Dans l’ensemble du Québec, les projets en préparation totalisent près de 3000 MW, soit six fois la commande projetée, selon un recensement non exhaustif de GRAFFICI.CA.
« Il y a un très, très grand intérêt des développeurs et des communautés. Les gens attendaient cet appel d’offres depuis longtemps, commente Jean-François Nolet, de l’Association canadienne de l’énergie éolienne. Il y a une bonne ressource éolienne et les communautés souhaitent avoir des parcs. »
« Dans les appels d’offres passés, les ratios ont été de quatre [MW soumis] pour un [MW commandé], poursuit M. Nolet. Ça permet de croire qu’il y aura une bonne compétition. »
Au moins cinq promoteurs en lice
En Haute-Gaspésie, le secteur de Rivière-à-Claude/Marsoui/La Martre est très convoité. Innergex y prépare un projet de 75 à 150 MW. Northland Power sera sur les rangs pour un parc d’une taille similaire. Quant à EDF Énergies Nouvelles, il voudrait y implanter 100 à 150 MW.
Toujours du côté nord, Eolectric convoite les secteurs de Grande-Vallée, avec un projet de 45 à 55 MW, et de Rivière-Madeleine, pour un parc d’une puissance de 75 MW. Northland Power, qui exploite déjà un parc à Mont-Louis, développe un projet de 75 MW dans le secteur de L’Anse-Pleureuse.
Le secteur des Plateaux de Matapédia est de nouveau sous la loupe d’Invenergy, qui souhaite y implanter 75 à 150 MW supplémentaires, après Le Plateau I (138,6 MW, en exploitation), et Le Plateau II (21 MW, en construction).
Innergex aimerait ajouter 75 MW de puissance dans l’arrière-pays d’Escuminac, un prolongement du parc de 150 MW que les Micmacs et la firme s’apprêtent à construire.
Des parcs communautaires
Tous ces projets sont partenaires de la Régie intermunicipale de l’énergie Gaspésie—Îles-de-la-Madeleine, un regroupement de 39 municipalités qui contrôlerait 50 % des parcs, en vertu des règles fixées par Québec.
Deux autres projets ont été portés à l’attention de la Régie, mais il semble moins certain qu’ils seront soumis. EDF envisage d’implanter 25 à 35 MW de plus dans le secteur de Murdochville, où elle attend le feu vert de Québec pour construire un parc de 74 MW. Le groupe TCI lorgne l’arrière-pays de Saint-Alphonse et de Saint-Elzéar, dans la MRC de Bonaventure, pour un éventuel projet de 75 MW.
Il n’est pas dit que tous les projets développés seront présentés et certains pourraient s’ajouter d’ici la date limite pour déposer une soumission, le 3 septembre. Les parcs retenus commenceront à livrer de l’électricité entre la fin 2016 et la fin 2017.
(Avec la collaboration de Johanne Fournier)
Le 17 juin, Leroy Roberts quitte le quai de Grande-Grave avec 1050 livres de homard dans la boîte de sa camionnette. Et ce n’est pas son record : la semaine précédente, il est revenu au quai avec près de 1700 livres de homard. M. Roberts prévoit terminer sa saison de dix semaines avec plus de 35 000 livres au compteur, soit sept fois les quantités pêchées dans les années 1990 dans sa zone, le sud du parc Forillon.
Le père de M. Roberts, Garth Guignion, rapporte qu’il y a 20 ans, ses prises annuelles avaient diminué à 5000 livres par saison. « Pour moi, la raison principale [de la hausse], c’est que les dragueurs sont partis. Le fond de la mer, c’est comme un jardin. Si tu passes dedans avec une herse, il ne restera plus grand-chose. » Le nombre de dragueurs de pétoncles est passé de sept à deux dans la baie de Gaspé, selon M. Roberts.
Moins d’effort de pêche
Un des trois permis du sud de Forillon a aussi été racheté en 2010; les deux pêcheurs restants ont choisi de ne pas augmenter leur nombre de casiers. Parcs Canada échantillonne le contenu des casiers avec les homardiers : entre 2008 et 2013, les prises par unité d’effort ont été multipliées par quatre, rapporte Daniel Sigouin, écologiste au parc Forillon. « On était possiblement face à une population à la limite de son taux d’exploitation. En réduisant l’effort de pêche d’un tiers, on a eu un meilleur succès de reproduction. »
De 2003 à 2013, 46 permis ont été rachetés en Gaspésie; il n’en reste que 169. La taille minimale au céphalothorax des homards capturables a été augmentée de 76 à 82 millimètres. Le nombre de casiers par pêcheur a diminué de 250 à 235.
Les changements climatiques?
Dans le secteur de L’Anse-à-Brillant (entre Gaspé et Percé), les prises sont en hausse de 30 % à 40 % par rapport à l’an dernier, rapporte Travis Henry. « Ça semble être lié aux mesures de conservation, mais ça ne peut pas être seulement la réduction de notre effort de pêche, croit le homardier. La biomasse bouge, et pour le mieux. Cette année, je capture même quand la mer est agitée, alors que d’habitude, je n’attrape pas grand-chose. C’est comme si le homard était plus affamé. »
En plus des mesures de conservation qui ont un impact certain, les changements climatiques pourraient avoir un effet favorable sur le homard, avance Jean Côté, le directeur scientifique du Regroupement des pêcheurs professionnels du sud de la Gaspésie. « Il y a moins de poisson de fond, les stocks de hareng et de maquereau diminuent. Ce sont tous des poissons qui mangent des larves de homard. »
Cette année, la plupart des homardiers gaspésiens rapportent une hausse de leurs prises ou au minimum une stabilité, qui fait suite en plus à de bonnes années. De 2011 à 2013, le volume des captures avait déjà augmenté de 48 %.
Dès la nuit de jeudi à vendredi, des plongeurs ont inspecté l’entrée du quai de Rivière-au-Renard pour s’assurer qu’il n’était pas miné. Des ingénieurs de combat ont ensuite débarqué en zodiac sur les berges près du quai D’Amours pour créer un espace sécurisé.
Au matin, les Renardois ont pu voir ancré au large le navire français Mistral, un porte-hélicoptère d’assaut de 200 mètres de long. La frégate La Fayette, qui l’accompagne, croisait aux alentours.
Le flanc du Mistral s’est ouvert pour laisser passer des péniches chargées de 200 militaires canadiens et d’une dizaine de véhicules blindés légers. Elles ont débarqué les troupes et les véhicules sur la berge sous les regards de quelques dizaines de curieux.
Un convoi militaire a ensuite emprunté la route 197 jusqu’à l’aéroport de Gaspé. Les militaires débarqués se sont emparés de l’aéroport alors que d’autres soldats jouaient les forces ennemies.
Tout au long de l’opération, des hélicoptères Griffon canadien et Puma français ont survolé les environs.
L’exercice s’est déroulé dans une atmosphère bon enfant, où les curieux ont pu s’approcher des véhicules et discuter avec les militaires.
Un exercice rare
Il s’agit d’un exercice rare, explique le capitaine Mathieu Dufour, puisque l’armée canadienne ne possède pas l’équipement amphibie pour mener des opérations de débarquement. « Je n’ai pas eu connaissance qu’il y ait eu un débarquement amphibie dans les trente dernières années au Québec, dit-il. C’est en l’exécutant qu’on peut voir comment on se débrouille et comment on peut s’améliorer. »
« On demande au premier ministre Philippe Couillard d’utiliser son pouvoir discrétionnaire pour ne pas donner suite au projet Haldimand, a déclaré Lise Chartrand, présidente du comité. Ce que nos experts disent, c’est que les conséquences sont réelles et que l’étude n’est pas complète. »
« À défaut de pouvoir obtenir une EES [évaluation environnementale stratégique], le comité est allé chercher, à ses frais, l’opinion d’une experte », explique Mme Chartrand.
Chantal Savaria, ingénieure géologue et évaluatrice environnementale agréée, dirige la firme Savaria Experts Conseils. Son avis professionnel est « une analyse qualitative basée sur l’information disponible dans la littérature scientifique », précise-t-elle, et ne traite ni de valeurs de concentrations ni de scénarios d’exposition.
Plusieurs contaminants sont associés aux activités d’exploration et d’exploitation pétrolière, conclut Mme Savaria, et plusieurs cas de migration de ces contaminants vers les eaux souterraines et l’air ont été documentés.
Les contaminants peuvent migrer « sur des distances allant au-delà d’un kilomètre de la tête du puits d’exploration et ainsi affecter la zone résidentielle à proximité », écrit-elle. Ces substances ont « des effets démontrés sur la santé humaine et parfois même à petites doses », ajoute l’ingénieure.
Mme Savaria recommande de procéder à une évaluation quantifiée du risque toxicologique basé sur des cas similaires au projet envisagé. « Les habitants de Sandy Beach-Haldimand n’ont pas à subir des effets sur la santé humaine et il est tout à fait inacceptable de procéder à des travaux avant d’en connaître l’impact potentiel. »
Pétrolia a déjà foré deux puits dans le secteur Haldimand et souhaite en forer un troisième à 350 mètres de résidences et à 850 mètres de puits artésiens.
Le Comité inondation Sunny Bank a déposé une requête en Cour supérieure pour être autorisé à exercer un recours collectif, une étape préliminaire au recours proprement dit.
Du 13 au 15 décembre 2010, de fortes pluies sont tombées sur Gaspé. La rivière York est sortie de son lit, inondant des maisons et des commerces. Les résidents ont été évacués, certains par bateau, puisque le chemin de Sunny Bank était couvert d’eau.
Le comité entend représenter environ 105 propriétaires d’immeubles et 15 locataires qui ont subi des dommages ou des inconvénients. « Une trentaine de maisons ont été fortement ou partiellement inondées, mais tous [à Sunny Bank] ont été affectés par l’évacuation », rappelle Andrew Patterson, le représentant du comité.
Selon M. Patterson, le boulevard York Ouest, construit par Transports Québec en 1977, agit comme un barrage en bloquant l’écoulement des eaux vers l’est. « La seule issue restante est vers le sud, par Sunny Bank », dit-il.
3 M$ en dommages
Les indemnités versées par le ministère de la Sécurité publique n’ont couvert qu’une petite partie des pertes des résidents, indique M. Patterson. Lui-même estime ses dommages à près de 160 000 $ (pour deux maisons et un immeuble à logements); il a reçu 18 000 $. Les dommages totaux subis lors de l’inondation s’élèveraient à 3 M$, indique M. Patterson.
Un juge de la Cour supérieure entendra des requêtes préliminaires de Transports Québec le 13 juin. Toutefois, l’audience sur la requête n’aura lieu qu’en novembre ou en décembre 2014. Si le juge autorise un recours collectif, obtenir un jugement sur le fond de la question peut ensuite prendre plusieurs années.
Transports Québec refuse d’accorder des entrevues, arguant qu’un processus judiciaire est en cours. En 2012, le ministère a remplacé un ponceau par un pont à Sunny Bank afin de favoriser l’écoulement des eaux. Une étude hydraulique menée en 2012-2013 par Transports Québec devait déterminer si le ministère avait une part de responsabilité dans l’inondation et si d’autres travaux correctifs étaient nécessaires. L’étude est aujourd’hui complétée, mais le ministère refuse de la rendre publique. « Tout ce qui est en lien [avec le recours collectif] est entre les mains de notre service juridique », indique la porte-parole Julie Marcoux.
Les avocates chargées du recours collectif rencontreront les résidents de Sunny Bank le 12 juin à 14 h au bâtiment communautaire de York.
Le directeur général de l’URLS, Nicolas Méthot, invoque « l’incertitude financière » qui pèse sur son organisme. « Le 2 juin, on a reçu une lettre officielle du ministre [de l’Éducation, du Loisir et du Sport, Yves Bolduc] nous disant qu’on nous verserait pour l’instant seulement 75 % des sommes habituelles. »
L’URLS recevra donc 312 000 $ des 416 000 $ prévus. « Le problème, ce n’est pas qu’on ait l’annonce un peu tard, mais qu’on ne soit même pas sûr de recevoir [les 25 % restants], dit le directeur général. On n’a pas le choix d’arrêter de distribuer des sous, sinon, on aura un problème d’encaisse. »
Les programmes suspendus sont la Relève François Bourque, le Soutien à la formation, l’Assistance financière aux clubs sportifs, le Développement loisir et sport et les Projets spéciaux des organismes sectoriels. Au total, ces cinq programmes représentent des sommes de 45 000 $ à 50 000 $ par an.
Mises à pied
De plus, l’URLS a dû mettre à pied quatre de ses onze employés ce printemps « à cause du retard, mais aussi des baisses de subvention pour les activités récréotouristiques, notamment l’aménagement de sentiers », décrit M. Méthot.
Le gouvernement libéral n’est pas le seul à blâmer, précise-t-il, puisque les péquistes ont tardé à adopter une nouvelle politique du loisir et du sport.
Depuis 2002, le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport gèle le montant octroyé à l’URLS, note M. Méthot. « On demande au moins qu’on respecte nos enveloppes. On ne peut pas faire d’autres mises à pied, sinon, on n’aura plus assez de personnel pour assurer notre mandat de développer le loisir et le sport dans la région. »
Les fonds gérés par l’URLS pour d’autres bailleurs de fonds sont maintenus, soit les programmes Bon départ, Mes premiers jeux et Manifestations culturelles de la jeune relève amateur.
Alexandre Gagnon fait ces déclarations quelques jours après la présentation de l’étude hydrogéologique sur Haldimand, menée par l’INRS pour le compte du ministère québécois de l’Environnement.
M. Gagnon qualifie l’étude de « rassurante ». « J’aimerais avoir une discussion avec le maire et le conseil municipal, sachant que la science a été remise à l’avant-scène, sachant que selon l’étude, nos travaux n’ont pas affecté l’eau potable et qu’il n’y a pas de risque [pour les sources d’eau potable]. »
« Nous respectons toutes les lois et les règlements, ainsi que le futur règlement sur l’eau potable [de Québec] », déclare le pdg. En fait, M. Gagnon fait abstraction du règlement sur l’eau potable de Gaspé, qui a pour effet d’empêcher Pétrolia de forer Haldimand n° 4.
M. Gagnon dit vouloir s’entendre avec le conseil municipal de Gaspé « sans recours aux tribunaux ni intervention gouvernementale de Québec ».
Le ministère québécois de l’Environnement a un règlement provincial sur l’eau potable dans ses cartons. Quant à la Ville de Gaspé, elle a porté en appel une décision favorable à Pétrolia, qui veut faire invalider le règlement municipal.
GRAFFICI a demandé à M. Gagnon si Pétrolia envisageait de passer outre le règlement de Gaspé. Le pdg n’a pas répondu à la question, répétant plutôt qu’il ramènerait « à l’avant-plan » l’étude hydrogéologique.
Par ailleurs, l’annonce d’une étude environnementale stratégique (ÉES) sur toute la filière des hydrocarbures par le premier ministre Philippe Couillard n’inquiète pas M. Gagnon. « L’ÉES est une main tendue, sachant que Pierre Arcand [ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles] a déclaré qu’il y aurait des travaux pendant l’ÉES pour augmenter l’expertise terrain. »
Pétrolia a déjà réalisé deux forages à Haldimand et estime à 7,7 millions de barils le potentiel de pétrole récupérable dans ce secteur.
Environ 60 personnes ont assisté hier à Gaspé à la présentation de l’étude hydrogéologique par des chercheurs de l’INRS. Des échantillons ont été prélevés dans 75 puits résidentiels et 16 puits d’observation, ainsi que dans les puits municipaux.
L’aquifère d’eau potable, situé à moins de 40 mètres sous la surface, est séparé du réservoir pétrolier par environ 700 mètres de roche. « En profondeur, la fracturation [naturelle] est éparse et ne serait pas une voie continue entre le réservoir pétrolier et la surface », a déclaré René Lefebvre, hydrogéologue à l’INRS. Une contamination en profondeur prendrait donc « des milliers d’années » à atteindre la surface, a expliqué la chercheuse Mélanie Raynauld.
Les prises d’eau actuelles et futures de la Ville de Gaspé, près de la rivière Saint-Jean, seraient à l’abri. « L’eau qui alimente ces puits provient du sud-ouest [la direction opposée des forages], donc ils ne sont pas des milieux récepteurs d’une éventuelle contamination à Haldimand », a indiqué Mme Raynauld.
En cas de déversement en surface
Les zones autour des forages Haldimand n° 1 et n° 2, ainsi que l’emplacement prévu pour Haldimand n° 4, ont une vulnérabilité de « moyenne à très élevée », évalue l’INRS. En d’autres mots, un déversement de surface pourrait entraîner une contamination de l’eau souterraine. Ces contaminants se dirigeraient vers des cours d’eau, et non vers les puits des résidents de Sandy Beach et d’Haldimand.
Vu le type de sol, les lieux seraient difficiles à décontaminer, analyse M. Lefebvre, mais les contaminants chemineraient lentement, ce qui laisserait le temps de les détecter dans les puits d’observation.
L’INRS n’a pas évalué les risques d’éventuelles opérations de fracturation des forages d’Haldimand.
Pas rassurés
Un résident d’Haldimand, Daniel Rioux, s’est dit « très préoccupé » à la suite de la présentation. « Si la contamination arrive dans les ruisseaux, qu’elle va dans la baie et se rend à la plage, on fait quoi? »
« Je suis très inquiet que cette étude ne tienne pas compte du fait que la fracturation est très, très possible, ce qui pourrait amener la migration de contaminants », a réagi un autre citoyen, Hal Perry.
« Vu que c’est dans très longtemps [la contamination], ce n’est pas grave? », s’est questionnée tout haut Danièle Raby.
Le règlement municipal demeure
Par communiqué, la Ville de Gaspé a indiqué qu’elle prendrait le temps d’analyser l’étude avant de faire des commentaires sur le fond. La municipalité souhaite toujours un règlement provincial sur l’eau potable « dans les plus brefs délais ».
« Pour l’instant, la réglementation municipale reste en vigueur, nous souhaitons que l’industrie s’y conforme et nous croyons qu’elle est en mesure de le faire », a déclaré le maire de Gaspé, Daniel Côté.
La Ville demande que l’étude environnementale stratégique sur la filière des hydrocarbures, annoncée par le gouvernement libéral, soit complétée avant que Pétrolia soit autorisée à poursuivre ses travaux à Haldimand.
L’étude a coûté 380 000 $, une somme payée par le ministère de l’Environnement.
Gaspé avait tissé des liens avec Saint-Malo pour le 475e anniversaire de l’arrivée de Jacques Cartier, rapporte M. Roussy, et une artiste gaspésienne se produisait là-bas. « Il y avait un congrès d’ingénieurs en même temps à Saint-Malo, dit l’ex-maire. L’Association des ingénieurs nous a dit : “si vous faites une prestation, on pourrait vous payer le billet d’avion et deux-trois nuits d’hôtel”. Le reste était payé par la Ville de Saint-Malo. »
« J’ai accepté pour faire sauver de l’argent à la Ville [de Gaspé] », justifie M. Roussy. Il a prononcé un discours à l’ouverture du congrès et a même chanté La langue de chez nous, d’Yves Duteil, aux ingénieurs. « Après, je suis parti avec le maire de Saint-Malo, qui m’a fait visiter des musées […]. Jamais je n’ai senti qu’on se faisait corrompre. »
Pas de 5 %
L’ex-maire nie avoir demandé à Roche une ristourne de 5 % des honoraires engendrés par les contrats obtenus auprès de la Ville, une somme destinée à des projets dans la communauté, selon les documents de l’UPAC.
« J’ai toujours souhaité que les entreprises soient de bons citoyens corporatifs, qu’elles redonnent dans le milieu. Je le disais à tout le monde », affirme M. Roussy. Il n’a toutefois « jamais » mentionné un pourcentage ou un montant à Roche, dit-il.
Quant aux commandites versées par Roche au club de hockey sénior le Phénix ou à d’autres organismes, elles n’ont « jamais » eu d’impact sur l’octroi de contrats par la Ville, dit l’ex-maire.
Le nombre de firmes d’ingénieurs établies à Gaspé est passé de deux à cinq pendant son règne à la mairie, remarque M. Roussy. C’est le signe qu’une saine compétition régnait, selon lui.
Côté « laisse les policiers faire leur travail »
Le maire actuel de Gaspé, Daniel Côté, déclare qu’il « laisse les policiers faire leur travail. On a collaboré [avec l’UPAC] et on va continuer à collaborer. »
Du 20 avril 2009 au 30 septembre 2013, M. Côté était coordonnateur municipal et adjoint au maire Roussy. « Je ne suis pas au courant de quoi que ce soit de ce qui est dit, réagit M. Côté. Je vois les allégations passer et j’ai hâte que l’enquête soit finie pour qu’on ait le portrait réel des choses. »
Ces affirmations proviennent d’un mandat de perquisition exécuté le 29 janvier, dont un consortium de médias, incluant Radio-Canada et Le Soleil, ont obtenu copie.
Selon ces documents, Roche aurait invité l’ex-maire de Gaspé François Roussy à un congrès d’ingénierie toutes dépenses payées à Saint-Malo, rapporte Le Soleil.
En février 2009, M. Roussy aurait exigé de la firme une ristourne de 5 % des honoraires engendrés par les contrats obtenus auprès de la Ville, afin de financer des projets pour la communauté. Ces sommes auraient notamment servi à financer l’équipe de hockey senior, les fêtes du 475e et la Traversée de la Gaspésie à ski.
François Roussy est aujourd’hui attaché politique du député péquiste de Gaspé, Gaétan Lelièvre. Au moment d’écrire ces lignes, M. Roussy n’avait pas rappelé Graffici.ca.
Campagne libérale
La firme Roche, qui a des bureaux à Gaspé, aurait sollicité des entreprises pour qu’elles contribuent à la campagne de 2008 de l’ex-député libéral Georges Mamelonet, en utilisant un système de fausse facturation, rapporte Le Soleil.
Ainsi, le 19 mai 2009, un employé de Roche aurait fait parvenir deux fausses factures de 20 000 $ plus taxes à Mario Crousset, président de la firme d’ingénieurs Kwatroe de Gaspé, afin de dégager des sommes d’argent liquide.
Réaction de Mamelonet
Georges Mamelonet affirme à GRAFFICI.CA qu’il n’était « absolument pas au courant de tout ça. J’ai toujours fait en sorte que les règles soient respectées de manière rigoureuse », dit-il.
Les employés de Roche sont « venus à des activités de financement et ont payé leurs billets comme tout le monde », déclare M. Mamelonet.
L’UPAC cite un échange de courriels entre un employé de Roche et l’ex-député, dans lequel M. Mamelonet lui écrit « d’être assuré qu’il sera au rendez-vous pour Roche ».
Faux rapport
La firme Roche aurait fait fabriquer un faux rapport en 2008 afin d’obtenir un contrat touchant le pavage de la Côte Surprise, à Percé, indique le Soleil. Ce rapport lui permettait de démontrer son « antériorité » dans le dossier, et d’ainsi échapper à la règle du plus bas soumissionnaire.
Les 6 et 7 mai, l’UPAC a mené des perquisitions dans les bureaux de Roche à Gaspé, ainsi qu’aux hôtels de ville de Gaspé et Percé.
Respect de la vie privée