Le règlement de Gaspé a pour effet d’empêcher Pétrolia de forer Haldimand n° 4. «On veut profiter de ce qui se passe chez nous pour que l’ensemble des municipalités puisse profiter d’un règlement qui protège l’eau potable», explique Lise Chartrand, porte-parole du comité Ensemble pour l’avenir durable du grand Gaspé.
La manifestation sera «une réponse» au report du forage annoncé par Pétrolia, pour réaffirmer qu’il n’y aura «aucun compromis» sur l’eau potable. Mme Chartrand sent le vent tourner en faveur des revendications de son groupe. «On est sur une vague de rassemblement», dit-elle.
Le Centre-du-Québec en sera
Des citoyens du Centre-du-Québec vont répondre à l’appel de Gaspé. «Comme on est des petites paroisses, on va se regrouper devant nos bâtiments de MRC», explique Serge Fortier, coordonnateur général du Regroupement interrégional gaz de schiste de la Vallée du Saint-Laurent. La MRC de Bécancour sera notamment le théâtre d’une manifestation.
En novembre 2011, la municipalité de Saint-Bonaventure dans la MRC de Drummond a été la première à adopter un règlement qui interdit l’injection par forage de produits chimiques dans le sol près des sources d’eau potable, rappelle M. Fortier. Depuis, 45 municipalités l’ont adopté.
«Pour nous, Gaspé est comme un test, estime M. Fortier. On est fiers que ce règlement soit mis à l’épreuve. On voit que ça a arrêté la compagnie de forer et on savoure la victoire.»
Le Regroupement est en train de mettre sur pied un fonds d’aide pour qu’une municipalité (Gaspé ou une autre) puisse défendre son règlement en cour s’il le faut.
Appuis des maires de Québec et Montréal
La semaine dernière, le maire de Gaspé, François Roussy, a obtenu le soutien de 16 maires de villes du Saint-Laurent, dont Québec, et l’appui tacite de 20 autres. Lundi, le maire de Montréal a aussi offert son appui à Gaspé quant à son règlement sur l’eau potable.
«Ça m’a réconforté avec notre décision, affirme le maire Roussy. Quand des grandes villes disent qu’elles n’accepteraient jamais des forages à 350 mètres des maisons… Si ce n’est pas bon à Québec ou à Montréal, pourquoi ce serait bon à Gaspé? Est-ce qu’on est des cobayes?»
Dans une entrevue diffusée dimanche à la radio FM-98,5 de Montréal, M. Proulx affirme que «tout allait bien» entre la Ville et Pétrolia jusqu’à une rencontre «fulmineuse» il y a un an et demi. Le maire François Roussy aurait demandé des redevances pour la municipalité. «Je pense qu’il a sauté par-dessus la table, a rapporté M. Proulx, il est sorti de cette rencontre-là parce qu’on n’a pas accepté.
«On ne peut pas faire ça [donner des redevances], a poursuivi le président, on n’est pas là pour acheter la paix. C’est au gouvernement de mettre ses culottes.» Québec a la responsabilité de prélever les redevances et de décider s’il les partage avec les municipalités, a dit M Proulx en substance.
«Scandaleux»
Le maire François Roussy qualifie de «scandaleux» les propos d’André Proulx. «Quand on attaque l’intégrité d’une personne avec un mensonge aussi flagrant, il faut répondre.»
La Ville réclame bel et bien des redevances sur le pétrole, mais «jamais on ne va accepter de redevances s’il y a un impact sur l’eau potable», dit le maire. D’ailleurs, les redevances n’ont pas fait partie des discussions entre la Ville et le gouvernement du Québec, assure-t-il.
Le maire estime qu’il s’agit d’une «stratégie de communication» de la part de Pétrolia. «Pendant ce temps, on ne répond pas aux vraies questions : c’est quoi, les produits chimiques [utilisés pour les forages]? Allez-vous utiliser la fracturation dans le futur?»
Autre version
Le maire a une autre version de la rencontre évoquée par M. Proulx, qui aurait eu lieu le 19 janvier 2011. «À l’époque, Pétrolia nous informait qu’elle allait faire de la fracturation, rapporte M. Roussy. M. Proulx nous avait demandé de pouvoir passer sur un terrain de la Ville. On disait qu’on ne pouvait pas accepter tant qu’il n’y aurait pas un nouveau modèle [de développement pétrolier].»
Selon le maire Roussy, M. Proulx aurait alors dit que «ce n’est pas un petit maire qui va nous faire du chantage. J’ai 15 millions à mettre sur la table. Si vous ne les prenez pas, je vais les mettre à Anticosti.»
«Je me suis levé et je suis sorti de la rencontre», rapporte le maire.
Les ponts rompus?
M. Roussy ne donne pas cher d’une éventuelle médiation entre Pétrolia et la Ville. «On n’a plus confiance en M. Proulx. On veut que le gouvernement intervienne pour faire cesser la manipulation de l’opinion publique.»
Le règlement adopté par Gaspé en décembre a pour effet d’empêcher Pétrolia de forer Haldimand n° 4.
Les places de la TDLG étaient déjà toutes réservées, mais l‘article paru dimanche dans le journal américain a suscité l’intérêt. «On a reçu énormément de demandes des États-Unis par courriel, rapporte Hélène Francoeur, chargée de projet pour la TDLG. On est en train de voir si on peut augmenter le nombre d’inscrits cette année pour accommoder quelques skieurs.»
La grande majorité des 200 skieurs de la TDLG sont Québécois, à l’exception d’une quinzaine en provenance de la France, de la Belgique, du Danemark, de l’Ontario et du Nouveau-Brunswick. Aucun n’est Américain, mais l’organisation espère que l’article aura «un effet de promotion» dans les années à venir.
Re-skier des coups de cœur
«Cette année, on revisite des tracés qui ont été des coups de cœur du côté nord de la Gaspésie», explique Mme Francoeur. Les skieurs glisseront dans le parc de la Gaspésie, notamment sur le mont Albert et dans le sentier du Porc-Épic.
Ils se dirigeront ensuite vers Marsoui, puis parcourront l’arrière-pays de Petite-Vallée. L’avant-dernière journée sera entièrement consacrée au parc Forillon, et la dernière, à l’arrière-pays de Gaspé.
Inaugurer L’Éveil collectif
Contrairement aux années précédentes, l’arrivée des skieurs à Gaspé n’aura pas lieu sur la rue de la Reine. Les participants aboutiront plutôt sous l’arche L’Éveil collectif, une œuvre d’Armand Vaillancourt érigée derrière la nouvelle gare. On en profitera pour l’inaugurer en présence de l’artiste. La population est invitée à se joindre aux skieurs vers 13 h 30 le 22 février.
Pas de conférences
Cette année, la TDLG n’offrira pas les conférences aux écoliers et au grand public. La diminution de son financement public oblige l’organisation à se serrer la ceinture. «On prend une année d’arrêt, on verra la réaction du milieu», affirme Mme Francoeur. Si la demande est forte, la TDLG interpellera ses partenaires financiers pour inviter à nouveau des conférenciers.
Le budget de la TDLG est de 650 000 $.
Pour la session en cours, onze étudiants des cégeps John Abbott, Vanier et Dawson étudient au secteur anglophone du campus de Gaspé.
«Nous aimerions que ce soit un projet-pilote pour des échanges entre cégeps urbains et ruraux, affirme Gaye Wadham, directrice adjointe du campus de Gaspé. Pour [les étudiants montréalais], c’est un vrai voyage. Ils auront mis une des régions du Québec sur la carte.»
Une recette à transférer
Après trois ans d’échanges, le Cégep de la Gaspésie et des Îles connaît la recette pour déménager les élèves le temps d’une session. «Nos manières de faire seraient faciles à transférer au secteur francophone [du Cégep de la Gaspésie], mais aussi à des collèges en Abitibi, sur la Côte-Nord ou au Saguenay—Lac-Saint-Jean», croit Mme Wadham.
Pour des cégeps de Montréal, envoyer quelques étudiants en région fait une différence minime, fait remarquer Mme Wadham. Mais pour les cégeps qui les reçoivent, ça signifie une hausse significative de clientèle.
Des idées nouvelles
Grâce aux étudiants montréalais, l’enseignant Peter Ross voit sa classe de Development Psychology passer de 12 à 19 élèves pour la session d’hiver. «Ça fait du bien d’avoir des idées nouvelles, des élèves différents», dit-il.
«C’est un défi pour nos étudiants gaspésiens, qui se connaissent parfois depuis la maternelle, renchérit Gaye Wadham. Et c’est une merveilleuse occasion de les préparer à l’université.»
Le Cégep arrive à la fin d’un financement de cinq ans du programme Entente Canada Québec, qui soutient l’enseignement dans la langue des minorités. «On cherche du financement pour continuer d’attirer des étudiants», affirme Mme Wadham.
La clientèle du secteur anglophone passe de 77 à 88 élèves grâce aux étudiants montréalais.
Ces étudiants viennent des cégeps Vanier, John Abbott et Dawson et étudient dans des programmes pré-universitaires. Ils assisteront aux cours du secteur anglophone du campus de Gaspé. Ils ont fait le trajet Montréal-Gaspé samedi, par train et par autobus, et resteront jusqu’à la fin mai.
Sortir du giron familial
«Je n’avais jamais quitté la maison familiale auparavant, souligne Alexandria Delledonne, étudiante en Sciences humaines au collège John Abbott. Ma décision a été spontanée, avec des buts de croissance personnelle. Je veux voir comment je peux me débrouiller dans un cégep plus petit.»
Florence Lizotte, aussi étudiante à John Abbott, profitera à fond de la nature gaspésienne. En plus de ses cours en Sciences de la nature, elle fera partie du groupe Aventure-études, qui lui permet de pratiquer des activités de plein air. «Ça répond à mon objectif personnel d’avoir une vie équilibrée, avec moins de stress, et beaucoup de sports de plein air», dit-elle.
Akif Mohammed, né au Bangladesh et élevé au Québec, parle déjà le français en plus de l’anglais. Il sera «beaucoup plus facile» de perfectionner son français à Gaspé, où «presque tout le monde parle français», affirme l’étudiant en Sciences administratives.
Aide financière
Grâce à des fonds du programme Entente Canada-Québec, les étudiants bénéficient du logement gratuit aux résidences du cégep, de deux billets aller-retour Montréal-Gaspé en train et d’une somme de 100 $ par mois.
Troisième groupe
C’est la troisième fois que le campus de Gaspé accueille des étudiants des collèges anglo-montréalais. En 2011, quatre pionniers de Vanier avaient fait le voyage. L’an dernier, ils étaient six de Vanier et John Abbott. Dawson s’est ajouté cette année.
Grâce à leur présence, la clientèle du secteur anglophone passe de 77 à 88 étudiants le temps d’une session.
Ce contrat de 10,2 millions de dollars pour la Société des traversiers du Québec (STQ) fait travailler la plupart des 50 employés du chantier depuis septembre et se poursuivra jusqu’à l’été.
«Ça correspond à une masse salariale de 3 millions de dollars», précise le ministre responsable de la région, Gaétan Lelièvre.
Pour porter bonheur
M. Lelièvre était au chantier naval la semaine dernière avec d’autres dignitaires pour la cérémonie d’estampillage d’une pièce de monnaie sur la structure du navire.
«C’est une tradition qui date de l’Antiquité. La pièce est là pour donner une bonne fortune au navire, et la sécurité aux passagers, a expliqué Mathieu Gagnon, chargé de projet de la STQ. La STQ la perpétue pour la majorité de ses constructions», ajoute-t-il
Les dignitaires ont estampillé une pièce de 10 $ de la Monnaie royale canadienne en argent fin sur une poutre d’acier, dans la cale du traversier.
Le navire actuel, La Richardière, est âgé de 53 ans. Le nouveau traversier de 34 mètres pourra embarquer 74 passagers plutôt que 50, et contenir 12 voitures plutôt que 6. Son système de propulsion hybride, au diesel et à l’électricité, sera une première en Amérique du Nord.
Le plus gros contrat
Le contrat du traversier Isle-Verte—Notre-Dame-des-Sept-Douleurs est le plus gros de l’histoire du chantier naval de Gaspé en termes de montant.
Le chantier n’a pas encore signé son prochain contrat. «On travaille fort, on lance des lignes à l’eau», affirme Robert Côté, le directeur.
Le forage d’Haldimand n° 4 demeure suspendu jusqu’à la poursuite des discussions la semaine prochaine entre Québec, la firme et la Ville de Gaspé, dont le règlement sur l’eau potable empêche Pétrolia de forer.
La ministre n’a pas l’intention de forcer la main de l’une ou l’autre partie mais veut plutôt agir «en accompagnement», a-t-elle déclaré à la sortie de la rencontre. «On veut voir ce que Pétrolia peut faire au niveau de ses travaux, quels moyens on pourrait donner au maire [de Gaspé] pour qu’il soit plus sécurisé concernant ce forage.»
La ministre Ouellet n’est pas allée aussi loin que son collègue de l’Environnement, Yves-François Blanchet, qui a reconnu la «légitimité» du règlement de Gaspé. «J’attends des avis juridiques», a-t-elle dit.
«Préjugé favorable»
Mme Ouellet a un «préjugé favorable» pour l’exploitation du pétrole québécois, «mais il faut que ça se fasse de façon responsable». L’achat de pétrole hors Québec représente la moitié du déficit commercial de la province, qui s’élève à 12 milliards de dollars, a-t-elle ajouté.
Municipalités : du pouvoir sur les mines, mais…
Par ailleurs, Mme Ouellet est prête à laisser les municipalités décréter des zones où les activités minières sont interdites. Cet aspect pourrait faire partie du projet de loi sur les mines qu’elle déposera au début de la prochaine session parlementaire, en février.
Toutefois, la ministre ne s’est pas engagée à ce que les municipalités aient ce même pouvoir dans le cas d’exploration des hydrocarbures. Le pétrole et le gaz feront l’objet d’un projet de loi spécifique, qui attendra après celui sur les mines.
Rencontre «constructive» selon Pétrolia
Le président de Pétrolia, André Proulx a qualifié la rencontre avec la ministre de «constructive». Mais le dossier «n’est pas réglé» et «a un impact financier important sur l’entreprise», a-t-il ajouté. Cet impact s’étend «à l’ensemble du Québec et à la Gaspésie, qui mise beaucoup sur le développement pétrolier pour se sortir des problèmes économiques», a-t-il affirmé.
«Je reçois des pressions importantes des gens du milieu qui veulent que Pétrolia reste à Gaspé pour développer son projet», affirme M. Proulx.
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Le conseil municipal de Gaspé a adopté un règlement pour protéger les sources d’eau potable qui a pour effet d’empêcher Pétrolia de forer son puits Haldimand n° 4.
«Je crois que la Ville a le devoir de protéger la santé et la sécurité de ses citoyens», a poursuivi le ministre, à la sortie d’une rencontre avec des représentants de Gaspé, à laquelle participait aussi le ministre responsable de la région, Gaétan Lelièvre.
M. Blanchet dit ne pas avoir l’intention de régler le problème à coups d’avis juridiques. «Il faut trouver une solution consensuelle qui va convenir à la communauté et aux intérêts commerciaux en jeu.» Il n’a pas fixé de délai pour trouver cette solution.
Son ministère sera «seul juge» des dangers ou de l’innocuité du forage pour l’eau potable, a-t-il ajouté.
Le maire se sent justifié
Le maire de Gaspé, François Roussy, est sorti satisfait de la rencontre. «La Ville avait raison de sonner l’alarme», dit-il. Toutefois, il refuse de s’expliquer davantage sur sa déclaration.
Le maire réitère qu’il veut éviter que la population «se déchire». «Tout le monde veut protéger l’eau potable ET développer les ressources naturelles», dit-il. M. Roussy a refusé de commenter les déclarations de Pétrolia, pour «ne pas jeter d’huile sur le feu».
Le maire Roussy rencontrera la ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet, à un moment qu’il n’a pas précisé. Une rencontre entre la Ville et Pétrolia aura aussi lieu.
Quant à la rencontre entre Pétrolia et la ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet, elle aura lieu vendredi avant-midi à Québec.
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Un règlement sur l’eau potable adopté par Gaspé a pour effet d’empêcher Pétrolia de forer le puits Haldimand n° 4.
Par communiqué hier, le gouvernement du Québec a rappelé que Pétrolia possède un permis délivré par le ministère des Ressources naturelles, et qu’il n’autorise aucune fracturation.
«Aucun permis de stimulation hydraulique ne sera délivré pour un projet à proximité des habitations tant que le gouvernement n’aura pas évalué la distance minimale sécuritaire à respecter à proximité des résidences et des sources d’eau potable», écrit la ministre Martine Ouellet.
La rencontre entre Mme Ouellet et Pétrolia aura lieu avant la réalisation du forage. Quant à la réunion entre la ville, le ministre Yves-François Blanchet et le ministre responsable de la région Gaétan Lelièvre, elle vise à comprendre «la position [de la municipalité] et le soutien demandé».
Le maire François Roussy avait demandé aux trois ministres, Ouellet, Blanchet et Lelièvre, de venir rencontrer le conseil municipal à Gaspé même.
«Tout à fait légitime»
Par ailleurs, Gaspé a reçu le soutien des regroupements de municipalités. La démarche de la ville est «tout à fait légitime», estime Bernard Généreux, président de la Fédération québécoise des municipalités du Québec (FQM).
M. Généreux presse Québec d’adopter une réforme de la Loi sur les mines, qui permettrait aux municipalités de décider des usages permis sur leur territoire. «Si c’était en place, on n’aurait pas à vivre le psychodrame de Gaspé, qui est une reproduction de ce qui s’est passé dans le gaz de schiste.»
Si Gaspé juge que le forage «est une menace à l’eau potable, c’est de leur devoir d’adopter un règlement», affirme Éric Forest, président de l’Union des municipalités du Québec et maire de Rimouski.
«Très fragile»
Même si le règlement de Gaspé est «défendable au plan des principes», M. Forest craint qu’il ne tienne pas la route dans une bataille judiciaire. «À ce que je sache, la Loi sur les mines a préséance sur la Loi sur les compétences municipales», dit-il.
Bernard Généreux qualifie le règlement de «très fragile» au plan juridique. Toutefois, il invite Pétrolia à éviter la confrontation. «On allumerait une mèche qui peut faire éclater toute la filière», dit M. Généreux. «Il faut bâtir l’acceptabilité sociale, au premier chef avec les élus locaux», ajoute-t-il.
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Uldège Theriault, un Murdochvillois de 66 ans, était de la manifestation. Il a subi un infarctus en 1998. Sans une urgence à Murdochville, il pense qu’il serait mort aujourd’hui.
Son malaise s’est déclaré à 23 heures. L’ambulance l’a transporté au CLSC de Murdochville, où un médecin lui a administré des chocs électriques et un médicament pour désagréger les caillots de sang dans son cœur.
«Depuis ce temps-là, ça va bien, je profite de mes enfants et de mes petits-enfants», dit M. Theriault. Mais si l’urgence fermait la nuit, l’homme n’est «pas sûr» qu’il resterait à Murdochville.
L’hôpital le plus proche de Murdochville est à Gaspé, est à 95 kilomètres de route, franchissables en 60 minutes.
Valerie Baker brandissait une pancarte «non à la fermeture du service de nuit». Ses crises d’asthme peuvent survenir à n’importe quel moment. Elle a dû se présenter plusieurs fois à l’urgence de nuit pour des crises aigües. «Je ne serais plus là» sans l’urgence, estime Mme Baker.
La mairesse confiante
La mairesse de Murdochville Délisca Ritchie Roussy, est confiante que les actions de la population porteront leurs fruits. «Les employés de l’Agence sont intelligents. Ils vont voir l’angoisse et l’anxiété des gens de Murdochville.»
Ces derniers jours, les directions du Centre de santé de la Côte-de-Gaspé et de l’Agence régionale de santé et de services sociaux ont répété qu’aucune décision n’était prise au sujet de l’urgence du CLSC de Murdochville.
L’inquiétude de la population est motivée par le fait que l’Agence a mis sur pied un groupe de travail pour évaluer les services offerts dans les milieux à faible densité de population.
Respect de la vie privée