le Jeudi 24 septembre 2026

Depuis 1999, Marinard Biotech récupérait les carapaces de crevette de son entreprise mère, Pêcheries Marinard de Rivière-au-Renard. Une fois extraits les minéraux, les protéines et l’eau des résidus, il restait des petits copeaux blancs : le chitosane, que l’entreprise vendait en moyenne 30 $ le kilo.

Son principal client, Sani Marc, l’utilisait pour purifier l’eau des piscines.
Marinard Biotech a écoulé ses derniers stocks de chitosane l’hiver dernier, et n’a rien produit depuis 2010.

Citée en exemple

L’entreprise de Rivière-au-Renard était la seule productrice de chitosane en Amérique du Nord. Elle a longtemps été citée en exemple pour la valorisation des résidus marins.

Marinard Biotech a déjà produit 32 tonnes de chitosane par an, transformant ainsi tous les résidus de Pêcheries Marinard. Elle n’en a produit qu’une dizaine de tonnes en 2010 (30 % des résidus).

Équipement désuet et manque d’eau

«Le marché était là» pour le chitosane, affirme pourtant Benoit Reeves, directeur général de Pêcheries Marinard. Mais il manquait d’eau potable pour alimenter à la fois l’usine de décorticage de crevette récemment modernisée et la chaîne de production de chitosane. Cette dernière a été sacrifiée, d’autant plus que l’équipement était désuet, explique M. Reeves.

Marinard Biotech continue d’exister : ses cinq employés font des analyses de laboratoire pour les usines de transformation gaspésiennes. Ils ont déjà été 40.
Soutien public

Développement économique Canada avait prêté 1,8 million de dollars à Marinard Biotech entre 1997 et 2003. En 2002, le gouvernement du Québec,  la Fondaction CSN et Innovatech Régions-ressources y avaient investi 3 millions de dollars.

Pêcheries Marinard paie maintenant 200 000 $ par an pour enfouir près de 2000 tonnes de résidus de crevette au dépotoir de Gaspé. L’usine voisine, Crevette du Nord Atlantique de L’Anse-au-Griffon, fait de même avec une quantité équivalente.

M. Durand, un professeur retraité de l’Université du Québec à Montréal, a donné une  vidéoconférence mercredi soir à Gaspé à l’invitation du groupe «Ensemble pour l’avenir durable du grand Gaspé», qui milite contre la fracturation.

Les fractures causées par l’injection de liquide à haute pression en profondeur peuvent atteindre des failles verticales, croit le géologue. Ces failles naturelles mèneraient le gaz vers la surface et la nappe phréatique. «Il n’y aura pas des failles dans chaque forage, mais quand il y en aura, ça créera un problème insoluble», dit-il.

M. Durand n’est pas rassuré quand l’industrie affirme qu’elle «n’ira pas forer là où il y a des failles.» «Quand on peut vraiment observer en profondeur, on découvre quatre ou cinq fois plus de failles que ce qui est visible en surface», rapporte-t-il.

La courte vie des «bouchons»

Le géologue s’inquiète de la courte durée de vie des ouvrages qui obturent les puits à la fin de l’exploitation. Il prévoit des fuites de gaz. «Après quelques décennies, le méthane retrouvera sa pleine pression alors que le « bouchon » sera devenu moins performant.»

Et le pétrole gaspésien?

Le pétrole est «moins mobile» que le gaz, et donc moins porté à remonter vers la surface que le gaz, affirme M. Durand. Toutefois, le pétrole est «presque toujours accompagné de gaz», ajoute-t-il. L’eau salée des profondeurs, trois fois plus salée que l’eau de mer, peut aussi cheminer vers la surface. «Ça condamnerait l’usage domestique des puits [d’eau potable].»

Le géologue a admis d’emblée qu’il n’était «pas un expert de la géologie gaspésienne». Il souhaite consulter les rapports de travaux de l’industrie, dont il déplore qu’ils demeurent confidentiels pendant trois ans.

Ambiance tendue

La vice-présidente de Pétrolia, Isabelle Proulx, était présente à la conférence. Des citoyens l’ont prise à partie lorsqu’elle a voulu commenter et poser des questions à M. Durand.

Un citoyen lui a demandé de se taire, arguant qu’elle avait «plein d’autres tribunes» pour se faire entendre. «Vous jouez avec les mots. On est tannés de se faire mentir en plein face», lui a lancé une citoyenne.

L’ambiance tendue laisse présager des discussions animées au Forum sur les hydrocarbures organisé par la Conférence régionale des élus Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, qui souhaite trouver un consensus sur la forme que prendra l’exploitation.

Pétrolia : «reculer» des zones sensibles

Mme Proulx a réitéré que Pétrolia «n’écarte pas» le recours à la fracturation, mais pense avoir trouvé le moyen de produire du pétrole à Haldimand sans cette méthode. «Le prochain forage va nous donner la réponse», dit-elle.

La vice-présidente a rappelé qu’un hydrogéologue de l’Institut national de recherche scientifique (INRS) étudie le sous-sol gaspésien à la demande de Pétrolia. «Si l’INRS nous dit qu’une zone est trop sensible, trop proche de failles, on va reculer de cette zone», promet Mme Proulx.

«Je vous invite à venir nous rencontrer», a dit Mme Proulx à M. Durand. La vice-présidente ne s’est toutefois pas engagée à lui fournir les rapports de travaux de Pétrolia.

Nicole Appleby se souvient du matin du 4 août 2005, quand la Smurfit-Stone a annoncé la fermeture de la cartonnerie de New Richmond. «Tout le monde était un peu déboussolé. J’ai dit : « S’il y avait eu une explosion, des morts, ç’aurait été une vraie catastrophe, mais là, c’est une fermeture ». C’est arrivé plus vite qu’on pensait, mais on avait un plan pour diversifier l’économie.»

Dans sa hâte à diversifier, Mme Appleby s’est mis à dos des syndiqués, qui lui reprochent d’avoir planté le clou trop vite dans le cercueil de la cartonnerie. La mairesse avait fait la tournée des compagnies de pâtes et papiers sans eux. Elle persiste et signe. «Je n’avais pas besoin d’eux autres.»

Sept ans après la fermeture, «elle a réussi à instaurer un climat de gagnant à New Richmond. C’est une battante», reconnaît le maire de St-Alphonse, Gérard Porlier.

Jean-Guy Poirier, préfet de la MRC Bonaventure, la décrit comme «une personnalité forte» et «une bête politique», dont se méfient plusieurs maires de petites municipalités. «Ça n’a pas toujours été le grand amour entre nous», rappelle le préfet, à qui Mme Appleby a déjà demandé de démissionner. Ça va mieux, dit-il, parce que Mme Appleby a eu «l’intelligence» et «la sagesse», de «s’adapter à la MRC dans l’intérêt de sa ville».

Une enfance «teindue rouge»

Troisième de sept enfants, Nicole Appleby a grandi à Saint-Alphonse dans une famille «teindue rouge vin», décrit sa sœur aînée, Vyola. Le père, Irvin Appleby, était organisateur pour le député libéral Bona Arsenault. «Ç’a été toujours été politique chez nous. Papa amenait les gens voter, puis il les ramenait à la maison prendre un petit gin ou un verre de vin», illustre Vyola.

La jeune Nicole assistait aux assemblées de cuisine du haut de l’escalier. Elle en tirait des arguments pour des «discussions animées» sur le chemin de l’école, avec ses camarades dont les familles soutenaient plutôt l’Union nationale.   

Devenue adulte, Mme Appleby a d’abord enseigné, puis ouvert deux boutiques de vêtements pour enfants avec son mari, Gilles Arbour. Jusqu’à ce que ce dernier lui fasse remarquer que ses activités de militante libérale lui prenaient plus de temps que le commerce. «J’avais trop le goût de faire de la politique», dit-elle.

À 39 ans, Mme Appleby retourne donc aux études «pour s’outiller». Elle s’installe dans un trois et demi à Québec, avec ses trois enfants et son chien, et entame un bac en sociologie. Son mari reste à New Richmond pour s’occuper des magasins. «Les gens placotaient, se souvient Nancy Arbour, leur fille aînée. Ça disait « Est-ce que Gilles et Nicole sont séparés? Qu’est-ce qui va arriver aux enfants? « .» Mme Appleby ne s’en souciait pas. «En politique, il faut que tu aies une carapace. Si tu écoutes ce que tout le monde dit…»

À la fin de son bac, le député libéral de Bonaventure, Gérard D. Lévesque, la recrute comme attachée politique. Quand les libéraux prennent le pouvoir en 1985, M. Lévesque devient ministre des Finances, et Mme Appleby, son chef de cabinet. Elle le restera presque dix ans.

«Je pense que j’ai fait ma job. Il n’a pas eu de pelure de banane», dit Mme Appleby. Des pelures pour M. Lévesque, peut-être pas. Pour elle, oui, même si elle estime avoir «tout fait au meilleur de sa conscience». Lorsqu’elle tente de devenir députée de Bonaventure en 1994, la presse évoque ses liens avec la controverse du centre de ski Pin Rouge. L’usure du gouvernement libéral et l’appétit du PQ pour la circonscription la mènent à la défaite.

«Je n’ai pas d’amertume, dit-elle aujourd’hui. Les électeurs n’ont pas voulu de moi, tant pis.» Mme Appleby fait bien attention de ne pas dire «tant pis pour eux». Mais c’est ce qu’on comprend.

À l’approche des élections municipales de 2002, des gens l’appellent à Calgary, où elle est «partie à l’aventure». Son fils Steeve pense qu’elle a «toujours eu en tête de refaire de la politique. Quand elle a vu une porte s’ouvrir…» «J’ai commencé par dire « non, non, on est trop bien », rapporte Mme Appleby. Puis, je me suis dit « pourquoi ne pas faire profiter New Richmond de mon expérience? »»

À Gaspé surtout, on demandait depuis des années au parc Forillon de faire des efforts de développement et de promotion.

Les compressions touchent 33 employés au Parc Forillon et au Lieu historique de la Bataille-de-la-Ristigouche. Onze postes disparaissent et le temps de travail de 22 autres est réduit. Pour Parcs Canada, l’économie annuelle totalise 340 000 $, sur un budget de 5,1 millions de dollars.

L’agence fédérale cessera toute activité en hiver et n’entretiendra plus ses sentiers de ski de fond et de raquette. Les activités du printemps et de l’automne seront réduites.  

À contresens

Ces orientations vont à contresens des demandes des Gaspésiens depuis plusieurs années. Lors de la présentation du plan directeur du parc Forillon, fin 2006, les participants avaient reproché au parc de ne pas avoir tenu les promesses d’achalandage et d’emploi faites à sa création.

«C’est très, très frustrant lance Olivier Nolleau, directeur de la Chambre de commerce et de tourisme (CCTG) de la Côte-de-Gaspé.  À la suite des audiences [de 2006], on avait réussi à obtenir quelques acquis, et on perd tout. C’est catastrophique.» Selon lui, le parc Forillon «ne s’est donné aucune chance» de voir aboutir ses efforts de développement du tourisme hivernal.

Des entreprises «vont y goûter»

«Les commerces en périphérie dépendent de l’énergie que met le parc à faire sa promotion. Ces entreprises-là vont y goûter, croit M. Nolleau. Les emplois perdus sont «des retombées en moins, des salaires qui ne seront plus présents, ajoute-t-il. On se demande si la Gaspésie fait partie du Canada [de Stephen Harper].»

Frédéric Côté, président de la CCTG, qualifie les coupures de «triste nouvelle». «On peut comprendre le contexte budgétaire difficile, mais ça fait tellement mal, dans un milieu comme le nôtre, qui a besoin de tous ses attraits touristiques, dont l’élément phare qu’est le parc Forillon. C’est un joyau qui n’a jamais été suffisamment mis en valeur, ajoute M. Côté. Tout le monde est resté sur son appétit.»

«Aucun bon sens»

«C’est très préoccupant et très décevant, déclare Gaétan Lelièvre, directeur général de la MRC et du CLD Côte-de-Gaspé. Le milieu demandait de nouveau services et de développer les infrastructures pour attirer et retenir la clientèle, explique-t-il. On était en négociation et en attente. Les coupures vont à l’encontre des demandes du milieu.»

«Ça n’a aucun bon sens», lance Joëlle Ross, directrice générale de l’Association touristique de la Gaspésie. Le parc Forillon n’a jamais assez fait la promotion de ses charmes en hiver, juge-t-elle.

Finies, les yourtes?

Brent Simpson, un homme d’affaires de Gaspé, a investi 250 000 $ en 2007 pour aménager des yourtes et des refuges accessibles en hiver dans le parc Forillon. Son contrat de cinq ans avec Parcs Canada est venu à échéance l’an dernier. M. Simpson refuse de commenter avant d’avoir discuté avec les autorités de Forillon.

Le directeur du parc, Stéphane Marchand, a toutefois admis que «ça va de soi qu’il y aura moins d’intérêt de la part du concessionnaire» puisque Forillon cesse d’entretenir ses sentiers de ski de fond et de raquette.

Promesses non tenues

Lors de la création du parc, en 1970, Ottawa avait promis 3000 emplois et 500 000 visiteurs par an pour justifier l’expropriation de 225 familles. L’an dernier, Forillon a reçu 127 000 visiteurs et créait 326 emplois directs et indirects (en équivalents temps plein) avant les compressions.

L’avis a été expédié le 17 avril à la municipalité, qui a dérogé à trois dispositions de la Loi sur la qualité de l’environnement et à une autre du Règlement sur l’enfouissement des matières résiduelles.

Le MDDEP reproche à Gaspé de ne pas avoir traité ses eaux de lixiviation avant leur rejet, d’avoir émis un contaminant, de l’avoir fait sans obtenir de certificat d’autorisation et de ne pas avoir maintenu en fonction des débitmètres à l’entrée de son système de traitement du lixiviat.

Le montant de la sanction, une mesure administrative, variera entre 1000 $ et 10 000 $. Cette somme ne sera pas multipliée même si la ville a enfreint quatre dispositions de la loi et que le déversement a duré trois jours. Au MDDEP, on ne sait pas si des poursuites pénales seront engagées contre la municipalité en plus de cette sanction.

Nouveau déversement

Du 28 avril au 3 mai, Gaspé a déversé 1700 mètres cubes ou l’équivalent de 85 camions-citernes de lixiviat dans le golfe, soit une quantité légèrement supérieure au déversement précédent.

La municipalité évoque à nouveau une « urgence » à la suite de pluies abondantes. Le bassin d’accumulation du lixiviat menaçait de s’éventrer et de laisser couler son contenu dans la rivière York.

«Autorisation d’urgence» du ministère

Lors du déversement du début d’avril, le MDDEP avait été mis devant le fait accompli. Cette fois-ci, le ministère a donné son accord, à condition que le déversement ait lieu à marée descendante et de manière étalée, pour que le lixiviat se disperse plus facilement.

Le porte-parole du MDDEP, André Beaulieu, précise qu’il s’agit d’une «autorisation d’urgence», accordée «après évaluation de diverses alternatives». Environnement Canada avait émis un avertissement de pluie abondante le 26 avril, ajoute-t-il.

Le maire de Gaspé, François Roussy, a déclaré que «personne n’aime» déverser du lixiviat dans le golfe, mais qu’il s’agissait de «la seule solution temporaire qu’on a trouvée».

La municipalité agrandira son bassin d’accumulation du lixiviat et augmentera sa capacité de traitement pour 2 millions de dollars, mais pas avant l’été. Le maire admet qu’un autre déversement n’est pas exclu «si Dame Nature nous annonce d’autres pluies diluviennes».

Le transport du lixiviat lors des deux épisodes de déversement a coûté 30 000 $ au total.

Cet article a été modifié le vendredi 4 mai à 9h45. GRAFFICI.CA avait d’abord écrit que l’amende pourrait varier entre 12 000 $ et 120 000 $, puisque quatre manquements différents à la loi ont été constatés et que le déversement a duré trois jours. Notre interprétation de l’avis de non-conformité n’était pas correcte.

La CRÉGÎM et le CEFRIO (centre facilitant la recherche et l’innovation dans les organisations) ont rendu publiques deux enquêtes sur l’utilisation des technologies de l’information, menées respectivement auprès de 750 citoyens et de 400 entreprises de la région.

98 % des habitants peuvent se brancher

Les Gaspésiens n’ont plus l’excuse de l’accès à Internet : 95 % du territoire, abritant 98 % des habitants, est desservi. Pourquoi restent-ils à la traîne? «Le branchement a été complété seulement en 2010 pour près de 40 % du territoire», rappelle Gilbert Scantland, directeur général de la CRÉGÎM.

La pauvreté, le faible niveau de scolarité et l’âge plus élevé des Gaspésiens tirent aussi le taux d’utilisation vers le bas, explique Vincent Tanguay, vice-président du CEFRIO. À partir de 35 ans, ajoute-t-il, l’utilisation d’Internet fléchit. Une «fracture numérique» qui survient vers 45 ans ailleurs au Québec.

Petites entreprises : du travail à faire

Du côté des entreprises de la région, celles de 20 employés et plus sont aussi branchées que leurs consœurs québécoises. Toutefois, celles de moins de cinq employés «accusent un retard très net», précise le rapport.

Les entreprises gaspésiennes sont également moins portées sur la vente et le recrutement en ligne, même si elles utilisent davantage les services bancaires et gouvernementaux sur le Web.

«Plan numérique»

La CRÉGÎM veut inciter les citoyens et les entreprises à utiliser davantage les technologies de l’information grâce à un «plan numérique». Ce plan sera présenté lors d’une tournée de consultation dont la première escale gaspésienne aura lieu le 5 juin à Gaspé.

L’organisation délaisse donc les spectacles qui s’adressent à un public plus large, comme le country, et recentre sa programmation sur ce qui a fait sa renommée au cours des 19 dernières années.

«Nos purs et durs du blues n’avaient pas aimé la programmation l’an dernier avec le country. Nous avons compris le message. On ne voulait pas que nos visiteurs de l’extérieur nous boudent », explique le président Pierre Landry qui précise que près de 60% des amateurs de blues qui assistent aux différents spectacles ne sont pas de la région.

Après avoir résorbé son déficit l’an dernier, le Maximum Blues profitera d’un budget similaire à 2011, soit un peu plus 400 000 $.

«Les subventions ont baissé un peu cette année, mais nous avons de nouveaux commanditaires» indique M. Landry.

Programmation

Pour ses 20 ans, l’organisation a concocté une programmation qui plaira aux inconditionnels s’enthousiasme le président Landry.

«Nous avons été cherchés les groupes qui ont excellé à Carleton-sur-Mer depuis 1993. Le très coloré Eddie «The Chief» Clearwater sera là. Devant la forte demande, Dwayne Dopsie et Fathead reviennent également.»

La programmation de même que les tarifs pour le Maximum Blues sont disponibles au www.maximumblues.net

Deux ans de travail et de consultations ont été nécessaires pour la confection de ce document. Premier d’une série de trois, le PALÉE devrait mener l’organisme en 2020.

«Le but est de développer le milieu par des gens du milieu. On veut aussi amener les élus municipaux à jouer un rôle dans le développement local. La région doit être participative dans son développement», explique le président de l’organisme et maire de Saint-Alphonse, Gérard Porlier, qui espère que le plan d’action va réveiller la population.

Le CLD ciblera des créneaux prioritaires au cours des trois prochaines années touchant, entre autres, le tourisme, l’aquaculture, et les jeunes entrepreneurs, précise le directeur général, Étienne Bouchard.  

«L’agriculture de niche qui permet de développer l’autonomie alimentaire, le secteur forestier en constante mutation et la relève seront aussi particulièrement ciblés. Malgré nos priorités d’action, nous ne sommes pas fermés à investir dans d’autres créneaux. Nous ferons plus de suivis d’entreprises également.»

Cet ambitieux plan de développement ne pourra toutefois s’appliquer sans un bassin de ressources humaines important reconnaît M. Porlier. «Nous sommes dans des années de changements. La plus grosse difficulté, c’est de conserver nos employés actuels. Avec les salaires offerts dans le cadre du Plan Nord, nous perdons des gens qualifiés.»

Étienne Bouchard a d’ailleurs vu des projets d’entreprises tomber à l’eau faute de travailleurs. «La problématique de main-d’œuvre l’était déjà avec ou sans Plan Nord, car nous avons une population vieillissante. Toutefois, ce problème ne touche pas que la Gaspésie. Il faut innover. L’enjeu, c’est l’immigration», lance M. Bouchard   

Actuellement, 38 % des entreprises sont toujours en opération en Gaspésie après cinq ans, quatre points de moins que la moyenne provinciale. Depuis sa fondation en 1998, l’organisme a investi plus de 6,3 millions de dollars $ dans des entreprises de la région.

Le Plan d’action pour l’économie et l’emploi est disponible sur le site internet du CLD Bonaventure.

La série comptera neuf ou dix épisodes de 25 à 30 minutes chacun. «Pétrole : de l’exploration à la production» évoque notamment les techniques de forage, les levés sismiques et le bail de production. Des représentants de Pétrolia y parlent de la création de l’entreprise, et de leurs espoirs pour les projets Haldimand (à Gaspé) et Bourque (près de Murdochville).

«Aucun documentaire en français n’existe sur l’exploration pétrolière. Notre but était d’informer, mais aussi de dire qui nous sommes», a indiqué par courriel la vice-présidente de Pétrolia, Isabelle Proulx, absente lors du lancement.

Le dernier mot à Pétrolia

Aucun journaliste n’était présent dans l’équipe de tournage de Télé-Gaspé. Pétrolia avait le dernier mot sur le contenu.

Pourtant, Télé-Gaspé persiste à parler d’émissions «d’information», et non de publireportage. Selon Igor Urban, directeur général de Télé-Gaspé, «on ne montre pas une goutte de pétrole qui fait pousser un arbre, mais des faits réels, par des géologues et des géochimistes, pour permettre à la population de se bâtir un jugement.»

Les géologues et les géochimistes en question sont des employés de Pétrolia. Les derniers épisodes expliqueront les recherches menées par l’Institut national de recherche scientifique et l’Université du Québec à Chicoutimi, deux projets financés par Pétrolia.

On entendra également les questions posées par des citoyens inquiets lors d’une assemblée publique et des extraits d’entrevue avec le maire de Gaspé.

Rien sur l’acidification

Même si Pétrolia affirme qu’elle n’utilisera pas la fracturation, il y aura une émission sur le sujet. «Isabelle [Proulx] tenait à faire une émission sur la fracturation, pour montrer la différence entre fracturer dans le schiste ou fracturer dans le grès [comme en Gaspésie]», explique François Labonté, le réalisateur de la série.

Toutefois, la série ne glisse pas un mot des travaux d’acidification réalisés en 2010 à Haldimand et à Tar Point (Douglastown). M. Labonté admet qu’il ne sait pas de quoi il s’agit. Pétrolia a injecté des milliers de litres d’acide chlorhydrique additionné de produits chimiques dans ses puits pour stimuler la production de pétrole.

Dans le hangar de tôle qui fait face à l’aéroport de Gaspé, François Guimont, le président d’Air Gaspésie, bichonne ses deux Cessna de quatre et six places. «J’ai toujours rêvé d’avoir ma propre compagnie, et j’ai vu qu’il y avait un besoin ici», dit le pilote-entrepreneur, installé à Gaspé depuis un an.

Avec l’achat récent d’un Navajo Chieftain 10 places, l’investissement dans Air Gaspésie a dépassé le million de dollars. L’entreprise embauchera six personnes, dont trois pilotes.

Un «taxi aérien»

«Air Gaspésie sera un taxi aérien, sans horaire fixe, avec des vols sur mesure, explique M. Guimont. [En Gaspésie], pour des vols de région à région à prix abordable, il n’y a rien», ajoute-t-il.

Les entreprises de vols nolisés les plus proches se trouvent à Québec et Sept-Îles. Ils desservent Gaspé, mais doivent inclure dans leurs coûts les frais pour amener l’avion jusqu’au bout de la péninsule.

Quant aux vols quotidiens d’Air Canada Jazz, ils décollent de Gaspé vers Québec ou les Îles-de-la-Madeleine. Pour se rendre sur la Côte-Nord avec Air Canada, un Gaspésien doit donc obligatoirement passer par Québec.

Touristes et Plan Nord

M. Guimont compte sur la clientèle des travailleurs attirés vers la Côte-Nord par l’essor des mines, et sur les chasseurs et pêcheurs adeptes de l’île d’Anticosti.

Il offrira aux touristes, notamment aux croisiéristes, des tours d’avion pour voir du ciel le rocher Percé et le parc Forillon. «On pense aussi que pour des groupes qui vont aux Îles-de-la-Madeleine, ce sera plus avantageux de prendre un vol nolisé qu’un vol régulier», ajoute le président.

Un pionnier aux opérations

M. Guimont a trouvé un allié inespéré dans le grand-père de sa conjointe, Michel Pouliot, 81 ans. Ce pionnier de l’aviation, dont l’aéroport de Gaspé porte le nom, reprend du service comme directeur des opérations d’Air Gaspésie. Audrey Morissette, la petite-fille de M. Pouliot, sera directrice de l’administration et du marketing.

Les activités des Ailes de Gaspé, la dernière entreprise à offrir des vols nolisés, ont pris fin en septembre 2003, à la mort du pilote Marc Bouchard dans un écrasement d’avion.

Le projet du CLD reste pertinent

Par ailleurs, le Centre local de développement (CLD) de la Côte-de-Gaspé espère toujours doter Gaspé d’un transporteur régional pour offrir des vols réguliers à prix moindre qu’Air Canada Jazz.

«Ce sera complémentaire au projet d’Air Gaspésie», affirme Bruno Bernatchez, directeur général adjoint du CLD. Un consultant externe déposera un rapport sur le projet d’ici le début de l’été.

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