Gespeg souhaitait acquérir Fort-Prével de la SÉPAQ pour rénover et relancer le site en lui ajoutant des couleurs autochtones. Ce projet est « mis au rancart », annonce le chef Claude Jeannotte. « C’est trop gros, on n’avait pas la certitude que Québec allait mettre les millions. »
La SÉPAQ continue
À la SÉPAQ, la porte-parole Élaine Ayotte indique que sa société « n’a pas eu de discussions dernièrement avec les Micmacs ». « On va continuer d’opérer Fort-Prével », dit-elle, précisant que la SÉPAQ n’a pas d’autre promoteur en vue.
Fort-Prével est déficitaire, après une baisse des nuitées de 37 % entre 2010 et 2012. Les données ne sont pas encore compilées, mais 2013 n’a pas permis d’augmenter l’achalandage, indique la porte-parole.
L’Auberge et golf Fort-Prével a employé 40 personnes cette année, comparativement à 60 en 2012.
Un autre projet sur le feu pour les Micsmacs
Le conseil de bande souhaite plutôt concentrer ses efforts et ses finances sur le déménagement du centre administratif de Gespeg de Pointe-Navarre vers Corte-Real, un projet de 5 à 7 millions de dollars. Le centre, situé dans une ancienne école jugée vétuste, serait reconstruit sur les terrains de l’ancien ciné-parc de Corte-Real, racheté par les Micmacs.
Le terrain de l’école, qui serait démolie, accueillerait les tipis et autres installations extérieures du Site d’interprétation micmac de Gespeg, actuellement peu visibles de la 132. « On veut mettre le site sur un terrain plat et offrir des couchers dans les tipis. C’est quelque chose qui intéresse les Européens », explique M. Jeannotte.
Gespeg souhaite réaliser son projet en 2014, avec 80 % d’aide de Québec et d’Ottawa.
Le dossier touche plus largement des milliers de chasseurs qui ont construit un chalet ou immobilisé une roulotte sur leur territoire de chasse à l’orignal au fil des décennies en Gaspésie.
Seulement dans le secteur de Grande-Vallée, le président de l’association chasse et pêche locale, Bermans Minville, estime que « pour mes 550 membres, il y a au moins 300 à 350 campements dans le bois. Et je dirais que moins de dix ont été légalisés ».
Loi claire
La Loi sur les terres du domaine de l’État est pourtant claire : le propriétaire d’un bâtiment érigé sans droit a sept mois pour s’identifier auprès du ministère et prendre un arrangement pour le déplacer à au moins un kilomètre. Sinon, le MRN en prend possession et peut le démolir ou le brûler. Le ministère ne régularise plus de camp depuis 1989.
M. Minville sent que la surveillance du MRN s’est intensifiée dans son secteur, ce qui agace ses chasseurs. « À un moment donné, on va se mettre les 550 à l’orée du bois et vous allez revirer de bord, mes petits amis! », lance-t-il.
Payer pour rester?
Ses membres sont prêts à payer 200 $ à 300 $ par an pour régulariser leur camp, déclare M. Minville.
L’idée de payer pour rester est toutefois loin de faire l’unanimité parmi les chasseurs. Le président régional de la Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs, Alain Poitras, est contre. « Les gens diraient : moi, je paie, je suis chez nous […] Ce serait la guerre du Vietnam. Là, c’est déjà la guerre, mais on s’en sort sans dommage quand même tous les ans. »
M. Poitras demande plutôt à ses membres d’éviter de s’approprier le territoire public, dans un contexte où les chasseurs se multiplient en forêt, et les tensions aussi. La vente de permis de chasse à l’orignal a presque doublé depuis 15 ans en Gaspésie, passant de 12 741 en 1998 à 24 533 en 2012.
Pas plus de surveillance, dit le MRN
Le MRN n’a pas resserré sa surveillance, précise le directeur régional Marc Lauzon. Mais ses techniciens ont fait plus d’inventaires forestiers et ont donc repéré davantage de camps illégaux. Des 856 dossiers, 399 ont été réglés, soit que le propriétaire l’a déplacé ou que le ministère en a disposé. Aucun dossier ne s’est rendu en cour, indique M. Lauzon.
Une loi légitime, selon le député Roy
La loi doit être maintenue telle quelle, croit le député péquiste de Bonaventure, Sylvain Roy. « Les gens savaient qu’ils n’avaient pas le droit, mais ils ont pris le risque de se construire des camps de chasse. »
Selon le député, il faut protéger l’accès aux terres publiques. « Si on laissait ça aller, dans 100 ans, il n’y aura plus un pouce carré de territoire public accessible. »
Développement EDF EN Canada a détaillé les impacts du projet de 74 mégawatts devant une vingtaine de personnes à Murdochville. Les éoliennes seront érigées à cinq kilomètres de la ville, sur les crêtes à l’est du lac York.
Le Centre de plein air compte 90 emplacements de camping et 10 chalets. Le lac York, apprécié des pêcheurs, constitue l’un des éléments de la relance touristique de la ville. L’éolienne la plus proche sera à environ 800 mètres de chalets situés sur la rive est du lac. Les campeurs, pique-niqueurs et pêcheurs installés sur la rive ouest verront clairement quatre éoliennes et six autres plus lointaines.
« C’est sûr que ce ne sera plus comme avant. Les éoliennes vont être proches, dit Marc Lemieux, un citoyen de Murdochville. Mais on est un milieu industriel, on est habitués de voir toutes sortes de choses », ajoute-t-il.
« Ça ne déguise pas l’esthétique du lac York. Je ne pense pas que ça porte préjudice au tourisme », a dit la mairesse de Murdochville, Délisca Ritchie Roussy, jointe après la séance d’information.
Chasseurs incommodés
Ce sont plutôt des chasseurs d’orignaux qui ont manifesté leur inquiétude. « C’est notre coin de chasse, a dit Daniel Lemieux, de Gaspé. Il y aura un accès grand public avec les nouveaux chemins. Ça va déranger le cheptel et ce sera une autoroute ouverte au braconnage. […] C’est du développement, c’est sûr, mais ça dérange un loisir historique. »
L’orignal s’adapte bien aux changements dans son environnement, a rétorqué le promoteur. EDF envisage de cesser les travaux pendant la semaine de chasse à la carabine, mais ne s’y est pas engagé formellement.
Le bruit des éoliennes, entendu des chalets du lac York, variera entre 30 et 35 décibels, ce qui correspond au bruit ambiant du milieu naturel, calcule EDF.
Une seule éolienne en Haute-Gaspésie
Par ailleurs, EDF n’a pas l’intention de déménager des éoliennes pour satisfaire la MRC de la Haute-Gaspésie. « Ce qu’on présente, c’est ce qu’on souhaite construire, dit Sébastien Goupil-Dumont, d’EDF. C’est juste la technique qui parle. On ne prévoit pas de changement majeur. »
La Haute-Gaspésie aura une seule éolienne sur son territoire, et donc 5000 $ de redevances par an. La Côte-de-Gaspé inclura les 36 autres, pour 180 000 $ de redevances annuelles, dont 75 % ira à la Ville de Murdochville et 25 % à la MRC.EDF souhaite déboiser 108 hectares de forêt dès l’automne 2014. Le chantier de construction démarrerait au printemps suivant, pour une mise en service le 1er décembre 2015. Le projet est estimé à 175 millions de dollars. Il créera 150 emplois pendant la construction et cinq pendant l’exploitation. Les citoyens et les organismes ont jusqu’au 27 décembre pour demander des audiences publiques du BAPE.
La semaine dernière, le ministre délégué aux Régions, Gaétan Lelièvre, affirmait que Pétrolia souhaite forer en janvier, mais que son gouvernement tente de convaincre la firme d’attendre jusqu’au printemps. Les résultats finaux de l’étude hydrogéologique menée par le ministère québécois de l’Environnement et l’INRS seront alors disponibles.
« Affirmer que Pétrolia est entrée dans un “bras de fer” avec le gouvernement pour forer en janvier 2014 est faux, écrit Mme Proulx. […] Nous voulons poursuivre le forage d’Haldimand n° 4, mais nous souhaitons le faire de manière concertée avec la Ville [de Gaspé] et avec le gouvernement. »
Le rapport préliminaire de l’étude, qui sera livré en décembre, « inclura les données nécessaires pour répondre aux parties prenantes », croit la vice-présidente. Dans son courriel, Pétrolia ne s’engage pas à attendre le rapport final et Mme Proulx n’a pas répondu à nos demandes d’entrevue.
La vice-présidente rappelle que Pétrolia a remis les données issues de sa propre étude hydrogéologique, entamée en novembre 2011, au ministère de l’Environnement.
« Grand temps » pour un règlement
Par ailleurs, il est « grand temps » que Québec adopte son règlement sur l’eau potable, ajoute Mme Proulx, et Pétrolia en « respectera toutes les dispositions ». Ce règlement supplantera un règlement de la Ville de Gaspé, qui a pour effet d’empêcher Pétrolia de forer Haldimand n° 4.
Le projet de règlement présenté par Québec en mai fixait à 300 mètres la distance minimale entre une source d’eau potable et un forage, une norme que Gaspé juge « nettement insuffisante ». Cette distance pourrait toutefois être revue à la hausse sur la foi de l’étude hydrogéologique.
Le site du forage Haldimand n° 4 est situé à 350 mètres de résidences et à 800 mètres du puits artésien le plus proche. Pétrolia est prête à forer depuis janvier 2013.
Ces résultats, « même incomplets, étaient au moins une partie des données essentielles à ce forage », réagit la présidente du comité, Lise Chartrand, par communiqué. Le groupe craint une contamination des sources d’eau potable.
Ce serait « le comble du mépris pour les citoyens et l’environnement de Gaspé » si Pétrolia forait dès janvier, estime la présidente, qui dit avoir envoyé un appel aux groupes citoyens qui soutiennent son comité à travers la province pour trouver du support.
Un « bras de fer » se livre entre Pétrolia et Québec pour convaincre la firme de patienter, a expliqué à GRAFFICI.CA le ministre délégué aux Régions et député de Gaspé, Gaétan Lelièvre.
Le gouvernement préférerait que Pétrolia attende au printemps, le temps de recevoir les résultats finaux de l’étude hydrogéologique sur Haldimand commandée cet été par Québec pour évaluer les risques environnementaux liés au forage. Même si Pétrolia estime avoir des droits acquis, elle sera « moralement » liée aux résultats de l’étude, ajoute M. Lelièvre.
Pétrolia détient un permis du ministère des Ressources naturelles pour forer Haldimand n° 4, des travaux d’abord prévus en janvier 2013. Un règlement municipal de Gaspé sur l’eau potable, qui interdit l’injection de substances dans le sol à moins de deux kilomètres de puits artésiens, a pour effet d’empêcher la firme d’exécuter ses travaux.
Le règlement provincial sur l’eau potable, qui viendra supplanter celui de Gaspé, est toujours attendu.
Le parc industriel, vital pour Rivière-au-Renard, inclut notamment dans ses limites trois usines de pêche, un chantier naval, un parc d’hivernage des bateaux, une marina et des îlots de service (eau potable et électricité) destinés à la cinquantaine de navires de pêche régulièrement accostés.
Depuis 20 ans, le ministère québécois de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ), propriétaire du parc, discute de sa cession à la municipalité. « Je suis convaincu qu’une ville est mieux placée que le gouvernement pour gérer un parc industriel », déclare le député péquiste de Gaspé, Gaétan Lelièvre, qui est aussi l’ancien directeur général de Gaspé.
Toutefois, depuis près de dix ans, Québec avait omis de verser le montant annuel de 50 000 $ à la Ville, qui entretient et gère déjà le parc. « La première chose, c’était de tenir nos engagements, indique M. Lelièvre. Réglons nos comptes, après ça, on continuera à négocier. »
M. Lelièvre et le maire de Gaspé, Daniel Côté, refusent de fixer un délai à la conclusion des discussions. Une mise à niveau des infrastructures au coût de 4 millions de dollars doit d’abord être complétée.
La somme servira à asphalter les rues, à réparer la station de pompage en eau salée, à effectuer des travaux d’aqueduc et d’égout, ainsi qu’à ajouter et réparer des îlots de service pour les bateaux.
La formation à distance est incontournable dans un territoire aussi vaste et peu densément peuplé que l’Est-du-Québec, où la main-d’œuvre qualifiée manque, ont plaidé les représentants des sept commissions scolaires francophones, des cinq cégeps, des deux instituts du territoire et de l’Université du Québec à Rimouski (UQAR), réunis par vidéoconférence cette semaine.
Au Cégep de la Gaspésie et des Îles, l’équivalent de 100 étudiants à temps plein suivent de la formation à distance. Au Cégep de Matane, ce chiffre atteint 250. Quant à l’UQAR, 1000 de ses 7000 étudiants bénéficient d’une formation à distance.
« On a de belles histoires à succès, mais elles sont localisées, a indiqué le recteur de l’UQAR, Jean-Pierre Ouellet. On veut éliminer les barrières au plan technologique, amener un élan collectif pour que toutes les institutions emboîtent le pas. »
Échanger de l’information
Jusqu’ici, les établissements travaillaient chacun de leur côté sur la formation à distance. « On veut aller chercher l’expertise de chacun, mettre nos expériences en commun pour aller plus loin », a expliqué Jean Letarte, directeur de la Commission scolaire des Chic-Chocs.
Les membres du FADIO (formation à distance inter ordres) échangeront leurs expertises et sensibiliseront leur personnel aux avantages de la formation à distance. Ils formeront leurs techniciens et leurs conseillers pédagogiques au sein d’une communauté de pratique. Ils essaieront de rendre compatibles leurs plateformes technologiques et pourraient effectuer des achats groupés pour réduire les coûts.
Selon Jean-Pierre Ouellet, il s’agit d’un « effort sans précédent de concertation ». Il n’est toutefois pas prévu, en tout cas dans un premier temps, que des institutions offrent des formations à distance communes.
La Stratégie d’établissement durable des personnes en Gaspésie et aux Îles-de-la-Madeleine a été présentée lundi à Gaspé.
Les efforts des dernières années se sont concentrés sur les jeunes et les immigrants. Dorénavant, toutes les strates d’âge seront courtisées. Une stratégie nécessaire, jugent ses promoteurs, puisque la région a beau avoir stoppé sa décroissance démographique, elle vieillit plus rapidement qu’ailleurs et manque déjà de main-d’œuvre.
« Il faut passer le cap du neutre et aller vers une augmentation, mais c’est difficile à chiffrer parce que certaines choses ne dépendent pas de nous », indique le directeur général de la Conférence régionale des élus Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine (CRÉGÎM), Gilbert Scantland.
La stratégie ne contient rien de radicalement nouveau, avoue M. Scantland, mais elle permettra « d’intensifier les actions qui ont eu des effets positifs ».
Valoriser, attirer et intégrer
La stratégie vise à présenter une image positive de la région, notamment en faisant connaître les possibilités d’emploi. Les migrants potentiels seront attirés grâce à des ambassadeurs de la région, à une offre de stages et à un programme d’aide financière pour des entrevues d’embauche.
Quant aux employeurs, ils seront accompagnés dans leurs missions de recrutement. On leur offrira aussi de la formation sur les moyens de retenir leur main-d’œuvre et on les soutiendra dans l’intégration des immigrants à leur emploi.
Actions qui convergent
La dépense annuelle (environ un million par an) liée à la stratégie correspond grosso modo aux montants consacrés ces dernières années par la Commission Jeunesse et la CRÉGÎM pour attirer les jeunes et les immigrants. Toutefois, la stratégie fera converger les actions, indique M. Scantland. « Dans un salon pour l’emploi, on n’ira pas à 20, on ira à un seul », illustre-t-il.
S’ajoute un montant d’un million de dollars sur quatre ans qui sera investi par le Cégep de la Gaspésie et des Îles, notamment pour offrir des bourses d’études collégiales.
Tout le financement vient de façon directe ou indirecte du gouvernement provincial
Pétrolia a déposé sa requête en Cour supérieure en avril, parce que le règlement de Gaspé a pour effet d’interdire le forage d’Haldimand n° 4.
La firme d’exploration vient de rompre un silence de plusieurs mois sur le projet Haldimand en annonçant par communiqué le report du procès. Ce report jusqu’en janvier permettrait « d’entreprendre des discussions » pour trouver « une solution au différend » qui oppose Pétrolia et la Ville et « éventuellement reprendre ses activités sur le projet Haldimand ».
La solution « entre les mains de Québec »
Le maire de Gaspé, Daniel Côté, confirme le report, mais l’explique autrement. « C’est pour laisser la chance au gouvernement du Québec de déposer son règlement sur l’eau potable. Oui, il faut avoir des discussions avec Pétrolia, mais la solution est entre les mains de Québec. S’il y a du fine tuning à faire, on verra après. »
Le projet de règlement présenté par Québec en mai fixait à 300 mètres la distance minimale entre une source d’eau potable et un forage, une norme que Gaspé juge « nettement insuffisante ». Le règlement provincial supplantera celui de Gaspé et d’environ 70 autres municipalités québécoises qui ont adopté un texte semblable.
Les relations entre Myron Tétreault, qui a succédé à André Proulx à la présidence de Pétrolia en septembre, et le nouveau maire Daniel Côté, sont cordiales, selon ce dernier. M. Tétreault n’a pas répondu à nos demandes d’entrevue.
Haldimand n° 4, pour lequel Pétrolia détient un permis de forer du ministère des Ressources naturelles, serait situé à 350 mètres de résidences et à 800 mètres du puits artésien le plus proche.
Perception des investisseurs : le Québec dernier
Ces développements surviennent alors que les investisseurs du domaine pétrolier perçoivent le Québec comme la province canadienne où se posent le plus d’obstacles à l’investissement, selon une enquête de l’Institut Fraser (http://www.fraserinstitute.org/uploadedFiles/fraser-ca/Content/research-news/research/publications/global-petroleum-survey-2013.pdf), menée auprès de 864 répondants représentant 762 compagnies.
Dans un classement plus large incluant 157 juridictions du globe, le Québec est tombé de la 101e (sur 147) en 2012 à la 141e (sur 157) cette année. Les coûts engendrés pour respecter la réglementation, les impôts et autres contributions fiscales et l’incertitude concernant les aires protégées sont les principaux facteurs qui décourageraient les investisseurs.
Les répondants ont l’impression que le gouvernement ne supporte pas l’industrie et que la population est contre, ont-ils notamment déclaré. Selon eux, l’incertitude serait alimentée par l’incohérence des messages envoyés par le gouvernement.
Isaac Lemieux, 87 ans, se souvient des années 1940 et 1950, lorsque l’église de Barachois était presque pleine tous les dimanches. Aujourd’hui, les messes rassemblent une cinquantaine de personnes, surtout des aînés, et la fabrique doit faire preuve d’imagination pour trouver des revenus. Ces dernières années, M. Lemieux a même participé à des « bercethons » sur le perron de l’église pour amasser des fonds!
Depuis 2000, une grande collecte annuelle avait permis de donner un nouveau souffle aux paroisses de la région. « Mais depuis deux ans, on sent qu’elles s’essoufflent à nouveau. Un grand nombre [49 %] a montré un déficit d’opération l’an dernier », explique l’évêque Jean Gagnon.
Paroisses « à un tournant »
L’équipe du diocèse a préparé un questionnaire auquel 55 des 63 fabriques de la Gaspésie et des Îles ont répondu. Constat : la population diminue et vieillit, tout comme les fidèles et les administrateurs des fabriques. Les revenus en provenance de la dîme et des quêtes du dimanche sont à la baisse, pendant que les coûts d’opération augmentent. Et le tiers des églises ont besoin de réparations majeures.
Les paroisses sont « à un tournant », résume Monseigneur Gagnon. « Ça ne veut pas dire qu’on va faire faillite demain matin, précise-t-il. Mais on ne peut plus couper. Il faut trouver des manières différentes de faire. »
Solutions : partager et informer
Malgré les défis, la paroisse Saint-Pierre de Barachois « s’en tire bien », juge Anita Collin, présidente de la fabrique. Un salon funéraire loue le sous-sol de l’église. Le presbytère abrite des locaux du CLSC et un appartement, ce qui permet de prélever des loyers.
Le diocèse encourage ce type de partenariat pour partager les coûts d’opération. À l’image de Barachois et de son « bercethon », les fabriques sont aussi invitées à essayer de nouvelles formules de collectes de fonds.
Mais avant toute chose, les paroissiens et la municipalité doivent être informés de la situation des finances de leur église. « Il y a beaucoup plus de gens attachés à leur église que ceux qui vont à la messe le dimanche, remarque Mgr Gagnon. […] Souvent, l’église est ce qui reste dans le village. »
Fusionner des églises?
Plus du tiers des fabriques, soit 24, considère l’éventualité d’un regroupement avec une paroisse des alentours, révèle le rapport. Mais l’esprit de clocher existe encore, indique Mgr Gagnon. « Ça se comprend, dit-il. Les paroisses sont relativement éloignées les unes des autres et le sentiment d’appartenance est marqué. »
Le diocèse poursuit jusqu’au 3 décembre une tournée de la Gaspésie et des Îles pour présenter le rapport et discuter d’avenir avec les paroissiens.
Les défis sont loin de décourager Mgr Gagnon. « Il y a eu des époques où l’Église était très riche et organisée, d’autres époques où elle a été très pauvre. Mais elle a toujours été à son meilleur quand elle était pauvre. C’est là que je trouve mon espérance. »
Respect de la vie privée