À Percé, le ministère de la Culture dépensera un total de 130 000 $ sur trois ans pour le développement de la culture et du patrimoine. La somme sera notamment utilisée pour soutenir les citoyens et les commerçants qui préparent des projets de restauration, et programmer des activités culturelles pour les résidants et les visiteurs.
Un répertoire des ressources culturelles
La Côte-de-Gaspé recevra 30 000 $ par an pendant trois ans pour mettre en œuvre sa politique culturelle, adoptée en 2010. La MRC publiera entre autres un guide des activités culturelles pour les écoles et mettra sur pied un répertoire galerie des ressources culturelles.
«Il existe déjà un tel répertoire, explique l’agente de développement culturel Julie Pineault, mais on veut le bonifier et en faire un répertoire-galerie sur Internet où l’on peut mettre des extraits audio et vidéo.»
Québec donnera aussi un coup de pouce à la MRC Côte-de-Gaspé pour conserver une employée vouée à la culture. Le ministère paiera 21 % des frais liés à son embauche, soit 14 000 $ par an pendant trois ans.
Entente avec la CRÉ
Le ministère la Culture met 70 000 $ par an pendant deux ans dans une entente culturelle avec la Conférence régionale des élus Gaspésie-les-Îles, soit un peu plus du tiers des sommes versées via cette entente. Il s’agit du renouvellement d’un fonds existant, qui a notamment soutenu l’événement Livres en fête! et la création d’un réseau des institutions muséales.
Les signataires demandent au gouvernement du Québec de décréter un moratoire sur la fracturation au Québec, parce qu’ils craignent une contamination de la nappe phréatique.
Laurent Juneau et Gérard Ouellet, d’Ensemble pour l’avenir durable du grand Gaspé, ont rencontré la députée péquiste Martine Ouellet, qui a présenté la pétition au nom du groupe.
La pétition était sur le site de l’Assemblée nationale depuis trois mois. « [5458 signatures], c’est symbolique, mais ça fait parler des dangers de la fracturation et ça ramène le sujet dans l’actualité», estime M. Juneau.
«Irrité»
Par ailleurs, en début de semaine, Pétrolia a annoncé qu’Investissement Québec, le bras investisseur du gouvernement, acquière 10 millions de dollars en capital-actions dans la compagnie. «Ça nous irrite, affirme M. Juneau. Le gouvernement va gérer les règles et être actionnaire. Quand on va lui demander un permis, il va être mal placé pour refuser.»
«Ça fait assez longtemps qu’on dit que c’est important que l’État prenne sa participation», s’est réjoui André Proulx, président de Pétrolia.
Investissement Québec, le bras investisseur du gouvernement du Québec, détiendra 11 % des parts dans Pétrolia, grâce à l’acquisition de 10 millions de dollars en actions. Le principal actionnaire demeure CD Capital du Royaume-Uni, qui a acquis un bloc de 15 % des actions de Pétrolia l’été dernier.
Deux banques québécoises, Valeurs mobilières Banque Laurentienne et la Financière Banque nationale, acquièrent 5 millions de dollars d’actions. «Ça signifie qu’on se donne les moyens de créer une entreprise pétrolière qui appartient principalement à des Québécois», affirme M. Proulx.
Projet Bourque réactivé
Grâce à ces investissements, Pétrolia forera deux puits à une quinzaine de kilomètres au nord-est de Murdochville, près de la route G-103 (La Craque) qui relie Grande-Vallée à Murdochville.
Les puits mesureront 3400 et 2800 mètres de profondeur, et coûteront 10 à 11 millions de dollars au total. Ces forages verticaux serviront à déterminer s’il y a du pétrole ou pas dans la formation Bourque «qui ressemble aux formations qu’on retrouve en Alberta», affirme M. Proulx.
En 2008, Pétrolia avait fait des levés sismiques sur la propriété Bourque en partenariat avec la suisse Pilatus Energy. En raison de difficultés financières passagères, Pilatus n’avait pas poursuivi et Pétrolia avait repris le contrôle de la propriété. Depuis, la firme cherchait un nouveau partenaire avec qui poursuivre l’exploration.
Haldimand n° 4
Les travaux de forage à Bourque commenceront au plus tôt à la mi-juin. Pétrolia profitera de la présence d’équipements pour forer un troisième puits sur la péninsule de Haldimand, à Gaspé.
Haldimand n° 4 sera un forage horizontal de deux kilomètres (un kilomètre à la verticale, puis un à l’horizontale). M. Proulx refuse pour l’instant de révéler la position exacte du puits et sa direction.
Ce forage de 7 à 9 millions de dollars sera réalisé en partenariat avec Québénergie, une filiale de la française SCDM Énergie.
Le projet de puits Haldimand n° 3 est abandonné, même si la compagnie a obtenu un permis. «Le temps qu’on reçoive notre permis, on a trouvé une meilleure position de forage», justifie M. Proulx.
Sans fracturation, pour l’instant
Pour les deux puits du projet Bourque, M. Proulx est formel : il n’y aura jamais de fracturation, puisque le type de formation ne s’y prête pas.
Dans le cas de Haldimand, le président affirme que sa firme a trouvé une façon de produire sans fracturer. «C’est un très beau secret industriel», dit-il, refusant de donner des précisions.
La fracturation est donc exclue pour l’instant à Haldimand, mais M. Proulx refuse de l’exclure à jamais. «Vous avez une Honda, me dites-vous que vous ne changerez jamais pour une Toyota?», lance-t-il.
Toute cette affaire survient le 30 novembre, deux jours après le suicide de la jeune Marjorie Raymond, 15 ans, à Sainte-Anne-des Monts.
En pleine tempête médiatique après que l’adolescente ait mis fin à ses jours pour que cesse l’intimidation dont elle se disait victime à l’école, Carl Langelier, 41 ans, a réussi à contacter la mère de celle qui était pointée du doigt comme étant responsable de la mort de la jeune Raymond.
Selon la preuve, l’accusé s’est fait passer pour un enquêteur de la Sûreté du Québec pour obtenir des confidences de cette dernière de même que de sa fille. La conversation a été enregistrée à l’insu des plaignantes et des extraits ont été diffusés le matin même à l’émission Bouchard en parle.
Langelier n’était pas présent lundi après-midi au palais de justice de Sainte-Anne-des-Monts pour répondre de ses actes représenté par son procureur, Me Serge Goulet.
L’individu revient devant le Tribunal le 14 mai prochain. La peine maximale pour ce type d’infraction est de 5 ans.
Vers 15h, l’ex-conjointe du quinquagénaire a contacté les policiers après avoir retrouvé le corps sans vie de la victime dans son logement de la rue des Érables. Il s’agit de Jean-Noël Barriault.
«Le corps de la victime portait des marques de violence. Une autopsie sera pratiquée dans le courant de la semaine au Laboratoire de science judiciaire et de médecine légale afin de déterminer les causes exactes de ce décès», précise l’agent d’information de la SQ, le sergent Ronald McInnis.
Selon M. Mc Innis, aucun suspect n’est pour l’instant ciblé par les policiers.«Des personnes ont été rencontrées et d’autres le seront aujourd’hui. Aucune hypothèse n’est écartée par les policiers pour le moment».
L’enquête a été confiée à l’Escouade régionale d’enquête de Pabos et celle des crimes contre la personne.
Du 3 au 5 avril, 1600 m³ de lixiviat (80 camions-citernes) ont été rejetés dans le golfe du Saint-Laurent. La municipalité invoque une situation d’urgence causée par la fonte rapide des neiges. Le bassin d’accumulation menaçait de s’éventrer.
La Ville a demandé l’autorisation du MDDEP pour le déversement et ne l’a pas obtenue, a affirmé mercredi le maire François Roussy.
Le porte-parole du ministère, André Beaulieu, rapporte plutôt que «le 3 avril, on a reçu une plainte via Urgence-Environnement pour un déversement de lixiviat dans le système d’égout de Rivière-au-Renard [qui mène à la mer]». Il n’y avait eu aucun contact préalable à ce sujet avec Gaspé, assure-t-il.
Solutions de rechange
La municipalité aurait appelé les fonctionnaires du MDDEP seulement le lendemain, 4 avril. «On a travaillé avec eux à trouver des solutions, affirme M. Beaulieu, comme de stocker le lixiviat dans des réservoirs, ou de le remettre dans des cellules [des fosses à déchets] déjà comblées, pour gagner du temps.»
À la municipalité, on maintient que le directeur des travaux publics avait communiqué avec le ministère «plusieurs jours» avant le déversement, et que cette solution était «l’unique recours».
Deux jours plus tard…
Il a fallu attendre le 5 avril pour que des inspecteurs du MDDEP soient dépêchés à Rivière-au-Renard et au dépotoir de Gaspé, où ils ont constaté le déversement. Ils ont prélevé des échantillons du lixiviat. Le déversement a cessé ce jour-là.
Le MDDEP analyse ses échantillons pour déterminer si le lixiviat contenait des matières non conformes aux normes de rejet ou en concentration trop élevée. À la Ville, on affirme que seul l’azote ammoniacal (NH₄+) n’était pas conforme, avec une concentration trois fois plus élevée que la norme.
Des milliers de mètres cubes en 2010
À la suite des fortes pluies de décembre 2010, 6000 m³ (l’équivalent de 300 camions-citernes) de lixiviat non traité ont été déversés dans la rivière à saumon York, selon un rapport fourni au MDDEP par Gaspé à l’époque. Aujourd’hui, Gaspé évoque plutôt le chiffre de «2000 à 3000 m³». «C’est ce que nous dit notre personnel», affirme Daniel Côté, de la municipalité.
En 2010, Gaspé avait demandé et obtenu l’autorisation du MDDEP de déverser le lixiviat dans la rivière York. «C’était des conditions extrêmes pour les précipitations», justifie M. Beaulieu.
Depuis un an et demi, le MDDEP et la municipalité discutent du problème de surplus de lixiviat. «Quand on parle d’urgence, on a eu le temps de voir venir», affirme M. Beaulieu.
Dans la maison de Mme Langlois, au bord du lac Vachon, tout semble prêt pour une séance de photos de Décormag. Chaque bibelot est à sa place. Kiwi et Lotus, ses deux gros chats, n’ont qu’à bien se tenir. Elle les a dressés à ne pas mettre la patte dans le salon. «Et je les ai fait raser, ça mettait des poils partout!»
«Une main de fer dans un gant de velours », m’avait-on dit d’elle. Le velours, on le remarque tout de suite : elle rit beaucoup, et ne se formalise d’aucune question. Le fer, on le voit dans sa manière de faire de la politique. Et il transperce parfois le velours.
Avant d’être élue mairesse en 2009, Mme Langlois a fait un mandat comme conseillère. Quatre années difficiles, de son propre aveu. La tension s’est installée dès la première réunion du conseil. «Le maire [Claude Cyr] a présenté un dossier de 35 000 $, rapporte Mme Langlois. Ce n’était pas un mauvais dossier. J’ai demandé : « êtes-vous allé sur invitation? La loi l’oblige. »» Le maire y a vu une attaque à son intégrité. «Il a pété son premier plomb», affirme Mme Langlois.
D’autres auraient opéré un repli tactique en attendant leur heure. Mme Langlois a continué à poser des questions. Et le maire, à se braquer. Que les adversaires de la mairesse se le tiennent pour dit : quand on lui donne de la misère, ça la rend plus forte. Et plus entêtée. «Quatre ans plus tard…» CLAP! Mme Langlois s’interrompt pour frapper un coup sonore dans ses mains. «…je me suis dit : « Tiens, toi! Je vais y aller moi-même, régler ça! « .» Deux mois avant l’élection, elle a entamé son porte-à-porte en promettant « du changement». «J’ai fait toutes les maisons à pied», dit-elle.
Mme Langlois est devenue mairesse, mais un seul des aspirants conseillers de son équipe a été élu à ses côtés. «Ah non! J’ai gagné, je suis dans la merde», s’est-elle dit. Elle avait raison de s’inquiéter. Au début de son mandat, «c’était la chicane continuelle» entre Mme Langlois et trois conseillers réélus, rapportent des observateurs de la scène municipale. «Moi, ça fait longtemps que j’aurais garroché ma sacoche, affirme Annette Bujold, une sympathisante de la mairesse. Mais les attaques, ça lui donnait des coups de pied pour faire avancer les choses.»
Et Mme Langlois avait de quoi s’occuper avec le budget de Chandler. Les finances étaient dans le rouge, privées des taxes de la Gaspésia. La mairesse s’enorgueillit d’avoir rétabli l’équilibre en un an. Et c’est ce qui lui a valu le respect des conseillers, selon elle. «Quand ils se sont aperçus que moi, la petite qui « écoeurait », j’avais retapé les finances…»
Le calme est revenu, mais ce n’est pas le grand amour. Les trois conseillers identifiés comme l’opposition à Mme Langlois ont refusé nos demandes d’entrevue, tout comme l’ancien maire Cyr. À son «Pas de commentaire!», le conseiller Denis Michaud a ajouté : «Peut-être à la veille des prochaines élections…» Attention, Mme Langlois aime les défis.
Le goût des défis
Infirmière à l’hôpital de Chandler, elle a commencé à «trouver ça dull, la santé» à la fin des années 80. Elle s’est exilée à Québec pendant un an et demi pour décrocher une maîtrise en administration publique et poursuivre sa carrière comme cadre. Elle voyageait aux deux semaines pour voir son mari et sa fille de six ans. À son retour à Chandler, Mme Langlois a rédigé sa thèse aux petites heures du matin, avant d’aller travailler. Elle estime tenir ce côté hyperactif de sa mère. «Une battante» et une femme «pieuvre», qui tenait seule un petit magasin général dans la maison familiale de Port-Daniel tout en prenant soin de ses trois filles.
Le lâcher-prise, ce n’est pas le genre de Mme Langlois. «Je suis déterminée à en être fatigante. Assez que des fois, je me fatigue moi-même et j’irrite les autres.» Elle a du mal à garder sa patience dans des dossiers qui impliquent «les hautes instances gouvernementales», comme elle dit. Le projet d’Atlantic Fiber, une usine de transformation du bois qui pourrait s’implanter à Chandler, est une épine dans son pied. «Moi qui suis obsessive et qui veux tout, tout de suite, ça m’énerve de ne pas pouvoir classer un dossier.»
L’organisme a récemment décidé de mettre fin au projet pilote dans la Baie-des-Chaleurs et de redistribuer une partie des 2,8 millions de dollars consacrés à cette fin pour améliorer les services ambulanciers dans d’autres secteurs en Gaspésie. Le préfet Poirier n’accepte pas le retrait des ambulanciers en faction.
«M. Pelletier a agi de façon unilatérale sans consulter personne. Il n’a posé aucun geste. Je comprends que les gens de toute la Gaspésie ont besoin d’un service adéquat, mais l’Agence n’avait qu’à demander d’autre argent», dénonce M. Poirier, qui fulminait mercredi contre M. Pelletier se disant «écœuré» de l’attitude de ce dernier.
«Des élus m’ont rapporté que M. Pelletier avait dit que les conseils des maires de la Baie-des-Chaleurs étaient en accord avec la position qu’il avait prise. En plus de ne pas être très compétent dans les décisions qu’il prend, M. Pelletier traduit très mal la pensée des maires. Je suis très déçu et il faudra qu’il s’explique.»
Les ambulanciers seront désormais en faction de chez eux plutôt que sur le terrain, un non-sens pour le préfet. «Ne me faites pas accroire qu’un ambulancier qui est couché, reçoit un appel, se lève, s’habille, déneige sa voiture en hiver, se rend à la caserne et parfois attend son coéquipier est sans danger pour un patient.»
Damien Arsenault
M. Poirier écorche au passage le député de Bonaventure, Damien Arsenault. «N’importe quel député suit une ligne de partie. Par contre, je suis convaincu que M. Arsenault est conscient que quand tu perds un service comme celui-là, ça fait diminuer le service à la clientèle. Il doit le penser, mais il n’est peut-être pas capable de le dire clairement.»
Au dépotoir de Gaspé, le lixiviat (jus de poubelle) qui s’écoule des déchets, mêlé à l’eau de pluie et de fonte, aboutit dans un bassin d’accumulation avant d’être traité. Ce bassin s’est retrouvé au bord du débordement la semaine dernière, après des journées particulièrement chaudes.
Des camions-citernes ont transporté 1600 m³ de lixiviat (soit 10 % du contenu du bassin) jusqu’à Rivière-au-Renard. On y a déversé le liquide en mer, via le conduit qui sert normalement aux rejets d’égout.
«Pour éviter le pire»
«On a agi pour éviter le pire, affirme le maire François Roussy. Si [la membrane qui entoure le bassin] s’était éventrée, tout le lixiviat aurait pu se retrouver dans la rivière York. On avait d’abord appelé dans les lieux d’enfouissement techniques (dépotoirs) de Matane, Rivière-du-Loup et Saint-Alphonse, poursuit-il, mais leurs bassins étaient tous pleins.»
M. Roussy estime qu’il vaut mieux avoir rejeté le lixiviat dans le golfe que dans la York, une rivière à saumon. «Plus on a de quantité [d’eau] pour diluer le produit, moins ça a d’impact sur l’environnement.»
Trois fois la norme
Le lixiviat contenait de l’azote ammoniacal (NH₄+) en concentration trois fois supérieure aux normes de rejet, soit 75 milligrammes par litre, comparativement à une norme de 25 milligrammes par litre. L’azote ammoniacal favorise la prolifération des algues.
Pas la première fois
Lors des fortes pluies de décembre 2010, Gaspé avait rejeté du lixiviat non traité dans la rivière York. La Ville n’a pas été en mesure d’en préciser la quantité, mais affirme qu’elle était «supérieure» au déversement de la semaine dernière.
Le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs (MDDEP) avait alors donné son accord au déversement, un accord que la Ville n’a pas obtenu cette fois-ci. «On sait que ça va contre la réglementation, reconnaît le maire Roussy. On s’attend à recevoir une amende, qu’on paiera.»
Deux millions $ pour régler le problème
La Ville souhaite agrandir le bassin d’accumulation et augmenter sa capacité de traitement du lixiviat, pour un investissement de 2 deux millions de dollars. Une demande de certificat d’autorisation sera déposée au MDDEP à la fin du mois. Le maire souhaite que les travaux soient réalisés au plus tard cet automne.
Pourquoi ne pas avoir réglé le problème entre décembre 2010 et aujourd’hui? «On s’est mis à chercher une solution permanente [tout de suite après les inondations de 2010]», assure le maire Roussy. La menace de débordement de la semaine dernière est toutefois survenue avant qu’une solution puisse être appliquée, ajoute-t-il.
La faute aux précipitations
Le maire assure que l’accueil des déchets de Rocher-Percé en plus de celles de Côte-de-Gaspé ces dernières années n’est pas en cause dans le débordement. C’est plutôt la faute aux précipitations 22 % plus élevées dans les dix dernières années que dans les années antérieures, justifie-t-il.
Le lixiviat est traité par des bactéries qui s’activent qu’à partir de 13° ou 14° C, ce qui restreint les périodes de traitement à trois mois dans l’année. Le nouveau système de traitement pourrait fonctionner à plus basse température.
Dans une situation normale, le liquide est déversé dans la rivière York une fois traité et rendu conforme aux normes de rejet.
Le comité a rendu public récemment son plan de réalisation. Le document de plus de 80 pages prévoit plusieurs études à réaliser avant de permettre ou non le développement du gaz de schiste, mais pas de recherche spécifique au pétrole.
Le président du comité, Robert Joly a affirmé au Devoir que son comité «n’a pas le mandat d’étudier la question pétrolière», même le gouvernement du Québec l’a mandaté pour traiter de toute «question pertinente relative à l’exploration et à l’exploitation des ressources pétrolières et gazières».
Normandeau avait dit…
Pourtant, il y a un an, Nathalie Normandeau, alors ministre des Ressources naturelles, avait annoncé que toute activité de fracturation sur l’ensemble du territoire québécois serait assujettie à l’EES, qu’elle soit dans du schiste ou un autre type de roche (comme c’est le cas en Gaspésie), dans les domaines pétrolier ou gazier.
«L’objectif est de combler le déficit de connaissances, de favoriser l’acceptabilité de cette filière ainsi que de permettre un resserrement et un renforcement des règlements et lois en vigueur», affirmait Mme Normandeau le 16 mars 2011.
«Décevant», selon le maire Roussy
«Mme Normandeau s’était engagée à ce que l’évaluation inclue la Gaspésie, rappelle le maire de Gaspé, François Roussy, pour qu’on ne soit pas une région cobaye. Pour nous c’était acquis.» Le maire juge «décevant» que le comité de l’EES ne prévoit pas de recherche spécifique au pétrole.
«Notre volonté, c’est de demander une évaluation sur la fracturation dans le cas de pétrole, ajoute M. Roussy, parce qu’on sait que des compagnies envisagent d’en faire. Si c’est bon pour les basses terres du Saint-Laurent, c’est bon pour la Gaspésie.»
En mai 2011, le conseil municipal de Gaspé a adopté une résolution interdisant la fracturation sur son territoire parce qu’il jugeait manquer d’information indépendante.
Un mémoire… oublié
Alain Gallant, membre d’Ensemble pour l’avenir durable du grand Gaspé, se dit «déçu» et «surpris» que l’EES ne couvre finalement pas les activités pétrolières. «Que ce soit pour le pétrole ou le gaz de schiste, c’est de la fracturation quand même», dit-il.
L’organisme de Gaspé, qui milite pour un moratoire sur la fracturation, avait déposé l’un des 59 mémoires remis au comité de l’EES. «On y disait justement qu’il ne fallait pas oublier la question du pétrole», rapporte M. Gallant.
Ensemble pour l’avenir durable du grand Gaspé craint que les tests d’injectivité réalisés par Pétrolia en novembre dernier à Gaspé, et le forage annoncé d’un puits horizontal, soient un prélude à des travaux de fracturation.
Chez Pétrolia
«On n’a pas de réaction à donner puisqu’on n’a pas de projet de fracturation, donc on n’est pas touchés», affirme André Rivest, conseiller à la direction de Pétrolia.
«Ce n’est pas une technique [la fracturation] qu’on exclue, ajoute M. Rivest, mais nos études nous poussent à conclure qu’on n’en a pas besoin pour mettre en production [le gisement] Haldimand.
Au ministère du Développement durable de l’Environnement et des Parcs (MDDEP), la porte-parole du ministre Pierre Arcand affirme que le comité de l’EES est «un comité indépendant» et qu’il faut donc s’adresser à ses membres.
La porte-parole rappelle que les activités de fracturation demeurent assujetties aux mêmes conditions que le gaz de schiste. Ces activités doivent faire l’objet d’une recommandation au ministre par le comité de l’EES et obtenir un certificat d’autorisation du ministère du MDDEP.
Au moment d’écrire ces lignes, le président du comité de l’EES, Robert Joly, ne nous avait pas rappelé.
Respect de la vie privée