le Mercredi 23 septembre 2026

Cette percée pourrait permettre au seul transformateur canadien d’œufs de lompe, Caviar Emerance de Paspébiac, de sécuriser ses approvisionnements et de développer ses marchés.

Dans les installations de Merinov à Grande-Rivière, des chercheurs bichonnent de jeunes lompes d’à peine un centimètre et demi. Ce sont les petits-enfants de poissons sauvages prélevés vivants dans les eaux de la Basse-Côte-Nord et de la Gaspésie en 2011. À l’époque, les chercheurs ne savaient pas s’ils arriveraient à les reproduire en captivité.

« On partait de zéro. On n’avait aucune littérature sur l’élevage de la lompe, indique Marie-Hélène Fournier, professeure-chercheuse à l’École des pêches et de l’aquaculture du Québec. On a eu la chance de notre côté, poursuit-elle. On a trouvé une masse d’œufs fécondés au fond du bassin. » La première génération de lompes d’élevage était née.

Un premier cycle d’élevage

« Ces poissons ont connu une bonne croissance et ont montré des signes de maturation vers un an et demi », rapporte Mme Fournier. À force de manipulations, les chercheurs ont réussi à extraire les œufs des femelles et la laitance des mâles, puis à produire des rejetons pour ainsi compléter un premier cycle d’élevage.

La lompe porte le surnom de « poule d’eau ». Traditionnellement, les Gaspésiens mangent la chair du mâle, mais pas celle de la femelle, jugée trop gélatineuse. La valeur des femelles se trouve plutôt dans leurs œufs : en période de ponte, ils représentent 25 % à 50 % du poids de la lompe.

Le caviar « de l’homme de la rue »

« Le caviar de lompe, c’est le caviar de l’homme de la rue. En Europe de l’Est, les gens en mangent depuis 75 ans », décrit Dennis Murray, copropriétaire de Caviar Emerance de Paspébiac, le seul transformateur d’œufs de lompe au Canada. Son caviar se détaille entre 7 $ et 10 $ pour 50 g, soit 10 fois moins cher que le véritable caviar, celui d’esturgeon.

M. Murray achète entre 2100 kg et 2600 kg par an d’œufs de lompe à Terre-Neuve et sur la Basse-Côte-Nord. Là-bas, les œufs sont mis en baril, tandis que la carcasse du poisson est rejetée à l’eau. En Gaspésie, Caviar Emerance dessale les œufs, les colore en rouge ou en noir et ajoute des ingrédients pour améliorer leur apparence et leur conservation. Cinq employés de Produits marins Saint-Godefroi remplissent des petits pots de caviar à la cuiller pour ne pas l’abîmer, pendant une trentaine de jours de travail répartis sur l’année.

La lompe sauvage vulnérable

M. Murray craint un effondrement des stocks de lompe. Le dernier rapport de Pêches et Océans Canada sur cette espèce, en 2011, qualifiait la ressource de « très faible et probablement surexploitée ». Les quantités pêchées dans le golfe du Saint-Laurent sont passées de 264 tonnes en 2005 à 36 tonnes en 2010.

Avec un élevage de lompe en bassin, sur la terre ferme, « je sécuriserais mes approvisionnements », indique M. Murray, qui souhaite commercialiser la chair en plus du caviar. « J’ai déjà de la demande en Allemagne pour les œufs et en Chine pour la chair », dit-il. L’industrie d’élevage du saumon en mer lorgne aussi du côté de la lompe comme poisson nettoyeur, une avenue à développer selon M. Murray. « La poule d’eau va sur le dos des saumons et mange les poux de mer [des parasites qui les rendent vulnérables] », explique-t-il.

Des études supplémentaires

Les chercheurs de Grande-Rivière mèneront une étude pour savoir si l’élevage de la lompe serait rentable commercialement. Ils vérifieront aussi s’il est possible de produire seulement des femelles (et donc davantage d’œufs) en ajoutant une hormone féminisante à la nourriture des larves de lompe, ni mâles ni femelles à ce stade.

Vers 5 heures jeudi matin, la maison LeBouthillier a entamé un parcours de plusieurs centaines de mètres qui traversait le pont de Gaspé. On l’a transportée sur un camion semi-remorque de son lieu d’origine, du côté sud de la Baie, jusqu’au chantier de Berceau du Canada, près de la route 198, au pied du centre-ville de Gaspé.

Le bâtiment devient l’un des éléments principaux de Berceau du Canada, un projet de 17 millions de dollars. Ce chantier inclut la reconstruction de sept bâtiments historiques sur un quai neuf et sur la terre ferme, ainsi que des travaux routiers pour réaménager le bord de la baie.

Un ancien consulat

La maison LeBouthillier, âgée d’au moins 170 ans, a abrité le consulat du Brésil et celui de l’Italie dans les années 1860, alors que Gaspé était un port franc.

Le sort de la maison avait suscité de l’inquiétude en 2009, lorsque Sobeys avait acheté le terrain sur lequel elle s’élevait en vue d’un développement futur.

Berceau du Canada : ouverture en 2014

Quatre bâtiments sont déjà reconstruits sur le quai de Berceau du Canada. Cet automne, une maison longue micmaque et un sémaphore seront ajoutés. La reproduction d’une ancienne base navale sera construite sur la terre ferme, près de la maison LeBouthillier.

Berceau du Canada ouvrira au public dès le mois de mai prochain, à temps pour recevoir les premiers croisiéristes de la saison, après que des artéfacts et de l’interprétation aient été ajoutés sur les lieux. Toutefois, les travaux routiers se poursuivront au courant de l’été prochain.

« Certains états américains essaient d’acheter de l’énergie verte et donnent des primes pour ces énergies », a affirmé le directeur du TechnoCentre éolien, Frédéric Côté. Hydro-Québec devrait faire des efforts pour monnayer ces attributs environnementaux, qui s’élèvent à 6 ¢ le kilowattheure (kWh) à certains moments.

Ces arguments sont avancés alors que la pertinence de lancer un nouvel appel d’offres éolien est critiquée en période de surplus énergétiques. Selon M. Côté, le Québec doit voir ses surplus d’électricité comme une opportunité. « Dans le passé, on a profité des surplus pour convertir le chauffage résidentiel du mazout à l’électricité », a-t-il illustré.

Les surplus pourraient servir à attirer des entreprises énergivores à proximité des lieux de production, « ce qui permettrait d’insuffler une nouvelle ère d’aller à la Gaspésie », a plaidé le Créneau éolien, citant en exemple les alumineries de la Côte-Nord et du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Objections

Les commissaires ont présenté certaines objections aux tenants de l’éolien. Le tarif L offert aux entreprises énergivores est de 4,5 ¢ le kWh alors que l’électricité des parcs éoliens en fonction coûte 9,3¢ du kWh. « Je ne vois pas comment l’éolien peut soutenir cet aspect-là », a déclaré le commissaire Normand Mousseau.

« Déjà, on a du mal à soutenir l’efficacité énergétique à cause des surplus et vous, vous proposez d’en ajouter jusqu’en 2024 », a aussi remarqué M. Mousseau. Quant à profiter de crédits de carbone, « c’est possible, mais la question, c’est quelle quantité », a-t-il dit.

300 à 350 MW par an

Hydro-Québec doit commander 300 à 350 mégawatts de projets éoliens par an entre 2018 et 2025 pour soutenir les emplois manufacturiers, croit le TechnoCentre. Ce volume « permettrait de faire fonctionner la chaîne de production à environ 40 % à 50 % de sa pleine capacité, indique le mémoire de l’organisme. Cette cible encouragerait les entreprises à se tourner en partie vers les marchés extérieurs ».

À partir de 2025, le renouvellement des parcs éoliens existants garnira les carnets de commande. L’éolien génère 5000 emplois au Québec, dont 1200 en Gaspésie et dans la MRC de Matane.

Le pétrole aussi

Une quarantaine de personnes au total ont assisté aux discussions, qui ont fait une bonne place au développement des hydrocarbures en Gaspésie. « On a une opportunité, il ne faut pas la manquer, a dit Brent Simpson au nom du Regroupement pour l’avancement économique de la Gaspésie. On peut prendre le temps de le faire comme il faut. »

Environnement Vert Plus et son président Bilbo Cyr ont redemandé un BAPE sur le pétrole en Gaspésie, comme le gouvernement Marois en a promis un sur le gaz de schiste dans la vallée du Saint-Laurent. « On veut être traités comme le reste du Québec. Il n’y a pas de raison qu’on n’ait pas droit à cet encadrement-là », a lancé M. Cyr.

On avait prévenu Mme Rutenberg de la rudesse de l’hiver gaspésien, ce qui l’a encouragée au lieu de la dissuader. « On me disait « il y a du vent, de la neige et tout est fermé ». Moi, je me suis dit : il faut que je vienne en hiver! », rapporte-t-elle.

La photographe a fait six visites hivernales en Gaspésie ces trois dernières années. Elle en a rapporté notamment des clichés de bâtiments de pêche noyés dans la poudreuse, de cabanes sur la glace ou de casiers à crabe ensevelis sous la neige.

« Je photographie des paysages, mais avec des traces humaines, explique Mme Rutenberg. Ça parle de mémoire, de l’histoire et de la vie quotidienne. »

Les clichés de la photographe seront « une fenêtre sur une Gaspésie largement méconnue, remarque Félix Fournier, conservateur du Musée de la Gaspésie. Sur les 100 000 photos de notre centre d’archives, on a moins de 500 photos hivernales », illustre-t-il.

Un livre de photographies de 120 pages en deux versions (en français et en anglais) paraîtra en mars 2014.

Une exposition sera présentée à partir du 5 juin 2014 au Musée de la Gaspésie. Par la suite, elle déménagera au Musée acadien du Québec à Bonaventure et à la Maison de la culture de Sainte-Anne-des-Monts.

Mme Rutenberg offrira aussi des conférences et des ateliers photographiques l’été prochain.

Au cours de sa carrière, la photographe a produit une douzaine de recueils de photos et exposé ses clichés au Canada, aux États-Unis et en Europe.

« On s’est retrouvés avec 58 enfants en attente d’évaluation pendant au moins six semaines le printemps dernier, indique Lise Bernatchez, directrice générale du Centre Jeunesse. Ce n’était jamais monté si haut. Une trentaine de ces enfants était dans [la MRC de] Bonaventure, dont 23 anglophones. »

Le CJ n’a plus d’évaluateur bilingue dans Bonaventure pour ces jeunes, explique Mme Bernatchez. Une intervenante de Montréal est venue offrir du renfort de façon temporaire. Toutefois, le poste, pour lequel il faut un travailleur social ou un psychoéducateur, n’est pas encore comblé.

Dans l’ensemble de la région, le CJ a embauché l’équivalent de trois évaluateurs à temps plein, une hausse de 30 % de ses effectifs pour ce type de poste.

13 % plus de signalements retenus

Le nombre de signalements reçus en Gaspésie et aux Îles est en hausse de 6 %, atteignant 1263 au cours de l’année financière 2012-2013. De ces signalements, le CJ en a retenu 656, une augmentation de 13 %.

« C’est inquiétant, concède Linda Keating, directrice régionale de la protection de la jeunesse. Mais est-ce parce qu’il y a plus de maltraitance ou est-ce la population qui signale davantage? »

Plus du quart des signalements retenus concernent des enfants de la MRC du Rocher-Percé. En Gaspésie et aux Îles, la raison la plus fréquente de signaler demeure la négligence ou le risque de négligence (38 % des cas).

La communauté à la rescousse

Mme Keating incite les adultes à s’engager auprès des jeunes avant que le Centre Jeunesse doive s’en mêler. Michel Paquet, 18 ans, est venu témoigner de la différence faite dans sa vie par sa rencontre avec le chef des pompiers de Gaspé, Carl Sinnett.

Le jeune homme a reçu les services du Centre Jeunesse entre 11 et 18 ans. À 16 ans, un travail scolaire l’a amené à interviewer M. Sinnett, qui a remarqué son intérêt et ses aptitudes pour le métier de  pompier et pour les moteurs. « Beaucoup de monde s’est intéressé à moi », indique Michel Paquet, qui s’est ensuite impliqué à la caserne. « Ça m’a aidé à avoir des jobs un peu partout », dit-il. Aujourd’hui, M. Paquet suit des cours de mécanique et des cours pour devenir pompier. 

Les navires sont le Norwegian Dawn et le Celebrity Summit. « C’est la deuxième fois qu’on a deux gros bateaux en même temps, mais c’est la plus grosse journée à vie en terme de volume [de passagers]  », indique Stéphane Ste-Croix, chef d’Escale Gaspésie, un organisme créé en 2009.

Plus de cent personnes sont à pied d’œuvre pour accueillir et transporter les croisiéristes. Trente-cinq autobus sont nolisés pour offrir des tours sur la pointe gaspésienne et un service de navettes vers le centre-ville de Gaspé.

Train touristique

Le train touristique embarque des croisiéristes pour la première fois, après deux circuits dédiés à la population et aux touristes en général dans la Baie-des-Chaleurs cet été.

Les compagnies de croisières ont loué deux des trois voitures du train L’Amiral pour le trajet de Gaspé vers Coin-du-Banc (les 10 km restants jusqu’à Percé se feront en autobus). Les voitures accueillent au total 90 passagers, sur une capacité de 156.

Un autre départ de L’Amiral dédié à la population, prévu dimanche, affiche complet avec 224 billets vendus. Le voyage sera aussi offert aux passagers du Celebrity Summit, de retour le 16 octobre.

« Mission accomplie »

« On se dit mission accomplie, ç’a été beaucoup de travail », commente le président de la Société de chemin de fer de la Gaspésie, François Roussy. Les élus de la pointe gaspésienne avaient d’abord visé 2009, puis l’automne 2012 pour mettre en marche le train touristique.

Il y a « beaucoup de demande » pour L’Amiral, indique Stéphane Ste-Croix, même si les délais ont « occasionné des problématiques de vente l’an dernier ». « On est le seul port d’escale qui offre un train directement associé au port. Et de longer le bord de mer pour se rendre au Rocher-Percé, c’est assez unique. »

Ne vous attendez pas à un compte-rendu exact, avait averti Jean-Roch Marcotte, des Productions Vic Pelletier, avant la projection. « Nos scénaristes se sont acharnés à transformer tout ça en bonne histoire. »
Cet été-là, les Paul Rose, Jacques Rose et Francis Simard, futurs meneurs du Front de libération du Québec, arrivent à Percé pour ouvrir une « Maison du pêcheur », d’où ils veulent sensibiliser les Gaspésiens à leurs conditions économiques et à la cause de l’indépendance. Ils se heurtent à la méfiance d’une partie de la population et à l’indifférence de certains jeunes vacanciers. Le film raconte aussi l’apprentissage politique du jeune Gaspésien Bernard Lortie.
« Ça ne dénature pas »
Pierre Michaud tenait une boîte à chansons à Percé en 1969 et fréquentait la Maison du pêcheur. Il craignait que le film s’éloigne trop de la vérité. « C’est sûr que c’est romancé, mais ça ne dénature pas ce qui s’est passé à Percé en 1969 », a-t-il statué après la projection.
M. Michaud a raté de peu l’arrosage montré dans le film, lorsque des Percéens « nettoient » la Maison du pêcheur et ses occupants avec de puissants jets d’eau. « On a attendu une heure et demie à l’étage de la maison, moi et un chum. On savait que quelque chose arriverait, on était là par solidarité. On est sortis prendre une bière et quand on est revenus, la porte était défoncée et c’était l’arrosage. »
Pas autant de violence
Le maire actuel de Percé, Bruno Cloutier, était assistant-secrétaire de la Ville de Percé à l’époque. « Ça se rapproche de la réalité, même si c’est de la fiction, dit-il. Par contre, je n’ai pas vu autant de violence. Il y a eu des altercations, mais des gens qui mettent le feu aux tentes, je n’ai pas vu ça. »
André Méthot, devenu maire de Percé à l’été 69, ne se formalise pas d’avoir inspiré le personnage d’André Duguay, joué par Luc Picard. Dans le film, le commerçant, voisin de la Maison du pêcheur, multiplie les manœuvres pour expulser les militants. « Qu’ils la fassent, leur « crisse » de révolution, mais pas devant mon camping! », lance le comédien.
« C’est moi, ça, avoue M. Méthot en riant. Je n’avais peur de rien, pas peur de foncer dans la gang. J’habitais à 10 mètres de la Maison du pêcheur, je travaillais sept jours sur sept, et quand j’arrivais, je voulais dormir. Eux autres, ça dansait, ça criait, ça chantait… Mais j’avais une bonne relation avec Paul Rose. Je lui disais : baisse ta musique! »
« Ça m’a rappelé comment était Percé en 69, poursuit M. Méthot, âgé de 74 ans. Ça n’a pas changé tant que ça : c’est plus propre mais c’est moins beau. »
Ovation debout
Le film a eu droit à une ovation debout. Les Percéens ont réagi lorsqu’ils ont reconnu des leurs qui jouent de petits rôles ou font de la figuration. L’apparition en fier-à-bras d’André Boudreau, candidat à la mairie de Percé, a beaucoup fait rire.
Le réalisateur Alain Chartrand, le coscénariste Jacques Bérubé et plusieurs des comédiens étaient présents pour la projection.

Le maire Bruno Cloutier et des hauts fonctionnaires de Pêches et Océans ont conclu une entente de principe lundi. « On aimerait mieux que le fédéral le garde, mais dans les circonstances actuelles, on n’a pas le choix, déclare le maire. Soit on le prend, soit [Pêches et Océans Canada] le laisse dépérir. »

Pêches et Océans Canada maintient que le quai n’est plus utile pour la pêche, même si quatre homardiers s’y amarrent. En mai, le ministère avait fermé le quai pour des raisons de sécurité à l’orée de la saison touristique, créant une commotion à Percé.

Cette onde de choc ne devrait pas se répéter : « On a eu la garantie du ministère que tant que les travaux et le transfert n’est pas complété, il fera les réparations d’usage », se réjouit M. Cloutier.

Des réparations de 3 M$

La mise à niveau du quai devrait coûter environ 3 millions de dollars, indique le maire. « Il faudra refaire le tablier et les palplanches [sur les côtés], pour s’assurer qu’il soit sécuritaire pour les 30 à 40 prochaines années. »

Démolir le quai coûterait grosso modo la même somme, prévoit le maire. Toutefois, Pêches et Océans doit encore préciser les coûts de démolition et de mise à niveau. L’option la moins chère des deux doit être retenue, dicte le programme de cession du fédéral. Si jamais la démolition s’avérait finalement meilleur marché, Percé pourrait tout de même se servir du montant alloué pour réparer le quai, précise M. Cloutier.

Un quai contre l’érosion?

« Si le quai est refait tel qu’il est, ça peut être terminé en un ou deux ans », estime M. Cloutier. Toutefois, Percé complètera en octobre une étude sur la réfection de sa promenade de bord de mer, minée par l’érosion. Reconfigurer le quai pourrait faire partie de la solution, remarque M. Cloutier.  Dans ce cas, « ça pourrait être plus cher et plus long », prévient-il.

Environ 60 000 personnes par an s’embarquent au quai de Percé sur une dizaine de bateaux d’excursion vers le rocher ou l’île Bonaventure, mais elles sont 500 000 par an à poser le pied sur le quai, calcule la municipalité.

Les forums ne visaient pas à dégager de consensus régional, avait averti dès le départ la CRÉ, organisatrice des événements. Au contraire, « vous devriez vous mouiller, a lancé Dave Lavoie, un citoyen. Vous avez entendu les gens pendant plusieurs consultations, vous avez entendu ce qui accroche […] Votre position pourrait être « Oui, on veut du pétrole, mais à telle et telle condition […] ou non, tant qu’on n’aura pas d’information supplémentaire ». »

« Vos élus ont été élus, ils sont imputables, a poursuivi M. Lavoie. Il faut mettre vos bretelles, ne pas attendre d’avoir 100 % de consensus. »

Retombées locales et règles environnementales

Les participants se sont inquiétés des risques environnementaux et du manque de retombées économiques locales.

Le régime de redevances en vigueur « est en-dessous du pourboire qu’on laisse au restaurant », a souligné Jean-François Spain.

« On ne connaît pas le réseau hydrographique souterrain. Il faut comprendre comment ça fonctionne [avant de développer les hydrocarbures] », croit Julie Madore, directrice du Conseil de l’eau du nord de la Gaspésie.

« On parle d’explorer et d’exploiter de façon responsable, a rappelé Yannick Desbiens. Quand on sait qu’il y a eu une fin de non-recevoir à [la demande de la CRÉ au gouvernement québécois pour] une étude environnementale stratégique et à une étude hydrogéologique, ça parle tout seul. »

Marie-Claude Brière, en faveur de l’exploitation du pétrole, estime qu’il y a « moyen de le faire de manière intelligente ». « S’il y a du cash à faire, on peut se faire un fonds [pour réduire notre dépendance au pétrole] », suggère-t-elle.

Réduire la dépendance

La première partie de la soirée portait sur les moyens de réduire notre dépendance au pétrole. Les participants ont suggéré d’utiliser le transport collectif et le covoiturage, de promouvoir les aliments locaux et de se servir du train et du bateau pour transporter les marchandises.

La dernière séance des forums, entamés en mars, se tiendra ce jeudi soir à 18 h au Centre Bonne Aventure de Bonaventure.

Le sous-traitant Foragaz a coulé du ciment et de la bentonite à partir d’environ 500 pieds de profondeur jusqu’à un mètre sous la surface, puis soudé une plaque d’acier sur le puits, indique la fiche de fermeture. Le document date du 15 novembre 1999 et est signé par un fonctionnaire du ministère à l’époque, Jean-Yves Laliberté.
Quand GRAFFICI.CA s’est rendu au puits le 6 septembre, des bulles éclataient à la surface d’une mare d’un mètre par deux mètres. De la boue huileuse flottait sur l’eau, mais aucune odeur ne s’échappait. La mare est à une vingtaine de mètres du bout de la rue Toundra, qui croise la rue Forest, à Haldimand, et à quelques centaines de mètres de l’emplacement projeté pour le forage Haldimand n° 4 de Pétrolia.
La compagnie Petroleum Oil Trust a foré le puits en cause en 1890 et l’a abandonné après avoir relevé des indices de pétrole et de gaz. En 1994, une fiche de visite du ministère des Ressources naturelles notait la présence d’une mare de boue huileuse devant l’ancien puits et recommandait d’intervenir.
Le ministre Lelièvre veut de l’action
« Mon objectif, c’est qu’on ait un plan pour la prise en charge des puits orphelins, au moins pour ceux en zone habitée », déclare Gaétan Lelièvre, ministre responsable de la région, questionné sur le cas d’Haldimand.
M. Lelièvre trouve « déplorable » qu’aucune action n’ait été prise jusqu’à maintenant. Après une visite du ministre à la mare, en septembre 2012, « mon bureau avait fait une demande au ministère des Ressources naturelles pour qu’une évaluation soit faite », dit-il.
C’est seulement le 5 septembre dernier, à la suite d’un reportage de Radio-Canada, que des inspecteurs se sont rendus à la mare. Ces employés du ministère des Ressources naturelles et de la faune (MRNF) et du ministère de l’Environnement ont prélevé des échantillons du pétrole. Ils seront analysés afin de connaître sa provenance, ce qui « nous éclairera sur la suite des choses », indique un porte-parole du MRNF.
« On vérifie à qui appartient la responsabilité, explique M. Lelièvre. C’est un terrain privé. La responsabilité appartient-elle au propriétaire ou au ministère? »
« Relativiser »
M. Lelièvre appelle à « relativiser ». « On parle d’un trou de 2 mètres par 1 mètre. Est-ce la priorité du gouvernement du Québec? […]. Cette mare est là depuis des dizaines d’années, poursuit le ministre, et il y en a énormément d’autres comme ça ailleurs en Gaspésie. »
Une carte préparée par le professeur de journalisme Jean-Hugues Roy documente 960 forages réalisés au Québec depuis 1860. Des dizaines sont situés en Gaspésie, surtout dans l’arrière-pays de Gaspé.

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