le Mercredi 23 septembre 2026

L’embâcle contient 5000 mètres cubes de bois répartis sur 1,6 kilomètre de rivière. Depuis 2004, la Société de gestion des rivières de Gaspé tente de trouver des solutions pour le démanteler, puisqu’il nuit à la montaison du saumon et met à risque les terrains des riverains, ainsi que le pont de la route 132 qui enjambe la Saint-Jean.

Le directeur de la Société, Jean Roy, espérait pouvoir réaliser les travaux cet hiver, la seule saison possible puisque les travaux doivent se faire sur la glace.

Mais le gouvernement du Québec, via le ministère des Transports et le ministère des Affaires municipales, ne débloquera pas les fonds cette année,  a appris M. Roy, ce qui signifie un manque à gagner d’environ 150 000 $ sur un projet de  486 000 $. « On est déçus, c’est un coup assez dur, dit le directeur. On avait mis beaucoup de temps, d’énergie et d’argent. »

Le reste du financement était bouclé, en provenance de la Ville de Gaspé, de la MRC Côte-de-Gaspé et de fondations privées. Un entrepreneur de Rimouski, Gestion AJ, avait remporté l’appel d’offres et était prêt à démarrer les travaux.

À l’année prochaine?

« On est un peu essoufflés, dit Jean Roy. Faudra-t-il recommencer les démarches pour avoir les certificats d’autorisation? Retourner en appels d’offres? Si on repart à zéro… » Le gestionnaire espère tout de même pouvoir ficeler le projet assez tôt en vue de l’hiver prochain.

Le gros de l’embâcle sera démantelé à la pelle mécanique, pendant que la rivière est gelée. Le reste sera défait à la tronçonneuse l’été suivant, lorsque l’eau est basse. Le bois récupérable (10 % à 15 %) sera vendu, mais la majorité sera empilée au centre de l’île qui occupe l’embouchure de la Saint-Jean.

Si jamais l’embâcle obstruait totalement le passage du saumon, une brèche d’urgence serait ouverte à la tronçonneuse, une opération déjà réalisée dans le passé.

Daniel Côté n’a pas été sollicité pour signer l’un ou l’autre des manifestes. « Il y a du bon dans les deux. Les deux rejoignent en partie les orientations de la municipalité. On veut faire du développement, mais de manière respectueuse des citoyens et de l’environnement. »

Le maire n’aurait pas signé les manifestes même si on le lui avait demandé. « Ce que je suis prêt à signer, c’est une résolution de la Ville qui réaffirme notre position », dit-il.

Même si « plusieurs des préoccupations » de Gaspé sont présentes dans les manifestes, « ces gens auraient peut-être eu intérêt à nous contacter avant de les sortir, dit le maire […] Souvent, la plupart des signataires n’ont jamais mis les pieds à Gaspé pour voir quelle est la situation concrète. Mais le fruit de leurs efforts n’est pas si mauvais. »

Le maire de Ristigouche-Sud-Est, François Boulay, n’a pas été contacté non plus pour signer le manifeste, confirme-t-il.

Gaspé et Ristigouche-Sud-Est ont adopté des règlements qui ont pour effet d’interdire les forages à moins de deux kilomètres d’une source d’eau potable. Les deux municipalités sont poursuivies en justice par des firmes d’exploration – Gastem pour Ristigouche et Pétrolia pour Gaspé – qui s’estiment lésées puisqu’elles désirent forer dans ce rayon.

Rimouski et Amqui dans le débat

Selon le Manifeste pour tirer profit collectivement de notre pétrole (http://www.petrolequebec.ca/), publié le 8 janvier, le Québec doit exploiter ses ressources pétrolières afin d’améliorer sa balance commerciale, de faire face à sa dette et au vieillissement de la population. Le maire de Rimouski, Éric Forest, l’ex-premier ministre Bernard Landry et des gens d’affaires ont notamment signé ce manifeste.

Le Manifeste pour sortir de la dépendance au pétrole , publié le 20 janvier, invite plutôt la société québécoise à « ne pas s’enliser dans la voie du pétrole », à remplacer progressivement les carburants fossiles par des énergies renouvelables et à lancer une étude environnementale sur la filière des hydrocarbures. Parmi les signataires, on trouve des écologistes, des scientifiques et le maire d’Amqui, Gaétan Ruest.

La Conférence régionale des élus Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine (CRÉGÎM) a mandaté la firme Écoressources pour calculer les retombées des activités fauniques, une première au Québec.

Si l’on inclut les retombées dans l’ensemble du Québec des activités pratiquées en Gaspésie, le montant grimpe à près de 80 millions, pour 1047 emplois.

La part du lion au saumon

Près de la moitié des retombées et des emplois proviennent de la pêche au saumon, dont beaucoup d’adeptes viennent de l’extérieur de la région. Le développement de cette activité doit être soutenu, estime Jean Roy, directeur de la Société de gestion des rivières de Gaspé. « On n’est pas des “quêteux”. On contribue nettement à l’économie. Personne ne voit les pêcheurs de saumon, qui sont dans le bois, mais c’est payant. »

Les activités fauniques ont encore un grand potentiel de développement, estime Gilbert Scantland, directeur général de la CRÉGÎM. « Juste l’observation, c’est une des activités les plus sous-estimées, qu’on pense au barachois de Malbaie [observation d’oiseaux] ou aux baleines à Forillon. Il y a beaucoup de potentiel, mais il faut l’organiser. »

À titre de comparaison, la pêche commerciale et la mariculture génèrent environ 5000 emplois en équivalents temps plein dans la région.

La faune oubliée par Québec?

Les fonds dévolus au développement d’activités fauniques ont fondu depuis que la responsabilité de la faune est passée du ministère des Ressources naturelles au ministère de l’Environnement, a dénoncé la CRÉGÎM.

« Il faut que l’indécision soit levée et qu’on mette des programmes à disposition pour la faune », a plaidé Gilbert Scantland. Mieux connaître les retombées permettra de « mieux appuyer les initiatives du monde faunique », estime-t-il.

L’homme de 25 ans a été arrêté le 8 janvier alors qu’il prenait des photos d’une confrontation entre des écoliers palestiniens et des soldats israéliens à Hébron, en Cisjordanie. « Je suis content d’être sorti de prison, dit M. Mainville, et très déçu d’être allé en prison pour quelque chose que je n’ai pas fait. »

Les autorités israéliennes lui reprochent des voies de fait contre les policiers et d’avoir entravé leur travail. Il n’a toutefois pas subi de procès. « Au lieu de lui faire un procès criminel, la police a décidé de suivre une procédure administrative », indique le consul de l’État d’Israël pour le Québec, Joël Lion. En plus d’avoir été expulsé, M. Mainville sera interdit de séjour en Israël pendant dix ans.

« Injustice choquante »

« L’occupation rend tellement la vie des Palestiniens difficile, l’injustice est tellement choquante que c’est dur d’aller là-bas sans réagir », indique M. Mainville, qui qualifie « d’apartheid » la situation vécue en Palestine.

M. Mainville militait au sein de l’International Solidarity Movement (ISM), dont l’un des moyens d’action est de poster des militants internationaux dans les points chauds de la Palestine, afin de prévenir les abus et de témoigner.

Selon le consul Lion, M. Mainville s’y prend mal pour faire « avancer la paix entre Israël et les Palestiniens ». « M. Mainville et ses collègues à ISM, sous couvert de défense des droits de l’homme aident — consciemment ou inconsciemment — les terroristes palestiniens qui tuent des civils israéliens », déclare-t-il.

Colette Mainville est à Hébron, en Cisjordanie, où elle était arrivée pour visiter son frère deux jours avant son arrestation.

M. Mainville, 25 ans, a été arrêté le 8 janvier lors d’une confrontation entre la police israélienne et des écoliers palestiniens. Les faits se sont déroulés à Hébron, près d’un checkpoint qui sépare les colons juifs et les Palestiniens.

« Vincent m’a dit que les enfants ont lancé quelques pierres et que les soldats ont répliqué avec des gaz lacrymogènes, rapporte Colette Mainville. Vincent a remarqué que des soldats enlevaient la protection qui les empêche de tirer des balles réelles [plutôt que des balles enrobées de caoutchouc]. Avec Fabio [Theodule, un activiste italien], ils se sont mis à prendre des photos et à filmer. Ils se sont placés pour être bien visibles des soldats. »

« Vincent était là pour offrir une présence internationale, être un témoin qui peut prévenir les abus ou les interventions excessives », explique sa sœur. Les escarmouches entre écoliers et policiers sont « quasi-quotidiens » à Hébron, décrit-elle.

M. Mainville était arrivé en Palestine le 2 novembre pour un séjour de dix jours. Interpellé par la situation des Palestiniens sous occupation, il a décidé de rester et de s’impliquer avec International Solidarity Movement (ISM), une organisation palestinienne qui dit « résister à l’occupation israélienne par des méthodes non violentes ».

La famille « choquée » et « inquiète »

Colette Mainville dit être demeurée « très inquiète toute la semaine ». « Je l’ai vu au tribunal, menotté et escorté. Ça fait drôle. »

Les parents de Vincent, Francis Mainville et Monique Terrin, de Douglastown, sont en voyage au Cambodge. Ils se sentent « impuissants », rapporte leur fille, mais sont « choqués que l’État d’Israël fasse ça et veulent qu’on en parle. »

« Ça me choque de penser qu’il a été très chanceux par rapport  à un Palestinien, poursuit Mme Mainville. Vincent a eu une certaine immunité due à l’attention internationale et à l’ambassade suisse. Malgré ça, ça fait une semaine qu’il est emprisonné même si son arrestation est illégale et qu’il a seulement filmé. Ça montre la situation dans les territoires occupés, à quel point les droits de la personne ne sont pas respectés. »

M. Mainville est resté menotté trois heures avant de pouvoir contacter un avocat, indique un compte-rendu d’ISM (http://palsolidarity.org/2014/01/international-activists-physically-and-verbally-abused-in-detention/), corroboré par Colette Mainville. Il a été frappé aux côtes et au visage quand il a refusé d’entrer au centre d’immigration. Par la suite, une Cour israélienne a déclaré illégale son arrestation, mais il était trop tard pour éviter la déportation, a dénoncé ISM.

Double nationalité

M. Mainville doit décoller de Tel Aviv en Israël ce jeudi vers 13 h (heure du Québec ) à destination de Genève, en Suisse.

 

Le militant possède la double nationalité, canadienne par son père et suisse par sa mère. M. Mainville est déporté en Suisse parce qu’il voyageait avec son passeport de ce pays, explique sa sœur. Elle dit aussi avoir eu une « meilleure réponse » des Suisses. Le consulat canadien « a réagi deux jours plus tard », indique-t-elle.

La Cisjordanie est occupée par Israël, qui y voit un territoire disputé et y favorise l’implantation de colonies juives. L’Autorité palestinienne la revendique pour fonder un État palestinien.

La station piscicole compte deux bâtiments d’élevage, deux maisons et des dépendances, sur 14 hectares de terrain près de la rivière York. On n’y élève plus de salmonidés depuis plus de 10 ans, mais elle est prisée des résidants du secteur pour sa beauté.

M. Fournier, un entrepreneur en construction, y caresse un « projet personnel » en vue de sa retraite, entre autres y aménager des jardins, explique-t-il. L’entrepreneur ne sait pas encore s’il va rénover les bâtiments. L’un d’eux a été très endommagé par une inondation survenue en avril, note-t-il, après qu’un barrage ait cédé en amont.

Le chef de Gespeg, Claude Jeannotte, chiffre les dommages à la station entre 600 000 à 800 000 $. « Avec tous ces dommages, on a décidé de se débarrasser de ça », dit-il. La transaction a eu lieu en juin, avec le seul membre de Gespeg qui s’est montré intéressé, indique le chef.

En 2006, Gespeg avait reçu une subvention de 550 000 $ d’Ottawa pour acquérir la pisciculture. La bande projetait d’y établir son assise territoriale, ainsi que d’y aménager une résidence pour aînés, un centre communautaire et ses bureaux.

« À conserver, si possible »

La station piscicole attirait les touristes dans les années 1940 à 1960, se souvient Fabien Sinnett, président de la corporation « Gaspé, Berceau du Canada » et historien amateur. Même si les bâtiments « ne sont pas centenaires, ils ont une belle architecture et ont une certaine importance historique », dit-il.

« Ce serait intéressant de les conserver, si c’est possible », mais l’aide aux particuliers est rare pour la restauration de bâtiments historiques, déplore M. Sinnett.

La pisciculture a été érigée en 1938 pour élever des alevins de saumon et de truite. Elle a cessé ses activités vers 1995. En 2000, la SÉPAQ l’a cédée à la Corporation récréotouristique de la station piscicole, un organisme qui projetait d’y aménager des jardins d’eau. L’homme d’affaires Jacques Drouin, d’Aquitech, a acquis la pisciculture en 2005, mais a abandonné son projet d’élevage de truite.

Les avocats ont complété leur plaidoirie vendredi au Palais de justice de Percé. Pétrolia demande au juge de la Cour supérieure d’invalider le règlement de Gaspé qui a pour effet d’empêcher le forage du puits Haldimand n° 4.

L’avocat de Pétrolia, Marc-André Gravel, estime que les forages pétroliers sont le véritable objet du règlement municipal. Or, légiférer dans ce domaine « est la compétence exclusive du gouvernement provincial », qui ne l’a jamais délégué aux municipalités, dit-il. Le législateur a plutôt créé « un régime autonome à l’abri des municipalités », dit-il.

Me Gravel compare le règlement de Gaspé à un « bazooka », tellement ses normes sont « vagues et subjectives ». Le règlement interdit « d’introduire […] par forage ou tout autre procédé […] toute substance susceptible d’altérer la qualité de l’eau […]. »

Pétrolia a obtenu son permis de forage et entrepris ses travaux avant le règlement, ajoute l’avocat.

La Loi sur les compétences municipales donne à Gaspé le pouvoir de légiférer en matière d’environnement, a plutôt plaidé l’avocate de la Ville, Monia Minville. « L’objet du règlement est de réglementer la présence de ces entreprises [pétrolières] dans l’unique but de protéger l’eau potable parce que les règles du gouvernement sont insuffisantes. »

D’ailleurs, Québec ne serait pas en train de préparer son propre règlement provincial sur l’eau potable si ce domaine était déjà couvert, a fait remarquer l’avocate.

Me Minville a cité largement une décision de la Cour suprême en 2001, l’arrêt Spraytech, qui a confirmé le pouvoir de la Ville de Hudson de légiférer sur les pesticides, même si des lois fédérales et provinciales touchaient ce sujet.

Pétrolia demande au juge de la Cour supérieure d’invalider le règlement de Gaspé sur l’eau potable, qui empêche la firme de forer Haldimand n° 4.

L’impossibilité de réaliser ce forage « voudrait dire l’abandon du projet Haldimand au complet », a déclaré l’ex-président de Pétrolia, André Proulx, appelé à la barre hier.

Pétrolia compte sur ce forage pour améliorer ses connaissances. « Ce gisement nous permettrait de comprendre ce qui se passe [au plan géologique] sur 30 % du territoire gaspésien. »

La firme aurait du mal à convaincre des investisseurs de recommencer ailleurs, a plaidé M. Proulx. Pétrolia a déjà réalisé deux forages à Haldimand et dépensé huit millions de dollars pour l’explorer.

L’ex-président a aussi brandi un flacon d’huile pour bébés en expliquant que c’était l’équivalent du distillat de pétrole utilisé pour forer en profondeur, soit l’ingrédient le plus toxique du fluide. Pétrolia souhaite produire sans utiliser la méthode de fracturation à Haldimand, a ajouté M. Proulx.

Perte de confiance

L’ex-maire de Gaspé, François Roussy, a expliqué qu’il avait peu à peu perdu confiance en Pétrolia et les instances gouvernementales, ce qui l’a poussé à réglementer.

En janvier 2011, Pétrolia « nous a annoncé qu’ils projetaient un forage horizontal avec fracturation à Haldimand n° 4, mais avec des techniques différentes du gaz de schiste, a rapporté M. Roussy. […] On est devenus très inquiets. [Pétrolia] nous a dit de ne pas informer Nathalie Normandeau [alors ministre libérale des Ressources naturelles], qu’on pouvait s’entendre au plan local. »

Des questions posées de longue date à Pétrolia étaient toujours en suspens en novembre 2012, a ajouté l’ex-maire.

Par ailleurs, depuis 2011, le conseil de ville de Gaspé demandait à Québec une contre-expertise indépendante pour protéger l’eau potable, ce qu’il a obtenu seulement à l’été 2013.

Pétrolia avait déposé sa requête en Cour supérieure en avril. Selon la firme, une municipalité n’a pas le droit d’édicter des règlements sur les forages pétroliers, un domaine réservé à la province, qui a déjà accordé un permis de forage à Pétrolia.

Au contraire, Gaspé fait valoir que la Loi sur les compétences municipales lui octroie le pouvoir de légiférer en matière d’environnement, notamment pour protéger l’eau potable.

L’ancien maire de Gaspé, François Roussy, et le directeur de l’urbanisme, Jocelyn Villeneuve, seront appelés à témoigner, tout comme l’ex-président de Pétrolia, André Proulx.

Le règlement de Gaspé, adopté en décembre 2012, « interdit à quiconque d’introduire […] par forage ou tout autre procédé […] toute substance susceptible d’altérer la qualité de l’eau souterraine ou de surface servant à la consommation humaine […]. » Cet interdit s’applique dans un rayon de deux kilomètres de tout puits artésien. Haldimand n° 4 est prévu à 800 mètres d’un tel puits.

Un « son de cloche » pour le gouvernement

Le procès va de l’avant même si Québec prépare un règlement sur l’eau potable qui supplantera celui de Gaspé. « On n’a pas d’indication que le règlement provincial est aussi imminent qu’on nous l’a laissé croire. […] On s’est entendus pour dire : allons faire clarifier ça en cour », indique le maire de Gaspé, qui a discuté avec Pétrolia plus tôt cette semaine.

Le ministère de l’Environnement n’a pas répondu aux questions de GRAFFICI.CA. Le règlement est « pratiquement prêt », rapporte toutefois le maire. M. Côté perçoit que Québec « voudrait que le règlement fasse l’affaire du plus grand nombre », ce qui allonge les délais.

Le procès n’est pas inutile, croit le maire de Gaspé, malgré l’adoption prochaine d’une législation provinciale. « Si la Cour confirme cette compétence à Gaspé et à toutes les municipalités, ça va envoyer un son de cloche au gouvernement. »

M. Côté est optimiste quant à l’issue du procès, même s’il ne présume de rien. « Si on n’avait pas eu d’assises légales, on n’aurait pas adopté le règlement. »

Le promoteur, un Canadien, n’a pas donné signe de vie depuis un ultimatum lancé en mars 2012 au gouvernement du Québec, à qui il demandait une aide de 2 millions de dollars sur un projet de 18 millions. L’homme ne s’est jamais montré ni nommé aux médias, mais a toujours livré ses messages via des porte-parole ou des chargés de projet à Murdochville.

L’une d’entre elles, Francine Chouinard, décrit le dossier de l’auberge comme « inactif ». Elle ne s’occupe plus du projet, étant allée jusqu’à rapporter ses boîtes de documents au promoteur, qu’elle refuse toujours d’identifier.

L’auberge aurait compté 40 à 60 chambres, ouvertes neuf mois sur douze. Elle aurait employé 48 à 74 personnes, selon la saison. Murdochville misait sur sa neige, ses sentiers de motoneige et son centre de ski pour y attirer des clients du Québec, de l’Ontario, des Maritimes, de la Nouvelle-Angleterre et de l’Europe.

« S’il avait 16 millions dans ses poches, le promoteur aurait pu commencer à construire, dit aujourd’hui la mairesse Délisca Ritchie Roussy. Je ne peux pas dire s’il était sérieux ou pas. Je l’ai rencontré une seule fois. »

La Ville n’a « pas mis un sou noir » dans le projet, insiste Mme Roussy, et n’a pas l’intention de se lancer à la recherche d’un nouveau promoteur pour développer une auberge au lac York.

L’idée d’auberge quatre étoiles venait au départ du comité de diversification de Murdochville, parti ensuite à la chasse au promoteur.

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