Les racines du théâtre jeunesse à Paspébiac remontent à 1967, alors que l’enseignant Wilfrid Joseph met en scène une pièce avec des adolescents. En 1992, l’école secondaire offre la première cuvée de son programme Arts-études aux élèves de 3e, 4e et 5e secondaire, l’atelier de théâtre La Passerelle.
Dès la fin de l’année scolaire 1992-1993, le premier TRAC permet à des jeunes de la Gaspésie et du reste du Québec de montrer leurs créations et de partager leur passion du théâtre.
Aujourd’hui, environ les trois quarts des élèves de 3e, 4e et 5e secondaire à l’école de Paspébiac participent au programme Arts-études, pour un total de 80 jeunes qui font du théâtre presque tous les jours.
« On est fiers de notre concentration. On ne sélectionne pas. Tu peux venir si tu as un problème d’apprentissage ou de comportement. Et il n’y a pas de coûts d’inscription. On a eu une élève en chaise roulante, une élève sourde. L’important n’est pas de performer ni d’apprendre le métier, c’est de prendre la parole et de vivre l’expérience de monter sur scène », explique Nancy Gagnon, enseignante en théâtre et présidente du TRAC.
Le TRAC 2018 accueillera environ 120 jeunes, qui présenteront leurs créations à leurs pairs, en plus d’assister à des spectacles professionnels.
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« C’est là que ça a commencé. Wilfrid Joseph était un professeur extraordinaire. Il nous apprenait le théâtre, mais aussi à créer », dit José Babin, qui a étudié à l’école de Paspébiac dans les années 1970.
Comédienne, mime et marionnettiste, Mme Babin signe la direction artistique et la mise en scène de tous les spectacles du Théâtre incliné, qu’elle a fondé en 1991. La compagnie se spécialise en « théâtre visuel », une forme qui incorpore notamment la vidéo, les ombres et les marionnettes.
Au moment de l’entrevue avec GRAFFICI, José Babin s’apprêtait à jouer Nordicité, le dernier-né d’un cycle de créations sur le cercle polaire. Ces créations auront été jouées au Québec, en Norvège, en Écosse et en France quand le Théâtre incliné conclura le cycle au Théâtre de la petite marée, en 2019 à Bonaventure, avec Lovestar, basé sur le texte d’un auteur islandais.
José Babin est revenue deux fois au TRAC comme professionnelle pour présenter L’œil de Rosinna, puis Cargo dans les années 2000. « C’est toujours extraordinaire, pour moi, de revenir jouer en Gaspésie. Je travaille toujours à partir du territoire et la Gaspésie est tatouée sur mon cœur. »
La créatrice est ravie que le théâtre continue de bien se porter à l’école de Paspébiac. « Ça développe de manière extraordinaire la vision du monde des jeunes et souvent, ça les empêche d’aller dans des coins plus sombres. »
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Le soir du 12 janvier 1968, Alcide Proulx est en pause de son travail de journalier pour Coke, à Montréal. Il sort dans la rue pour voir un accident qui vient de se produire. Un chauffard en Cadillac arrive trop vite : il écrase M. Proulx contre une voiture. Quand il se réveille le lendemain, M. Proulx est amputé sous les genoux.
D’autres auraient vu leur vie basculer. Pas Alcide Proulx. Il entame sa rééducation dès le printemps. « Ça a été vite fait. J’étais solide. Il fallait marcher entre deux barres parallèles. J’étais descendu aider mon père sur la ferme l’été d’avant. Quand tu as rentré une dizaine de mille de balles de foin… »
En novembre, il reprend le même emploi chez Coke : préparer les commandes, ce qui implique de porter des caisses de boisson. « Ils m’ont offert de travailler dans le bureau mais j’ai refusé parce que c’était moins payant », dit M. Proulx.
Un jour, au travail, le pied de sa prothèse se dévisse. « Je suis allé à la « machine shop ». Ils me l’ont revissé! » La chaleur et l’humidité de Montréal irritent ses moignons, là où les prothèses appuient. Quand des plaies se développent, il doit arrêter de travailler quelques jours.
Retour en région
C’est donc à la fraîcheur gaspésienne qu’on doit le retour en région d’Alcide Proulx en 1975. Il travaille d’abord à la ferme de son père, éleveur de vaches laitières. M. Proulx poursuivra l’élevage jusqu’à aujourd’hui, avec des bovins de boucherie. En parallèle, il trouve un emploi de représentant pour Le Relieur gaspésien. Puis dans les années 1980, il devient conseiller pour le SEMO, le Service spécialisé de main-d’œuvre.
Il y travaillera pendant 22 ans. Son rôle : trouver un emploi à des personnes handicapées, parfois à la suite d’un accident de travail ou d’auto. « Quand on me disait : « j’ai un petit mal de dos, je ne peux plus rien faire », je disais : « Wô! Il y a plein de choses que tu peux faire ». »
Lui-même donne l’exemple. « Je me levais à 3 heures et demie, 4 heures, pour soigner mes vaches. Puis deux jours par semaine, j’allais travailler au CLSC de Caplan [à 132 km de Cap-d’Espoir] puis au CLSC de Paspébiac. Après, je revenais faire le train […]. L’été, je prenais mes vacances pour faire les foins. »
Deux paires de jambes
Malgré ce rythme de vie effréné, pas question de sentir la vache. M. Proulx a deux paires de prothèses : « une paire pour la ferme, une paire pour le bureau ». Leur maniement est devenu « une habitude de vie ». « Quand je me couche le soir, j’enlève pas mes pantalons, j’enlève mes jambes. Le matin, je les mets. »
Comment a-t-il fait pour combiner toutes ces occupations? « Aucune idée. Je ne suis pas la personne à se faire vivre par le gouvernement. Je voulais gagner ma vie. Certains disaient : il est fou, Alcide, il pourrait être chez lui avec un chèque du gouvernement! »
M. Proulx a deux enfants maintenant adultes. Il a aussi été famille d’accueil pour les sept neveux et nièces de son épouse dans les années 1970.
L’homme a appris à nager une fois amputé. Son professeur était Régent Lacoursière, participant de 15 traversées du Lac Saint-Jean et fondateur d’une école de natation à Anjou. Alcide Proulx apparaît d’ailleurs dans un livre de Lacoursière, où il promeut la natation pour tous, y compris les bébés et les personnes handicapées.
M. Proulx a pris sa retraite du SEMO à l’âge de 60 ans, en 2006. Il a continué à exploiter sa ferme. « Je peux encore trimballer des sacs de moulée et des balles de foin », dit-il. Aujourd’hui, son fils Guylain s’occupe avec lui des 40 bovins (il en a déjà eu 125). Sa conjointe Louise cultive avec lui trois acres de potager. Son kiosque à légumes attire des clients de Rivière-au-Renard jusqu’à Port-Daniel.
M. Proulx est fier d’avoir « remonté » le club L’Anneau d’or, de Cap-d’Espoir, qui était moribond. Il a fait remeubler et rénover le local, et fait passer le nombre de membres de 118 à 325. Le dimanche soir, il va danser « des danses de lignes et des danses de couple. C’est bon pour mon équilibre. »
Quelle aurait été sa vie sans son accident? « J’ai jamais pensé à ça. Il me semblait que je faisais une vie normale, comme les autres. »
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Entre août 2016 et janvier 2018, LM a embauché 300 nouveaux employés, dont 120 viennent de l’extérieur de la région.
Le milieu des travailleurs de la construction à Montréal a fourni plusieurs recrues à LM. « Ils disent : on est tannés de faire du chômage à Montréal, on a décidé de venir faire du travail à l’année en Gaspésie », rapporte le directeur de l’usine, Alexandre Boulay.
Avec des quarts de travail de 12 heures et 175 journées de travail par an, le déplacement devient une option pour des Gaspésiens hors de Gaspé. « 20 % de la main-d’œuvre totale vit dans Rocher-Percé. Grâce à l’horaire, ils peuvent se regrouper, voyager ensemble et venir travailler à Gaspé », indique M. Boulay. La moyenne d’âge est passée de 43 à 38 ans chez les employés, maintenant au nombre de 475.
Affichage, publicité radio, télé et web : la campagne de promotion était du rarement vu, sinon jamais, pour un employeur gaspésien. M. Boulay refuse de mentionner l coût de la campagne. « Ce sont des moyens alignés avec les défis qu’on avait. On récupère notre investissement dans l’excellence de nos employés. » Les sources au fait du dossier parlent d’un coût de centaines de milliers de dollars.
Verreault aussi
Le chantier maritime Verreault, des Méchins, dont la moitié des employés vit en Haute-Gaspésie, s’est aussi lancé dans une campagne de publicité d’envergure. La main-d’œuvre manque, au point où l’entreprise retarde la deuxième phase d’expansion de sa cale sèche en attendant du renfort. L’entreprise compte 160 employés; il lui en faudrait 250.
Le chantier a lancé en décembre une campagne de publicité dans les journaux, à la radio et dans les médias sociaux. Il a reçu une quantité intéressante de CV, indique Simon Riopel, vice-président exécutif du Groupe maritime Verreault. « On est dans les entretiens d’embauche. »
Verreault a eu recours aux services d’une firme de Québec pour recruter au-delà du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie. Deux conseillers, l’un dédié au recrutement et l’autre à l’accueil et à l’intégration, sont aussi en voie de se joindre à l’équipe.
Ce ne sont pas toutes les entreprises qui ont les moyens de LM Wind Power ou, dans une moindre mesure, du Groupe Verreault. Bien des commerces et des entreprises de plus petite taille ont besoin de recruter eux aussi, remarque le maire de Gaspé, Daniel Côté.
Le maire planifie de lancer une campagne de promotion de la municipalité ce printemps, sur les médias sociaux. Gaspé y consacrerait une somme à déterminer, tout comme des entreprises concernées. Le message : « Il y a de la job en masse, dans un environnement de choix où tous les services sont à proximité. On a la plus belle place pour vivre, à cinq minutes d’un centre de ski l’hiver et à cinq minutes de la plage l’été », récite M. Côté.
Des solutions?
Promouvoir les emplois au-delà des canaux habituels d’offres d’emplois
Faire valoir la qualité de vie dans la région
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Des 42 communautés autochtones du Québec et du Labrador, cinq ont une femme à leur tête. La chef de Gespeg (la communauté de Gaspé), Manon Jeannotte, est l’une d’elles. Aux femmes autochtones qui veulent suivre ses traces, elle lance : « sont capables! ».
Mme Jeannotte a grandi en banlieue nord de Montréal. « Chez nous, c’était la microsociété micmaque, dit-elle. Beaucoup de gens s’arrêtaient chez nous, de passage. Des fois, on était 14 ou 20 dans la maison. On vivait en communauté. » Son grand-père habitait en face. « Dans son sous-sol, il faisait des raquettes et il faisait bouillir son genévrier comme médecine traditionnelle. »
« Depuis que j’ai trois semaines, je passe tous mes étés en Gaspésie, poursuit Mme Jeannotte. Mon territoire ancestral est Port-Daniel. La cimenterie est dans mon jardin. »
Mme Jeannotte a séjourné une première fois à Gaspé en 1998, pour écrire un mémoire sur la présence micmaque en Gaspésie, dans le cadre d’études de 2e cycle universitaire en inter-culturalisme. Cette rousse aux yeux bleus, de père micmac et de mère jersiaise, a dû alors se questionner sur sa propre identité. « Je suis Micmaque, Québécoise, Jersiaise et Canadienne. Mais la conclusion, c’est que je suis une fille du monde, ouverte à toutes les cultures. »
Par la suite, le gouvernement fédéral la recrute avec cinq autres jeunes autochtones, dans un programme pour former la relève des gestionnaires. À la fin du processus, elle refuse un poste à Santé Canada et devient directrice générale de Femmes autochtones du Québec. « Je voulais rester dans le milieu autochtone », dit-elle.
À l’époque, les femmes de Kitcisakik (lac Simon) dénoncent la violence subie des hommes de leur communauté. De ce dossier « excessivement difficile », Manon Jeannotte retient l’importance de l’aide aux victimes et du processus de guérison, deux notions qu’elle aimerait voir davantage dans les dossiers actuels.
Mme Jeannotte a d’abord été conseillère de Gespeg pour le Grand Montréal, là où habite 50 % de la communauté, avant de devenir chef en 2015. En parallèle, elle a complété une maîtrise en administration des affaires (MBA).
Âgée de 48 ans, Mme Jeannotte réalise que comme Micmacs, « notre façon de vivre et de voir le monde est différente, pour l’environnement entre autres. On revendique des territoires pour les protéger, pas pour les exploiter », illustre-t-elle.
Les trois communautés de la Gaspésie ont obtenu un moratoire sur l’exploration des hydrocarbures, le temps de consulter les Micmacs. Les autochtones bénéficient d’une nouvelle écoute, remarque Mme Jeannotte. « Les gens réalisent qu’on peut avoir ce pouvoir. Si on le prend et qu’on va devant les tribunaux, on va gagner. On pourrait s’en servir plus, mais c’est une question de moyens [financiers]. »
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GRAFFICI a demandé aux artisans de décrire une de leurs boissons typiquement gaspésienne et de dire à qui ils aimeraient la faire goûter.
Audrey-Anne Côté a d’abord brassé de la bière pour le plaisir avec son père et dorénavant associé, Claude Côté, avant d’ouvrir leur microbrasserie le 15 juillet à Gaspé.
La Rosebridge est l’une de ses armes pour convertir les non-initiés aux bières de microbrasserie. Mme Côté y ajoute des framboises « à outrance ». « On les met après une semaine de fermentation. Ça fait une bière rafraîchissante, comme une explosion de framboise naturelle. C’est une bière de soif, festive. » Les framboises de la cuvée en cours ont mûri à Grande-Vallée.
Pour qui?
« Pour mes tantes! Elles trippent déjà sur cette bière-là », dit Audrey-Anne Côté.
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GRAFFICI a demandé aux artisans de décrire une de leurs boissons typiquement gaspésienne et de dire à qui ils aimeraient la faire goûter.
La microbrasserie Au Frontibus a ouvert ses portes dans une ancienne épicerie de Rivière-au-Renard, le 16 septembre. On y brasse notamment la bière Tripel boréale au thé du Labrador, champignon chaga et poivre crispé (le fruit de l’aulne). « C’est la bière qui goûte une balade en forêt gaspésienne. Quand le soleil tape sur les conifères après la pluie, il y a une odeur sucrée qui se dégage », décrit Lydia Martin Bérubé, copropriétaire du Frontibus avec son conjoint Patrick LeBlanc et sa mère Claudia Martin.
Pour qui?
« Pour mon beau-frère, pour lui faire raconter des histoires de chasse. Elle se boit lentement et avec 9,2 % d’alcool, elle finit par dégêner! », dit Lydia Martin Bérubé.
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Frédéric Jacques et Michael Briand distillent le gin Radoune, avec des champignons gaspésiens parmi les ingrédients. « Ça ne sentira pas le champignon en canne », avertit M. Jacques.
« On imite des caractéristiques des gins classiques en utilisant les champignons. Le matsutake en forte concentration amène une brûlure en bouche, la chanterelle a un côté d’amande et l’armillaire de miel donne un arrière-goût sucré. »
La recette contient aussi du poivre crispé, le fruit de l’aulne, un arbuste. C’est Gaspésie sauvage, une entreprise de Douglastown, qui fournit O’Dwyer en produits cueillis sur la péninsule.
La distillerie vend son gin depuis mai 2017. La Radoune est arrivée deuxième récemment dans une dégustation à l’aveugle de 16 gins, dont 13 québécois, organisée par le magazine Protégez-vous.
Pour l’instant, O’Dwyer achète un alcool de maïs comme alcool de base pour leur gin. En 2018, « on va avoir un alambic pour distiller notre propre alcool de base, à partir de betterave à sucre qui serait cultivée ici », indique M. Jacques.
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Quatre entrepreneurs de Percé ont fondé la Société secrète et travaillent depuis deux ans à leur projet de distillerie artisanale dans l’ancienne église anglicane de Cap-d’Espoir.
Les comparses ont commencé à produire leur gin début novembre. Il sera prêt peut-être à Noël et au plus tard cet hiver. Ils se sont donné une contrainte. « Il faut qu’on trouve tous nos aromates dans un rayon de 45 minutes de marche autour de la distillerie. Notre produit est vraiment unique. Si on devait déménager hors de la Gaspésie, on ne pourrait plus le produire », indique Mathieu Fleury, l’un des associés. La forêt et le bord de mer débordent de possibilités : ils ont choisi une quinzaine d’aromates, dont des baies de genévrier, de l’épilobe et du carvi sauvage.
La recette est réalisée de A à Z à Cap-d’Espoir. La Société secrète achète du blé et de l’orge québécois qu’elle concasse et fait fermenter. Elle le distille pour produire une vodka très pure, laquelle est ensuite parfumée aux aromates gaspésiens dans un second alambic. « On voulait contrôler chacune des composantes », explique M. Fleury.
Le gin est baptisé Les Herbes Folles. Les associés ont choisi ce type d’alcool pour débuter parce que « ça se produit assez rapidement, ça n’a pas besoin de vieillissement et il y a un engouement pour les gins », dit M. Fleury.
Par la suite, la Société secrète souhaite produire d’autres alcools « assez herbacés », dont de l’absinthe. « On a fait un grand jardin d’absinthe cet été. Ça pousse bien », dit M. Fleury. La distillerie a une capacité de production de 60 000 bouteilles par an.
Vitraux et alambics
« C’est possiblement une première au Québec qu’une église soit transformée en distillerie », souligne M. Fleury. En 2011, le diocèse anglican a désacralisé l’église St. James de Cap-d’Espoir, construite en 1875. La Fondation du patrimoine de Percé l’a reprise pour éviter sa démolition et cherchait un projet pour assurer son entretien. La Société secrète avait besoin d’un endroit aux hauts plafonds pour loger ses alambics de 20 pieds (6 mètres). « Le lieu met en valeur la beauté de nos équipements », estime M. Fleury.
Les entrepreneurs songent à ouvrir les lieux au public. « Cet été, on n’a fait aucune publicité et les grosses journées, cinq ou six voitures s’arrêtaient », dit M. Fleury.
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Un hydromel à la cerise à grappes
John Forest, un apiculteur de Maria, commercialise de l’hydromel depuis 1998, ce qui fait de lui le plus ancien des producteurs d’alcool gaspésien encore en activité.
M. Forest mélange du miel et de l’eau, ajoute de la levure puis laisse fermenter le mélange. Au bout de trois mois, l’hydromel est prêt pour l’embouteillage.
L’apiculteur fabrique un hydromel doux, un sec, et trois aux fruits : framboise, bleuet/amélanchier et le dernier à la cerise à grappes, un fruit au goût bien particulier qui se transmet à l’hydromel. « Il y a une petite amertume dedans et plus de tanin. Il vieillit bien. On reconnaît le goût un peu astringent de la cerise à grappes, qui lui donne une robe saumon », décrit M. Forest.
L’apiculteur utilise du miel de framboisiers pour ses hydromels. Il cueille les cerises à grappes le long de certains champs à Carleton et les ajoute au début de la fermentation.
M. Forest possède 700 ruches. Le métier qu’il pratique depuis 40 ans comporte bien des incertitudes, mais ses produits trouvent de plus en plus preneurs. « J’ai remarqué que les gens essaient de se rapprocher de la nature. Mes ventes augmentent. »
Pour qui?
M. Forest aimerait boire son hydromel avec sa fille Linda. « Elle est à Vancouver et s’ennuie toujours un peu de la Gaspésie. Elle vient faire son tour de temps en temps, mais c’est loin. Elle aime bien mes hydromels. »
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