GRAFFICI.CA : Qu’est-ce qui vous fait penser que vous feriez un bon député?
Frédérick DeRoy : Je suis un amoureux de la Gaspésie. J’ai toujours fait du bénévolat avec les jeunes, j’ai travaillé dans le communautaire dans les derniers mois. Je veux travailler pour régler les dossiers de notre région, travailler pour «ma place». Tout le monde veut que notre région soit aussi belle économiquement que géographiquement. J’ai un coup de cœur pour donner un coup de pouce au communautaire. Il faut qu’on remette notre population sur la bonne track par la formation et l’éducation.
Comment qualifiez-vous la situation économique de votre circonscription?
Avec le nouveau comté, on a deux contrastes : Gaspé où il y a beaucoup d’emplois gouvernementaux, où l’économie ne va pas si mal, et où il y a plusieurs institutions d’éducation. [D’un autre côté], on a la Haute-Gaspésie et Rocher-Percé qui sont quand même assez pauvres. Il va falloir rééquilibrer les forces, et faire attention pour que Gaspé ne draine pas tout et que les deux autres MRC soient oubliées. On a aussi des avancées intéressantes. Les élus travaillent de plus en plus dans le même sens en Haute-Gaspésie, qui se positionne au plan gastronomique, avec Fourchette bleue [initiative d’Exploramer qui certifie des espèces méconnues pour ménager les fonds marins]. Mais c’est du long terme, la région a descendu creux et on ne peut pas se péter les bretelles encore.
Que feriez-vous pour améliorer la situation économique?
En Haute-Gaspésie, le défi est d’aller chercher de la formation pour nos jeunes, le plus de diplomation possible, d’aller chercher les décrocheurs. Avant que des entreprises s’implantent, il faut que les gens soient prêts à prendre ces emplois-là. Parce qu’actuellement, des emplois sont disponibles, mais il y a peu de diplômés pour les prendre. Et [les organismes] communautaires sont sous-estimés. Les maisons de jeunes font de la prévention du décrochage et de la toxicomanie.
Que prévoit le programme de votre parti pour améliorer les transports en Gaspésie?
On a une philosophie assez globale, mais rien de précis sur la Gaspésie. Le Parti [Option nationale] veut développer l’électrification du transport en commun, se débarrasser du pétrole. On a un immense territoire avec une population dispersée, c’est plus difficile. J’encourage tout ce qui est fait avec Transport sans frontière [transport collectif de la Haute-Gaspésie]. Il faut une route bleue pour la navigation de plaisance et le transport commercial. Le bateau est peu polluant et il ne dégrade pas les routes. Tous ceux qui ont déjà roulé derrière une « van » de bois vont comprendre l’intérêt de transporter les grosses marchandises par la mer.
Les compagnies pétrolières devraient-elles avoir le droit d’utiliser la fracturation pour extraire du pétrole?
Non. Option nationale est pour un moratoire complet. Je vais plus loin. En tant que Gaspésien et fier de l’être, je dis un non pur et dur au pétrole et au gaz de schiste, que ce soit dans le Golfe ou sur terre, pour l’exploration ou l’exploitation, en Gaspésie ou à Anticosti. Personne ne peut garantir qu’il n’y aura jamais d’accident et qu’on ne va pas saloper nos berges.
GRAFFICI.CA : Qu’est-ce qui vous fait penser que vous feriez un bon député?
Gaétan Lelièvre : Ma connaissance des dossiers dans l’ensemble du comté, mon implication depuis 25 ans dans l’ensemble des débats et des enjeux, principalement dans les dossiers municipaux, régionaux, du transport et du tourisme. Et mon engagement : je suis une personne engagée et déterminée.
Comment qualifiez-vous la situation économique de votre circonscription?
Extrêmement difficile sur le plan social et économique. Deux des MRC les plus démunies sur 97 [au Québec] sont dans notre circonscription. Il y a des enjeux énormes à Murdochville, qui est à mon avis la seule ville vraiment monoindustrielle de la Gaspésie. Sur le plan des ressources naturelles, le comté de Gaspé est un laboratoire de projets d’hydrocarbures et miniers. Des enjeux nationaux se retrouvent dans notre circonscription. Il y a énormément de potentiel, mais il est sous-développé dans le tourisme et les ressources naturelles.
Que feriez-vous pour améliorer la situation économique?
C’est en travaillant avec les gens de la base. Il y a des enjeux qui en transcendent d’autres, notamment la santé. Le Centre hospitalier de la Haute-Gaspésie a besoin d’un coup de main majeur. La santé est une condition de base de l’occupation du territoire. Des dossiers dans les ressources naturelles (Pétrolia, Junex, Orbite) avancent extrêmement rapidement et seront déterminants. Il faut faire des choix et consulter la population. En même temps, on doit créer de la richesse et des emplois de qualité. On doit soutenir certains projets, toujours dans la perspective du développement durable et du respect des autres secteurs comme le tourisme et l’environnement. C’est urgent de consulter la population, on est en retard. Le gouvernement actuel n’a pas pris le temps de faire ce travail. On a une Loi des mines archaïque, des normes désuètes. Il faudrait aussi que les redevances soient versées en partie dans les communautés où sont les ressources.
Que prévoit le programme de votre parti pour améliorer les transports en Gaspésie?
Au niveau des transports, tout est à faire. Il faut développer un transport plus environnemental, plus vert. La chef [du PQ] a annoncé l’électrification du réseau de transport. Mais il faut être honnête : en Gaspésie, on est à l’étape de sauver le train. Comme député, je veux mettre à niveau l’ensemble des transports. On est moins bien dotés que dans les années 50, alors que les services aériens étaient accessibles à l’ensemble de la population. Aujourd’hui, les coûts sont prohibitifs. Pour les ports de mer, il faut développer le cabotage et exporter [par bateau] vers la Nouvelle-Angleterre et l’Europe. Le trait commun, c’est l’abandon des infrastructures de transport par le gouvernement fédéral. La volonté du PQ et ce qui est dans le programme, c’est d’assurer à toutes les régions les moyens de transport. Avec l’engagement de Pauline Marois à s’occuper personnellement de la Gaspésie, je suis convaincu que le transport retiendra beaucoup l’attention du PQ. [Dans le programme], il n’y a pas de mesures spéciales pour la Gaspésie, mais on parle d’occuper le territoire et pour ça, ça prend des moyens de transport.
Les compagnies pétrolières devraient-elles avoir le droit d’utiliser la fracturation pour extraire du pétrole?
Absolument pas. La chef, le programme et moi nous sommes prononcés contre la fracturation et pour l’exploitation conventionnelle [sans fracturation].
GRAFFICI.CA : Qu’est-ce qui vous fait penser que vous feriez un bon député?
Éric Boucher : Mes valeurs. C’est la raison pour laquelle je me présente pour Québec solidaire. On croit que les réponses peuvent et doivent venir de la communauté et non être téléscopées par quelqu’un à Québec. [Pour être député], il faut avoir une bonne écoute, ce que j’ai. La partisanerie crasse, ça m’horripile, et c’est autre chose qui fait de moi un bon candidat. Au lieu de porter le message du parti vers mon comté, ce qui est souvent le cas des vieux partis, je vais porter le message de la communauté. C’est l’esprit de Québec solidaire et c’est pour ça que je me présente pour eux.
Comment qualifiez-vous la situation économique de votre circonscription?
Quand on sait que dans la circonscription, on a la première et la troisième MRC la plus pauvre au Québec (Rocher-Percé et Haute-Gaspésie), ce serait se conter des histoires de dire que la situation économique est reluisante. Ceci dit, il y a énormément de possibilités. La Gaspésie est l’Alberta du Québec en termes de ressources naturelles. Il faut que ces ressources bénéficient à la Gaspésie et non à des actionnaires étrangers.
Que feriez-vous pour améliorer la situation économique?
On prône la nationalisation de tout ce qu’on peut : l’éolien, qu’on veut développer de façon massive. Les libéraux l’ont développé sous la pression publique, parce qu’ils préfèrent harnacher des rivières. Pour les ressources naturelles sur lesquelles on n’a pas l’expertise, on exige une participation du gouvernement à 50 % plus 1. La moitié des profits reviendrait à la zone où est exploitée la ressource. Ça voudrait dire plus d’argent pour les MRC et les CLD [Centres locaux de développement]. On imposerait une deuxième et une deuxième transformation ici pour créer des emplois de qualité, permanents. Pas des emplois saisonniers, temporaires, au salaire minimum.
Que prévoit le programme de votre parti pour améliorer les transports en Gaspésie?
À moyen terme, on vise l’électrification des transports, pour que le Québec sorte de la dépendance au pétrole d’ici 2030. Les économies qui le feront le plus vite tireront le mieux leur épingle du jeu. On a l’éolien, le solaire, l’énergie marémotrice : il y a beaucoup à faire. On vise un développement massif du transport en commun, et un appui au développement du transport en commun ici. Avec l’argent des ressources naturelles, on pourrait créer un réseau qui ne servirait pas seulement à se rendre au travail, mais aussi aux loisirs. [Le programme de QS prévoit] un lien de train à grande vitesse créé entre Québec et Montréal. À moyen terme, un lien serait créé avec les régions. Ce n’est pas écrit Gaspé dans le programme, mais on mentionne des liens vers les régions. Quand on va pouvoir venir en Gaspésie en trois ou quatre heures, ça va nourrir l’industrie touristique. Mes priorités personnelles et locales pour le transport, à court terme, c’est de contribuer à la Coopérative de transport aérien. Ce n’est pas normal que si ta mère tombe malade à Québec, tu doives te payer un billet à 1200 $ pour le lendemain. Quand on aura des vols Montréal-Gaspé à 150 $ ou 200 $, on aura plus de visites ponctuelles de touristes. Et tout ce qui peut réduire le camionnage, comme le bateau et le train, ça préviendrait la dégradation du réseau routier.
Les compagnies pétrolières devraient-elles avoir le droit d’utiliser la fracturation pour extraire du pétrole?
Zéro. Aucune fracturation, ni pour le gaz de schiste, ni pour le pétrole. On juge que la technique n’est pas encore au point pour le faire. Ça prend un moratoire pour vraiment étudier la question. On donnerait un droit de veto aux MRC sur l’exploitation de n’importe quelle ressource naturelle, l’uranium par exemple. S’il y a une menace quelconque à l’environnement – et ça prend des études indépendantes et objectives, notamment pour Orbite – pas d’exploitation. Pour l’exploitation traditionnelle [sans fracturation] du pétrole, à court terme (pas après 2030), si la communauté est d’accord et s’il n’y a pas de risque à l’environnement, peut-être.
Ces regroupements sont inquiets devant la perspective de perdre les 15 millions de dollars, soit de 30 à 50 % de leur budget, associés au Programme de création d’emploi en forêt, spécifique au Bas-Saint-Laurent-Gaspésie, alors que Québec refuse de confirmer la reconduction de cette somme pour l’an prochain.
«C’est un budget spécifique à l’aménagement forestier qui bénéficie à six entreprises sylvicoles et trois communautés autochtones», précise le directeur du Groupement forestier coopératif Chic-Choc, de Sainte-Anne-des-Monts, Michel Marin, qui indique que les regroupements ont du se battre pour obtenir la reconduction du programme en 2012.
«Il y a une menace importante que le programme ne soit pas reconduit l’an prochain avec le nouveau régime forestier mis en place en avril prochain. Pas moins de 325 emplois pourraient, entre autres, être directement touchés avec 2 500 hectares de travaux annuellement en moins et la formation de la relève.»
Coupure
De plus, malgré l’ajout de 20 millions de dollars sur 5 ans des crédits d’aménagement forestier décrétés par le gouvernement dans le dernier budget, la région a vu ses subsides réduits de 2 millions de dollars $, dénonce le président du Groupement forestier Péninsule Gaspé, Claude Berger.
«Nos avons subi une coupe de 11 % de nos budgets pour cette année. Le ministère nous a dit que c’était pour combler l’argent dépensé en trop l’an dernier. C’est paradoxal d’entendre le gouvernement annoncer 20 millions de dollars $ de plus alors qu’en Gaspésie, on est frappé par une coupe de 11 %. C’est de une à deux semaines de moins de travail pour nos employés.»
«Nous demandons que cette coupure-là soit annulée. Les candidats devraient s’engager», affirme M. Marin
Préfet inquiet
Le préfet de la MRC de Bonaventure, Jean-Guy Poirier, comprend l’inquiétude des entreprises et coopératives. «Il a fallu se battre très fort dans les derniers mois pour avoir la reconduction du volet II. De plus, les travailleurs forestiers n’ont jamais été considérés. C’est une classe de travailleurs qui devrait pourtant l’être. Ils sont la base du fonctionnement des usines. Je me demande pourquoi nos élus provinciaux ne voient pas ça», déplore M. Poirier.
GRAFFICI.CA : Qu’est-ce qui vous fait penser que vous feriez un bon député?
Yvan Blanchard : Je suis très à l’écoute des citoyens. J’aime tout ce qui est communautaire. Je trouve qu’un député doit être disponible pour la population, et là, je trouve qu’il y a un manque. On a Rocher-Percé, Côte-de-Gaspé et Haute-Gaspésie, trois grandes régions où le monde a été délaissé par les gouvernements précédents. Ça crée une dévitalisation. En Haute-Gaspésie, on a le plus haut taux de criminalité, de violence conjugale et de signalements à la DPJ [Direction de la protection de la jeunesse]. Ce sont des signaux d’alarme. La population est inquiète et on me le dit. La Gaspésie n’est plus comme il y a 20 ans. Les gens du local ne se déplacent plus pour dépenser leur argent à Percé; ça leur coûte 10 $ en partant de stationnement! La roue recule. Quand je vois tout ce sur quoi mon grand-oncle [Alexandre Cyr, député fédéral de Gaspé de 1963 à 1965] a travaillé, comme les quais, c’est en délabrement. C’est rendu que les pêcheurs ont du mal à débarquer leur poisson!
Comment qualifiez-vous la situation économique de votre circonscription?
L’économie dégringole. C’est rendu lamentable et il faut prendre ça en mains.
Que feriez-vous pour améliorer la situation économique?
La CAQ [Coalition avenir Québec] a un plan de croissance. J’ai rencontré tous les CLD [Centres locaux de développement] du comté. Je vois ce qui se fait dans Rocher-Percé, où on encourage les jeunes à l’entrepreneuriat. Nous, on encourage ça aussi. Si on réussit à créer une entreprise de 25 emplois, ce sont 25 personnes qui vont s’installer. [Le gouvernement du Québec accorde] 4 milliards en crédits d’impôt pour les entreprises. On va prendre 2 milliards de dollars là-dessus et le donner à Investissement Québec. Les CLD y auront accès comme guichet unique. Ça va servir comme capital de démarrage pour des entreprises locales et familiales.
Que prévoit le programme de votre parti pour améliorer les transports en Gaspésie?
Il y a du transport en commun dont j’ai entendu parler. En Haute-Gaspésie, c’est Transport sans frontière. Ici, c’est le transport collectif, je pense. Dans notre premier mandat, on va faire un ménage. Ça va débloquer des millions qui vont servir en services directs à la population. C’est de l’argent qui est perdu dans la bureaucratie. Il y a des maisons d’hébergement qui ferment, ça va servir à ça. (GRAFFICI.CA : Pouvez-vous me donner des exemples de «ménage»?) Ce qui me vient tout de suite à l’esprit – même si je m’attends à ce qu’il y ait de la réticence – on va abolir les agences de santé. C’est de l’argent gaspillé pour rien. On va réinvestir cet argent dans nos hôpitaux, les CLSC, l’achat d’équipements.
Les compagnies pétrolières devraient-elles avoir le droit d’utiliser la fracturation pour extraire du pétrole?
On est contre à 100 % la fracturation hydraulique. LA CAQ a été claire, on va faire un moratoire sur les puits en activité susceptibles de faire du gaz de schiste. Mais on est pour l’exploitation pétrolière. À partir du moratoire, un rapport va se faire. Si le rapport dit non, il n’y aura pas de fracturation. Un puits à 4 kilomètres de Gaspé, c’est normal qu’il y ait des préoccupations de la population. (GRAFFICI.CA : Et si le rapport dit oui?) C’est à voir en temps et lieu. Je doute que ça puisse être vraiment sécuritaire pour les citoyens. Présentement, je suis contre à 100 % et la CAQ aussi.
GRAFFICI.CA : Qu’est-ce qui vous fait penser que vous feriez un bon député?
Georges Mamelonet : Je suis exécrable, tout le monde me critique (rire)! Un député, c’est avant tout un représentant de la région. Mon premier mot au Parti libéral du Québec, c’était : «Je suis là pour représenter la Gaspésie, pour que les intérêts régionaux soient représentés. Pas pour représenter le gouvernement du Québec en Gaspésie.» Les champs d’intérêt sont très larges, on sera aussi bien auprès d’une dame qui n’a pas eu son supplément de revenu qu’auprès d’un industriel qui a un projet de 40 millions. Ça demande beaucoup d’humanité et de disponibilité.
Comment qualifiez-vous la situation économique de votre circonscription?
En croissance. Et ça se remarque. Quelqu’un qui dirait que la situation économique n’a pas changé serait de très mauvaise foi. Ne serait-ce que la ville de Gaspé, avec un boum résidentiel et économique, ou Chandler avec 32 millions d’investissements seulement cette année. Il reste beaucoup de choses à faire, il reste beaucoup de gens en situation de pauvreté, mais les choses s’améliorent. Avec Damien Arsenault [député libéral de Bonaventure] et Germain Chevarie [député libéral des Îles-de-la-Madeleine], on travaille ensemble, on se consulte, on met nos compétences en commun.
Que feriez-vous pour améliorer la situation économique?
L’ensemble des politiques, des cadres budgétaires, doivent être bien adaptés à la région. Et il faut être à l’affût de tout ce qui se décide au plan régional. On a un plan de développement touristique dont je suis extrêmement fier. Dans la filière éolienne, on s’assure que les 30 % [de contenu régional dans la construction des parcs] soient toujours présents et qu’on accompagne le Technocentre éolien, qui nous permet d’avoir une filière complète : les parcs, les manufacturiers et la recherche. Il faut faire en sorte que chaque fois qu’une décision est prise, on ait toujours la Gaspésie en tête.
Que prévoit le programme de votre parti pour améliorer les transports en Gaspésie?
Un plan d’infrastructures qui s’arrête en 2015, avec une orientation pour un renouvellement. On prévoyait investir 1,5 milliard sur cinq ans en Gaspésie pour remettre à niveau les infrastructures. On a commencé par le réseau routier. On a été très présents pour l’acquisition du chemin de fer, et il y a eu 17 millions de dollars pour sa réfection. Mais je dois vous avouer qu’on a des difficultés assez importantes à avoir des relations avec la Société de chemin de fer de la Gaspésie, pour savoir où ils en sont. On nous avait garanti, devant Via Rail, une reprise du service jusqu’à New Carlisle en avril 2012 et jusqu’à Gaspé en juin 2012 [à Gaspé, le service n’a toujours pas repris]. Je travaille sur l’amélioration du transport aérien, pour doter chaque centre de santé d’un aéroport qui puisse accueillir des Jets ambulance et doter la Gaspésie de deux aéroports régionaux qui puissent recevoir des avions moyen courrier (150 passagers).
Les compagnies pétrolières devraient-elles avoir le droit d’utiliser la fracturation pour extraire du pétrole?
Dans l’exploitation du pétrole, c’est important d’acquérir une expertise. Dans la délivrance des permis, je me suis assuré qu’il y ait un encadrement réglementaire et technique et un suivi sécuritaire pour toutes les activités de Pétrolia. Ils n’ont pas l’autorisation de faire de la fracturation. Avec l’évaluation environnementale stratégique, on va voir comment on est capables d’exploiter sécuritairement les sites pétroliers et gaziers. Je m’assure que les retombées de l’exploitation éventuelle de ces ressources se fassent de la meilleure façon possible pour la région. (GRAFFICI : Votre idée est-elle arrêtée sur la fracturation?) Je n’ai pas d’idée de faite, je veux m’assurer que les choses se fassent correctement. Des gens me sont arrivés avec des idées toutes faites, mais je ne sais pas où ils avaient pris leur information. Je leur dis : «allez visiter les sites de Pétrolia!». On est tous Gaspésiens, on aime notre région, on est conscients du potentiel touristique.
En juillet, les élus avaient adopté trois résolutions pour que cesse cette façon de faire. Dans un premier temps, la MRC demandait à la Société du chemin de fer de la Gaspésie (SCFG) de respecter les règles environnementales en vigueur.
Les deux représentants de la zone Bonaventure au conseil d’administration de l’organisme, le préfet Jean-Guy Poirier et la mairesse de New Richmond Nicole Appleby, avaient aussi le mandat de convoquer une réunion spéciale de la SCFG afin de convaincre les membres d’abandonner l’épandage. En cas de refus, la MRC menaçait de recourir aux tribunaux afin d’obtenir une injonction pour empêcher l’utilisation d’herbicide. Les maires avaient aussi ajouté une amende de 10 000 $ en cas de non-respect des règles en vigueur.
La MRC a finalement décidé de surseoir à l’application de ces mesures à la suite d’une récente rencontre avec la SCFG et Activa Environnement, confirme le préfet Jean-Guy Poirier.
«À la suite des réponses obtenues, les maires ont décidé d’autoriser l’épandage pour cette année avec toutefois certains critères à respecter dont la distance avec les rivières, les ruisseaux et les puits artésiens des municipalités et des particuliers. Les agglomérations qui ont d’autres zones à protéger pourront le faire aussi.»
M. Poirier ajoute que la MRC n’avait pas vraiment le choix d’autoriser l’épandage pour cette année. «Via Rail menaçait d’interrompre le service passager prétextant de ne pouvoir voir les dormants pour prévenir des dommages en plus de limiter la vitesse des trains de marchandises à 10 kilomètres à l’heure.»
Un mandat a d’ailleurs été donné à Activa Environnement afin de trouver une autre méthode de contrôle de la végétation dans l’emprise de la voie ferrée pour l’été prochain. «Le produit actuel est homologué, mais s’il tue de la mauvaise herbe, il peut aussi tuer autre chose», conclut le préfet Poirier.
Le préfet de la MRC Bonaventure, Jean-Guy Poirier, confirme que ses collègues de la Gaspésie et des Îles veulent faire évoluer le dossier devant l’absence de tout développement positif pour la région.
Depuis plusieurs mois, les élus se plaignent de monopoles d’entreprises sur la péninsule qui, selon eux, fait gonfler la facture des municipalités. Les prix sont également différents d’une agglomération à l’autre, ce qui a fait sourciller ces derniers.
«La Table des préfets a mis sur pied un comité avec le ministère des Transports et des experts en la matière afin de régler ce problème et de trouver une façon que ça coûte moins cher aux municipalités. Ça pourrait aller jusqu’à la création d’une régie soit pour négocier un meilleur prix ou encore acquérir de l’équipement afin de faire les travaux sans passer par les entreprises», informe le préfet Poirier.
Les six MRC de la Gaspésie incluant les Îles-de-la-Madeleine sont impliquées dans le comité qui ferait en sorte, selon M. Poirier, que toutes les municipalités paient le même prix.
«Le gouvernement nous a dit que si on voulait aller de l’avant, il modifierait la loi afin d’éviter d’aller en appel d’offres et de s’entendre de gré à gré avec une entreprise.»
Les préfets ont espoir que le dossier puisse se régler au cours des deux prochains mois.
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Donald Cahill, de Percé, illustre cette époque où le rocher Percé avait deux arches, où l’on ancrait les navires au large pendant les tempêtes, où les campements micmacs côtoyaient les chafauds des pêcheurs européens, démantelés chaque automne lors de leur départ pour le Vieux continent.
«C’est le regard d’un peintre qui maîtrise particulièrement bien sa technique, décrit Jean-Louis Lebreux, directeur du Chafaud. Il est capable de reconstituer cette époque en mettant l’âme de l’époque en valeur.»
Un autre Percéen, William Lambert, a fabriqué des maquettes d’un navire et d’un chafaud d’époque pour compléter l’exposition, qui montre aussi des reproductions de cartes anciennes.
L’exposition est accompagnée de photographies d’animaux prises en mer par Martin Ouellet, qui travaille sur les croisières à Percé.
Percé revisité
Au deuxième étage du Chafaud, Jimmy Perron présente une tout autre interprétation de Percé et de ses habitants. Le peintre de Charlevoix a passé deux semaines à Percé l’été dernier. De ses observations, il a tiré une série de peinture à l’acrylique sur contreplaqué, où se côtoient le fameux rocher, les fous de Bassan, des pêcheurs de morue et leurs proies.
Sous des titres comme Trash morue ou Coupeur de tête, Perron traite ces icônes de manière moderne, avec énergie, tout en les gardant parfaitement reconnaissables.
Le grondement d’une des foreuses de Foragaz, une division de Junex, s’élève en pleine forêt. Environ 25 personnes se relaient sur le site, dont 75 % d’employés provenant de la région, affirme Junex.
Étienne Blouin, originaire de Rivière-au-Renard, est l’un d’eux. Ce superviseur habite Rimouski, mais a voyagé entre la vallée du Saint-Laurent et la Gaspésie ces dernières années, au gré des forages et des travaux d’entretien et d’inspection de Junex. «Mes parents sont encore par ici. Quand tout va bien sur le site, je prends quelques heures pour aller voir la famille!»
Le forage mesurera 2000 mètres; il approchait des 800 mètres de profondeur mercredi quand GRAFFICI.CA a visité les lieux. «Ce n’est pas un forage facile!», lance Jean-Yves Lavoie, président de Junex. Le trépan a tendance à dévier sur des couches de roches dures.
6e puits
Galt n° 4 est le sixième puits de Junex dans ce secteur. «On espère que Galt n° 4 va confirmer notre modèle, explique M. Lavoie, celui d’un réservoir qui s’est développé à travers un réseau de fractures naturelles. Notre modèle ressemble à celui de Ladyfern, une découverte faite en Colombie-Britannique.»
À la différence qu’en Gaspésie, Junex cherche du pétrole, et non du gaz naturel comme à Ladyfern. Le forage commencé début juillet durera jusqu’à la fin août. «Si les résultats sont intéressants, on pourrait poursuivre en forage dévié [diagonale] dès cette année», affirme M. Lavoie.
Jusqu’ici, Junex a dépensé 30 millions de dollars sur la propriété de Galt et effectué plus de 500 kilomètres de levés géophysiques. Les ressources récupérables sur une superficie de 50 kilomètres carrés sont estimées à 40 millions de barils de pétrole. Il reste à prouver que son extraction peut se faire de manière rentable.
Fracturation?
À Galt, la fracturation demeure «une possibilité, parce qu’il y a une ressource en place qu’on connaît, affirme M. Lavoie. Mais dans un premier temps, on va essayer de produire de façon conventionnelle [sans fracturation], parce que ça demande moins d’investissement.»
Jean-Yves Lavoie aimerait pouvoir exploiter du pétrole de façon commerciale d’ici trois à cinq ans, avec une production d’au moins 200 barils par jour par puits.
De l’argent public dans le forage
Des capitaux publics servent au forage de Galt, puisqu’Investissement Québec a récemment acquis 5 millions de dollars en capital-actions de Junex.
M. Lavoie voit cette participation d’un bon œil, mais estime qu’il faudra davantage pour attirer de gros joueurs à ses côtés. «Ça prend une réglementation claire, et un signal clair de Québec sur les redevances.»
Le président juge que le chiffre de 40 % de redevances avancé par le ministre des Ressources naturelles, Clément Gignac, est trop élevé. Les compagnies d’exploration devraient d’abord pouvoir récupérer leurs investissements, croit M. Lavoie. «Après, on n’aura pas de problèmes à donner 60 % ou 70 %!»
Actuellement, les redevances sur le pétrole sont fixées entre 5 % et 12,5 %, à partir du moment où l’entreprise obtient un bail d’exploitation, ce qui n’est pas le cas de Junex.
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