le Mercredi 23 septembre 2026

Jusqu’à récemment, un certain flou entourait les règles sur l’enfouissement des résidus de forage. Le ministère de l’Environnement a d’ailleurs réprimandé Gaspé pour la façon dont elle en a disposé.

En mai 2013, la municipalité a reçu un avis de non-conformité du ministère pour avoir utilisé des résidus de forage comme matériel de recouvrement sans demander de certificat d’autorisation au préalable. Les résidus ne respectaient pas les normes de granulométrie, c’est-à-dire qu’ils étaient trop fins, note le ministère dans son avis.

Les résidus provenaient des forages Bourque n° 1 et n° 2 (entre Grande-Vallée et Murdochville) et de l’amorce d’Haldimand n° 4, à Gaspé. Le dépotoir a reçu une soixantaine de voyages, pour un total de 1500 tonnes qu’elle a facturées 180 000 $ à Pétrolia. Il s’agissait de déblais secs, et non de boues, précise la Ville. La plupart des résidus ont été enfouis; une partie seulement a servi de matériel de recouvrement.

À la même époque, la Ville préparait et adoptait un règlement sur l’eau potable, notamment parce qu’elle s’inquiétait des fluides de forage utilisés.

Pourquoi avoir accepté les résidus de Pétrolia au dépotoir? « Jusqu’à l’automne 2013, on a toujours pensé qu’il fallait les assimiler à des sols contaminés et que tant qu’ils ne dépassaient pas la norme C [dite industrielle], on n’avait pas le choix de les accepter », explique Jocelyn Villeneuve, directeur par intérim des travaux publics à Gaspé.

Baryum en excès

La Ville a tout de même fini par accepter, avec la bénédiction du ministère de l’Environnement, certains résidus qui excédaient la norme industrielle pour le baryum, un ingrédient des fluides de forage.

Gaspé avait d’abord dit non, rapporte M. Villeneuve. Mais des discussions avec le ministère et Pétrolia l’ont convaincu qu’il fallait assimiler les résidus à des déchets potentiellement dangereux, et non à des sols contaminés. Paradoxalement, cette interprétation permettait à la Ville de les enfouir dans son dépotoir.

Le problème : la Ville n’a pas fait subir aux résidus les tests applicables aux déchets potentiellement dangereux avant de les enfouir. Ces tests auraient permis de vérifier si certains contaminants peuvent s’écouler dans le lixiviat (« jus de poubelle ») et donc se retrouver dans la nature.

Le ministère de l’Environnement passe l’éponge : « Pour nous, le dossier est clos. [Gaspé] s’est conformée. Elle a cessé d’utiliser [les résidus de forage] comme matériel de recouvrement », indique Jules Boulanger, directeur régional du Centre de contrôle environnemental.

En décembre 2013, le ministère a envoyé une lettre à la Ville « pour expliquer quelle était la procédure et être certain que tout est clair », ajoute M. Boulanger.

Gaspé promet de clarifier ses règles

Cet automne, Pétrolia prévoit poursuivre le forage d’Haldimand n° 4 et Junex forera un puits horizontal sur sa propriété de Galt, à 20 kilomètres de Gaspé.

Gaspé promet que les règles seront clarifiées d’ici là. « On va revoir notre procédure, s’asseoir avec le ministère de l’Environnement pour identifier des paramètres. On va vouloir quelque chose de plus précis et de plus sévère », explique M. Villeneuve.

La Ville a « une plus grande latitude » dans le cas de déchets potentiellement dangereux, explique M. Villeneuve. Elle peut décider de les refuser, même les tests révèlent que les résidus répondent aux normes applicables.

Les refuser irait toutefois à l’encontre du Plan de gestion des matières résiduelles de la Côte-de-Gaspé, dont « l’orientation est de gérer les matières résiduelles chez nous », précise M. Villeneuve.

En 2012, Gaspé recevait des résidus de forage pour la première fois, même si d’autres puits ont été forés dans le voisinage de Gaspé avant cette date.

En mars 2013, la municipalité de 168 habitants a adopté un règlement qui interdit de forer à moins de deux kilomètres d’un puits artésien. Gastem se préparait alors à forer un puits stratigraphique à moins de 100 mètres d’une résidence desservie par un puits et à 30 mètres de la rivière Kempt, un affluent de la Ristigouche, indique le maire. La firme a répliqué par une poursuite.

La municipalité gère un budget annuel de 275 000 $. « On n’a pas les capacités pour se défendre », dit le maire Boulay. Les sommes recueillies serviront à rembourser les dépenses de 80 000 $ engagées jusqu’ici et à payer les frais du procès prévu en 2015 ou 2016.

Une partie du montant financera un service de relations publiques. « Ça fait partie de notre défense, estime le maire Boulay. On veut faire connaître l’injustice et soulever la conscience de la population. »

Le ministre Moreau n’interviendra pas

En juin, le maire Boulay avait demandé une audience au ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau, pour « identifier des pistes de solution » pour Ristigouche. Par lettre le 24 juillet, le ministère a répondu qu’il « ne peut s’immiscer dans un dossier faisant l’objet d’une poursuite judiciaire ».

« Ça nous bafoue, lance M. Boulay. Soit qu’ils n’ont rien compris, soit qu’ils ne veulent pas m’entendre. Mais j’ai toujours le souhait que le gouvernement reprenne contact avec nous et je ne peux pas imaginer qu’il fera la sourde oreille. »

Mardi, le ministre Moreau a maintenu par communiqué qu’il n’est « pas approprié pour le gouvernement du Québec d’intervenir dans ce dossier ». Il ajoute toutefois qu’il pourrait rencontrer le maire Boulay à la fin du mois d’août.

Gastem persiste

Québec a récemment adopté un règlement provincial sur l’eau potable qui fixe à 500 mètres la distance minimale entre un puits d’eau potable et un forage. Il rend inopérant le règlement adopté par Ristigouche et par une centaine d’autres municipalités québécoises.

L’adoption du règlement provincial « ne modifie pas notre demande de remboursement » à Ristigouche, a réagi le président de Gastem, Raymond Savoie. Gastem avait engagé des dépenses « de bonne foi » pour préparer son forage et maintient sa poursuite, dit M. Savoie, un ancien ministre libéral entre 1985 et 1994.

Le projet de 17 millions de dollars inclut neuf bâtiments reconstruits à la pointe O’Hara, où battait le cœur du Gaspé historique jusque dans les années 1970, ainsi qu’un réaménagement de la route 198 pour libérer de l’espace au bord de l’eau.

La Corporation « Gaspé : Berceau du Canada » a tenu des portes ouvertes ces derniers jours pour renseigner la population sur l’évolution du projet.

« On aurait souhaité ouvrir cette année, mais avec le changement de gouvernement vient un gel des fonds. On n’a pas pu engager un directeur général qui aurait pu trouver le personnel et le former, explique une administratrice, Diane Attendu. Dans un but de qualité, on a jugé plus sage d’attendre l’an prochain. »

Équipe de 15 à 20 personnes nécessaire

« Les bâtiments sont presque pleins [d’artéfacts et de panneaux d’interprétation]; il reste à ajouter le personnel pour animer tout ça », poursuit Mme Attendu, qui estime à 15 à 20 personnes l’équipe nécessaire.

L’entrepôt Davis loge notamment un réputé canot de la famille Éden et les outils d’une forge. Au magasin général Collas and Slous, les étagères exposent chaussures et emballages d’aliments d’époque. « La plupart des artéfacts sont des prêts ou des dons de particuliers », explique Fabien Sinnett, président de Berceau.

Transports Québec complétera seulement l’an prochain  ses travaux sur la route 198, qui longe Berceau. « On a des discussions avec eux pour que l’éclairage public, y compris les feux de circulation, corresponde au look historique », indique le maire de Gaspé, Daniel Côté.

Autofinancement?

L’infrastructure Berceau du Canada appartient à la Ville et est gérée par la Corporation, qui vise l’autofinancement, notamment par une boutique de souvenirs, la vente de cartes postales et la dégustation de produits locaux lors d’événements.

Berceau aura quand même besoin d’un « coup de pouce gouvernemental, estime le maire Côté, avec des emplois étudiants [subventionnés], une petite aide de la ville – mais je ne peux pas dire combien – et des programmes de Québec ».

En attendant l’ouverture officielle, Berceau s’anime déjà lors de spectacles d’amateurs et de danses du dimanche. Cet automne, des marchés publics s’y tiendront, et les bâtiments seront ouverts les jours où des navires de croisières accostent.

Alors que d’autres colonies d’oiseaux marins, comme celle de l’île Bonaventure, éprouvent certaines difficultés, celles du Cap Bon Ami, dans le parc Forillon, prospèrent.

Un total de 12 708 couples de mouettes tridactyles nichait à Forillon en 2013, selon un décompte du Service canadien de la Faune. Il s’agit d’une baisse par rapport à 2008, mais d’une hausse de 27 % par rapport à 1999, alors que 10 005 couples nicheurs occupaient les falaises.

« Avec la diminution de plusieurs autres colonies, le statut de colonie la plus peuplée [de l’Est du Canada] se trouve accentué, explique Daniel Sigouin, écologiste à Parcs Canada. On suppose que des changements dans la température des courants marins font que leur nourriture – des lançons et des capelans – n’est plus exactement au même endroit », poursuit-il. Ces changements seraient favorables aux oiseaux du Cap Bon Ami.

Pingouins et guillemots aussi

De 2008 à 2013, le nombre de petits pingouins a presque triplé au Cap Bon Ami, pour atteindre 1138 individus. Les guillemots marmettes étaient au nombre de 2235 l’an dernier, près du double du précédent inventaire.

Vers la fin février, les mouettes reviennent de la haute mer pour nicher sur les falaises de Forillon. Les deux à trois œufs pondus en mai éclosent à la mi-juin. Les jeunes sont prêts à l’envol au mois d’août.

Les mouettes nichent à Forillon à cause de la qualité de l’habitat, explique M. Sigouin. « On a des falaises vraiment abruptes, ce qui limite l’accès des prédateurs, avec beaucoup d’interstices [pour loger les nids]. »

Croisière de retour en 2015

Jusqu’en 2008, un concessionnaire offrait des croisières au pied des falaises du Cap Bon Ami. Lors de son départ, Parcs Canada n’a pas lancé de nouveaux appels d’offres. « On a suspendu le temps qu’on fasse les réparations au havre de Cap-des-Rosiers [d’où partait la croisière] », explique le directeur du parc, Stéphane Marchand.

Les travaux de 4,5 M$ au quai (une somme qui inclut la réparation du pont voisin) sont presque terminés. Parcs Canada devrait lancer un appel d’offres cet hiver, pour un retour du service l’été prochain.

Une bonne chose, selon M. Marchand, puisque plusieurs éléments caractéristiques de Forillon, comme les oiseaux marins, la géologie et les plantes arctiques alpines, peuvent être mieux appréciés à partir de la mer.

Le ministre de l’Environnement, David Heurtel, était à Gaspé mercredi pour présenter son Règlement sur le prélèvement des eaux et leur protection (RPEP), qui prévoit une distance minimale de 500 mètres entre un forage pétrolier et une source d’eau potable. C’est davantage que le projet de règlement adopté par les péquistes en mai 2013 (300 mètres), mais pas assez pour interdire à Pétrolia de forer son prochain puits, prévu à 850 mètres du puits artésien le plus proche.

Le ministre Heurtel s’est vanté de mettre en œuvre « des mesures parmi les plus sévères en Amérique du Nord » et de « répondre aux demandes des municipalités, de l’industrie et des citoyens ».

Avant d’être autorisées à forer, les compagnies devront présenter une étude hydrogéologique couvrant un rayon de deux kilomètres autour du site de forage. À la lumière de cette étude, la distance entre le forage et les sources d’eau potable pourrait être augmentée pour minimiser les risques de contamination.

Dans le cas de Pétrolia, une étude hydrogéologique commandée par le ministère de l’Environnement a déjà conclu que le forage d’Haldimand n° 4 ne mettrait pas à risque les sources d’eau potable du secteur.

Avant de forer, les firmes devront creuser des puits d’observation de la nappe phréatique près de l’emplacement et échantillonner tous les puits artésiens dans un rayon de deux kilomètres.

En cas de fracturation, la distance minimale en surface est aussi de 500 mètres en surface. Mais en profondeur, les firmes devront fracturer à plus de 600 mètres de la surface, une marge qui protège l’eau souterraine, selon le ministère.

Le règlement provincial entrera en vigueur le 14 août. Il aura pour effet de rendre caduc le règlement municipal de Gaspé et ceux de 80 autres municipalités qui avaient adopté un texte semblable.

Le règlement de Gaspé avait pour effet d’empêcher le forage d’Haldimand n°4. La municipalité se préparait à le défendre en Cour d’appel, mais a toujours répété qu’elle abandonnerait son recours si Québec adoptait son propre règlement.

Le maire content, mais…

Le maire de Gaspé, Daniel Côté, se dit « content que le gouvernement assume ses responsabilités », mais demeure critique quant à l’emplacement du forage, à 350 mètres de résidences. « Côté acceptabilité sociale, on va continuer de l’avoir en travers de la gorge, dit-il. Un forage en milieu habité, ce ne sera jamais la bonne façon de faire. »

À l’avenir, M. Côté souhaite que les municipalités puissent déterminer les zones où les forages seraient permis. « On peut décider où l’on met une carrière, une maison, un commerce, mais pas un puits de pétrole! »

« Très déçue »

La présidente du comité Ensemble pour l’avenir durable du grand Gaspé, Lise Chartrand, s’est dite « très déçue ». « C’est tout à fait irresponsable de permettre le forage à 500 mètres de puits artésiens. Le collectif scientifique [qui a contribué à rédiger le règlement de Gaspé] décrétait que le minimum devait être de deux kilomètres […]. Pour les citoyens, c’est le début d’un nouveau ton. Dès cet après-midi, on va consulter nos troupes. »

Forage en octobre

Pétrolia prévoit reprendre ses travaux « d’ici les trois prochains mois, peut-être début octobre », indique le PDG Alexandre Gagnon. « Il y a des équipes à remobiliser, des fournisseurs à recontacter », explique-t-il.

« Le Règlement [provincial] règle la situation entre Pétrolia et la Ville de Gaspé et évite le recours aux tribunaux », ajoute M. Gagnon. La firme promet de tenir des « activités d’information de la population » avant de reprendre son forage.

Junex se servira du puits vertical Galt n° 4, creusé en 2012, pour son forage horizontal. La foreuse descendra à 1000 mètres de profondeur dans Galt n° 4 puis déviera en arc de cercle sur 1000 mètres de plus. La firme espère ainsi intercepter des fractures naturelles verticales par où le pétrole remonterait. Ces travaux coûteront entre 3 et 4 M$.

Junex projetait de forer le puits horizontal dès 2013, mais avait retardé le forage en invoquant des raisons « essentiellement budgétaires ». Aujourd’hui, le vice-président finances et affaires corporatives, Dave Pépin, explique plutôt que « c’était pour bien comprendre notre modèle géologique, intégrer toutes les données et ainsi mettre toutes les chances de notre côté ».

« On est bien capitalisés, et prêts à prendre ce risque-là, ajoute M. Pépin. On aurait aimé amasser le financement global pour les quatre [forages horizontaux], mais on y va d’abord avec Galt n° 4. On aimerait compléter notre programme d’ici trois ans. »

Junex a déjà demandé un permis au ministère québécois des Ressources naturelles pour forer le deuxième puits horizontal, Galt n° 5. Chacun des trois derniers forages coûtera environ 7 M$, puisque Junex devra creuser de zéro, sans passer par un puits vertical existant. Le programme complet, incluant des levés sismiques 3D, coûtera entre 25 et 30 M$.

Les forages à Galt sont situés en territoire non-organisé, et donc non assujettis au règlement de Gaspé sur l’eau potable. Selon Junex, ils ne seraient pas non plus soumis à un éventuel règlement provincial, parce que trop éloignés des sources d’eau potable utilisées pour la consommation humaine.

Junex espère produire du pétrole à Galt sans avoir recours à la fracturation, indique M. Pépin. La méthode consiste à envoyer sous pression un mélange de liquide, de sable et de produits chimiques pour créer des fissures dans la roche et favoriser la remontée du pétrole.

En 2012, le président du conseil d’administration de Junex, Jean-Yves Lavoie, avait fait la même réponse, mais en ajoutant que « si on voit qu’on n’est pas capables de produire de façon conventionnelle, on verra s’il y a possibilité d’augmenter la productivité avec de la fracturation. On verra où on en sera rendu dans le débat au Québec à ce moment-là ».

« La vente a commencé plus tôt et le phénomène de rareté a fait son œuvre, estime le président du festival, Frédérick Ste-Croix. Pendant le 10e [l’an dernier], on était complets pour les trois concerts sous le chapiteau. »

« On entend aussi parler de l’effet valeur ajoutée des privilèges liés au passeport. Les gens apprécient cette forfaitisation », indique M. Ste-Croix. En plus des concerts sous le chapiteau, le passeport donne droit à des rabais ou à l’entrée gratuite à divers attraits ou spectacles pendant l’événement.

Il reste 500 passeports sur les 1500 disponibles. Le FMBM garde 300 billets d’un soir, en vente à partir du 28 juillet, pour remplir son chapiteau de 1800 places. Les organisateurs décideront vers la fin juillet s’ils agrandissent le chapiteau jusqu’à 2000 places.

Objectif haussé à 20 000

Le FMBM a aussi revu à la hausse ses objectifs pour viser 20 000 visiteurs uniques, comparativement à 15 000 ces dernières années. « C’est sûr qu’il y a une limite au monde qu’on peut accueillir sous le chapiteau, commente M. Ste-Croix. Mais on peut encore faire des gains sur la rue de la Reine [qui présente une programmation gratuite de jour] et dans de nouveaux lieux de diffusion. »

Le Bar Billard L’Ardoise de Gaspé et le Café de l’Anse à L’Anse-au-Griffon diffuseront des concerts. Trois spectacles par jour seront présentés à Berceau du Canada, une reconstitution historique au bord de l’eau.

Spectacles « cachés »

« Des « spectacles cachés » seront annoncés une heure à l’avance sur les médias sociaux. Ça pourrait être au bord d’une fosse sur la rivière Saint-Jean, sur la pointe de Boom Defence, à la plage de Haldimand… », explique M. Ste-Croix

Le Festival a reçu une subvention de 65 000 $ du gouvernement du Québec, soit la même somme que pour le 10e anniversaire. « Dans le contexte où l’on annonce des coupures, c’est réjouissant de voir qu’on a maintenu les acquis du 10e », réagit M. Ste-Croix. Le budget total du 11e Festival atteindra 800 000 $.

Le FMBM avait lancé sa programmation en mai, annonçant notamment la venue des Louis-Jean Cormier, Normand Brathwaite et Sierra Leone’s Refugee All Stars.

En juin et début juillet, les gestionnaires de rivières rapportaient un lent début de saison. Depuis quelques jours, « c’est un peu mieux, rapporte Jean Roy, directeur de la Société de gestion des rivières de Gaspé. Beaucoup de madeleineaux [jeunes saumons] entrent dans nos rivières. Sauf que quand les madeleineaux remontent, ça veut dire que le gros des montaisons de grands saumons est passé. »

À Gaspé, les captures de grands saumons sont deux fois moindres qu’en 2012. Mais la forte hausse des prises de madeleineaux (+70 %) laisse espérer une bonne saison l’an prochain. Et les pêcheurs tentent toujours leur chance : ils sont 5 % plus nombreux qu’en 2013, et seulement 8 % de moins qu’en 2012, une année record.

La Société dénombrera les saumons sur ses trois rivières les 23, 24 et 25 juillet. « On verra si on ouvre la Saint-Jean et la Dartmouth au prélèvement et si on maintient le prélèvement sur la York », indique Jean Roy.

La remise à l’eau obligatoire n’a plus le même effet repoussoir qu’avant, note Jean Roy. « C’est sûr que ça en déçoit quelques-uns, mais en général, les pêcheurs ont une plus grande préoccupation pour la ressource dans la rivière que dans leur frigidaire. »

Sur la rivière Cascapédia, la pêche avait « commencé tranquillement » début juin, rapporte la directrice générale Darleen Sexton. Les pêcheurs ont tout de même tiré hors de l’eau 485 saumons en juin (la remise à l’eau est obligatoire) et Mme Sexton s’attend à une saison « dans la moyenne ».

Arthur aide la Bonaventure…

Sur la rivière Bonaventure, les montaisons sont meilleures depuis le passage de l’ouragan Arthur, le 5 juillet. « Le niveau de la rivière a monté et on a eu une grosse pleine lune en fin de semaine, remarque Ronald Cormier, directeur de la ZEC. Il y a une recrudescence de captures depuis le passage d’Arthur et il semble monter des saumons. »

Même si les pêcheurs avaient « un peu baissé les bras » début juillet, « c’est encore possible qu’on se rattrape », croit M. Cormier.

… et nuit à la Madeleine

Arthur est toutefois en train de gâcher la saison de la rivière Madeleine, où les saumons atteignent la zone de pêche via une passe migratoire. « À cause de l’ouragan, il y a eu tellement d’eau qu’on a dû fermer la passe », explique la secrétaire de la Société de gestion de la rivière Madeleine, Jocelyne Campion.

La ZEC n’a pu rouvrir sa passe que le 13 juillet. Conséquence : au total, seulement 75 saumons avaient remonté la Madeleine le 14 juillet, comparativement à 700 à 800 lors d’une année normale.
« On a averti nos clients. Certains ont remis leur voyage à l’an prochain mais on a dû rembourser certains autres. Ce sont de grosses pertes monétaires », indique Mme Campion. La Société a d’ailleurs dû mettre à pied deux de ses sept employés.

Pêcheries Marinard, de Rivière-au-Renard, a reçu un prêt de 700 000 $ pour l’achat d’équipements de transformation de crevette et de production de poudre de crevette.
« C’est un « plus » pour nous d’avoir le Fonds de solidarité parmi nos investisseurs, indique le directeur général de Marinard, Pascal Noël. Ça permet de diversifier les investisseurs. Ça rend tout le monde moins frileux et ça nous permet d’avoir accès à des taux d’intérêt plus bas et à de meilleures conditions [de prêt]. »

Capital de risque

Le Fonds régional de solidarité a aussi versé 500 000 $ dans le Fonds Soutien Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, créé en partenariat avec Investissement Québec. Ce fonds de 3 M$ sert à financer le démarrage d’entreprises, une étape à laquelle « l’argent est plus difficile à trouver », indique Marc Cayouette, directeur régional du Fonds de solidarité. « C’est du financement non garanti, de l’argent à risque, qui permet aux banquiers de considérer ça comme une mise de fonds. »

Le Fonds Soutien a investi dans deux nouvelles entreprises gaspésiennes, soit Rail GD, un atelier de réparation de matériel ferroviaire de New Richmond, et Hôtel et Cie de Sainte-Anne-des-Monts, le produit d’une cure de jouvence de l’ancien hôtel Monaco des Monts. Elles ont bénéficié d’un total de 500 000 $, une somme que M. Cayouette refuse de ventiler par compagnie.

M. Cayouette fonde beaucoup d’espoir dans ce Fonds Soutien. « Au Bas-Saint-Laurent, on a créé un fonds du même type et on a financé pratiquement 12 dossiers grâce à lui. »
Des années « tranquilles »

Les investissements de 2013-2014 sont « dans la moyenne des dernières années », indique M. Cayouette, des années qui ont été tout de même « plus tranquilles » que dans le passé, ajoute-t-il. « Avec le projet de cimenterie, celui d’Orbite [alumine à Cap-Chat] et peut-être le pétrole et gaz, ça pourrait nous amener à de plus gros volumes d’investissement dans l’avenir. »

Hydro-Québec réserve 300 MW à l’Est-du-Québec dans son appel d’offres pour 450 MW d’énergie éolienne. Les communautés devront contrôler 50 % des projets. La Gaspésie et le Bas-Saint-Laurent se sont d’abord organisées chacune de leur côté pour devenir des partenaires de taille face aux promoteurs privés.

La Régie intermunicipale Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine regroupe 39 municipalités qui mettent leur capacité d’emprunt en commun et partageront les profits. Énergie éolienne du Bas-Saint-Laurent, une société en nom collectif, regroupe les huit MRC de la région et la nation malécite de Viger.

Alliance éolienne de l’Est

Les deux organisations viennent de faire un pas de plus en créant la coentreprise Alliance éolienne de l’Est. Via cette association, elles se partageront la propriété des 300 MW de parcs sélectionnés, peu importe leur localisation. « Le but est d’assurer à la Gaspésie un revenu certain, explique le président de la Régie, Richard St-Laurent. Parce qu’on a une prise contre nous avec les lignes de transport d’Hydro-Québec. »

Selon une carte publiée par Hydro-Québec, il resterait aussi peu que 75 MW sur le réseau existant pour transporter l’énergie produite en Gaspésie vers l’ouest. La construction de nouvelles lignes serait considérée dans le coût des parcs et pénaliserait les projets gaspésiens.

En vertu de l’entente, la Gaspésie aura le tiers des parts publiques des 300 MW assurés à l’Est-du-Québec, tandis que le Bas-Saint-Laurent obtiendra les deux tiers. « On est contents. Ça élimine beaucoup de « si » et de « peut-être » à nos phrases », indique M. St-Laurent.

10 M$ par an

L’Alliance estime à 10 M$ par an les profits nets que se partageront les communautés dans les 20 ou 25 prochaines années. Les MRC recevront les chèques et décideront comment distribuer l’argent.

« Ça va faire une différence dans nos communautés, où les besoins sont criants : on va pouvoir commencer à réparer nos chemins! », lance M. St-Laurent.
Plus de 700 MW de sont en préparation en Gaspésie en vue de l’appel d’offres, et plus de 1600 MW au Bas-Saint-Laurent.

Respect de la vie privée

En acceptant de partager certaines informations de navigation avec nous, vous nous aidez à nous améliorer et à vous offrir une meilleure expérience.
Activez les catégories que vous souhaitez partager, merci de votre aide!
Nécessaires au fonctionnement du site web.
  • Google Analytics
  • Vidéo
  • Google Ads
  • Facebook Pixel
  • Conversion Linker
  • Google Tag Manager