Jeudi soir devant une centaine de citoyens, la Ville a présenté les estimations commandées à la firme BPR.
Murdochville doit mettre aux normes ses systèmes d’alimentation en eau potable et de traitement des eaux usées, en plus de refaire ses conduites d’eau et d’égout. Ces travaux totaliseront 9,7 millions $.
Il faudra 13 millions pour remplacer les vieux ponceaux et refaire certaines rues. Le centre de ski du Mont-Miller a besoin d’un chalet et d’un remonte-pente neufs, au coût de 4,6 millions $. La Ville devra aussi investir près de 6 millions pour réparer l’aréna.
« Pas question de fermer »
« Nous avons des infrastructures qui ont 60 ans [l’âge de la ville], et de grosses infrastructures, car nous étions une grosse ville », a déclaré la mairesse Délisca Ritchie Roussy. Murdochville a déjà compté 5000 habitants, comparativement à 800 aujourd’hui.
La mairesse a clos d’emblée le sujet de la fermeture. « Il n’est pas question de fermer Murdochville ou de nous relocaliser. On doit travailler tous ensemble pour conserver nos acquis. »
Un peu sonnés
Pendant la présentation, les citoyens ont parfois semblé sonnés par l’addition des millions.
La Ville semble vouloir « s’accrocher au passé », a commenté le citoyen Réjean Lord. « Est-ce que [ces infrastructures] répondent aux besoins d’une ville de 800 personnes ou de 5000? », a-t-il demandé.
Manon Lawrence, une commerçante, est partagée. Rénover l’aréna, « c’est sûr que c’est cher, mais c’est nécessaire pour nos jeunes et nos ados. »
Un citoyen a relativisé les coûts. « On voit ça gros, mais si on réussit à obtenir 95 % [de Québec], il reste à payer 2 millions, soit 200 000 $ par an. » Un autre a demandé à la mairesse s’il était réaliste d’espérer cette contribution de 95 %, et si elle avait un plan B.
« On fera les demandes et on verra après si on rêve en couleurs », a répondu Mme Roussy. Elle refuse pour l’instant d’envisager des « sacrifices », préférant dire qu’on trouvera « des solutions » et que la population sera consultée.
La mairesse tendue
La mairesse a semoncé l’assemblée avant de commencer. « La Sûreté du Québec est dehors, j’ai juste à téléphoner pour qu’on vienne arrêter la personne. […] Je ne veux pas de chicane, les médias sont ici ce soir. » Pendant la période de questions, la mairesse a expulsé le citoyen Réjean Lord, mécontente qu’il l’ait interrompue.
« Des exceptions à négocier », selon Lelièvre
Contacté par GRAFFICI.CA, le ministre responsable de la région, Gaétan Lelièvre, n’a pas fermé la porte à une aide de 95 % pour l’aqueduc et l’égout. « De base, l’aide est de 60 %. Ça s’est déjà rendu à 95 % dans le passé mais le maximum est plutôt de 85 % aujourd’hui. Il y a toujours des mesures d’exception à négocier. »
Par contre, il est improbable que Murdochville reçoive 95 % de subvention pour son aréna et son centre de ski, a ajouté le ministre. « Pour les infrastructures de loisirs et de développement économique, c’est d’habitude plus bas que 85 %. »
Québec n’a « aucunement la volonté de fermer Murdochville », réitère le ministre, surtout que Pétrolia (à Bourque), Orbite Aluminæ et Ressources Pélican (carrière de calcaire) ont des projets dans le secteur.
Des finances saines, mais serrées
Murdochville n’a pas de dette, mais peut difficilement emprunter à cause de la faible valeur de son parc immobilier. Une maison moyenne est évaluée à 32 000 $ et ses propriétaires paient 1630 $ en taxes municipales.
Murdochville souhaite obtenir 120 000 $ de redevances annuelles d’EDF Énergies nouvelles, qui construira bientôt un parc éolien de 74 mégawatts près de la ville.
En 2002, Murdochville a perdu son principal employeur, la fonderie de cuivre Noranda.
L’été dernier, l’hélicoptère de la compagnie a atterri et décollé à une centaine de mètres de chez Ginette Cloutier et Gérard Dubord pendant un mois. «Le pire, c’est le bruit, dit Mme Cloutier. Il faut rester dans la maison, les portes et fenêtres fermées.»
Le site de Passport-Hélico est situé près de la route 132, à trois kilomètres au sud du quai de Percé. La compagnie offre aux touristes de survoler le rocher Percé et l’île Bonaventure. Cet été, son appareil volera les jours de beau temps, du 10 juillet au 18 août. Le va-et-vient peut durer de 13h jusqu’au coucher du soleil et être aux dix minutes. «Je n’ai rien contre les tours d’hélicoptère, précise M. Dubord, mais je ne suis pas sûr que bien de gens lèveraient leur main pour les avoir à côté de chez eux.»
Marielle Duguay possède aussi une résidence d’été près du lieu d’atterrissage. Elle a mesuré un niveau de bruit de 104 décibels sur son patio. «C’est vraiment désagréable, on ne s’entend pas parler», dit Mme Duguay, qui craint pour la santé de ses oreilles et sa santé globale.
Le voisinage n’est pas unanime sur la nuisance de l’hélicoptère. Lucille Brochet loue ses six chalets Rainbow à côté du site de Passport-Hélico. Ses clients ne se plaignent pas; ils sont partis se promener pendant les heures d’opération, dit-elle. «C’est évident que ça fait du bruit, mais on a besoin de choses pour garder les gens au village.»
Rien à faire, selon le maire
Le maire Bruno Cloutier considère que le dossier est clos, puisque la Ville n’a pas le pouvoir de faire changer la compagnie de place. Le transport par hélicoptère est de compétence fédérale et Passport-Hélico détient son permis de Transports Canada, indique le maire.
«Ça nuit à une ou deux personnes et ça fait l’affaire de centaines d’autres. On travaille pour la majorité», ajoute M. Cloutier.
Au cours des derniers mois, la Ville a proposé à la compagnie un terrain municipal près de la halte routière du Pic de l’Aurore. «Ça ne faisait pas l’affaire de l’entrepreneur», rapporte le maire. La Ville ne voulait pas non plus créer de précédent en louant un terrain, ajoute-t-il.
«Tout pour accommoder», selon le promoteur
Le propriétaire de Passport-Hélico, Yves Le Roux, estime avoir «tout fait pour accommoder» les citoyens mécontents. «On a même offert de louer la maison [des Cloutier-Dubord] le temps des opérations.» L’hélicoptère part et revient par la mer pour éviter de survoler les résidences ou la route, précise-t-il.
Au contraire du maire, M. Le Roux dit qu’il était d’accord pour déménager ses opérations près du Pic de l’Aurore. «On est allés visiter le terrain deux fois pour se faire dire finalement par la Ville que ça ne marcherait pas.»
Le ministre a discuté vendredi avec le président-directeur général de la société d’État, Raymond Desjardins, après avoir appris les intentions de la SÉPAQ. «Je lui ai dit que je ne suis pas en faveur de cette décision. On est dans une perspective de développement du parc [de la Gaspésie], indique M. Lelièvre. Je lui ai demandé de réévaluer le tout.»
M. Lelièvre a senti «beaucoup d’ouverture», dit-il. «La SÉPAQ est autonome dans ses décisions. Mais il y a une incohérence face à sa propre stratégie de développer le parc.»
Le VP de la SÉPAQ en Haute-Gaspésie
Le vice-président de la SÉPAQ, Jean-Charles Morin, est en Haute-Gaspésie mardi pour rencontrer des élus, des gens d’affaires et d’éventuels partenaires de la SÉPAQ dans le projet de développement des Chic-Chocs. Le ministre Lelièvre y voit un bon signe.
Un mois de moins l’hiver
Dans sa stratégie dévoilée le 9 mai, le gouvernement Marois annonçait un plan de 12,4 millions de dollars pour développer les Chic-Chocs, incluant le tourisme hivernal.
Parallèlement, la SÉPAQ prévoit fermer le Gîte, l’auberge-phare des Chic-Chocs, du 6 au 31 janvier 2014, pour rouvrir ensuite jusqu’au 30 mars. Les compressions touchent aussi d’autres saisons : l’auberge sera fermée les deux dernières semaines d’octobre 2013. En 2014, son ouverture pour l’été sera retardée au 20 juin, plutôt que le 7 juin cette année.
Passé le temps des Fêtes, le Gîte fermera ses portes du 6 au 31 janvier 2014, pour rouvrir ensuite jusqu’au 30 mars. Les compressions touchent aussi d’autres saisons : l’auberge sera fermée les deux dernières semaines d’octobre 2013. En 2014, son ouverture pour l’été sera retardée au 20 juin, plutôt que le 7 juin cette année.
«On module en fonction de la demande. Ça ne sert à rien d’ouvrir si on n’a pas l’achalandage», justifie Élaine Ayotte, porte-parole de la SÉPAQ.
Contradictoire?
Dans sa stratégie, le gouvernement Marois prévoit pourtant 12,4 millions de dollars pour mettre en valeur les Chic-Chocs, «incluant un important volet dédié au tourisme hivernal».
Stéphane Gagnon, propriétaire et chef-guide de Ski Chic-Chocs de Sainte-Anne-des-Monts, a du mal à comprendre le lien entre les discours et les actes. «De dire qu’on veut développer, c’est une chose. Mais ce n’est pas en fermant qu’on invite les gens dans la région.»
Ski Chic-Chocs «pige» une partie de sa clientèle parmi les clients du Gîte, précise M. Gagnon. «La saison hivernale est déjà courte, [fermer en janvier] ne nous laisse pas grand temps d’opération.»
Des impacts en Haute-Gaspésie
«C’est tout sauf une bonne nouvelle», réagit Hugo Caissy, président de la Chambre de commerce de la Haute-Gaspésie. Des organismes pourraient renoncer à tenir des congrès dans le secteur en apprenant que le Gîte est fermé, craint M. Caissy. Les employés vont aussi travailler un mois de moins, note-t-il.
La SÉPAQ n’a pas renoncé à développer son auberge, insiste Élaine Ayotte. «On va changer le menu du Gîte, offrir un trois services de base plutôt que quatre, dit-elle. La tarification sera modulée en fonction de l’offre et de la demande. Et on veut entreprendre un programme de rénovation des chambres cet automne.»
Le directeur de Pêches et Océans Canada pour le Québec, Richard Nadeau, était à Percé mercredi matin pour rencontrer le maire Bruno Cloutier. Il l’a informé des conclusions des ingénieurs qui ont inspecté le quai le 7 mai.
«Leur rapport nous confirme qu’il y avait un risque pour la circulation piétonnière, indique M. Nadeau. On va procéder rapidement à des réparations aux endroits érodés sous le quai.»
Le ministère colmatera les brèches dans les structures d’acier de chaque côté du quai, qui laissent échapper du gravier. Du ciment sera réinjecté dans l’espace vide.
Les travaux coûteront moins de 100 000 $ et dureront de cinq à huit jours. «On va essayer de fermer le quai le moins longtemps possible, promet M. Nadeau. S’il y a moyen de l’utiliser [pendant les travaux], on va le faire.»
En attendant, M. Nadeau confirme que les bateaux peuvent continuer à s’amarrer aux sections basses du quai et que les piétons peuvent y marcher hors des zones clôturées.
Pas d’argent pour le transfert
Pêches et Océans ne prend aucun engagement à long terme pour rénover le quai. Le ministère ne le considère pas comme un quai de pêche, même si quatre homardiers l’utilisent. «Ça demeure un quai dont on veut se dessaisir, affirme M. Nadeau. C’est une structure récréo-touristique qui sort de nos mandats. On investit plutôt nos quelques dollars dans nos quais de pêche.»
Pêches et Océans n’a pas non plus de fonds pour rénover des quais en vue d’un transfert aux communautés. Son programme de dessaisissement s’est terminé l’an dernier, indique le directeur.
M. Nadeau convient qu’il faudra «corriger certaines choses» dans les relations du ministère avec les municipalités. Le quai de Percé est l’un des derniers à être inspectés chaque printemps. «En le faisant plus tôt, on aurait pu communiquer plus tôt avec la municipalité, impliquer les gens dans la décision de barricader.»
Le maire content
Le maire Cloutier est très satisfait de la rencontre. «On n’a rien eu d’exceptionnel, mais on a eu ce qu’on voulait : un accès sécuritaire au quai pour l’été.»
La fermeture temporaire est un moindre mal, croit le maire. «C’est mieux de fermer trois ou quatre jours en mai qu’en plein mois de juillet.»
M. Cloutier ne s’inquiète pas outre mesure que le fonds de dessaisissement du fédéral soit vide. «Si ce n’est pas Pêches et Océans, ça peut être un autre ministère, comme Travaux Publics. On réglera cette partie plus tard.»
Cet automne, Percé devrait avoir en mains son étude sur la consolidation des berges, qui intégrera le quai.
Pêches et Océans avait fermé le quai le 2 mai pour des raisons de sécurité, suscitant un tollé à Percé.
Le nombre d’employés à Fort-Prével est passé de 60 l’an dernier à 40 cet été. La SÉPAQ poursuit les opérations du golf, de l’hébergement, du camping et du restaurant, mais seuls 13 chalets et six chambres sont disponibles pour location. Les motels et un pavillon demeurent fermés. «Ils sont vétustes et on n’a pas entrepris de les rénover parce que l’achalandage n’est pas suffisant», explique Élaine Ayotte, porte-parole de la SÉPAQ.
Fort-Prével a vendu 2600 nuitées en 2010 comparativement à 1635 en 2012, soit une baisse de 37%. À ce niveau, la SÉPAQ perd de l’argent, indique la porte-parole.
Selon la SÉPAQ, Fort-Prével souffre de n’être qu’un lieu de passage entre Gaspé et Percé. «Ce n’est pas un lieu où les gens vont passer plusieurs jours et c’est un problème pour la gestion», affirme Mme Ayotte. Il faudrait ajouter un attrait à Fort-Prével pour qu’il devienne une destination, estime la SÉPAQ.
«Porte d’entrée du Nouveau Monde»
Les Micmacs de Gespeg pourraient faire partie de la solution. Pour le compte de la bande, un consultant a préparé un projet de développement de Fort-Prével de 9,2 millions de dollars. «On veut rénover les chalets, améliorer le camping, le golf et la piscine», explique le chef de Gespeg, Claude Jeannotte. Le tout prendrait des couleurs autochtones. «Par exemple, au restaurant, on servirait des mets autochtones, de la viande sauvage», indique M. Jeannotte.
La SÉPAQ accueille favorablement le projet micmac, qui a le potentiel d’attirer les touristes manquants, indique Mme Ayotte. Le lien Micmacs-SÉPAQ reste à définir. «On ne sait pas encore si ce serait un transfert [de propriété] ou quelque partenariat que ce soit.»
Quant au chef Jeannotte, il imagine «un partenariat où [la SÉPAQ] resterait là de trois à cinq ans pour qu’on s’habitue, puis ils nous laisseraient voler de nos propres ailes.»
Gespeg n’a pas l’intention de sortir une forte somme de ses coffres pour acheter Fort-Prével. «Mais on n’a pas de problème à aller chercher une subvention, indique M. Jeannotte, ou peut-être investir une somme minime.»
Dans le plan de relance
Le projet est cité sous le titre «La porte d’entrée du Nouveau Monde» dans la stratégie d’intervention gouvernementale présentée la semaine dernière par la première ministre Pauline Marois. Le document ne parle que de «discussions» entre la SÉPAQ et Gespeg.
La SÉPAQ et les Micmacs espèrent un dénouement cet automne. Et si l’association avec Gespeg n’aboutit pas, «on va continuer à chercher une solution pour que les touristes viennent séjourner à Fort-Prével», indique Élaine Ayotte. La SÉPAQ gère Fort-Prével depuis 1985.
« Je n’arrive pas les mains vides », a toutefois tenu à souligner Mme Marois. EDF Énergies nouvelles construira un parc de 74 mégawatts près de Murdochville, un investissement privé de 175 millions de dollars, a confirmé la première ministre. La firme « déménage » ainsi un projet prévu à Clermont, dans Charlevoix, et auquel le milieu s’opposait.
La construction du parc créera 150 emplois temporaires et la livraison de l’électricité est prévue fin 2015. Les MRC Côte-de-Gaspé et Haute-Gaspésie recevront 185 000 $ de redevances par année pendant 20 ans. Des pièces d’éoliennes seront construites en Gaspésie et dans la MRC de Matane.
Les 180 millions comptabilisés par GRAFFICI.CA incluent des contributions du fédéral, du privé, des instances régionales et municipales. Ils n’incluent pas le projet de cimenterie de Ciment McInnis à Port-Daniel, un projet privé de 700 millions de dollars, qui figure toutefois dans la stratégie, ni le projet éolien d’EDF.
Des vols internationaux à Grande-Rivière ?
L’aéroport du Rocher-Percé, à Grande-Rivière, pourrait accueillir des vols internationaux d’ici quelques années. Québec financera une étude sur l’allongement de la piste, qui coûterait environ 10 millions de dollars. Depuis des années, la Gaspésie souhaite voir atterrir des touristes de l’étranger, mais la capacité de ses aéroports la limite.
La stratégie du gouvernement inclut la réparation du chemin de fer de la Gaspésie, pour 69,5 millions de dollars. Mais la première ministre n’a promis qu’une « bonne évaluation des coûts ». Québec décidera ensuite s’il investit « et à quelle hauteur ».
Place au tourisme
Le développement touristique se taille la part du lion dans la stratégie, avec plus de 50 millions de dollars d’investissements, dont la mise sur pied d’un géoparc à Percé et des dépenses de 12,3 millions de la SÉPAQ dans les Chic-Chocs pour développer le tourisme d’hiver.
Non à la fracturation
À la fin de la conférence de presse, une militante écologiste a remis un bouquet de fleurs et deux bouteilles à la première ministre. La première bouteille contient de l’eau pure, a expliqué la militante. La seconde est vide pour l’instant, mais pourrait contenir des eaux de forage contaminées dans l’avenir, a ajouté la militante, qui souhaite un BAPE sur le développement des hydrocarbures.
Questionnée par les journalistes, Mme Marois a refusé de se prononcer sur l’éventuelle tenue d’une évaluation environnementale stratégique, tel que demandé par la conférence régionale des élus Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine. « Actuellement, on en débattu au sein du comité ministériel sur l’économie. S’il s’avérait que ce soit nécessaire, on en tiendra une », a déclaré la première ministre.
Évaluer l’avancement
La préparation d’un plan de relance de la Gaspésie faisait partie des engagements électoraux des péquistes. Mme Marois préside le comité ministériel qui l’a élaboré, à l’image de ce qu’avait fait son prédécesseur Bernard Landry à la fin des années 1990 et au début des années 2000.
Un comité composé de Gaspésiens évaluera l’avancement de la stratégie au cours des cinq prochaines années.
«Ce qui s’en vient, c’est l’utilisation complète de la biomasse, pas question de rejets», a lancé d’emblée le directeur général du Centre de recherche sur les biotechnologies marines (CRBM) à Rimouski, Guy Viel, lors d’un colloque sur la valorisation des coproduits marins, le 26 février.
Sur ce point, l’Asie, où l’on «valorise tout», est en avance sur le Québec. De plus, ce continent a fait des pas de géant dans la recherche et le développement de nouveaux produits. «L’Asie est en train de déplacer l’innovation qui se faisait au Canada et aux États-Unis», dit M. Viel.
De l’engrais aux cosmétiques
En ce moment, les résidus (ou coproduits) des usines gaspésiennes sont utilisés pour fertiliser les champs ou fabriquer du compost. Les deux usines de crevette du grand Gaspé ont fait un pas de plus : elles produiront bientôt de la farine de crevette pour la consommation humaine.
On est encore loin des suppléments alimentaires et des huiles riches en oméga-3 qui peuvent être produits à partir des résidus marins. «Il faut commencer par cette base [la farine], mais aller plus loin, croit M. Viel, vers des produits faciles à mettre en marché, comme des cosmétiques, des produits naturels.»
Mûr pour des études cliniques
La farine de crevette de Gaspé sera achetée par une entreprise norvégienne, note Pierre Blier, d’Ocean Nutrasciences, à Matane. «Ce qu’on va continuer de faire, c’est de fournir les ingrédients à d’autres. Ceux qui vont faire de l’argent, ce sont les Norvégiens.»
Pourtant, des chercheurs québécois ont développé des biomolécules intéressantes, affirme M. Blier. Des investissements doivent maintenant être faits dans des études cliniques. «Il faut faire la démonstration que [nos produits] ont un impact sur les symptômes associés au développement de pathologies», dit-il.
Au Québec, les usines produisent environ 20 000 tonnes de résidus par an.

L’école du village, ouverte des années 1950 jusqu’en 1974, a déjà compté près de 300 élèves, selon Émilia Giroux, une ancienne enseignante. Aujourd’hui, le bâtiment est une résidence pour personnes âgées.

La première croix de Saint-François a été érigée dans les années 1920 par Diogène Leblanc, et refaite plus récemment par ses fils Lionel (sur la photo) et Claude. Dans ce village sans église, la croix suscitait le respect et la dévotion. « Les gens qui passaient devant enlevaient leur chapeau, faisaient le signe de la croix ou une petite prière », rapporte Lionel Leblanc.

Le logo de Saint-François-de-Pabos montre la scie circulaire d’une scierie et la forêt dont les habitants ont vécu, les trois chemins qui mènent à Saint-François (routes Leblanc, de l’Église et Hamilton), la musique country de la famille Daraîche (originaire de Saint-François), la flamme olympique du boxeur Camille Huard (aussi originaire de Saint-François) et le saumon de la rivière du Petit Pabos. Jean-Guy Anglehart l’a dessiné dans les années 90 à la demande de la municipalité.
Saint-François-de-Pabos ne compte plus ni épicerie ni dépanneur. Celui de Gérald Duguay a été le dernier à fonctionner.

« Chez Gisèle », les gars du village venaient jouer au billard. La propriétaire de ce dépanneur, Gisèle Audet, organisait même des tournois. Le commerce a fermé il y a environ cinq ans.

Jean-Marie, « l’aîné des gars » de la famille Huard, occupe la maison paternelle de Saint-François-de-Pabos. Cet ancien boxeur enseigne toujours ce sport au Club du Rocher-Percé, près de 40 ans après avoir aidé son frère Camille à se rendre aux Olympiques de 1976.
Guy-Philippe Anglehart et Karine Kearney se sont achetés une maison dans leur village natal. Les jeunes ne sont pas légion à s’installer à Saint-François « parce qu’il n’y a pas beaucoup de terrains libres et de maisons à vendre, indique M. Anglehart. Mais beaucoup sont revenus et se sont installés dans les villages alentour. »

L’école du village, ouverte des années 1950 jusqu’en 1974, a déjà compté près de 300 élèves, selon Émilia Giroux, une ancienne enseignante. Aujourd’hui, le bâtiment est une résidence pour personnes âgées.

Xavier Anglehart, aîné d’une famille de onze enfants, occupe la maison paternelle, l’une des plus anciennes du village. Il est l’une des bonnes mémoires de Saint-François-de-Pabos.

Parmi les différents secteurs de Saint-François, le « Ti-Ouest » a son identité bien à lui.

En 2001, Saint-François-de-Pabos est fusionné à Chandler et devient un « quartier » de la nouvelle municipalité.

La rivière Petit Pabos, une rivière à saumon qui fait la fierté du village, était encombrée de blocs de glace lors du passage de GRAFFICI à la mi-mars.
Crédit de toutes les photos : Geneviève Gélinas
L’été dernier, les tests ont été faits sur deux navires pêchant en parallèle, l’un avec des panneaux traditionnels, l’autre avec les nouveaux panneaux fabriqués par une firme danoise.
Résultat : les panneaux danois ont entraîné une économie moyenne de 7% de carburant. Sur l’un des deux navires, l’économie a même grimpé à 18%. La quantité et la taille de crevette pêchée sont demeurées les mêmes.
Les panneaux, placés à la verticale de part et d’autre du chalut, servent à le maintenir ouvert. Dans leur forme traditionnelle, ils traînent sur le fond marin et y creusent un sillon tandis que les nouveaux panneaux flottent entre deux eaux à cause de leur forme incurvée.
Économies de 7000 $ minimum
«Dans le contexte actuel où les coûts de carburant ne cessent d’augmenter et où la ressource est limitée, tout ce qui peut être économisé est bon à prendre», dit Antoine Rivierre, chargé de projet pour Merinov.
Un crevettier peut dépenser 10 000 $ par voyage en carburant et fait entre 10 et 15 voyages par saison. Avec des économies de 7%, il peut donc économiser au moins 7000 $ par saison.
Les résultats ont été présentés aux crevettiers du grand Gaspé au début de mars. «On aimerait que tous les crevettiers s’équipent de ces panneaux, indique l’agent de développement de l’ACPG, Jean-Philip English. Ce serait un bon investissement pour eux et ça pourrait aider à conserver notre certification du Marine Stewardship Council [MSC, qui certifie une pêche durable].»
Respect de la vie privée