ses délégués syndicaux samedi, à Percé. M. Perron profitait aussi de son passage en Gaspésie pour rencontrer des élus locaux afin de les sensibiliser au maintien des services publics.

« À la Commission Charbonneau, on constate les effets du manque d’expertise dans les organismes publics, dit-il. [Avec la perte d’expertise], on expose les fonds publics à du gaspillage. »

Le SPGQ représente 150 fonctionnaires dans les bureaux régionaux de ministères en Gaspésie et aux Îles. Ce sont notamment des experts en sécurité civile, des ingénieurs forestiers, des biologistes et des conseillers en développement économique.

À un an des élections fédérales, M. Trudeau venait courtiser les Gaspésiens pour une première fois depuis qu’il a été élu chef du Parti libéral du Canada (PLC).

Le PLC n’a pas encore de candidat dans la circonscription Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, représentée par le néodémocrate Philip Toone. « C’est un grand défi de trouver des candidats qui seront des voix fortes pour la Gaspésie, et non la voix du gouvernement d’Ottawa en Gaspésie. Mais il y a des gens très intéressants et intéressés », a indiqué M. Trudeau.

Questionné sur le rail gaspésien, qui a besoin d’une mise à niveau de 107 M$, M. Trudeau a affirmé que « le gouvernement [conservateur] refuse de comprendre que les investissements en infrastructures sont des dépenses aujourd’hui, mais donneront un essor économique sur le long terme ».

Le chef du PLC n’a toutefois pas promis explicitement qu’un éventuel gouvernement libéral financerait le rail. « On serait prêts à investir en infrastructures, mais le fédéral ne peut pas le faire seul. Ça prendra une participation du provincial et du municipal. »

M. Trudeau a critiqué la réforme de l’assurance-emploi, la qualifiant « d’inacceptable ». « On devrait parler de travail saisonnier et non de travailleurs saisonniers. […] Nous devons avoir un système qui permet de répondre aux besoins sur le terrain. »

 Le chef du PLC a échangé avec des étudiants et des citoyens hier midi au campus de Gaspé du Cégep de la Gaspésie et des Îles, avant de se rendre visiter une usine de transformation de crustacés à Sainte-Thérèse-de-Gaspé. Il devait ensuite livrer un discours devant la Chambre de commerce de la Baie-des-Chaleurs à Bonaventure.

Le Centre de ressourcement, de réinsertion et d’intervention (CRRI) travaille à ce projet depuis près de dix ans, dans un contexte où Gaspé « manque de logements abordables et de bonne qualité », indique le président du CRRI, Pascal Soucy.

La clientèle « pourrait être, par exemple, une personne qui vit une période dépressive et qui s’y enlise, explique M. Soucy, une femme qui sort d’une maison d’hébergement [pour victimes de violence conjugale], ou encore un jeune qui sort du Centre Jeunesse, qui a toujours vécu en famille d’accueil et doit s’organiser avec des moyens restreints. »

« C’est pour des personnes autonomes et stables, insiste M. Soucy, ce n’est pas un centre de crise. » Le président estime que le projet est victime de « désinformation ». « On essaie de nous faire passer pour un centre de traitement pour toxicomanes, alcooliques ou même pour pédophiles », déplore-t-il.

Le projet d’environ 5 M$ serait construit sur la rue Wayman, derrière l’église anglicane Saint-Paul. Il aurait trois étages et comporterait des trois et des quatre et demie. Le centre d’activités de jour du CRRI, actuellement hébergé par le cégep, y déménagerait ses services.

La Société d’habitation du Québec est le principal bailleur de fonds. Le CRRI et l’Église anglicane, propriétaire du terrain, ont signé des engagements de vente.

Trop gros, selon les opposants

Selon Frédéric Jacques, porte-parole d’un conseil de quartier récemment formé, c’est « l’ampleur du projet qui dérange les gens », même s’il suscite « plus d’intérêt et d’émotion parce qu’on parle de santé mentale ».

M. Jacques nie que les opposants soient motivés par la peur des futurs locataires. « Mais si tu as choisi un quartier pour sa qualité de vie, précise-t-il, et que tu deviens en minorité parce qu’on réinsère trop de gens… on se demande qui va réinsérer qui? »
« Il faudrait que ce soit plus petit et qu’il n’y ait pas de centre de jour », déclare M. Jacques, ce qui « cadrerait mieux avec notre milieu résidentiel ».

Un précédent à Chandler

Un concept similaire existe à Chandler, où le Centre Émilie-Gamelin possède depuis 2001 un immeuble de 12 logements pour personnes ayant des problèmes de santé mentale. « Ça n’a pas été facile au début, rapporte Johanne Bécu, directrice du Centre. La rue d’en face, où j’habitais, s’était soulevée contre moi. […] Il a fallu faire beaucoup de représentation, démystifier le projet. »

Depuis, « il n’est jamais rien  arrivé et la communauté nous respecte beaucoup », indique Mme Bécu. « La population ne devrait pas avoir peur, ajoute-t-elle, mais devrait plutôt se sentir sécurisée. Ils sont déjà parmi nous, les malades, et personne ne s’en occupe! »
Une rencontre d’information publique sur le projet se tiendra le jeudi 4 septembre à 19 h 30 à l’Hôtel de ville.

Souriants et bronzés, les aventuriers ont touché terre à la marina de Gaspé, où des amis les attendaient avec de la bière belge. « Le coup de fatigue tombe. On est un peu tristes de savoir que ça se termine, qu’on ne prendra pas les kayaks demain », a commenté Richard Mardens, chef d’expédition et biologiste, dans les heures suivant son arrivée.

Trois des quatre acolytes sont Belges : M. Mardens, le géographe et navigateur Jean Bériaux et l’infirmier Manuel Simon. La Québécoise Martine Turcotte, une technicienne en tourisme d’aventure spécialisée en kayak, complète le quatuor.

M. Mardens, qui a fait une partie de ses études à l’Université Laval de Québec, a eu l’idée de l’expédition l’automne dernier, quand il a entendu parler d’un nouveau déclin de la population de bélugas. « Ça ne faisait ni chaud ni froid à personne, et le gouvernement prend des décisions qui favorisent la prospection pétrolière [dans le Saint-Laurent]. Ça m’a choqué un peu. J’ai voulu faire quelque chose pour toucher les gens. »

Le site Internet www.coupdepagaie.com rend compte de l’expédition et des valeurs qui la sous-tendent. Le quatuor a pris des photos et des vidéos de son périple. « L’idée, c’est d’avoir des photos à montrer, liées à des conférences [sur le Saint-Laurent] et de réaliser un vidéo plus axé sur l’aventure de kayak », explique M. Mardens.

Du 12 juillet au 26 août (dont sept jours de pause), les kayakistes ont parcouru en moyenne 43 kilomètres par jour et campé sur les berges.

Ils ont observé certains impacts de l’activité humaine sur le fleuve. « Quand on arrive près des villes, l’eau est moins claire, rapporte M. Mardens. On voit parfois une petite couche d’hydrocarbures sur l’eau ou on sent des odeurs. »

Les kayakistes ont aussi ramassé une dizaine de sacs à poubelle de déchets dans les eaux. Ils les confieront à un artiste de Prévost, dans les Laurentides, pour qu’il en fasse une œuvre d’art.

Le meilleur et le pire

Le pire moment de l’expédition est arrivé lorsqu’on leur a volé pour 7000 $ de matériel en pleine nuit près du quai de Saint-Siméon (dans Charlevoix), où ils campaient. « On avait pensé à toutes les possibilités : un ours qui voudrait notre bouffe, une perte de matériel [dans un chavirement], mais pas à un vol. »

Les kayakistes se souviendront des endroits découverts et des rencontres humaines, ainsi que de moments de grâce avec la faune. « Vers La Malbaie, on était à cinq kilomètres de la rive et on a vu un groupe de bélugas venir vers nous, dit M. Mardens. Ils plongeaient sous nos embarcations et l’un a tapoté l’arrière du kayak. »

Le bâtiment construit en 1909 commençait à se détériorer, indique M. Thompson. « J’ai décidé que tant qu’à le réparer, on le referait très semblable à ce qu’il était en 1909. »

La nouvelle façade, verte et crème, est conforme à l’originale. L’inscription « Robin 1909 » est visible en hauteur, mais le nouveau nom, « Magasin général Thompson » est davantage en évidence. L’intérieur a également été rafraîchi, et des pans de mur en lamelles de bois lui assurent une allure ancienne.

« Depuis que les rénovations ont commencé, on voit du nouveau monde. Il y a plus de touristes et même des gens qui viennent nous féliciter », indique M. Thompson.

Le commerce conserve sa vocation de magasin général en vendant de la nourriture, des articles de quincaillerie et des matériaux de construction. « On est probablement le seul vrai magasin général restant en fonction en Gaspésie », estime le propriétaire.

Sauvé en 2005

En 2004, la Robin, Jones and Whitman s’était mise sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers. À la fin de 2005, le syndic de la compagnie avait semé la consternation à Barachois en ordonnant la fermeture du magasin général.

Le gérant du magasin, Carl Bond, a alors acquis le commerce avec l’aide de Harris Thompson pour s’assurer qu’il redémarre peu après. Par la suite, M. Thompson est devenu seul propriétaire du Robin. M. Bond, à l’emploi du magasin depuis 47 ans, est toujours le gérant.

Le cœur de Barachois

« Ce n’est pas une grosse entreprise et je ne l’ai pas achetée pour faire du profit, affirme M. Thompson. Je l’ai acquise parce que c’est le cœur de Barachois et que je pensais que la fin du Robin signifierait la fin de Barachois. Je veux que les gens de la place aient un endroit pour se procurer ce dont ils ont besoin. »

Harris Thompson, 72 ans, est né à Barachois, a grandi dans le Maine et a fait carrière comme homme d’affaires au Québec et en Ontario. Le Robin de Barachois emploie quatre personnes.

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